- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Louis, époux de Marion et père de six enfants, bientôt sept. Si ce prénom vous dit quelque chose, c'est normal. Il y a quelques mois, je recevais Marion dans Traditionnel. Cet épisode consacré à la maternité, au désir d'enfant et à la famille, Nombreuse, est à ce jour l'épisode le plus écouté du podcast. Donc je crois qu'on peut dire que Marion est devenue une star de Traditionnel. J'avais envie aujourd'hui de te tendre le micro pour avoir ton retour d'expérience parce que nous vivons dans une époque où la figure paternelle est souvent fragilisée. parfois caricaturés ou même considérés comme secondaires, comme si un père pouvait être remplacé, comme si sa présence, son exemple et son rôle n'étaient finalement pas si importants. Pourtant, lorsqu'on regarde autour de nous, on mesure aussi les conséquences du manque de repères, du manque de transmission et parfois du manque de père. Alors aujourd'hui, j'avais envie de prendre le temps d'écouter un père de famille nombreuse, de comprendre comment il a vécu l'arrivée de chacun de ses enfants, de ce qu'il cherche à transmettre à ses garçons comme à ses filles, comment il envisage son rôle au quotidien et de ce que la parentalité a changé chez lui. Avec Louis, nous allons parler de familles nombreuses, de transmission, de foi, d'éducation et de cette aventure un peu folle qui consiste à accompagner des enfants pour les aider à devenir des adultes libres, solides et enracinés. Bonjour Louis.
- Speaker #1
Bonjour Alicia.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous présenter ta famille ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, je me suis marié avec Marion il y a maintenant presque 14 ans. On fêtera ça le 28 juillet. Nous nous sommes mariés avec un grand désir d'avoir rapidement des enfants. parce que pour nous c'était assez important et c'était vraiment le projet de notre vie d'avoir une famille nombreuse. Aujourd'hui on arrive à 7. Alors nous avons commencé par Joseph, notre aîné, qui a aujourd'hui 13 ans, suivi de Augustin, 11 ans, ensuite Clotilde, 9 ans, qui aura 10 ans cet été au mois d'août, pour moi très importante parce que première fille. Voilà, suivi de Foucault, notre petit garçon aujourd'hui qui a 7 ans. Depuis le mois d'avril. Ensuite, Madeleine, pleine de vie aussi, une petite fille. Ça, c'est quelque chose que j'aime beaucoup parce que je n'en ai que deux.
- Speaker #0
Pleine de caractère aussi.
- Speaker #1
Pleine de caractère avec son grand caractère plutôt. Et pour le moment, Arthur. Arthur qui a deux ans, quelques mois, qui est arrivé avec ses petites surprises à lui parce que la vie, ce n'est pas toujours facile. Et nous attendons notre septième enfant. pour mi-septembre, si tout se passe bien.
- Speaker #0
À moins que ça se passe avant. C'est ça, c'est ce que tu veux dire ?
- Speaker #1
Alors, pour continuer à présenter ma famille, nous avons une petite maison dans la Dombe et nous sommes très ancrés dans la foi chrétienne. Nous vivons notre foi au quotidien, ce qui est très important pour nous.
- Speaker #0
Tu as commencé un petit peu à en parler. Donc, aujourd'hui, vous attendez votre septième enfant. Quand vous vous êtes mariés avec Marion, vous, vous aviez vraiment cette envie d'avoir une aussi grande famille ?
- Speaker #1
Oui, assez rapidement, parce que je me souviens d'un trajet en voiture avec Marion, qui me disait, imagine les enfants derrière, sous-entendu, j'aimerais bien en avoir 8. Et je lui avais répondu, on peut prendre le temps, on aura le temps de faire notre famille nombreuse. Je n'étais pas forcément aussi pressé qu'elle, mais chez elle, il y avait un très grand désir de maternité qui devait s'exprimer. Voilà, donc Marion a fait des études de sage-femme, elle m'avait très vite expliqué qu'elle ne serait pas carriériste. c'est qu'elle voudrait s'occuper de sa famille à la maison. Et moi, c'était un schéma de famille que je voulais vraiment reproduire. Absolument non, parce que je n'aurais jamais imposé à ma femme de continuer dans son métier ou pas. Mais je suis très heureux et très comblé qu'elle s'occupe des enfants à la maison, parce que c'est vrai que pour moi, c'est très important. C'est un schéma que j'ai vécu enfant, que mes parents ont vécu, et que je connais par cœur.
- Speaker #0
Marion avait dit que vous veniez tous les deux de familles nombreuses. Toi, tu as combien de frères et sœurs ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai 7 frères et sœurs, j'ai 3 frères, 3 sœurs, Marion a 6 frères et sœurs et c'est marrant parce qu'entre familles nombreuses il y a toujours ce petit concours au niveau des enfants, quand on apprend à se connaître, tu as combien de frères et sœurs, moi j'en ai 7, tiens j'en ai plus que toi, donc on est un petit peu les meilleurs, mais non t'en as que 1 en plus, c'est pas tant que ça. Donc pour nous c'est pas du tout un terrain inconnu, surtout que dans nos familles au sens large, il y a forcément au moins 5 enfants par famille. Donc la génération des parents, il y avait cinq frères et sœurs de chaque côté. Chaque parent a fait au moins cinq enfants, en moyenne. Donc voilà, on a beaucoup de cousins dans tous les sens. On est vraiment issus de familles avec des terrains familiaux, des fiefs familiaux. Moi c'était en Bretagne, c'était aussi la Bretagne. Il y a aussi du côté de Vendôme. Donc on a vraiment grandi. Dans des milieux où la famille est à son apogée de ce qu'elle peut être, c'est-à-dire que les grands-parents sont au milieu des vacances, on va chez les grands-parents, il y a des cousins de partout, les activités sont entre cousins. Limite, nos parents disparaissaient à ces moments de l'année, on était complètement autonome. Et voilà, donc c'est un schéma familial qui est très long. d'être inconnue pour nous deux, et qu'on reproduit avec joie, mais aussi d'une façon très naturelle. C'était presque pas une question pour nous. Pour nous, ce n'est pas un défi.
- Speaker #0
So toi, oui, quand t'as rencontré Marion, t'avais une vingtaine d'années, pas dans 20-25 ans.
- Speaker #1
J'avais 22 ans, pardon, j'avais 20 ans, et Marion avait 18 ans.
- Speaker #0
Et tu te disais déjà, ok, c'est une possibilité d'avoir 7 enfants, pourquoi pas 8 enfants, elle me parle de 8 enfants, ça me fait pas peur quoi.
- Speaker #1
Non, ça me faisait pas peur parce que... Dans ma jeunesse, j'ai côtoyé des familles, des vraies familles nombreuses. Parce que vous, vous parlez de familles nombreuses pour nous, aux yeux de la société, nous sommes... Oui, on est une famille nombreuse, parce que la société aujourd'hui, c'est un, deux, allez voir, trois enfants.
- Speaker #0
Deux enfants, tu sais, le standard, c'est deux enfants. Quand on a un, on te dit, quand est-ce que vous aurez le deuxième ? Et après, si t'annonces le troisième, on te dit, wow, vous avez trois enfants.
- Speaker #1
Alors, si je peux faire une pique, avoir un garçon et une fille, pour nous, c'était pas suffisant. Enfin, on n'était pas conçus pour ça.
- Speaker #0
On a connu des vraies familles nombreuses.
- Speaker #1
Oui, voilà, on a connu des vraies familles nombreuses. Quand je parle de vraies familles nombreuses, j'entends dix enfants, voire un peu plus. Donc ça, pour moi, c'était pas mon quotidien, parce qu'on en rencontre partout, mais quand même beaucoup de... On avait beaucoup d'amis avec de telles familles. C'est vrai que quand vous êtes issus d'une famille avec deux, trois enfants, vous en voyez une dizaine, mais c'est une école pour vous, c'est une civilisation. Pour nous, c'était une famille nombreuse. Après, moi, j'ai peut-être eu beaucoup de chance. C'est que toutes ces familles que j'ai rencontrées, ça se passait super bien. Alors, vous verrez peut-être qu'évidemment, il y a un peu plus d'organisation que dans une famille classique.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas quelque chose qui t'inquiétait ?
- Speaker #1
Ce n'est pas quelque chose qui m'inquiétait. Pour moi, ça fait partie de mon quotidien. Mes parents ont toujours été dans la défense des grandes familles. Je me souviens d'une partie de mon enfance où on habitait Compiègne. Donc, il y avait déjà mon petit frère Jean qui était né. Donc, on était sept enfants. Et ma mère avait reçu la médaille, une médaille d'argent par la mairie de famille nombreuse. Et on avait été appelé à la mairie pour la remise de cette médaille. Et d'autres familles nous attendaient, mais on n'est arrivé que deuxième. Les premiers, ils étaient encore plus nombreux. Mais ça avait vexé mes parents parce que c'était une famille recomposée. C'était pas du jeu ?
- Speaker #0
Ouais, c'est pas du jeu.
- Speaker #1
Oui, je tiens aussi à préciser que c'est cet enfant avec la même marron, parce que beaucoup de gens nous posent des questions. Mais fidélité avant tout.
- Speaker #0
C'est vrai. Et d'ailleurs, en parlant de cette médaille, ma grand-mère l'a eue aussi. Et ça a l'air anecdotique, cette histoire de médaille. Mais je pense que c'était quand même quelque chose de symbolique, qui disait quelque chose de la façon dont on considérait la famille. C'était vraiment... On se déplaçait tous un peu en dimanché. Et il y avait la photo de la maman et du papa aussi. Et en plus, j'ai l'impression que c'était un joli moment aussi pour justement mettre en avant en plus la femme.
- Speaker #1
Oui, c'est un bel hommage à la famille, au travail de la maman. Je suis assez d'accord. Même si le père est là derrière parce qu'on ne peut pas faire ça tout seul.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Mais je ne sais pas si ça existe encore aujourd'hui. Non,
- Speaker #0
je ne crois pas.
- Speaker #1
Parce que c'est un bel hommage pour les familles. Ça se fait en privé, c'est parce qu'ils réunissent quelques familles. Je ne sais pas si c'était la même chose pour vous.
- Speaker #0
Oui, ce n'était pas sur la place publique, mais oui, ça devait se faire dans une salle communale.
- Speaker #1
Voilà, parce que je ne sais pas comment ça s'est passé pour toi, mais moi, je me souviens que maman avait reçu un courrier de la mairie. On ne connaissait pas le principe avant ça. Et puis, même dans cette ville-là... Nous côtoyons une famille de 10 enfants. Donc, pour nous, nous n'avions aucun mérite à recevoir cette... Pour nous, ce ne devait pas être nous qui recevions cette médaille. Mais c'est quelque chose de très beau. Surtout qu'aujourd'hui, dans les temps qui courent, notre cher président nous demande de relancer la...
- Speaker #0
La natalité.
- Speaker #1
La natalité.
- Speaker #0
Oui. Pas toujours avec les moyens qu'il faudrait, mais ouais.
