- Speaker #0
Aujourd'hui je reçois Alexiane, fondatrice de Pétales et Rubans, une marque de création pour l'enfant à l'univers très doux et intemporel qui rappelle un peu ses vêtements qu'on retrouvait autrefois, les bloomers, les cols délicats, les barrettes, les... tissu fleuri et tout un imaginaire autour de l'enfance. Avec Sian, tu es maman de trois enfants et ton parcours de maternité a profondément influencé ton rapport au travail, à la création et à la vie de famille. Tu racontais notamment dans une interview à Maman Vogue que ta première grossesse et ton postpartum avaient été assez difficiles à vivre alors que la naissance de ton deuxième enfant t'a au contraire réconcilié avec cette période de la vie et a ouvert la porte à d'autres choix. Dans cet épisode, j'avais envie qu'on parle à la fois de maternité, de rythme de vie, de création. mais aussi de cette mode enfant élégante et intemporelle qui semble raconter quelque chose de notre vision de l'enfance, de la douceur et aussi peut-être un petit peu de la famille. Bonjour Alexiane.
- Speaker #1
Bonjour Alice.
- Speaker #0
Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter et nous parler de ta famille aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors moi c'est Alexiane, j'ai 31 ans, je suis mariée à Thomas, ça va faire 10 ans qu'on est ensemble cette année et je suis maman de 3 enfants. Donc mon premier à 7 ans, ma deuxième 2 ans et demi et ma dernière à 7 mois.
- Speaker #0
On aura l'occasion de parler de ton entreprise actuelle qui s'appelle Pétale et Ruban. Qu'est-ce que tu faisais avant ça ? Quel est ton parcours professionnel ?
- Speaker #1
Alors, j'ai commencé en travaillant en banque. J'ai beaucoup aimé travailler en banque. Ça, c'était mes jobs d'été. Et ensuite, j'ai aussi un peu travaillé en banque après. J'ai travaillé un peu dans l'immobilier. Et puis, après mon premier, j'ai travaillé en tant que conseillère commerciale. Je vendais des mutuelles et des assurances.
- Speaker #0
Ok. Donc ça, c'était jusqu'à tomber enceinte.
- Speaker #1
Alors, j'ai travaillé en banque jusqu'à ce que je tombe enceinte. Puis je suis tombée enceinte, mon contrat s'est terminé et j'ai fait ma première grossesse à la maison.
- Speaker #0
Donc, à partir de ce moment-là, tu n'avais plus de travail ?
- Speaker #1
Non, à partir de ce moment-là, je n'avais plus de travail. J'étais fatiguée, donc j'étais bien contente de passer mon temps à la maison. Et puis juste après mon deuxième, j'ai repris très rapidement le travail parce que je ne me sentais pas du tout à ma place chez moi et que la pression sociale disait qu'il fallait que je reprenne très vite. Aux quatre mois de mon premier, j'ai retrouvé un poste. Je m'étais fixée comme objectif de reprendre à la rentrée scolaire, ce qui a fonctionné. Je suis rentrée dans un gros groupe de mutuelle et d'assurance jusqu'à ma deuxième et jusqu'à mon gros changement professionnel.
- Speaker #0
Donc, on va revenir sur ta première grossesse. Tu as expliqué dans l'entretien dont je parlais en introduction que ton postpartum a été assez particulier et ta grossesse assez particulière. Comment tu as vécu cette période, toi ? Et qu'est-ce que tu as trouvé de particulier dans cette grossesse-là ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas aimé du tout être enceinte. Vraiment, je pense que ma première grossesse, le principe massage femme disait que si je pouvais mettre le bébé dans un sac à dos pendant neuf mois et le sortir du sac à dos au bout de neuf mois, vraiment, c'était idéal pour moi. Je n'ai pas du tout aimé être enceinte, j'étais malade. Et puis, le fait de ne pas savoir à quoi s'attendre, c'était très compliqué.
- Speaker #0
Tu veux dire professionnellement ? Ne pas savoir à quoi s'attendre dans ta vie de mère à venir ?
- Speaker #1
Un peu tout, parce que j'ai vraiment besoin de réussir à classer, à savoir exactement où je vais. Et c'est compliqué de ne pas savoir où je vais, donc à savoir quel type de maman je vais être, quel poste je vais retrouver derrière, puisqu'il faut trouver rapidement des nounous et de se dire, oh là là, il faut que je trouve quelque chose derrière. On était dans un processus où il faut en permanence planifier. Alors dans ma tête, je suis beaucoup moins comme ça maintenant. La société nous pousse à tout le temps planifier pour qu'on rentre dans les cases en permanence et ça a été très compliqué. J'ai eu un accouchement qui a été très long, je m'attendais à un super accouchement et finalement j'ai été déclenchée. Ça a duré très très très longtemps avant que mon bébé arrive et puis mon postpartum a été compliqué aussi. Voilà, c'est un postpartum où, je sais pas, au bout de... Une semaine, il dormait dans sa chambre et je me disais, écoute, c'est ce qu'on attend de toi, que le bébé dort dans sa chambre. Je ne m'écoutais pas moi-même, mais j'écoutais plutôt les autres. Et c'est hyper dur quand c'est son premier parce que finalement, on ne se sent pas franchement légitime. J'ai souvent eu ce truc de légitimité. Et en tant que maman, on a l'impression que tout le monde sait mieux parce qu'ils en ont déjà eu un ou deux. Et que nous, on est un peu dans l'inconnu, donc on laisse les autres diriger pour nous. Voilà.
- Speaker #0
En plus, à l'époque, on en parlait tout à l'heure hors micro, ton mari était militaire. Est-ce que tu avais des moments où tu étais un peu seule aussi ?
- Speaker #1
Pas forcément. J'ai eu de la chance. J'ai rencontré mon mari au moment où il était en réorientation au sein de l'armée. Donc, il partait plus en mission. Donc, voilà, j'ai eu plutôt cette chance-là d'avoir un mari qui était présent à la maison, à avoir mis des terrains de temps en temps. Mais la pression sociale était... Très dur. Au bout d'un mois, je regrettais énormément que mon fils soit là. Je disais à mon mari que je ne voulais plus qu'il soit là. C'était très compliqué.
- Speaker #0
Est-ce que tes âges femmes ou ton médecin considéraient que tu étais dans une dépression du postpartum ?
- Speaker #1
Je ne me souviens pas forcément d'en avoir parlé. Et puis, c'était en 2019. J'ai l'impression que c'était beaucoup plus tabou, par exemple. L'achat, on n'en avait jamais parlé. Donc, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre quand on m'a dit que j'allais être déclenchée. Pour moi, trois heures après, j'aurais le bébé dans les bras. Voilà, c'était des choses alors que j'avais suivi les préparations à l'accouchement. Donc, c'était un peu compliqué. On entendait des super retours. Moi, mon accouchement était fantastique. Et vraiment, après avoir accouché de mon premier, moi, la seule chose, c'était je voulais reprendre le travail et tourner la page et passer à autre chose.
- Speaker #0
Tu penses que c'est lié au déclenchement ?
