- Speaker #0
Bonjour à tous, ici Gaëtan Pitavelle, passionné de trail. Je vais vous partager des histoires de trail à travers ce podcast. Des histoires d'hommes, de femmes, des aventures, des émotions, mais aussi des histoires de courses mythiques. Bienvenue à tous.
- Speaker #1
Le col tout en haut. 3003. Et avec ces 3300 mètres, c'est le plus beau, le plus haut du tor des gens et du tor des glaciers. On dirait peut-être pas comme ça, mais c'est raide. J'ai 36% à la montre là justement. Et là ça pique.
- Speaker #0
Il y a un peu de neige.
- Speaker #1
Comme du lozot ! Ah ! Magnifique !
- Speaker #0
Bonjour à tous, bienvenue dans ce nouvel épisode de Trail Story. Aujourd'hui, je suis ravi d'accueillir Maxime Baudet qui vient de réaliser un immense défi trail. On va en parler juste après, je ne veux pas spoiler, mais en tout cas, vous allez voir, c'est du costaud. Ça va Maxime ?
- Speaker #2
Oui, ça va très bien et toi ?
- Speaker #0
Écoute, ça va super bien. Alors Maxime, avant de se lancer dans le sujet du jour, est-ce que tu peux te présenter rapidement pour les auditeurs, nous dire qui tu es ? De quelle région tu viens et depuis combien de temps tu es tombé dans la marmite du trail ?
- Speaker #2
Salut à tous et à toutes, je m'appelle Maxime Baudet, j'ai 34 ans, je viens des Hautes-Pyrénées. J'ai grandi globalement dans les Pyrénées, j'ai fait un peu tous les départements entre l'Ariège, la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées, où je suis basé maintenant. Je suis accompagnateur en montagne et salarié en temps partiel chez Decathlon. Ça fait une grosse dizaine d'années que je fais du trail, après un passé sportif plutôt basé sur les sports collectifs. Ça fait maintenant 6-7 ans que je fais de l'ultra.
- Speaker #0
Aujourd'hui, si tu es là dans ce podcast, on va parler d'un défi gigantesque que tu as réalisé au mois de septembre 2025. tu as réalisé le Thor des glaciers écoutez bien un défi de 450 km 32 000 mètres de dénivelé positif, le tour du Valais d'Aoste en Italie, un défi encore plus gros que le Tour des Géants et des passages plus d'une dizaine de cols à plus de 3 000 mètres. Alors la première question qui me vient à l'esprit quand on se lance dans un défi comme ça, pourquoi tu as eu envie de t'inscrire à un chantier pareil ?
- Speaker #2
Alors déjà ça ne vient pas comme ça sur un coup de tête. c'est en 2022 j'ai réalisé le Tordes Géants, qui est la condition pour pouvoir faire le Tordes Glaciers. Et deux jours avant le Tordes Géants, il y a le fameux Tordes Glaciers qui s'élance. Je suis allé voir tous ces coureurs au départ. Ça me paraissait fou à l'époque. Je me disais, ils sont complètement barjots ceux-là, dans quoi ils s'aventurent. Déjà, moi, je vais faire le Tordes Géants. C'est énorme, comme tu l'as dit. Et puis, finalement, dès l'arrivée du Tordes Géants, je n'en voulais plus. J'en voulais encore. Encore plus de montagnes, encore plus de kilomètres. Et finalement, le tordé glacier, j'y ai pensé dès l'arrivée du tordé viand.
- Speaker #0
Donc, pique-pouser à l'ultra distance et aux défis hors normes. Alors, tu en as parlé un peu. Préparer un défi de cette taille, ça se fait sur plusieurs mois, plusieurs années. Comment toi, tu t'y es préparé à monter sur ce type de distance ?
- Speaker #2
Ça s'est fait assez progressivement au fur et à mesure des années. j'ai commencé il y a une dizaine d'années par des formats 20, 30 kilomètres, pour monter en future du marathon, du 80 jusqu'au 160, il y a 5-6 ans maintenant, avec l'échappée belle, UTMB, GRP, des choses comme ça. Puis après, c'est surtout beaucoup de temps passé en montagne. La montagne, c'est une passion, c'est aussi mon métier. Et du coup, le fait de passer beaucoup d'heures en montagne, ça donne vraiment envie d'aller faire des nouveaux défis, des nouvelles aventures et de se challenger. On ne se sent que sur des défis aussi longs, c'est vraiment un condensé d'émotions. La préparation, effectivement, c'est plusieurs années de préparation pour en venir jusqu'ici, pour habituer le corps, habituer les articulations et aussi un mental d'acier.
