- Speaker #0
J'ai jamais trouvé la notoriété normale. Il y a une actrice qui a mis un doigt au cul à une autre actrice. On avait remplacé les balles de tennis par des poussins. Donc on se faisait tout le temps des inglets dans Technicard, dans les Inrocks. On sort de la maternité avec ma fille. Il y avait un paparazzi qui était planqué dans une loz de concierge pour faire les photos.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans Très Très Connu où l'on ausculte la célébrité avec les gens célèbres. Je suis François Léger, je suis toujours accompagné de Pierre-François Cailliau, mon acolyte. Bon bah ça y est, c'est l'épisode de la rentrée, donc on est certainement aussi déprimés que vous que les vacances sont terminées. Mais on a deux bonnes nouvelles. Un, il fait moins chaud, ça c'est pas rien. Et deux, on a un formidable invité dans le podcast aujourd'hui, un acteur, réalisateur, scénariste et auteur qui a profondément marqué l'humour des années 90-2000 avec La Troupe Les Robins des bois. On l'a par la suite croisé au cinéma dans La Stratégie de l'Échec, Toutes les filles pleurent, Astérix et Obélix, Mission Cléopâtre ou encore R. Et il a réalisé des films aussi différents que Casablanca Driver, Low Cost ou Papa, que j'ai rattrapé il y a quelques jours et que je vous conseille chaudement, c'est vraiment un super film. Et donc c'est Maurice Barthélémy, c'est de lui dont il s'agit. Il a toujours réussi à passer d'un côté à l'autre de la caméra sans jamais vraiment choisir entre l'absurde, la comédie et une sensibilité à fleur de peau.
- Speaker #2
Alors très bien François, même si je pense que tu es passé quand même à côté de quelques informations essentielles comme d'habitude. Maurice Barthélémy a joué dans un clip d'Ecran de Bérise et il a joué dans une adaptation théâtrale de Bilbo le Hobbit. Et quel rôle faisais-tu Maurice dans Bilbo le Hobbit ?
- Speaker #0
Je faisais Bilbo et c'était pour un spectacle pour jeunes publics. J'ai des souvenirs assez incroyables parce que déjà à l'époque je commençais à perdre mes cheveux, donc je jouais un enfant qui perdait ses cheveux.
- Speaker #2
On va d'abord commencer tout cet entretien par... Déjà, on va revenir en arrière. Donc, tu es né en 1969 à La Paz, en Bolivie. Ton père, si je dis pas de bêtises, était ethnologue, puis diplomate et enfin artisan menuisier. Ta mère, haïtienne, professeure d'espagnol, puis elle est devenue conteuse. Je crois que tu étais le dernier d'une famille avec trois grandes sœurs, pardon. Et ta famille bougeait énormément. La Bolivie, le Sri Lanka, le Maroc et la Picardie. Tu racontais avoir eu conscience de la mort extrêmement jeune. Dès 4 ans, tu avais des terroirs nocturnes, du somnambulisme, des tocs. Donc à un âge où normalement, les questions qu'on se pose, c'est quelle est ma tortue ninja préférée. Toi, tu avais déjà ouvert le dossier sur la finitude de l'existence. Cet enfant-là que tu étais, est-ce qu'il avait des idoles et est-ce qu'il pensait devenir célèbre ?
- Speaker #0
Non, j'avais absolument aucun rêve de célébrité puisque je vivais en Picardie. Quand tu vis en Picardie, tu ne peux pas imaginer que tu puisses un jour être un peu connu. Il n'y avait pas de posters chez moi. Vraiment, moi, je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire dans ma vie Et surtout pas acteur Ce n'était pas du tout dans mes projets quand j'étais gamin
- Speaker #1
Le mot célébrité, ça représente quoi pour toi aujourd'hui ? Quelle est la signification de ce mot-là ?
- Speaker #0
La célébrité, c'était... Évidemment, moi, quand j'étais plus jeune, c'était un truc qui me faisait un peu rêver Parce que, voilà, quand on regardait les Césars à la télé Ou Cannes, etc. C'est quelque chose qui, quand même, te faisait un peu triper Aujourd'hui, c'est quelque chose que j'ai complète résolu. C'est-à-dire que ça ne m'intéresse pas spécialement. Avec les Robins, on a été assez exposés à un moment de notre vie. Encore aujourd'hui, on me croise et les gens peuvent parfois me reconnaître, mais je ne recherche absolument pas ça. Et ça ne me dérange pas du tout qu'on vienne me voir et qu'on me dise « Salut, c'était drôle, t'as noté le truc ? » Mais voilà, je vis très très très bien sans.
- Speaker #1
Justement, tu parlais de l'époque Les Robins des bois. C'est intéressant parce que ta célébrité, effectivement, elle est née en groupe. Est-ce que ça divise un peu l'attention et donc ça rend les choses un peu plus gérables ?
- Speaker #0
Oui, c'était assez pratique de se faire connaître à plusieurs parce que déjà, ça évitait un peu la grosse tête parce qu'on était toujours identifiés tous ensemble. À chaque fois, on se disait qu'on reconnaissait la personne d'un côté, mais pas forcément nous. Donc déjà, au niveau de l'égo, ça a évité un énorme boulard immédiat. Et puis surtout, moi, j'ai... Je ne sais pas comment dire, mais c'est peut-être lié à mon éducation, mais je n'ai jamais trouvé la notoriété normale. Dans le sens que ça m'a toujours surpris quand tout d'un coup, quelqu'un pouvait me reconnaître dans un train ou au cinéma ou n'importe où. Et à chaque fois, je suis toujours un peu surpris encore aujourd'hui. C'est-à-dire que quand il y a quelqu'un qui me regarde bizarrement, sur le coup, je me dis « Ah merde, ça se trouve, on se connaît » . Je n'ai pas le réflexe de me dire que la personne peut me reconnaître des Robins ou de Citizen Kane, parce que j'ai joué dans Citizen Kane. Voilà, il n'y a pas de... C'est quelque chose auquel moi, je ne me suis pas habitué. C'était plus présent à une certaine époque de ma vie. Aujourd'hui, ça l'est moins et c'est très bien comme ça.
- Speaker #2
J'imagine que ça s'est fait assez progressivement, puisque pour l'auditeur qui ne connaîtrait pas, la troupe Les Robins des bois a commencé au théâtre. Mais évidemment, après, vous avez fait de la télévision sur la chaîne Comédie, la grosse émission qui était quand même une chaîne, non pas de niche, mais évidemment qui n'était pas une énorme chaîne. Et après, vous êtes passé sur Canal+, où là, ça a été une beaucoup plus grosse exposition. C'était de niche. Et justement, est-ce que vous avez vu la différence ? Et déjà, est-ce qu'à l'époque de la grosse émission sur Comédie, est-ce que les regards changeaient ? Et après, est-ce qu'il y a eu une énorme évolution quand vous êtes passé sur Canal ?
