Speaker #0Avoue, si tu es doula, si tu es kiné, si tu es sage-femme, si tu es ostéo, tu l'as pensé forcément, forcément à une personne en disant « Ok, en fait là, ça va au-delà de mes compétences. C'est sûr que c'est dans sa tête, c'est sûr que c'est une émotion, c'est sûr que c'est psychologique. » Enfin voilà, je ne sais pas comment tu te nommes ça toi dans ta tête, mais c'est sûr que tu te l'as dit. Non seulement ce n'est pas normal d'avoir mal pendant ses règles, mais ce n'est pas non plus normal de ne pas trouver de solution. Bienvenue dans Transgresser les règles, le premier podcast français entièrement dédié aux douleurs menstruelles qui va te permettre de sortir du flou et de ne plus te sentir seule face à tes douleurs. Et sur ce podcast, en solo, avec d'autres professionnels ou grâce à des témoignages de personnes concernées, je vais te parler des douleurs menstruelles. Tu vas mieux comprendre ce qui se passe dans ton corps, découvrir de nouvelles solutions et entendre que d'autres s'en ont sorti en trouvant leur propre chemin. Je suis Maud Renard, j'ai créé la méthode Ginémotion pour te permettre de diminuer tes douleurs gynécologiques et parce que la douleur n'est pas une fatalité individuelle mais une question collective, il est grand temps de transgresser les règles. Pourquoi est-ce que parfois on a la sensation d'avoir tout essayé et que en fait la douleur menstruelle continue à revenir, que la personne a toujours mal ? Aujourd'hui je vais parler de ça, de ce truc de pourquoi t'as tout essayé et pourquoi t'as encore mal. Mais je vais le mettre au niveau du prisme, je vais le mettre différemment, je vais mettre mes lunettes de professionnel qui parle à des professionnels. Parce qu'en fait, j'ai très souvent des personnes, des professionnels de santé ou de l'accompagnement qui m'expliquent ça et qui me disent je ne comprends pas. J'ai donné tous les bons conseils, j'ai proposé le bon protocole, j'ai donné absolument tout, enfin le planning, j'ai fait tous les exercices, j'ai proposé la mobilité, etc. Mais la personne, elle revient deux ou trois ou quatre mois après, elle me dit, oui, il y a une petite amélioration, mais j'ai toujours mal. Et donc, si tu as des douleurs mensuelles, tu peux rester, bien sûr, avec plaisir et tu vas mieux comprendre. Mais là, je vais plutôt m'adresser aux professionnels pour essayer de comprendre un petit peu ce qui se passe et pour essayer un peu de débloquer ce genre de situation. Parce que oui, effectivement, en réalité, souvent... la mécanique, on va dire, de la dimension physique, elle est réglée, elle est solutionnée. En tout cas, il y a des solutions, il y a des propositions qui sont faites. Et tu te dis, ça, ça va marcher. Ça, on peut essayer. Ah ouais, ok, d'accord, ça donne des pistes parfois quand ça ne marche pas. Mais quand c'est trop, c'est trop en fait. Quand toutes les pistes ont été solutionnées, ont été proposées, c'est très difficile en fait. Et c'est hyper frustrant pour toi qui accompagne. toi qui es professionnel de santé, d'avoir quelqu'un qui revient en disant « Non, je suis désolée, j'ai encore mal. » Je dis « je suis désolée » parce que c'est souvent ce qu'on entend. C'est des personnes qui s'excusent d'avoir encore mal alors que tu as déjà fait plein de choses. Et en tant que professionnel de l'accompagnement, il peut y avoir de la frustration, mais il peut y avoir clairement de l'impuissance. Tu te sens désarmé, tu te sens démuni, tu ne sais plus quoi faire, tu te sens complètement impuissante par rapport à ça. Et c'est là... qu'arrive souvent un petit mécanisme de dire ok, bon, alors là, si elle a tout essayé, si