- Speaker #0
Quand j'ai commencé le Jamel Comedy Club, on faisait des tournées dans un bus, un tourbus. Donc c'était très rigolo, il y avait une ambiance un peu, tu sais, groupe de rock mais de comique quoi. Donc on s'est rendu compte que vraiment on était tous très très très sages. C'est-à-dire que la cigarette, c'était quelque chose que seul Blanche et moi, on fumait. Et on fumait à la fenêtre. Et tout le monde nous disait, vous êtes relous là. Vous êtes relous. Je disais, c'est pas vous. Vous êtes censé être des cailleras durs à la street et tout. Casser les couilles pour une odeur de clope, quoi. Tu vois ? Cette idée-là m'a terrifié. Il y a un aspect de, je ne suis plus libre dans la vie. C'est fini, topipo. Tous les jours, il faut que je me procure un truc, quoi. Et je ne l'ai pas vu venir avec la clope parce que ça a été très pernicieux. Parce que, comme j'ai peur des addictions, si je tombe dans cette addiction, Par mode de vie, puisque moi, je sors tout le temps. Je suis dans un métier où on me propose de l'alcool gratuit, en permanence. C'est gratuit. On t'entend, on te dit, prends. Et quand on ne prend pas, on te dit, mais pourquoi ? C'est plus fatigant de refuser de l'alcool que d'accepter de l'alcool. Donc, ce n'est pas facile. Et en plus, moi, je suis censé être comique. Donc, un mec rigolo, qui est fort.
- Speaker #1
Comique ?
- Speaker #0
Non, mais tu vois, pour les gens... C'était instantané. Il m'a dit le mieux, c'est d'arrêter. Et j'ai dit quand ? Il m'a dit maintenant. Quand tu es dans la merde et que tu as une forte anxiété, est-ce que tu peux faire autrement ? Et la réponse est totalement oui. Oui, mesdames et messieurs, la réponse est oui. C'était fait pour inciter les jeunes et les enfants à fumer. Moi, je ne sais pas si c'est vrai ou pas. Je m'en fous, je suis dans le complot. Vraiment, et ce n'est pas la fierté, c'est parce que justement, je suis une flippette. C'est pour ça que j'ai arrêté qu'une fois. Parce que je pense que je n'aurais pas pu arrêter deux fois. J'ai arrêté qu'une fois et j'étais terrifié, évidemment. C'est-à-dire qu'au moment... Alors je te raconte, je te fais l'histoire.
- Speaker #1
Oui, on veut l'histoire ! Salut, bienvenue sur Tu manques pas d'air, épisode 4, saison 2. Je vous présente brièvement, pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Yacine Bellous, ancien fumeur, humoriste de profession. Je glisserai quelques extraits filmés de l'interview sur le compte Insta Tu manques pas d'air et vous pouvez retrouver ses trois derniers spectacles qui s'appellent 2021, 2022, 2023, en ce moment sur Canal+. Et du coup, là, il est en tournée pour le 2024. Si vous voulez prendre des places, vous, à votre billetterie. Et si vous voulez une explication sur les titres What the Fuck de ces spectacles, c'est dans l'épisode. Bonne écoute ! Ouais, toi ! Je te laisse finir ce que...
- Speaker #0
Présentez-vous.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Tout à toi, je suis prêt. Trop bien. Je sens qu'il va falloir avoir du cardio.
- Speaker #1
Tu as vérifié ça ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. C'est ce que tu m'avais dit l'autre fois. Bah ouais. Alors, je te suis.
- Speaker #1
Ouais, le projet, c'est que tu montes 5 étages en faisant genre que tu n'es pas du tout essoufflée pour vérifier si tu manques d'air ou pas de plus arrêter de fumer.
- Speaker #0
Je n'ai pas peur. Donc, je me mets derrière toi comme ça et on discute, on papote, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Bah, en fait, je pense que je vais être essoufflée, mais ce n'est pas à cause de la clope, c'est à cause de la mauvaise hygiène de vie en général.
- Speaker #1
moins la clope.
- Speaker #0
La clope, ça a totalement changé ma vie. Le fait d'arrêter de fumer, j'ai pu souffler beaucoup plus. J'ai pu faire du sport déjà.
- Speaker #1
Parce que là, les cinq étages, quand tu étais fumeur, tu aurais senti la différence ?
- Speaker #0
J'aurais senti la différence, oui. Je pense que j'aurais senti la différence. Même l'idée de les faire m'aurait saoulé. Alors que là, je me disais, ça fait marcher les jambes.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Ça fait changer d'état d'esprit en fait.
- Speaker #0
Complètement. Vraiment, l'arrêt de la cigarette a réussi à me faire faire... Du sport, alors clairement je n'en faisais pas. Là je suis essoufflé, un peu mais ça va. Tu manques d'air ou pas ?
- Speaker #1
Tu manques d'air ou pas ?
- Speaker #0
Non ça va. Je suis essoufflé genre effort physique.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais ça va.
- Speaker #1
Et bien bienvenue.
- Speaker #0
Merci. Si je m'assois là comme ça, ça va ? Comme ça je ne suis pas loin du café, je suis content. Parce que moi j'adore le café.
- Speaker #1
Ok, cool. Et bien alors c'est parti. J'ai un million de questions donc on va essayer de réduire à quelques-unes.
- Speaker #0
Positions, toi.
- Speaker #1
pareil à 16h t'inquiète c'est pour ça en fait au montage je pète un câble donc on se dit pendant on se dit j'adore parler mais c'est pour toi ok donc si tu es là aujourd'hui c'est parce que j'ai eu la chance de voir je veux dire tous tes spectacles ça fait très groupie en commençant comme ça mais en tout cas j'ai surtout vu le dernier le canal 2023 je suis allée le voir même en live et avec les néons Oui, avec les néons. Budget décor, incroyable.
- Speaker #0
Incroyable, on a investi dans le décor cette année-là, j'avoue. Mais c'est vrai.
- Speaker #1
Non, mais en vrai, c'est bien.
- Speaker #0
Pour moi, comme c'est moi qui organise le spectacle et qui le produit, c'est moi qui ai dit, je vais faire un décor sympa, et j'ai engagé quelqu'un spécialisé là-dedans et tout, et je suis content.
- Speaker #1
Trop bien, franchement, bien. Et bien du coup quand j'ai assisté à ça, à un moment que ne dis-tu pas ? Euh... Oh bah attends, je vais faire mieux que ça. Parce que du coup je suis allée revoir le passage. Tu dis...
- Speaker #0
La drogue c'est mal. Moi j'ai arrêté deux drogues. Deux drogues que j'ai stoppées, c'est le tabac et l'alcool. Le tabac et l'alcool c'est vraiment... Eh merci, merci, t'es gentil. On attendait pas à ce que les gens applaudissent en vrai parce que... Mais ouais ! Franchement, la plupart du temps, les gens disent juste oui, bon. Parce qu'en fait, le principe, c'est de faire des blagues. Ce n'est pas de se faire congratuler, félicitations. En fait, ils ont applaudi. Je me dis, ok, je suis où dans mon texte ? Non, mais oui, j'ai arrêté tabac et alcool, mais à au moins 10 ans d'écart. J'ai arrêté en 2023 l'alcool et le tabac, j'ai arrêté en 10 ans d'écart, pile, 2013.
- Speaker #1
T'arrêtes quoi ?
- Speaker #0
Je suis à peu près au même endroit.
- Speaker #1
Le crack ?
- Speaker #0
Le crack, je ne sais pas, parce que j'ai pris ma première bouffée dans le métro tout à l'heure et c'est kiffant. Je vais attendre de voir.
- Speaker #1
T'arrêtes. OK, on en reparle et sinon, je te mets dans mon agenda dans dix ans pour un épisode.
- Speaker #0
L'arrêt du crack. Non, je n'ai pas fait exprès de faire dix ans, mais c'est vrai que je m'en rends compte maintenant. C'est vrai que ça fait dix ans, donc c'est bien.
- Speaker #1
Oui, félicitations. Du coup, tu as expérimenté les deux. Est-ce qu'on te félicite plus pour l'arrêt du tabac ou pour l'arrêt de l'alcool ?
- Speaker #0
L'arrêt du tabac, parce que l'arrêt du tabac, on voit ça plus comme quelque chose de difficile. C'est acté maintenant dans la tête des gens que le tabac, c'est pas bien et que le tabac, c'est tabou, on y viendra tous à bout. Que c'est quelque chose de très dangereux pour la santé, que quand on fume trop, ça crée des problèmes au poumon, cardiaque, tout ça, tout ça, tout ça. Il y a des tas de photos horribles sur les paquets. Par contre, l'alcool, l'alcool, c'est la fête. L'alcool, c'est vivre. Et si toi, tu ne gères pas l'alcool, c'est toi le problème. et c'est comme le tabac je pense que c'est pas vrai tout ça,
- Speaker #1
moi je suis pas d'accord c'est vrai que là les études montrent que la première mort évitable en France, le tabac la deuxième mort évitable c'est l'alcool,
- Speaker #0
c'est fou c'est fou et entendre ces chiffres là c'est, moi je cherche toujours à faire des blagues dessus mais en fait tu sais quand tu fais des blagues dessus il faut que le sujet, les gens soient un petit peu d'accord pour l'écouter, qu'ils se sentent pas comme piqués ou agressés ou quoi que ce soit Donc, les deux chiffres que tu dis là, moi, ils me fascinent. Je les connais. Parce que j'ai essayé de voir, tu sais, accident de la route, violence, tu vois, meurtre. Eh bien, le tabac et l'alcool, plus que genre les meurtres, que tout ce qui est violence. Et cet aspect-là, les gens, je pense, ils ne le conscientisent pas vraiment. Ils ne se disent pas, en fumant, je fais un truc grave pour moi. Ou en buvant, je peux m'emmener dans une galère de fou et toute ma vie. des séjours à l'hôpital cet aspect de la santé là c'est vrai que comme c'est culturel fumer une clope puis c'est cool dans les films et tout et ben on le met de côté sauf que maintenant il y a une sorte
- Speaker #1
de tendance avec entre autres le dry january où c'est un peu plus commun de dire qu'on ne boit pas d'alcool mais c'est quand même pointé du doigt notamment parce que en fait ça renvoie à sa propre consommation. Je ne sais pas comment ça s'est passé pour toi.
- Speaker #0
Tout à fait d'accord.
- Speaker #1
Mais quand tu dis j'arrête l'alcool, soit on va te dire t'es chiant, c'est le classique, soit on va se sentir un peu crispé parce qu'on ne peut pas s'empêcher de se dire mince, moi où j'en suis dans ma consommation ?