- Speaker #1
Oui, mais ça, on en reparlera.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que les moyens, c'est une chose... après, moi je me suis c'est quelque chose que j'ai expliqué très vite à mon épouse, parce que je suis menuisier, donc j'avais pas vocation à gagner super bien ma vie comme mon père donc mon père est officier militaire donc il gagnait relativement bien sa vie il y avait tous les moyens qui étaient là pour élever cet enfant aussi moi j'ai jamais été stressé par ça je me suis dit, je vais faire mon projet familial l'argent c'est quelque chose j'avais très vite expliqué à Marion tu sais, moi probablement je suis que Euh... que me manier si on peut dire ça comme ça je sais pas combien je gagnerai plus tard je sais pas quels seront mes moyens mais Marion elle ne lui a jamais posé aucun problème Aucun souci, c'était la maternité avant tout. On va se construire ensemble, les choses vont se faire de façon très naturelle. On peut parler aussi de la foi. Nous sommes pratiquants dans notre religion catholique et pour nous la place du bon Dieu est primordiale. On a pu l'expérimenter à plusieurs reprises de notre vie. On a tous les deux reçu des sensations, je serai toujours là avec toi. Pour nous, le côté matériel, on sait que ça suivra. On le sait avant tout. Il n'y a pas... C'est vraiment, on en reparlera après, c'est vraiment un des grands principes que je veux montrer à mes enfants, c'est qu'on vit une époque du bien matériel, il faut avoir le dernier iPhone, le dernier machin et tout. Ça, ce sont des outils. La famille, c'est pas ça. C'est sûr que c'est plus facile pour faire des activités. On a besoin de l'argent, mais je n'enseignerai jamais à mes enfants de courir après l'argent. Pour avoir une belle famille, une famille unie et nombreuse, il faut un minimum vital, c'est ça. Nous, on arrive à le faire avec ce qu'on a. On n'est pas à plaindre, mais pourtant, on n'a pas l'impression de manquer de quoi que ce soit. Donc moi, je travaille à plein temps. Mon épouse est auto-entrepreneuse dans la couture. Voilà, ça fonctionne. Pour le moment, ça fonctionne. On ne se stresse pas pour l'argent. On n'a pas l'impression de manquer de quelque chose. On n'a pas l'impression de voir nos enfants dans le manque. Ou jaloux parce qu'à l'école, il y aurait ceci, cela. C'est un des grands enseignements qu'on veut offrir à nos enfants, c'est que l'argent, c'est une chose, mais ce n'est pas la finalité de toute chose. C'est possible, c'est largement possible, parce qu'en plus, forcément, moi, en tant que père de famille, on en reparlera, j'ai ce côté très matérialiste, parce qu'il faut aussi assumer. Mais abandonnez-vous à notre Seigneur, il est là. Moi, je peux vraiment l'expérimenter à plusieurs reprises.
- Speaker #0
Marion, on a parlé un petit peu de cette action de la Providence sur votre famille. Elle nous avait dit que chaque fois que vous avez eu un petit passage un peu tendu ou un petit passage d'incertitude, il y avait quelque chose qui tombait.
- Speaker #1
Complètement, oui. Oui, complètement. Et puis ça continue. Ce n'est pas terminé.
- Speaker #0
Sans remettre à la Providence. Elle a dit aussi dans son interview qu'à chaque annonce, tu pouvais avoir des craintes liées à l'accueil de ce nouvel enfant, mais que tu finissais toujours par te montrer enthousiaste. De quel ordre étaient ces craintes ? Et qu'est-ce qui te faisait finalement lâcher prise ? Tu l'as dit, c'est peut-être pas le côté financier, est-ce que c'est le côté accueillir un nouvel enfant émotionnellement ? Je ne sais pas.
- Speaker #1
Alors, il y a le côté matérialiste, peut-être un peu financier aussi, parce qu'on reste des hommes. Et vous l'imaginez aussi que cet enfant, il y a eu quelques surprises, de temps en temps dans la vie. Ça, ça ne dure qu'un temps, parce que le bon Dieu nous a toujours rappelé qu'il était là, il était présent. Le temps passe, il faut avancer. En regardant ces enfants, on voit que tout fonctionne, tout fonctionne très bien. Il n'y a pas de raison de, entre guillemets, de ne pas y arriver.
- Speaker #0
Elle nous a notamment parlé de l'arrivée d'Augustin, du deuxième, qui pouvait être un petit peu rapproché peut-être du premier, ou c'est peut-être ça qui te... Ça dépend peut-être des périodes de vie aussi.
- Speaker #1
Je ne sais plus si Marion avait évoqué ça dans son podcast. On s'est mariés, donc moi j'avais un boulot. Elle aussi, on a eu Joseph très rapidement. Après j'avais quitté mon boulot pour en trouver un autre, et malheureusement je n'avais pas trouvé ce que je voulais, donc on avait connu une petite période de chômage. C'est vrai qu'Augustin avait pointé le bout de son nez à ce moment-là, donc c'est vrai qu'il y avait eu des petites... Oh, qu'est-ce qu'on fait, ça va un peu vite. Donc elle avait peut-être stressé à ce moment-là, mais moi je savais pertinemment qu'on allait continuer à avancer, parce qu'on était jeunes, on devait avoir deux ans de mariage. Donc moi j'avais 26 ans, je me suis marié à 24, j'avais 26 ans. Qu'on se marie toi chez nous aussi.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Mais bon, dans le milieu dans lequel je viens, c'est tout à fait normal et classique. Après, j'ai retrouvé du boulot. C'est à ce moment-là où nous sommes descendus dans la région lyonnaise. Notre situation est devenue stable. Et Clotilde a pointé le bout de son nez. Vous voyez, les craintes chez moi, quand c'est petit bébé surprise, ça dure une semaine ou deux. Et puis après... Il est là, donc s'il est là, c'est qu'il a quelque chose à faire dans notre famille. Dieu me l'envoie, Dieu me le confie, donc c'est aussi pour un grand projet. Donc c'est un peu la participation pour moi, avec mon épouse, participer à l'œuvre de Dieu sur Terre. C'est nos enfants, le mot Dieu nous les confie. Nous avons pour mission de les éduquer, de les élever, et puis les rendre autonomes. Donc on profite de chaque instant, et surtout quand ils sont petits. Donc les craintes, ça ne dure qu'un certain temps, elles disparaissent. Et puis en fait, à partir du moment où vous avez plusieurs enfants, le moment où les craintes disparaissent, mais alors complètement, c'est quand vous annoncez à vos enfants qu'il y a un numéro 3, un numéro 4. Là, vous avez les yeux qui brillent et qui scintillent de joie, de bonheur. Et là, il n'y a plus de doute. Là, il n'y a plus aucun doute. C'est marrant, on a toujours vu nos enfants, quand on ramène des amis, et vous êtes combien chez vous ? Et nous, on est tant, et ce n'est pas fini. On n'a jamais dit à nos enfants, c'est le dernier, on verra. On verra.
- Speaker #0
C'est vrai qu'ils nous rendent humbles, les enfants, parce que leur réaction fait que si jamais nous, on avait quelques craintes, ils nous montrent comment lâcher prise et comment se réjouir de ce miracle. Oui,
- Speaker #1
complètement. On en reparlera peut-être plus tard dans le podcast, mais les enfants adorent les enfants. On a des enfants qui aiment particulièrement s'occuper des petits, donc ça grandit très vite aussi. On n'a pas du tout la crainte du petit enfant qu'il faut gérer H24, qu'il se réveille la nuit. Ça, c'est le côté entre guillemets. Ça ne dure qu'un temps, c'est que le début, ce n'est pas ça mes craintes. Les craintes que j'ai eues, c'était plutôt vision à très long terme, il faut savoir s'abandonner. Et chaque chose, dans son temps, il ne faut pas s'inquiéter de ce qui va se passer dans 10, 15, 20 ans. Ça, c'est autre chose. Il va se passer tellement de choses, tellement de rebondissements avant ça. Et entre ce qu'on imagine et ce qui se rompt, il va se passer mille et une choses.
- Speaker #0
Tu as toi-même grandi dans une famille nombreuse. Est-ce que tu as toujours aimé vivre dans ta famille nombreuse ? Ou est-ce que c'est quelque chose qui a évolué ? Est-ce qu'aujourd'hui, en tant qu'adulte, tu y trouves encore de la ressource, à cette famille nombreuse de laquelle tu viens, toi ?
- Speaker #1
Alors, comme mes parents vont écouter le podcast, je vais dire que j'ai kiffé un truc de fou. Non, non, non, plus sérieusement. Moi, j'ai énormément aimé vivre, grandir dans une famille nombreuse parce que pour nous, c'était un socle, c'était un rock la famille. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
T'es en quelle position, toi ?
- Speaker #1
Moi, je suis le numéro 3. Quand on était entre nous, on nous regardait de l'extérieur et on sentait que les gens, qu'est-ce qui se passe chez eux ? Et entre enfants, on se sent... Je sais pas, on se sent... Notre maison, on avait l'impression que c'était une forteresse. Peut-être que je dis ça parce que papa était militaire et qu'il y avait peut-être une influence à jouer au bâton et la mitraillette en permanence. Mais c'était toujours marrant. C'était quand on invitait des copains à la maison, quand on était collégiens. Ils arrivaient les yeux mes gants ouverts. Ça sort de partout chez vous, c'est génial. Et nous, on allait chez eux et il y avait la télé dans la chambre. Donc on était dans deux univers mais complètement différents. Et en fait, moi, j'ai toujours vu cette belle richesse. Tu peux compter sur ton frère, ta soeur, on allait au scoot ensemble. Non, moi, c'est un univers que, si je reproduis aujourd'hui, j'ai adoré.
- Speaker #0
Ça ne t'a jamais pesé ?
- Speaker #1
Non, ça ne m'a jamais pesé parce que, voilà, les cousins, les machins, on était toujours nombreux. Pour nous, c'est ça la vie, c'est partager des moments ensemble. En fait, mes parents n'ont jamais appris la solitude, tout ça. Tout ce qui était, par exemple, écouteurs dans les oreilles, chez nous, c'était interdit. Ce qu'on faisait, c'était, si tu écoutes de la musique, c'est pour tout le monde. On vit en société, on est une société, tu dois partager tout. Et en fait, pour moi, la faille nombreuse, c'est l'école de la vie. C'est-à-dire qu'un des avantages, c'est que vous ne deviendrez pas égoïste parce que vous partagez tout ce que vous avez. Ton vélo, il n'est pas à toi, il est à toi un certain temps. Puis après, tu vas grandir, tu vas le filer à ton petit frère. Moi, j'ai adoré, il y a toujours quelqu'un avec qui jouer, prendre du plaisir à réparer les vélos ensemble. Moi, j'ai adoré mon enfance. J'en étais vraiment ravi. Après, je ne me suis jamais senti malheureux. Malgré que papa était officier, on déménageait tous les trois ans. Donc, on recommençait tout tous les trois ans. Mais nous, on adorait ça.
- Speaker #0
Mais ensemble.
- Speaker #1
Ensemble, on adorait ça. On avait l'impression d'avoir Noël tous les trois ans. Mais le Noël de la maison, il fallait déballer la maison. Ça ne nous a jamais pesé. Ça ne nous a jamais pesé. Après, voilà, nous, catholiques pratiquants, on a côtoyé pas mal de paroisses. Dans les paroisses, vous trouvez souvent des familles nombreuses. J'étais toujours dans un univers où il y avait plein de jeunes, plein d'ados. Jamais seul. Il n'y a jamais le désir d'être seul. Quand on va courir dehors, dans les bois, on était toujours avec des copains. Donc on a eu une super enfance chez nos grands-parents avec des multitudes de cousins, moi j'en ai une vingtaine de chaque côté, sur le premier degré, sans parler des cousins issus de Germain et compagnie, on avait des fiefs, et ce côté fief familial c'est génial, et puis après le moment où vous allez le partager avec votre future épouse, c'est notre civilisation, bienvenue chez nous ! Et tout comme moi, j'ai été ébahie, quand j'ai débarqué dans la famille de mon épouse, de découvrir une autre façon de faire dans les familles nombreuses, parce qu'il n'y a pas un schéma classique.
- Speaker #0
Est-ce qu'aujourd'hui, en tant qu'adulte, tu trouves de la ressource ? Est-ce que ça t'arrive de te retourner vers tes frères et sœurs ? Si tu as besoin de quelque chose ? Je ne sais pas, tu parlais des vacances. Est-ce que tu as plus tendance à proposer à tes frères et sœurs de faire des choses, plutôt que de partir avec des amis ? Il y en a qui bouffent des maisons avec des amis.