ça, ça ne fonctionne pas, si moi, je lui propose tout ça et que ça ne fonctionne pas, c'est peut-être que c'est ailleurs et c'est sans doute que c'est un peu dans la tête. Voilà, souvent, c'est un peu ce qui se passe, ce qui arrive. Alors, ce n'est pas dit forcément comme ça et j'espère que tu ne dis pas ça comme ça. Mais si tu dis ça comme ça, reste aussi parce que ça va t'intéresser encore plus. Non, alors effectivement, ce n'est pas complètement dans la tête, mais je peux comprendre. qu'il y ait des professionnels qui se disent bon bah alors là c'est du côté psychologique et moi j'y peux rien en fait je peux pas gérer ça je suis pas psychologue donc bon bah voilà je peux plus rien pour cette personne on va voir aujourd'hui qu'il manque quelque chose très souvent et que oui peut-être qu'il y a quelque chose de psychologique et c'est même sûr c'est la pièce manquante du puzzle mais qu'en tant que professionnel de santé et de l'accompagnement Tu peux faire des choses et tu n'es pas réduite à te dire, bon ben en fait, je lâche la personne et ce n'est pas grave. Ce qui fait, si je reviens sur la douleur clairement, en fait, toi en tant que professionnel, tu sais, je ne vais pas revenir là-dessus. Et puis si, pour les personnes qui m'écoutent et qui ne savent pas, je t'invite à aller écouter l'épisode 1 qui s'appelle « Ce qui te fait vraiment mal pendant tes règles » où là, je nomme que les douleurs de règles. Ça peut être quoi ? ça peut être des crampes utérines, ça peut être une inflammation utérine, ça peut être des lésions, ça peut être des adhérences, ça peut être des troubles vasculaires, ça peut être des douleurs nerveuses, ça peut être des passages de caillots. Tout ça, lié ou non à un déséquilibre hormonal, ça peut être un check hormonal à vérifier, etc. Ça, tu le sais. Si t'es gynécologue, si t'es sage-femme, en fait, oui, la douleur, tu vas proposer quoi ? Tu vas proposer, tu vas ajuster un traitement hormonal. Peut-être que tu vas proposer des anti-inflammatoires, tu vas peut-être explorer des diagnostics, d'aller voir la piste de l'endométriose, si les symptômes persistent, etc. Ça, c'est ton job. Si tu es kiné, si tu es ostéo, tu vas aller travailler sur la mobilité pelvienne, sur le relâchement, sur des tensions au niveau du bas-ventre, sur le diaphragme, sur le plancher pelvien, etc. Si tu es naturopathe, tu vas ajuster l'alimentation, peut-être proposer une alimentation anti-inflammatoire, proposer des plantes, proposer des compléments ciblés. Bref, chacun et chacune a ses outils, chacun et chacune a son champ de compétences, chacun et chacune va avoir des solutions à proposer à la personne pour apaiser ses douleurs mensuelles, voire pour qu'elles disparaissent. Donc tout ça, tu le sais, ce n'est pas mon sujet du jour. Toi, tu sais mieux que moi d'ailleurs ce que tu peux soulager ou pas par rapport aux douleurs menstruelles. Le problème par contre, c'est qu'en fait, une partie des personnes que tu accompagnes, malgré tous ces protocoles que tu proposes, malgré tout ce que tu leur offres comme solution, comme exercice, comme test d'accompagnement pour l'apaiser, ça ne suffit pas. Et ça ne suffit pas... pas parce que t'as raté quelque chose pas parce que la personne parfois on peut se dire ça aussi que la personne elle a pas fait bien ses exercices ou qu'elle a pas bien fait son alimentation inflammatoire etc enfin anti-inflammatoire etc qu'elle a mal joué le jeu on va dire ça comme ça mais que parfois en fait on sent quand même que la personne elle a mis toute sa bonne volonté on sent que toi t'as mis toute ta bonne volonté et pourtant malgré tout ça il manque quelque