Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceur de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Ce n'est pas toujours la peur d'échouer qui bloque nos décisions. Parfois, c'est la peur du manque. Et cette peur, elle agit beaucoup plus profondément qu'on ne l'imagine. Bienvenue dans le 15e épisode de Traceurs de voix, le podcast où l'on explore notre relation au travail, à l'argent, Ausha de vie et à la... place que l'on ose prendre. Aujourd'hui, on ouvre une nouvelle série consacrée à la peur du manque, cette peur discrète, parfois ancienne, tapie dans l'ombre, sans bruit, qui peut orienter nos décisions, freiner nos élans et rétrécir notre vie. Dans cet épisode, vous allez comprendre pourquoi cette peur ne se joue pas seulement dans la tête, mais aussi dans le corps, dans le système nerveux et comment elle peut nous pousser à rester, retarder ou renoncer. Et vous allez repartir avec un exercice simple pour reprendre un petit peu de marge. Quand on n'arrive pas à bouger, on a souvent tendance à se juger assez vite. On se dit, je manque de courage, je tourne en rond, je ne suis pas prêt, je procrastine encore. Mais il arrive souvent que ce ne soit pas ça. Il arrive que nous sachions très bien ce que nous voudrions faire. Quitter une situation, lancer un projet, demander une évolution, réduire un rythme devenu infernal, changer de cap. Et pourtant, nous restons là, immobiles. Pas forcément parce qu'on manque d'élan ou de clarté, parce qu'une peur... Plus profonde encore, prends le dessus. La peur de manquer. Manquer d'argent, manquer de sécurité, manquer de stabilité, de marge, manquer d'air. Et cette peur-là, il faut la prendre au sérieux. On ne la prend pas au sérieux pour la laisser gouverner, loin de là. Mais arrêter de se parler comme si on était simplement faible ou incohérent. Parce qu'en réalité, ce qui se joue, c'est souvent une tension entre deux besoins légitimes. Le besoin d'avancer et le besoin de se sentir en sécurité. Et quand cette tension n'est pas comprise, Elle devient épuisante. On parle souvent de la peur comme d'un état mental. Mais en réalité, ce n'est pas seulement le mental. La peur du manque, elle passe aussi par le corps, par le système nerveux. Et ça change beaucoup de choses de le comprendre. Notre système nerveux a une mission simple. Détecter ce qui ressemble à une menace et nous aider à survivre. Le problème, c'est qu'il ne fait pas toujours la différence entre un danger immédiat et une incertitude projetée par le futur. Autrement dit, si le cerveau anticipe une perte financière, une instabilité, une chute de statut ou un effondrement possible, votre système nerveux peut réagir comme s'il y avait une menace réelle, là, tout de suite, maintenant. Alors le corps se met en tension, le souffle devient court, la pensée se resserre, l'horizon se rétrécit. On cherche à contrôler, à éviter, à figer, à repousser la décision. Et c'est humain. Et dans ce cas, il y a en fait trois grandes réponses possibles. La lutte, la fuite ou le figement. Alors quand on parle de lutte dans nos sociétés modernes, cela veut dire qu'on sur-travail, on serre les dents, on compense, on veut absolument tout maîtriser. La fuite, c'est qu'on évite, on reporte, on se disperse, on remet à plus tard. Et quand on se fige, on n'arrive plus à décider. On sait mais on ne bouge pas, on reste suspendu. Donc quand quelqu'un vous dit « je sais ce que j'ai à faire mais je n'y arrive pas » , il n'est pas forcément face à un problème de volonté. Il est face à un système d'alarme intérieur qui s'est activé. C'est important à souligner parce que quand on se critique parce qu'on a eu peur, on rajoute de la honte à une difficulté déjà présente. Alors que ce qu'il faut, c'est de la compréhension, du discernement et du mouvement progressif. Quelques exemples. Stéphane est un entrepreneur déjà installé. Il a une activité qui tourne, il travaille beaucoup, peut-être même un peu trop. Il sent qu'il faudrait revoir son modèle, augmenter ses prix, arrêter certaines missions, sortir d'un fonctionnement qui l'épuise. Mais il ne fait rien. Pourquoi ? Parce qu'au fond, une peur s'active. Si je change, je perds. Si j'arrête ce qui me fatigue, mon chiffre va baisser. Si je prends ce risque, alors tout ce que j'ai construit va s'écrouler comme un château de cartes. Et je me mets en danger. Alors il garde l'émission qui le vide de son énergie. Il dit oui à trop de choses. Il reste dans un