- Speaker #0
Alors, tu l'as dit, toi, tu as fait quand même pas mal d'ultra-trails avant. Tu as fait le 160K du Val d'Aran en 2022, le 120K du Grand Trail des Pyrénées en 2022 aussi, le 80 km du Grand Trail des Pyrénées en 2023, l'UTMB en 2024, et puis tu as fait aussi le Thor des Géants. Ça, c'était en quelle année, le Thor des Géants ?
- Speaker #2
C'était en
- Speaker #0
2022. Après, c'est vrai que quand on est préparateur en montagne, ça t'arrive d'accompagner des stages de trail aussi dans tes clients ?
- Speaker #2
Oui, le métier d'accompagnateur en montagne, l'avantage, c'est que c'est un métier qui est très varié. Ça va de la randonnée familiale à la demi-journée jusqu'à des itinérances de plusieurs jours, qu'elles soient en randonnée ou en trail. Effectivement, c'est assez variable. On est dehors toute la journée. et moi dans l'idée c'est J'aimerais me spécialiser pour ne faire que du trail, mais bon, pour le moment, j'ai encore besoin de faire de la randomée.
- Speaker #0
On va parler maintenant de ce fameux Thor des glaciers 2025. C'est un défi qui s'est réalisé pour toi du vendredi 12 septembre au vendredi 19 septembre 2025. Toi, quand tu arrives à Courmayeur début septembre, comment tu es physiquement et mentalement après un défi pareil ? Est-ce que tu es serein ? Est-ce que tu es stressé ? Comment ça se passe dans ta tête quand tu arrives à Courmayeur ?
- Speaker #2
Déjà, je vais sur Courmayeur quelques jours avant la course parce que c'est vrai que la vie là-bas, c'était vraiment un coup de cœur sur le Tour des Géants. Donc, pour prendre un petit peu la température et profiter de ces moments avant la course. Après, mentalement, j'attends cette épreuve depuis le mois de janvier où on s'inscrit. Et donc, ça fait... Six mois que je suis impatient à faire cette épreuve d'ultra distance, c'est physiquement, on va dire, un peu moins frais, parce que j'ai quand même réalisé le GR10, donc la traversée des Pyrénées en courant, qui fait 900 kilomètres avec 50 mètres de dénivelé, au mois de juin, donc deux mois et demi avant le tour des glaciers. Donc physiquement, je ne suis pas récupéré à 100%. Mais l'essentiel, c'est de vivre une aventure et d'aller au bout. Je sais que ça devrait tenir si le mental est là.
- Speaker #0
On en parlera peut-être dans un prochain épisode, mais c'est vrai que faire le GR10 avant, c'est quand même costaud également. J'ai lu dans ton résumé de course que le 12 septembre, dans l'Assemblée au départ à Courmayeur, tu sentais les gens stressés, sereins, mais tu sentais qu'il y avait une ambiance assez tendue sur ce type d'épreuve. C'est quoi le mindset des coureurs qui arrivent sur cette distance ? Parce que vous n'êtes que 200, je crois, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça, on n'est que 200. C'est la première fois que la course fait le plein. Donc, ça fait depuis 5 ou 6 ans, je pense, que ça existe, le Tour des Glaciers. Et c'est vrai que c'est un petit monde, ces courses d'ultra-endurance. Et du coup, tous les coureurs entre nous, on sait dans quel chantier on s'engage. Donc, il y a beaucoup de... de solidarité, de regard encourageant les uns envers les autres. Mais c'est vrai qu'il y a aussi des personnes qui sont plus stressées que d'autres. On sent quand même qu'il y a de la tension. Il y en a qui vont chercher du réconfort auprès de leurs proches le long des barrières, sur la ligne. Il y a certains coureurs qui sont vraiment dans leur pensée, qui regardent un peu dans le vide. Alors moi aussi, forcément, j'avais peur un petit peu au départ. Je sais qu'avec le GR10, à la distance, je l'ai dans les jambes et que là, c'est vraiment une aventure que j'ai envie de vivre. Donc, je suis impatient de prendre le départ.