chose et c'est quelque chose Merci. et bien qu'est-ce que je vais dire ? C'est qu'il manque la dimension émotionnelle et cognitive de la douleur. Et ça vraiment c'est quelque chose qui est très très sous-estimé en clinique de la douleur menstruale, c'est cette dimension émotionnelle. Je rajoute et cognitive parce que pour moi il y a vraiment les deux mais on va parler aujourd'hui de la dimension spécifiquement émotionnelle. Et attention parce que vraiment c'est un endroit où on entend beaucoup beaucoup beaucoup de raccourcis, ce n'est pas une émotion en particulier. La dimension émotionnelle des douleurs menstruelles, ce n'est pas juste une colère ou juste un stress. Il n'y a jamais une émotion égale une douleur. Ça, c'est une niaite. Ce n'est pas ta colère qui cause tes douleurs menstruelles. Ce n'est pas le stress qui cause tes douleurs menstruelles. C'est le fonctionnement même d'une émotion chez la personne. C'est-à-dire ce qu'on appelle la régulation émotionnelle. et chez certaines personnes, il y a une dysrégulation émotionnelle, c'est-à-dire une difficulté à avoir une réponse émotionnelle confortable dans le corps face à une ou des situations, mais quelle que soit en fait l'émotion qui est concernée. Comment ça fonctionne ? Eh bien, au niveau de la mécanique, on va dire, si on généralise un petit peu une émotion qui est dysrégulée, eh bien, cette émotion qui est dysrégulée, elle va déclencher une décharge de cortisol, elle va déclencher une décharge de noradrénaline, d'adrénaline, et puis aussi elle va déclencher un système nerveux qui va se mettre en alerte, en état d'alerte. Et ça en fait, ce cortisol, cette adrénaline, ce système nerveux en état d'alerte, va créer tout un tas de potentielles conséquences autour de la douleur menstruelle. Sur le plan hormonal, le cortisol va dérégler l'équilibre oestrogène-progestérone qui va. elle-même dérégler l'inflammation autour des menstruations. Sur le plan inflammatoire, sur le terrain inflammatoire, ça va stimuler la production de cytokines, dont la prostaglandine, qui est l'hormone qui vient contracter l'utérus pendant les menstruations. Donc à dose normale, ça déclenche des contractions toutes simples, et ça ne fait pas mal. Quand on contracte le bicep, ça ne fait pas mal. Donc quand on contracte l'utérus, normalement ça ne doit pas faire mal. Mais par contre, à dose élevée, en excès, ça va créer des crampes et les crampes, ça, ça fait très mal. Et puis, si je reparle du système nerveux, effectivement, cette émotion qui est dysrégulée, qui revient régulièrement tous les jours, peut-être 15 fois par jour, ça va créer un système nerveux qui est en état d'alerte chronique et ce système d'alerte chronique va abaisser le seuil de tolérance à la douleur, voire amplifier carrément les signaux de douleur perçus pour une douleur vraiment qui peut être légère en réalité. ça va créer une douleur qui est très très forte. Donc, pour donner quelques exemples d'émotions qui peuvent être dysrégulées, il peut y avoir par exemple ce fameux stress d'anticipation. C'est-à-dire que, et ça on n'imagine pas à quel point en fait, la douleur menstruelle est une douleur qui est très particulière parce qu'elle est cyclique. C'est extrêmement rare d'avoir ce genre de choses où tu sais que dans 25 jours, dans 28 jours, dans 30 jours, en fonction du... des cycles de la personne, tu sais que tu vas avoir mal à ce moment-là, ce jour-là. C'est très particulier et donc ça peut créer un stress d'anticipation qui va être assez important et qui va faire que la personne va se préparer. Elle va préparer la crise plusieurs jours avant et ça va créer un espèce de stress