- Speaker #0
Exactement, et ça terrifie les gens. Je pense que quand tu dis j'ai arrêté l'alcool, ça leur fait peur. Et moi tu peux rajouter l'islam aussi, parce que moi je m'appelle Yacine, et donc les gens ils disent, alors qu'est-ce qui se passe ? Ils veulent savoir, comprendre si c'est un truc spirituel. une privation religieuse ou quelque chose comme ça. Donc, tu as un cliché supplémentaire. Mais c'est vrai que l'alcool, ça fait peur aux gens parce que l'alcoolisme, ce n'est pas considéré comme une maladie sérieuse dont les gens ne sont même pas à 100% responsables, en tout cas pas coupables. Il y a des gens qui ont des problèmes physiologiques qui font qu'ils vont être beaucoup plus aptes à devenir alcoolodépendants. Il y a des gens qui vont moins l'être et ils n'auront fait aucun effort. ni l'un ni l'autre c'est comme il y a des gens en Asie il manque une petite enzyme dans leur foie du coup ils ne supportent pas l'alcool et bien ça ne veut pas dire que c'est des petits buveurs ça veut dire qu'ils n'ont pas une enzyme il y a une enzyme qu'il n'y a pas donc c'est un truc le côté médical il n'est pas assez respecté et le côté social et force de la nature ou moi je suis breton je peux boire 10 litres d'alcool il est hyper mis en valeur c'est complètement con mais après ce n'est pas pour faire culpabiliser du tout Franchement, moi je suis chaud qu'on parle de la culpabilité. Après, là j'ai dit c'est complètement con. Je ne prends pas du tout les gens qui disent moi j'aime boire ou je veux arrêter de boire, peu importe le chemin pour des débiles. Ce n'est pas ça que je dis. Je dis juste qu'on a une culture qu'il faudrait peut-être essayer d'améliorer pour notre santé.
- Speaker #1
C'est clair. Ce que je voulais aborder, c'est ce que tu as évoqué tout à l'heure, ce sont les sketchs en lien avec l'alcool ou le tabac. Dans mon bouquin, j'ai fait deux pages de QR code de tous les sketchs que j'ai trouvés sur l'arrêt du tabac.
- Speaker #0
C'est génial !
- Speaker #1
Et du coup, il n'y en avait pas d'Yacine Bellous.
- Speaker #0
Mais non, mais c'est super. Moi, je me souviens d'un sketch de Gad Elmaleh qui avait dit j'ai commencé la cigarette Et c'était super, c'était fou. Et à l'époque, quand quelqu'un arrêtait la cigarette, je me souviens d'une interview de Danny Boone à Nulle Par Ailleurs. À l'époque, parce que je suis une personne âgée. Et donc, Danny Boone, on lui a dit vous avez arrêté de fumer Et il y avait genre quatre questions. Je ne sais pas, tu as une intervention de six minutes à la télé. Là, il y avait quatre questions, genre, vous avez arrêté de fumer, Danny Moon ? Oui, j'ai arrêté de fumer. Ah bon, mais comment vous avez fait ? Bah écoutez, je ne sais plus ce qu'il a dit. Genre, il a tout expliqué. Et après, il dit, qu'est-ce qui vous manque ? C'était un sujet. C'était un sujet de ouf. Le gars vient faire la promotion d'un spectacle, d'un film. C'était hyper important. Donc déjà, à l'époque, les podcasts, on va dire que c'est des sujets plus niches. Mais là, nulle part ailleurs, c'était vraiment comme le journal télévisé, de la culture. C'était tous les albums qui sortaient, tous les livres qui sortaient, les stars de cinéma. Et là, c'était vraiment genre Waouh ! Vous avez fait un exploit, c'est Arrêtez la cigarette ! Et ça m'avait marqué quand j'étais petit, parce que j'étais là C'est dingue comment ça a l'air fou pour les gens de l'interview.
- Speaker #1
Et je me dis que les sketchs à faire sur l'arrêt du tabac, justement, c'est un peu touchy, comme tu le disais, parce que ça peut embêter les gens, les gens se sentent concernés mais peuvent être vexés. Donc évidemment on n'a pas envie de froisser les gens, il faut trouver la bonne manière de dire la chose.
- Speaker #0
Ouais grave, en fait il faut essayer de ne pas réveiller des traumatismes sur la drogue ou ce genre de choses, donc c'est pour ça que dans les sketchs en tout cas, ça doit être très personnel, ça doit être très je vous raconte mon expérience personnelle à moi-même. Je ne veux pas dire que vous ça va super. C'est ce que je disais souvent. Je le dis dans le casier. C'est moi, c'est moi. Vous, c'est vous. C'est super. Et comme on était, tu sais, dans un comédie club, ils servent de l'alcool. C'est comme un bar. Donc, il y avait des gens qui avaient des bières. Et ils mangent un bout. Ils boivent une bière. C'est une soirée, quoi. Enfin, il n'y a pas de problème. Donc, c'est vrai que je vois leur regard un tout petit peu dire excuse-moi, est-ce que tu vas nous sortir de la fête ? Et moi, je dis non, je ne veux pas vous sortir de la fête. Justement, qu'on parle de nos problèmes, c'est rigolo. Parce que dans la comédie, c'est bien de parler, de mettre une tension. Pour ensuite relâcher la tension, c'est ça qui va provoquer le rire. Donc de dire un truc un peu stressant, un peu... Et hop, faire une chute, un truc à contre-pied, quelque chose de surprenant, qui va faire que les gens vont... Ah ! En fait, c'est pour rire. C'est délicat avec les substances en général.
- Speaker #1
Tu t'es posé la question de comment faire un sketch dessus. Est-ce que... Jusqu'où je vais ? Parce qu'en fait, là, on a mis pause sur le spectacle qui s'appelle 2023, qui est sur Canal+. Je fais... Un petit rappel qu'on voit tes trois spectacles 2021, 2022, 2023. Oui, ce sont les titres de ton spectacle. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
C'est les titres des années. Parce que j'essaie de faire un spectacle par an. À chaque fois, le spectacle est le nom de l'année dans laquelle j'ai construit le spectacle.
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il y a un 2024 ?
- Speaker #0
Il y a un 2024 en cours, là. Il va arriver à la panne. Tu es invité, évidemment. Bien sûr. Bien sûr. Pas de problème. C'est trop gentil. Merci, je suis très content. Et ouais, en fait... En 2023, j'ai vraiment arrêté l'alcool. Et j'ai arrêté l'alcool parce que, à mon avis, le professionnel de santé à qui j'ai parlé, qui était addictologue, j'ai voulu faire un rendez-vous avec un addictologue. Et il m'a dit, je ne pense pas que tu aies un problème. Parce que, oui, petite parenthèse, je suis très anxieux. Et j'ai peur des addictions, en général. C'est une peur que j'ai. Mais depuis que je suis petit, j'ai peur des addictions parce que j'ai l'impression d'être enfermé, d'être obligé de faire un truc. Donc si t'es addict à l'alcool, t'es obligé de boire de l'alcool, sinon t'es malade. Si t'es addict au crack, à l'héroïne, t'es obligé de trouver la substance, sinon t'es malade. Cette idée-là m'a... terrifié. Il y a un aspect de je ne suis plus libre dans la vie, c'est finito pipo, tous les jours il faut que je me procure un truc quoi. Et je ne l'ai pas vu venir avec la clope parce que ça a été très pernicieux. Donc après je te raconterai. Sur l'alcool j'avais un peu peur et tout, et je me dis est-ce que ma consommation elle déconne, elle est bonne ? Parce que c'est vrai que quand je buvais de l'alcool, je ne suis pas un énorme consommateur, j'entends des bars ou des choses comme ça, d'alcool fort. Par exemple des fois je prenais des cocktails, j'aimais bien aller dans les speakeasy. C'était cool, il y avait un aspect, on sort, c'est fun. Mais sinon, je buvais vraiment genre de la bière, quoi. Tu vois, c'est... Mais c'est vrai que je trouvais ça triste si je n'avais pas un peu d'effet d'euphorie. Si je n'étais pas un peu pété, je disais, ça a quoi de boire une bière si tu n'es pas un peu pété ? Et au fur et à mesure, je me suis rendu compte que, ouais, ça pouvait être problématique, parce que si je recherchais tout le temps l'effet, et que l'effet est un effet anxiolytique, c'est-à-dire que l'effet, pour moi, il m'apaise. Quand je dis être pété, c'est que juste je suis moins stressé ou j'ai moins d'inquiétude sur le coup. Eh bien, le lendemain, le surlendemain, la descente, la lutte de ton corps fait qu'en fait, t'es pas bien. Parce que si t'as fait une fête le lendemain, t'es pas bien. Donc, c'est classique, ça paraît hyper bête. Mais il y avait un moment dans ma vie où j'ai dit j'ai envie de faire un point. Parce que comme j'ai peur des addictions, si je tombe dans cette addiction par mode de vie, parce que moi, je sors tout le temps, je suis dans un métier où on me propose de l'alcool gratuit. en permanence. C'est gratuit. C'est gratuit. On t'entend, on te dit, prends. Et quand on ne prend pas, on te dit, mais pourquoi ? C'est plus fatigant de refuser de l'alcool que d'accepter de l'alcool. Donc, ce n'est pas facile. Et en plus, moi, je suis censé être comique. Donc, un mec rigolo, qui est fun. Non, mais tu vois, pour les gens, parce que...
- Speaker #1
En vrai, il ne fait pas que... Ah, du tout.
- Speaker #0
Mais moi, ce n'est pas ça. Mais c'est parce que je leur laisse quand même le droit de ne pas me trouver drôle. Je suis censé être très con, ils ont le droit de ne pas me trouver marrant, tu vois ce que je veux dire ? Mais non, c'est même pas de l'humilité, franchement, en vrai, il y en a plein que je trouve pas marrant, et j'ai le droit, c'est la vie, on a le droit, chacun ses goûts. Et donc, les gens, ils associent beaucoup, beaucoup, beaucoup, boire un coup en bar et s'amuser. Et c'est normal, parce qu'on leur a dit. Et moi aussi, j'ai associé les deux. Ou bonne nouvelle, champagne. Tu sais, dans les films, ils disent tout le temps ça. Et tu as envie de faire pareil. Bon, et donc voilà. Moi, je n'ai pas eu de contraintes. Mes parents ne m'ont pas interdit l'alcool. On ne m'a pas dit, surtout pas, c'est terrible. On m'a dit, ça fait partie de la vie en société, tu vois, en vrai. Donc voilà, j'ai fait ce chemin-là. Et au bout d'un moment, je fais, wow, il faut faire attention. Parce que j'avais une année très stressante. Et je voyais bien que je consommais pour me déstresser. Et donc là, je suis là, c'est la merde. Si jamais je suis ce parcours-là, je veux être conscient et je veux savoir ce qui se passe. Donc j'ai pris un rendez-vous, comme un grand, et j'ai eu de la chance parce qu'en fait j'ai croisé le gars. Donc j'ai croisé un addictologue et j'ai dit vas-y, je peux faire un rendez-vous ? Et il me fait ouais. Et il est hyper gentil. Pour enlever l'anxiété que tu as des mauvais moments dans ta vie et que tu te retrouves à vouloir compenser quelque chose de très violent par ça, c'est une histoire que j'ai entendue assez souvent, tu vois. Donc je me dis pourquoi ça ne m'arriverait pas à moi ? Qu'est-ce que j'ai de spécial ? Est-ce que je suis différent des gens ? Moi, je ne crois pas. Donc, en gros, j'aurais pu glisser. Et comme moi, je n'ai pas le super gêne qui fait que tu peux boire un verre et dire Eh bien, j'ai atteint ma consommation d'alcool, j'en suis fort heureux et c'est vraiment très sympathique. J'ai passé un moment savoureux. Je vous souhaite une excellente soirée. Moi, je n'ai pas ça. Je n'ai pas ça et j'ai une anxiété qui est très forte. Et dès que mon anxiété est calmée, mon cerveau me dit Continue à la calmer. On continue à la calmer, frérot. On avance. Donc, j'ai dû trouver d'autres moyens. Et c'est super.
- Speaker #1
Alors, c'est quoi les autres moyens ?
- Speaker #0
La thérapie. Ça, je l'avais déjà commencé même avant.
