- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitavelle, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous. Je ne sais pas trop ce qu'on va voir à la caméra, mais ça s'annonce incroyable le lever du jour.
- Speaker #1
Incroyable. sur le mont blanc vous pouvez pas savoir comme c'est beau on a des frissons, courmayer en bas, ça y est on arrive en haut de la dernière dernière dernière bosse de ces 450 km voilà je crois qu'on est parti à la bonne heure on a bien choisi notre créneau sur le sur le mont blanc dans du géant grande Ausha tous les quatre milles jusqu'à la Suisse on va même jusqu'au grand paradis là-bas là où on était il y a une cheminée quelle cheminée ?
- Speaker #0
Après, tu continues ta route après cette base de vie de graissonnette. Et là, tu rejoins la deuxième féminine, Sandrine, avec qui tu fais une partie de route. Et là, les filles sont aussi costaudes que les hommes, c'est ça, sur ce type de distance ?
- Speaker #2
Oui, même les femmes peuvent être meilleures que les hommes sur ce type de distance. On le voit, plus les distances s'allongent, plus les écarts se réduisent entre les femmes et les hommes. Après, j'ai vu Florence, qui finit première féminine, sur le refuge de Coda, qui est la moitié de la base de vie du Thor. Elle faisait route commune avec Jérémy, avec qui j'ai discuté en début de course. Et du coup, eux, ils repartaient quand nous, on arrivait. Ils se réveillaient de leur sieste quand nous, on partait à la sieste. Et du coup, on a échangé quelques mots. et après Sandrine, on l'a retrouvée dans le centre de la ville. quasiment un jour après, la nuit suivante. Et c'est vrai qu'elle était dans un focus ou plutôt compétition. Et donc, on a passé beaucoup plus de temps sur les ravitos qu'elle. Et elle nous a dépassés assez rapidement. Enfin, il y a probablement trois ravitos où on s'est croisés. Et en fait, à chaque fois, elle partait devant nous parce qu'elle s'arrêtait moins longtemps. voilà On l'a redoublé sur le parcours, mais vu qu'elle s'arrêtait beaucoup moins longtemps, elle repartait toujours devant jusqu'à ce qu'on s'arrête plusieurs heures pour dormir.
- Speaker #0
Et alors là, après cette étape, tu vas arriver avec Sandrine vers un hôtel 3 étoiles qui change de refuge. Et là, tu commences à avoir une douleur au tendon d'Achille. Et tu dis que tu opères un peu ta chaussure. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #2
Oui, en fait, depuis un petit peu avant la base de vie de graissonner, Je commençais à avoir un échauffement au niveau du tendon d'Achille à gauche. Et en fait, c'est clairement dû à un frottement mécanique sur la chaussure. Et c'est une chaussure avec laquelle j'avais l'habitude de courir parce que j'avais fait plus de la moitié du GR10 avec, donc plus de 500 kilomètres sur le GR10. Sauf que là, j'avais pris une nouvelle paire pour avoir une paire un peu plus récente sur le tord des glaciers. Et en fait, quand je l'avais reçu, il y avait... Il y avait un petit bout plastique qui dépassait sur l'arrière. Je l'avais un petit peu ignoré. Je me suis dit que ce n'était pas très grave. J'avais fait une sortie ou deux avant le tour. Finalement, ce petit bout en plastique, il s'avère que c'était la chaussure qui était un petit peu déformée à l'arrière et qui m'appuyait sur le tendon d'Achille. J'ai récupéré des ciseaux, des couteaux, un petit peu tout ce que j'ai trouvé pour couper la partie de la chaussure à l'arrière au niveau du tendon d'Achille pour limiter le frottement. Alors, des fois, la chaussure glissait un petit peu parce qu'il y avait un peu moins de maintien, mais après, ça ne me frottait plus. Donc, ça allait très bien comme ça.
- Speaker #0
Ok. Alors, tu arrives tant bien que mal avec ta douleur au tendon d'Achille à repartir. Là, tu es avec Elia. Elia, c'est quelqu'un que tu connais également sur la course, que tu as rencontré sur la course.
- Speaker #2
Oui, c'est depuis la base de Donaz, à moitié course.
- Speaker #0
On a fait toute la nuit avant.