chronique qui va créer une dysrégulation émotionnelle. Le stress n'a pas à être là tous les jours en se disant à J-25, tu sais déjà que dans 25 jours ou dans 28 jours, tu vas avoir mal. Ça, ça peut être ça, mais ça peut être aussi une colère qui n'a pas été exprimée. Très souvent, je vais appuyer là-dessus, mais quand on est assigné femme à la naissance, la colère est une émotion qui est difficile à réguler parce qu'on a très peu appris à l'exprimer. Par exemple, c'est clairement la difficulté à se mettre en colère, à ne pas être d'accord avec les autres, à poser ses limites, etc. Et puis, la colère aussi de cette injustice d'avoir des douleurs menstruelles, de... ne pas réussir à s'en sortir, etc. Tout ça, ça va créer des choses qui fait qu'on a une colère qui va être dysrégulée, une émotion qui va être dysrégulée à cet endroit-là. Mais ça peut être aussi, par exemple, une tristesse. Ça peut être un deuil qui n'a pas été fait. Souvent, je donne cet exemple-là, mais le deuil de cette vie d'avant, de cette vie où on était bien, où tout allait bien, où physiquement, on pouvait faire tout ce qu'on voulait, où on pouvait sortir quand on voulait, où on n'avait pas justement à s'organiser autour de la douleur. Ce deuil-là, il faut savoir que la tristesse produit aussi du cortisol dans le corps. Ce n'est pas que la colère ou le stress. Souvent, quand on parle de cortisol, on parle très souvent de stress. Mais en réalité, la tristesse est aussi un stress corporel et va aussi déréguler parfois certaines choses. Tout ça active la cascade hormonale, la cascade inflammatoire, la cascade nerveuse. Donc, la conclusion, c'est qu'en fait... La dérégulation émotionnelle, donc la dimension émotionnelle de la douleur, elle fait partie des ingrédients actifs de la douleur. Et ce n'est pas juste des à-côtés, c'est un peu dans la tête, on verra ça plus tard. Non, ça fait partie activement de la douleur et on l'oublie énormément. Et surtout quand on accompagne justement, on n'a pas appris très souvent dans les formations qu'on a eues, le nombre de kinés, d'ostéos, même de sages-femmes, même parfois de psychologues qui disent mais je n'ai pas appris ça, je n'ai pas appris à formuler ça comme ça, à dire ça comme ça, à vérifier ça, à repérer ça. Et effectivement, concrètement, on se dit bon ben qu'est-ce que je fais moi en tant que professionnelle de santé dans ces cas-là, comment on fait ça en séance en fait, comment on fait ça en consultation. Et c'est là que je vois beaucoup de tentatives de professionnels qui peuvent être parfois maladroites, qui peuvent être même parfois blessantes ou culpabilisantes. Mais très souvent, en fait, il y a trois manières que je vois des professionnels que je rencontre. Il va y avoir les personnes qui ne vont rien dire alors qu'elles voient très bien qu'il y a quelque chose au niveau de la dérégulation émotionnelle, même si elles ne mettent pas le nom de la dérégulation émotionnelle. À vous, à vous, si tu es doula, si tu es kiné, si tu es sage-femme, si tu es ostéo. Tu l'as pensé forcément, forcément à une personne en disant « Ok, en fait là, ça va au-delà de mes compétences. C'est sûr que c'est dans sa tête. C'est sûr que c'est une émotion. C'est sûr que c'est psychologique. » Enfin voilà, je ne sais pas comment tu te nommes ça toi dans ta tête, mais c'est sûr que tu te l'as dit. Mais tu t'es dit « Oula, moi je ne suis pas psychologue. Donc si je lui dis quoi que ce soit, j'ai trop peur qu'elle décompense. Moi je ne sais pas gérer ça, donc je ne dis rien. » Donc ça, c'est les personnes qui vont effectivement... voir qu'il se passe quelque chose au niveau de la dimension