- Speaker #0
En fait, à cette époque-là, il n'y avait pas les réseaux sociaux, donc on n'avait pas de remontée directe de notre public. Ce n'était pas du tout comme aujourd'hui, où il y a quelque chose d'immédiat. Quand on fait quelque chose, boum, il y a des réactions hyper rapides. Donc nous, on n'avait pas du tout le sentiment, quand on était sur Comédie, qu'il y avait des gens qui nous regardaient. Donc ça, ça nous a finalement pas mal protégés. parce que ça nous permettait véritablement de faire les pires sketchs du monde. Et encore aujourd'hui, quand je les vois, je me dis, mais putain, mais il n'y avait que sur Comédie qu'on pouvait faire ça. Parce que comme on n'avait pas d'audience, on pouvait se permettre de faire des sketchs, mais qui n'avaient aucun sens, qui n'avaient pas de chute, qui pouvaient durer 5-6 minutes, qui partaient totalement en sucette au niveau de l'impro. Donc, en fait, Comédie nous permettait véritablement d'être dans une sorte de... de cocon comme ça, où on avait l'impression que personne ne nous reconnaissait, ne nous regardait, et donc on était tranquille. Oui, Pierre Demour, et on faisait nos sketchs devant le public de la salle. Donc ça, c'était notre sentiment. Après, effectivement, pendant les vacances... On s'est rendu compte les premières vacances, quand on a été en Corse, qu'il y avait deux, trois personnes qui avaient comédie et qui nous reconnaissaient. Et ça, ça a été une grosse surprise pour nous. Et puis après, quand on est passé à Canada sur Nulle par ailleurs, forcément, on entrait un peu dans le saint des saints. Pour nous, Nulle par ailleurs, c'était un peu la maison mère. Et donc là, effectivement, ça a changé parce qu'on s'est retrouvés très, très exposés. C'était l'émission la plus regardée de l'époque. Et puis surtout, l'émission qui avait lancé Les Nulles, Édouard Baer, Decaune et Garcia, les déchiens. Donc évidemment qu'on a été très identifiés à ce moment-là. On a eu une petite période d'euphorie comme ça, où on s'est dit « wow, c'est cool » . Et puis voilà, après le temps est passé et ce n'est pas ça qui compte.
- Speaker #1
C'est un côté gênant, tu dis que tu as toujours du mal à croire que les gens te reconnaissent pour ton propre travail. C'est gênant d'être regardé sans savoir si effectivement, c'est juste parce que tu as une crotte de nez ou parce qu'ils t'ont reconnu pour ton travail ?
- Speaker #0
Non, moi je ne dirais pas que c'est gênant parce que je dirais que je l'ai un peu cherché. À partir du moment où on fait ce métier et que ça marche, on ne va pas s'en plaindre. Et que s'il y a des gens qui vous reconnaissent, la plupart du temps, vraiment avec moi, 99% c'est de la bienveillance. Donc moi, je ne suis pas du tout gêné. C'est voir même les gens qui le sont toujours un peu en venant vous voir, en voulant faire une photo. Je remarque qu'aujourd'hui, il n'y a plus d'autographes. Avant, on faisait des autographes, aujourd'hui, il n'y en a plus quasiment. C'est plus des photos. Bon voilà, moi ça me prend 20 secondes ou 2 minutes dans une journée, c'est vraiment pas grand-chose. Donc non, moi ça ne me dérange pas du tout, du tout. Après, je peux comprendre que sur d'autres camarades, ça peut être plus prenant. Un garçon comme Rouv, qui a une notoriété beaucoup plus populaire avec les tuches, lui, c'est prenant. Et ça, je peux comprendre qu'au bout d'un moment, ça lui... ça lui demande beaucoup de disponibilité et quand tu ne l'es pas forcément, donc ça, je ne vais pas parler à sa place, mais ça, je peux comprendre que c'est un peu dérangeant. En ce qui me concerne, moi, ça ne me dérange pas du tout.
- Speaker #2
Pour revenir au groupe Les Robins des bois, dans lequel était aussi Jean-Paul Rouve, que tu as évoqué pour les auditeurs, quand ça a commencé à marcher sur Canal+, est-ce que tu parlais d'un moment un peu d'euphorie ? Mais vous aviez aussi tous des carrières ou des projets en solo. Est-ce qu'il peut y avoir des jalousies dans ce genre de moment ?
- Speaker #0
Oui. Je comprends bien ta question. Alors bizarrement, je vais te répondre que c'était surtout les gens de l'extérieur qui nous amenaient une image un peu bizarre. C'est-à-dire que, par exemple, tu rencontres quelqu'un qui te dit « Ah, on ne vous voit plus, on ne vous voit plus à la télé, vous ne faites plus rien. Je vois beaucoup Marina Foïs, je vois beaucoup Jean-Paul et vous plus. » Alors, du coup, c'est les autres qui vous ramènent une image un peu bizarre. Vous vous dites « Effectivement, moi, je suis plutôt derrière la caméra aujourd'hui. » Mais entre nous, on n'a jamais eu ce genre de rapport. Je crois que c'est lié au fait qu'on s'est rencontrés et qu'il n'y avait pas de chef dans notre groupe. On est tous très différents et on n'est pas comparables en termes de physique, en termes de jeu, en termes d'univers. Donc, on n'a jamais eu une sorte de rivalité entre nous qui marchait le mieux. Évidemment que moi, je me réjouis qu'un gars comme Jean-Paul ou Marina Foïs tourne beaucoup. Mais en même temps, moi, je suis tellement content du parcours. que j'ai, des films que je peux faire, du fait que je ne joue pas trop au cinéma parce que c'est un choix, que non, il n'y a zéro jalousie et rivalité entre nous. Et il n'y en a pas eu, non. Je dois avouer qu'il n'y en a pas eu. Moi, je sais que parfois, on raconte des histoires de groupe où ça se tire un peu dans les pattes au sein de certains groupes ou d'anciens groupes de comiques. Ce n'est pas trop notre cas. Nous, on a un fil WhatsApp où on communique beaucoup entre nous. Et puis, il y a les mêmes conneries qu'à l'époque. Donc... Je dirais que non, on a été pas mal épargné par ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'à un moment, il a fallu peut-être casser ton image comme l'a fait Marina Foïs, comme l'a fait Jean-Paul Rouve, mais quand t'es parti à la réalisation d'un film comme Papa, que j'ai découvert il y a peu, que j'avais loupé, qui est sorti en 2005, si je dis pas de bêtises, avec Alain Chabat, et qui est une comédie dramatique, avec évidemment des morceaux comiques vraiment tordants, mais il y a une tendance à vouloir aller vers le grave, et quelque chose d'intime. qu'on ne connaissait pas forcément chez toi. Ça a été un débat avec toi-même ? Et est-ce que ça a été dur de convaincre les autres aussi de dire « L'image de comique que je peux avoir, je ne suis pas que ça. »
- Speaker #0
Non, ce n'était pas une volonté. La seule volonté que j'avais, c'était de raconter une histoire qui m'était intime et qui racontait vraiment quelque chose qui était arrivé à quelqu'un qui m'était proche. Donc, il n'y avait pas une volonté stratégique de me dire « Tiens, je vais faire un film un peu moins drôle. » En fait, c'est ma nature. C'est-à-dire que moi, je suis constitué... de plein de mois et il y a des mois très déconnants puis il y a des mois qui sont plus sensibles on va dire et puis il y a Et c'est la raison pour laquelle en ce moment, je mets en place un film qui sera un peu dans cette humeur, entre deux, avec un pitch très comédie, mais un traitement qui le sera un peu moins. Donc moi, je dirais que c'est plus ma nature qu'une stratégie, en fait.
- Speaker #1
Et tu peux juste nous en parler vite fait, ce prochain film, de nous dire un petit peu de quoi il s'agit ?