- Speaker #0
Et toi, au départ, tu es accompagné, il y a des gens de ta famille qui t'accompagnent ?
- Speaker #2
Oui, il y a mon papa qui a fait le déplacement avec moi, en sachant que sur le tord des glaciers, il n'y a que très peu de ravitaillements qui sont accessibles. Il n'y a que trois bases de vie et puis l'assistance n'est pas autorisée en dehors des bases de vie. donc la personne qui vient c'est plus un un pour encourager que vraiment une assistance.
- Speaker #0
Oui, donc on rappelle, c'est une distance de 450 km autour de la vallée d'Aost. Il y a une barrière horaire à 190 heures au total. Et puis surtout, il n'y a que trois bases de vie. Donc globalement, c'est une base de vie tous les 160 ou 170 km. C'est un peu pas ça. C'est vraiment beaucoup d'autonomie et pas de sentiers balisés dont vous vous débrouillez. J'ai juste une question sur le début de la course. Quand tu pars, j'ai vu que tu disais, je n'ai pas l'habitude de partir avec un sac de 6 kg sur le dos. Qu'est-ce que tu mets dedans, ces 6 kg, pour partir sur un défi comme ça ? Est-ce que vous avez des crampons ? C'est quoi l'équipement ?
- Speaker #2
Alors effectivement, comme tu l'as dit, la première base de vie, elle est après 160 km. Donc déjà, il faut être assez autonome en nourriture pour tenir jusqu'à son sac de base de vie. On pourra refaire le plein pour la section suivante. Et les ravitaillements sont globalement quand même assez espacés. Le premier vrai ravitaillement, il arrive après peut-être 45 kilomètres. Il y a deux ravitaillements avant, mais bon, c'est que de la soupe, donc il n'y a pas grand, grand chose. Et après, les sections, ça peut être des fois 30 kilomètres en montagne avec 3 000 mètres de dénivelé où on va mettre 7, 8, 10 heures pour certains. Sans ravitaillement, donc il faut vraiment qu'on soit autonome en nourriture sur nous. L'eau, ce n'est pas un problème parce qu'il y a de l'eau un petit peu partout là-bas. Et après, en plus de ça, effectivement, il y avait des conditions météo sur la deuxième nuit qui annonçait beaucoup de précipitations avec de la neige. Et donc, les crampons ont été rendus obligatoires, donc les crampons en traille. On avait aussi la... Niveau matériel obligatoire, finalement, c'est assez peu. Il y avait l'écran ponte, deux couvertures de survie, deux lampes frontales, le téléphone portable chargé, un appareil qui permet de lire les traces GPX parce qu'effectivement, il n'y a pas de balisage officiel de l'organisation. Et après, c'est des vêtements chauds. Au départ, j'avais une doudoune, une veste imperméable, un pantalon de pluie, un t-shirt à manches longues en laine Merinos.
- Speaker #0
ça ressemble un peu au kit grand froid qu'on retrouve sur les ultra standards la grosse différence c'est effectivement les réserves d'eau et de nourriture un peu plus importantes puisque entre chaque ravito il y a 40-50 bornes donc ça c'est...
- Speaker #2
il y a des batteries supplémentaires aussi parce que vu qu'on est autonome alors les frontales maintenant elles tiennent plusieurs nuits donc ça c'est pas trop le problème mais... pour recharger la montre, le téléphone, qui sont nos garants pour pouvoir suivre l'itinéraire. On est obligé d'avoir une batterie externe, donc tu rajoutes directement 300 grammes de plus. On a une balise de l'organisation qui fait facile 200 grammes qui est accrochée au sac. On a le sac en lui-même, moi j'avais un 20 litres, donc c'est un sac qui est plus lourd que les sacs 5 ou 10 litres qu'on peut retrouver habituellement. Donc effectivement, tout ça, ça pèse.
- Speaker #0
On revient au départ de la course. Donc, on est le 12 septembre, le vendredi 12 septembre. Il est 20h, tu es pour Mailleur et le départ va être donné. Qu'est-ce qui se passe dans ta tête au moment où ils vont lancer le départ de cette course gigantesque ?