- Speaker #2
Quand Nico nous avait rejoint avec Clément, il y avait aussi Elia. On ne discutait pas trop parce qu'on était trois Français. Lui, il était Italien, il ne parlait pas la même langue. Il était un petit peu à l'écart de nous, la barrière de la langue. Et puis, juste avant la base de vie de Donaz, quand Clément m'a dit qu'il allait arrêter, Je suis parti juste avant Elia dans la descente. Et sur la base de vie, moi, je m'apprêtais presque à repartir. Et lui, il venait à peine d'arriver. Il m'a dit, parce qu'il y avait un passage en crête assez technique aussi, il m'a demandé si je pouvais l'attendre pour repartir ensemble. Et du coup, j'en ai profité pour aller faire une sieste d'une heure. Et on est reparti ensemble et on ne s'est plus quitté jusqu'à l'arrivée.
- Speaker #0
Alors Elia, tu dis dans ton récit qu'au 395e kilomètre, 29 000 mètres de D+, vous en êtes à 136 heures de course, tu dis que vous avez 26 heures d'avance sur la barrière horaire, et là vous êtes dans un dilemme sur la fin de parcours, lui il veut aller plus vite, il veut aller arriver le plus vite possible, et toi tu lui dis, moi je veux profiter quand même, alors comment vous avez réglé ce dilemme ? Vous vous êtes séparés ou vous vous êtes mis d'accord, c'est ça ?
- Speaker #2
Non, on ne s'est pas séparés, après vu que moi je l'ai quand même attendu, sur les bases-vie, sur les ravitaux, à chaque fois, j'étais prêt avant. Sur le parcours, j'allais un peu plus vite que lui. C'est moi qui lui ai fait la trace tout le long. Lui, il avait juste à me suivre parce que la navigation, ça se fait avec la montre. Et globalement, je lui ai dit que j'étais un peu aidé à venir jusqu'ici sur le parcours. Et ce serait bien que maintenant, on aille un petit peu plus... qu'on aille dormir quelques heures pour profiter de... de la fin de course et donc à Hotel Italia à 30 km de l'arrivée on mange une bonne pizza avec une bière on va s'allonger alors qu'il faisait encore jour pour faire tourner la montre on va dire et sur le dernier refus le refus Strasati juste avant c'est le dernier col le col Malatra qui est emblématique du Tour des Géants j'ai quand même réussi à le convaincre à l'aide des bénévoles Merci. où du coup il leur a expliqué la situation en disant moi j'aimerais partir là ça nous est arrivé dans 4 heures il était à peu près à 22h je pense à 22h à minuit donc ça nous est arrivé à 2-3h du matin et moi je lui ai dit si on s'arrête là 6h on va faire un beau lever de soleil sur le Mont Blanc et du coup les bénévoles ils ont dit franchement t'as fait toute la course ce serait dommage de ne pas en profiter et les bénévoles m'ont aidé à le faire patienter mais c'est vrai que je pense que Merci. On a dû battre le record de temps d'arrêt pour un refuge à 1 km de l'arrivée, s'arrêter 6 heures. Je pense qu'il n'y a pas grand monde qui se permet de le faire.
- Speaker #3
Dernier refuge, dernier départ d'un refuge, direction Courmayeur. Donc on a fait une grosse pause cette nuit, je pense qu'on a s'arrêté 6 heures presque ici. Alors qu'on est à moins de 20 km de l'arrivée. Mais vu qu'on a la chance de... pas être trop serré niveau barrières et qu'on ne joue absolument rien au niveau du classement genre on va finir entre 20ème et 30ème donc ça on le fout un peu et on a pris le parti de dormir un peu beaucoup je pense qu'on a peut-être battu le record de ceux qui ont dormi le plus à Brassati pour essayer de voir le lever de soleil sur le Mont Blanc et d'arriver deux jours à Courmayeur plutôt que de pousser hier soir directement et d'arriver en pleine nuit à 3-4 heures du matin avec personne et sans voir aucun paysage. Donc nous voilà, vu que l'aventure se termine, autant la finir en beauté et ça devrait être un joli lever de soleil. Allez, on va aller voir ça.
- Speaker #1
Je ne sais pas trop ce qu'on va voir à la caméra, mais ça s'annonce incroyable le lever du jour. Incroyable. Vous ne pouvez pas savoir comme c'est beau, on a des frissons, incroyable incroyable Courmayeur en bas et il y a tout le mois qui monte. Ca y est on arrive en haut de la dernière dernière dernière bosse de ces 450 km Je crois qu'on est parti à la bonne heure. On a bien choisi notre créneau. Sur le Mont Blanc, dans du géant, Grande Ausha, tous les 4000 jusqu'à la Suisse. On voit même jusqu'au Grand Paradis là-bas. Là où on était il y a une semaine. Quel chemin parcouru ! Incroyable !