- Speaker #0
C'est un film qui va réunir Isabelle Nanty et Bernard Campant, qui se passe à la campagne. Et Bernard Campant est un agriculteur très fermé, assez dur. voire assez raciste, qui un soir surprend sa fille dans la grange avec l'employé qui est arabe. Et donc, il pète un câble parce que ce n'est pas jouable pour lui. Et puis, il fait un AVC. Et quand il se réveille, il ne parle plus qu'arabe. Effectivement, pitch de comédie. Pitch de comédie. Et le traitement, les moins, parce que c'est plus un traitement sur d'où il vient cette langue, une enquête sur lui-même. Et il va évidemment découvrir certaines choses qu'il ignorait. mais ce que j'essaye de faire c'est de mélanger à la fois la comédie et la vie de tous les jours et c'est ça qui me plaît moi beaucoup dans le cinéma anglais c'est qu'ils savent passer d'un registre à l'autre dans les mêmes films où parfois c'est hyper absurde et puis tout d'un coup boum, on est en plein film social moi c'est ça qui me plaît et donc ça serait un peu dans cet esprit là
- Speaker #2
Isabelle Nanty qui était votre prof de théâtre, c'est ça ?
- Speaker #0
Exactement. Et donc c'est comme ça qu'on s'est rencontrés. On s'est rencontrés avec les Robins au cours Florent. Et Isabelle était notre prof pour la plupart d'entre nous. Et quand on a décidé de monter une des premières pièces au théâtre, parce que nous on vient plutôt du théâtre au départ, qui s'appelait Robin, Les Robins des bois d'à peu près Alexandre Dumas, Isabelle a joué avec nous, elle jouait notre mère. Et c'est pour ça qu'on s'est appelé Les Robins des bois, c'est qu'on a joué une pièce à Paris qui a bien marché. Et les gens nous appelaient Les Robins des bois, mais nous, on ne voulait pas s'appeler Les Robins des bois. Et puis finalement, Faroudjian nous a dit, mais de toute façon, c'est mort, les gars. Les gens vous identifient comme ça. Le peu de gens qui vous connaissent vous identifient comme ça. Donc, désormais, vous vous appellerez Les Robins des bois. Et les nuls se sont appelés les nuls parce qu'ils avaient fait une émission qui s'appelait Objectif Nul et qui fait que les gens les appelaient les nuls. Donc, ça nous a révélé un peu la même chose.
- Speaker #2
Mais d'ailleurs, quand Dominique Faroudjian, donc des nuls, Il vous a découvert et il vous a proposé de faire de la télévision. Est-ce que ça vous était déjà venu à l'idée ? Et comment vous l'avez appréhendé de se dire je vais passer à la télévision, on va faire ce qu'on fait au théâtre mais filmer ?
- Speaker #0
On ne l'a pas appréhendé parce qu'en fait on n'a rien anticipé. Ça nous est tombé dessus vraiment par surprise. Nous on joue au théâtre, on était vraiment des gens qui venions du théâtre et on pensait théâtre en termes de sketch etc. mais jamais télé. Et quand Farouk nous a dit qu'il allait monter une chaîne, qui était un peu sur le modèle de comédie centrale, avec une émission qui s'appellerait La Grosse Émission, et dans laquelle on allait faire des sketchs. Nous, on n'avait aucune idée de ce qu'on allait faire. Le seul point commun qu'on avait tous ensemble, c'était un peu l'humour absurde, l'humour de cours de récré. Bon, c'est cette fusion de ces deux univers-là qui a un peu donné le style Les Robins des bois. Mais vraiment, on ne savait pas trop. Et puis, on s'est lancé. Et comme il fallait fournir l'équivalent de 30 minutes de sketch par jour, on ne réfléchissait pas trop. On y allait. C'est énorme. C'est pour ça qu'il y avait beaucoup de déchets dans ce qu'on faisait. Mais en même temps, ce qui est bien, c'est que quand je retombe sur des sketchs que j'ai évidemment complètement oubliés parce que comme on fournissait 30 minutes pendant 5 jours en direct, forcément, il y a beaucoup de choses que j'ai oubliées. Mais quand je les revois aujourd'hui, je me dis qu'il y avait une liberté qui était telle parce qu'on n'avait pas ni la dictature de l'audience ni celle des réseaux sociaux qui fait que c'est... Cette liberté-là, elle est encore aujourd'hui, quand je la vois, je me dis putain, elle est chouette. Et je souhaite à tous les groupes du monde de retrouver cet espace de liberté qu'on a eu, parce que ça nous a vraiment permis de nous exprimer à 100%.
- Speaker #2
Est-ce que vous aviez cette liberté sur Canal+, quand vous êtes passé sur Canal+, avec d'autres enjeux d'audience ?
- Speaker #0
Forcément, on avait moins cette liberté-là, parce qu'on intégrait un peu la grande école. Et puis, on avait moins de temps de sketch. On est passé de 30 minutes à 8. 8 ou 9 en quotidienne. Mais en revanche, on était bien protégés par Alain Degrève, Pierre Lescure, qui étaient les patrons de la chaîne, et qui vraiment nous disaient, faites ce que vous voulez. Nous, on est là, on vous couvre. Alors nous, on se censurait sur certains sujets, certains thèmes, parce qu'on ne voulait pas aller vers la politique, on n'était pas des agro-politisés. Mais quand on faisait des sketchs, où on remplaçait, je me souviens d'un sketch où vraiment le standard de canal avait sauté parce que... On faisait une partie de tennis et on avait remplacé les balles de tennis par des poussins. Ça n'était pas passé du tout à l'antenne. Évidemment, on n'avait pas du tout massacré de poussins, mais il y avait quand même un gros plan où on voyait notre main plongée dans une caisse avec plein de petits poussins. Évidemment, on prenait un faux poussin et puis là, hop, on faisait un service et on éclatait le poussin avec une petite tache de sang. Donc ça, forcément, ça passait compliqué. Mais on était couverts par les patrons de la chaîne qui participaient aussi à nos sketchs. Et c'était vraiment cool l'ambiance.
- Speaker #2
Et peut-être pour refermer le dossier Les Robins des bois et après passer à ta carrière vraiment solo, je voulais juste évoquer Les Robins des bois. Vous arrivez sur Canal, ça marche très bien. Et vous faites votre premier film, réalisé par Alain Chabat, qui sort du succès...
- Speaker #0
Qui sort d'Astérix.
- Speaker #2
Qui sort d'Astérix, tout à fait. Énorme succès. Énorme succès. Vous étiez d'ailleurs tous dedans, dans Astérix. Vous avez votre propre film. qui est devenu culte après, mais qui a été un four, plus ou moins, à sa sortie, qui s'est fait massacrer par la critique. Après avoir été tout tourmenté... Oui,
- Speaker #0
ça a été un four critique, parce qu'un four public, ça a fait un million d'heures. Oui, c'est ça, tout à fait. C'était honnête. C'était pas dégueu. Mais c'est vrai que par rapport à Astérix, ce qui était passé juste avant, c'était beaucoup moins. Mais oui, c'est vrai que la sortie de Reux a été compliquée.
- Speaker #2
Mais vous, du coup, tout était en montée pour vous, et le fait qu'il y ait eu ce désaveu critique, est-ce que ça vous a cassé les pieds, cassé les jambes plutôt ? pour continuer ensemble ou faire peut-être d'autres films ou continuer cette aventure Les Robins des bois ?