- Speaker #2
Dans la tête, c'est la folie. Ça se mélange, les pensées, un passant d'y être, un peu comme on disait tout à l'heure. Un peu peur d'y aller, mais à la fois un passant de repartir. Il y a une souris qui est... J'ai rarement vu ça sur un départ parce que comme moi quand je faisais le Tour des Géants, il y a tous ceux qui vont faire le Tour des Géants qui viennent voir le départ. Et puis le Tour des Géants c'est une 500 mots de part, plus les familles. Donc il y a vraiment beaucoup de monde dans les rues de Pommayeur. Puis la vallée d'Aoste, elle vit pour le Tour pendant une semaine ou voire dix jours. Et donc il y a énormément de locaux aussi qui sont présents. Il y a un bruit qui est fou dans cette ville. Ça nous entraîne vraiment vers la montagne. Ça s'estompe très vite. Au bout de kilomètres, on rentre dans la montagne et il n'y a plus un bruit. Mais vraiment, sur le départ, on est vraiment entraîné par cette foule.
- Speaker #0
Le départ est donné. Toi, tu dis dans ton compte-rendu, le départ, tu le connais un peu parce que je crois que vous passez par le col de la Seigne et c'est le tracé de l'UTMB, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, c'est ça. On fait globalement, jusqu'au col de la Seigne, l'UTMB à l'envers. même si il y a une petite variante au départ pour espacer un peu les coureurs sur les premiers sentiers. Mais oui, c'est un sentier que je ne vois pas, que je n'ai pas vu à l'UTMB parce qu'il faisait nuit, que je n'ai pas vu ici parce qu'il faisait nuit. Les sentiers sont les mêmes, donc le profil, je sais à quoi m'attendre. Je sais que ce n'est pas très compliqué sur les premiers kilomètres.
- Speaker #0
Oui, ça va. Et donc la nuit s'engage et je crois que tout de suite, vous avez eu une météo capricieuse. Quand on prend la pluie, le froid, dès le début, c'est un peu dur ? Comment ça se passe mentalement ?
- Speaker #2
Globalement, la première nuit a été fraîche, mais il n'y avait pas de pluie. Les pluies, c'est arrivé vraiment dans l'après-midi, après une vingtaine d'heures de course. Mais non, la première nuit, ça s'est super bien passé. Sachant qu'au bout d'une vingtaine de bornes, je me suis retrouvé avec Julien Rie et Candide Gabion. qui venaient de faire la PTL, qui m'ont dit voilà c'est l'échauffement, petit décrassage après la PTL alors qu'ils partaient pour 450 km, bien ironiquement bien sûr parce qu'ils ont abandonné après malheureusement. Mais non je me suis retrouvé avec eux, ils m'ont montré le chemin sur les premiers cols parce qu'ils ont l'habitude de faire ce cours-là et c'est un peu pommatoire sur les premiers cols. Donc non, la première nuit, vraiment très, très positive.
- Speaker #0
Et donc après, tu pars vers le Grand Néron, qui est un col qui est assez technique pour rejoindre ta première base de vie. Toute cette portion-là, avec ce col qui est finalement technique, tu l'as approché de jour, de nuit. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #2
En fait, sur le rythme que j'étais au début, je l'aurais abordé de nuit. Et en fait, vu qu'il pleuvait la nuit, je me suis arrêté une première fois pendant deux heures dans un refuge. Alors, c'était trop tôt, donc je n'ai pas réussi à dormir. Ça y est, la nuit est passée. La bouche doit se lever. Et on est au refuge du Chabois avec un spestin.
- Speaker #1
La soupe, coca, omelette, viande blanche, fromage.
- Speaker #2
Là, il y a tout ce qu'il faut.
- Speaker #1
Je pense que c'est le premier refuge où il y a autant. C'est cool. Et du coup, je suis avec Clément. On fait la fin de nuit ensemble. Et on va aller jusqu'au Pôle Néron ensemble.
- Speaker #2
Allez, deuxième levée de jour. Sur le tord de glacier. Devant le grand paradis.