- Speaker #1
Yeah ! Merci les hommes qui disent qu'ils font de la thérapie. Merci !
- Speaker #0
Avec plaisir. La thérapie, j'avais commencé avant Laurent Carilla. Et la thérapie, ce n'est pas quelque chose qui est facile à ni comprendre, ni se lancer dedans parce que ça déclenche une quantité de... peur chez les gens qui est normal et que je comprends et puis ils ont les expériences des uns, des autres. Donc, ils se forgent une idée bâtie sur ce qu'on leur dit. Et ce n'est pas forcément le meilleur moyen de se forger une idée sur quelque chose, pas vrai ? Quand on entend parler d'un truc, peut-être, ça vaut le coup de se renseigner déjà peut-être un peu soi-même sur les sites internet de l'État, de la santé, on peut aller partout, il y a plein d'infos. la sécu, les gens ils sont gentils, ils ont fait plein de sites pour expliquer tout maintenant aux jeunes, puis limite jaloux de ma jeunesse. Franchement ils ont des petites vidéos sponsorisées par l'Etat en disant... Voilà j'ai ainsi sponsorisé par l'Etat parce que il y a plein de gens ils disent tout et son contraire sur internet et sur youtube et je déconseille de regarder quelque chose qui n'a pas été sourcé, vérifié, parce que c'est un sujet qui est trop grave pour en parler. Après si tu veux je fais plus de blagues, je fais des proutes, je fais des... tu vois je me mets les doigts dans le nez.
- Speaker #1
Tu dis ça, en fait, je t'imagine passer des nuits entières sur Internet, YouTube,
- Speaker #0
à chercher... J'ai cherché très longtemps quel type de thérapie, puis savoir quelle était la différence entre un psychothérapeute, un psychiatre et un psychologue. Parce que les gens, ils disent j'ai un psy. Et moi, à chaque fois, je dis mais c'est un psy quoi ? Et on me dit c'est mon psy. Je dis mais ça finit par quoi ? Et des fois les gens ne savent pas. Ils me disent c'est mon ami qui me l'a conseillé et tout, c'est super. Je dis bah t'es content, t'es content. Mais il y a des protocoles, c'est des choses qui sont encadrées. Il y a une loi, il y a des psychiatres qui sont des médecins. Il y a des psychologues qui sont certainement très très bons. Mais il faut essayer de voir quel type de traitement ils utilisent. Et moi je dis ça, je ne suis pas du tout un pro. Mais je peux dire ce qui m'a fait du bien, c'est la thérapie cognitive comportementale. Moi, j'ai trouvé que c'était vraiment adéquat pour moi parce que j'ai besoin de résultats. Je ne peux pas juste raconter ma vie pendant des heures et ça me gonfle, en fait. Et pour les gens qui pensent qu'aller voir un psychiatre ou un psychologue, c'est s'allonger et pleurer en disant quand j'avais 7 ans, je ne sais pas ce qui s'est passé, on m'a volé mon goûter et du coup, ça m'a fait une blessure dans mon cœur. Je comprends que ça puisse paraître étrange. Peut-être qu'il y a des gens, ils en ont besoin de faire ça. Mais moi, qui étais plus pragmatique, j'avais besoin de dire je ne comprends pas pourquoi je pense comme je pense, j'ai besoin d'aide pour comprendre pourquoi les comportements chez moi qui me semblent plus adéquats ou qui ne me semblent pas m'aider dans la vie, comme par exemple avoir trop d'anxiété sur des conneries, avoir des tocs, ce genre de choses, parce que j'ai très peur des maladies, j'ai un problème avec la contamination, ça me thérapie. Donc avoir ça... Comment je peux essayer d'améliorer cet aspect-là ? Et vraiment, c'était beaucoup plus pragmatique que tout ce que j'ai pu faire avant. C'est une thérapie que je conseille à chaque fois.
- Speaker #1
Et quand tu as fait cette thérapie, ça t'a aidé pour tes addictions ? Enfin, ton terrain addictif ?
- Speaker #0
Non. En fait, ça m'a aidé pour les TOC. Et les TOC, c'est lié beaucoup à l'anxiété. Et moi, je pense que, de près ce que j'ai compris, c'est de l'anxiété généralisée. C'est un truc que plein de gens ont, tu vois. Et en fait, avoir moins de TOC, c'est avoir moins d'anxiété. Et avoir moins d'anxiété, c'est avoir moins besoin de calmer son anxiété. Et comme tu m'as dit comment t'as fait pour calmer l'anxiété, j'ai dit la thérapie, tu vois. C'est comme ça qu'on est arrivé sur le sujet.
- Speaker #1
Génial. T'es allé voir le problème à la source,
- Speaker #0
en tout cas. Oui, non mais c'est un grand mot. J'ai encore des tas de problèmes et c'est pas... On n'est pas une équation à régler, c'est surtout ça que j'ai appris. On n'est pas une phrase où il manque un mot, on n'est pas ce genre de choses. On est très complexe, il y a beaucoup de choses. Lisez de la philo, écoutez des gens bizarres parler, il y a de l'art à faire, il y a de la musique à écouter, il y a des concerts où aller sauter, il y a plein de choses à faire. Mais effectivement, il faut voir c'est quoi le résultat. Est-ce que le résultat est positif ou il est négatif ? Et je voyais qu'avec l'alcool, le chemin que j'empruntais, Si je le continuais et que j'avais un problème dans la vie, je ne doute pas que j'en aurais, parce que dans la vie, il y a des bonnes et des mauvaises nouvelles, il y a des moments géniaux et il y a des moments horribles, c'est ça qui fait la richesse, et bien, qu'est-ce qui se passe quand tu es dans la merde ? Et quand tu es dans la merde et que tu as une forte anxiété, est-ce que tu peux faire autrement ? Et la réponse est totalement oui ! Oui, mesdames et messieurs, la réponse est oui ! Vous pouvez vous trouver nul à chier et régler le problème sans... la tease ou de la cam et tu peux même apprécier le moment où tu es nul à chier et être dans ta merde et dire comment je suis nul je suis vraiment éclaté bon bah maintenant je veux savoir comment tu as arrêté de fumer et quel était ton rapport au tabac ce que tu veux nous dire par rapport à cette période là bon alors déjà j'ai commencé la cigarette à cause du shit donc je tiens à vous prévenir S'il y a des gens qui écoutent ce truc, les gars, si vous dites Ouais, je bédave un peu et c'est rien vous êtes déjà addict à la cigarette. C'est une mauvaise nouvelle pour vous. Vous êtes peut-être addict à la cigarette et au shit. Relou. Mais moi, en fait, le truc, c'est que ça n'a pas pris le shit. Parce que les premières fois où j'ai fumé, j'ai fait une crise d'angoisse.
- Speaker #1
Oui, j'avoue.
- Speaker #0
Parce que moi, je suis anxieux de fou. Donc, en fait, ça n'a pas marché. Donc, j'ai stressé de dingue. Je n'étais pas bien et tout. Et tu sais, crise d'angoisse, l'impression que tu vas mourir et tout. Donc, je fais une crise d'angoisse. Et là, je me dis, j'arrête de fumer le fil. J'étais, je ne sais pas, dans ma vie entière, je devais être à mon troisième ou quatrième joint ever, tu vois. Tu avais quel âge ? J'avais 20 ans. OK. 20 ans ou 21 ans. Et donc, cette expérience avec le cannabis a été désastreuse. Mais... Il faut savoir que moi j'ai de l'entourage qui fume, mes parents fument comme des pompiers. Donc ils fument beaucoup, beaucoup, beaucoup. Et on m'a jamais dit la cigarette, enfin on m'a dit la cigarette c'est pas bien, mais c'est plus nous on le disait à nos parents que l'inverse. On leur disait ouvrez les fenêtres les frères. Ce qui m'a fait rire, c'est que j'ai appelé mes parents, les frères. Non, mais on leur disait, ouvrez les fenêtres, s'il vous plaît. C'est relou. On se plaignait, tu vois, parce qu'on était dans la voiture. Et eux, ils ne se rendaient pas compte. Parce que quand tu fumes, tu ne sens plus l'odeur de la cigarette. Tu ne te rends pas compte du tout. C'est super. Quand tu fumes, c'est un très bon moment. Alors que, bon, ça pue la mort et tout, quoi. Et donc... J'avais pas un entourage qui me disait que la cigarette, il fallait pas en fumer. Donc moi, dans ma tête, la cigarette, c'était accessible. Faut savoir que moi, j'ai vécu à une période où ils vendaient des paquets de cigarettes de 10 et que tu pouvais acheter des paquets de cigarettes de 10 à des prix défiant toute concurrence dans des tabacs. C'était légal. Nickel.
- Speaker #1
C'est si bien les paquets de 10.
- Speaker #0
C'était incroyable. C'était mignon, ouais. Exactement. C'est le problème. C'était fait pour inciter les jeunes et les enfants à fumer. Moi, je sais pas si c'est vrai ou pas. Je m'en fous, je suis dans le complot. Pour moi, c'est moins cher, c'est petit, c'est fait vraiment pour dire aux jeunes, bon, t'as 18, 19 ans, t'as pas beaucoup de sous, tu peux t'acheter 10, tu vois. Tu peux pas t'acheter 20, c'est pas grave. Et par anxiété sociale, je me suis retrouvé pendant cette période, ou peu de temps après la période où j'ai fait ce bad trip là, où j'étais en anxiété, à la fac, où j'avais envie de crever. Vraiment à la fac, c'était une période où vraiment j'étais en fac de biologie. J'aimais pas du tout ma fac de biologie. Parce que j'ai fait un bac scientifique et après j'ai fait bio et moi je crois que c'était normal. Et en fait après j'ai dit j'aime pas ma vie, j'aime pas ma vie. On était dans les années, je sais pas, c'était 2001 peut-être ou 2000. Et j'ai trouvé ce moyen de sociabiliser avec les gens, de fumer un peu des clopes. Et comme j'avais fumé des joints, je pensais pas à l'addiction à ce moment-là. Je pensais pas du tout à je vais avoir envie pour toute ma vie. Je me disais juste bon je fume quelques clopes, ça fait genre et je me la pète quoi. Tu sais je parlais avec les gens et ça donnait un style. Et ben... ça m'a permis de créer une anxiété du coup l'anxiété du manque de la cigarette et après me faire croire à moi-même que je résolvais mon anxiété en fumant puisque dès que tu fumes un peu, ton anxiété elle baisse mais elle baisse pas parce que ton anxiété elle baisse elle baisse parce que t'as comblé le manque de la cigarette que tu vas avoir dans 30 minutes donc je me suis autopiégé et je tiens à dire que c'est par anxiété sociale, c'est-à-dire que vraiment maintenant quand je me sens vraiment pas bien Je préfère me dire pourquoi tu ne te sens pas bien. Essaye de comprendre pourquoi tu ne te sens pas bien. Si tu as besoin d'un produit pour t'apaiser quelques temps, comme par exemple du sucre, du chocolat, ou manger un truc très gras parce que ça va te créer un rush de quelque chose, fais-le. Ou regarder un film absolument stupide, ou jouer aux jeux vidéo, ou faire un truc qui fait que tu as l'impression que tu ne penses pas, ce qui ne te met pas bien dans la vie, tes soucis de ce que tu veux. Eh bien... Maintenant, j'ai pris l'habitude de me dire C'est un piège frère Tu vas te retrouver dans un endroit où tu n'as pas envie d'aller Donc essaye de voir si tu ne peux pas gérer ça un tout petit peu en amont Mais ça,
- Speaker #1
ça demande beaucoup de courage Et d'entraînement de pouvoir
- Speaker #0
Non, c'est thérapie franchement Pas courage ou entraînement, je te jure,
- Speaker #1
thérapie Oui mais thérapie, ça demande un courage Il y a beaucoup de gens qui ne vont pas oser faire la démarche Pour aller soulever le tapis Et alors, tu as dit que tu avais arrêté il y a 10 ans Est-ce que c'était la première fois que tu arrêtais ?