modèle qui n'est plus juste pour lui. Et souvent de l'extérieur, on pourrait croire que c'est un manque de stratégie. Mais quand on explore la situation, ce n'est pas un problème de stratégie. C'est un système nerveux qui associe le changement à une menace. Sarah est une salariée qui veut se lancer à son compte. Elle en parle depuis longtemps. Toutes les personnes de son entourage savent son idée de business. Elle a les compétences, elle a l'envie, peut-être même déjà une vision. Mais elle attend. Elle se forme encore, elle peaufine, elle compare, elle réfléchit. Elle veut absolument être prête. Et derrière ce besoin d'être prête, il y a parfois cette question. Et si je n'y arrive pas financièrement ? Et si je n'avais pas de client ? Et si je perdais la sécurité du salaire ? Alors elle entre dans une forme de faux mouvement. Elle bouge beaucoup sans vraiment avancer. Elle prépare, mais elle ne démarre pas. Et là encore, ce n'est pas de la paresse. C'est souvent une tentative de protection. Jérémy est un manager salarié qui veut opérer un changement. Il n'a pas forcément envie de tout quitter, mais il sait qu'il faut faire évoluer quelque chose. Changer de poste, refuser un périmètre de trop, demander une mobilité, sortir d'un cadre qui n'est plus tenable. Pourtant, il ne fait rien. Parce qu'il y a cette pensée. Je ne peux pas me permettre de fragiliser ma situation. J'ai des responsabilités, trois enfants avec un crédit immobilier. Ce ne serait pas raisonnable maintenant. Alors il continue, il tient, il absorbe, il reporte. Et parfois, ce qu'on appelle sens des responsabilités cache aussi une peur très profonde. Une peur de perdre un équilibre déjà fragile. Vous voyez le point commun entre les trois ? Dans les trois cas, l'argent n'est pas seulement l'argent. Il représente tout autre chose. La sécurité, la protection, la continuité, la valeur, le contrôle, parfois même la dignité. Et c'est pour ça que ces décisions sont si difficiles à prendre. Si vous vous reconnaissez dans les profils de Jérémy, Stéphane ou Sarah, ou dans le mélange des trois, restez avec moi. Parce qu'on va maintenant voir comment cette peur déforme nos choix. Et souvent de manière très silencieuse. La peur de manquer ne dit pas toujours « n'y va pas » . Souvent, elle parle plus subtilement. Elle dit « attends encore un peu, ce n'est pas le moment. Sécurise d'abord tout le reste, on verra plus tard. Il faut être sûr à 100%. » Parfois, bien sûr, la prudence est juste. Le but n'est pas de glorifier le saut dans le vide. Mais il y a des moments où la recherche de sécurité devient impossible à satisfaire. Parce qu'on ne cherche plus une base, on cherche une garantie totale. Et cette garantie, elle n'existe pas. Nous ne contrôlons pas tout. Nous ne contrôlons ni l'économie, ni les réactions des autres, ni l'avenir dans sa totalité, ni la crise au Moyen-Orient, ni même les impacts que cela peut avoir. Mais nous pouvons travailler notre discernement. Regarder les faits, travailler ce qui dépend de nous et cesser d'alimenter des scénarios qui nous paralysent. Et l'approche cognitive et comportementale dit la même chose. Une pensée arrive, si je change, je vais tout perdre. Cette pensée va créer une émotion, puis un comportement de protection. On évite, on reporte, on se fige. À court terme, bien sûr, ça soulage. On se sent un petit peu plus en sécurité. Mais à long terme, cela renforce l'idée que le changement est trop dangereux. Et le danger dans cette posture, c'est que plus on renforce cette idée, plus on perd en liberté intérieure. Quand on parle de changement, on parle souvent de son coût. Le coût de partir, de ne pas se lancer, de ralentir, de dire non. Mais on parle beaucoup moins du coût de ne pas bouger. Le coût de l'inaction. Et pourtant ce coût existe. Rester dans une activité qui nous épuise a un coût. reporter un projet important à un coup, continuer à produire sous tension à un coup, attendre indéfiniment d'être rassuré à un coup. Et ce coup peut prendre plusieurs formes. Fatigue, perte de confiance, irritabilité, baisse d'élan, sensation de stagnation, sentiment d'être enfermé dans sa propre vie. Et là encore, il ne s'agit pas de culpabiliser. Nous faisons tous à un moment de notre vie ce que nous pouvons pour tenir. Le sujet n'est pas de se reprocher d'avoir eu peur. Le sujet, c'est de regarder si cette peur est encore en train de nous protéger. ou si elle a commencé à nous enfermer. Parce que