- Speaker #1
On monte vers le Néron. La météo du jour. On est le dimanche 14 septembre 2025. Il y a un petit nuage qui est accroché sur Grand Paradis, juste derrière. Les cinéastes, ça a l'air plutôt pas mal. Il y a des sacs à yaker. On a les gants, pantalons, vestes et compagnie. Et voilà, la nuit a été compliquée. J'ai fait deux dodo. Un à Savoia. donc a pas été très rentable j'ai beaucoup tourné et pas beaucoup dormi du coup j'ai redormi Victor Emmanuelet et là c'était vraiment un gros dodo une heure et demie non stop ça fait vraiment du bien du coup j'ai retrouvé Clément qui est avec moi et on a fait la fin de nuit ensemble et on va faire le début de journée ensemble aussi on verra où la suite nous mène
- Speaker #2
Mais au moins, ça m'a permis de ne pas trop avoir la pluie, vu que, comme j'étais dit au début, le but, c'était vraiment d'aller au bout et de vivre une aventure sans rechercher le chrono ou le classement, quitte à profiter un petit peu, autant le faire sans la pluie. Et du coup, je me retrouve au Grand Néron au lever du jour. Donc, l'approche du Grand Néron se fait au lever du jour et il fait bien jour quand je suis au col. en sachant que toute la neige qui a eu la nuit est présente au col. Donc c'est très glissant, c'est très rocailleux sur le haut, en plus d'avoir cette partie de via ferrata avec cette échelle et ces cordes à descendre.
- Speaker #0
Et là, quand tu dis on cramponne, là c'est des crampons un peu d'alpi ou c'est des crampons de trail plutôt que tu vas mettre sur tes chaussures classiques ?
- Speaker #2
Non, c'est des crampons de trail assez légers avec des petites pointes qui ne font même pas un centimètre. mais qui agrippe bien quand c'est glacé.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu passes ce col du Néron et puis après, tu files vers la première base de vie qui, je le rappelle, est à 160 km après 11 000 m de D+, 44 heures d'avancée. Et là, tu retrouves ton père. Comment tu arrives à cette première base de vie ? C'est quasi un ultra, en fait. Comment t'arrives là ? Avec ton père, comment tu le retrouves ? T'es dans quel état physiquement ?
- Speaker #2
Déjà, juste avant le Grand Néron, le ravito avant le Grand Néron, je m'étais retrouvé avec Clément, un autre Français qui faisait le parcours aussi. Et du coup, on s'est dit qu'on allait passer le passage du Grand Néron, qui est quand même assez technique. C'est le passage le plus technique du Thor. On allait le passer ensemble et finalement, le courant est passé. Donc, on a fait route commune jusqu'à cette base de vie de Cogne. Et du coup, Moi, j'étais dans un rythme assez tranquille par rapport à ce que je peux faire. Et donc, quand j'arrive à Cogne, effectivement, je retrouve mon papa, mais l'assistance n'est pas autorisée dans la base de vie, c'est une autre tente à l'extérieur. Donc, on prend le temps avec Clément de manger, on va se doucher. Vu qu'on n'était pas pris par le temps, on va même se faire masser par l'équiné. Et après, le temps que lui finisse avec l'équiné, de se faire traper, tout ça, moi, je vais voir mon père. On discute un petit peu de la course et il m'informe aussi de l'extérieur, de ce qui se passait avec les gens qui me suivaient, parce qu'on avait fait un groupe WhatsApp avec les proches et la famille, où du coup, j'envoyais des photos, mais je ne prenais pas le temps de lire forcément tous les messages, donc il me faisait un petit résumé de tout ça. C'était un petit moment d'échange qui faisait toujours du bien moral.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux décrire un peu pour les auditeurs une base de vie ? Vous retrouvez quoi comme nourriture ? Vous pouvez vous poser, dormir un peu ? Comment ça se passe ?
- Speaker #2
Alors à savoir que les bases de vie, c'est des bases de vie qui sont communes autour des glaciers et autour des géants. Donc là, quand j'arrive à Cogne, la première base de vie, il n'y a pas grand monde parce que les premiers coureurs du tour des géants ne sont pas encore arrivés. Du coup, tu récupères déjà ton sac de suivi. C'est un seul sac qui t'accompagne sur tout le parcours. Et après, il y a un grand buffet avec du choix de nourriture chaude, de nourriture froide. Il y a une carte. C'est un peu comme au resto. On peut prendre les classiques pâtes, mais on peut changer pour aller faire des salades de prudité. Il y a des œufs durs. Il y a de la salade piémontaise. Après, il y a de la charcuterie, du chocolat. Il y a vraiment beaucoup de choix. Et donc après, sur chaque base de vie, en route. On retrouve les médecins, les podologues, les kinés. Il y a des douches, il y a des lits pour dormir. C'est vraiment assez complet et c'est très bien rodé parce que vu que c'est des bases de vie qui accueillent le tordé géant, c'est des bases de vie qui sont vraiment immenses.