- Speaker #0
J'ai arrêté qu'une seule fois, moi.
- Speaker #1
Tu as arrêté une seule fois ?
- Speaker #0
Ouais, en gros, vraiment. Et ce n'est pas la fierté, c'est parce que justement, je suis une flippette. C'est pour ça que j'ai arrêté qu'une fois. Parce que je pense que je n'aurais pas pu arrêter deux fois. J'ai arrêté qu'une fois et j'étais terrifié, évidemment. C'est-à-dire qu'au moment... Alors, je te raconte, je te fais l'histoire. Oui, oui,
- Speaker #1
oui, on veut l'histoire.
- Speaker #0
Je donne le déclic, déjà. Déjà, respect à tous ceux qui fument. Si vous fumez, il n'y a pas de galère. Vous pouvez écouter ces trucs-là en fumant une clope. S'il vous plaît, mettez-vous bien. Parce que le projet, c'est pas de culpabiliser qui que ce soit. Fume ta clope, y'a pas de galère. Moi, je fumais un paquet, un paquet et demi par jour. Chaque jour. Je sortais pas de chez moi sans avoir un paquet de secours. J'étais considéré comme le plus gros fumeur de tous les groupes où j'ai fait. Un peu quand je traînais avec des potes, en fonction que j'avais des amis ou on faisait des soirées ensemble. des vieux amis de l'école de théâtre ou quoi, ou alors des amis du boulot, tout le monde me disait gars, tu fumes comme un ouf Avant de monter sur scène, je prenais 3-4 taffes, je jetais ma clope dans la rue. Je montais sur scène presque, je recrachais la fumée sur le chemin du couloir avant d'être sur scène.
- Speaker #1
Quel vrai fumeur !
- Speaker #0
Un toxico.
- Speaker #1
Ça faisait partie de ton identité en fait.
- Speaker #0
Ça faisait partie de moi. J'avais beaucoup d'associations. Cigarette café, cigarette alcool. cigarette après au restaurant. Entrée, je sors cigarette. Plat, je kiffe, je sors cigarette pour récupérer le plaisir que tu as après avoir mangé. Il se passe un truc, je ne sais pas ce qui se passe, mais tu kiffes quand tu manges un peu et tu fumes. Je ne me considérais pas vivant avant d'avoir fumé ma première clope et mon premier café. Moi, j'étais absent. J'étais présent. Yacine ? Non, pas présent. Pas là. Laissez-moi tranquille. C'est pour te donner le niveau et le côté où vraiment c'est possible. Moi, pour moi, je croyais que c'était impossible de fumer. Impossible ? Impossible d'arrêter de fumer, pardon. Impossible d'arrêter de fumer. Il y a eu un déclic psychologique qui était vraiment important. Et je m'en souviens clairement. En gros, moi, je suis un artiste. Donc, quand tu es un artiste... Comme moi, stand-up, tu sais, c'est un peu nouveau. Il n'y a pas mille personnes qui ont commencé avant nous. Enfin, ce n'est pas comme la guitare, tu vois, je veux devenir guitariste. Bon, ben, il y a des exemples de guitaristes un peu partout, tu vois, en France et tout. Là, en France, il n'y avait pas trop. Et nous, on a beaucoup, beaucoup d'idoles qui viennent d'autres pays. Il y a des gens qu'on admire parce que c'est des grands noms du stand-up qui viennent d'ailleurs. Tu peux citer 10, 15 personnes, les gens, ils n'ont qu'à aller sur Netflix, il y a tout. Moi, mon idole, c'est Eddie Izzard. Eddie Izzard... C'est une personne qui aime beaucoup les langues, qui aime beaucoup jouer sur scène avec le public et rencontrer les gens. Et donc, Eddie a fait beaucoup de tournées à travers le monde. Eddie, maintenant, s'appelle Suzy, c'est une personne transgenre, mais on peut dire les deux. Moi, je vais continuer avec Eddie parce que c'est son nom de scène. Donc, Eddie Isard, c'est vraiment pour moi, artistiquement, c'est le meilleur truc que j'ai vu et c'est vraiment mon idole. Honnêtement, si tu me compares à lui, il n'y a aucun problème parce que dans un sens, il y a ce côté absurde, surréaliste, les monty pitons, le fait d'adresser la parole, le fait d'aller sur des personnages, des animaux, etc. Et moi, j'ai la chance de rencontrer Eddy et par beaucoup de hasard et par aussi le fait que moi, j'ai volontairement pris des dates dans le théâtre dans lequel Eddy jouait pour être présent juste dans le même théâtre. Mais je ne voulais pas faire copain-copain. Moi, c'était tellement presque spirituel. que j'étais là, je suis dans le même théâtre que pour moi la personne qui est la plus douée à ce truc. Il n'y a pas mieux. Donc pour moi, c'était... Et j'ai rencontré quelqu'un de gentil, de très doux, très gentil, très accessible, très humble, qui m'a dit, tu sais quoi, il faudrait que tu fasses des shows en anglais. Pourquoi ne pas faire des shows en anglais ? Et j'ai accepté le fait de faire un défi, le fait de faire un show en anglais, dans une heure de spectacle en anglais, dans un an et demi. à partir du moment où j'ai accepté. Mais pour ça, il fallait que j'aille dans des pays étrangers. Et moi, je n'ai quasiment pas voyagé dans ma vie. J'ai été à ce moment-là de ma vie, je crois, j'ai été une fois au Canada avec une tournée et j'ai été une fois au Maroc, genre. Donc, j'ai pris l'avion genre deux, trois fois maximum. Et au moment où je me dis, je suis sur un nuage, je me dis, attends, j'ai rencontré Edisa qui me dit, il faut faire des shows en anglais parce que c'est vachement bien l'anglais, ça te permet de jouer dans plein de pays. Moi, je crois que tu en es capable. Il n'y a pas de raison que tu n'en sois pas capable. Vas-y, crois en toi. Et le premier truc auquel je pense le matin où je refais un peu ce qui s'est passé, c'est qu'il faudrait que j'aille à New York. C'est là-bas qu'il y a les comédies club. Et à New York, je pouvais avoir des plans pour jouer dans des comédies club. Et le premier truc qui me vient en tête, c'est putain, il y a six heures d'avion. Il y a six heures d'avion, je ne vais pas fumer pendant six heures.
- Speaker #1
Putain.
- Speaker #0
Tu vois, tout ce que je t'ai raconté avant, c'était long. J'ai mis du temps. Imagine la somme. d'amour, de travail, de difficultés, d'opportunités incroyables que je mets en balance avec, putain, il y a six heures sans clope, quoi. Et c'est parce que j'aime mon travail et que j'aime ce que je fais que je me suis dit, t'es un ouf, gars. T'es un malade. J'ai pu voir la pensée, j'ai eu de la chance. Ah, pardon. J'ai cassé. Donc, j'ai pu voir la pensée que j'ai eue dans le cerveau et j'ai eu de la chance d'être chez moi, tranquille. au moment où j'avais cette idée et d'avoir ça vraiment ça c'est ok c'est bien ça le recul de cette pensée tu sais elle aurait pu passer la pensée et tu passes à autre chose et après tu te démerdes t'achètes des nicorettes et tu te dis bah vas-y je vais trouver une soluce là j'ai dit t'es un ouf tu oses prendre comme problème le fait de pas fumer pendant 6 heures alors que t'as peut-être l'opportunité de réaliser genre un rêve de gosse d'aller jouer Là où le stand-up, c'est le plus connu. À l'époque, à New York, c'était vraiment dit, New York, c'est l'endroit merveilleux, trop bien. Il y a le Comédie-Sélar. Il y a tous les gens connus qui vont jouer là-bas. C'était les numéros 1. C'est l'équipe du Brésil, du football, des blagues. Et moi, j'ai pensé ça. Je te jure, ça m'a fait un déclic où j'ai accepté que j'étais un camé. Je dis là, ça, c'est une pensée de toxico, ça. Je suis désolé. C'est une pensée de... La claque !
- Speaker #1
Tu peux réaliser ça. C'est un peu vexant.
- Speaker #0
De fou, de fou mon gars. Et après, il y a un moment où j'ai dit, attends, là, il y a un problème. Il y a un problème de santé personnelle. Ce n'est pas la santé publique, le problème de santé publique. Le problème de santé personnelle, il faut qu'on trouve... En tout cas, c'est acté maintenant. Maintenant, il faut accepter que c'est vrai. Après, j'ai galéré parce qu'après, je me suis dit est-ce que je peux arrêter ? J'avais voulu arrêter quelques années avant et j'ai acheté le livre d'Alan Carr. C'est comme ça que j'ai arrêté. Donc, je le conseille à tout le monde. J'ai acheté ce bouquin et je me suis arrêté à page 30 environ. Je me souviens bien parce que je me suis dit c'est bizarre. Il est bizarre ce gars. C'est chimique. Je trouve que dedans, il y a des notions un peu… Justement, je le voyais comme un gars de secte, le mec. Je me suis dit ouais, c'est comparaison. Il est bizarre le mec, tu vois, je comprends pas où il veut en venir. Et en fait, j'avais pas compris. Je comprenais pas ce que je lisais. Et j'ai arrêté, donc, la lecture. Et ça, c'était en 2003 ou 2005. Là, on est en 2013, je me rends compte que je suis addict. Et je me dis, bon, il faut essayer au moins de recommencer. Comme j'avais le bouquin, j'ai été acheter le bouquin. Mais cette fois, j'ai essayé de chercher s'il y avait pas des nouvelles versions à la FNAC. Et j'ai trouvé un bouquin. bouquin qui disait sans prendre de poids parce que c'était mon anxiété de prendre du poids. Parce que j'ai grandi avec le faut pas prendre de poids, c'est pas bien les réflexions sur le poids, etc. Donc, quand je chope ce livre, je me donne juste une consigne. Je sais pas si ça peut aider les gens. Ma consigne qui m'a sauvé le cul, c'est tu ne passes pas au chapitre suivant tant que tu n'as pas compris le chapitre que tu lis. Tu ne le lis pas comme un truc genre il va y avoir un climax à la fin et je vais tout comprendre. Essaye de capter ce que dit le gars. Et si tu n'es pas d'accord, tu n'es pas d'accord. Mais juste, essaye de comprendre de quoi il parle.
- Speaker #1
Quand tu dis essayer de comprendre, c'est aussi ressentir parce que c'est un état d'esprit qui, j'ai l'impression qu'il essaye de créer un mindset, un mood, il te met en condition.
- Speaker #0
Exactement. Et en fait, je me suis dit, si tu ne captes pas, si à la fin du livre, tu trouves que c'est un gros débile, pas de problème, pas de problème. Mais lis-le consciencieusement. Ça m'a pris trois semaines pour le lire. C'est long. Non, mais c'est un livre tout petit. Oui, c'est vrai. Mais c'est long. Mais il y avait des trucs, j'étais là. Mais je comprends. Non, mais j'étais que sur le livre. C'était trois semaines. C'était ton activité principale.