- Speaker #1
Je pense que c'est lié à la grossesse, le fait que je n'ai pas apprécié du tout. Au déclenchement, l'équipe médicale n'avait pas été top du tout. Parce que, je ne sais pas, deux jours après mon accouchement, j'ai vu une psychologue qui était venue à l'hôpital. euh... qui étaient vraiment pas sympas en me disant des choses pour que moi je me sente pas bien par exemple quand on vient d'accoucher moi en tant que maman j'avais pas franchement envie de partager mon bébé et c'était mon bébé, j'avais passé 9 mois avec lui donc j'avais du mal à passer le relais à mon mari et la psychologue disait non mais il faut absolument que vous laissiez à votre mari des choses comme ça où c'est hyper dur de se dire bah en fait même moi en tant que maman c'est mon bébé, j'ai accouché il y a 2 jours et là une psychologue me dit bah écoute, c'est pas comme ça qu'il faut faire donc ça a été hyper dur et en fait tout mon postpartum a été comme ça on me disait en permanence qu'il fallait que je fasse avec mon bébé et le seul endroit où je me sentais un peu plus légitime c'était au travail donc c'est pour ça que j'ai repris assez rapidement parce que je savais que j'étais performante dans mon travail et que là on me disait certes on pouvait me dire ce que je devais faire mais je savais comment je devais le faire et comment j'y arrivais contrairement à mon rôle de maman
- Speaker #0
Donc, tu as passé quelques années dans l'entreprise dans laquelle tu es rentrée, juste après avoir eu ton fils ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. J'ai dû y passer 4 ou 5 ans. Entre ma première et ma deuxième grossesse, j'ai dû voir des psychologues parce que vraiment j'étais traumatisée par cette grossesse, traumatisée par tout ce qui s'était passé. J'ai attendu bien 4 ans. Et j'avais besoin, je pense, de faire le grand ménage de cette grossesse et de ce premier bébé que j'aime énormément. Mais de tout ce qui s'était passé, j'ai fait le gros tri dans ces vêtements au mois de septembre. J'ai vraiment tout vendu. Et puis au mois d'octobre, mon mari voulait vraiment un deuxième enfant. Et au mois d'octobre, je me suis dit, OK, fais confiance. Je me suis confiée à la Vierge Marie et je suis tombée enceinte juste après. Forcément, il a fallu tout racheter parce que le mois d'avant, j'avais tout vendu. mais on était très heureux parce que finalement en ayant eu réussi à tourner cette page. J'en ai fait un peu le deuil de cette première grossesse qui ne s'était pas passée comme je voulais. J'ai accueilli avec une énorme joie cette deuxième grossesse puisque je me disais que finalement c'était la volonté de la Vierge Marie que je tombe enceinte et que c'était le bon moment. Il fallait juste que je fasse confiance.
- Speaker #0
Finalement, ce grand... Oui, c'est un grand voyage. Ce grand nettoyage t'a permis de faire aussi un reset pour te dire j'accueille cette deuxième grossesse, pas dans la peur et dans la crainte que ça se repasse comme la première, mais on fait table rase et ça va être une nouvelle expérience.
- Speaker #1
Exact, c'était vraiment ça et puis on fait confiance. On se dit, eh bien on voit. Si je dois tomber enceinte, je tombe enceinte et sinon c'est que j'ai un autre parcours qui m'attend.
- Speaker #0
Dans l'entretien à Maman Vogue, tu disais que ton regard avait changé dès cette deuxième grossesse. Qu'est-ce qui a été différent pour toi ?
- Speaker #1
Déjà, je n'avais pas du tout le même entourage pour cette deuxième grossesse. Je m'étais reconvertie. Donc, ça a changé énormément autour de moi puisque j'accueillais les choses comme elles venaient. J'avais décidé déjà de ne plus avoir cette pression sociale, de me dire que ce bébé-là, en fait, il a attendu longtemps avant de venir puisque je ne me sentais pas prête. Et que là, il fallait l'accueillir. Et certes, je n'aime pas plus être enceinte, quoique la deuxième grossesse s'est mieux passée. Plus j'ai de grossesse et plus j'apprécie. Mais bon, il y a un moment, voilà.
- Speaker #0
Il va falloir faire une équipe de foot.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais je ne suis pas sûre que mon mari soit d'accord. Mais voilà, ça s'est beaucoup mieux passé. Et puis, j'étais bien entourée. J'étais également à la maison assez rapidement parce que même en CDI, j'étais fatiguée à mon poste. Je faisais des formations. Et puis, voilà, en tant que commerciale, on a systématiquement toujours la pression. Et quand on est fatigué, qu'on a des nausées toute la journée et qu'on nous parle de chiffres, c'était con. compliqué. Et puis j'étais vraiment pas bien. De là à ce que mes collègues m'appellent et que j'avais vraiment envie de vomir dès que mes collègues m'appelaient. Je pense que mon corps me disait stop, on arrête. T'as tellement donné pour le travail. Là, à ce moment-là, c'est pour ton bébé qu'il faut que tu te poses. J'ai passé toute ma deuxième grossesse à la maison également.
- Speaker #0
Tu t'es arrêtée au bout de combien de temps ?
- Speaker #1
J'ai été arrêtée au bout de trois mois. Ça m'a permis de prendre beaucoup plus de temps, de me reposer. J'ai des grossesses qui sont très fatigantes et j'ai L'Église. Je ne les vis pas... Enfin, chaque grossesse est complètement différente, mais assez fatigante. Et donc, j'ai fait toute cette grossesse à la maison. Puis j'ai eu de la chance, j'ai une amie qui est tombée enceinte en même temps. Donc en fait, on a fait notre grossesse toutes les deux à la maison. C'était trop chouette.
- Speaker #0
C'est chouette.
- Speaker #1
Ça permet de se soutenir quand il y en a une qui ne va pas bien, il y a l'autre qui va bien. Voilà, c'était vraiment hyper bien. Et à ce moment-là, mon mari avait un projet déjà de reconversion. Donc, il était en train de faire tous les papiers pour quitter la marine et se reconvertir. Et puis, on a échangé pas mal sur le fait de le suivre sur ce projet-là, parce que finalement, moi, étant enceinte d'un bébé, en tout cas avec deux enfants à la maison, je ne me voyais plus du tout vendre des assurances d'essai, des assurances obsèques. Pour moi, c'était tellement plus du tout, moi. Je ne me retrouvais pas, même si j'aimais ça, accompagner les gens. J'aimais vraiment pouvoir accompagner et me dire que je trouvais une solution pour les aider. Je me sentais plus franchement à ma place au sein de l'assurance. Et puis, j'avais envie de quelque chose de beaucoup plus positif. Et puis, mon mari avait envie de se reconvertir. Donc, on s'était dit, écoute, tu te reconvertis. Et puis, d'ici un an, l'objectif étant de reprendre une entreprise. Donc, on voit, on se prend un an. Tu fais tes formations comme il faut. Et puis, moi, je prends un congé parental. Ça me permet de réfléchir un peu plus sur ton projet. Et puis, en fonction du projet, s'il s'aboutit un peu plus, à ce moment-là, je quitte mon poste. Et puis, on se lance ensemble. Donc, ça s'est fait comme ça. Mon mari a... a commencé sa formation, qu'il se passait très très bien. Moi, j'ai obtenu une rupture avec mon employeur. Le but étant que je trouve des formations pour pouvoir le suivre en tant que comptable, en tant qu'assistante administrative, voilà, parce que c'est des choses que j'aime énormément. J'aime classer, j'aime organiser. Et puis finalement, ça ne s'est pas fait. Ça ne s'est pas fait parce que reprendre une entreprise avec plusieurs salariés, quand on n'a même pas un an d'ancienneté... Au niveau de l'expérience, c'est très compliqué. Et puis, le milieu, on voulait prendre dans le milieu alimentaire. Le milieu alimentaire, ce n'est pas toujours simple, surtout avec la société actuelle. C'est un peu en dents de scie. Donc finalement, on a lâché l'affaire. Et puis, c'était un petit peu... C'était soit on reprenait l'entreprise, soit on faisait un troisième bébé. Et puis, je suis tombée enceinte de ma dernière.
- Speaker #0
Donc ça, ce n'était pas longtemps finalement après avoir eu ta fille.
- Speaker #1
Exact, je suis tombée enceinte, elle devait avoir un an et quelques mois. Je suis tombée enceinte de ma troisième, j'avais fini mon congé parental, j'avais obtenu la rupture conventionnelle avec mon employeur et je devais trouver des postes qui me permettaient de me former et pouvoir reprendre l'entreprise avec mon mari. Et finalement, au lieu de reprendre l'entreprise, le troisième bébé est arrivé.
- Speaker #0
Et du coup, ton mari, lui, il est reparti dans le salariat, tu me disais, finalement, ou il est resté où il était ?