- Speaker #1
Alors évidemment on reste des êtres humains, c'est à dire qu'il y a des frères et sœurs avec qui on a plus ou moins d'affinités. C'est la nature humaine, on est tous comme ça. Nous on a eu la chance que nos parents achètent une maison de vacances, une résidence secondaire. Donc on aura toujours moyen de se revoir, on sait qu'on va se revoir dans l'été à un certain moment. Donc chacun passe quand il veut, on est organisé je pense comme un peu tout le monde dans chaque famille. Chacun sait quand on va passer à tel ou tel moment. Donc la vie fait qu'on se voit de moins en moins, ça c'est sûr. Mais comme mes frères et sœurs font aussi des familles nombreuses, on a des petites réunions familiales où on revoit tous nos neveux et tout. Je ne peux pas dire que je les revois souvent, mais on sait qu'ils sont là, on ne les revoit que l'été, ça c'est sûr. Parce que, évidemment, sur quatre garçons, j'en ai deux qui sont deux frères militaires et puis on est deux menuisiers. Donc les militaires, c'est pareil, ils sont officiers dans l'armée et ça déménage tout le temps. Donc nous, on a vraiment une famille qui est éclatée un peu partout en ce moment, on va dire, dans le monde. Parce que j'ai une soeur à Tahiti, un frère en Guyane, une soeur à Nantes, etc. Donc on est un peu partout. Mais on a un endroit où les parents ont fait en sorte qu'on puisse se retrouver l'été ou à Noël. Donc on n'a pas la crainte de ne plus se revoir. On sait, au fond de nous, qu'on peut aller passer des vacances de Pâques, de Noël dans cette maison-là. Et on sait qu'on va se revoir dans l'année. On peut remercier nos parents d'avoir prévu tout ça un petit peu à l'avance. On n'est pas du tout inquiets de ne pas du tout se revoir.
- Speaker #0
Quel père tu pensais être avant la naissance de ton premier enfant ? Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont vraiment surpris ?
- Speaker #1
Je n'avais aucune idée. Ce que je savais, c'est que je n'allais pas être tout à fait comme mon père. Moi, j'étais très admiratif de mon père, mais je n'avais pas du tout les mêmes capacités à reproduire la même carrière. C'est-à-dire que papa était officier dans l'armée, il terminait général et tout. Donc je ne connaissais que ça. Après, la vie avance. J'ai rencontré mon épouse. J'ai vu que mon beau-père, qui était aussi père de famille nombreuse, mais dans un univers complètement différent. Je ne m'étais pas fait d'idée. Je m'étais dit que... J'allais être qui ? J'allais apprendre à me découvrir en recevant mes enfants. Je ne m'étais pas mis la pression en fait, je ne m'étais pas forcément dit je serais comme ci comme ça. J'y suis allé, pas les mains dans les poches, mais j'y suis allé, c'est mon tour. Maintenant, c'est à nous de fonder notre famille. On a tout ce qu'on a reçu de nos parents. Maintenant, forcément, on a toujours le petit côté rebelle. C'est notre tour de le faire, on va le faire mieux. Mais moi, j'ai toujours eu envie d'écouter un peu les anciens. Quand ils ont terminé leur tour, ils ont quand même une sacrée expérience. Surtout nos parents, qui ont eu aussi des familles nombreuses. Donc moi, j'ai toujours regardé un peu ce que les autres avaient fait. Mais on peut, je ne sais pas si on peut dire qu'on peut prévoir d'être tel père ou tel père, on va aussi apprendre à se connaître en recevant nos enfants, ça on ne peut pas l'anticiper. On va découvrir sa paternité avec ses enfants.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé chez toi depuis que tu es devenu père, dans ton caractère, dans ta façon de voir les choses ? Ou même au fil de tes enfants ?
- Speaker #1
Ben, ouais, je m'organise mieux.
- Speaker #0
Pas le choix.
- Speaker #1
Je pense que je suis un peu plus posé qu'avant. C'est-à-dire que moi, j'ai la chance d'être... J'ai la chance de beaucoup aimer mon travail, d'être passionné par mon travail et d'avoir vite compris, pardon, vers 33, 35 ans, qu'en fait, on va travailler pour ses enfants. Et j'avais ce désir de... De se poser un peu à un endroit, arrêter de déménager dans tous les sens. Oui. Donc, qu'est-ce qui a changé ? Ça, il faudrait peut-être demander à mon épouse. Parce que...
- Speaker #0
Toi, tu ne te sens pas plus patient ou moins patient ? Tout à l'heure, on parlait de la colère, plus colérique ou plus...
- Speaker #1
Ça dépend du moment de la journée ou de l'état de fatigue. Non, je pense que je suis plus patient. Après, ça m'a fait beaucoup grandir à l'intérieur de moi dans le sens où Les enfants ont le droit de faire des erreurs, et c'est vrai que, par exemple, à travers mon métier de menuisier, les erreurs, il ne faut pas trop en faire, parce qu'on ne peut pas construire une porte de pas de la bonne taille, on peut le faire une fois, deux fois, mais après ça... Donc ça m'a appris à tempérer un peu les choses, à... à ce qu'il désire et que ça ne soit pas trop grave pour les enfants.
- Speaker #0
Avec les apprentis, si vous avez tant d'entendre des apprentis, tu dirais que tu es plus patient ?
- Speaker #1
Oui, je suis plus patient. Peut-être un regard plus paternel, c'est-à-dire que, comme avec les enfants, on va vous expliquer les choses, vous pouvez faire à votre façon, les enfants ou les apprentis. Par contre, il faut que on fasse ce que papa a demandé. Mais, enfin, Enfin... Qu'est-ce qui a changé vraiment chez moi, c'est accepter les personnes telles qu'elles sont. Forcément, on a toujours envie que ça soit fait à notre propre manière, mais ce sont des êtres humains. Voilà, accepter que ça peut être fait différemment. C'est vrai que nous, à la maison, on avait un cadre très carré. Donc je pense que c'est plutôt ce côté-là où, arrivé à lâcher prise, on demande à nos enfants de... de faire telle ou telle chose, par exemple le travail scolaire ça va être fait c'est vrai que je me souviens quand j'étais petit d'apprendre les poésies, de les apprendre par coeur à la lettre près maintenant avec les enfants on a des enfants qui ont souvent des poésies à apprendre je vais accepter qu'ils apprennent entre guillemets pas au mot près les grandes lignes de chaque phrase et on sent que l'enfant a compris sa petite poésie donc voilà peut-être être moins exigeant mais en ayant quand même une certaine exigence parce qu'il faut que tout le monde progresse et on n'est pas là pour rester assis dans notre canapé toute la journée on a quand même le devoir de progresser de grandir dans la vie donc voilà je pense que tu regardes plutôt le bout quoi mes enfants m'ont appris à me poser je sais pas si on peut dire à me calmer parce que je pense pas être quelqu'un de très de très nerveux non plus. Mais peut-être qu'ils m'ont appris à être moins nerveux dans mon travail, dans la vie d'entreprise.
- Speaker #0
Ou même dans la vie tout court. Je trouve, si je peux me permettre, donc ça doit faire une dizaine d'années, je pense qu'on se connaît. Je trouve que ces dernières années... Alors, je ne te jette pas la pierre parce que je pense qu'on est un peu pareil. C'est-à-dire qu'on a un peu des idées un peu arrêtées sur les choses à la base. On est un peu tranchées. Et je trouve que... que petit à petit, au fil des années, tu t'es adouci.
- Speaker #1
Oui, peut-être.
- Speaker #0
Plus de tempérance avec le temps. C'est peut-être avec les ados. Je me dis, je pense que plus les enfants grandissent, plus tu es obligé un petit peu de te confronter.
- Speaker #1
Oui, alors une phrase que j'avais entendue d'un ancien, un petit monsieur qui devait avoir 70 ans, qui m'a beaucoup, entre guillemets, décomplexé dans ma vie de famille et que je voudrais que tout le monde entende, c'est « chacun fait ce qu'il peut » . C'est pas parce que vous avez 7 enfants que vous êtes meilleurs que les autres, c'est pas parce que vous avez 2 enfants qu'on est meilleurs qu'eux. C'est chacun fait comme il peut, tant qu'on fait de son mieux, et avec amour et avec joie, également on est fatigué, et puis ça c'est une phrase qui m'a... digne dans ma tête, c'est que ce monsieur a complètement raison. On a chacun nos projets. C'est pas grave si c'est pas fait à fond. C'est pas grave si c'est pas fait. On fait toujours du mieux qu'on peut. Mais nous, avec Marion et nos enfants, c'est marrant parce qu'on est des amis communs qui ont six enfants. Mais comment vous arrivez à faire autant d'activités ? Mais en fait... Il ne faut pas se comparer. Faites ce que vous pouvez, faites du mieux et réjouissez-vous de ce que vous arrivez à faire en famille. Et puis voilà, il n'y a pas de famille qui est meilleure que l'autre.
- Speaker #0
Oui, et puis ça ne sert à rien de se mettre la pression. Il faut absolument qu'on les sorte, qu'on fasse ci, qu'on fasse ça.
- Speaker #1
Oui, oui, et puis c'est marrant que tu dis ça parce que ça me fait penser à... Moi, j'avais une petite maman qui était très sécurité, Donc, je le suis devenu aussi. Par exemple, cette année, nos enfants, c'est la première fois qu'ils prennent le train. Et c'est vrai que la première semaine scolaire de l'année, de rentrer en 6e, ils prenaient le train. Et on les a laissés partir aller au collège, machin et tout. On a vécu la semaine la plus longue de notre vie. Hyper angoissé. En fait... Ils vont y arriver, ils sont grands maintenant. Ils nous font grandir. Ils peuvent maintenant, on est dans une période de la vie où... Ça y est, le week-end, on commence à aller se coucher avant eux. On les laisse gambader dehors, on a la chance de pouvoir être à la campagne. Donc ils m'ont appris aussi à... Je ne sais pas si je dis bien les choses, mais j'ai confiance en eux, mais à se détendre un petit peu dans le sens où on peut avoir confiance en eux, aller jouer dehors, ils ne vont pas forcément faire des bêtises tout le temps. Et puis, ce n'est pas grave les bêtises, on en a tous fait, on en a tous rigolé.
- Speaker #0
Est-ce qu'on est le même père avec son premier enfant qu'avec le dernier ?
- Speaker #1
Alors, moi je pense que je peux dire ça, parce que quand Joseph est arrivé, j'ai adoré.
- Speaker #0
Et je suis quelqu'un qui joue énormément avec les enfants. C'est vrai que je laisse les premiers mois de l'enfant à sa mère, parce que c'est tout petit, c'est tout fragile. Moi j'aime beaucoup. Mais c'est vrai qu'avec Marion, on se partage l'enfant un peu comme ça, dans le sens où au tout début, Marion a lait de ses enfants. Donc on s'est dit, mais qu'est-ce que je peux faire ? Je ne peux pas faire grand-chose. Après, moi j'adore l'âge à partir de deux ans, où on peut vraiment rigoler avec eux, commencer à leur courir après. J'adore. Les voir exploser derrière, donc je prends beaucoup de temps, et je l'ai fait avec tous mes enfants, et je le ferai aussi avec ce septième, à courir après eux, jouer dans le jardin, et là c'est la vie progresse. Maintenant je les emmène au petit stade d'à côté, on fait des parties de foot qui durent toute l'après-midi, ils sont ravis, ils partent faire du vélo dans tous les sens. Mais Arthur qui a deux ans et demi, le soir il n'attend qu'une chose, c'est que je rentre, parce que j'adore courir, j'adore jouer avec mes enfants. Je pense que par le jeu, on peut transmettre beaucoup de choses. Ils apprennent aussi à se maîtriser. Parce que moi, quand je rentre le soir, on n'est plus très loin de l'heure du dîner. Donc Arthur, il sait que papa n'est pas pas égal jeu, mais égal aussi stop à un certain moment où il va faire dîner.
- Speaker #1
On ne va pas manger à 1h du soir.
- Speaker #0
Voilà, et ne pas arriver au dîner complètement excité dans tous les sens. Et on ne les arrête plus. J'apprécie énormément.
- Speaker #1
Vous mangez ensemble ?
- Speaker #0
Le week-end, pas la semaine. Parce que la semaine, on est un peu fatigué, puis on aime bien avoir notre temps avec nous. La vie de couple est très importante. Vous savez, les enfants, on les a un certain temps. Et à la fin, il n'y aura plus que l'époux et l'épouse, qu'il faut toujours avoir un temps entre mari et femme. Mais c'est ça qui crée aussi, par exemple, pendant la semaine, ils dînent tout le temps ensemble le soir, entre eux. C'est ça qui fait le petit côté tribu. Ils adorent être entre eux et on leur apprend la servilabilité, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, je pense.