émotionnelle, mais qui vont se dire, ce n'est pas ma partie, donc je ne vais rien dire, et je ne suis pas professionnelle, je ne suis pas habilitée à gérer ça, donc je ne vais rien dire. Il va y avoir les personnes qui vont être très maladroites, et qui vont sous-entendre en disant, bon, il va peut-être falloir aller voir le psy, parce que là, moi, je ne sais rien faire, c'est le nombre de fois aussi où je l'ai entendu. Ça, c'est où je l'ai entendu, moi. Les personnes que j'accompagne me disent ça, mon gynécologue me dit, je ne peux plus rien faire pour vous, il faut aller voir le psy. Donc sous-entendu, derrière c'est dans vos têtes, même s'ils ne le disent pas comme ça, c'est quand même souvent sous-entendu. C'est extrêmement maladroit, vraiment. Ce n'est pas très agréable à entendre glisser comme ça dans une conversation. Et puis il y a des personnes, des professionnels de santé et de l'accompagnement en général, qui vont essayer de faire une... tentative de on va dire de décodage d'essayer de décoder un petit peu ce qui se passe, d'essayer de poser certaines questions, de sous-entendre certaines choses et qui vont aussi être très maladroites, voire même qui vont blesser, voire culpabiliser. Et ça par exemple moi j'ai un... Un exemple qui m'est arrivé il n'y a pas longtemps autour de ma kiné. Je vais raconter un peu ma vie, le temps de t'expliquer tout ça. Mais en gros, moi, j'ai des douleurs au niveau du bassin, du bas du dos depuis des mois, depuis quasiment un an après mon accouchement dû à ma césarienne, etc. Et donc, je revois une kiné, ce qui est spécialisé dans les douleurs pelviennes depuis quelques mois. En réalité, c'est plutôt le bassin que le plancher pèlvien. Mais bref, je revois une kiné. Et cette kiné me connaît. Elle a mon livre. Je sais, voilà, elle est assez d'accord avec moi sur ce plan-là, au niveau gynécologie émotionnelle, en tout cas, le travail de la dimension émotionnelle. Et en fait, elle s'aperçoit que je gonfle mon ventre très fort. Moi, j'ai appris ça quand j'étais... Vraiment, c'était un jeu. Quand j'étais au conservatoire de danse classique, j'avais 12 ans, on jouait à ça avec mes copines devant le miroir en attendant la prof. On jouait à gonfler notre ventre très fort et puis à faire la vague avec notre ventre. Donc ça, c'est un truc que je sais faire depuis des années et des années. Et du coup, je lui montre ça. Et je lui dis qu'effectivement, j'ai une tendance, quand j'inspire, à gonfler très fort mon ventre. Et là, je vois très bien que tous les kinés qui m'entendent, qui m'écoutent. vont criser en se disant oh là, forcément ça va pousser le plancher pelvien, ça va créer de la douleur, etc. Je comprends tout à fait, j'ai compris ce principe-là. Bref, du coup, ma kiné me dit ah oui, ben dis donc, peut-être que, je ne sais pas moi, ce ventre gonflé, c'est vrai que ça fait très, comme si tu étais enceinte, c'est vrai que c'est assez impressionnant parce que ça fait vraiment cette sensation que je suis enceinte. Comment s'est passée ta grossesse ? Est-ce que c'était un enfant désiré ? Est-ce que tu n'es pas déçu de... de ne plus être enceinte ? Est-ce que tu as aimé être enceinte ? Et elle me pose deux, trois questions comme ça qui sont assez floues. Et pour être honnête, en fait, vraiment, moi je suis professionnelle, c'est mon job ça, c'est mon job d'aller poser les bonnes questions pour que la dimension émotionnelle soit repérée et soit explorée avec la personne. C'est quelque chose que je fais dans mon quotidien. Donc je voyais plus ou moins où est-ce qu'elle voulait en venir. Et je lui ai dit très rapidement, ah oui, peut-être qu'il y a une tristesse