- Speaker #1
Non, il n'est pas resté là où il était parce que c'était une entreprise qui était vouée à fermer. Donc en fait, nous, on aurait repris au lieu qu'elle ferme. Finalement, elle a été reprise il n'y a pas très très longtemps, mais il y a eu une période de fermeture. Et puis finalement, mon mari a retrouvé un poste très rapidement ailleurs. Donc il a fini son année pour avoir son diplôme et il a retrouvé un poste ailleurs. Ça a été plutôt rude, pas de trouver un poste, mais plutôt d'expliquer à son employeur, puisque en fait, je devais accoucher deux mois après qu'il ait pris son poste. Donc voilà, au niveau des périodes d'esthète, tout ça, c'était un peu... Il fallait jongler, mais ça s'est fait très facilement. Et puis, je cousais beaucoup pour mes enfants, sachant que je savais que j'allais avoir une deuxième petite fille. Je commençais à faire des matchi-matchi avec ma première fille, donc ma deuxième enfant et ma troisième. Je me suis mise vraiment à me lancer encore plus dans la création de vêtements, chose que je faisais déjà depuis longtemps, puisque j'ai beaucoup repris la couture. quand j'étais enceinte de mon premier. J'ai commencé à coudre, j'étais petite, je faisais ça avec ma grand-mère. Et j'ai beaucoup repris, donc enceinte de mon premier, ça m'a pas mal occupée pendant toute la grossesse. Et puis là, ça m'a redonné encore plus envie en me disant, t'as une petite fille, tu vas pouvoir lui coudre plein de choses avec son frère et sa sœur. Et puis, j'avais besoin aussi de me faire plaisir dans les vêtements où j'avais... Je ne trouvais plus forcément ce qui me plaisait. En grande surface, ça ne me plaisait pas forcément. Ou alors sur des collections de marques parisiennes que je ne pouvais pas acheter, hormis si c'était en archive. Je voulais réussir à trouver des choses qui me plaisent, qui fassent intemporel, qui puissent se transmettre de fratrie en fratrie, de cousins à cousines, de neveux, de choses qui restent dans une famille et qui se transmettent et qui passent aussi bien sur du garçon que de la petite fille. Et puis j'aimais. énormément offrir aussi en tant que cadeau naissance des petites créations. Et je sais que ça faisait souvent plaisir aux amis, à la famille à qui j'offrais ça. Et puis donc je me suis beaucoup posé la question, est-ce que je me lance, est-ce que je me lance pas ? Et j'ai rencontré une créatrice. J'ai rencontré une créatrice qui m'a dit, bah vas-y, lance-toi. Donc j'ai été vraiment à tatillon. Je me sentais pas... Je me sentais légitime en tant que maman. Je me sentais vraiment à ma place. Mais ce truc de pas se sentir légitime partout, c'est hyper... super compliqué et je me sentais pas franchement légitime en tant que créatrice. Je me disais mais non mais les autres ils font tellement mieux. Et puis finalement elle m'a bien bien lancée, elle m'a poussée en me disant allez tu peux y arriver, j'ai les copines qui m'ont dit si vas-y tente, de toute manière t'es à la maison, tu peux profiter avec les enfants et puis comme ça sur ton temps libre tu peux créer. Et puis mon mari avait tout quitté, il avait quitté l'armée pour pouvoir se lancer dans un projet qui... qui lui plaisait, sa reconversion est plus que réussie puisque tous les jours il est hyper content de ce qu'il fait et ça m'a donné envie moi aussi de me lancer dans quelque chose en me disant ok je me lève le matin, je suis hyper contente de ce que je vais faire ça va être du beau, je vais transmettre du beau et je vais transmettre de quelque chose de mes mains que je fais et que je prends plaisir des choses qui seront portées et des choses qui vont être utiles et qui vont pas rester juste... qui ne vont pas être très à la mode.
- Speaker #0
À la mode pendant quelques mois, et puis ensuite, on passera à autre chose du prêt-à-jeter.
- Speaker #1
C'est exactement ça. Là, le but, c'était vraiment de pouvoir transmettre les choses que j'ai cousues pour ma deuxième, donc pour Clothilde. Joséphine peut les remettre, contrairement à des pièces que j'ai achetées pour Clothilde, où je me dis, finalement, c'est plus si à la mode que ça, et que je préfère... coudre des choses pour ma dernière parce que j'ai du mal avec ce truc de mode en se disant là c'est plus à la mode et j'ai plus envie alors que sur de l'intemporel, sur de la rayure sur du vichy, sur des petites fleurs du liberty et bien finalement ça va en plus ça va à tous les enfants et ça peut très bien aller à un petit garçon à une petite fille, un petit chemisier en col bateau, ça va très bien à un petit garçon, une petite fille Le but c'était que je puisse transmettre et puis derrière j'ai ma belle-sœur qui aime beaucoup les vêtements que je fais, qui veut aussi les récupérer. Donc je me dis finalement s'il y a un petit garçon qui arrive derrière, il pourra récupérer aussi. Et on reste sur des qualités tissus que je sélectionne, je sélectionne la provenance, la qualité, la composition. Je sélectionne vraiment tout et en fonction de ce que j'aime, je ne vais jamais acheter un tissu que je n'aime pas par exemple pour qu'il puisse être transmis.
- Speaker #0
Du coup, c'est dans ce contexte-là que tu crées Pétales et Rubans. Tu viens d'avoir ta troisième.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ça fait un moment que ça te parle, l'idée de vraiment en faire une activité professionnelle. Comment tu passes le cap ?
- Speaker #1
Je passe le cap parce que mon mari n'arrête pas de me dire mais vas-y lance-toi. Tente, tu verras bien, t'es à la maison, tu t'occupes de Clotilde et Joséphine, alors continue, tente et tu verras si ça prend. Les gens aiment ce que tu fais, les gens aiment tes tissus, alors tente, tu verras. J'ai des copines qui me poussaient aussi à me lancer et à me dire mais vas-y, tente, enfin voilà. C'est peut-être finalement le truc que t'attendais. Et puis j'avais une amie qui est créatrice également, donc pas du tout dans la couture. mais qui est créatrice et qui m'a fortement incité à me dire, vas-y, tente, tu verras. Et puis, c'est hyper chouette, l'entrepreneuriat, c'est des créations, tu fais ce que tu veux, tu fais ce que tu aimes, tu prends plaisir. Et mine de rien, c'est vrai. Je fais ce que je veux, ce que j'aime, et je prends beaucoup de plaisir à faire ce que je fais.
- Speaker #0
Et puis, il faut dire aussi, je pense que comme moi, tu es en auto-entreprise, ça s'appelle micro-entreprise maintenant ? Oui. C'est vrai que ça permet un petit peu de sortir d'un certain carcan administratif, d'avoir des charges aussi qui sont allégées quand tu ne travailles pas et que tu ne vends rien. Oui. Ça permet quand même de se lancer en prenant un peu la température avant peut-être ou pas d'ailleurs de sauter dans le grand bain de passer en société.
- Speaker #1
C'est exactement ça et ça permet quand on travaille, on travaille, quand on n'a pas de vente finalement derrière. Moi, en tout cas, j'ai France Travail qui me permet de me verser si je n'ai pas de vente, par exemple. Et en complément, donc ça, c'est hyper chouette. Et on n'a pas ce flux tendu en se disant « Oh là là, ça ne passera pas ce mois-ci ! » Voilà, on est sur quelque chose où, écoute, vends, fais-toi plaisir, crée ce que tu aimes. Et puis, si finalement, ça ne se vend pas ce mois-ci, ça se vendra peut-être le mois prochain, mais tu pourras toujours t'acheter le bon chocolat que tu as envie de t'acheter. Enfin, voilà, des choses comme ça.
- Speaker #0
Parce que là, du coup, donc Pétale et Ruban, tu as créé ça en quelle année ?
- Speaker #1
Pétale et Ruban a trois mois et demi. Oui, c'est tout récent. Mon entreprise est née le 7 février, le lendemain de mon congé maternité. Alors, vraiment, la prise de décision en se disant, vas-y, et en arrêtant surtout de revenir en arrière, parce qu'à chaque fois, je me disais, vas-y. Et puis finalement, non, mais finalement, non. Eh bien, c'est le lendemain de la naissance de ma filleule. Et je me suis dit, OK, je veux aussi qu'elle soit fière de sa marraine. Et vas-y, en fait, tente, et je suis pas revenue en arrière depuis le lendemain de la naissance de ma filleule qui est née fin janvier. Et en 15 jours, j'avais fait les démarches administratives.
- Speaker #0
On l'a dit, t'as même utilisé le mot, ton univers est très intemporel, très doux, très élégant. Comment, toi, tu le définirais avec d'autres termes ? Si tu devais expliquer à quelqu'un quel est l'univers qui t'inspire pour tes créations ?