- Speaker #1
C'était mon activité principale.
- Speaker #0
Tu as fumé ? Ah oui, bien sûr. Parce que tu dis que tu continues de fumer. Mais j'ai fumé, mais avec plaisir. J'encourage les gens à fumer. jamais j'ai culpabilisé quelqu'un de fumer. C'est trop dur, ça fait mal de pas fumer. Quand tu veux pas fumer et que ton corps dit je veux fumer, t'as des douleurs physiques, t'as des crampes, t'es pas bien, t'as les yeux qui piquent, t'as la gorge qui pique, t'as la bouche qui picote, qui fait le truc donne-moi de la nicotine. Jamais de la vie. C'est torturer quelqu'un de lui dire fume pas, c'est un truc de chien, c'est pas bien, c'est pas gentil. Par contre, dire que tu peux pas arrêter... Je dis maintenant que je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord parce qu'en fait, les gens veulent arrêter à la volonté. Et le bouquin, tu n'arrêtes absolument pas. À aucun moment, il n'y a ni discipline, ni volonté. La seule discipline que j'ai eue, c'est si tu ne comprends pas le chapitre, tu relis le chapitre. Si tu trouves que le chapitre, il est bizarre, il est incompréhensible, tu recommences. Parce que sinon, tu n'as pas la substance, l'idée. T'as pas l'idée, voilà. Alors je sais que ça peut paraître un peu fou de dire ça, mais vraiment, je te jure, il y avait des trucs que je ne captais pas. Je les lisais et mon cerveau disait bon, je ne comprends pas ou ouais, je vois ce qu'il veut dire, mais ça ne m'intéresse pas Je n'ai pas d'exemple. Je me souviens de la sensation, mais je n'ai pas d'exemple, je suis désolé.
- Speaker #1
J'aime bien ce que tu décris parce que ça ressemble au concept du déni. Parce qu'on entend bien que tu as compris le livre.
- Speaker #0
C'est totalement le déni.
- Speaker #1
Parce que le livre, il est... accessible, il est fait pour être lu par le plus grand monde, mais il faut le comprendre au sens où il faut le prendre personnellement, il faut se l'approprier. Et donc, quand tu ne comprenais pas, c'était ton cerveau qui voulait te protéger en mode, non mais c'est...
- Speaker #0
Je te trouve que c'est exactement ça. Et pourquoi j'avais peur ? J'étais terrifié au moment de le lire, parce que j'avais peur de ne pas réussir à arrêter. En fait, mon angoisse principale, c'était si je lis ce livre qui a fait arrêter un million de gens, et que je ne peux pas arrêter, ça veut dire que je suis fou. C'est-à-dire que c'est vraiment le cancer qui m'emporte ou c'est la cigarette qui m'emporte. Or, cette peur-là, elle est flippante. Tu te dis que c'est ça ou finito. Sauf qu'il y a des gens après, et je m'en suis rendu compte, des petits malins, qui utilisent cette façon de penser pour se dire que de toute façon, ils sont bloqués, ils sont perdus. Donc ça ne sert à rien. J'ai conseillé le livre à des gens, ils l'ont lu de travers en 24 heures et m'ont dit j'ai pas arrêté Et là, mon frère peut-être prend le... temps, qu'est-ce que ça dit le livre, viens on en parle, bah non mais je l'ai lu quoi et enfin c'est grave il n'y a pas une pilule magique dans le livre enfin faut être débile C'est pas méchant contre eux, mais c'est du déni. Ça te rend bête, le déni. Le déni, c'est qu'il se passe un truc très grave, tu dis mais non, pas du tout Ça va. Pas du tout. Donc ça nous rend un peu teuteux, quoi. Ok.
- Speaker #1
Donc, trois semaines à lire ce livre. Ouais. Tu le comprends, tu l'absorbes ?
- Speaker #0
C'est de mon mieux pour le comprendre. Je fais de mon mieux, et vraiment, je fais comme à l'école. Je fais de mon mieux pour le comprendre. Des fois, je comprends rien, je recommence. Des fois, je suis là et je ne sais pas, je comprends les mots, mais je ne comprends pas ce que ça veut dire. Donc ça c'est vraiment, il y a un problème psychologique. Et j'ai eu des moments, j'ai eu un moment incroyable, un moment Kobayashi. Tu sais, tu as vu le film Usual Suspect ? Ouais. Bah tu sais, à la fin, il y a la tasse qui tombe, tu vois, Kobayashi et tout, bon bref. Il y a un moment révélation, un moment révélation où l'odeur de la cigarette a changé. Je te promets que c'est vrai. Je te crois. Tu me crois ? Bah écoute, c'est dur à faire croire à des gens, parce qu'on dirait...
- Speaker #1
Ah bah je sais pas ce que moi, je suis cridule.
- Speaker #0
Mais non, mais voilà, mais... Je te jure, je fumais et la veille, c'était le tabac, ça sent trop bon. Quand tu fumes, je sentais mes doigts. Ça sent bon le tabac. Il y a une odeur de nicotine ou je ne sais quoi. C'est réconfortant parce qu'il y a une odeur sympa que tu connais. C'est l'odeur du tabac.
- Speaker #1
C'est ton ancrage.
- Speaker #0
Je ne sais pas, il y a un truc. Sauf que quand tu ne fumes pas, le tabac, ça sent très mauvais parce que le tabac ne te réconforte pas. Le tabac ne t'apporte pas d'apaisement. Y'a rien, le tabac, c'est un produit chimique qui pue, quoi. Y'a rien de spécial. Et ça reste sur tes affaires, enfin, infernale. Et je te jure qu'il y a un jour où le tabac avait une odeur différente. Pendant la lecture du livre, il y a un truc où... C'est comme si mon cerveau s'était déconditionné à dire que le tabac, c'était le bonheur et que j'ai pris du recul par rapport un peu à l'odeur et... Bah, je sais pas, j'ai... Mon cerveau a reconnu une autre odeur, pas que celle du plaisir. Peut-être que c'est de l'hypnose, j'en sais rien,
- Speaker #1
je m'en souviens. Ouais, tu t'es auto-hypnotisé, t'as déprogrammé,
- Speaker #0
reprogrammé.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #0
peu importe la raison. Ça m'a permis de mettre une distance avec le produit et de dire en fait, je kiffe moins là le produit, parce que je sens plus cette bonne odeur de ah, on fume, ça fait plaisir Il y a, oui, j'apaise une envie, mais ça sent pas si bon que ça. Et ça, ça a été déterminant. Parce que j'avais toujours le manque, mais l'apaisement du manque ne me procurait plus autant de plaisir réel. C'était, je dois apaiser le manque. C'est comme si tu as faim, mais tu ne manges que 3 kilos de brocolis. Et tu te dis, ok, tu n'as plus faim, mais tu n'es pas dans le kiff total non plus.
- Speaker #1
Tu n'es plus dans l'envie, tu es dans devoir satisfaire un besoin.
- Speaker #0
Et même un truc qui sent mauvais, genre 2 kilos de poisson. mais qui sent pas bon de ouf. T'as deux kilos de colin bouilli, tu vas pas avoir de pain, tu vas vivre, mais c'est pas ouf. C'est pas ouf du tout. Par contre c'est de la nourriture, tu peux pas dire le contraire. Et après ça, et bien comme à la fin du livre on est censé dire ciao, j'ai réussi à dire ciao et je peux te dire que le moment où j'ai jeté mon paquet de clopes, c'est un moment effrayant et formidable. La dépendance physique elle dure trois jours et la dépendance psychologique elle dure à peu près trois semaines. Un mois. Pendant une semaine, je me suis enfermé chez moi. Je me suis enfermé chez moi parce que je ne voulais pas faire subir à mon entourage la violence des crises de manque que j'allais avoir. Je savais que j'allais être désagréable.
- Speaker #1
Tu leur as dit ?
- Speaker #0
Oui, j'ai dit là, je vais être relou parce que je vais avoir des crises de manque. Donc, je sais que c'est comme de la drogue. C'est comme je vais être désagréable, ronchon. Je ne vais pas comprendre les problèmes des gens.
- Speaker #1
Mais tu es sûr de toi parce que j'ai l'impression que... Tout le monde ne vit pas ça comme ça. Donc toi, t'as anticipé au cas où ? Ou tu te connais suffisamment pour savoir que t'es insupe dans ce genre de moment ?
- Speaker #0
Les deux. Alors j'ai anticipé et je sais que je suis insupe puisque quand je fumais pas et quand j'avais pas de cigarette, mon entourage me disait que j'étais insupe.
- Speaker #1
Dans quoi ? Dans comment ?
- Speaker #0
Je sais pas, je suis désagréable, je râle. Quelque chose qui est pas grave, en général, je vais trouver ça grave, relou, tu vois. Genre... Je sais pas, un petit peu de riz quoi, un retard.
- Speaker #1
Tu savais que c'est parce que tu n'avais pas ta dose de nicotine ?
- Speaker #0
Absolument pas. C'est les gens qui me disaient, je pense que c'est parce que... Mais c'est pareil quand je mange pas. Si je mange pas, je suis un fils de pute. Vraiment, je suis horrible.
- Speaker #1
Ton hypoglycémie ?
- Speaker #0
C'est que j'ai faim, j'ai envie de mettre un truc bon dans ma bouche, et je l'ai pas. Et je suis désolé, il faut assumer qu'il y a des défauts. Bonjour, j'ai des défauts. Ok. C'est genre, on m'écoute, bonjour les gens, j'ai des défauts, je ne sais pas vous, mais moi j'en ai. Je suis insulte parce qu'en vrai... il y a un truc d'anxiété qui monte en moi de, il faut vite que j'ai un apaisement. Et je ne l'ai pas. Et si je ne l'ai pas, je me dis, quand est-ce que je vais l'avoir ? Et là, imagine que dans ma tête, la réponse est jamais. Quand est-ce que tu vas refumer ? Jamais. Parce que c'est le projet. Le projet, si tu veux. Donc, j'ai acheté des luminaires. J'ai demandé à une copine de m'apprendre à poser des luminaires. J'ai une amie régisseuse qui s'est bricolée. Elle m'a montré et j'ai dit merci. Et donc, j'avais tout anticipé pour faire des travaux chez moi. Et donc, j'ai cassé des trucs, j'ai percé des trucs, j'ai posé des trucs. Et j'ai dit, il y a du changement. J'améliore ma vie. Maintenant, j'ai des beaux luminaires que j'aime bien. Et je me suis ouvert les doigts. Je me suis blessé. Et malheureusement, le soir, je buvais plus d'alcool. Le soir, j'en sortais et j'ai compensé avec de l'alcool. Mais pas au point d'être éclaté. Mais par contre, j'ai compensé avec de l'alcool. Et là, j'ai eu peur. C'est là que j'ai commencé à avoir peur de l'alcool. Avant, ce n'était pas une question. Pareil. Ce n'était pas une question parce qu'avant, l'addiction pour moi n'était pas une question. C'était juste une crainte. Et quand je me suis rendu compte que j'étais addict à la clope, je me suis dit, ça se trouve, tu es addict à d'autres trucs. Et là, j'ai dit, merde.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est le terrain. Après, il y a des produits, ça prend plus ou moins. Quand tu dis le soir, tu as compensé par l'alcool, tu veux dire le soir même ?