autour de la grossesse parce que j'ai adoré être enceinte. Ok, je vais voir, je prends note de ça et puis je vais voir ce que j'en fais moi avec ma psy. Voilà, moi ça a fait on off, j'ai fait ok, je vois ce que tu veux dire et puis j'y vais. Mais imaginons que je n'ai pas cette vision-là. Qu'est-ce que ça signifie en fait de poser deux, trois questions un peu floues autour de la grossesse ? Une personne qui est vulnérable, qui est sensible, qui ne comprend pas ce qu'elle a, qui n'a pas cette capacité, enfin, c'est pas une capacité, mais qui n'est absolument pas, qui connaît pas, en gros, les liens psychosomatiques qu'il peut y avoir entre les douleurs physiques et la dimension émotionnelle, etc. Qu'on lui dise, est-ce que c'était voulu comme enfant ? Est-ce que t'es pas un peu déçu d'avoir accouché ? Derrière, c'est, ah ouais, en fait, c'est ma faute. Ça veut dire que c'est ma faute. En fait, je voudrais encore être enceinte, mais je ne suis plus enceinte. Donc du coup, je suis responsable de ma douleur. Ça veut dire que je dois travailler sur le fait que je ne sois plus enceinte. Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je n'aime pas mon enfant parce qu'en fait, je voudrais qu'il soit encore dans mon ventre. Enfin, ça peut aller faire des trucs, mais délire. Ça peut aller très très loin et ça peut être extrêmement culpabilisant pour la personne. Donc pour moi, c'est un gros gros warning pour les personnes qui essayent à moitié de décoder. Alors que ce n'est pas le métier, alors que c'est une bonne intention, mais c'est très maladroit. Attention, vraiment. Et ouais, c'est dangereux, c'est presque violent. Et vous n'imaginez pas, en fait, parce qu'après, vraiment, la personne, elle sort de là. Et moi, je peux récupérer des gens en gêné-émotion qui arrivent avec des choses en me disant « Ouais, quelqu'un m'a dit ça, mais genre, ça fait... » deux, trois ans qu'elle rumine, en fait, une question qui lui a été posée entre le fromage et le dessert pendant une séance de kiné, on fait de la mobilité, on travaille sur... On fait des exercices de mobilité et d'un seul coup, on te dit ça. Bah, c'est pas le bon moment, c'est pas le bon endroit, c'est maladroit, c'est pas dit... Voilà. C'est pas qu'il faut pas le faire, mais c'est... Il faut avoir un protocole, il faut savoir bien le faire, il y a un savoir-faire, il y a une expérience autour de ça qui est... hyper importantes à avoir. Donc, qu'est-ce qu'on fait réellement en séance par rapport à cet exemple, mais par rapport à tant d'autres ? Pour moi, en fait, c'est là que ça va être un peu difficile de résumer rapidement en quelques phrases du podcast, mais pour moi, il y a trois points qui sont essentiels. Ça va être repérer, en fait, si la dimension émotionnelle est bien en jeu dans cette douleur, parce que parfois pas. Et justement, il y a aussi l'effet inverse, c'est-à-dire d'avoir des... Des gynécologues qui vont très vite dire, bon, en fait, c'est dans sa tête et c'est comme ça qu'il y a des années et des années aussi d'errance de diagnostic parce qu'une sous-évaluation de la dimension physique et une sur-évaluation de la dimension émotionnelle. Donc vraiment, pour moi, faire attention à ça, c'est ultra important. Mais c'est aussi ultra important d'aller vérifier que, effectivement, oui, la dimension émotionnelle peut être bien prise en jeu par rapport à tout ça. Donc ça, c'est le premier point. Le deuxième point, c'est d'aller pouvoir explorer avec la personne en lui expliquant ce qui se passe et pourquoi on lui pose certaines questions. Et du coup, d'aller, et que ça sonne bien sûr sans accusation, sans culpabilisation. Donc