- Speaker #1
On va dire que c'est plutôt une époque, dans les années 20, les années 30, là où, pour moi, il y avait encore l'herbe d'élégance, le bien parler, le fait de bien se comporter, les bonnes manières, les choses qui ne sont plus du tout à la mode maintenant. Ce que j'aime, c'est le fait que les enfants soient aussi bien à l'aise et que ce soit beau. J'ai besoin de savoir aussi d'où vient le tissu, de la fabrication, que c'est bien du français. Moi, mon fils va à l'école. tous les jours. Je dis bien tous les jours, même au mois de décembre et sous la neige. J'habite en Bretagne, il y a rarement de la neige, mais même quand il y a de la neige, il y va. Il est en chaussettes hautes et il est en bottillon et en short. Et il va tous les jours comme ça. Et il refuse littéralement de mettre un pantalon. J'ai des pantalons dans son armoire en me disant, au cas où s'il a froid, il ne les met pas. Ils sont neufs, mes pantalons.
- Speaker #0
Parce que tu l'as habitué comme ça et que pour lui, le petit short
- Speaker #1
c'est son uniforme exact c'est tout à fait ça et il va en école privée mais c'est le seul qui est habillé comme ça les maîtresses qui nous disent oh là là mais il doit avoir tellement froid donc je leur dis mais non non c'est moi qui me bats pour qu'il mette un pantalon donc ça ne fonctionne même pas et non non il sait en fait que c'est très important de bien s'habiller puisque ça reflète alors on dit certes l'habit ne fait pas le moine mais je pense que ça il contribue quand même et que c'est important de transmettre l'élégance les bonnes manières et de savoir se présenter et présenter correctement aussi J'avoue que j'ai énormément de mal avec les enfants qui vont jogging à l'école tous les jours. Je ne peux pas. D'ailleurs, ma fille a un seul jogging. Elle le met en pyjama. Voilà. Elle ne le met pas à un autre moment.
- Speaker #0
Je pense que la guerre du jogging a lieu dans beaucoup de familles. Alors, chez nous, on n'est pas concernés. Moi, ils partent en jogging. Par exemple, ce matin, le lundi, mon fils, il a sport. Donc il part en jogging. Mais c'est vrai que je pense que dans beaucoup de familles, c'est un peu la norme parce que ces pantalons qu'on voit dans beaucoup de grandes enseignes type qui habille, j'ai mot, CA, des enseignes qui sont familiales, on retrouve ces pantalons qui sont un petit peu jogging, un peu parfois molletonnés à l'intérieur. Et du coup, ça devient aussi un standard pour l'enfant qui a l'habitude. Mais je pense que parfois, c'est dur de les faire passer à autre chose.
- Speaker #1
Je pense aussi, après, je pense que ça se fait. Au tout début, mon fils, je ne l'habillais pas en chaussette haute, ce n'est pas vrai. Je l'habillais en chaussette haute, mais il avait aussi d'autres vêtements, il a porté des petits leggings, voilà. Mais c'est un petit garçon, je lui ai appris à choisir ses vêtements, je sélectionnais minutieusement les vêtements, et je lui ai appris à s'habiller. Et après, je pense que... L'univers dans lequel il grandit, les chevaliers, les grands saints, toutes ces choses-là, je pense que ça aide énormément. Pas de patrouille, il a vu, mais c'est pas quelque chose qu'il va regarder. Il regarde pas de dessin animé, d'ailleurs. Mais je pense que ça aide énormément à l'aider au niveau de ses repères, de se dire, oh tiens, je sais pas moi, le petit Nicolas. Il aime énormément le petit Nicolas, et du coup, il veut s'habiller comme le petit Nicolas.
- Speaker #0
Mais du coup, quand tu dis le petit Nicolas, c'est... En livre ?
- Speaker #1
En livre, oui, En livre ou sur sa boîte à histoire. Mais oui, en livre. Et il a des références comme ça. Je ne sais pas, je pense que ça le fait rêver. Alors après, il rêve d'être scout aussi, donc ça aide beaucoup. Les shorts et les chaussettes hautes.
- Speaker #0
Quand tu m'as dit « short » par tous les temps, j'ai pensé au scout. J'en discutais avec un ami ce week-end qui me disait « mais t'es que nous, on était sous la neige en short, hein ? »
- Speaker #1
Oui, mais ça ne m'étonne pas. Mais il y a quelques années, même l'époque de nos grands-parents, on faisait comme ça, en fait. Et maintenant, c'est assez rigolo parce que finalement, nos grands-parents, quand ils voient nos enfants habillés comme ça, finalement se disent « Oh là là, mais les pauvres, ils doivent avoir froid » , alors qu'eux ont vécu cette époque-là. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai.
- Speaker #1
Mais oui, c'est ça. Et moi, mon but, c'est vraiment de faire revenir cette époque-là. Ma fille refuse, elle a deux ans et demi, refuse de mettre des collants. Je suis obligée de lui mettre des chaussettes hautes. Elle est revenue aujourd'hui de l'école avec le genou écorché. J'ai presque l'impression de devoir m'excuser auprès de la maîtresse de ne pas lui mettre des collants parce qu'elle a le nid écorché. Mais finalement, elle est très contente d'être en chaussettes et elle est beaucoup plus à l'aise qu'avec un collant qui passe son temps à tomber.
- Speaker #0
On la comprend.
- Speaker #1
Je le confirme.
- Speaker #0
Oui. C'est vrai. Je pense que c'est vraiment, oui, une question d'habitude et une question aussi de négociation. Moi, j'ai une fille qui est à l'âge de ton fils. Là, elle va avoir 7 ans. Et alors c'est... très facile de l'habiller parce qu'elle se fie énormément à mon jugement. Donc généralement, franchement, même elle n'a pas de demande de choisir ses vêtements pour le moment. Dieu merci. Donc là, ça va, je peux faire. Même si je sais qu'il y a un attrait pour les paillettes, pour les licornes, pour... Donc des fois, je fais un peu de compromis. Mais c'est vrai que mon fils, lui, est plus en demande de ses... On en parlait un petit peu tout à l'heure. les dinosaures, ça peut être les pattes patrouilles, les choses comme ça.
- Speaker #1
Mais c'est compatible. Enfin, moi, je pense que c'est compatible.
- Speaker #0
Oui, je suis assez d'accord. Mais du coup, des fois, soit on mixe, soit on trouve des compromis. Par exemple, là, ce matin, de toute façon, ils vont au gymnase, donc il avait son bas de jogging, il avait un petit haut dinosaure avec une veste dinosaure, mais il sait que, par exemple, si demain, j'ai envie de le mettre en polo, et qui me demandent les dinosaures, je lui dis « Écoute, hier, je t'ai mis en dinosaure. Là, aujourd'hui, on se met en petit short, en polo. » Et en fait, pour le moment, à trois ans et demi, en tout cas, ça passe encore.
- Speaker #1
Non, mais ça passe. Même moi, je sais que j'ai déjà craqué. Certes, je couds des petites pinces, des petits nœuds qui sont très, très jolis et que je suis tellement contente de voir dans les cheveux de ma fille ou de ses copines. Mais je craque aussi pour des petites pinces licornes. Elle va en chaussette haute, en petit bloomer à l'école avec une pince licorne. Et c'est carrément compatible. Aujourd'hui, elle est en robe longue froncée, mais elle a un petit gilet molletonné avec du léopard dessus. Et je pense que ça reste compatible parce qu'on a le côté très intemporel. Et puis, c'est une petite touche hyper sympa, beaucoup plus moderne. Et ça le fait, mais carrément.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que toi, c'est lié aussi cet attrait-là pour la mode un peu... La mode enfant d'antan, on va dire. Est-ce que tu penses que c'est lié à ton rapport à l'enfance ?
- Speaker #1
Pas forcément, je ne pense pas. Non, moi j'étais très multicolore. Alors, j'ai toujours été une petite princesse. Mais c'était très multicolore. Donc, pas forcément. Est-ce que je ne mettais pas plus de robe que ça ? Les chaussettes hautes, je crois que je n'en ai jamais porté. Ou alors, j'étais au collège et c'était quand c'était la mode des guêtres. Enfin, voilà, je pense que c'était... Pas du tout.
- Speaker #0
Toi, ça ne vient pas de tes parents ?