- Speaker #0
Non, le soir, je sortais. Je sortais, mais je ne restais pas. J'allais boire des coups avec des gens ou j'allais manger avec des gens, mais j'essayais de ne pas rester. Et surtout, j'essayais de ne pas leur expliquer complètement ce qui se passait. J'essayais de le vivre tout seul. Parce que le problème, quand tu le vis avec les gens, c'est que les gens vont te noyer de messages qui ne vont pas t'aider. Il y a des gens qui m'ont dit tu ne tiendras pas Il y a des gens qui m'ont dit tu vas reprendre dans une semaine, on se parle dans une semaine Il y a des gens qui disent mais ce n'est pas de leur faute Et ce qui est génial, c'est que dans le bouquin, ils te mettent en garde. contre ça. Ce qui est formidable, c'est que c'est écrit dans le bouquin. Dans le bouquin, vers la fin, ils te disent, ça va être dur, mais des amis à vous vont dire des choses qui ne vont pas vous sembler sympas, mais ce n'est pas de leur faute. Il faut les plaindre. Il faut leur dire, je suis désolé, parce que ça te renvoie au fait que toi, tu as peur d'arrêter, que tu te dis que peut-être tu n'y arriveras pas si tu arrêtes, que tu te dis que les livres, c'est des conneries, c'est du bullshit, parce que tu as envie de fumer ta clope et qu'on te laisse tranquille. et que tu prennes ta dose et qu'on te laisse tranquille. Et ça, je ne peux pas le reprocher à qui que ce soit. Parce que c'est violent, ce qu'ils vous ont fait. Ce n'est pas gentil, ce qu'ils vous ont fait. C'est des gens qui vous l'ont fait.
- Speaker #1
Bon, alors du coup, tu compenses un peu par l'alcool. Et la bouffe, alors, tu avais peur de grossir.
- Speaker #0
Tu grossis ou pas ? Oui, j'ai grossi. J'ai pris 5 kilos. 5 kilos, mais ce n'est pas grave. Non, mais ça va. Là, j'ai beaucoup plus grossi après dans ma vie. Mais par contre, ça m'a refait faire du sport. Et parce que justement j'avais très peur de grossir donc c'est pas très sain mais ça m'a refait faire du sport et j'ai une technique aussi pour le sport. Je donne tous mes tips. Vas-y ! Parce que je suis nul à chier en sport, j'ai toujours essayé d'être exempté de sport à l'école. Une de mes plus grosses angoisses c'était de faire le service militaire et de devoir faire du sport. Parce que quand j'étais petit j'étais gros, j'avais peur qu'on me juge et tout ça. J'essayais de faire du sport mais j'y arrivais pas. J'ai trouvé une technique mais c'est vraiment un truc de révélation psychologique. En gros, pour moi impossible de courir. Même quand je faisais du stand-up, tout le monde me disait Gars, t'es essoufflé pendant ton heure, tu transpires, c'est dégueulasse. Fais du cardio, quoi. T'as pas de cardio. Et je disais Ouais, c'est vrai, j'ai pas de cardio. Mais j'avais pas envie d'aller courir ou de faire ça. Et je dis Bon, le seul sport que je tolère, c'est courir un tout petit peu. Courir, tu sais, mettre des chaussures un peu bidons. Pas de sport, j'avais des baskets normales. Mettre un jogging et tout. Et je sais, ce qui me retenait de sortir, c'est la honte. de faire du sport. J'avais honte d'être en jogging, de faire du sport. C'était plus dur de mettre un jogging, de mettre un haut de survette et de sortir de chez moi que de faire l'acte sportif. Et donc, je me retrouve tout seul chez moi, en jogging, en basket, et je dis putain, j'arriverai pas à sortir, je suis en panique. Je veux pas que les autres me regardent. J'ai pas envie et tout. Et après, je me dis bon, de quoi t'as honte ? Et j'ai honte de ne pas tenir. J'ai honte d'être très mauvais sportif, d'avoir 31 ans et de ne pas pouvoir courir une heure. Ce n'était pas possible pour moi. Mais courir, trottiner une heure, une demi-heure même. Et je me suis dit, c'est quoi le minimum que tu peux ? 15 minutes ? Et dans ma tête, j'étais là, non,
- Speaker #1
je ne peux pas 15 minutes. Non, mais oui, je comprends.
- Speaker #0
Tu vois, et après, je suis arrivé à 5 minutes. Et j'ai gueulé. Parce que, oui, parce qu'après, la force, c'est quand tu fais du stand-up, tu fais beaucoup de dialogue intérieur pour trouver les blagues. Donc, c'était le dialogue intérieur. Je me suis dit, bon, si tu ne tiens pas cinq minutes, ça veut dire que tu es quasiment mort. En fait, tu as une maladie grave. Si à 31 ans, tu ne peux pas trottiner, c'est-à-dire que tu es à 6 km heure, tu trottines, tuc, tuc, tuc, tu n'es pas en speed. Pendant cinq minutes, cinq fois 60 secondes, il faut aller tout de suite aux urgences. Ça veut dire que là, maintenant, tu es en danger de mort. Donc j'ai rigolé tout seul et je me suis dit, allez, sors et fais 5 minutes. Fais juste 5 minutes. Juste sors, va dans un parc. J'étais dans un parc à côté de chez moi. Un petit parc de, je ne sais pas, les gens, voilà quoi, ils sortent, ils font une balade, quoi. Ce n'est pas un vrai parc de sport. Et j'ai couru 5 minutes chrono et je suis rentré chez moi. Et j'ai dit, maintenant, on fait ça tous les jours. Et j'ai fait ça tous les jours pendant un mois. Le mois d'après, j'ai fait 10 minutes. le mois d'après 15, etc. Et jusqu'à ce que je fasse une heure.
- Speaker #1
Bravo pour la discipline aussi, parce que c'est un truc à tenir en plus.
- Speaker #0
Mais c'est un truc à tenir pour te dire, en fait, c'est l'image que tu as de toi et des autres, et le regard des autres où tu dis, j'ai la honte, je vais être tout rouge bouffi, franchement, je ne suis pas un sportif. Ça, c'était mon problème, si tu veux.
- Speaker #1
Comment tu es passé au-delà de ça ? Tu es allé dans un parc, les premières fois, 5 minutes. avec des gens.
- Speaker #0
Parce que personne ne va regarder les gens, ils n'en ont rien à foutre. Les gens en ont rien à foutre. Les gens, ils sont concentrés sur ce qu'ils font, eux. Et aussi, il y a une solidarité entre les gens. Ils sont en mauvaise santé et qui retournent à la salle de sport. C'est ce que je dis dans mon spectacle. On se met devant les machines et on fait n'importe quoi. Il y a une véritable solidarité entre les gens qui vont faire du sport, ne sont pas en bonne santé. Les gens qui vont faire du sport, vont faire du sport pour attendre. atteindre l'état d'être en bonne santé. Et une fois que, par chance, par travail, ils ont l'attitude, ils arrivent à être en bonne santé et après, ils font tout pour le rester. Thibaut InShape, il veut rester en bonne santé. C'est tout ce qu'il veut. Il ne veut pas perdre ses muscles. C'est le numéro un YouTuber qui fait du sport. Il est très musclé. Il a plein, plein, plein d'abonnés et il fait plein de séances de musculation sur YouTube où tu le vois. Et puis, il est trop fort en sport. Il a tous les abdos, il a les pectoraux, il a les muscles, il les croix. incroyable. Et il peut courir une heure. Je ne sais pas s'il fait des marathons, mais je suis sûr qu'il peut en faire.
- Speaker #1
Donc, du coup, tu t'es retrouvé à faire du sport pour compenser ces quelques kilos de prix quand tu as arrêté de fumer.
- Speaker #0
Et me décrasser aussi. Parce que quand j'ai arrêté de fumer, j'avais la gorge qui piquait. Parce que tu brûles tes cils, apparemment. Et en fait, je crois que mes cils, ça devait cicatriser. Parce que finalement, on met quelque chose de bien chaud, bien piquant dans notre gorge, tu vois. Je pense que ça cicatrisait, en tout cas j'ai pas d'explication, mais j'avais la gorge qui...
- Speaker #1
Si au début on peut tousser un peu parce que le temps que ça se reconstitue quoi, c'est comme s'il y avait une croûte,
- Speaker #0
c'est pas grave. Il y a quelque chose qui se passe quoi dans la gorge, il y a une réparation. Les échafaudages et tout. Ouais voilà, des petits échafaudages dans ta gorge et moi j'étais trop bizarre, donc j'avais l'impression que courir ça me ferait circuler le sang, ça me ferait... Donc je me suis mis ça en tête quoi, c'était une image que j'avais genre tu vas te réparer un peu là, donc cours, ça fait circuler le sang. Encore une fois, c'est vraiment parce que mes conditions matérielles sont très favorables. J'ai pu sortir tous les jours, aller courir 5 minutes, 10 minutes. Tout le monde ne peut pas. Ce que je veux juste dire, c'est que j'avais honte. Et que c'est la honte que j'ai affrontée. C'est pas le sport. Le sport, les gens peuvent le faire en vrai. C'est plus la honte qu'il faut attaquer.
- Speaker #1
Mais c'est fou l'effet papillon positif de cette opportunité de prendre l'avion.
- Speaker #0
Exactement. En fait. Et après, j'ai tourné dans 18 pays. Et après, dans l'avion, j'étais heureux. Quand j'étais dans l'avion et que j'avais arrêté de fumer, que j'avais passé le délai des stress, des besoins, des envies, l'avion devenait un énorme plaisir. C'est-à-dire que j'arrivais avec tous mes petits trucs que j'aime bien dans l'avion. J'arrivais avec mon petit téléphone où j'avais mis des films. Je dormais bien dans l'avion. Parce que moi, je suis petit, je fais 1m68. Donc moi, je n'ai pas de problème de confort d'avion. Je me positionne très bien dans les petites places et tout. Et j'ai kiffé l'avion. J'ai kiffé l'avion. J'ai été en Russie, j'ai été jouer aux Etats-Unis, j'ai été jouer en Angleterre, en Finlande, j'ai été en Estonie, en Lituanie, j'étais dans tellement de pays. C'est grave. Parce que j'ai pu voyager sans me poser la question de quand est-ce que je fume. Et encore une fois, sans juger les gens. C'est pas parce que je fume plus que j'ai réussi un truc par rapport aux autres, c'est plus que je suis content pour moi parce que je me serais mis... en galère tout seul. C'est moi et moi. Et quand je vois les gens fumer, quand ils sortent des trains, je le faisais. Tu vois, genre t'as un arrêt dans un train, les gens ils bombardent, ils sont là pa pa pa pa, ils fument. Ou quand les gens ils sont, par exemple, quand tu prends un taxi ou n'importe qui, ou t'es dans un climat de travail et que soi-disant avec leur vapoteuse ils disent on vapote, c'est que de la vapeur d'eau, c'est du déni, c'est pas gentil, c'est du manque de respect pour les autres parce que c'est pas que de la vapeur d'eau, ou en tout cas c'est une putain de vapeur d'eau qui a été dans tes poumons et tu la recraches dans ma gueule en fait, avec l'humidité qu'il y a dans tes poumons et tous les trucs qu'il y a dans la pipette que t'es en train de fumer. Ce n'est pas un très haut signe de respect de ma personne. Donc, on n'est pas dans un climat de travail super sympa. Même s'il dit, non, mais c'est que de la vapeur d'eau. Quand quelqu'un vous dit, c'est que de la vapeur d'eau, parce qu'il est en panique de ne pas pouvoir avoir sa putain de petite dose. Et cette panique-là, je l'ai ressentie. Donc, franchement, je compatis et je suis là, mais OK. OK. Il n'y a pas de galère, gars. OK, OK. Que de la vapeur d'eau. Je vois.