- Speaker #0
Ce n'est pas tellement le désaveu critique qui nous a fait de la peine, parce que de toute façon, on se faisait éreinter par la critique déjà à l'époque de la télé, parce qu'on développait un humour qui n'était pas compris par des médias qui étaient des références. Et du coup, comme ils ne comprenaient pas ce qu'on faisait, ils ne nous aimaient pas trop. Donc on se faisait tout le temps désinguer dans Technicard. dans les Inrocks, dans Ténéra, on se faisait désinguer parce qu'ils ne comprenaient pas ce qu'on faisait. Bon, soit, ce n'est pas grave, c'est ainsi. Mais c'est vrai que quand on est sortis, on a continué à se faire désinguer, mais en revanche, ce qu'on a mal vécu, c'est l'acharnement, c'est-à-dire qu'on s'est retrouvés à faire la une du Parisien et le Parisien qui, pendant une semaine, chaque jour, nous balançait des scudes et on ne comprenait pas pourquoi on générait autant d'animosité. Et donc ça, ça nous a évidemment vraiment découragés. Et puis c'est vrai qu'après, on a été un peu tricards pendant deux ans. On avait commis reux et qu'on était un peu les responsables du « four de Shabbat » . Lui qui sortait d'Astérix, tout d'un coup, il faisait un million neuf avec un film et qui s'était compromis avec les Robins. Donc on était un peu les pestiférés pendant deux ans. Et puis après, ça s'est calmé. et puis le temps temps a fait son oeuvre et puis a été diffusé, rediffusé, passé un peu partout et puis il est rentré un petit peu dans l'esprit des gens donc aujourd'hui on se marre en repensant à tout ça mais c'est vrai que sur le coup ça a été un peu violent.
- Speaker #1
Juste pour reconsexualiser c'est vrai que tu parlais du Parisien, la une c'était nul, point d'exclamation quoi ce qui est quand même hyper rare pour de la presse quotidienne de titrer déjà sur un film de comédie comme ça et de titrer un truc aussi violent
- Speaker #0
Il y avait vraiment une volonté Merci. et ça, on l'a toujours dit et on est tous d'accord pour le dire, qu'il y avait une volonté de la rédac du Parisien de descendre le film avant même de le voir. C'est-à-dire que c'était clair et net que Chabat avait été vraiment encensé sur Astérix et que là, il s'était dit on va le dézinguer parce que de toute façon Les Robins des bois, c'est quand même facile à attaquer et il y avait une vraie volonté de nuisance. Et ça, moi, on en a voulu énormément au Parisien de l'époque parce que c'était injuste. On a le droit de ne pas aimer un film, une fois de plus, moi, je n'ai aucun problème. À partir du moment où on fait un film, on accepte la critique, point barre, il n'y a pas de problème. Mais quand tout d'un coup, la critique devient un moyen de vendre un peu plus son journal, ça, ça me pose souci. Et donc, oui, c'était vrai qu'à l'époque, ça a été très violent pour nous. Surtout qu'en plus, on a vécu un événement qui était encore plus violent. c'est qu'on avait un peu Il y avait eu un cambriolage dans les bureaux de la prod de Shabba deux mois avant et on s'était fait braquer des ordinateurs. OK, bon. Et on n'avait pas compris pourquoi est-ce qu'on s'était attaqué à nos bureaux, etc. Et il se trouve qu'au moment de la sortie du film, on retrouve dans l'entrevue nos contrats qui sont publiés. Et là, on s'est dit, putain, mais la vie aux branches du truc. Non seulement on a le quotidien qui tire le plus en France qui s'acharne contre nous. Et puis en plus, on nous sort des contrats qui sont quand même un peu confidentiels dans un journal pourri. Et on ne comprenait pas pourquoi on s'en prenait autant à nous parce que vraiment, on n'était pas des méchants. On ne dénonçait personne à l'époque. On était juste des gens qui aimions déconner. Et bon, voilà, on a payé un peu le prix fort d'être sortis sur… Moi, je pense que peut-être que l'erreur qu'on a… pu commettre sur eux, c'est de sortir vraiment très large. Alors qu'on avait quand même un humour niche et qu'on aurait dû, peut-être comme KDO sur Pamela Rose, sortir dans un format plus confidentiel. C'était peut-être l'angle d'erreur, mais en même temps, c'était une erreur qui était tellement compréhensible. C'est-à-dire qu'on nous offrait sur un plateau d'argent notre rêve. Être réalisé par Alain Chabat, produit par Alain Chabat, distribué par le studio Canal, une diffusion monstre. Bon bah, qui l'aurait refusé ? Le film est super,
- Speaker #2
le film est très très bien, il a quand même trouvé un public. Est-ce que d'ailleurs, vous avez déjà pensé avec Les Robins des bois, je sais que c'est une question à laquelle vous avez répondu plusieurs fois, mais est-ce que vous avez pensé à refaire un film, même avec Chabat ou sans Chabat ? Est-ce que c'est un projet que vous auriez, ou qui aurait pu se faire, qui ne s'est pas fait finalement ?
- Speaker #0
Non, on n'a jamais travaillé ni sur une suite, ni sur un prochain film Les Robins des bois. Travailler avec Alain Chabat, je pense que... Tous les membres des Robins individuellement sont prêts à le faire, ça, il n'y a aucun problème. Mais simplement le groupe Les Robins des bois, non, je ne pense pas, parce que l'humour est quelque chose qui est périssable. L'humour qu'on développait dans les années 2000 n'est plus du tout celui des années 2025 et ça serait un peu pitoyable, je pense, sincèrement, de reprendre quelque chose en groupe en développant l'esprit qu'on avait à l'époque. qui qui n'empêche pas du tout de s'accueillir les uns les autres dans nos films. Mais vraiment, moi, je suis tout à fait contre l'idée de réchauffer la gamelle. Ça n'a jamais, je trouve, profité aux autres groupes de comiques de le faire.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Donc, moi, je ne suis pas du tout partisan. Si, voilà, nous, on se remettait à faire des sketchs, moi, j'ai 57 ans, je pense que ça ferait de la peine.
- Speaker #2
Cette Les Robins des bois dont tu parlais des deux ans où vous avez été un petit peu tricard, au-delà d'être tricard dans le métier, est-ce que c'est une période de doute aussi ? Parce qu'à chaque fois que j'ai lu des interviews là-dessus, je crois comprendre qu'Echaba aussi d'ailleurs, vous l'avez pris quand même assez personnellement et qu'en fait c'était quand même une période de tristesse et de remise en question.
- Speaker #0
Oui, effectivement on l'a vécu un peu comme une injustice et en même temps comme une période je crois qui était assez saine, où on sortait d'une... un peu de l'euphorie des Robins, vous savez bien marcher sur Canal, sur Vogue Comédie, et puis on s'était pris un petit gadin sur eux. Et ça nous a permis à la fois, finalement, de nous séparer, ce qui était simple, parce qu'on avait travaillé ensemble depuis 8 ou 9 ans, et qu'il était, je pense, le temps qu'on se sépare, donc ça a permis ça. Et puis ça a permis aussi de permettre à chacun d'aller vers ce vers quoi il avait envie d'aller personnellement. que Je crois que c'était une séparation qui a été tout à fait bénéfique. Et puis en même temps, ça nous a effectivement donné le loisir à réfléchir. Mais en tout cas, je crois que ça a été très bon pour nous de se prendre cette petite taule. Surtout que finalement, l'histoire se termine bien. Parce que aujourd'hui, c'est un film qui est pas mal en référence. Récemment, sur les réseaux sociaux, je me suis amusé à lancer un petit challenge. sur l'éclipse et le ça va être tout noir, ça a répondu du feu de Zeus, où vraiment les gens de toutes les générations reprenaient le ça va être tout noir. Franchement, c'était hyper touchant de voir ça. Donc, c'est là-dessus que je me dis que l'histoire se termine bien.