- Speaker #0
Alors les podologues, pour ceux qui ont fait de l'ultra, parfois vous savez que ça peut vous sauver la vie. Quand le pied est bien gompé ou qu'il y a des ampoules, ça peut aider. Tu repars, on est le lundi 15 septembre déjà, tu es avec Clément et Nicolas. Vous allez à peu près au même rythme et là tu dis qu'il commence à faire chaud dans certaines portions de la course.
- Speaker #2
Quand on descend sur Cogne, ce qui va changer énormément, c'est la différence qu'il y a entre l'école à 3200-3300 mètres et le fond de vallée parce que le fond de vallée fait facile 30 degrés. Alors qu'en haut, on a des températures négatives. Il y a de la neige au sol, c'est très changeant. Mais en fait, c'est cet écart-là de température qui est assez difficile à gérer. Mais même les nuits n'ont pas été très froides. Il y a eu du vent, mais ce n'était pas très froid. Et puis vu qu'on était à plusieurs... C'était sympa. Puis, on s'arrêtait pour s'arroser dans les ruisseaux dès qu'on pouvait. C'était vraiment… On gérait, quoi. Il faut vraiment prendre le temps sur des aventures comme ça, de se poser pour prendre cinq minutes pour aller s'arroser dans un ruisseau, se refroidir intégralement avant de repartir.
- Speaker #0
Finalement, en fait, sur ces distances-là, vous êtes souvent en groupe de deux, trois coureurs. Vous essayez d'aller au même rythme. Là, Clément et Nicolas, tu les connaissais avant de faire le tour des glaciers ou tu les as rencontrés sur la course ?
- Speaker #2
Alors non, je ne connaissais personne qui faisait la course. Après, Clément, on a fait une grosse centaine de kilomètres ensemble. Nicolas nous a rejoints juste après la base de Villéconne et on a fait toute la nuit ensemble jusqu'à deux ou trois ravitaux après. Après, lui, il est reparti tout seul. Et Clément, il a dû s'arrêter à la base de Lidonas parce qu'il avait des problèmes sur un releveur, une tendinite. Et après, du coup, moi, je suis reparti avec un autre coureur, un italien, jusqu'à l'arrivée. Mais ce n'est pas forcément qu'on a le même rythme. Moi, j'aurais pu aller plus vite sur les petits groupes. J'étais un peu toujours sur la réserve. Mais en fait, vu que j'étais venu pour vivre une aventure et autant partager l'aventure, c'est toujours mieux.
- Speaker #0
Alors là, entre lundi 15 et le mardi 16 septembre, tu arrives vers la deuxième base de vie de Gressonnet. Donc là, tu es à 291 km et 23 000 m de déplu, je crois. Ton père est encore là. Et là, quand tu le vois, tu es toujours lucide ou le manque de sommeil commence à peser après presque 300 km ?
- Speaker #2
Oui, alors Gressonnet, c'est la troisième base de vie parce qu'il y a la base de vie de Donas. entre les deux. Globalement, le sommeil, ça a été plutôt bien géré sur la course. Toujours pareil, quand on veut profiter de l'aventure, c'est vrai qu'on peut bien s'arrêter pour dormir. Et ce n'est pas rare que je m'arrêtais plusieurs fois dans la nuit pour dormir. Et sur le global de la course, je m'arrête quand même plus de 20 heures de sommeil. Alors, ça ne se passe pas beaucoup quand on regarde par rapport à la vie normale. Mais sur une course, ça fait plus de trois heures en moyenne par nuit, je pense. Donc, c'est quand même beaucoup par rapport à la moyenne des coureurs. Et sachant que je me suis toujours arrêté pour dormir la nuit. Après, mon papa, il a dû faire des nuits courtes aussi parce que pour changer de vallée à chaque fois, c'était sportif aussi. Mais non, toujours pareil, un bon réconfort mental à chaque fois de voir les proches.
- Speaker #0
Voilà, la première partie de cet épisode consacré au Thor des glaciers de Maxime Baudet est maintenant terminée. Je vous remercie de votre écoute. Dès demain, vous pourrez retrouver la suite de cet épisode sur votre plateforme d'écoute de podcast. Bonne aventure, Karel, à toutes et à tous et à demain.