- Speaker #0
En tout cas, c'est ce que tu dis le vendredi 19 septembre, donc le dernier jour de course. Vous avez la chance de voir le jour se lever sur les Grandes Jorasses, la Dents du Géant et le Mont Blanc. Le spectacle a l'air d'être dingue à ce que tu décris. Là, vous filez vers l'arrivée. Qu'est-ce qui se passe, toi, dans ta tête à ce moment-là, quand tu as réalisé que tu vas boucler ce tord des glaciers, ces derniers efforts pour arriver à 8h40 à Courmayeur, après presque une semaine dehors ? Qu'est-ce qui se passe dans sa tête ce jour-là, vendredi 19 ?
- Speaker #2
Déjà, clairement, c'est vraiment le bon choix qu'on a fait. Et Elia m'a remercié après avoir passé la ligne. d'avoir patienté pour s'offrir ce dernier lever de soleil. Vraiment, c'était des couleurs, un ciel de feu, le Mont Blanc qui était rose avec les lumières levantes du jour. J'en ai encore les frissons quand j'en parle. Et sur le moment, ça m'a même mis la larme à l'œil vraiment de voir ce spectacle. Et après, juste après la larme à l'œil avec le spectacle, je reçois un message. de ma chérie qui me dit ça y est tu l'as fait et puis là je me suis écroulé en pleurant sur le bord du chemin et c'est Yac qui est venu me prendre dans ses bras pour m'aider à me relever pour aller passer la ligne mais c'est vrai que pour meilleur,
- Speaker #1
les derniers mètres on fait un petit convoi tordé-glotté il y a Sébastien qui est aussi avec nous c'est cool ciao Oui, nous sommes les premiers. Nous devons être traditionnels.
- Speaker #3
Ensemble ! Ensemble ! Nous sommes les amis. Nous sommes les amis du Canada. Nous sommes les amis du Canada. Nous sommes les amis du Canada. Nous sommes les amis du Canada. Nous sommes les amis du Canada. Nous sommes les amis du Canada.
- Speaker #2
Comme je disais au début, l'Ultra, c'est vraiment un condensé d'émotions. Et quand on fait vraiment des épreuves comme ça, aussi longues, c'est des émotions des fois qu'on peut vivre, qu'on vit dans toute sa vie, on les vit là en une semaine. Et c'est juste génial ces moments, et d'autant plus quand on les partage.
- Speaker #0
C'est marrant parce que tu as presque les mêmes mots qu'Aurélien Sanchez qui, quand il fait ses longues distances, décrit un peu les mêmes sensations de vivre à 100% et d'avoir des émotions décuplées. Un an qui se passe en une semaine, en fait. C'est ça.
- Speaker #2
Aurélien, d'ailleurs, je l'ai croisé à la base de vie de Donas. Lui, il était sur l'auteur des géants. Et on est arrivé en même temps. Lui, il était avec sa compagne, avec Lucille et moi, avec mon papa. Et on s'est mis tous les quatre autour de la table, les sudistes qui se retrouvaient.
- Speaker #0
Ouais, le même accent du sud-ouest. Toi, tu arrives après 156 heures 40 d'effort. 450 km, 32 000 mètres de dénivelé positif. Au global, tu auras passé 109 heures dans la nature, 48 heures plutôt à dormir, manger ou être dans les bases de vie. Finalement, qu'est-ce que tu gardes de cette expérience hors normes ? Ce n'est quand même pas tous les jours qu'on fait 450 km en courant. C'est quoi ce qui t'a marqué pendant cette expérience ?
- Speaker #2
Ce n'est pas tous les jours qu'on le fait, mais quand j'avais passé la ligne, déjà, je voulais y retourner l'année d'après, même si ce n'est pas forcément possible parce que c'est quand même un énorme investissement, que ce soit physique, mental ou financier. Mais vraiment, tous ces moments, en plus, il faut dire qu'on a eu un tour des géants plutôt agréable et assez facile au niveau des conditions parce que, mis à part la pluie et la neige du premier jour, On a eu des conditions météo anticycloniques, donc grand soleil, pas de nuages.