- Speaker #1
Tu disais tout à l'heure pour toi que ce n'était pas forcément normal d'être connu, d'être célèbre, d'être reconnu. Et il y a un moment de ta vie où tu ne t'es pas forcément aidé à ce niveau-là, parce que tu as eu comme compagne une actrice française, Judith Godrej. qui est toujours d'ailleurs une actrice reconnue. Est-ce que cette Les Robins des bois, elle a été dure à vivre, d'avoir toute cette exposition pour votre couple ?
- Speaker #0
Non, alors oui, j'ai des souvenirs un peu étonnants. On sort de la maternité avec ma fille. Il y avait un paparazzi qui était planqué dans une loge de concierge pour faire les photos. Bon, effectivement, c'est un peu chelou de vivre ça. Moi, je ne l'avais jamais vécu. parce qu'à l'époque des Robins, on n'intéressait vraiment pas les paparazzis. C'était une petite période de ma vie comme ça où on s'est fait choper. Et bon, je dirais que ça fait partie un peu du job. Franchement, moi, une fois de plus, je ne suis pas du tout quelqu'un qui me plaint. Je l'ai cherché. On ne fait pas ce métier, franchement. Les gens qui se plaignent en disant « Ouais, c'est insupportable » , etc., je peux comprendre parce qu'évidemment, ce n'est pas du tout le même niveau de notoriété que moi, je connais. Mais une fois de plus, j'ai envie de leur dire, vous l'avez cherché, les gars. Sinon, vous pouviez être un steed chauffeur de taxi. Il n'y avait pas de problème. Mais vous avez choisi de faire un métier où ça fait partie du job d'être connu. Et c'est un risque qui rapporte pas mal d'argent parce que c'est plutôt cool pour vous. Moi, je fais partie de ceux qui disent, bon, écoute, c'est un peu le revers de la médaille pour ceux qui sont très, très, très, très, très connus. C'est un peu relou, mais on l'a tous cherché au départ.
- Speaker #2
C'était un peu vertigineux cette expérience quand tu étais en couple avec Judith Godrej, notamment comme tu racontais de se faire photographier avec ta fille à peine née, mais de se retrouver dans les pages des magazines People, d'être un peu constamment traqué quand même. J'imagine que psychologiquement, ça fait quelque chose. Ça ne doit pas être tout à fait neutre.
- Speaker #0
Ce n'est pas neutre parce que ce n'est pas normal. Donc, c'est vrai que ce sont des expériences qui sont toujours un peu surprenantes quand on les vit sur le moment. Mais une fois de plus, moi, à mon niveau, ça m'a un peu dérangé et je suis passé à autre chose. Et aujourd'hui, ma fille, elle a 21 ans, elle va être en tête d'affiche d'un film prochainement. Bon, ça fait partie un peu de notre famille, c'est un peu bizarre. Elle a des parents qui sont un peu connus, mais ce qui lui plaît, c'est d'être actrice, ce n'est pas d'être connue. Donc, tout d'un coup, elle va être exposée parce qu'elle est en tête d'affiche d'un film. Elle sait que ça va être un peu particulier dans sa vie. Mais nous... on a élevé notre fille avec des valeurs importantes et c'est pas parce qu'un jour t'es surexposé que ça va durer, d'une part et puis surtout il faut pas que ça change ton rapport à la vie et aux gens qui t'entourent et c'est pas parce qu'on te voit sur les réseaux sociaux ou sur une affiche qu'il faut que tu sois quelqu'un de déconnecté donc moi j'ai veillé à ce que ma fille euh et des valeurs importantes et de respect et surtout de se dire que tout ça est provisoire. Parce que en fait, moi, la raison pour laquelle je très bien mon statut aujourd'hui, des gars qui a été connu à un moment et qu'on peut reconnaître à peu aujourd'hui, c'est que j'ai donné priorité non pas à la notoriété, mais à l'épanouissement. Et ce qui m'épanouit aujourd'hui, c'est de réaliser des films. Assez peu de jouer dedans parce que je l'ai fait dans ma vie et ce qui m'éclate. C'est vraiment de diriger des acteurs et des actrices. C'est d'écrire un scénario et de l'emmener au bon. Et ouais, alors effectivement, vous vaut moins, mais c'est vraiment pas grave.
- Speaker #1
Toi qui a beaucoup tourné en tant que réalisateur, mais aussi quand même en tant qu'acteur, où tu as fait pas mal de caméos et pas mal de rôles dans des films. J'imagine que des stars et des célébrités, tu en as vu un paquet. Est-ce que tu as vu, toi, dans ton métier, des gens qui étaient complètement déconnectés ou des gens qui n'étaient plus dans le même monde que nous, en fait ?
- Speaker #0
Ouais, bien sûr. Ah bah ouais. Parce que quand même, je ne sais pas, les Robins, on avait peut-être 35 ans. Donc moi, j'ai l'air que ça fait entre 20 et 25 ans que je côtoie des gens très connus. Et ce qui m'a le plus marqué, moi, dans mon petit parcours, c'est les gens qui apparaissent d'un coup, qui deviennent des méga-restas, et qui implosent en vol parce que tout d'un coup, soit ils deviennent un peu fadas, soit parce qu'il y a un scandale. soit parce que là, et qui implose en vol. Et ça, ça m'a toujours chuté, parce que je me suis toujours dit, « Waouh, putain, je me souviens de lui ou d'elle. » À l'époque, c'était vraiment totalement intouchable. Et qu'aujourd'hui, on n'en entend plus du tout parler. Ça, c'est quelque chose qui m'a beaucoup marqué. La violence de la notoriété, et de la surnotoriété. Moi, il se trouve que je n'ai pas connu cette surnotoriété-là. Si ça m'était arrivé, je l'aurais vécu comme j'ai vécu le reste, j'aurais géré. Mais c'est vrai que c'est étonnant, toutes les quatre figures qu'on peut croiser. Et oui, évidemment que j'ai croisé des gens qui étaient complètement hors sol, dans leur manière de parler aux autres, dans les exigences qu'ils avaient sur un plateau de cinéma ou de télé. J'étais sidéré par le manque de limites. Et ce qui était fou, c'est que les gens en France ne leur donnaient pas de limites. Parce que le principe, c'est que ces gens-là, quand ils sont au summum de leur notoriété, tout le monde s'écrase autour. Donc, on les laisse faire parce que c'est comme ça. C'est eux qui ont le pouvoir. C'est eux qui permettent à un film d'être financé. C'est eux qui font de l'audience à la télé. Donc, tout le monde s'écrase. Et il y a une lâcheté générale dont j'ai sûrement fait partie. qui fait qu'on laisse faire. Et aujourd'hui, je pense que c'est pareil qu'il y a 20 ans, sincèrement. À partir du moment où tu reçois un influenceur ou une influenceuse qui a un gros pouvoir, tout le monde s'écrase. Et bon, voilà, c'est comme ça. C'est notre monde qui est comme ça.
- Speaker #2
Tu crois que ces comportements-là sont toujours tolérables aujourd'hui et que ça se passe exactement de la même façon qu'il y a 20 ans ? Tu ne crois pas que... Je ne sais pas, je pense à MeToo, je pense évidemment à d'autres mouvements aussi, mais... le fait qu'on puisse humilier des gens devient quand même quelque chose, j'ai l'impression, d'un peu moins courant. Mais peut-être que ça se passe toujours comme ça dans le milieu du cinéma.