- Speaker #0
Et on leur apprend la servillabilité. Les grands servent du plus petit. C'est-à-dire qu'on leur dit pour le repas, vous avez ça. En général, ils reviennent, qu'est-ce qu'on prend pour le dessert ? Pour le dessert, vous servez ça, ça et ça. Donc à eux de se gérer, d'aller se servir en yaourt, en fruits, en ce qu'il faut, en glace dans le congélateur. Et on essaye de leur apprendre, un peu comme au scout. Moi, on a été au scout, mon épouse et moi. Le plus grand s'occupe du plus petit. Il n'y a pas cette notion qu'on voit vraiment souvent dans la société contemporaine, les grands qui s'occupent des petits, donc ils font le boulot des parents. Non, c'est les enfants, enfin nos aînés, ils adorent ça. On a Clotilde, qui a connu tout bébé Arthur, qui a connu tout bébé Madeleine et Foucault. Moi, je sais que mon septième enfant, je ne sais même pas si je vais réussir à le toucher. Parce qu'il y a Clotilde et Madeleine, mais... Elles vont le pouponner. Et Joseph-Augustin, les grands aussi, ils vont adorer ça.
- Speaker #1
Il y a peut-être plus de vigilance maintenant aussi de la part des parents. Il faut le faire. Il faut que les grands s'occupent un peu des petits, parce que matériellement, sinon c'est compliqué. Mais que ça ne devienne pas non plus une obligation. Il y a peut-être plus de vigilance aussi dans les familles en 2026. Les familles nombreuses.
- Speaker #0
Après, c'est marrant parce que quand on leur demande de faire ça, chez nous, en tout cas, il n'y a que de la joie de leur part. Ils sont très heureux d'aller aider leurs frères et sœurs. Tout ce qui est, je ne sais pas, dans le quotidien, brossage de dents. Donc, on a notre maison, on a séparé les enfants en deux. Les grands vont d'un côté, les petits vont dans l'autre. Mais ils sont ravis d'apprendre aux tout-petits qui ont deux ans à se brosser les dents. Ils sont ravis de mettre... Je ne sais pas si on peut parler de culte, de rendre service, mais... Et vas-y, je vais t'apprendre comment on se brosse ses dents, comment on... Et les enfants, ils apprécient énormément ça. Donc ce côté rendre service, après, ça fait partie de ce qui fait tourner la famille. C'est quelque chose qu'on a institué, entre guillemets, de toute façon très naturel. En soi, on est obligé. Parce que c'est vrai que... Mais on s'en rend pas compte.
- Speaker #1
C'est vrai qu'en plus... Ça développe quand même l'empathie parce que hier, il y a arrivé une histoire, comme il en arrive tous les jours à ses bénis, d'histoire de parking. Nous, devant l'école, il y a un grand parking et t'en as toujours qui arrivent avant, d'autres qui arrivent après et t'en as qui se sentent autorisés à se garer, tu sais, devant les autres. Et hier, j'en ai vu une qui s'était garée vraiment devant les autres voitures. Le monsieur était déjà monté dans sa voiture, il attendait pour repartir et la dame est arrivée dans les dernières personnes de l'école. Donc j'espère qu'elle n'a pas discuté que c'était... Voilà, elle avait... Et donc, le monsieur attendait. En fait, il a attendu dix minutes, un quart d'heure qu'elle veuille bien sortir sa voiture. Voilà. Et je me suis dit, c'est des petites choses comme ça, mais ça devient... C'est invivable, cet individualisme, où on devient incapable de se projeter à la place de quelqu'un en se disant, en fait, ce monsieur, est-ce qu'il n'a pas le droit de sortir de sa place, de partir ? Est-ce que je ne vais pas le gêner ?
- Speaker #0
Typiquement, la famille nombreuse, c'est l'école de la vie. Ça ne peut pas exister, cet individualisme, il ne peut pas exister dans une famille nombreuse. Et en fait...
- Speaker #1
C'est des petites choses, mais ça devient compliqué de faire société, en fait. Quand t'as été bloqué une fois par une dame, quand t'es monté dans un train, que t'en as un qui a écouté sa musique à fond, sans prendre en compte les autres et tout, ça devient compliqué de faire société.
- Speaker #0
Oui, surtout qu'aujourd'hui, on a une société où on a des casques à réduction de bruit et tout, donc on a un confort pour s'isoler phénoménal et on n'accepte plus le bruit du voisin. Mais quand on prend le train, par exemple, les meilleurs moments que vous avez passés en train, c'est quand la petite grand-mère d'à côté a commencé à discuter. qu'on partage des moments, et il y a des échanges. Donc ça, dans les familles nombreuses, en fait, ça vient tout seul. La coopération de chacun, c'est pour toute activité, c'est... voilà. Il y a toujours des moments où ça râle un peu, mais il n'y aura jamais... Enfin, il n'y aura jamais. Je ne sais pas s'il faut dire ça, mais l'individualisme... Je souhaite qu'il y ait plus de familles nombreuses dans la société française, parce que c'est marrant, parce que j'en discutais avec un copain qui était... qui avait une... un week-end avec des amis, qui lui aussi était issu de Famille Nombreuse, et dans le week-end, on prépare la table, on fera l'apéro, machin et tout, et il me disait, on peut repérer très facilement celui qui a vécu en Famille Nombreuse, voilà, par exemple, la vaisselle, c'est un moment de la vie, tout le monde participe, c'est pas, voilà, on repère, il me disait, on repère très vite ceux qui prennent leur assiette et tout. Quand vous vivez en Famille Nombreuse, c'est le moment de débarrasser la table, ça fait partie, entre guillemets, du moment du repas, c'est un moment qu'on passe ensemble. Et on range, parce que ce que j'enseigne à mes enfants, c'est qu'on commence à avoir des ados où j'ouvre le lave-vaisselle, merde, il est plein, je le referme. Mais non, si on le fait ensemble, ça dure trois minutes et vous faites plaisir à maman. Enfin, on ne peut en dégager que du plaisir. Donc cette individualité, la famille nombreuse, c'est la meilleure arme. Mais la meilleure arme qui puisse exister.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais que l'expérience te rend plus serein ou au contraire ? que ça te rend plus conscient de ta responsabilité en tant que père ?
- Speaker #0
Les deux à la fois, parce que serein, parce que ça y est, la vie a déjà bien démarré et la famille aussi. Donc on a acquis forcément de l'expérience. Après, ça me rend plus conscient de ma responsabilité parce que... On n'a pas fait 7 enfants pour faire 7 voyous. On ne les a pas faits pour les abandonner dans la nature et démerder vous les mecs. On a quand même une grande responsabilité de les éduquer. En gros, de dire bonjour, bonjour monsieur, bonjour madame, s'il vous plaît, merci, au revoir. C'est pas mal, dans la société on ne le voit plus. Donc on veut y arriver, on sait qu'on va y arriver, il n'y a pas de raison. Mes parents ont réussi, mes beaux-parents ont réussi. On a quand même la pression, enfin la pression, non mais on savait qu'on voulait des enfants, mais pour faire de beaux enfants, qui eux à leur tour aient des belles valeurs à transmettre. Donc il y a ce côté, oui il ne faut pas qu'on se loupe, mais on fera forcément des erreurs. on ne fait pas tout parfait dans les grandes familles comme ça, il ne faut pas tout idéaliser comme partout, il y a des disputes entre frères et soeurs il y a peut-être un frère ou une soeur qui prend plus de distance avec ça si on multiplie le côté famille nombreuse et qu'on prend des très grandes familles c'est vrai que dans les très très grandes familles où il y a 10 enfants on va... ils ne reproduisent pas tous ce schéma-là. Mais je suis très confiant, mon épouse est très confiante. Notre objectif, c'est de bien les élever, de les lancer dans la vie de la meilleure façon possible. Ce sera leur tour de se marier ou de rentrer dans la vie professionnelle. D'avoir fait des enfants carrés dans leur tête, polis. Mais il n'y a pas de question qu'on n'y arrivera pas. Je pense qu'avec notre mode de vie... Je ne sais pas comment on peut finir voyous.
- Speaker #1
C'est super intéressant ce que tu dis, parce qu'on remarque quand même, je ne sais pas si ça te fait pareil, mais quand on entend des trucs, des faits divers, des gamins qui ont parfois commis des délits, ou pire des fois, on a toujours cette question, mais où sont les pères ? Tu vois, t'entends parler de la mère et en fait, il n'y a pas de père et je pense qu'il y a un vrai lien entre le manque de père et le fait que les enfants tournent mal et ça fait peser une responsabilité sur le père qui incarne l'autorité quand même.
- Speaker #0
J'ai une petite pub, si vous voulez vraiment grandir en tant que père, il faut écouter l'abbé de Maistre, M-A-I-S-T-R-E. C'est vrai que c'est un des grands sujets et un des grands défis de notre époque, la place du père dans la famille, parce que quand il n'est pas là, c'est un peu le foutoir. mais s'il prend trop de place c'est encore le foutoir et il y a beaucoup d'hommes qui partent une semaine travailler et puis quand ils reviennent ils ne savent plus trop où se mettre parce que la maman prend beaucoup de place c'est son rôle nous on a la chance sur ce point c'est que moi j'ai au moment ils ont voilà on voit nos enfants grandir et là j'aime beaucoup prendre du temps avec les deux grands tous les matins on part ensemble je les dépose au train je les récupère le soir je prends un certain plaisir à aller les chercher la sortie du collège c'est des moments où je suis tout seul avec eux on va commencer à avoir des discussions qu'ils ont pas avec la mer donc c'est vrai que le rôle du père de famille c'est d'enlever le d'enlever l'enfant à sa mère, parce que la mère va couver l'enfant, elle a un côté très maternel elle lui donne le sein, elle le fait grandir donc elle a une belle affection mais le père, moi ce que j'essaye d'enseigner avec mes enfants c'est qu'ensemble on va vivre des expériences on va aller faire du vélo on va aller passer un week-end à droite à gauche voilà, maintenant on commence à chasser avec les garçons, il y a des activités qui sont réservées entre entre le père et les enfants, la maman, entre guillemets, la chasse, ça ne l'intéresse pas. Tant pis, mais tant mieux, parce que ça nous permet à nous de vivre des moments qu'avec certains enfants, avec ceux qui le veulent. Donc la place du père de famille dans la vie contemporaine n'est pas évidente, mais très importante.
- Speaker #1
Et même pour libérer les femmes, moi j'ai grandi dans une famille monoparentale, j'ai vu à quel point c'était dur d'être un père et une mère. Je pense que ça n'a pas libéré les femmes de devoir jouer ce double rôle.
- Speaker #0
Oui, on n'est pas les mêmes, on n'est pas du tout les mêmes. Par exemple, nous on le voit au sein de notre propre famille, j'écoutais un serment de l'abbé de Maître, vous mettez un nouveau-né dans les bras d'une petite fille. Une fille qui a 10-12 ans, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle va le couver comme sa maman. Vous le mettez dans les bras d'un jeune garçon qui a 10-12 ans, il va faire quoi ? Il va le lancer en l'air et il va jouer avec. Donc la femme ne remplacera pas l'homme, l'homme ne remplacera pas la femme. Nous, on le voit dans notre famille. Moi, je ne demande pas à Marion de jouer avec les enfants. C'est moi, naturellement. J'ai besoin d'aller jouer avec mes enfants, de prendre un temps et d'aller me balader avec eux, de taper dans le ballon, d'aller faire du vélo, d'aller à la pêche. Moi, j'en ai vraiment besoin. Est-ce que je ne l'ai pas eu assez quand j'étais petit ? Peut-être, mais après, mes parents ont fait ce qu'ils pouvaient. Mon père avait un métier qui lui prenait tellement de temps que je n'ai aucun reproche à lui faire sur ce point de vue-là. mais moi, c'est... c'était une des choses pour laquelle je suis devenu père de famille, c'est pour faire des choses avec les enfants. Quand on le regarde dans certaines familles, quand le papa commence à faire des activités avec les enfants, la maman va se reposer, elle prend du temps pour elle. Le week-end dernier, on est partis faire du paddle tout le samedi sur la rivière de l'Inde.