- Speaker #0
Tu as dit tord des géants, mais c'est tord des glaciers.
- Speaker #2
Oui, tord des glaciers, excuse-moi. Petit lapsus. Parce que tu as fait les deux. Oui, c'est ça. Mais non, grand soleil, toutes ces levées de jour, toutes ces couchers de soleil, à chaque fois, on a eu des chances de toujours le faire quand on était sur des cols ou des sommets. Donc... Ces moments-là, tu te dis, j'en ai chié la nuit, mais finalement, ça vaut toujours du monde, ces moments-là. Après, tous les moments partagés, que ce soit avec les coureurs, avec les bénévoles, sur les différents ravitaillements, parce que les ravitaillements, c'est dans les refuges, c'est dans les refuges de montagne. Donc, il y a des gens qui sont vraiment passionnés par la montagne. Donc, il y a toujours des petits mots qui sont échangés. J'en garde que du positif malgré cette douleur au tendon d'Achille qui a fait que je n'ai pas pu mettre de structure pendant 2-3 semaines après la course.
- Speaker #0
Après, tu étais en sandales toute la journée.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça, un tong.
- Speaker #0
Un tong. On n'en a pas trop parlé, mais finalement, sur ces 450 kilomètres, tu as fait le tour de la vallée d'Aost. Est-ce que toi, tu as des paysages qui t'ont marqué par leur beauté, des coins que tu as envie de nous partager là, où tu dis ça, c'est magnifique, j'y retournerai ?
- Speaker #2
Clairement, le dernier levé de soleil sur le Mont Blanc, Grande Ausha, avec euh On voyait le grand paradis au fond, tous les 4000 là qui entourent Courmayer. Ça, c'est clairement le moment qui reste le plus présent parce que c'est le dernier. Mais c'est vraiment quelque chose qui m'a marqué. Après, il y a tellement de coins qui sont sauvages que j'aimerais retourner partout. Il n'y a aucun endroit. où tu te dis, là c'est moche, il y a peut-être le moment où on est passé sur les pistes de ski au-dessus de l'Ebreu et Servina où c'est vraiment, tu es dans une station de ski. Il y a des télésièges, il n'y a pas de relief, c'est tout labouré par l'homme. Mais dès que tu lèves la tête, tu as vu sur le Servin, sur les montagnes alentours, même les moments où c'était un peu moins joli sous les pieds, ça restait hyper beau. Après, oui. Peut-être qu'il faudra que je la refasse et pas dans les mêmes temps pour que les périodes que j'ai faites de jour, je les fasse de nuit et vice-versa pour pouvoir voir le paysage à 100% sur ce parcours. C'est vraiment l'inconvénient de ce genre de course, c'est que tu fais la moitié du parcours, la moitié du temps se fait de nuit. Et même si j'essaye de limiter la nuit avec les moments de repos et de sommeil qui se font sur ce moment-là, il y a tellement de choses qu'on... qu'on rate, que ça donne envie d'y retourner pour voir ces moments-là aussi.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec toi parce que je me souviens d'avoir fait le cirque de Mafate de nuit pendant la diague et j'avais un peu les boules de le faire de nuit. J'aurais préféré le faire de jour pour voir la beauté.
- Speaker #2
C'est pareil, il faudrait y retourner.
- Speaker #0
Il faudrait y retourner. Juste une question, est-ce que vous croisez beaucoup d'animaux sur le parcours des animaux de montagne ? Est-ce que vous en avez croisé régulièrement ?
- Speaker #2
Oui, quand même beaucoup. Parce que vu que c'est des endroits qui sont très sauvages, il n'y a finalement que très peu de monde qui passe par là. Et du coup, des chamois, des bouctins, des fois c'était des troupeaux, on les voyait par dizaines au lever du jour. Des fois, on se surconnait. Ils devaient se dire, mais qu'est-ce qu'ils foutent là, ceux-là ? Et du coup, j'ai fait du... Merci. J'ai fait une petite vidéo aussi sur YouTube sur ce tord des glaciers. Et du coup, je l'ai regardé récemment. Et c'est vrai que par moments, je me dis, putain, mais le bouctin, je l'ai filmé, il était à 5 mètres de moi. Et ça, c'est des choses qui n'arrivent pas du tout dans les Pyrénées. Déjà, ce n'est pas tout à fait les mêmes animaux qu'il y a. Mais non, c'était des beaux moments aussi. Et tous les jours, je croisais soit des chamois, soit des bouctins.