- Speaker #1
Pas du tout. Mais je pense que j'ai toujours idéalisé un peu ces professeurs qui étaient toujours bien habillés, avec un joli chignon dans les cheveux, les professeurs qui avaient une jolie chemise. Et je me disais, dis donc, eux, vraiment, en fait, on sent qu'ils imposent beaucoup plus le respect que quelqu'un qui vient en t-shirt ou en sweat. C'est ma manière de voir les choses. Mais je veux dire, j'avais beaucoup plus, même si je n'étais pas du tout rebelle, Mais j'avais beaucoup plus envie de me dire, oh là là, j'aimerais bien devenir... J'ai la référence de la professeure de latin qui était juste sublime. Et je me disais, j'ai vraiment envie de devenir plus comme la professeure de latin que le prof d'histoire qui venait en basket et qui n'était pas coiffé le matin. Malheureusement, c'était ça.
- Speaker #0
Mais oui, c'est sûr qu'il y a aussi un rapport d'images que tu renvoies et de prestance aussi. Je pense qu'on peut capter dès l'enfance d'ailleurs.
- Speaker #1
Je pense aussi qu'on fonctionne énormément comme ça, où on a besoin de modèles. On peut avoir plein de modèles, mais c'est comme ça où on se dit « j'aimerais bien » . Mais comme tous les petits garçons, enfin tous, un grand nombre de petits garçons, j'aimerais bien devenir comme mon papa. Et il faut aussi des modèles extérieurs, et les modèles, il faut réussir à s'identifier, et se dire « oh là là, il est bien habillé, il est gentil, et j'aimerais bien devenir comme ça » , plutôt que... Oui, je ne sais pas, quelqu'un qui est moins attrayant dans sa bannière vestimentaire et où on a moins envie de devenir, et que ce soit un modèle.
- Speaker #0
Ça inspire moins, naturellement.
- Speaker #1
Oui, exact.
- Speaker #0
Ok, ce n'est pas lié à ton enfance, à toi, mais est-ce que tu ne penses pas que ça projette aussi quelque chose de l'enfance ? J'ai parlé dans un podcast, par exemple, de la comtesse de Ségur. Nous, ça a été un énorme... hit chez nous avec ma fille donc les malheurs de Sophie, les petites filles modèles et les vacances et c'est vrai que malgré le fait que ce soit un livre elle a jamais vu les dessins animés des malheurs de Sophie c'est vrai qu'on imagine assez bien ses rubans ses dentelles, ces choses comme ça et ça nous ramène aussi à un imaginaire d'une enfance libre,
- Speaker #1
une enfance dehors c'est vrai et du coup on s'identifie mais c'est tout à fait ça puisqu'en fait Merci. Un enfant qui va regarder Pas de Patrouille va vouloir mettre des t-shirts Pas de Patrouille, ou qui va regarder Cards va peut-être vouloir beaucoup plus porter des choses ou des produits qui sont avec des motifs bien spécifiques ou sous licence. Alors qu'un enfant qui va passer son temps dehors, il n'a pas ces références-là. Donc on est plus sur des références de couleurs ou de motifs de la nature plutôt qu'une grosse voiture à paillettes qui est réversible ou des choses comme ça.
- Speaker #0
j'allais te demander si Justement, selon toi, la manière dont on habille les enfants a un impact sur leur manière d'être ? Ça a un impact sur l'ambiance familiale ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça a un impact. Personnellement, mon mari ne me voit en jogging que quand je fais du sport. C'est-à-dire peut-être 1% de l'année. Mais il ne me voit jamais mal habillée. Parce que je considère qu'il faut faire attention à l'apparence qu'on donne. euh... Après ça c'est ma manière de voir aussi dans le couple, il faut que ce soit toujours attrayant. Et c'est pas pour ça que je suis plus faible quand je suis en jogging, non, c'est vraiment pas ça. Mais je trouve que c'est beaucoup plus plaisant pour tout le monde, et ça veut dire qu'on a fait un effort le matin quand on s'habille correctement. Alors certes, je ne mets pas des chemisiers tous les jours, aujourd'hui je suis en pantalon tout à fait normal, en velours et un t-shirt, j'ai juste mis un gros gilet rose pour que ce soit un peu plus fluo. Mais je fais toujours attention à comment je m'habille parce que ça reflète, je trouve, ma personnalité. Et en fonction de mon humeur, je vais m'habiller d'une manière ou d'une autre. Et ça, c'est pour beaucoup de choses. Je vais mettre des talons et si je mets des talons, par exemple, je vais me sentir d'une manière différente que si j'étais en basket. Et ça fonctionne. Je crois qu'il y avait eu des études qui avaient été faites dessus où on se comportait différemment en fonction de comment on était habillé.
- Speaker #0
Ça, je veux bien y croire. Et pour les enfants, tu penses que c'est vrai ? Tu penses qu'ils se comportent différemment selon la façon dont ils sont habillés ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Pour Ernest, je pense que oui, parce qu'en fait, il y a des mots-clés qu'on lui a transmis en fonction des vêtements. En fait, en lui expliquant que certains vêtements reflétaient telle chose, il se comporte certainement d'une manière différente que quelqu'un qui porterait autre chose. Je ne sais pas comment dire. Je pense que oui, ça reflète, en fait. Je pense que le caractère et la manière de faire, ça reflète vraiment. J'arrive pas à expliquer exactement. Après ma fille, qui a deux ans et demi, ça ne fonctionne pas. Mais pas du tout. On peut l'habiller en robe avec des froufrous, tout ce qu'on veut. Si elle a envie de se jeter dans la boue, elle se jettera dans la boue.
- Speaker #0
Le terrible tout n'est pas arrêté par la dentelle et les chaussettes hautes.
- Speaker #1
Ah, je confirme, les chaussettes sont souvent pleines de boue. Donc ça se confirme pas du tout sur du deux ans et demi. Mais sur du sept ans, c'est beaucoup plus réfléchi. Donc je pense que oui, il y a quelque chose... Et puis la manière dont on éduque aussi, ça fonctionne beaucoup. Mais je pense qu'il y a de ça. Il y a quand même... Le vêtement reflète pas mal ce qu'on doit transmettre.
- Speaker #0
Toi, tu as à cœur qu'en grandissant, alors bien sûr pas avec ta fille de deux ans et demi, mais avec ton fils de sept ans, par exemple, qui commence à comprendre bien les choses, qu'il est à cœur de se poser la question de la façon dont il se présente aux gens, au monde, dans des situations.
- Speaker #1
Oui, et ça fonctionne dès maintenant. Il y a des jours où j'insiste pour qu'il mette, je ne sais pas moi, une petite vareuse que je lui ai cousue, que j'aime énormément dans un tissu, le minor, et qu'il me dit « Non, maman, ça n'a pas du tout… Oh là là, je suis moche ! » Alors, pas du tout, vraiment… Non, ce n'est pas « je suis moche » , en plus, c'est « je ne suis pas élégant » . C'est surtout ça. « Je ne suis pas élégant, je n'aime pas… » Le « je suis moche » , non, je pense qu'il ne l'utilise pas du tout, en plus. Parce que je ne veux pas qu'il ait l'impression d'être beau ou moche à cause de ses vêtements. Je veux pas que ça reflète le fait qu'il soit beau ou moche Parce que le fait d'être beau ou moche C'est tellement subjectif Mais c'est plutôt le fait de se sentir bien dans un vêtement Et il a A coeur de se sentir bien dans un vêtement Et puis il voit très bien comment ça fonctionne Un petit garçon qui va vous dire Bonjour, qui est très bien habillé Forcément vous avez envie de le regarder Alors surtout que j'insiste pour le bonjour monsieur Ou bonjour madame parce que je trouve ça important d'identifier Que la personne se sente identifiée Et qu'elle sente que c'est vraiment Pour lui ou pour elle qu'on lui dit bonjour, et pas juste un simple bonjour qui pourrait être dit à un oiseau ou à un arbre, forcément ça donne envie. Et encore plus si l'enfant est bien habillé, ça donne encore plus envie de se dire « Ah, mais dis-donc, qu'est-ce qu'il est poli ! » On s'arrête plus facilement sur un enfant qui est bien habillé et qui salue correctement qu'un enfant qui va juste dire bonjour, qui est, on va dire « Oh, il est mignon, mais... » Ma fille a plus facilement une chouquette si elle est bien habillée et qu'elle dit bonjour madame que si elle était en jogging. D'ailleurs, ce n'est même jamais arrivé. Elle a une chouquette que quand elle est bien habillée avec son petit nœud dans les cheveux et qu'elle dit bonjour madame. Elle est très contente. Du coup, elle l'instille pour descendre pour aller à la boulangerie.