ça, c'est aussi une capacité, c'est vraiment un savoir-faire d'aller pouvoir questionner la personne sur... son ressenti sur des choses comme ça. Et puis, il y a une troisième chose, et c'est savoir faire de la psychoéducation. Parce qu'en réalité, la majorité du temps, savoir expliquer, savoir rassurer et savoir renvoyer potentiellement chez d'autres professionnels si nécessaire, ça peut permettre à la personne d'avoir une réduction de la douleur qui est vraiment beaucoup plus importante. Et ça, je réinsiste, ce n'est pas un savoir tout court. c'est un savoir-faire, il faut savoir poser les bonnes questions, il faut savoir être assuré ou pas de la réponse que l'on va donner et il faut savoir expliquer, rassurer et si en fait ma kiné elle m'avait dit écoute Maud moi j'ai mis une hypothèse là, franchement j'ai l'impression que quand tu gonfles ton ventre moi ça me saute aux yeux de te voir enceinte, je sais pas si toi ça résonne pour toi mais tu sais peut-être que la tristesse, peut-être que t'es déçu en fait de plus être enceinte Et peut-être que cette tristesse-là est expliquée, tout simplement. Et dire, ah bah oui, tu vois, cette tristesse-là, en fait, elle peut aussi créer un état d'alerte dans ton système nerveux parce qu'en fait, ça fait des mois et des mois que tu es en deuil de cette grossesse qui a été pour toi hyper joyeuse et que, bah du coup, voilà, tu as perdu quelque chose. Vraiment, là, je suis en train de... Je suis en train de broder le truc, mais vraiment, de dire, voilà, c'est ça, t'as perdu quelque chose, et que ton système nerveux, il commence à être dérégulé, et que du coup, la douleur, en fait, la tolérance à la douleur est en train de se baisser, et du coup, c'est ce qui fait que la douleur continue à s'amplifier, etc. Là, je me serais dit, ah ouais, peut-être qu'elle a raison, effectivement. Ok, comment je fais pour prendre soin de cette douleur ? Non, comment je fais pour prendre soin de cette tristesse, en fait, tout simplement ? Et là, à ce moment-là, de se dire ok vas-y vendu je vais prendre rendez-vous chez une psychologue pour aller discuter de tout ça parce que c'est pas ma kiné qui va prendre en compte ce truc là ça ça s'apprend vraiment ça s'apprend en 3, 4 questions une réflexion parce que je sais que les sages-femmes, les gynécos c'est 15 minutes les kinés c'est 30 minutes les ostéos c'est parfois 45 minutes, 1 heure Mais c'est très court et je sais que toutes les questions que l'on peut poser qui vont ouvrir parfois un peu trop la discussion qui fait que du coup tu ne peux pas pratiquer correctement ton cœur de métier. En fait, parfois, si tu sais recadrer, si tu sais poser les bonnes questions, apprendre à recadrer, avoir une posture juste par rapport à ça, ça peut prendre très peu de temps et tu peux ouvrir cette dimension émotionnelle pour que la personne puisse comprendre qu'il y a un autre. une autre pièce du puzzle que la dimension physique et que aller voir cette dimension émotionnelle va être importante et parfois, parfois vraiment ça suffit de l'aborder pour que la personne réduise, diminue cette douleur, vraiment voire disparaisse, parfois juste de parler et alors moi, personnellement dans mon cas, en l'occurrence ce gros vent de grossesse ça me parlait pas du tout parce que Je sais que ce gros ventre, je le fais depuis des années. Quand j'avais 12 ans, je le faisais déjà, etc. Ce n'est pas quelque chose qui me parlait. Mais si ça m'avait parlé, peut-être que juste de déposer ce « Ah bah ouais, effectivement, c'est vrai que je suis un peu triste de ne plus être enceinte parce que c'était quelque chose que j'aimais beaucoup. » Je ne