- Speaker #0
J'ai vu également des belles photos de lacs, de montagnes. Vous avez pu vous baigner un peu quand vous étiez co ou vous traciez ?
- Speaker #2
Alors, on s'est pampé, on va dire, mais on ne s'est pas arrêté dans les lacs pour se baigner. Donc, c'était surtout dans les briseaux pour s'arroser la tête, s'arroser les jambes, éventuellement mettre un peu les pieds dans l'eau. Mais non, on n'a pas fait de pause baignade. Et puis les lacs doivent être très chauds quand même parce qu'ils sont quand même assez haut en altitude.
- Speaker #0
Oui, l'eau est froide souvent en altitude, ça descend des glaciers. Toi, finalement, sur ton périple d'une semaine, qu'est-ce que tu garderas comme ta plus belle émotion sur le parcours ? Le truc qui t'a vraiment le plus marqué, c'est quoi ta plus belle émotion ?
- Speaker #2
Il y en a énormément des émotions qu'on vit, on en a parlé un petit peu. mais Je vais peut-être me répéter, mais c'est le moment où j'avais ce lever de soleil sur le Mont-Blanc et qu'en plus de ça, il y a ma chérie qui m'écrit en me disant un gros bravo pour le chemin parcouru et que je m'écroule en larmes sur le chemin. Et là, tu as tout qui relâche. Et finalement, le passage de la ligne d'arrivée, souvent, on ne garde que celui-là. Mais pour moi, c'est tout ce qui a été vécu avant. parce que Sur la ligne, l'aventure se finit et c'est vraiment tout ce que tu as vécu pendant qui est beaucoup plus fort qu'une fois que c'est fini. J'ai vu que je n'ai pas eu de gros downs, de gros moments mous. Ça a été globalement assez facile à gérer. Je n'ai pas eu de grosses émotions qui ont pris le dessus pendant la course, mis à part peut-être une ou deux heures avant l'arrivée sur ce dernier lever de soleil.
- Speaker #0
Tu en as parlé un peu, mais ta famille, comment ils te voient comme un extraterrestre du trail ? Parce que quand on fait autant d'ultra-trails qu'on fait le tord des géants, le tord des glaciers, ils se disent qu'il est un peu barrio, Maxime ?
- Speaker #2
Oui, un petit peu, surtout ma mère. Parce que mon père, souvent, il me suit dans mes aventures. C'est lui qui m'a fait l'assistance sur le GR10. C'est lui qui était là encore en Italie. Donc lui, il me soutient totalement. Et presque, il attend que je trouve un nouveau défi pour qu'il puisse m'accompagner. Mais non, après, effectivement, c'est plutôt... Il est complètement barjot de faire ça. Même en voiture, c'est long. Alors, pourquoi le faire en courant ? Et puis, j'ai la chance d'avoir ma chérie qui me soutient totalement dans ce que je fais et qui m'offre la possibilité de m'échapper 10-15 jours comme ça pour pouvoir vivre des aventures.
- Speaker #0
C'est clair. Parce que toi, tu as des enfants, j'imagine.
- Speaker #2
J'ai un enfant qui a deux ans et demi.
- Speaker #0
Il faut aussi gérer la vie de famille qui va avec.
- Speaker #2
C'est clairement ça qui manquait sur le tour des glaciers. Je vais y arriver, je me mélange entre le tour des géants et le glacier. Le fait de ne pas avoir ma chérie et le petit, les prendre dans les bras à l'arrivée, c'est un petit peu ce qui m'a manqué. Partir en Italie depuis les Pyrénées, c'est quand même un long périple. Oui,
- Speaker #0
c'est clair.
- Speaker #2
Et puis, il y a le boulot aussi. On ne peut pas non plus se poser tout le temps.
- Speaker #0
En tout cas, tu boucles ce tord des glaciers. Derrière, est-ce qu'après ça, tu es dégoûté du trail ou tu as envie d'avoir d'autres projets de ce type ? Ou l'addiction continue ? Comment ça se passe ?