- Speaker #1
Et alors là, ça fait dix ans que tu as arrêté de fumer. Et est-ce que tu as encore des cravings ? Des moments où tu as envie de...
- Speaker #0
Pour l'instant, ça va. J'ai eu des moments pendant plusieurs années où je me disais, ouais, ça pourrait être sympa et tout. Mais j'ai bien ancré en moi... Ah oui, c'est très important aussi dans les arrêts. C'est ancré en moi les choses que je trouvais dégueulasses. Comme par exemple les cendriers pleins. Pendant un moment, j'avais fait mon fond d'écran en cendriers pleins. Mais il était énorme. Un cendrier géant. Et moi, j'étais... tout le temps à côté, c'était un anniversaire, parce que je fumais comme un fou. Et des fois, j'ai un tout petit peu la sensation dans la bouche, le côté piquant, quand t'as envie de fumer, et des fois, ça me le fait avec le sucre. Parce que moi, j'ai d'autres problèmes d'addiction maintenant, des troubles de comportement alimentaire ou quoi, des fois, j'ai envie de manger du sucre, des trucs qui picotent et tout, tu vois, les bonbons acidulés, tout ça, ça rend zinzin. Et effectivement, il y a une similitude de sensation, de manque. Quand je mange des langues acidulées, tu vois ? Oui,
- Speaker #1
je vois très bien.
- Speaker #0
Bon, voilà, ce genre de truc.
- Speaker #1
Ça, ça t'appelle, quoi. Tu as le petit craving de...
- Speaker #0
C'est très bien ça, quoi. Oui, le petit craving de ça.
- Speaker #1
Et comment tu gères ?
- Speaker #0
En fait, j'ai un peu appris à gérer les cravings. C'est-à-dire que tu sais que c'est là, mais la meilleure nouvelle et la... Enfin, la beauté et merci, l'univers, si vous croyez en Dieu, merci à Dieu, c'est que ça passe. C'est qu'il y a un moment, ça passe. Et c'est quelque chose dit. N'im-ma-gi-na-ble. Sur le moment T, c'est inimaginable. Tu ne peux pas accepter cette information. Et pourtant, je vous jure, ça passe. Je fumais des clopes. Je trouvais ça super si vous fumez des clopes. Let's go, fumez votre clope. Mais le manque, il peut s'estomper tout seul. Vous avez un pouvoir incroyable qu'on n'utilise pas. Par contre, il faut encaisser l'arrêt. Il faut encaisser les... C'est pour ça que je me suis enfermé chez WAM. Waouh, bravo. Alors, rien à voir, mais en parcourant ce que t'as fait, j'ai découvert ta page Wikipédia. Et je suis tombée sur un bouquin que t'avais écrit en 2021 qui s'appelle Le mode d'emploi de tout Alors déjà, meilleur titre ever !
- Speaker #1
Merci, j'adore ce titre ! Si vous avez besoin de savoir comment tout fonctionne, il faut acheter ce livre parce que c'est tout expliqué.
- Speaker #0
On peut lire des extraits sur Internet. Et j'ai cherché s'il y avait un truc par rapport à l'arrêt de la cigarette.
- Speaker #1
Un mode d'emploi, est-ce qu'il y a un lien, une connexion sur ça ? Non, pas du tout. C'est pas un livre qui donne des conseils de vie, c'était plus une BD un peu folle, rigolote, absurde, avec un petit personnage qui faisait plein d'actions. Et c'était donné comme des modes d'emploi, tu sais, dans les modes d'emploi, t'as les encoches vertes qui disent qu'il faut se comporter comme ça, et puis t'as la croix rouge, une croix qui dit non, non, ne faites surtout pas ça. Par exemple, faut pas mettre de fer dans le micro-ondes, parce que ça peut faire une explosion, je sais pas quoi. vous cassez le micro-ondes. Eh bien, c'était que ça, que ça, que ça, avec tout. Donc, on a rigolé avec les verres, avec comment utiliser un verre. Tu l'utilises comme ça, il ne faut pas le mettre sur sa tête, il ne faut pas le mettre dans ses fesses, ça ne sert à rien. Ce n'est pas l'usage. Et en fait, au fur et à mesure, il y a une petite histoire qu'on a écrite sur le personnage et on comprend qu'il lui arrive des petites mésaventures. Et son aventure, elle est en pointillé, représentée par tous les objets qu'il a croisés. Par exemple, comment vivre ses émotions avec son père ? Et on voit qu'il discute avec son père et il dit tu peux les vivre comme ça, tu peux les vivre comme ça C'est un peu bébête. C'était un peu une bande dessinée à concept. Le concept était un peu barré et elle a été accueillie comme ça. Elle a été accueillie genre c'est trop chelou Et on n'a pas eu un énorme succès avec la bande dessinée parce que les gens l'ont trouvée extrêmement barrée, surréaliste et tout ça. Et... Des fois, quand c'est au premier degré, ça peut paraître extrêmement bébête et pas du tout intéressant. Donc, on a manqué d'agilité dans le fait de se faire comprendre, je pense. Quand je dis on, c'est moi et le dessinateur. En tout cas, j'aime ce bouquin du fond du cœur. Et si vous avez l'occasion d'aller voir quelques pages, allez-y. Il y a des trucs gratuits sur Internet et vraiment, je suis très fier de ce livre.
- Speaker #0
On pourra en mettre quelques pages, du coup. Ouais,
- Speaker #1
ouais, grave, grave.
- Speaker #0
C'est le mode d'emploi de tout avec Ben Renaud aux éditions Delcourt,
- Speaker #1
c'est ça ? Exactement. Benjamin Renaud, un super dessinateur qui s'appelle Nekoto sur Instagram, je crois, et sur Twitter. Et qui fait des jeux de mots très rigolos, en images.
- Speaker #0
En parlant de titres improbables, au-delà du fait que tu as fait des spectacles qui s'appellent 2021, 2022, 2023. En 2012, tu as fait un spectacle qui s'appelle Toi, cherche un titre Comme j'ai l'occasion de discuter avec toi, je veux savoir comment est-ce que tu as trouvé cette...
- Speaker #1
Tu vois ce que ça veut dire ? Tu cherches un titre. Exactement ! Franchement, t'es une des rares personnes qui a capté ça. Alors je te jure, moi je me sens incompris, mais de fou. En fait, aujourd'hui le stand-up c'est à la mode et tout, et les gens ont fait plein de titres, et on sait qu'il y a une abondance de spectacles, mais à l'époque où on nous demandait de faire un spectacle, on nous demandait de nous marketer. J'ai toujours été très mauvais pour... Trouver les apprets qui feraient que le public accrocherait à ce que je fais. Parce que moi, c'est plus un mélange de plein d'idées, de plein de petites anecdotes. C'est sans prétention. Il y a un petit fil conducteur, mais mes spectacles, vas-y, je ne révolutionne rien. Je suis en mode, je raconte des blagues et tout. Et quand on me dit, mais c'est quoi ton titre ? C'est quoi le sens ? C'est quoi le truc ? Je dis, là, je n'aime pas les titres, c'est chiant. Et en fait, ça m'a fait mourir de rire de dire aux gens, non, bah... Si les gens veulent un titre, toi cherche Pourquoi c'est à moi de chercher ? Pourquoi c'est à moi de me prendre la tête ? A trouver un titre qui soi-disant capture l'essence De mon propos Je ne sais pas comment faire ça Je veux procurer au public Une heure de plein de petites blagues sympas De fun, qui parlent de ma vie Qui parlent de notre vie, de nos émotions C'est tout
- Speaker #0
Du marketing, c'est comme quand on écrit un livre, parfois le titre, l'auteur n'a pas forcément l'idée du titre parce que c'est celui qui va s'occuper le ventre qui saura quel titre trouver. Donc je comprends que ce ne soit pas facile.
- Speaker #1
Les blagues, tu vois, même si tu trouves encore pour un livre, pour un roman, pour quelque chose où tu as un vrai propos, où tu suis une trame, etc. Dans le stand-up, si tu veux avoir des très bonnes blagues, il faut les sélectionner. Tu ne peux pas avoir une heure et demie de très très bonnes blagues sur un seul thème. C'est très dur. Même les gens qui ont des... thèmes de spectacle qui parlent d'amour ou qui parlent de, je sais pas, qui parlent d'histoire. Si on rentre en profondeur, leurs blagues ne sont pas 100% reliées à ce thème. Ils font des digressions, ils font des petits détours pour raconter des anecdotes personnelles où c'est relié aux émotions qu'ils ont éprouvées concernant le thème. Tu peux pas faire une heure de blague sur une Renault 5, quoi. C'est bon, laisse-moi tranquille. Donc, en fait, j'étais paumé. Je ne savais pas jouer le jeu. Alors j'ai fait ça, ça me fait plaisir que t'aies capté, moi j'adore trouver des titres nuls, je suis trop heureux que t'aies compris les titres nuls, merci beaucoup.
- Speaker #0
Avec plaisir, je me souviens qu'il en parle régulièrement, Guillaume Meurice, je sais pas si tu sais, il a, il y a quelques années maintenant, fait un spectacle, il l'avait appelé Annulé.
- Speaker #1
Ah trop drôle !
- Speaker #0
Ça n'a pas du tout marché ?
- Speaker #1
Bah oui !
- Speaker #0
Parce que c'était écrit annulé sur la fiche. Bah oui ! Et donc du coup il s'est dit bon bah je vais laisser.
- Speaker #1
En vrai les comiques ils veulent faire des blagues donc même les titres font des blagues tu vois.
- Speaker #0
Et alors 2021, 2022, 2023 et maintenant 2024 qui sont les titres de tes derniers spectacles. Comment est-ce que ça s'est passé ? T'as lâché l'affaire sur les titres ?
- Speaker #1
J'ai lâché l'affaire sur les titres et surtout j'ai commencé quelque chose qui est de faire un spectacle par an. Et donc je me dis il n'y a rien de mieux que de nommer le nom de l'année parce que... Dans le spectacle, il y aura aussi des morceaux de comment j'ai vécu l'année. C'est autobiographique. Voilà. Et l'idée, c'est de se concentrer sur le parcours personnel. Parce que c'est quelque chose que les gens peuvent se reconnaître dedans. L'année dernière, il y avait énormément de tensions. Cette année aussi, on a beaucoup. Donc, l'idée, c'est d'évacuer toutes ces tensions-là en disant, moi, je les ai vécues de telle manière ou de telle autre. Alors, l'année dernière, j'ai voulu perdre du poids, faire du sport. Je dis que j'ai arrêté des drogues et tout. Mais j'ai justement parlé des consommations que j'ai pu avoir dans ma vie. Et du fait que j'ai approché certaines drogues, comme je parle de la morphine, et que j'ai vécu...
- Speaker #0
Et que tu ne l'as pas de même !