- Speaker #1
mais c'était trop bien les enfants et la maman elle y trouve son compte donc on n'a pas du tout les mêmes rôles mais alors pas du tout on l'a dit tes pères de plusieurs garçons qu'est-ce que tu cherches avant tout à leur transmettre en tant que garçon et quelle qualité tu souhaites voir grandir chez eux
- Speaker #0
Alors je suis père de plusieurs garçons, pour le moment j'en ai quatre. Alors moi j'étais un petit garçon qui n'était pas très fort à l'école, au collège, tout ça, et mon père, grand officier dans l'armée, machin et tout, donc l'idéaliser, mais c'était très facile. Moi j'ai la chance d'avoir des parents très équilibrés, dans une famille traditionnelle, c'est-à-dire que le père va travailler, la maman est à la maison, le mari est fidèle à sa femme, et il n'y a même pas de question de... Voilà, donc ça c'était... Est-ce que c'est cette fidélité-là que je veux retransmettre à mes enfants, d'être fidèle dans ses valeurs, quand je fais quelque chose, je le fais pour de vrai, quand je m'engage, on y va, même si je n'ai plus envie d'y aller. Je pense que c'est ces valeurs-là que je voudrais vraiment transmettre à mes garçons, c'est savoir s'occuper du plus petit, savoir partager des moments ensemble. Évidemment, quand vous vivez dans une famille nombreuse, il peut y avoir des petites tensions. Moi j'en ai eu, il y a des moments ça se passe bien, des moments ça se passait mal avec des frères et des sœurs. Moi, je voudrais vraiment leur transmettre, surtout à mes garçons, parce que ce sont mes deux premiers, ce sont des garçons, c'est que vous êtes là pour vos petits frères, vos petites sœurs. C'est-à-dire que vous ouvrez la voie. Alors si je peux me permettre de dire ça pendant ton podcast, de temps en temps, j'ai mon grand qui va se comparer ou qui va faire le chef à la maison, et je dis à Joseph, tu sais, Dieu t'a mis aîné comme enfant dans notre fratrie, dans ta fratrie. Ce n'est pas pour rien. Ce qu'il t'a demandé à toi, c'est d'ouvrir la voie en primaire, dans notre petite école. Maintenant, tu vas au collège. Tu as la chance de faire ça avec Augustin. Vous êtes une super équipe tous les deux. Vraiment leur montrer que le papa, si un jour vous devez être papa, c'est que vous êtes là à l'écoute de tous vos enfants. Vous êtes fidèles dans le sens où Merci.
- Speaker #1
Pas que dans le sens d'une fidélité, soyez déjà fidèle à votre femme peut-être, mais aussi dans le sens fidélité à sa famille, à ses engagements.
- Speaker #0
Même au-delà de ça, quand je voyais, moi je parlais évidemment de fidélité à sa femme, mais fidélité dans le travail. dans sa propre famille, même quand ça se passe mal. Mais vraiment transmettre aux enfants qu'on est frères et sœurs pour la vie. Dans une fratrie, on est à une certaine place et il n'y en a pas un qui vaut mieux que l'autre. On a tous besoin de tout le monde. Il faut que forcément, celui qui a 13 ans face à celui qui a 6 ans, quand on est, je ne sais pas, à la sortie de l'école, s'il y a une petite embrouille, il faut savoir protéger le plus faible, il faut savoir tempérer les choses, expliquer. Voilà, il y a ces valeurs-là, mais il y a aussi savoir partager, ne pas garder tout pour soi, savoir offrir des moments, vivre des expériences entre frères et soeurs. C'est une partie de l'adolescence, on verra plus tard. mais souvent quand on commence à quitter la maison, on commence à vivre ses propres expériences, mais ne pas être égoïste, partager ça avec ses frères et soeurs, oui ça va être ton groupe de copains, mais ça peut être sympa aussi que tes propres frères et soeurs puissent être avec toi. Donc voilà, les grandes valeurs que je voudrais leur transmettre, c'est vraiment ça, c'est d'être ouvert envers les gens, d'être à l'écoute des gens. Pour ça, il y a une super école, c'est le scoutisme. Nous, on a la chance de pouvoir les mettre dans un patronage, nos deux grands. Mais voilà, je voudrais vraiment que, surtout dans cette période de l'adolescence, que nos deux garçons, parce que tu me poses la question pour les deux garçons, soient... Soit là pour les autres enfants, parce qu'on a notre aîné qui a redoublé, donc ils se retrouvent dans la même classe, dans le même niveau. Donc ils ont la chance de pouvoir vivre ça ensemble, de pouvoir un peu débroussailler le chemin pour les suivants. Moi je l'avais vécu un peu comme ça. Moi, je suis le troisième, donc j'ai ma grande sœur et mon grand frère. Donc, vous voyez, ce côté où vous êtes encore en primaire, ils partent au collège. Le collège, ça fait partie des très grands. Qu'est-ce qui se passe de l'autre côté du mur ? Et ils vous rapportent des informations. et est-ce que je réponds bien à la question ?
- Speaker #1
Très bien. Est-ce qu'il y a des habitudes, des traditions ou des activités que tu cultives volontairement avec eux ? Tu as commencé à parler un peu des sorties, des jeux, des choses comme ça. Est-ce qu'il y a d'autres choses ?
- Speaker #0
Déjà, la grande habitude, c'est qu'on transmet notre foi à nos enfants. Donc, il y a la messe dominicale tous les dimanches, qui pour nous, on ne se pose plus de questions. Nos enfants non plus. En fait, les enfants, ils adorent ça, avoir un cadre, un rythme, des habitudes. Donc ça, ça fait partie des grandes choses qui sont très importantes pour nous et pour notre vie de famille, tout comme on a le rythme de la journée. Par exemple, le week-end... Le matin, le samedi matin, on prend tous nos enfants, on fait les devoirs scolaires pour qu'à midi ce soit terminé, donc ils le savent. Tous les soirs, nous avons notre prière familiale. On confie notre journée au bon Dieu. Et voilà, ça c'est des valeurs qu'on essaie de transmettre à nos enfants, c'est que peut-être comparé, pour eux on est des super héros, mais on voudrait vraiment leur transmettre qu'il y a plus grand que nous. Et nos parents, mais aussi ce qui se passe dans le ciel. Donc ça, c'est vraiment des points où on ne passera pas à côté. Donc on vit vraiment notre foi au quotidien, dans toutes les grandes fêtes religieuses. De toute façon, on ne loupe rien. Après, maintenant, on met de nouvelles habitudes en place le vendredi soir ou le samedi soir. On leur laisse le salon.
- Speaker #1
Pour les plus grands ou pour tous ?
- Speaker #0
On les entend dire pour les trois plus grands. C'est-à-dire qu'ils savent très bien, par exemple, que le week-end, on a coupé notre maison en deux, il y a deux tiers, un tiers, et il y a un tiers qui est vraiment réservé pour les deux grands. Et tous les week-ends, on sait que Clotilde, notre numéro 3, elle aura moyen de retourner chez les grands, et là, pour eux, ils savent que partir du vendredi soir... c'est leur soirée il n'y a plus de règles ils vont dans leur chambre, ils font ce qu'ils veulent et maintenant on commence à introduire aussi, comme ils commencent à grandir et que maintenant on arrive à une époque de l'année où il fait un peu plus beau on vous fait confiance, vous pouvez les jouer dehors vous pouvez les faire vélo sur la route ce qu'on vous demande juste c'est de rentrer à telle heure et telle heure donc ils prennent confiance ils s'installent dans la vie et le jour où on les a surpris à dire... à dire, c'est cool d'être grand. Voilà, donc on... Je ne vais pas vous dire que oui, tous les samedis soirs, on fait des jeux de société avec eux, parce que ça serait vous mentir, mais par contre, on leur propose de faire ça entre eux. Alors moi, j'essaye d'en faire une fois par mois. Parce que c'est des moments que j'ai eus quand j'étais jeune, je kiffais ça. De mon côté familial... On était très mauvais joueurs. Donc j'aimerais bien m'apercevoir qu'ils ne soient pas mauvais joueurs et si possible enlever ce petit défaut-là. Chez nous, on jouera pour gagner, pour tenter de gagner. Mais après, ce sont des choses saines. Ce sont des choses à... Mais bon, sans humilier l'autre en face, on peut gagner une partie, mais le plaisir est de jouer.
- Speaker #1
On a parlé des garçons. Est-ce qu'on est père différemment avec ces filles ?
- Speaker #0
Vous voyez on est père différemment avec ses filles. En fait c'est marrant parce que quand tu dis ça moi j'ai l'impression dans ma tête de me retrouver tout seul avec mon aîné ou ma petite. Forcément quand je suis tout seul avec eux je suis pas le même que... enfin je suis pas le même. Je suis ouvert à écouter un enfant quand je suis tout seul avec lui. Oui, je pense que... Parce qu'on ne construit pas la même personne. Vous construisez un homme pour un jeune garçon et une femme pour... Après, moi, dans ma famille, ça se passait comme ça. Je ne sais pas si c'est un cas général, mais c'est vrai que les garçons, ils les plus souvent se confient à leur mère et les filles, elles les plus facilement se confient à leur père.
- Speaker #1
OK. J'aurais pensé que tu m'aurais dit l'inverse. C'est marrant.
- Speaker #0
Alors est-ce que nous on avait la crainte paternelle et qu'il ne fallait pas le déranger ? Je ne sais pas, mais s'il y avait un petit truc à dire, on le disait à maman et qu'il le transmettait au papa. Et à l'inverse,
- Speaker #1
tes soeurs allaient plus facilement voir ton père ?
- Speaker #0
Voilà, voilà. Donc ça j'y fais attention parce que je me dis que si j'avais eu ça dans mes gènes, peut-être que mes enfants l'auront. Donc je pense être un petit peu différent avec mes filles.
- Speaker #1
Tu essaies de faire en sorte qu'elle sache qu'elle peut venir vers toi, que tu es à l'écoute ?
- Speaker #0
Voilà, complètement. Surtout que nous, notre aînée Clotilde, elle a un peu de manque de confiance en elle. Et là, c'est là où on voit que la famille Nombreuse, c'est génial pour ça. C'est que dès qu'elle est en public et qu'elle sort de sa zone de confort, ça se bride un peu. Mais dès qu'elle est dans son petit cocon familial, on découvre une petite fille qui explose de joie et de vie. Donc on va, voilà. Quand moi, je suis tout seul avec elle, je vais plutôt prendre du temps et la rassurer et lui dire que les gens ne vont pas te manger, tu ne vas pas être jugé par un tel ou un tel, essaye de rester comme tu es. Oui, parce que je pense que les filles, il faut plus de douceur quand même. Donc c'est des moments à ne pas louper dans l'enfance. je pense, parce qu'un petit garçon, c'est joueur, ça a besoin d'aller courir, de jouer à l'épée, des petits câlins, c'est avec maman. Mais avec les filles, c'est des moments plus délicats, plus doux. Donc ouais, on est complètement différents, en fait, avec les petites filles. Mais moi, j'essaye de faire attention à chaque période. De l'enfant, parce qu'il y a des grands, il y a des petits. Donc, on a nos trois, quatre grands. Il y a Madeleine qui est la petite cinquième. Donc, forcément, elle va moins vite que les quatre grands. Je prends un exemple, par exemple, quand ils partent faire du vélo. Forcément, ils vont lui mettre un cent mètres. La petite gamine, elle a quatre, cinq ans. Elle ne peut pas... Avec le diamètre de ses roues, mathématiquement, elle ne peut pas suivre. Alors que, du coup, le rôle du papa, moi, je le vois et je le vis comme ça. C'est, vas-y, je te chope. je te pousse sur ton vélo et je te rattrape et elle a son petit moment à elle avec son père donc ouais la relation est différente parce que moi dans ma famille si j'avais commencé par deux filles je sais pas si ça aurait été comme ça Mais quand je me retrouve avec elle, c'est vrai que je... On va dire que tout ce qui est notion, douceur, tendresse, ça renaît. Ça renaît vraiment. J'adore ça, en fait, voir l'enfant où les parents prennent du temps pour eux. Ils sont complètement là.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aimerais qu'elles retiennent de toi quand elles seront adultes ?
- Speaker #0
Ça y est, tu m'enterres.
- Speaker #1
Non, t'es pas enterré, mais quand elles parleront de toi, on va dire même à 20 ans.
- Speaker #0
J'espère qu'elles chercheront un mari comme j'ai été. Je veux passer pour l'époux idéal. Moi, je souhaite à mes enfants d'avoir de belles familles aussi. Nous, on est pro-grande famille. Pour nous, vive les familles. J'espère qu'on construit de futures mamans qui auront aussi plusieurs enfants. Parce que c'est vrai que, je ne sais pas s'il faut le dire maintenant, mais nous on n'attend que ça d'avoir des petits-enfants. On s'imagine déjà aller bricoler chez eux. Moi j'espère par mon exemple, je ne sais pas si je me trompe quand je dis ça, mais les aider aussi à choisir leurs futurs époux si elles doivent se marier. J'essaye, voilà, je leur explique que par exemple papa et... Papa, il va travailler pour que vous puissiez manger, pour que vous puissiez vous habiller, pour que la maison tourne, tout ça. Donc le papa a un devoir, il fait son devoir. Et c'est vrai que, par exemple, de temps en temps, j'entends Marion rigoler en me disant « mais lui, même malade, il va travailler et tout » . C'est pas pour échapper à la maison, c'est pour... Moi, je voyais mon père faire ça, donc je retransmets ça à mes enfants et mes filles. Je sais pas si... Je vois qu'elle est une image de moi, du père qui a été attentif à ses enfants jusqu'au bout, qui allait travailler pour elle. Pour moi, c'est la place du père de famille. Son sacrifice, c'est d'aller au travail tous les jours. Moi j'ai la chance d'aimer ce que je fais donc je le fais avec joie. C'est encore plus satisfaisant d'arriver à faire vivre sa famille avec le métier qui vous plaît et qui vous correspond vraiment. Déjà leur montrer que c'est possible. C'est complètement possible de reproduire notre schéma et qu'elles pourront trouver quelqu'un avec qui fonder leur famille. Parce que moi, je m'étais mis un peu la pression. Enfin, je m'étais mis la pression. Je m'étais dit, comment ça va se passer ? C'est pour ça que j'ai arrêté. Je n'ai pas mis mon cerveau. cerveau en pause, mais j'ai vu mon père voilà, ce qu'on disait tout à l'heure, officier dans l'armée, comment je vais faire et tout. Mais j'y suis arrivé et je voudrais montrer à mes enfants que je ne sors pas de Saint-Cyr. Alors c'est l'ironie du sort. Mon père sort de Saint-Cyr, mes deux frères sortent de Saint-Cyr. Je ne suis pas sorti de Saint-Cyr. Pourtant, je l'ai fait. Donc c'est largement possible. Je ne veux pas dire que si moi j'y suis arrivé, ils vont forcément y arriver. Donc voilà, un papa courageux, un papa attentif, un papa qui est là. Je pense que je serai toujours là pour elle, parce que nos enfants, on les aime tous, mais les petites filles, c'est... Je ne sais pas si je dis une bêtise, mais on se marie avec son épouse. C'est une partie... Est-ce que c'est notre deuxième femme ? Est-ce que c'est notre troisième femme ?
- Speaker #1
Non, mais c'est sûr que les pères ont une tendresse particulière pour leur fille. Ce n'est pas une question de degré d'amour, je pense. C'est une question d'aimer différemment, de tendresse qui s'exprime aussi différemment.
- Speaker #0
Oui, et puis en fait, quand vous avez, par exemple, Clotilde, qui a ce manque d'assurance en elle... On prend tellement de plaisir à les mettre en valeur quand ils sont en train de faire leurs devoirs en disant « mais regarde le titre, il y a six mois tu lisais mal, regarde maintenant tu es autonome dans ta lecture, il n'y a pas si longtemps, ce n'était pas du tout ça, allez vas-y tu vas y arriver » . Ces petits moments où on est tout seul avec elle dans la cuisine. sur le canapé du salon à travailler hé mais t'y arrives je sais pas si moi j'aime bien faire les devoirs avec les enfants j'aime bien ce côté là aussi quand papa dit quelque chose on va le faire c'est important de dire à chacun de nos enfants mais les petites filles les mettre en sécurité en valeur
- Speaker #1
Quand tu regardes tes filles, quel type d'hommes tu espères qu'elles rencontreront un jour ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que j'espère pour elles le mieux ? Gare à celui qui va arriver.
- Speaker #1
Attention, il y a des attentes.
- Speaker #0
À l'américaine, on ne voit pas trop ça en France. Non, j'espère pour elles, voilà, c'est mon enseignement, ce sera de trouver où un homme droit, prenez le temps de choisir votre époux. Je ne suis pas là pour leur faire la leçon de morale, il faut qu'ils soient comme ci, comme ça. vous devez trouver quelqu'un à votre image qui vous ressemble Papa et maman sont issus de milieux similaires, mais pas tout à fait dans le sens où moi je suis issu de milieux de famille de militaires, dans le sens où aujourd'hui papa était militaire, mon grand-père était militaire, mon arrière-grand-père était militaire, du côté de papa, il n'y a que des militaires. Moi j'ai été le petit canard qui a parié sur l'affaire Saint-Cyr. Mais ce n'est pas pour ça que je n'ai pas trouvé une super fille avec qui se marier pour faire une famille nombreuse. Voilà, c'est... Trouver quelqu'un qui vous correspond, qui ne vous change pas. Mais je ne sais pas, après, c'est peut-être plutôt l'homme qui change, parce qu'en tant que famille nombreuse, moi j'ai eu plusieurs sœurs. J'avais trois sœurs qui m'ont quand même dit, quand tu as rencontré Marion, c'est plutôt le garçon qui change, qui commence à se poser avec ses... et qui est peut-être moins bagarreur ou moins excité avec ses sœurs. Donc voilà, j'espère que ma... La paternité, pour elles, seront un exemple à suivre. Et voilà.
- Speaker #1
Plutôt dans les valeurs morales.
- Speaker #0
Voilà, dans les valeurs morales.
- Speaker #1
Plutôt chercher quelqu'un qui partage des valeurs morales plutôt qu'un groupe social, plutôt qu'une situation, plutôt que...
- Speaker #0
Voilà, moi je leur renseignerais vraiment qu'il n'y a rien d'impossible. En vrai, quelle que soit l'époque, il n'y a rien d'impossible. Elles n'auront pas la pression d'avoir leur famille nombreuse, absolument. Si vous voulez le faire, il y a moyen de le faire. Mais vivez votre propre vie. Si tu me demandes quel époux pour elles, il y a quelqu'un qui leur ressemble vraiment.
- Speaker #1
On l'a dit, il y aura 13 ans entre le premier et le dernier enfant. Comment tu vois cette richesse des générations au sein de la fratrie ?
- Speaker #0
Mais c'est génial pour la mère au foyer, la petite maman. Parce que moi, évidemment, j'ai connu ça. Parce que ma grande sœur a quitté la maison. Mon petit frère n'était pas né ou venait de naître. Il avait au moins 18 ans d'écart. Donc là, tu me parles de 13 ans, mais 13 ans, c'est rien.
- Speaker #1
Toi, tu vois plutôt comme une richesse d'avoir des grands, des petits. Pour vous, est-ce que ce n'est pas un peu challengeant d'avoir des grands avec des préoccupations de grands ? des bébés où il faut... Plus en prendre soin ? Est-ce que ce n'est pas difficile de faire ce grand écart ?
- Speaker #0
Non, parce qu'en fait, vos aînés, ils vous font découvrir de nouvelles choses en tant que parents. Les petits qui sont derrière, on l'a déjà vécu. Le CM1, le CM2, on en est à notre cinquième CP. C'est bon, le CP, on sait le faire. Ce qui va être angoissant, c'est votre enfant qui rentre au collège, au lycée. On change de collège, on change d'établissement. Il rentre dans la vie d'étudiant, dans la vie pro, etc. Mais pour parler de richesse au sein de la famille, après, ça va être entre eux. Je ne sais pas si le petit va idéaliser le plus grand frère ou la plus grande sœur. Moi, quand ma grande sœur est partie à Angers, je voyais une espèce d'opportunité d'aller faire des week-ends à Angers. Il y a un moyen pour quitter le cocon familial. Et il y a ce côté-là aussi, d'expérience entre frères et sœurs. C'est quand ma grande sœur revient à la maison, ou mon grand frère, c'était bon. Ça se passe comment de l'autre côté ? Vous voyez ? C'est les grands qui vont apporter aux plus petits. Par exemple, quand on leur fait faire des camps l'été, donc ça fait 3-4 ans maintenant qu'on envoie nos grands faire des camps l'été.
- Speaker #1
Des camps de scoot ?
- Speaker #0
Non, ils ont fait des camps de scoot, ou après ils ont fait des camps avec des séminaristes à 4-5 heures de la maison. Là, cette année, ils ont des camps avec le patronage. Donc en général, ils sont une trentaine d'enfants.
- Speaker #1
Alors attends, le patronage, tu peux expliquer ce que c'est ?
- Speaker #0
Le patronage, pour faire une idée simple, je ne sais pas si les gens ont une image de Don Bosco. Ce sont des prêtres qui récupèrent toutes sortes d'enfants qui traînent un peu à la fois dans les cités, à la sortie du collège ou du lycée. Et ils vont les faire jouer ensemble. À travers le jeu, il peut y avoir des enseignements. Un peu comme dans le scottisme, c'est-à-dire qu'on va vous enlever votre milieu social pendant 2-3 heures de l'après-midi. Vous êtes tous copains. On va faire des grands jeux ensemble, on va faire des activités ensemble, on va vous responsabiliser. Il y en a un, il va s'occuper de son local, c'est lui qui va devoir dire à un tel et à un tel, je te confie les jeux, il faut que tu me les rappelles. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un centre aéré, mais dirigé par un frère et un prêtre aumônier, sous la responsabilité, enfin c'est eux qui ont la responsabilité. Nous, nos enfants, ils y vont par exemple tous les mercredis après-midi, et souvent le samedi après-midi. Tout est sous forme de jeu. Et ils ont un camp cet été, de trois semaines, si je ne me trompe pas. Donc ils partent pendant trois semaines, entre les garçons. Et pour rebondir avec ce qu'on disait avant, c'est que l'expérience qu'ils vont en tirer, ils ont une telle richesse, pendant trois jours, j'ai fait ci, j'ai fait ça, j'ai appris à faire du feu, j'ai appris. Et ils ont une soif de montrer ce qu'ils ont appris. Donc elle est là, la richesse de toutes ces générations, c'est que le petit qui a deux ans, Au milieu d'une fratrie, s'il veut survivre, il faut qu'il se bouge. Mais il se bouge avec plaisir parce qu'en fait, à deux ans, on n'a qu'envie de jouer. Donc quand il va courir, ça va être un jeu pour lui. Puis là, il a son grand frère qui prend trois silex et qui lui montre avec trois bandilles à essayer de faire du feu. Et en fait, ça ne marche pas. Du coup, il y a papa qui arrive comme un super héros, qui fait le feu, ça démarre comme ça. Du coup, la richesse de la génération, elle est là. C'est les grands. Ils sortent du cocon familial, ils vont vivre des expériences et ils vont les ramener au sein de la famille. Ils ont une telle joie à les partager. On passe notre temps à enseigner à nos enfants, à leur apprendre des choses, mais maintenant, c'est à leur tour, tout doucement, d'apprendre au plus petit que soi. Ne serait-ce qu'un jeu, ne serait-ce que faire la vaisselle ou des recettes qu'ils ont apprises. Et ça, ils adorent. Du coup, à la maison... Je pense que les gens qui n'ont pas l'habitude des familles nombreuses, c'est vrai que... Ils doivent avoir l'impression que c'est une organisation... Alors moi, ce qu'on me disait quand j'étais dans ma jeunesse, ça doit être très militaire chez toi. Ah oui, forcément. Nous, on avait des tours de rôle pour faire des activités. Mais chez moi, on n'a pas ça. mais on s'organise, la vie de famille s'organise mais c'est pas du tout une charge les enfants savent qu'il faut mettre le couvert les grands ils savent faire, ils montrent aux petits il y a toujours ce côté là où les plus grands apprennent aux plus petits mais c'est pour partager moi je vois vraiment comme ça dans ce partage d'expérience souvent nos enfants partent au mois de juillet et tout le mois d'août ça sert à montrer ce que je t'ai appris Et ceci et cela, et voilà. Et ça, c'est les familles nombreuses. Moi, je dis souvent ça aux petits invités quand ils arrivent à la maison. « Mon ami, ici, si tu veux survivre, il va falloir que tu te battes parce que pour avoir un carré de chocolat, ici, tu te poses sur la table, ça ne fait pas 10 secondes. »
- Speaker #1
Pour que tu apprennes à survivre.
- Speaker #0
Pour que tu apprennes à survivre. Non, mais voilà, pour ce côté de richesse de génération, nous, on va être contents aussi parce que nous aussi, on avance, on progresse dans la vie. on n'a plus 20 ans, on l'accepte maintenant. On est quand même contents aujourd'hui de commencer à avoir des conversations avec des adultes, des petits adultes.
- Speaker #1
Oui, des ados encore.
- Speaker #0
Des ados, oui, mais un jour ils deviendront adultes. Et il y aura toujours... Il y en aura toujours. Il y a un moment où ça va s'arrêter, mais il y aura souvent des petits. Mais voilà, cette richesse-là, elle est là. Et moi, je l'ai vécue, par exemple, quand mon frère est rentré à Saint-Cyr. Vous commencez à voir votre frère rentrer en tri militaire ou en cirar et tout. Je ne vais pas dire le développement intellectuel, mais la vie, elle avance. Mon grand frère, il apprend un métier. Ma grande salle est partie de la maison parce qu'elle apprend un métier. Et puis, quand ça se rend...
- Speaker #1
Et toi, ça te donne envie de faire aussi. Toi aussi, alors pas forcément de devenir militaire, mais je veux dire, de toi aussi, tu sais que tu vas, toi aussi, un jour...
- Speaker #0
Ah oui, il y a un moment...
- Speaker #1
...devoir apprendre un métier et te trouver.
- Speaker #0
Il y a un moment, on a envie que ça soit de notre tour. En fait, ils y arrivent, donc pourquoi pas moi ? Et ça, si je peux te faire une petite aparté là-dessus, moi, avec mon parcours que j'ai eu, j'ai arrêté l'école, j'ai repiqué ma troisième, je suis passé en seconde. Mes parents auraient aimé me pousser jusqu'au bac général, et en fait, la seconde, ça a été une catastrophe. Et c'est vrai que je pense que ça a été compliqué pour mes parents, à ce moment-là, de m'envoyer en CAP. C'était pas du tout le milieu de la famille, mais mon témoignage, aujourd'hui, c'est... Avec mon petit CAP, après j'ai passé mon bac pro, etc. Et j'ai réussi à avoir ma famille nombreuse, entre guillemets, sans faire Saint-Cyr. Donc de pas grand chose, tout est possible. Et c'est ça que je veux enseigner à mes enfants, c'est... On leur demande pas d'être les meilleurs à l'école. On leur demande pas d'avoir 18 sur 20... Entre guillemets, quand vous aurez votre bac, si vous allez jusqu'au bac, il faut que vous sachiez compter, lire, écrire. Trouvez-vous une passion dans la vie et il faut se développer là-dedans. Voilà. Oui, moi je pense que j'ai fait suer mes parents. quelques nuits, donc entre guillemets je l'ai déjà vécu, enfin mes parents l'ont déjà vécu moi je l'ai vécu de l'autre côté dans le sens où est-ce que je vais, parce que c'était quand même assez nouveau dans la famille, mais en fait c'était pas du tout un cas isolé ça arrive à plein de gens et je pense que c'est par mon chemin familial dans le pire des cas ils feront un CAP, dans le meilleur des cas ils seront sans c'est rien, mais on l'a déjà vécu on sait comment ça va se passer en CAP et voilà
- Speaker #1
Tu dis dans le pire des cas, mais franchement, moi, aujourd'hui, quand je vois le nombre de jeunes qui vont cirer les bancs de la fac pour au final sortir avec rien du vent, je crois que je préférerais que mes enfants, j'en suis même sûre, fassent un métier qu'ils aiment. On n'est pas tous faits pour faire des métiers passion, mais tu vois, un métier qu'ils vont faire avec plaisir et dans lequel ils soient bons et qu'ils apprennent jeunes, moches, franchement. Je serais assez contente s'ils me disaient je veux faire fleuriste,
- Speaker #0
boucher. Je disais dans le pire des cas, c'était de l'ironie. Mais ça, c'est par exemple, moi ce que j'aimerais beaucoup pour mes enfants, c'est par exemple au moment où ils choisiront leurs études, parce que c'est un des grands problèmes de notre temps, c'est engagez-vous les gars. Alors dans l'armée, on savait ce que ça voulait dire, mais prenez un métier qui vous plaît et vous forcez dedans. En tant que catholique, on a des grandes valeurs. Le travail, ce sont des grandes valeurs. Donc ça aussi, on leur enseigne, mais allez-y les gars. Oui, je l'ai vécu et je le vois dans mon milieu professionnel. Les reconversions et reconversions, j'en ai tout le temps. Et les mecs à 40 ans qui changent de métier, qui veulent faire ça, ils sont ébahis, donc il n'y a pas de problème. Parce que j'essaye aussi d'être un défenseur de l'artisanat, mais il n'y a pas de sous-métier, ça c'est sûr. Mais prenez un métier qui vous plaît, rentrez dedans à fond. On peut faire plein de choses. Forcément, il y a des métiers plus faciles que d'autres. Mes parents, ils ont déménagé tous les 3 ans avec 7 enfants. Et ils ont été très bien réussis. Dans le sens où, dans mes frères et sœurs, on a tous une situation normale. Il n'y en a aucun qui a vraiment déconné, qui est parti, je ne sais pas, à l'autre bout du monde, au journal. Tout est possible. Il n'y a pas de schéma. Si, il y avait une époque, il y avait des schémas tout tracés. Mais prends un métier dans lequel tu vas t'épanouir. Rentre-y à fond.
- Speaker #1
Dans lequel tu deviennes bon.
- Speaker #0
Mais ça, à notre époque...
- Speaker #1
Mon mari dit souvent ça. Il faudra que vous fassiez ce que vous voudrez, mais il faut que vous soyez bon. En fait, il n'y a aucun métier qui vous autorise à être médiocre.
- Speaker #0
Oui, mais si ils ont la passion, ils seront forcément bons. Parce qu'avec l'apprentissage, vous apprenez. Plus on apprend, plus... C'est ce que je vois dans mon milieu d'artisan. C'est, vous prenez n'importe quel métier, il y a une variété d'outils et même l'artisan développe ses propres outils parce que ce qu'il y a dans le commerce n'est pas suffisant pour faire son métier. Et si vous êtes passionné par votre métier, mais normalement il n'y a pas de soucis, parce que vous allez engranger une richesse intellectuelle, un savoir-faire, et là plus vous allez apprendre, plus vous allez multiplier vos capacités. Et ça vous fait grandir. Moi, je ne suis pas trop inquiet. Tant qu'à partir du moment où ils auront un métier qui leur plaît, après, on est peut-être ancienne école dans le sens où, je ne sais pas si c'est bien ce que je dis, mais prenez un métier, restez-y. Non, mais même si un jour vous devez vous reconvertir, tant que vous êtes dans un métier qui vous plaît, à mon avis, vous vous épanouirez et vous deviendrez bon.
- Speaker #1
Quel rôle tu joues en tant que père de famille dans la transmission de la foi ? A ton avis, quel rôle particulier a le Père par rapport à la mère dans la transmission de la foi ?
- Speaker #0
On n'a pas du tout le même rôle, parce que la transmission de la foi, pour moi, elle est paternelle. C'est au Père de transmettre la foi. Alors, pour notre parcours entre Marion et moi, on s'est mariés, moi j'ai toujours été quelqu'un qui parlait vachement de ma foi. J'adore ça, et même aujourd'hui je ne comprends pas pourquoi on n'en parle pas. Parce que pour moi c'est... L'aboutissement de chaque chose, en fait, on est fait pour aller au ciel. Notre objectif, c'est d'aller au ciel. Donc pour moi, on devrait en parler tout le temps. Mais c'est vrai que quand j'ai connu Marion, je n'ai pas envie de dire que j'étais plus en avance là-dessus, mais j'étais beaucoup plus attentif à ses préoccupations. On est sur Terre pour aller au ciel. Donc Dieu nous donnera des enfants pour participer à sa création dans le but d'un jour tous se retrouver avec lui. Moi, j'ai très rapidement pris mes enfants, mais avec un très grand plaisir, leur faire du catéchisme dans le salon. Parce que, en fait, quand vous les prenez tout petits, ils adorent qu'on leur lise des histoires. Et en fait, maintenant, je vais t'apprendre, pour moi, je vais t'apprendre... Ce qui est essentiel dans la vie, la foi, on commence par exemple avec le récit de la Genèse et puis on enchaîne la création et compagnie. Donc les enfants, ils sont tous ouverts. Et moi, j'ai pris un plaisir à faire ça de dingue. J'ai pris un plaisir de dingue à avoir les enfants déjà avoir une capacité à enregistrer et à comprendre assez rapidement. Et Marion s'est assez vite reposée là-dessus. Elle a vu que je prenais du plaisir dans la vie de famille. à enseigner le catéchisme. Parce que je ne veux pas dire que j'enseigne le catéchisme mieux que les autres. J'ai envoyé, comme beaucoup de personnes, mes enfants au catéchisme de la paroisse où on allait. J'ai regardé. Je trouvais ça un peu bidon, dans le sens où, c'est vrai qu'étant d'une famille catholique pratiquante depuis très longtemps, investie dans la foi, on ne prenait pas les choses à moitié. On n'était pas des... Enfin, je ne vais pas dire des tièdes, mais... Pour nous, la messe dominicale, ce n'est pas que c'était obligatoire, ça fait partie, ça coule dans nos veines. Mais il n'y a pas que ça. Donc on va pouvoir s'engager après. Moi, j'ai toujours été moteur avec les enfants avec ça. Pour moi, ça a été très vite important qu'ils aient un enseignement religieux, qu'ils aient une école où ils puissent discuter, échanger avec des prêtres. Et on a la très grande race d'avoir ça à côté de chez nous. Et pour moi, la foi, c'est... Fesco. Je ne veux pas dire de bêtises, mais c'est quand même un sujet qui est hyper sérieux. Et pour moi, c'est au papa de l'enseigner, dans le sens où le père va demander à ses enfants de s'agenouiller le soir pour prier en famille. Pour les enfants, je pense que les enfants sont tout le temps avec leur maman. Et le papa, il intervient à un certain moment de la journée, c'est-à-dire le soir, parce que souvent le papa part avant et on ne le voit plus. Il revient le soir et il y a cette autorité-là qui dit « Maintenant, c'est le temps de tout remettre au bon Dieu. On va remercier notre journée. On va remercier le Seigneur pour la journée qui s'annonce. On va se confier à Lui pour la nuit. » Donc c'est le papa qui dit « Allez, c'est parti. Maintenant, on se met à genoux. » Et tout doucement, je transmets, on transmet la foi comme ça. Moi, dans notre famille, ça s'est fait tellement naturellement où je suis parti acheter les trois bouquins d'un biche de pain. J'ai enseigné ça avec un très grand plaisir à chaque fois que j'ai... Un enfant qui prépare sa première communion, j'adore lui expliquer tous les moments de la messe, ce qui s'y passe, qu'il comprenne ou qu'il ne comprenne pas, ce n'est pas grave. Enfin, lui montrer qu'il y a plus grand que nous. Et après, mutuellement, on s'est beaucoup apporté avec Marion, mais ça fait partie des sujets qui sont très friands pour moi. Et j'essaye ce qu'on parle de notre foi tous les jours. Voilà, il y a des petits rituels. Alors maintenant, les enfants le font entre eux. en toute autonomie, le bénéficier à début de chaque repas. Voilà. Ma vision, c'est à l'image de Saint Joseph. Il y avait la Sainte Famille, l'Enfant Jésus, Marie et Joseph. Dans ces trois personnages-là de la Sainte Famille, il y a Dieu qui se confie à deux êtres humains. Sur les deux êtres humains, il y en a une qui est la mère de Dieu. Et il y a Saint Joseph, c'est l'artisan du coin, mais c'est lui qui avait la responsabilité spirituelle. C'est lui qui a tout appris à un petit enfant. Donc moi, je le vois comme ça. Voilà. Après, je le regarde... de l'église. J'essaye de développer chez eux leur foi en les envoyant dans des camps à droite, à gauche, voilà.