la nuance est essentielle. Quand vous ressentez la peur de vous élancer dans un projet qui vous tient à cœur, je vous invite à vous poser la question suivante. Peur de quoi exactement ? Et cette question toute simple peut déjà mettre beaucoup de clarté. De quoi ai-je peur exactement ? De perdre un revenu ? De perdre un statut ? De perdre mon confort ? De décevoir ? De ne pas savoir rebondir ? D'être jugé ? De ne plus me sentir en contrôle ? Parce que tant que la peur reste floue, Elle prend toute la place. Nous l'avons vu dans les épisodes précédents. Le flou prend beaucoup de place dans la tête. Quand on la précise, on commence à penser. Et ça, c'est déjà prendre le pouvoir. Je vous propose à présent un exercice à trois temps. Prenez une feuille et choisissez une décision que vous reportez depuis quelques temps. Pas forcément une immense décision, juste une décision qui revient encore et encore. Étape numéro 1, nommer la peur exacte. Écrivez « si je bouge, j'ai peur que… » et complétez la phrase. Par exemple, si je bouge, J'ai peur de gagner moi, de perdre en stabilité, de ne pas être à la hauteur, de regretter, de mettre les autres en difficulté. Étape numéro 2, réguler le corps avant de décider. Avant même d'analyser quoi que ce soit, faites une pause. Posez les pieds au sol, allongez l'expiration, regardez autour de vous et revenez à l'instant présent. Alors pourquoi ? Parce qu'un système nerveux en alerte décide mal. Il veut fuir, lutter ou se figer. Il n'évalue pas finement. Ils cherchent juste... à réduire l'inconfort ou la menace. Alors, avant de décider, on commence par redonner de la sécurité au corps. Étape numéro 3, séparer les faits. du scénario. Je vous invite à tracer deux colonnes sur votre feuille. Dans la première colonne, ce que je crains. Dans la deuxième, ce qui est factuel aujourd'hui. Par exemple, dans une première colonne, écrivez ce qui vous fait peur. Dans la deuxième colonne, écrivez ce qui est vrai aujourd'hui concrètement. Exemple, j'ai peur de tout perdre et en face, j'ai cinq mois d'épargne. J'ai peur de manquer et en face, je peux ajuster certaines dépenses. J'ai peur d'échouer et en face... je peux avancer progressivement. Cet exercice ne fait pas disparaître la peur, mais il fait en sorte qu'elle ne prenne plus toute la place. Et c'est déjà énorme. Cette semaine, je vous propose un challenge. Repérez une décision que vous reportez au nom de la sécurité. Puis demandez-vous, est-ce que je suis face à un danger réel ou est-ce une alarme intérieure qui anticipe le pire ? Choisissez une micro-action. Une seule micro-action. Par exemple, regardez vos chiffres réels. demander un rendez-vous, mettre à jour un CV, poser une limite, tester une idée, parler à quelqu'un de confiance, explorer une option sans vous engager totalement. Le but n'est pas de tout renverser, vous l'avez compris. Le but est de remettre du mouvement là où la peur a figé quelque chose. Nous ne sommes pas toujours bloqués par un manque de courage. Il arrive que nous soyons retenus par une peur que notre système nerveux interprète comme une menace, qui finit parfois par nous rétrécir. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut apprendre à reconnaître cette peur, à la réguler, à la questionner, à revenir au réel et à reprendre pas à pas le pouvoir sur nos décisions. Je vous retrouve la semaine prochaine pour la suite de cette série sur la peur du manque. D'ici là, je vous laisse méditer sur cette pensée de Sénèque. Nous souffrons plus souvent dans l'imagination que dans la réalité. Je répète, nous souffrons plus souvent dans l'imagination que dans la réalité. Cette phrase dit quelque chose d'essentiel sur le sujet du jour. peut être réelle, sérieuse, légitime, mais elle peut aussi être amplifiée par des scénarios internes qui activent notre corps, brouillent notre discernement et nous font croire que tout changement est une menace absolue. Si cet épisode vous a parlé, alors je vous invite à le partager à quelqu'un qui est peut-être en train d'hésiter, de tenir trop fort ou de reporter une décision importante. Et surtout, prenez le temps de faire l'exercice parce qu'un peu de clarté, parfois, c'est déjà le début d'un autre mouvement. À la semaine prochaine sur Traceurs de voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec les diagnostics Traceurs de voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de Voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !