- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitavelle, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous.
- Speaker #1
Moi, ce que je cherche dans l'ultra, c'est les émotions. Pour moi, c'est une vie en raccourci, où on vit des moments d'euphorie, de transcendance, des moments très hauts en émotions. Tout comme des moments très bas de douleurs, de doutes, de fatigue, dans un temps assez réduit, alors que dans une vie, c'est des hauts et des bas, mais sur des durées un peu plus longues, je dirais. Moi, c'est ce que je recherche dans l'ultra, c'est toutes ces émotions, tout cet éventail d'émotions pour vraiment se sentir vivant.
- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui, je suis ravi d'accueillir Aurélien Sanchez, qui va se présenter tout de suite. Ça va Aurélien ?
- Speaker #1
Salut Gaëtan, ça va nickel. Merci de m'accueillir dans ton podcast.
- Speaker #0
Alors Aurélien, est-ce que tu pourrais te présenter pour les auditeurs et les auditrices qui ne te connaîtraient pas encore ? Et est-ce que tu peux nous dire rapidement qui tu es, de quelle région tu viens, et depuis combien de temps tu as mis le pied dans le trail ?
- Speaker #1
Alors, moi c'est Aurélien Sanchez, du coup j'ai 33 ans. Je vis à Toulouse, je viens de la région toulousaine, plus précisément à côté de Limoux, à une heure d'ici, de chez moi. Et j'ai démarré le trail il y a 7 ans maintenant, en 2017. Lorsque j'y vais aux Etats-Unis, je travaillais là-bas en fait, j'ai commencé à faire des randonnées de plus en plus longues. Et du coup, au fur et à mesure d'augmenter les distances, en essayant de le faire de façon assez sportive aussi, en trottinant, etc. J'ai découvert que ça s'appelait un peu du trail, donc un peu sans le savoir.
- Speaker #0
Super. Alors, le lundi 26 août 2024, à 21h, tu as pris le départ d'une course gigantesque qui s'appelle la Swiss Peak 660. Donc, une course à travers la Suisse de 660 kilomètres forcément, 49 000 de dénivelé positif et un périple qui s'étale sur plusieurs jours. Alors, est-ce que tu peux nous dire pourquoi tu as eu envie de faire ce challenge de cette Swiss Peak ? avec cette distance quand même qui est une ultra distance. Et puis, on peut quand même préciser que tu as terminé 3e de cette course en 89 heures et 22 minutes derrière un Français et un Belge.
- Speaker #1
Déjà, un petit détail sur la course, les 89 heures, c'est sur les 381 kilomètres de la fin, sur le deuxième tronçon, parce que c'est un format assez particulier où il y a une première semaine, 300 kilomètres qui sont non chronométrés et la seconde partie qui est chronométrée. Donc, les résultats sont que sur la seconde partie. et pour ce que tu as dit j'ai voulu faire la course c'est un format hors norme on se demande quand on va y participer si on peut la finir moi c'est mon moteur depuis 7 ans c'est me lancer dans des aventures où il y a une grosse part d'inconnus à chaque fois me demander si je peux finir de quelle façon qu'est-ce que je dois faire pour que ça se passe bien que ce soit au niveau de l'allure au niveau de l'alimentation du sommeil, de la logistique ça implique beaucoup de variables ce genre d'aventure qui me passionne parce que c'est jamais acquis Merci. Et en plus, en dehors de ça, la suite pique, le parcours de 700 kilomètres, ça faisait à la fin. C'était totalement incroyable. C'était vraiment sublime. On passait par des cols engagés. On voyait des lacs qui étaient d'un bleu turquoise parce qu'il y avait beaucoup de glaciers. Donc, pour le paysage aussi, c'était une sacrée aventure.
- Speaker #0
OK. Et alors, toi qui travailles, comment tu prépares des courses de ce type-là ? Ça doit te prendre un temps quand même important de se préparer à une course aussi longue.
- Speaker #1
Ouais, du coup, je jongle la semaine. Je suis à 40 heures, enfin classique. Je travaille du lundi au vendredi, le matin, l'après-midi. Donc, la semaine, j'essaie de m'entraîner le midi et le soir parce que je ne suis pas trop du matin. Donc, j'essaie un peu de me mettre des coups de fouet pour m'entraîner le matin, mais ce n'est pas facile. Donc, surtout le midi où je fais une séance de 1h, 1h30 et le soir, 1h, 1h30 aussi. Donc, pas si long pour faire un ultra. Par contre, du coup, je fais des gros week-end blocs ou d'acheter 12-15 heures le samedi et pareil, une dizaine d'heures le dimanche où je cumule entre 6 000 et 8 000 mètres de dénivelé sur un week-end lorsque je fais des gros week-ends. C'est comme ça que je m'entraîne et je fais ça plusieurs semaines d'affilée en enchaînant des semaines à 10 000 mètres de dénivelé. Je m'en accommode parce que je n'ai pas le temps de faire plus et c'est suffisant pour moi.
- Speaker #0
C'est clair. J'ai un peu suivi ta Swiss Peaks sur les réseaux sociaux. J'ai vu que tu avais un entourage, notamment Lucille, ta compagne, qui t'a beaucoup accompagnée avec Jean et Max. Comment ça se passe sur cette distance, l'assistance, entre guillemets, l'accompagnement ? J'ai l'impression que c'est vital pour aller jusqu'au bout, une assistance.
- Speaker #1
Je ne pourrais pas dire que c'est vital parce qu'avant d'être avec Lucille ou avant Max et Jean, je faisais de l'ultra seul avec des efforts sans assistance où c'était beaucoup plus difficile mentalement. J'ai pu aller dans des zones, quand j'étais seul, très profondes de souffrance, de douleur à mon niveau. Ça reste quand même des souffrances mentales et physiques. Donc, c'est ce que je faisais avant. Par contre, le fait d'avoir Lucille au quotidien et sur les courses, Clairement, ça a donné une autre dimension à mes courses, une dimension de partage exceptionnelle. On fait ça à deux maintenant. Et aussi, forcément, l'assistance elle m'apporte. Mentalement, ça devient moins difficile quand je suis sur des zones de ravitaillement où elle est là pour m'assister. Jean et Max, c'est pareil. Quand ils sont là, forcément, je suis content de faire cette course un peu pour eux aussi. Le partage, c'est très important. Clairement, l'assistance de Lucie m'a beaucoup apporté. Je ne dirais pas que c'est vital pour finir ces ultras. Par contre, c'est très important d'un point de vue logistique pour pouvoir éteindre le cerveau, d'autant plus sur les ravitaillements où je n'avais rien à penser. Elle faisait tout pour moi. Et mentalement aussi, on n'est plus seul. On ne fait pas ça que pour soi. On fait ça pour elle aussi et pour les copains. Donc, c'est vrai que ça fait un jeu de tout quand même.
- Speaker #0
En tout cas, on sent que c'est une aide précieuse quand même sur le parcours.
- Speaker #1
Ça,
- Speaker #0
c'est sûr. J'ai vu qu'à l'arrivée, tu avais aussi ta famille qui était venue te voir. Quand tu arrives après avoir parcouru autant de distance, tu es dans quel état émotionnel ?
- Speaker #1
Moi, surtout à la fin de la Swiss Peaks, c'était très compliqué. J'ai vécu une fin de course très compliquée où j'ai eu énormément de douleurs à la cheville et un manque de sommeil assez énorme. Je n'avais dormi qu'1h30 sur les 90 heures de la fin. Je faisais ça quasi non-stop. La fin était très dure pour moi. Il me tardait vraiment d'arriver à... à la ligne d'arrivée, surtout pour être soulagé que ce soit fini un peu. Parce que l'aventure était exceptionnelle, mais à la fin, il me tardait que ce soit fini. Et surtout pour voir Lucille aussi, parce que Lucille m'a accueilli à l'arrivée à 3h30 du matin. Et elle, elle avait son ultra à elle, son 180 km qui commençait à 8h du matin. Donc elle n'a pas trop dormi. Donc j'avais un peu cette pression. Donc quand je suis arrivé, j'ai craqué un peu de soulagement de me dire, ça y est, t'as retrouvé Lucille, t'es proche. Il y avait mon père aussi. C'est fini, place à la récup. Et donc voilà, c'était un gros soulagement d'avoir fini ça. Parce que le plaisir, il était sur les deux premiers tiers, mais le dernier tiers, c'était très compliqué.
- Speaker #0
C'est un calvaire.
- Speaker #1
Ouais, assez, ouais.
- Speaker #0
Alors, qu'est-ce que tu as encore découvert de toi sur cette course d'ultra distance ? Et qu'est-ce que tu es allé chercher encore que tu ne connaissais pas de toi ?
- Speaker #1
Moi, ce que je cherche dans l'ultra, c'est les émotions. Pour moi, c'est une vie en raccourci, où on vit des moments d'euphorie, de transcendance, des moments très hauts en émotions, tout comme des moments très bas de douleurs, de doutes, de fatigue, dans un temps assez réduit, dans 3-4 jours tout ça. Alors que dans une vie, c'est des hauts et des bas, mais sur des durées un peu plus longues, je dirais. Moi, c'est ce que je recherche dans l'ultra, c'est toutes ces émotions, tout cet éventail d'émotions pour vraiment se sentir vivant. Et c'est ce que j'ai eu. Franchement, j'en ai eu pour mon argent à la Swiss League parce que j'ai eu des moments d'euphorie exceptionnels avec des levées et couchers de soleil qui étaient magiques. Le fait d'arriver en n'ayant pas trop dormi et en ayant quand même gardé une allure assez correcte tout le long, franchement, j'étais super fier de moi et super content. Par contre, ça m'a coûté. C'est sûr que les nuits, elles étaient très compliquées. Je n'ai pas eu d'hallucination, mais je me sentais vraiment... Dans un monde parallèle un peu, où la nuit, j'étais un peu hors de moi. Enfin, je ne sais pas comment l'expliquer, mais c'est un peu comme si on était en train de s'extraire de son corps pour essayer d'éteindre le cerveau la nuit pour avancer en mode automatique. Donc, j'ai eu des nuits assez compliquées, de gros doutes. Mais heureusement, Lucie et mes proches étaient là aussi. Donc, clairement, j'ai vécu l'expérience que je voulais vivre avec tout cet éventail d'émotions.
- Speaker #0
Bon, alors maintenant, on va parler d'une course que les gens... forcément connaissent. Aurélien, tu as participé en 2023 à une course qui t'a rendu mondialement célèbre, on va dire. Tu es le premier finisher français de la Barclay, de la mythique et impitoyable Barclay. Une course qui se déroule aux Etats-Unis dans le parc de Frozen Head avec un peu le fou Lazarus Lake qui vous lance des défis dingues. Est-ce que tu peux nous parler de cette course historique pour toi et comment tu... tu t'es mis dans les conditions mentales en 2023 de préparer cette course physiquement et surtout comment terminer cette course qui est quand même un monument du trail.
- Speaker #1
La Barclay, je pourrais en parler pendant des heures, c'est ma course de cœur, c'est celle pour laquelle j'ai démarré l'Ultra Trail. C'est une énigme la Barclay, il y a peu de personnes qui y participent tous les ans. Donc on voit de la Barclay ce que transmettent les médias, ce que transmettent les coureurs avec leur rapport de course. Et moi, c'est ce qui m'a intrigué. Les médias disaient que c'est que de la souffrance, que c'est que de l'échec, que c'est terrible. Ce qui ne donne pas envie d'y aller. On se demande pourquoi on a envie d'y aller. Et d'un autre côté, il y a des coureurs qui écrivent des rapports de course où là, c'est un peu ce que je disais, où on voit que c'est des comptes d'entrée de vie, c'est beaucoup d'émotions, c'est résoudre des énigmes. Et c'est ça qui m'a passionné. Je voulais vraiment... rentrer dans l'inconnu, découvrir ce que c'était, résoudre un peu toutes ces petites énigmes et voir quelle allait être la pièce du puzzle qui allait me faire échouer. Et en fait, la Barclay, c'est très obscur. C'est une course hors sentier pour les trois quarts. Ça correspond à une boucle de 40 km, 4 000 m de dénivelé positif qu'on doit faire en 12 heures, avec des livres qui sont disséminés sur le parcours, qui servent de checkpoint. Et du coup, en avant, quoi. Une fois qu'on a une carte, qu'on n'a pas de téléphone, qu'on n'a pas de monde GPS, on doit trouver tous ses livres sur le parcours et répéter ça 5 fois sur 60 heures. C'est très énigmatique, c'est très compliqué au niveau du dénivelé, au niveau de l'orientation, au niveau de l'autosuffisance. Et moi, c'est cette passion et cette curiosité qui m'a vraiment animé pendant 7 ans pour faire face à ce défi, comme tout défi sportif. J'imagine que ça peut parler à tous les sportifs qui se lancent des défis. Pour moi, c'était un défi « ultime » . Et quand j'ai participé à ma première participation, j'y suis allé avec beaucoup de sérénité et de curiosité, en me donnant toutes les chances de mon côté, en faisant une préparation physique avec beaucoup de volume, en me renseignant auprès de vétérans de la Barclay, essayer de donner le maximum d'informations possibles. Donc j'y suis allé avec beaucoup de curiosité, beaucoup d'engagement, beaucoup d'envie et beaucoup de passion, de sérénité. Et c'est peut-être d'ailleurs pour ça que j'ai réussi à finir, parce que Je me rappelle que je n'avais vraiment aucun poids, aucune pression sur les épaules, sauf celle de m'amuser, de kiffer et de découvrir à quoi ça correspondait.
- Speaker #0
Cette course est à la fois très difficile, mais aussi difficile d'y accéder. Comment as-tu fait pour y arriver et avoir une place en 2023 sur cette course ? Tu en avais déjà fait plusieurs avant ou tu as participé à des épreuves pour contacter l'ASE ?
- Speaker #1
Oui, il y a différentes façons d'y aller à la barquée. Après, c'est très compliqué de savoir la façon d'être sélectionné. Moi, je me suis déjà rendu au Tennessee, chez Laz, à deux reprises, pour lui faire savoir de visu, me présenter et lui dire que je voulais vraiment participer à sa course. Donc, j'y suis allé deux fois. Une fois pour tenter une course qualificative qui s'appelle la Barclay Fall Classic. Il y a deux courses dont on peut se qualifier directement à la barquée. Donc, j'ai fait celle-ci au Tennessee. qui était en septembre 2019 et j'en ai fait une autre aussi la backyard, les derniers roms debout donc j'ai tenté de passer par la voie qualificative ça n'a pas marqué ensuite vu que je suis passionné de Barclay j'ai fait d'autres événements similaires à la Barclay où je pouvais vivre des émotions similaires comme la Chartreuse Terminorum en France qui est un format Barclay de 5 boucles où j'ai participé 2 fois et j'ai échoué 2 fois donc vu que j'ai échoué 2 fois c'était 2 aventures exceptionnelles 2 fois où j'ai beaucoup appris à chaque fois Et la Baldi Marathon en Californie, que j'ai finie en 2019. Un format Barclay aussi, 260 km et 15 000 m de dénivelé. Où j'avais partagé la première édition avec Guillaume, six mois avant, Guillaume Calmet, un copain qui a fait cinq fois la Barclay. Et ensuite, j'avais réussi à la terminer. Donc pour moi, être sélectionné à la Barclay, c'est faire partie de la communauté, être passionné, tenter de passer par les voies qualificatives, se qualifier éventuellement. J'ai un copain, Maxime, qui s'est qualifié grâce à ça. Et sinon, juste continuer, passer des heures en montagne, continuer à faire partie de la communauté, même si on n'est pas sélectionné à la course. Et moi, ça l'a fait vraiment par hasard. À la fin, quand j'ai été pris en 2023, je ne pensais même pas être pris. Donc, il a pris, je pense, par un cumul de toutes ces choses-là. Il a vu que j'étais vraiment quelqu'un de passionné par cet événement.
- Speaker #0
Alors, cette course, elle est très difficile. Elle se passe dans un milieu hostile. Est-ce que tu as réussi quand même à prendre du plaisir dans ce parc qui est quand même le Frozen Head States Park, qui est un parc où il fait froid, il fait humide, il n'y a pas de sentier forcément balisé.
- Speaker #1
Ça dépend de quel parc on parle. Si on parle de celle de cette année en 2024 ou 2023, ce n'était pas les mêmes.
- Speaker #0
On en parlera de celle de 2024, mais on va parler de celle de 2023.
- Speaker #1
Celle de 2023, elle s'est très bien passée. J'ai vraiment pris du plaisir tout le long. On avait une météo assez idéale. Idéale, ça veut dire qu'il n'a pas plu et qu'il n'y a pas eu de brouillard. parce qu'on s'est quand même tapé des températures à moins de 10 degrés la nuit, donc il faisait quand même très froid. Mais en se couvrant, ça allait. Après la journée, on avait un soleil très agréable. Donc non, en 2023, j'ai vraiment profité de ma course. C'est vraiment des efforts qui nous plaisent. Le dénivelé, c'est des grosses pentes et le hors-sentier. Ça veut dire qu'on doit réduire l'allure, on ne va pas très vite. Et moi, ça, c'est des efforts qui me plaisent énormément. J'adore aller en montagne, sur du hors-sentier, sur des terrains pantelus. Je marche. et c'est des efforts qui me parlent le plus donc sur ça j'ai kiffé j'ai adoré trouver les bouquins c'est trop drôle parce que c'est comme si on était à Apac en train de chercher des œufs de Pâques dans la forêt en fait donc c'est exactement pareil donc on est tous avec les copains on se dit bah vas-y ils parlent d'un gros rocher à côté d'un arbre penché vers le sud et bah on cherche et après au bout de quelques temps on trouve du coup on est content c'est des petits jeux quoi et après forcément il y a le défi sportif le fait de de ne pas savoir dans quoi on s'embarque, et le fait de découvrir aussi qu'à la fin, j'ai réussi à terminer malgré tous les moments de doute que j'avais pendant la course et avant la course. Et ça, c'est des émotions incroyables. C'était mon rêve de vie, moi, en tant que coureur d'ultra. Donc, clairement, cette course, pour moi, s'est passée d'une façon exceptionnelle. Je n'ai eu aucun moment de douleur à en souvenir. En tout cas, forcément, oui, c'était compliqué. C'était épuisant. J'ai eu des moments de doute. Mais j'en retiens vraiment que... peu du plaisir, que de l'émotion positive pure et que vraiment, c'était la course de ma vie. C'était vraiment une course où tout s'est aligné, j'ai eu tous les facteurs de mon côté et je ne suis pas sûr d'en faire beaucoup des courses comme ça.
- Speaker #0
Alors tu termines cette course en 2023 en 58h23 minutes et 12 secondes. Tu réalises l'exploit de finir premier, tu fais les 5 boucles, donc 160 km et 18 000 m de dénivelé à faire en moins de 60 heures. Et donc là, est-ce que tu réalises quand tu tu passes la barrière là, l'exploit en normes que tu viens de faire en tant que premier français finisher de la Barclay, sachant que depuis plus de 20 ans, il n'y en a pas beaucoup des finishers. Est-ce que tu réalises tout de suite l'exploit ou pas ?
- Speaker #1
Oui et non. Après, il faut mettre de la mesure quand même parce que premier à la Barclay, pour moi, ça n'a pas de sens. C'est vraiment être finisher. On était trois finishers cette année-là. C'était moi, John Kelly et Karel Sabé, le belge. Oui, j'étais le plus rapide des trois, mais... Mais ça, pour moi, ça n'a pas de sens. Ça n'a pas vraiment de valeur. On était tous les trois finisseurs. Le premier Français, pour moi, c'est pareil. C'est quelque chose avec lequel j'ai du mal, en fait. Parce que j'aurais tout autant aimé être le second Français, même si il n'y en a pas eu encore à l'heure actuelle. Mais j'aurais aimé que Guillaume Calmet, mon pote, finisse avant moi. Parce que du coup, il m'a beaucoup transmis sur ma barquette. Et il peut finir. Il mérite de finir. Donc, le premier Français, ce n'est pas quelque chose dont je suis fier. Donc quelque chose qui a de la valeur aussi parce que c'était vraiment une aventure partagée. Guillaume m'a beaucoup transmis et toutes ses participations m'ont beaucoup aidé. Et j'espère l'aider à lui aussi à trouver son finish. Après, d'un point de vue personnel, c'est sûr que j'étais conscient direct, une fois que j'ai fini, que c'était un accomplissement majeur pour moi. Parce que c'est quelque chose que je pensais impossible, ou presque en tout cas. Pas vraiment impossible parce que je pensais en être quand même un peu capable. Sinon, je ne me serais pas préparé pour. Mais du coup, quand tout s'aligne et quand je finis de cette façon-là, en remontant aussi malgré tout avec John, à être dans les temps de John, et comme tu l'as dit, plus rapide que John. John, pour moi, c'était un exemple. C'est quelqu'un pour qui je ne pourrais pas me comparer. Il a fini trois fois à la Barclay maintenant. Donc, faire la même course que lui, c'était quand même très satisfaisant. Je ne sais pas comment dire. Mais oui, c'est sûr que quand j'ai vu à l'arrivée que j'étais devant lui, Pour moi, ça n'a pas de valeur, mais je me suis dit, waouh, c'est quand même improbable. Donc oui, je me suis rendu compte de la course que j'avais faite. Après, on donne des valeurs, des fois, à certaines choses que moi, je ne donnerais pas forcément de valeur, comme tu disais, le fait d'être premier, le fait d'être le premier français. Tout ça, ce n'était pas vraiment important pour moi. Donc si c'est important pour certaines personnes, c'est top et ça me fait plaisir. Mais ce n'était pas le but.
- Speaker #0
Alors tu parles de Guillaume Calmette, qui est ton pote que j'avais reçu dans un épisode, l'épisode numéro 8 de Trail Story, où il nous avait parlé de sa course. Il l'a fait plusieurs fois, je crois qu'il l'a fait au moins 4-5 fois. 5 fois maintenant. Donc il s'accroche et on lui souhaite de finir. Après, dans ce que tu dis, il y a quand même quelque chose que tu veuilles ou non, c'est que tu passes de Aurélien Sanchez, trailer classique, à extrêmement médiatisé en peu de temps. comment ça se passe dans sa tête le tourbillon médiatique tu finis la Barclay, tout le monde le sait l'équipe en parle, tous les médias en parlent et après tu dois être submergé de demandes, d'interviews comment t'as géré ça ?
- Speaker #1
c'était très particulier, j'ai trouvé ça trop bien c'était enfin mon moment de retransmettre moi je suis quelqu'un qui s'inspire beaucoup des gens qui s'inspire beaucoup des athlètes j'écoute pas mal de podcasts, je lis beaucoup de rapports de course Merci. Et là, c'était mon tour de rétribuer, entre guillemets, de repartager mon projet de vie. C'était six ans de vie, de projet sportif. Donc, j'ai trouvé ça trop cool de raconter mon histoire et de partager à ceux qui étaient intéressés. Donc ça, c'était vraiment à court terme la sensation que j'avais. Après, c'est vrai qu'au bout d'un mois, ça devenait un peu compliqué parce que moi, je n'ai pas prétention ni valeur à... quitter mon travail. Il y en a qui croient que j'ai arrêté de travailler depuis la Barclay, mais pas du tout. J'ai un quotidien comme tout le monde. Et du coup, c'est vrai que faire du média avec la vie normale, avec le travail et le temps avec mes proches, c'était assez compliqué au bout d'un moment. J'avais l'impression de raconter les mêmes choses et les mêmes histoires. Ça devenait une histoire que je racontais un peu une légende plutôt que quelque chose que j'avais fait à force de raconter les mêmes trucs. Donc ça me faisait bizarre. J'avais l'impression d'être en mode automatique haut-parleur. À un moment donné, j'ai pris moins de plaisir à faire du médian. Et ensuite, il y a quelque chose qui m'a fait prendre du recul. Quand j'avais fait la traversée du GR10 des Pyrénées, ou quand j'avais fini le John Muir Trail aux Etats-Unis, le John Muir Trail c'était en 2018 et le GR20 c'était en 2020, c'était pour moi des exploits personnels majeurs, c'était vraiment des choses dont j'étais hyper fier, mais d'une façon vraiment intense. Et pas grand monde en a parlé autour de moi, il y a eu quelques articles de journaux, mes proches m'ont félicité, mais ça n'a pas pris l'ampleur de la barquée, alors que pour moi je le mettrais presque au final sur le même pied d'égalité. Donc, je me dis qu'en fait, de nos jours, les médias, les gens, on le voit avec les influenceurs, on le voit avec beaucoup de personnes. Des fois, on donne de la valeur aux choses ou de la visibilité aux choses. Pardon, on donne de la visibilité aux choses qui n'ont pas forcément une valeur particulière. Je ne sais pas si c'est ce que je veux dire. Il y a des gens qui sont visibles des fois, comme sur les réseaux. Moi, je me dis à chaque fois, mais putain, c'est dommage. Celui-là, il est visible parce qu'il fait beaucoup de contenu, alors qu'en fait, il ne vaut rien du tout. Donc, Le fait que la Barclay m'ait mis en lumière, que ça m'ait donné de la visibilité, je n'en ai pas pensé moins. Je me suis dit, oui, c'est top. Mais je ne me suis pas dit, tu es trop fort, ça y est, c'est incroyable. J'avais fait d'autres choses dans le passé qui m'avaient aussi fait vibrer. Et je me suis dit, c'est comme une autre aventure. C'est vrai que celle-là, elle parle à plus de gens. Donc, c'est top. Je vais l'utiliser pour partager mon expérience, partager mon projet de vie dans la mesure du raisonnable. Après... Je savais très bien que j'allais retrouver ma vie normale après ce mois intense. Et c'était le cas. J'ai retrouvé ma vie normale. Je savais que ça allait être aussi assez éphémère. Donc, c'était le cas. J'ai retrouvé ma vie. Et c'est pour ça que je l'ai vécu assez bien. Je savais que j'allais profiter de ce moment assez particulier et revenir aux choses normales très rapidement.
- Speaker #0
En tout cas, on sent une bonne prise de recul sur tout ce que tu as vécu. Et ça, c'est vraiment top. Tu as gardé beaucoup d'humilité, même si ça reste un exploit. qui est exceptionnelle. Alors en 2024, tu as retenté de faire la Barclay. Cette fois-ci, ça ne s'est pas passé comme tu voulais. Est-ce que pour toi, c'était quelque chose de prévu d'y retourner ou c'est juste que tu voulais confirmer ? Pourquoi tu as voulu y retourner ?
- Speaker #1
Oui, je voulais y retourner parce que je suis passionné par la course, par la communauté. La Barclay, tous les ans, elle évolue. Quand on finit, le parcours change un petit peu. Il y a des nouvelles choses qui sont rajoutées. Il y a cette curiosité qui m'a attiré. Et puis, oui, voilà, le défi sportif. Est-ce que je peux le faire une nouvelle fois ? Qu'est-ce que vont faire les copains ? Qui va finir ? Être spectateur aussi de la course, de savoir comment ça va se passer pour les autres. Faire partie de la communauté, vivre des émotions pour moi. Donc, pour toutes ces raisons, pour me remettre au défi, revivre des émotions et partager ça avec les copains, la communauté. C'est pour ça que j'ai voulu y retourner. Donc clairement, ça ne s'est pas passé comme je l'aurais espéré, mais ça s'est passé exactement comme ça a dû se passer. Et c'était une aventure exceptionnelle aussi, mais différente.
- Speaker #0
Quand tu dis que ça s'est passé exactement comme ça a dû se passer, c'est que tu as galéré à trouver l'orientation ? Comment ça se fait ? Qu'est-ce qui a été le grain de sable si tu n'as pas permis de faire tes cinq boucles ?
- Speaker #1
Non, l'orientation, ça s'est bien passé, justement. J'étais content. J'avais bien mémorisé le parc de l'année avant. Donc ça, c'était top. On a bien bossé la première boucle avec un groupe de 15 ans où on a trouvé les nouveaux bouquins. Et ensuite, j'avais enregistré ça assez bien. Par contre, ce qui ne s'est pas bien passé, c'est que cette fois-ci, je me suis vite rendu compte que je n'y allais pas pour les mêmes raisons que l'an dernier. Forcément, l'an dernier, j'étais en mode découverte. Là, ce n'était plus le cas. Allez ! beaucoup pour les copains, j'ai cru comprendre au fur et à mesure de la course. Et quand j'ai compris qu'il fallait que je fasse ma course et que je rentre dans le mal, que j'éteigne le cerveau et que je n'écoute plus trop mes douleurs, je me suis dit pourquoi je fais ça, pourquoi je suis revenu ici. Alors qu'en fait, j'avais à peu près les réponses à mes questions d'un point de vue sportif et il y avait trop de choses extérieures qui me rappelaient. je me suis dit mais Si tu t'arrêtes là, tu vas aller au barbecue, au camp, avec les assistants, les copains. Pourquoi ne tirer pas là-bas plutôt que de te faire chier à 40 heures en forêt en plus, alors que tu l'as fait l'an dernier ? Donc, je commençais à me poser ces questions-là pendant que mes chevilles, mes genoux, mes coudes me faisaient de plus en plus mal. J'étais à l'écoute de ces douleurs, à l'écoute de l'appel du barbecue. Donc, je me suis dit, en fait, cette année, tu ne le fais pas pour toi. Tu le fais pour la communauté, pour les copains. Et tu sais, si tu abandonnes, là, je me disais, si tu abandonnes, tu vas passer 40 heures au camp à discuter avec l'AZ, à discuter avec Carl, la communauté, ceux qui sont sur le camp, et encourager les autres qui seront en course. Parce que moi, quand j'étais en course l'an dernier, pendant 60 heures, j'étais en course, du coup. Et quand ça s'est terminé, une heure, deux heures, on a partagé. puis on est allé au lit, et puis c'était fini. Et puis le lendemain, il n'y avait plus personne presque. Donc je n'ai pas autant partagé l'an dernier quand j'ai fini ma course que cette année, lorsque j'ai abandonné. Du coup, c'était trop bien parce que j'ai vécu la vie du camp. Les discussions, les blagues, les paris sur qui va finir, les encouragements, les transitions où on était là pour les coureurs. Donc c'était trop bien. Donc oui, mon objectif personnel, il n'a pas été accompli. Mais est-ce que c'est ça le plus important au final ? parce que du coup j'aurais pu ne pas postuler j'aurais pu dire ah non je suis pas sûr de finir une seconde fois n'y va pas tu vas prendre la honte par tout le monde mais je m'en fous au final parce que l'objectif personnel des fois n'est pas le plus important et là du coup j'ai vécu une expérience vraiment à part sur le camp et c'est ça qui m'a fait mettre le clignotant assez rapidement
- Speaker #0
Alors est-ce que tu peux nous parler un petit peu justement de cette ambiance sur le camp, comment ça se passe parce que cette année, enfin en 2024 il y a quand même eu la victoire de L'anglaise qui a terminé cette course, quelle était l'ambiance sur ce camp et comment ça se passe un peu entre vous ? Quand les coureurs arrêtent, ils restent tous sur le camp à attendre les autres, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Pour la plupart, il y en a certains qui rentrent, mais la plupart, ils restent. Le camp, ce n'est pas grand. On est 40 coureurs à la course. Chaque coureur est autorisé à avoir un seul assistant. Donc, ça fait 40 personnes sur le camp qui restent, les 40 assistants. Puis, quelques médias autorisés qui sont très peu. et l'organisation qui est composée d'une douzaine de personnes. Donc voilà, on a une soixantaine de personnes sur le camp non-stop, donc c'est à très petite échelle. Et en fait, c'est comme si c'était une petite famille.
- Speaker #0
Ou du coup, pendant 12 heures, parce que les boucles de la barquette sont super longues, on ne voit pas les coureurs arriver pendant longtemps. Et du coup, on a beaucoup le temps de discuter, de partager les infos, de discuter comment il s'est senti, de quoi il a eu besoin, de quoi il aura besoin pour la prochaine transition, le coureur d'un certain assistant, par exemple. Donc, on discute pas mal de ça. Et quand les coureurs arrivent, forcément, les assistants sont là pour prendre soin d'eux. Et voilà, donc c'est très bon enfant, c'est très simple, c'est une communauté très authentique. Et c'est ça qui me plaît parce que ce n'est pas superficiel.
- Speaker #1
Ce n'est pas l'arrivée de l'UTMB, vous êtes 40 et…
- Speaker #0
Non, exactement, donc l'arrivée de l'UTMB, elle est top, ça doit être la folie aussi, je n'ai jamais vécu. Mais la Barclay, c'est l'inverse et c'est tout aussi beau, c'est différent. Je ne pourrais pas dire que l'UTMB c'est nul parce que la Barclay, on est peu et c'est top. C'est juste différent en fait. Et l'arrivée de Jasmine, par contre, là c'était… C'était incroyable parce que par rapport à ce que je te disais, je vais être honnête, quand elle est partie sur la cinquième boucle après la transition de la quatrième, je n'ai donné aucune chance. On parlait au camp, on était là, on calculait le temps qui lui restait, la forme qu'elle avait. On ne la voyait pas finir. Moi, je l'ai dit, mais moi, je la vois arriver 30 minutes, trois quarts d'heure après la barrière horaire, après 60 heures. Et quand on la voit arriver à deux minutes de la barrière horaire, un printemps, Et on vient... à 1 minute 39 en dessous des 60 heures. C'était incroyable, c'était une explosion de joie pour tout le monde. C'était un moment historique. Je dirais que la Barclay est toujours le sport en général. Parce que c'est la première femme à finir la Barclay. Donc pour moi, en tout cas, ça me parle énormément. C'était un des moments de sport que je garderai à jamais gravé dans ma tête. Parce que c'était improbable, et vu que ça court. Parce qu'elle était solide, incroyable, et parce que c'était énorme à la fin. Tout le monde était en cri, c'était la police. On était 100 personnes à l'arrivée de Jasmine, mais je pense qu'on a crié autant qu'il y avait 1000 personnes à l'UTMB.
- Speaker #1
Ouais, on peut rappeler quand même que Jasmine Paris, elle termine à 1 minute 39, du temps de la barrière horaire, et elle se met à la fin, on la voit arriver vers la barrière, c'est incroyable, c'est pas la vie. Donc j'imagine, sur le camp, il y a quand même des bons petits moments entre trailers.
- Speaker #0
Oui, avec le tour du barbuck, je me rappelle, on s'est posé 2-3 heures autour du feu, alors que c'était 3 heures du matin. On était là, on était réveillés, on discutait, on se faisait cuire du poulet, on était contents. C'était à celui qui faisait la meilleure blague, à celui qui allait avoir le bon pronostic pour le prochain coureur qui allait arriver. Donc c'était des moments simples, mais très bien.
- Speaker #1
On sent presque que tu as plus profité de la 2024 que de la 2023.
- Speaker #0
En vrai, c'était top. La vie au camp était top. Par contre, d'un point de vue personnel, pour le défi, non. En 2023, j'ai vécu la course de ma vie. C'était l'édition qui ne me restera jamais gravée. Mais 2024, le moment de partage. C'était beaucoup plus de partage cette année qu'en 2023 où je l'ai fait pour moi.
- Speaker #1
En tout cas, on sent ton attachement au trail américain qui est quand même... un peu plus intimiste que le trail européen, pour avoir fait quelques tours de ce côté-là aussi. Alors, tu as fait également le John Muir Trail, qui est un trail qui est quand même assez connu aux États-Unis. Je crois que tu avais même le record, il me semble.
- Speaker #0
Oui, oui. Alors, le record global, c'est François Daen qui l'avait. Je l'ai fait. Mais moi, je l'ai fait dans un style différent, c'est-à-dire sans assistance, c'est-à-dire où je devais porter tout le matériel sur moi du début jusqu'à la fin. sans refuge, sans rien, ne rien prendre. Donc je l'ai fait dans ce style-là. Et en effet, en 2018, j'ai réussi à avoir le record. Et en fait, j'avais fait ça parce que je me suis dit qu'en ayant le record, avant c'était Brett Mahoney qui l'avait, un double finisseur de la Barclay. C'est comme ça qu'il avait été pris à la Barclay. Et je me suis dit qu'en prenant le record, je serais moi aussi qualifié et sélectionné à la Barclay. Donc oui, en effet, j'avais fait le record. Je l'avais gardé pendant 4 ans, je crois. Jusqu'à ce qu'un Américain le reprenne en 2022, je crois.
- Speaker #1
Alors, tu peux juste, pour les auditeurs, reparler un peu où ça se passe, ce John Muir Trail, quelle est la distance et c'est dans quelle région des US ?
- Speaker #0
Le John Muir Trail, c'est 360 km dans la Sierra Nevada en Californie. Un massif entre Los Angeles et San Francisco. 14 000 m de dénivelé positif. Donc pas beaucoup dénivelé sur la distance, comparé à d'autres rations. Mais par contre, c'est un trail à haute altitude, où on passe au sommet du mont Whitney, qui est à 4 400 m. On est en moyenne entre 2 500 et 3 000 m. Donc c'est assez haute altitude. Et en fait, c'est un sentier vraiment incroyable. C'est un single, non-stop, où il n'y a aucun refuge. Il n'y a rien. Il y a une seule route sur les 360 kilomètres. Mais sinon, c'est tout. On est vraiment en nature. C'est super sauvage, sauf ce single qu'on emprunte et qu'on prend pendant un peu plus de trois jours. Moins de trois jours pour une seule personne au monde qui s'appelle Françoise Daen. Et sinon, pour tout le reste, c'est un peu plus de trois jours. Donc, c'est un sentier minéral avec beaucoup de lacs. Très sauvage. Pour moi, c'est un de mes meilleurs souvenirs de randonnée. J'ai envie d'y retourner pour le refaire à nouveau sur un peu plus de temps plutôt que trois jours et profiter sur une dizaine de jours, par exemple.
- Speaker #1
En tout cas, pour les auditeurs, rappelez-vous l'épisode avec Antoine Clément qui lui aussi chasse sa qualification pour la Barclay et qui nous parlait de ce John Myrtrell qui aussi fait partie d'une étape du Trail Pacifique. Quest Pacific Trail et donc Antoine est aussi à la quête de sa qualification sur la Barclay alors dernièrement toi Aurélien tu es rentré dans la team Athlète Tipron qui est une team d'athlètes un peu pro on va dire avec Blandine Hirondelle, Clémentine Geoffrette, Thomas Cardin comment ça se passe ton intégration dans cette team comment tu as été contacté et Comment ça s'est passé ?
- Speaker #0
C'est moi qui ai contacté Thierry. Je connais Blandine depuis un an. Ma copine Lucille a un ami en commun avec le copain de Blandine. On s'est rencontrés il y a un an via ça. Ensuite, en discutant, je savais qu'elle était chez Kiproin, du coup, je ne savais pas de dictes avant. Elle m'avait mis dans la tête, déjà il y a un an et demi, si un jour il y a une équipe garçon, tu devrais, pourquoi pas, contacter Thierry parce qu'il a des bonnes valeurs. L'équipe féminine, elle est top. Donc j'avais gardé ça en tête et il s'est trouvé qu'en fait ils ont fait une équipe masculine cette année, dans le début de l'année. Et moi pour la Swisspeak, je me suis dit que ça ne coûte rien de contacter ce fameux Thierry et voir s'il pourrait m'aider d'une façon ou d'une autre pour ma Swisspeak. Donc c'est ce que j'ai fait, j'ai contacté Thierry, je lui ai expliqué mon projet, cette course très longue où forcément j'avais besoin de soutien s'il pouvait. Et en fait, il s'est trouvé qu'au téléphone, on s'est bien entendu, on avait à peu près les mêmes valeurs, on voyait les choses de la même façon. C'est une personne simple, Thierry, assez authentique, franc-parler. Il sait dire les choses et moi, ça s'en plaît. Et voilà, donc il a décidé à posteriori, parce que l'équipe masculine était déjà faite, de m'intégrer dans l'équipe. Même s'il m'a dit, tu sais, c'est compliqué. Là, je ne suis pas censé embaucher d'autres Français, plutôt des internationaux. donc euh c'est Je me renseigne, mais ça s'est fait. Ça s'est fait en juin. Je suis très content de faire partie de leur équipe parce que c'est plein d'athlètes très inspirants. J'ai participé à un stage en milieu avec eux il y a deux semaines où j'ai rencontré la plupart. Ce qui m'a marqué, c'est que c'est vraiment des gens presque normaux. C'est des fusées tous. Sinon, ils m'ont beaucoup touché parce qu'ils sont très humbles. Ça, moi, ça m'inspire beaucoup. donc je suis vraiment ravi de faire partie de leur équipe et en plus au delà de tout, surtout c'est que Piprun fait du matériel de plus en plus performant c'était forcément le critère nécessaire et j'ai été surpris d'utiliser la plupart de leur matériel et ça je suis vraiment content de bénéficier de ce support
- Speaker #1
Alors toi les trailers sont toujours en projet je sais que tu as fini la Swisspeak 660 il n'y a pas longtemps mais est-ce que tu as déjà programmé Merci. ton année 2025 avec des défis que tu as envie de lancer ?
- Speaker #0
Pas vraiment, parce que là, je dois avouer qu'après la Swiss Peaks, j'ai eu besoin de couper et de revenir à l'essentiel, c'est-à-dire l'apéro, le temps avec les proches, le repos, les choses qui ne sont pas vraiment liées au sport. Donc, je n'ai rien besoin de couper avant de me projeter. Ma copine Lucille s'est levée vers elle. Au bout d'une semaine, elle avait la bougeotte, elle voulait se reprojeter sur d'autres choses déjà. Il dit, hop, hop, hop, moi c'est l'inverse là, j'ai d'abord envie de me poser, et ensuite on verra. On a encore trois mois avant de finir l'année, je vais les finir tranquillement, et je pense qu'en décembre, janvier, je vais me reprojeter pour l'année suivante, mais pour l'instant non, en vrai, je n'ai pas d'idée particulière. Tu n'as pas envie de retourner à la Barclay ? Si, j'y retournerai. Je repostulerai un jour, c'est sûr. Après, j'ai vécu la course de ma vie il y a deux ans. J'ai vécu un moment de partage cette année. Le fait de repostuler et d'être pris, ça coûte cher à chaque fois parce qu'il faut savoir qu'on prend la place à quelqu'un d'autre. La liste d'attente est assez longue. Comme tu l'as dit, il y en a certains qui veulent être sélectionnés et ils ne le sont pas. Je repostulerai, c'est sûr. Je ne sais pas si je repostulerai tous les ans. Le jour où je le ferai, je ne l'annoncerai pas. Même si je le savais ou si je ne le sais pas, je ne le dirai pas parce que j'ai envie aussi de respecter un peu l'esprit de la course, de ne pas trop communiquer par rapport à ça. Tout ça pour dire que oui, ça m'intéresse de repostuler. Mais par contre, c'est un choix qui est très difficile à prendre tout en sachant qu'il y en a plein qui veulent la faire et que si on est pris, on prend la place à quelqu'un d'autre. Je me poserai la question le moment venu pour voir si ça sera... pour l'année prochaine ou pas, je ne sais pas.
- Speaker #1
Bon, écoute, merci beaucoup Aurélien pour cet échange, ça a été super intéressant de t'entendre parler un peu de ton parcours sur les différents trails, donc la Swiss Peaks, la Barclay, le John Muir Trail et le GR10 aussi que tu as fait, donc c'est très inspirant et tu as gardé une simplicité et une passion pour ta DT Plim qui est vraiment géniale. Merci à toi et puis à bientôt !
- Speaker #0
Merci beaucoup Gaëtan, j'étais vraiment content de partager ça avec toi et continue comme ça les podcasts, c'est très inspirant. Donc merci pour ton accueil et à très vite j'espère aussi.
- Speaker #1
Merci. Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant terminé. Je vous remercie de votre écoute. La semaine prochaine dans Trail Story, j'aurai le plaisir d'accueillir Clément Chapelle qui a monté l'association Plogaton qui allie trail et écologie avec des trails durant lesquels on plante des arbres. Et nous terminons. en musique avec une chanson de The Verbe, Sonnette. Bonne aventure, Kyle.
- Speaker #2
À toutes et à tous. Yes, please love if you want it, don't sound like a sonnet, my lord. Yes, please love if you want it, don't sound like a sonnet, my lord, my lord. Why can't you see that nature has its way out ? Wanting to be eyes open wide Looking at the heavens with a tear in my eye This is love if you want it Don't sound like a sonnet Ma l'amour, yeah, this love if you want it, don't sound like no star, ma l'amour, ma l'amour, si tu m'as fait, je ne sais pas, mais je ne sais pas, ma l'amour.