- Speaker #0
Donc, pour toi, ça participe vraiment à l'ambiance familiale, le fait d'être tous bien habillés les uns pour les autres au sein de la famille.
- Speaker #1
Exact. Et ça va jusqu'au pyjama. Le pyjama, on n'a pas de pyjama. Je n'ai même pas de marque, mais le pyjama que vous mettez trois fois et qui est tout détendu et qui est dans un état lamentable, je n'ai pas de pyjama comme ça. Même ça, les enfants ont des pyjamas qui sont corrects et qui font qu'ils ont une bonne tenue. Oui, je trouve que c'est important de toujours bien être présentable. C'est ça, être présentable et bien présenté.
- Speaker #0
Oui, sachant qu'après, c'est vrai que d'une personne à une autre, ça change quand même en fonction des styles, justement. ce qu'on va considérer comme présentable ou pas présentable. Et après, chaque famille aussi a ses règles. Moi, je vois nous, les pyjamas, on donne tout sur la licence.
- Speaker #1
Pour canaliser le truc,
- Speaker #0
le pyjama, quand on peut, c'est... Voilà, justement, il y a ce truc de on va se coucher et on va à l'école. C'est... c'est une autre ambiance ou par exemple mais moi j'entends parce que ça me fait rire parce que j'ai une copine vendredi qui m'a dit toi t'es beaucoup plus attachée à ce qu'ils partent justement à l'école à ce qu'ils partent pas en jogging tout le temps, à ce qu'ils soient habillés d'une certaine façon et c'est rigolo parce que quand je regarde d'autres copines et notamment des copines de la paroisse on va en parler tout à l'heure de ce lien avec l'univers kato. Je me dis, moi je suis plutôt à la cool par rapport à ça. Et c'est rigolo, en fait on a tous nos... Il ne s'agit pas que certains se sentent jugés, si vous faites partir vos enfants en jogging, et que pour vous ce n'est pas important, ok, il n'y a aucun souci. C'est juste que... on a tous notre sensibilité qui est différente et des fois juste nous ça va nous renvoyer quelque chose par rapport à ce qu'on a envie de transmettre à nos enfants ou ce qu'on a envie que eux transmettent aux autres quoi.
- Speaker #1
Et en fait en réfléchissant je pense que oui finalement ça a quand même un rapport avec mon enfance parce que mes parents n'avaient pas franchement les moyens et je me souviens que il y avait les gros sacs je sais plus comment ça s'appelle Happy Vets Un truc comme ça, où les grosses caisses de la Croix-Rouge, on récupérait les vêtements de la Croix-Rouge qui étaient au pied des caisses, et en fait, on récupérait nos vêtements à l'intérieur. Et je pense que c'est ce truc-là de se dire, en fait, je ne veux pas du tout de ça. Il doit y avoir quelque chose. Je pense qu'il y a de ça.
- Speaker #0
Oui, je pense que ça joue. Moi, je n'ai pas du tout grandi dans l'univers kato, même si j'ai toujours aimé cette mode un petit peu... D'antan avec les bloomers, les vareuses, les petits béguins, des choses comme ça. C'est quelque chose qui s'est énormément accentué en fréquentant des familles où les enfants étaient habillés comme ça. Je ne sais pas moi, les mocasses, tout ce qui est cliché, tu vois. Mais qui marque aussi quand même une sorte d'appartenance à un groupe dans le bon sens du terme. C'est-à-dire en fait une appartenance qui est donnée à tout le monde. Tout le monde peut faire le choix d'acheter une paire de mocassins ou une paire de baskets. Ça renvoyait aussi quelque chose de positif par rapport à un système de valeur. Oui,
- Speaker #1
je comprends. Et surtout, je trouve que les choses qui sont très marquées avec des motifs, en fait, ça part très facilement. On peut moins les transmettre de fratrie. Surtout quand il y a des grands écarts dans la fratrie. Le t-shirt. Pokémon ne sera plus forcément à la mode dans 10 ans. Alors que si on part sur un motif très classique et pas du tout marqué avec des motifs, finalement, dans 10 ans, dans 15 ans, dans 30 ans, ça fonctionnerait très bien. Le fameux Vichy rouge qui fonctionne très bien, rouge ou bleu, vert, tout ce qu'on veut, ça fonctionne très bien quelle que soit l'époque. Contrairement à quelque chose de très accentué avec des motifs de mini, le motif mini ira beaucoup moins peut-être dans 10 ans ce sera plus du tout à la mode et ce sera un nouveau dessin animé et je consomme moi-même énormément en seconde main aussi bien dans des recycleries qu'en seconde main en ligne ou d'ailleurs même à Emmaüs où là je trouve des petites pépites de robes des années 70 où j'aime tellement ou années 80 et mes enfants ont beaucoup de vêtements et d'ailleurs c'est mes inspirations pour mes créations j'allais te demander justement effectivement
- Speaker #0
Avant de fermer cette parenthèse, si tu pensais que le vêtement peut être une forme de transmission ?
- Speaker #1
Pour moi, oui. Le vêtement peut être une forme de transmission. On peut le transmettre. Après, j'essaye vraiment de ne pas m'attacher aux objets. C'est quelque chose qui est hyper dur parce que pour moi, un vêtement, c'est des souvenirs. Avec un enfant, il y a des pyjamas de mes enfants que je transmets, les collections. À cœur, petit bateau, par exemple, pour moi, c'est une transmission. Et mes enfants, garçons, filles, dans tous les cas, ils les auront. Ils les ont eus, d'ailleurs, même. Il y a un certain âge où mon mari ne veut plus que je mette de petit cœur à mon fils. Mais à mon grand désespoir.
- Speaker #0
Oui, c'est... Voilà. Après, encore une fois, c'est une question de sensibilité. Voilà.
- Speaker #1
Mais pour moi, oui, c'est quelque chose qui se transmet. Et puis, ça rappelle énormément de souvenirs. Je fais des salons de créateurs et j'ai beaucoup de personnes qui ont 50, 60 ou même un peu plus qui me disent « Ah mais je portais ça quand j'étais petite ! » ou « Tiens, je te mettais ça aussi quand tu étais petite ! » Et c'est rigolo parce qu'en fait ces personnes de ces générations-là savent le mot déjà pour utiliser « bloomer » , « béguin » que des gens des années qui ont 30, 40 ont beaucoup... plus de difficultés à me dire « Oh, mais c'est une culotte ! » alors que non, je ne coupe pas des culottes. Et ça leur rappelle énormément de souvenirs et je trouve ça tellement chouette que les gens passent devant mes créations et se disent « Oh, mais attends, je faisais ça et je portais ça ! » et leur permettent de se rémémorer des souvenirs d'enfance, de douceur, de jeux dehors et je trouve ça exceptionnel de réussir avec un vêtement de leur transmettre enfin de leur faire revenir quelque chose dans leur mémoire, je trouve ça. tellement chouette.
- Speaker #0
C'est sûr que ça évoque un univers. En termes de valeurs, on parlait tout à l'heure justement du lien entre l'univers kato, on va dire, et le style que tu aimes, dont tu parles là. Tu penses que la jonction en termes de valeurs, elle se fait où ?
- Speaker #1
Je pense que dans l'univers kato, on a beaucoup moins perdu le fait de transmettre des valeurs de bienséance. le fait de transmettre les valeurs de bien s'habiller, d'ailleurs le dimanche en fait le dimanche c'est important d'aller à la messe et de bien s'habiller et c'est une joie pour les yeux de voir malheureusement c'est souvent les enfants qui jouent plus le jeu que les parents mais c'est une joie de voir tous ces enfants avec les petits nœuds dans les cheveux les petites chaussures jacquardie ou les petites salomées vernis, c'est juste tellement chouette et puis de les voir courir ensuite sur le parvis de l'église mais alors là c'est encore mieux avec leur robe qui vole des bébés avec leurs petits bloomers sur les pavés ou la moquette qui est juste devant l'hôtel. C'est juste hyper chouette. Et je pense que c'est plus dans ce milieu-là qu'on le voit, mais pas que, parce que ça s'ouvre de plus en plus à des gens qui ont envie, en fait, finalement, de faire revenir une mode beaucoup plus intemporelle, qui ont envie moins d'être dans la consommation, de tout le temps acheter des choses qui sont à la mode. C'est très lié, je pense, à la foi, mais pas que. C'est énormément aussi ouvert à d'autres qui n'ont pas forcément cette foi, mais juste envie de moins consommer et de pouvoir transmettre beaucoup plus facilement en fratrie, en famille et d'avoir aussi des choses très jolies.
- Speaker #0
Quand tu parles du rapport au dimanche, c'est vrai que nous, on s'est fait la remarque, on en parlait avec des amis, notamment mon mari qui ne voyait pas trop l'intérêt de... se mettre vraiment sur son 31 le dimanche. Et on a un copain qui est toujours tiré à quatre épingles. Et il lui disait, mais en fait, pour moi, c'est important de s'endimancher. Avant, on disait ce mot-là, s'endimancher, se faire beau pour Dieu, c'est quelque chose, si tu ne le fais pas pour Dieu, tu ne le feras pour personne. Et c'est vrai que ça nous a marqués. Je sais qu'aujourd'hui, il refuse d'aller à la messe autrement qu'en pantalon, même en été.
- Speaker #1
En varice, c'est pareil.
- Speaker #0
D'être bien, d'être soit en chemise, soit en polo, sans vouloir entrer dans des polémiques, mais ça peut arriver que parfois il donne la communion. Donc là, s'il doit donner la communion, clairement... Il envoie tout ! Ah oui, il me dit, il n'est même pas question d'y aller en polo quoi ! Il faut que je sois bien parce que c'est vraiment...
- Speaker #1
C'est important, je comprends. En fait, on part, alors nous après c'est notre manière de voir vraiment, mais on part du principe que chaque dimanche c'est comme si on allait à un mariage, le mariage avec Dieu en fait. Et on va avec lui à son dernier repas et on va au mariage avec Dieu. Et du coup, on s'habille comme si on allait à un mariage. Et puis, c'est le jour où on fait encore plus d'efforts. Et c'est tellement beau de se voir avec encore plus d'efforts, avec les chaussures qui sont cirées, avec les petites chaussures en dents. C'est vraiment le jour où on fait encore plus d'efforts. Et là où j'avoue que ça me donne encore plus d'inspiration. Moi, le dimanche, quand je vois les tenues, je me dis « Oh là là, ça donne trop envie de faire quelque chose qui soit inspiré de ça » . Du coup, le dimanche, après, j'ai envie de faire plein de choses.
- Speaker #0
Mais voilà. C'est vrai que c'est une source d'inspiration immense. La messe, quand ce style-là plaît, tout le monde n'est pas comme ça non plus dans l'église. Tu le disais, chacun... Et il y a des gens d'ailleurs, quand reviennent, j'ai une amie qui me disait son mari venait d'une famille très très tradi et lui il vient en sweat à capuche à la messe parce qu'en fait c'est comme ça qu'il se sent bien et il s'agit pas de rejeter les autres mais c'est vrai que souvent dans la perception du kato il se dit voilà le dimanche je me rends à la messe pour Dieu, je veux que ça dise quelque chose quoi.
- Speaker #1
Le dimanche pour les kato c'est le jour où on ne travaille pas donc forcément on n'est pas en habit tous les jours et c'est juste le jour où on va pouvoir se faire beau puisqu'on va pas aller jardiner ni aller tondre la pelouse c'est le jour où on peut se faire plaisir en vestimentairement parlant on va après tondre la pelouse, on peut se changer et tondre la pelouse le dimanche il y a des horaires quand même c'est vrai,
- Speaker #0
moi je vis dans une ferme donc il n'y a pas d'horaire
- Speaker #1
Nous les voisins sont cools donc il n'y a pas d'horaire
- Speaker #0
Non mais c'est vraiment un jour où on coupe Par rapport au jour ordinaire en fait Je ne peux pas être comme je suis dans ma vie de tous les jours Le dimanche
- Speaker #1
Pour nous en tout cas c'est comme ça oui
- Speaker #0
Et puis les enfants ça leur parle énormément Ils aiment justement qu'on mette Nous on met les chaînes de baptême par exemple le dimanche
- Speaker #1
Alors nous on a plus de mal A les mettre parce que j'ai peur que les enfants les cassent Mais oui oui Les enfants moi Clotilde est hyper contente De Aïe ! Mettre une robe pour aller à la messe le dimanche, elle me dit on va voir Jésus, on va voir Jésus. Elle est contente de se faire toute belle pour aller voir Jésus.
- Speaker #0
Est-ce que tu aurais des conseils pour les parents qui aimeraient aller vers ce type de style sans forcément tout révolutionner ?
- Speaker #1
En fait, c'est possible d'avoir juste des petits accessoires. Par exemple, je fais des petites barrettes pour les petites filles avec plein de motifs qui sont... complètement intemporelles. J'aime beaucoup le vichy, les rayures et le liberty, le fameux liberty. Donc, c'est des petites fleurs qui sont bien spécifiques et c'est tout à fait possible de leur mettre juste une petite barrette. Donc, c'est possible et ça matche très bien avec un petit legging et une blouse tout à fait classique ou même avec juste un sweat. Dernièrement, j'ai envoyé à une Instagrammeuse un petit col en forme de pétale que, elle, elle glisse, par exemple, sous le sweat de sa fille et ça fonctionne très bien. Et ça habille alors qu'elle met ça avec un legging pour sa fille ou un jean et un sweat. Et sur le sweat, il y a le petit col pétale et ça fonctionne très bien. Il n'y a pas besoin d'acheter pour que ça change tout. Et encore plus, quand c'est un petit col, c'est que ça va vraiment avec tout. Pareil, je fais des petits cols marins par exemple. Le petit col marin sur un t-shirt, un sweat, un polo, ça fonctionne très bien. Pas obligé d'aller acheter ses vêtements dans des grandes marques pour être élégant. juste des petits éléments par-ci, par-là et puis l'élégance c'est aussi dans la manière d'être donc voilà pour pouvoir passer progressivement dans un style un peu plus intemporel c'est tout à fait possible par petites touches avec peut-être des petites marinières qu'on peut trouver dans le commerce on trouve très facilement des petites marinières avoir des intemporels Je ne sais pas, moi, une petite blouse en gaz de coton qui ira avec tout, aussi bien sur une salopette en jean avec une grosse mini dessus et une petite barrette dans les cheveux en Liberty, ça fonctionne très bien. En fait, il y a plein de choses qui sont tout à fait possibles. On n'est pas obligé de révolutionner. Vous n'êtes pas obligé d'avoir votre enfant en short, en polo et en chaussettes hautes pour aller à l'école. Ça fonctionne très bien. Autrement également.
- Speaker #0
Ou avec certains enfants, par exemple, je pense au fils d'une amie qui adore le foot. Et donc, il veut aller toujours en jogging de foot à l'école. Bon, il ne va pas toujours parce que c'est le fruit d'une négociation aussi. Mais voilà, il y a peut-être des choses à mixer. Justement, oui, avec un jogging.
- Speaker #1
Oui, voilà, un jogging, un suite tout à fait basique. Si l'enfant a vraiment envie d'avoir un suite, il y a la possibilité de prendre un suite très basique qu'on trouve... Chez Kiabi, peut-être trois fois moins cher que si vous le trouvez dans une grande marque avec un gros logo dessus et l'accorder avec un petit polo qui ressort au-dessus et ça fonctionne très bien. Tout fonctionne, enfin vraiment tout fonctionne.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a changé au fil de ton parcours, donc depuis que tu t'es installée à ton compte, même sur tout le parcours de la maternité là, qu'est-ce qui a changé dans ton regard sur le travail, sur la maternité et sur la création ?
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses qui ont changé. Il y a eu beaucoup, beaucoup de remises en question. Parce que, mine de rien, en étant militaire et ensuite en basquant dans un monde salarié, financièrement, ce n'est pas du tout, du tout, du tout la même chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas ça qui m'a rebutée à me lancer à mon compte.
- Speaker #0
Parce que ton mari, dans quel sens ? Par rapport, ton mari gagne plus maintenant en étant salarié ?
- Speaker #1
On a divisé par trois les salaires.
- Speaker #0
D'accord, ok.
- Speaker #1
En fait... Mais idéalement, j'aurais dû lancer mon entreprise quand mon mari était militaire. Mais là, en tant que salarié, ce n'est plus du tout la même chose. Mais en fait, on a choisi. On part du principe qu'on est un couple, on a une famille, mais on est aussi une équipe et qu'il faut s'épauler l'un et l'autre et se soutenir l'un et l'autre. Et les décisions sont prises ensemble. Et en fait, on voulait vraiment pouvoir privilégier la famille, privilégier les moments ensemble. Pour pouvoir voir grandir nos enfants, se dire qu'en fait on sera là et pas louper les moments hyper importants, c'est un sujet qui m'émeut beaucoup. Et pas louper les moments importants de nos enfants. Moi j'ai dû louper les premières dents, les premiers pas de mon fils parce qu'en fait je ne me sentais pas du tout à ma place auprès de mon fils ni à la maison. Et là me dire maintenant que je peux être présente, je travaille. J'organise ma journée pour pouvoir être présente pour mes enfants et pouvoir être aussi disponible dans mon entreprise et me dire que je suis là et que je vois tous ces moments-là. C'est hyper important pour moi maintenant. Mais parce qu'il m'a fallu vraiment, je pense, beaucoup de déclics, beaucoup de temps pour réussir à remettre cette fameuse église au milieu du village et me trouver à ma place. Et je pense que c'est... J'ai toujours ce truc de se dire, un jour sur deux, je me dis toujours, finalement, est-ce que j'ai bien fait ou pas ? Et j'ai toujours mon mari qui me dit, mais oui, continue, c'est bien. Ou une copine qui me dit, mais c'est parfait, là, j'ai une copine il y a deux jours qui m'a fait un message vocal en me disant, oh là là, je suis allée dans une grande boutique qui fait des petites barrettes, mais franchement, tes barrettes sont carrément mieux, je préfère largement consommer chez toi, et pourtant c'était une grosse marque. Et en fait, juste ces petits mots-là. qu'est-ce que ça fait du bien, parce qu'en fait, il y a des jours qui sont beaucoup plus difficiles que d'autres, et en se disant, mais je devrais tellement aller travailler, finalement, et puis gagner mieux ma vie, et certes, je serais pas présente pour les enfants, mais bon, ce serait peut-être mieux financièrement, et d'autres jours où je me dis, mais franchement, j'ai tellement de la chance. Aujourd'hui, Clotilde a déclaré la varicelle, donc je suis bien contente d'être à la maison. Joséphine est en train de percer sa troisième dent, parce qu'elle nous en perce trois en trois jours. Je suis contente d'être là et de me dire si elle a besoin d'un câlin, je vais pouvoir être là. Et c'est vraiment une décision. Pour le coup, ce n'est pas l'aspect financier qui nous a permis de prendre cette décision parce que comme je disais, financièrement, ce n'est plus du tout la même chose qu'avant. On est moins bien financièrement qu'avant, mais on a choisi de pouvoir privilégier ce côté familial. Et ce n'est pas parce qu'on choisit l'inverse que ce n'est pas bien non plus. C'est vraiment en fonction de ma personnalité. les objectifs qu'on s'est donnés avec mon mari.
- Speaker #0
En tout cas, toi, ça t'a réconciliée avec la maternité et avec toi-même.
- Speaker #1
Oui, ma deuxième m'a énormément réconciliée avec ma maternité. Ça m'a permis de peut-être réapprendre à découvrir mon premier aussi, voir comment il était attentif et que finalement, toutes les maternités ne se ressemblaient pas et que ça permettait peut-être de se reposer des questions et de trouver sa place. Et vraiment, je pense que c'est grâce à mes enfants J'en suis même certaine, en fait. C'est grâce à mes enfants que j'ai trouvé cette place que je cherchais, qui a été hyper dure à trouver. Mais oui, je pense que c'est vraiment grâce à mes enfants que je grandis et que je trouve ma place. C'est grâce à eux que je me lance, parce que j'essaye d'être fière de moi. C'est important d'être fière de soi, même si c'est hyper dur. Et je veux qu'ils soient fiers de leur maman.
- Speaker #0
Si tu devais dire quelque chose à une femme qui hésite... entre vie pro, vie de famille et qui a aussi des envies créatives comme toi. Peut-être comme toi, dans un travail qui est très peu créatif comme celui de la banque ou de l'assurance. Et qui a cette envie-là, au fond d'elle, de se lancer, mais qui hésite. Qu'est-ce que tu lui dirais ?
- Speaker #1
Alors, déjà, c'est tout à fait possible de continuer à être salarié et d'ouvrir son auto-entreprise, sa micro-entreprise. C'est tout à fait possible. Et je lui dirais de se lancer. Parce que déjà, en fait, tant qu'on ne s'est pas lancé... On ne sait pas si ça fonctionne. Et puis, il faut juste faire confiance, laisser se faire guider, laisser se faire entourer aussi, et puis tenter en fait. Tant qu'on n'a pas tenté, on ne sait pas ce que ça donne. Et même quand on a tenté, des fois, il y a des gros flops. Il y a deux semaines, j'ai fait un marché, c'était le pire flop du monde. Et puis juste après, j'étais vraiment mal. Et puis finalement, je refais un marché. Mercredi, je refais plein cet été et je me dis bon, c'était un flop, mais bah écoute, c'est pas grave, on recommence, on continue, on lâche pas et puis ouais, tenter, c'est hyper important de tenter et puis mine de rien, il ne faut pas lâcher son entreprise tout de suite si on est salarié, mais on a carrément la possibilité de tenter en étant salarié.
- Speaker #0
C'est peut-être pas la solution pour tout le monde de se lancer sans filet de sécurité. D'ailleurs, ce n'est pas ce que tu as fait.
- Speaker #1
Non, je ne me suis pas lancée sans filet de sécurité puisque je suis déclarée en tant que créatrice d'entreprise auprès de France Travail.
- Speaker #0
Où est-ce qu'on peut retrouver tes créations ?
- Speaker #1
On peut retrouver mes créations sur le site www.petaleruban.fr. On me trouve également sur ma page Instagram. Mais aussi, je suis présente sur les marchés d'été, ou de créateurs d'ailleurs, sur Lorient, sur Pleumeur, Ponskorf, voilà, dans le coin.
- Speaker #0
En Bretagne.
- Speaker #1
En Bretagne, exact. Pas tout le temps sous le beau ciel bleu, parce qu'on n'a pas tout le temps le ciel bleu, surtout en ce moment.
- Speaker #0
Oui, mais là, ça va être la période touristique en Bretagne. Il paraît que c'est devenu hyper touristique.
- Speaker #1
Eh bien, tout à fait, puisque chez nous, il ne fait pas très chaud. Donc, tout le monde vient chez nous. Mais je serai présente cet été sur les marchés de créateurs. Et puis, moi, je suis présente aussi toute l'année, en fait, sur mon site internet ou sur ma page Instagram. Je prends des commandes. Donc, j'ai des produits bien spécifiques qui sont faits. Mais je fais également des commandes personnalisées, des petits accessoires pour les mariages, les cortèges. Voilà, c'est des choses que j'aime énormément pour les baptêmes, des petites capes de baptême. Enfin, voilà, je fais plein de choses à la demande. Je réponds très rapidement. quand je ne suis pas en train de bercer ma fille ou de soigner un bobo d'un genou écorché. Mais non, je réponds très rapidement. Et puis, il faut soutenir l'entrepreneuriat français.
- Speaker #0
Oui, ça, c'est vrai. Ça, c'est vrai. Merci beaucoup, Alexiane, pour cet échange. À travers ton parcours, tu nous as montré que finalement, les choix autour du travail, de la maternité et même autour de la création ne sont pas toujours linéaires, que ça peut évoluer au fil des enfants, que même les enfants peuvent nous inspirer à nous lancer. parfois. J'ai beaucoup aimé cette réflexion autour de la mode enfant parce qu'au-delà des vêtements, on voit bien qu'il y a une certaine vision de l'enfance autour de ce qui est plus doux, plus intemporel, autour des valeurs et de ce qu'on a envie de transmettre aussi. Et finalement, ça montre que les petites choses du quotidien, dont la façon dont on habite nos enfants, peuvent participer à construire une ambiance familiale, des souvenirs et une forme de transmission qui est chère à mon cœur et aux valeurs de ce podcast. Je te remercie. pour cet échange. Je mettrai les liens vers ton site internet et vers ta page Instagram en bas de cet épisode. Et puis, je te dis à bientôt dans Traditionnel.
- Speaker #1
À bientôt, Alicia.
- Speaker #0
Merci.