sais pas. Parfois, ça suffit. Dans la dysrégulation émotionnelle, c'est assez fou comme d'entendre l'émotion, de la nommer, de réussir à déposer des mots dessus. Parfois ça suffit à faire redescendre le truc, t'as pas besoin d'aller voir un psy. Je dis parfois, parce que parfois, bien sûr, il faut rentrer dans un sujet et puis ça ouvre d'autres portes et d'autres choses. Mais parfois, ça suffit tout simplement d'aller déposer que oui, ça te rend triste et que point. Et même chez ta kiné, ça peut arriver et c'est tout. Repérer la dimension émotionnelle, l'explorer, explorer la réponse avec la personne, sans accusation, etc. Et puis savoir faire de la psychoéducation pour expliquer, pour rassurer et pour envoyer chez d'autres professionnels. Ça, c'est quelque chose qui est vraiment ultra important. Et ça, c'est des points que l'on va creuser dans la formation que je vais donner, qui s'appelle intégrer la dimension émotionnelle dans sa pratique gynécologique, avec clairement des trames. Vous allez repartir avec des trames de questions très concrètes à utiliser en séance pour justement repérer cette dimension émotionnelle, pour aller l'explorer, mais surtout, justement... pour ne pas culpabiliser, pour ne pas psychologiser la personne et pour ne pas prendre la place du psy aussi parce que ce n'est pas votre métier avec les limites de votre propre métier. Voilà, on va expliquer, je vais vous expliquer jusqu'où vous pouvez aller dans l'exploration, à partir de quand ce n'est plus à vous de faire ça, mais surtout, vous allez pouvoir avoir des pistes de questions, de réflexions, de manières de poser les questions, de manières de répondre pour que cette dimension émotionnelle soit prise en compte sans être culpabilisante. Et puis, voilà, la prochaine fois qu'il y a une personne qui vient vous voir en vous disant, voilà, moi j'ai tout essayé, j'ai encore mal, bon, et bien, vraiment, rassurez-vous, dites-vous et dites-lui aussi que ce n'est pas un échec de sa part, que ce n'est pas un échec de votre part, qu'il y a probablement d'autres choses et que ça donne un signe, en fait, ça donne le signe que la dimension physique de la douleur, elle a été bien traitée, bien analysée, ça veut dire que ce n'est pas à cet endroit-là, ça veut dire que ça se joue à un autre endroit. notamment dans la dimension émotionnelle, notamment dans la dysrégulation émotionnelle et que c'est un nouveau chemin à aller accompagner autour de la douleur et que ça s'apprend, ça se découvre, ça se pratique et que la bonne nouvelle, c'est que ça résout des problèmes et ça apaise. Voilà, merci beaucoup d'avoir écouté l'épisode jusqu'au bout. Le stage intégrer la dimension émotionnelle dans sa pratique gynécologique Merci. C'est un stage que je fais en présentiel, c'est 7h de stage en présentiel le 6 novembre à Angers, vendredi 6 novembre à Angers. Et je le fais également en distanciel en deux demi-journées, le vendredi 23 octobre et le vendredi 13 novembre de 9h à 12h30. N'hésitez pas, je vais mettre le lien de la page des explications de l'inscription dans la description du podcast, de l'épisode. Et si vous avez des questions, n'hésitez pas. Sur Instagram, vous pouvez venir me contacter. Je ne mors pas, je réponds à toutes les personnes qui m'envoient un message. Donc n'hésitez pas si vous avez des questions. Nous, on se retrouve la semaine prochaine pour un épisode avec une ostéopathe autour des douleurs menstruelles. Je te dis à la semaine prochaine. Allez, salut les monstrues ! Vous venez de terminer le podcast Transgresser les règles. Merci d'avoir écouté. jusqu'au bout. 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