- Speaker #0
Non, tu as raison. Je pense que le fait que les réseaux sociaux aujourd'hui t'observent en permanence et que tu peux te retrouver du jour au lendemain dans une vidéo, dans un post en train de mal parler à quelqu'un, fait que c'est moins visible qu'avant. Ça, c'est sûr. Maintenant, je pense qu'en coulisses, il y a quand même des comportements complets. complètement inappropriés. Alors, peut-être pas sur le plan de... Je pense que les enfants font très attention dans notre milieu maintenant sur le comportement, les harcèlements sexuels et autres, parce que les gens... J'ai compris que maintenant c'était impossible. Donc ça, évidemment, heureusement, ça a fait du chemin. Et il y a beaucoup, beaucoup moins de dérapages qu'avant, même s'il reste encore du chemin.
- Speaker #1
Tu parles plus de caprice ou de comportement ?
- Speaker #0
Tout ce qui est caprice et... Alors là, moi j'ai foi en l'être humain. Je me dis que ça continuera bien.
- Speaker #2
mais toi tu fais attention à ne pas t'entourer d'acteurs quand tu tournes tes propres films que tu réalises à ne pas t'entourer d'acteurs qui sont comme ça ou au contraire tu te dis bon bah c'est le jeu et de toute façon pour financer un film il faudra bien avoir telle personne ou telle personne et puis allons-y as-tu déjà eu un acteur difficile sur un tournage ?
- Speaker #0
oui oui bien sûr j'ai eu des acteurs un peu compliqués on est obligé de composer mais si on me donne le choix je vais faire le choix d'une actrice ou d'un acteur avec qui je sais que ça va être cool aussi bien sur le plan artistique que sur le plan humain, tout simplement parce que je sais que moi, j'ai une équipe derrière technique avec qui il faut travailler. Et quand un acteur se comporte mal, il ne se comporte généralement pas avec le réalisateur. Il va se comporter mal avec le stagiaire régie ou avec quelqu'un qui va s'écraser et qui va prendre cher en backstage. Et donc, moi, c'est très, très important d'aller faire appel à des acteurs avec qui je sais que... Il y a du respect. C'est important pour moi.
- Speaker #1
Comment tu composes avec ça ? Tu disais que tu composes, mais comment tu gères avec un acteur qui est difficile ? Où s'arrête ? Est-ce que c'est toi qui poses une limite ? Est-ce que tu peux donner un exemple de ce qui a pu arriver ? Tu n'es pas obligé de nous donner un nom, comme tu peux tout à fait nous en donner un.
- Speaker #2
Si tu as envie d'en donner un, tu peux y aller. Ne te prive pas. Il n'y a pas de galère là-dessus.
- Speaker #0
Je ne donne pas de nom, mais il m'est arrivé, par exemple, j'ai réalisé un peplum euh... pour M6 qui était un unitaire pour M6 où vraiment je me suis éclaté à le faire parce que quand on m'a proposé de faire un peplum je me suis dit putain c'est pas tous les jours qu'on me propose de réaliser un peplum donc ça a été un unitaire pour M6 que j'ai vraiment adoré réaliser et sur le plateau un jour il y a une actrice qui a mis un draw au cul à une autre actrice ok donc ça c'est quand même on est dans un cas de figure assez étonnant et et
- Speaker #2
Attends, soyons précis, un doigt au cul ? Un doigt dans le cul ? Enfin, vraiment, genre... François n'arrive pas à l'entendre. Non, je lui ai dit, j'ai mal entendu, c'était une main en face. Très bien.
- Speaker #0
Triste a été très en colère, à juste titre, ce jour-là. Moi, je me dirais, un plateau avec 500 figurants, on était en pleine nuit, bon bref. Et donc, sur le coup, je n'ai pas été mis au courant de ce qui s'était passé, je l'ai su en fin de nuit, et le lendemain... prenait un verre, voilà, et je suis allé en parler à l'actrice qui avait commis ça. Et je lui ai dit, en fait, c'est pas possible. C'est-à-dire que ça n'existe pas de faire ça. Parce que moi, en plus, je suis vraiment pas quelqu'un qui, comment dire, je suis pas quelqu'un qui va gronder les gens, généralement. Mais là, c'était tellement dingue que j'ai été obligé d'aller la voir et de dire, là, c'est chaud, là, ce qui s'est passé. Donc, elle a été excusée et puis finalement, ça s'est passé. Mais oui, là, typiquement, oui, voilà, là, il faut intervenir. Et voilà, on intervient à plein de moments. Quand on est réalisateur, tout d'un coup, il y a un acteur ou une actrice qui a un mouvement d'humeur vis-à-vis de l'équipe. Et là, on est obligé de protéger l'équipe et de dire non, on ne parle pas comme ça. Et puis après, ça se calme. être réalisateur c'est être vraiment c'est protéger tout le monde, de ceux qui ont les postes les plus discrets à ceux qui ont les postes les plus exposés.
- Speaker #2
Mais quand les comportements que tu décris, c'est presque des comportements d'enfants, souvent des caprices, visiblement d'autres choses aussi. Mais donc, ça veut dire que quand tu es réalisateur, ton rôle est un peu aussi d'être parent et de venir gronder et de venir dire non, là c'est trop.
- Speaker #0
Mais pardon, c'est un cliché de dire que les acteurs et les actrices sont des enfants, mais c'est vraiment des enfants. C'est-à-dire que c'est pas un secret mais quand tout est organisé pour que les choses soient le plus simple pour eux, on vient les chercher on bat de chez eux et puis après on les emmène ils sont assistés pendant tout un... bon les têtes d'affiches, oui ce sont des grands enfants oui la plupart du temps et vraiment il faut faire on se retrouve dans des situations où quand même ils sont très très bien payés Merci. Et telle ou telle actrice vient te dire qu'elle aimerait bien être libérée une heure ou deux heures avant. Et toi, tu dis, ben non, moi, je n'aurais pas fini dans deux heures. Et à ce moment-là, tu arrives d'avoir un producteur qui vient te taper sur l'épaule en disant, ne la contrarie pas, libère-la, etc. Ou libère-le. Donc, ouais, ouais, c'est notre métier qui est comme ça. Après, ben... On fait avec.
- Speaker #2
Ça m'interroge. Est-ce que tu crois que ce sont des tempéraments que les gens avaient déjà et qui sont surdéveloppés par le milieu ou alors finalement, on les transforme en bébés pour une raison qui m'échappe un peu, en fait, pour leur faciliter la vie. Mais je ne comprends pas non plus pourquoi certains ne refusent pas ce système-là parce qu'il y a un truc presque humiliant, en fait, à être constamment driveé, constamment babycité.
- Speaker #0
C'est les deux. C'est-à-dire que je pense que c'est hyper agréable d'être pris en main. Moi-même, je l'ai vécu en tant qu'acteur. Quand j'étais sur certains films et qu'on vient me chercher et qu'après, il y a quelqu'un qui vient J'ai même eu un carloge magnifique et on tape à ta caravane pour te dire est-ce que tu peux venir sur le plateau ? Puis après, tu es dorloté, tu es chouchouté. Donc moi, je dirais que ça, c'est plutôt agréable. On ne va pas s'en plaindre. Donc il y a à la fois ce côté, je pense, trop protégé à un moment. Et puis en même temps, c'est logique parce qu'on fait en sorte que la personne soit dans les meilleures conditions pour donner le meilleur d'elle-même. C'est un peu ça. Et puis, en fait, il y a des abus. Parce qu'au bout d'un moment, tu as des acteurs qui t'imposent des conditions qui sont complètement absurdes. Mais voilà, c'est le système. Par exemple,
- Speaker #1
un exemple de truc complètement absurde qu'on t'a demandé.
- Speaker #0
Attends, alors ça ne vient pas. Ce n'est pas que je n'ai pas envie de balancer, parce que je viens de balancer. Mais je te donne un exemple. Tout à l'heure, on parlait d'un carloge. ou ce qu'on appelle un carloge ou une caravane, l'agent va le mettre dans le contrat de l'acteur ou de l'actrice. L'actrice n'est pas forcément au courant, mais elle va avoir une caravane à disposition dans laquelle il va foutre les pieds pendant 20 minutes dans la journée. Bon ben voilà, ça c'est des trucs sur lesquels tu te dis qu'on pourrait peut-être mutualiser les caravanes, peut-être qu'on peut mettre 3-4 personnes dans la caravane, au moins ça coûte un peu moins cher au film. Et puis, vu le temps qu'on reste, on partage la caravane. Non, ce n'est pas possible. Donc, on va se retrouver avec 10 caravanes, parce qu'il y a 10 acteurs qui ont demandé à avoir chacun leur caravane. Bon, ça pour moi, c'est des absurdités. C'est un exemple, mais c'est des absurdités. Alors, ça arrive de moins en moins quand même, parce qu'aujourd'hui, il y a un peu moins d'argent dans le cinéma. Et puis, il y a quand même la nouvelle génération qui fait un peu plus gaffe. Mais ce sont des choses qui ne sont pas sur des grosses productions, ce sont des choses tout à fait courantes.
- Speaker #1
Et est-ce que toi ça t'est arrivé, je veux dire, dans toute ta carrière, et c'est tout à fait humain, de faire un caprice où aujourd'hui tu t'y réfléchis, tu te dis mais j'étais débile, pourquoi j'ai fait ça, ou pourquoi j'ai dit ça, ou pourquoi j'ai demandé ça ?
- Speaker #0
J'ai pas le souvenir, c'est pas par l'Einstein, mais j'ai pas le souvenir d'avoir... Parce que moi je suis vraiment pas quelqu'un qui a été éduqué comme ça. Au contraire, moi j'ai été vraiment éduqué par des parents qui m'ont dit t'as rien à réclamer dans la vie, tu dois te débrouiller tout seul. Donc moi j'ai toujours trouvé toujours étrange qu'on me surinsiste. Donc, pardon, ce mot n'existe pas, mais vraiment, c'est vrai que très sincèrement, j'ai toujours trouvé bizarre qu'on me propose un café alors que je peux aller en chercher un. Mais je ne dis pas qu'à l'époque des Robins, on a peut-être eu des comportements qui n'étaient pas cools vis-à-vis d'une assistante de plateau ou d'un assistant de plateau parce qu'on était peut-être, on ne faisait pas assez attention. Peut-être que ça nous est arrivé, mais je n'ai pas le souvenir.
- Speaker #2
Est-ce qu'on glisse vite, par contre ? Est-ce qu'on est obligé de le conscientiser régulièrement, de se dire « OK, comporte-toi bien avec les gens » ? Parce qu'effectivement, naturellement, peut-être qu'au quotidien, à force, on n'est pas forcément très sympathique avec des personnes des équipes techniques ou ce genre de choses.
- Speaker #0
Oui, bien sûr, c'est hyper important de se le dire tous les matins quand tu te lèves, parce qu'en plus, les gens qui nous arrivent, parfois d'arriver un peu bob et poil sur un plateau un matin, ou fatigué, et de rater un bonjour. ou de rater un salut de quelqu'un parce qu'on est concentré. Et en fait, très vite, on peut avoir la réputation d'avoir le moulard, on va être sympa. Donc, il faut être très vigilant avec ça et toujours se dire qu'on a la chance de faire un métier qui est cool, où on gagne bien notre vie. Et en fait, de faire le petit effort de voir qui est autour et d'être sympa, je dirais que ce n'est pas grand-chose, mais c'est bien.
- Speaker #1
Toi qui es hypersensible, est-ce que justement ton hypersensibilité est plutôt un plus pour ton métier ou c'est plutôt en fait un problème puisque j'imagine que ta sensibilité doit être malmenée tout le temps quand tu fais ce genre de métier ?
- Speaker #0
Non, je dirais que c'est un plus très sincèrement. Être hypersensible, c'est être créatif, il y a pas mal d'empathie. Donc en fait, moi je dirais que pour moi c'est un vrai plus. Quand j'ai commencé en tant que jeune comédien, c'était un vrai inconvénient parce que j'avais énormément de stress quand je faisais des... des castings, des auditions, des concours et que je perdais tous mes moyens parce que je n'avais aucune confiance en moi. Donc, je dirais qu'au départ, ça a été vraiment un boulet et par la suite, c'est devenu une vraie force.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, tu as réalisé quand même maintenant plusieurs films. Il y a eu des succès, il y a eu des films qui ont moins de succès. Est-ce qu'un film qui a du succès...
- Speaker #0
Il a du moins de succès que de succès.
- Speaker #1
Oui, oui. En tout cas, justement, quand il y a un... quand c'est un non-succès ou un insuccès, je ne sais pas si ça veut dire quelque chose, comment tu réagis, toi qui es très sensible, est-ce qu'aujourd'hui tu t'en remets mieux ? Est-ce que tu passes directement à autre chose ? Ou est-ce que tu as une semaine où tu es coincé au lit et tu n'oses plus sortir ?
- Speaker #0
Non, c'est violent. C'est violent. Quand on sort un film et que, vraiment en quelques heures, le mercredi s'est plié, c'est une violence, mais sans nom. Et j'en ai discuté avec des hommes politiques que
- Speaker #1
notamment avec un ancien premier ministre excuse-moi de te couper c'est juste pour nos auditeurs je pense qu'un film c'est quoi ? c'est deux ans de travail à peu près ?
- Speaker #0
généralement oui on va dire que c'est une moyenne de deux ans et c'est vrai que du jour au lendemain c'est à dire quand ça sort le mercredi et que le film il prend pas, c'est mort, c'est plié et là c'est une violence parce que jusqu'au bout on a été en promo, jusqu'au bout on a fait des armes en première, on s'est promenés en province on y a cru, on s'est dit allez putain il faut qu'ils trouvent son public ce film et puis tout d'un coup BAM Merci. Ça s'arrête et tu sais que c'est mort et qu'il y a très peu de chances que le bouche à oreille se fasse parce que c'est plutôt rare. Les films fonctionnent sur du bouche à oreille. Ça arrive, mais c'est rare. Et donc, du coup, c'est plié. Et ça, c'est violent. Tu n'as plus d'énergie. Tu ne sais plus ce que tu as envie de sortir, ce sur quoi tu vas travailler. Et puis, tu revisites les deux ans que tu as passé et sur lesquels tu t'es investi comme un gueudin. Et tout ça pour que finalement, ça ne marche pas.
- Speaker #2
Tu disais que la violence était pareille en politique. Tu parlais d'un ex-premier ministre.