- Speaker #1
Et bien c'est incroyable ! C'est mortel la morphine, c'est trop bien ! Et que j'ai vécu le shoot à la morphine, mais heureusement, je ne peux pas m'en procurer facilement. Et où je n'ai pas d'amis qui me proposent de la morphine tous les jours. C'était à l'hôpital, encadré, avec une infirmière, et que ça m'a tellement défoncé que en vrai, je n'ai pas envie d'en reprendre. Je suis... En gros, parler de comment j'ai vécu les choses et comment je les associe à des vieux souvenirs à moi. Donc c'est vraiment un petit bordel organisé. Et donc je préfère appeler ça le nom de l'année en disant voilà tout ce qui m'est arrivé, c'est un peu un journal intime, tout ce à quoi j'ai pensé. Plutôt que de trouver un titre à chaque fois parce que c'est beaucoup associé à ça. Et il y a aussi l'exploit personnel. Pour moi, c'est dur. Alors je dis que c'est un exploit. De faire une heure de blague par année, pour moi, ce n'est pas facile. Et donc... Donc, je dis, allez, chaque année, on va mettre ça, c'est le cru 2023. Ça, c'est le cru 2024. Si ça vous a plu, ben voilà.
- Speaker #0
Et alors 2024, il sort quand ? Parce que là, on est un peu en 2024.
- Speaker #1
Là, je vais faire les premières dates en octobre à Lyon. Je vais faire une tournée. Je vais aller dans plusieurs villes pour travailler les spectacles. Là, je joue beaucoup dans les comédies club, donc des petits quart d'heure, des deux minutes.
- Speaker #0
Oui, tu testais Blague, je t'ai vu l'autre jour.
- Speaker #1
Je testais Blague. Madame Sarfati, je fais des essais. Et puis là, il va falloir faire l'heure entière. Et en vrai de vrai, ce sera à partir de décembre où je jouerai à l'Européen, qui est une salle que j'aime énormément. Et le but final, c'est de capter le spectacle. Donc, l'idée, c'est que ce soit filmé à l'Européen et qu'en décembre, ce soit prêt. Et déjà, si les gens veulent venir, il y a des places sur mon Instagram. Vous pouvez tout voir, les infos et tout. Là, dans cette année, je parle de thèmes comme, par exemple, ce que j'ai prévu de faire de ma propre dépouille à ma mort.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
ok. Mais non, parce que c'est pas glauque. En fait, comme je l'ai dit, plus tu parles d'un sujet un peu dur, plus les gens font... Et après, tu fais une blague derrière et ça libère l'attention. Voilà, je parle de voyage, je parle de plein de trucs, de ce que j'ai vécu cette année. Ok.
- Speaker #0
Comment a réagi ton entourage lors de ton arrêt du tabac ?
- Speaker #1
Ils m'ont félicité, ils étaient très contents pour moi. Ils étaient contents pour moi. Après, les copains, la famille était très contente. Parce qu'en gros, bah oui, c'est mieux pour ta santé. Et nous, on n'était pas très heureux que tu fumes. Et on a été même, on a culpabilisé parce qu'on sait qu'on t'a donné peut-être une mauvaise image en fumant. C'est ce que mes parents me disaient en disant, on ne peut pas te le reprocher parce que nous, on fume. Donc, c'est très dur de reprocher à quelqu'un quelque chose dans lequel on est tombé nous-mêmes. Et par contre, c'est les amis qui n'y croyaient pas du tout, ne croyaient pas du tout. Moi, oui, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Et le juste une, ça te fait quoi ?
- Speaker #1
Tu n'as pas arrêté de fumer pour moi. Soit tu arrêtes la nicotine. Soit t'arrêtes pas.
- Speaker #0
Tu n'as jamais refumé depuis que t'as un chien ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais refumé depuis le 15 avril 2013. Mais parce que je sais que j'ai un terrain, donc si je me remets à fumer une clope, déjà je vais avoir envie de vomir comme normal, parce que quand j'ai fumé mes premières clopes, j'avais envie de vomir, c'était pas agréable. Je l'ai fait parce que j'essayais d'être cool. Donc je vais re-avoir envie de vomir et après je vais re-avoir envie de réessayer en disant Oh, c'est juste parce que c'est en soirée et je vais re-avoir envie de fumer des clopes. Ouah, infernal ! Parce que ça me rend la flemme, quoi, la flemme ! J'avoue, la flemme ! Aller chercher des clopes dans des putains de tabac à 2h du matin parce que tu veux des clopes. Ça, je faisais des kilomètres. Pour une cigarette, je faisais des kilomètres, pour de vrai. Vrai problème, vrai galère.
- Speaker #0
Chez les artistes, on associe quand même beaucoup ce monde-là à la cigarette ou à certaines formes d'addiction ou de bon kiff. Moi, dans ma projection, je n'associe pas forcément l'humoriste à la clope. Je me dis, est-ce que c'est quelque chose que...
- Speaker #1
Totalement. J'ai eu beaucoup de chance, vraiment, dans mon milieu, très peu de gens fumaient. Moi, je me souviens que quand j'ai commencé le Jamel Comedy Club, on faisait des tournées dans un bus, un tourbus. Donc, il y avait plein de villes qu'on enchaînait où on avait un gros tourbus, super cool, mais on vivait tous un peu les uns avec les autres dans le tourbus. Donc, c'était très rigolo. Il y avait une ambiance un peu, tu sais, groupe de rock, mais de comique, quoi. Donc, on s'est rendu compte que vraiment, on était tous très, très... très sage. C'est-à-dire que la cigarette, c'était quelque chose que, seul, Blanche et moi, on fumait. Et on fumait à la fenêtre. Il y avait une trappe. On fumait à la trappe. Et tout le monde nous disait, vous êtes relous là. Je disais, c'est pas vous. Vous êtes censés être des cailleras durs à la street et tout. Casser les couilles pour une odeur de clope, quoi.
- Speaker #0
J'ai retrouvé un... J'avais oublié, j'ai aussi le Blanche Gardin dans mon bouquin. Parce que dans un de ses spectacles, elle dit qu'elle a arrêté de fumer et que le truc le plus fun qu'elle a fait l'année dernière, c'est arrêter de fumer. Je ne sais plus comment elle dit ça.
- Speaker #1
On était deux à fumer et les autres étaient vraiment en mode pas de cigarette, quasiment pas d'alcool. C'était genre vraiment si on buvait un verre, c'était vraiment comme ça. C'était fêter une grosse fin de tournée ou bien fêter une énorme date qui s'est bien passée alors qu'on nous en proposait tout le temps. donc ça ça va c'était pas malsain ça c'est une chance et après dans les autres comiques que j'ai fréquenté ou j'ai pas vu les trucs ou ou ça va quoi franchement c'est pas on va pas proposer
- Speaker #0
Romane Fréciné fait un sketch je crois où il dit qu'il a arrêté de fumer il y a tout un truc sur ouais mais moi je suis moins de la génération de
- Speaker #1
Romane Fréciné donc Romane je le croisais beaucoup en comédie club ouais donc peut-être la génération de Romane peut-être euh Il y a la mode de la weed en fait, en ce moment, qui n'est pas du tout là quand moi j'ai commencé. Nous, on avait encore... Ah ouais ? Ouais, non, il n'y avait pas la mode de la weed. Nous, c'était vraiment... Enfin, moi, en tout cas, quand j'avais 20 ans, 25 ans, c'était shit. Ouais. Et là, maintenant, il y a beaucoup la weed parce qu'il y a des rappeurs qui ont rendu ça cool. Il y a des gens... Tu sais,
- Speaker #0
il y a un côté plus...
- Speaker #1
Comment dire ? Tu sais, la weed qui pousse, mais genre bio. Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Il y a ce côté un petit peu...
- Speaker #1
De très bonne qualité.
- Speaker #0
Ça fait tisane, quoi.
- Speaker #1
Ouais, ça fait... C'est de la weed bio, c'est bon, quoi. Prends soin de moi, tu vois. Je prends vraiment un psychotrope, mais je prends soin de moi.
- Speaker #0
OK. C'est normal. Est-ce qu'il y avait quelque chose que tu voudrais rajouter ? Il y a plein de trucs qu'on n'a pas abordés, mais là, s'il y a un truc que tu dis...
- Speaker #1
Courage, quoi. Courage aux gens. Si vous écoutez le podcast pour arrêter de fumer, c'est possible, quoi. Courage, il y a plein de gens qui l'ont fait. Il y a moi et... aller voir même un addictologue, il n'y a pas de honte. On a des moyens d'aller soit dans les hôpitaux, soit dans les centres de santé. Il y a des gens qui peuvent accueillir, qui peuvent aider, les médecins traitants, ils sont super ouverts sur ce genre de questions. Il y a beaucoup de traitements différents aujourd'hui. On a la chance d'avoir toute une palette de choses et surtout, il faut affronter la honte d'en parler, c'est pour ça que moi j'ai accepté le podcast. C'est parce que c'est vrai que ça peut être une grande honte et qu'il y a d'autres solutions que les substances. Parce qu'effectivement, c'est des super solutions en vrai, les substances. T'es pas bien, tu prends un truc, tout de suite t'es mieux. Clairement, je vais pas mentir, il y a un effet de désir, de plaisir. Sinon, ça marcherait pas, sinon il n'y aurait pas de client, tu vois. C'est Louis Siguier qui disait, ouais, l'héroïne, ça me fait peur parce que c'est trop bon, en fait. C'est tellement bon qu'en fait, je veux pas tester tellement c'est magnifique. Donc j'imagine, mais ce que je veux juste dire, c'est que c'est plus la honte et la douleur ou l'anxiété de faire les démarches nécessaires. C'est ça qu'il faut affronter. Plus que la substance en elle-même, en fait, vous êtes tellement puissant. Les gens sont puissants en vrai dans leur corps et on a un corps vachement bien fait.
- Speaker #0
Donc demander de l'aide, quoi.
- Speaker #1
Demander de l'aide et identifier pourquoi vous avez besoin d'aide et sur quoi vous voulez travailler, quoi. C'est vachement dur, mais vous pouvez trouver toutes les solutions sur si on identifie le problème. Mais comme disaient les profs de maths avant, souvent le souci c'est que la question elle est mal posée. Si vous avez la bonne question, vous allez trouver la bonne solution, ça va demander des efforts, mais vous allez la trouver au bout d'un moment. Si vous vous posez une question qui n'est pas une bonne question, qui est une question mal formulée ou qui n'a pas de lien avec vous, vous êtes fichu. Si vous vous dites pourquoi quand je lis un livre en 24 heures sans le comprendre... Je n'ai pas arrêté de fumer. Ah, j'imagine que je suis maudit parce que mon corps est maudit et que je suis obligé de fumer toute ma vie, c'est ma malédiction. La question était mal posée.
- Speaker #0
Mais alors du coup, toi tu dirais que tu manques pas d'air ?
- Speaker #1
Moi, je ne manque pas d'air. Moi, je m'aspire bien. J'ai ma cloison nasale déviée, mais je ne manque pas d'air.
- Speaker #0
J'espère que cet épisode vous a plu. Et pendant que vous l'envoyez à vos potes, je vous annonce que dans quelques jours, débute en France le mois sans tabac. Et oui, c'est chaque novembre et ça dure un mois. Je me souviens bien que quand j'étais fumeuse, comment il ne me fallait pas me parler de ce truc en mode RAF. Mais quand j'ai arrêté, j'ai adoré la mobilisation qu'il y avait autour de ce concept. Alors pour y participer, en plus des épisodes tous les 15 jours, je glisserai tout le long du mois quelques capsules interviews très spéciales que j'ai recueillies au ministère de la Santé. J'ai réussi à choper quelques anecdotes que j'ai hâte de vous partager. En attendant, bon courage avec ce pichu chevrage. Pichu chevrage ! Bisous !