- Speaker #1
Pour finir, dans 20 ans, lorsque vos enfants seront adultes, quel serait pour toi le signe que tu as bien réussi ta mission de père ? Quels sont les indicateurs où tu dirais, ouais, ok ?
- Speaker #0
L'indicateur premier, c'est qu'ils soient restés dans la foi chrétienne, catholique, parce que c'est notre raison de vivre. Si on fait tout ça, c'est pour participer au projet de Dieu. Ça, c'est vraiment l'élément numéro un. Après, on souhaite que dans 20 ans, on ait nos premiers petits-enfants. C'est marrant parce qu'aujourd'hui, j'ai 38 ans. Dans 20 ans, j'en aurai 58. Je n'espère pas que j'en aurai. Je n'espère pas que j'en aurai parce que c'est vrai que ce sont des phases de la vie où on a l'impression de vieillir un peu. Moi, je ne le vois pas comme ça. Je me dis que j'ai fait des enfants pour avoir des petits-enfants aussi. Parce que l'idée du grand-père qui emmène son petit-fils, des petits moments privilégiés, c'est encore autre chose. Vous savez, quand vous confiez vos enfants, parce que vous les partez un week-end, une semaine, vous les confiez à vos parents, il y a cette notion-là où les gamins sont trop contents. Vas-y, on va lâcher toutes les règles. Papa et maman ne sont pas là. Donc voilà, moi je souhaite vraiment que dans 20 ans, on ait des petits-enfants, qu'on puisse les côtoyer assez régulièrement, que les enfants aient plaisir à revenir à la maison. La plus grande déception, ce serait qu'ils soient partis en claquant la porte. Là, ça serait extrêmement douloureux. Mais on va tout faire pour que ça n'arrive pas.
- Speaker #1
Vous aurez peut-être aussi des religieux ? J'ai l'impression qu'il y en a beaucoup dans les grandes familles.
- Speaker #0
Alors ça, j'ai envie de dire qu'on l'espère. On espère avoir des petits prêtres ou des religieuses. On le souhaite de tout notre cœur.
- Speaker #1
Ce serait une autre forme de fécondité.
- Speaker #0
Ah oui, complètement. Vous savez, la nature, elle est féconde, induit, créa le ciel et la terre, et la végétation, elle a explosé. Pour nous, la vie, vous savez, notre vision avec Marion, c'est une famille, c'est de au moins avoir quatre enfants. Enfin, la fécondité fait qu'on doit partager et profiter de cette joie de vivre. Mais la plus grande réussite, je pense qu'en tant que parent, tout le monde devrait dire ça, c'est qu'on puisse, ils reviennent à la maison et on va chez eux. Je n'avais pas connu ça avec mes grands-parents, parce que j'avais une grand-mère qui était très malade, qui ne pouvait pas du tout se déplacer, de les avoir à la maison, ça ne m'est jamais arrivé, c'était toujours nous. Mais quand je vois que mes enfants aujourd'hui, j'ai mes beaux-parents, mes parents qui passent à la maison, quelle joie de pouvoir transmettre, de pouvoir partager son lieu de vie, les enfants qui font découvrir aux grands-parents, tout le monde est dans la joie. Les grands-parents, ils sont ravis de pouvoir soulager la maman ou le papa. Il n'y a que du bien, donc voilà. Je suis complètement confiant, on va y arriver. Vous savez, dans les familles, il y a toujours des aléas. Il faut avoir confiance. Il peut y avoir des périodes de la vie où... Enfin, on l'a tous vécu. Il y a mon papa et maman, j'en ai ras-le-bol, j'ai envie de vivre ma propre vie. Mais le socle familial, s'il est bien fait, s'il est sain, s'il est équilibré, on aura toujours besoin de nos parents. C'est marrant parce que... On a une petite voisine qui est décédée en face de chez nous et qui avait eu trois ou quatre enfants. Et sur les trois ou quatre enfants, aucun des enfants n'a fait des enfants. Et voir la tristesse de cette dame. On était partis se présenter à elle, bonjour madame, on vient d'acheter notre maison ici, on se présente, voilà. Par contre voilà, on a quelques enfants et tout. Elle nous avait pas dit bonjour, elle nous a dit mais moi c'est mon plus grand malheur, de pas avoir de petits-enfants. Ça nous avait frappé le cœur en disant mais qu'est-ce qu'il y a de plus horrible à vivre que ça ? Soit pas avoir de petits-enfants, soit de pas connaître. Bon après nous on respire les... La vie de famille et tout, je serais très très heureux et très comblé de voir que mes enfants reproduisent notre schéma familial, mais c'est pas ce que je leur demande. Avoir réussi, c'est pas forcément ça, c'est... Pour nous, à notre point de vue, pour notre échelle, c'est... Mariez-vous, devenez religieux, religieuse, prêtre, si ça vous rend heureux. Enfin, il faut que vous soyez heureux, mais on coupe pas les liens. Tout en respectant chaque personne. On peut être une personne plus ou moins solitaire ou pas, mais je n'irai pas déranger la vie de mes enfants. Mais pour nous, c'est assez important. qu'une fois qu'on ait lancé nos enfants, qu'on puisse vivre ça aussi chez nous parce qu'on le voit chez d'autres. On voit à quel point les familles sont heureuses quand on les aime. Tous les adolescents partent le week-end. La semaine revient le week-end, ils repartagent ensemble. C'est l'histoire de la vie d'une famille, c'est tous ces moments-là partagés, il faut que ça soit jusqu'au bout et que quand on sera très très vieux, on espère qu'il soit encore là aux côtés de nous. Mais ça je ne me fais pas trop de billes parce que dans nos milieux familiaux... On accompagne jusqu'à la fin de la vie, grands-parents, parents. J'avais mon grand-père paternel qui demandait beaucoup de soins, et donc dans mes oncles et tantes, il n'y avait pas de question à qui il tourne d'aller s'occuper du grand-père. Il y en a deux, trois qui se sont proposés, qui se sont mis à vraiment à pleine disposition, sans que l'autre qui habite au bout de la France... Soit jaloux, soit...
- Speaker #1
Ou se sentent plaisés.
- Speaker #0
Donc nous, on souhaite vivre ça jusqu'à nos vieux jours, c'est avoir une vie de famille complète.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
N'ayez pas peur.
- Speaker #1
C'est vrai, n'ayez pas peur. Saint-Jean-Paul II ?
- Speaker #0
N'ayez pas peur, les enfants d'an 18, ils sont jeunes qu'une seule fois, et tout âge est merveilleux. Moi, c'était une des phrases de ma maman, c'était... Enfin, maman est très maternelle aussi, donc cet enfant et tout, maman ne travaillait pas, et pour elle, c'était aller confier son enfant à... Alors c'était sa vision, elle, et moi je partage exactement la même chose. Les petits nourrissons, quand on est... enfin, c'est son bébé, c'était inconcevable d'aller le mettre chez la nourrice, à droite, à gauche, et profiter, Alors évidemment, il y a des âges plus ou moins faciles. On sait tous qu'à 2, 3, 4, ça va faire 1000 carrières. Mais c'est qu'un certain passage. Et n'ayez pas peur si vous désirez avoir des familles nombreuses, c'est qu'on n'a pas 7 enfants de 4 ans. C'est impossible. C'est forcément étalé dans le temps et tout se passera très bien. Nos enfants nous remplissent de joie et de bonheur, donc il n'y a pas de soucis.
- Speaker #1
Merci Louis pour cet échange. À travers ton témoignage, on comprend que la paternité ne se résume pas à pourvoir aux besoins matériels d'une famille ou à exercer une autorité. Être père, c'est aussi transmettre, encourager, accompagner, corriger parfois, mais surtout être présent. Tu as beaucoup parlé de la dimension de la foi et je pense qu'aujourd'hui, c'est quelque chose qui doit animer tous les pères de famille, en particulier chrétiens. Et je pense que tu l'as bien montré, c'est que l'enfant s'épanouit dans un cadre où il a un père qui est à la fin à la fois présent, qui est à la fois symbole d'autorité, mais aussi symbole de l'amour filial et de jeu et de temps partagé ensemble. Merci. Et c'était d'autant plus important dans une société qui parle souvent des difficultés de la famille. C'est précieux d'entendre aussi qu'une famille nombreuse peut apporter de la fraternité, du service, de la transmission entre générations et cette joie d'accueillir Toujours plus particulièrement une personne de plus. J'espère que cet épisode permettra aussi de remettre en lumière le rôle irremplaçable des pères auprès de leur enfant. et l'importance de leur présence dans la construction des garçons comme des filles.
- Speaker #0
Il y a un truc que je voudrais rajouter, c'était, j'avais entendu une maman qui posait une fois une question à un prêtre qui était issu de Femmes innombreuses, et c'est vrai que je l'avais beaucoup entendu, et je ne m'étais jamais posé cette question-là, ou pris le temps de commencer à réfléchir et à apprendre. On vit dans une société où on doit prendre son enfant en particulier, faire plein d'activités avec lui pour lui montrer... pour lui montrer qu'on aime, et comment vous faites, vous, avec 6, 7, 8, 9 enfants, pour donner du temps à chaque enfant. Et ça, c'est vraiment un message que je voudrais transmettre. Il n'y a pas de notion de, je prends une heure, deux heures, trois heures, il n'y a pas de jalousie entre frère et sœur, papa a passé plus de temps avec vous. L'amour, il ne se coupe pas en plusieurs morceaux, il se multiplie. Ce n'est pas parce que vous avez un enfant que vous n'arriverez pas à aimer un deuxième enfant. Vous savez, nous, en tant que papa, la paternité, on ne la vit pas quand on voit l'enfant. La maman, elle vit sa... sa maternité, à partir du moment où elle voit sa première échographie, où, waouh, enfin Marion, c'est ça, elle voit le petit cœur qui bat, l'amour fou qu'elle dégage pour cet enfant-là, alors qu'elle en a déjà... plusieurs autres. N'ayez pas peur de la vie de famille nombreuse, c'est une multiplication des dons, c'est un partage. On ne compte pas, qu'est-ce que j'ai donné à un tel et un tel et un tel. Moi, je n'ai pas reçu de manque d'amour dans ma vie de famille nombreuse quand j'étais jeune. Alors, il y en a peut-être qui l'ont vécu, mais l'amour des parents envers leurs enfants, elle se multiplie, mais je pense que c'est vraiment un don de Dieu. Il y en aura toujours pour tout le monde. Il ne faut vraiment pas au revoir peur de cette idée de je n'ai pas la force d'en accueillir un autre. Si, on peut avoir des angoisses qui nous viennent, on est tous humains, mais ne vous inquiétez pas, l'amour se multiplie très facilement. Voilà. Ayez des enfants. Ayez au moins 4-5 enfants.
- Speaker #1
Bon. Merci Louis. Et merci à vous de nous avoir écoutés.
- Speaker #0
Merci à toi. Et puis j'espère que tu intervieweras d'autres papas.
- Speaker #1
Oui. Oui, il faut que j'en interviewe plus parce que c'est vraiment un sujet dont on n'a jamais fait le tour.
- Speaker #0
Voilà. Et les pères en ont besoin.