Description
Les 25 métiers les plus recherchés en Suisse révèlent un paradoxe : contrairement aux attentes, une grande partie sont des métiers de l'artisanat et de la construction, reflétant une différence profonde entre les systèmes éducatifs suisse et français.
Deux philosophies éducatives opposées
En Suisse, seulement 22-23% d'une classe d'âge obtient une maturité gymnasiale (équivalent du bac), contre 78,8% en France. Inversement, 58% des jeunes suisses choisissent une formation professionnelle initiale, contre 28% en France. Fait notable : en France, plus de 62% des apprentis préparent un diplôme de l'enseignement supérieur, pas un métier manuel.
Des pénuries révélatrices
En 2025, la Suisse fait face à des pénuries importantes dans l'encadrement de la construction (conducteurs de travaux, contremaîtres), les techniciens spécialisés et les métiers de l'électronique. Les électriciens de montage totalisent plus de 6 000 annonces, le secteur de la construction compte 13 566 postes vacants. Plus de 20 000 postes restent vacants dans la construction selon l'Office fédéral de la statistique : carreleurs, plâtriers, peintres, maçons, charpentiers, plombiers. Cette pénurie entraîne des retards de chantiers de 20-30% et des augmentations de coûts de 10-15%.
Pendant ce temps, la France forme 3 millions d'étudiants dans le supérieur mais peine à remplir ses postes d'artisans : 490 000 offres d'emploi dans l'artisanat en 2024. Question culturelle : en France, on préfère socialement dire que son enfant fait un bac+5 qu'un apprentissage manuel.
La formation duale comme réponse
La Suisse forme dans plus de 230 métiers via la formation professionnelle initiale. En 2025, 61% des jeunes envisagent cette voie, dont 87% en formation duale (directement en entreprise). Cette approche forme les compétences concrètes dont le marché a besoin. Toutefois, des différences existent entre cantons romands et alémaniques, où la culture de l'apprentissage est plus développée.
Ces métiers offrent stabilité et excellentes rémunérations : 7 000 à 9 000 francs brut par mois pour certains profils techniques.
Les limites du système
Malgré cette valorisation de la formation professionnelle, les besoins restent importants, nécessitant le recrutement d'étrangers. Certains métiers demeurent difficiles d'accès, comme électricien avec ses normes spécifiques.
La leçon finale : un système éducatif doit servir son économie et sa société. En valorisant la formation professionnelle, la Suisse tente de répondre aux besoins concrets de son marché. Comme le résume Thierry Baglan : "En Suisse on forme pour un métier, en France, on forme pour un diplôme."
----
Je m'appelle David Talerman, je suis 𝗰𝗼𝗮𝗰𝗵 𝗲𝗺𝗽𝗹𝗼𝗶 et expatriation, et auteur de "Travailler et vivre en Suisse, 7ème édition" (éditions Gualino) et créateur de la plate-forme Swiss Mastery.
--------------------------------------
Tu peux me contacter sur :
🇨🇭 Linkedin
🇨🇭 Instagram
--------------------------------------
Mes services :
🇨🇭 Coaching emploi
🇨🇭 Bootcamp
🇨🇭 Swiss Mastery
🇨🇭 Notre store
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