- Speaker #0
Oui, j'en discutais avec un ancien premier ministre qui était passé de Matignon à plus grand-chose du jour au lendemain. Et c'était exactement la même violence. C'est-à-dire que le gars, il se retrouvait avec un cortège de personnes. Tu te déplaces à quatre bagnoles, tu es toujours accueilli, tu es toujours pris en main. Et puis du jour au lendemain, conduit sa voiture. Moi, je trouve que c'est normal, parce que c'est ça, la démocratie, il faut savoir réintégrer la vie normale. Tu lui as dit, Edouard Philippe,
- Speaker #2
il faut que tu passes le permis quand même, tu lui as dit ça ?
- Speaker #0
Non, ce n'est pas Edouard Philippe. Mais je peux comprendre en tout cas que ça soit violent pour eux, même si, on ne va pas se plaindre, c'est quand même des gens qui...
- Speaker #1
Non, mais c'est violent,
- Speaker #0
c'est vrai. Mais ça reste violent, et je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de professions qui connaissent ce genre de... de on-off aussi violent.
- Speaker #1
Et comment on reprend du poil de la bête ? Qu'est-ce que tu dirais à Edouard Philippe ?
- Speaker #0
En fait, il faut de nouveau se donner des objectifs. Il faut refaire campagne, c'est ça ? Il faut refaire campagne. C'est la raison pour laquelle je vous annonce officiellement qu'Edouard Philippe jouera dans mon prochain film. Non, que je serai parmi les 41... candidat aux élections présidentielles. Mais oui, oui, oui, c'est-à-dire qu'il faut se redonner des objectifs, il faut se redonner un but, il faut... Voilà, et puis en fait, très vite, l'avantage, c'est que c'est notre métier qui est comme ça, on passe à autre chose et on reparle avec le bâton de pèlerin pour aller vendre son prochain projet.
- Speaker #1
Et comment on gère ça avec ses proches ? Alors surtout, ça dépend si après les proches aussi sont dans ce milieu-là ou connaissent bien ce métier-là, mais... Mais comment on gère ça avec ses proches quand, je ne sais pas, papa a un gros coup de mou, puisque là, voilà, son film s'est planté ou ce genre de choses. Est-ce qu'on a besoin de ses proches ? Mais est-ce que les proches comprennent aussi à quel point, je veux dire, ils peuvent se dire, maintenant que tu gagnes bien ta vie, ça roule, tout va bien ?
- Speaker #0
Oui, c'est exactement ça. C'est-à-dire que les gens, même ma famille qui est habituée, ils ne connaissent pas vraiment un peu les rythmes de mon travail. Donc, pour eux... Ils trouvent ça cool que moi je sors un film au cinéma et ils se réjouissent de savoir qu'ils peuvent aller le voir pendant quelques semaines. Donc ils ne se disent pas que ça peut m'affecter que le film n'ait pas trouvé son public. Et nous, on est quand même dans une profession où je pense que c'est une profession privilégiée et que moi je ne vais pas me plaindre. Donc du coup, j'encaisse. Je sais que ça va être comme ça pendant quelques semaines et que je vais broyer du noir, mais je ne vais pas communiquer là-dessus, je ne vais pas dire trop à ma famille. Je vais hiberner et quand je ressortirai, je serai prêt, je serai d'attaque.
- Speaker #2
Et la question de la critique de presse, j'ai l'impression que tout acteur ou réalisateur aujourd'hui finit par dire « je n'ai ni les bonnes ni les mauvaises » , est-ce que c'est vraiment vrai ? Et par ailleurs, qu'est-ce qui fait qu'on en arrive là ? C'est-à-dire que les bonnes ne compensent pas les mauvaises, même si elles sont très bonnes ?
- Speaker #0
Oui ! En fait, moi, j'ai été... Comme j'ai grandi avec Les Robins des bois qu'on se prenait des seaux de merde, au bout d'un moment, on était devenus vraiment tout à fait habitués. Donc, ce n'est pas quelque chose qui nous affectait. Mais par la suite, quand j'ai fait mes propres films et que j'avais des critiques qui étaient très dures et qui, notamment, pouvaient toucher à vraiment des valeurs importantes pour moi, je me souviens d'une critique du Monde qui disait que le film que j'avais fait était raciste. Moi qui suis né en Bolivie, de mère haïtienne, de nationalité franco-haïtienne, c'est quelque chose que j'ai du mal à vivre. Donc du coup, très en colère parce que je trouve ça injuste. Mais en même temps, c'est le rôle de la critique de dire ce qu'elle a envie de dire. Mais par la suite, j'ai voulu me protéger en me disant ne lis pas les bonnes, ne lis pas les mauvaises. Et puis voilà. Et puis de toute façon, les critiques, elles passent quand même, quoi qu'il arrive. Vous allez le voir sur des critiques d'allocinés où les gens se lâchent comme c'est pas possible ou sur les réseaux sociaux, vous allez avoir des trucs. Donc, on ne peut pas non plus échapper à la critique. Avant, elle était plus ciblée. Voilà, c'était plus les journaux qui, aujourd'hui, c'est tout le monde qui critique. Et comme c'est un sport national français de critiquer de façon... C'est un peu rude, mais c'est pour ça qu'il faut se protéger un peu de ça.
- Speaker #2
Et il y a un autre sujet qu'on aborde régulièrement dans l'émission, c'est la question de la séduction. Comment on fait pour...
- Speaker #0
C'est 3% de batterie.
- Speaker #2
Ah merde !
- Speaker #0
On le lit tout de suite. Ok, t'as pas de chargeur ? Ça risque de couper à un moment.
- Speaker #2
Ok, oui, donc il va falloir qu'on fasse vite.
- Speaker #0
Mais je vous le dis, c'était quoi ?
- Speaker #2
Est-ce que ça aide pour choper ? En gros, est-ce que ça aide pour choper ? Non,
- Speaker #0
mais bien sûr, évidemment. À l'époque où des robins, le fait qu'on voyait à la télé, à nulle part ailleurs, c'était... c'était incroyable. Mais après, moi, je dirais que c'est comme la notoriété, c'est-à-dire que, à partir du moment où on se dit que la notoriété n'est pas quelque chose de normal, la séduction liée à la notoriété n'est pas non plus quelque chose de normal. Donc, il y en a pas mal qui se rapprochent de vous parce qu'on vous voit là ou là. Et ça, il faut savoir faire un peu la part des choses et ce n'est pas lié forcément à mon charme naturel ou ma calvitie. parce que je sais que j'ai une cabisserie particulièrement séduisante. Mais la séduction, c'est un peu comme la notoriété. C'est quelque chose qui, sur le coup, tu le découvres avec un petit peu de... Ouais, de... Ouf,
- Speaker #1
t'es surpris. Et puis après, ça se calme. Merci, Maurice.
- Speaker #2
On va terminer là-dessus. Merci à tous nos auditeurs. Et n'hésitez pas à vous abonner à nos réseaux sociaux, Instagram, TikTok, Facebook, etc. Et à laisser des commentaires et des bonnes notes sur les plateformes d'écoute et sur YouTube.
- Speaker #1
On remercie Charlie Clouet pour le mixage et Frédéric Maton pour la musique. Et Maurice, merci d'être venu. On dit bien pour ce prochain film avec Edouard Philippe. Ça peut cartonner, je pense.
- Speaker #3
Je ne suis pas mécontent. Ce n'était pas facile de le faire.
- Speaker #2
Bien joué. J'espère qu'il aura une grosse caravane.
- Speaker #1
À très bientôt. Merci à toi.
- Speaker #3
Salut, à bientôt. Générique