- Speaker #2
Comme je te l'ai dit, une fois que tu passes la ligne, tu te dis, j'y retourne quand ? Quand c'est que je le refais ? Qu'est-ce que je peux faire d'autre ? J'ai vraiment envie de retourner faire des épreuves de ce genre. Il y en a plusieurs qui me font de l'œil, mais comme je disais tout à l'heure, c'est un gros investissement physique, mental et financier. En plus, pendant le temps où on fait ces choses-là, je ne peux pas travailler en montagne à côté. Et du coup, c'est un équilibre à trouver. Donc, je ne me dis pas plus d'une grosse épreuve comme ça tous les deux ans.
- Speaker #0
Tous les deux ans, ok. Donc, tu n'as pas encore envie de nous dire quelles sont les courses qui te font de l'œil, c'est ça ?
- Speaker #2
Oh si, si, mais c'est déjà planifié.
- Speaker #0
Alors, ça se fait quoi ?
- Speaker #2
Un, deux, trois, sept, normalement, il y a la PTL que je vais faire avec deux copains. donc on partira à 3 donc pareil,
- Speaker #0
course de 300 km sans balisage avec un gros esprit montagne sur la semaine de l'UTMB petite trott du Léon pour les auditeurs qui est la course la plus longue de la semaine de l'UTMB et
- Speaker #2
du coup après j'aimerais bien retourner sur le tour des glaciers mais je pense que ça se fera peut-être en 2030 parce que j'ai un copain qui veut faire le tour des géants En 2030, on s'est dit pourquoi pas y aller. Et entre les deux, peut-être faire la Swisspix sur le format 700 km. 700,
- Speaker #0
ok. Swisspix 700. J'ai fait un épisode avec un ultra-trailer belge qui a fait cette course. C'est aussi un énorme défi, cette course. Mais là aussi, c'est des formats gigantesques. Donc, ce qu'on a bien compris en tout cas, En tout cas, dans ton épisode, c'est la progressivité. On ne se jette pas dans des courses de ces distances-là sans avoir une grosse expérience en ultra parce que là, ça ne pardonne pas. Toi, est-ce que tu as un petit mot de la fin pour les auditeurs qui voudraient aborder ce type de distance ou qui rêvent d'ultra ? Qu'est-ce que tu as envie de leur dire ? C'est quoi ton mot de la fin ?
- Speaker #2
Moi, c'est ce que je me suis dit un petit peu toute cette année quand je me suis... Quand je me suis lancé dans le projet GR10 notamment, et aussi le tour des glaciers, c'est en gros la seule limite que tu te mets, c'est la tienne. C'est celle que tu te fixes. Et tant que tu ne te mets pas de limite, tu peux aller très loin. Et c'est ce qui m'a permis de me lancer dans l'aventure du GR10 parce qu'on se dit, quand on sait qu'on est prêt pour 900 kilomètres, jamais, clairement, on n'est jamais prêt pour faire 900 kilomètres. Mais si tu te mets une limite en te disant, je ne suis pas prêt, je n'y vais pas, tu ne le feras jamais. Alors que si tu fais sauter ces barrières en te disant, peut-être que la limite, ce sera 900 kilomètres et je vais tenter ces 900 kilomètres. Et finalement, ça passe.
- Speaker #0
C'est ça, ne pas se fixer de limites. Ça fait plusieurs fois que je l'entends de ultra-trailers de longue, longue distance qui disent la seule limite, c'est toi-même. Donc, petite phrase méditative pour les auditeurs avant de nous citer. Merci beaucoup, Maxime, pour nous avoir raconté ton tort des glaciers 2025. Et je pense que dans quelques semaines, on se refera un épisode sur ton GR10 et les 900 kilomètres. parce que je pense que ça peut intéresser aussi les auditeurs de parcourir ce GR qui est juste magnifique. Et on se retrouvera dans quelques semaines pour en parler. Merci à toi, Maxime.
- Speaker #2
Non, merci à toi, Gaëtan. Puis peut-être en 2030 pour essayer de jouer la course sur le Tour des Glaciers cette fois-ci. Maintenant que je sais que je suis capable d'aller au bout, peut-être essayer d'y aller avec des ambitions.
- Speaker #0
Voilà, cet épisode de Trail Story est maintenant terminé. Je vous remercie de votre écoute. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à le liker sur votre plateforme de podcast, Apple Podcast, Spotify ou Deezer. N'hésitez pas également à nous laisser un commentaire, ça nous fait extrêmement plaisir. Nous terminons en musique avec une chanson choisie par Maxime Baudet, avec la chanson de Francis Cabrel, Encore et Encore. Voilà, bonne aventure, à toutes et à tous et à la semaine prochaine.