- Speaker #4
Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur Uchronia. Je suis Pénélope Solette et je suis accompagnée, as usual, par le professeur John McLaughlin. Bonjour professeur.
- Speaker #5
Bonjour, j'aime bien pantalon.
- Speaker #4
Et pour cette séance en qualité de témoin du jour, nous recevons le docteur M. Lethabo Poleepkwa Ntombi Nkululeko, sociétaire à l'European Interplanetary. Society et professeur à l'université de Johannesburg. Bonjour docteur !
- Speaker #6
Sani Bonani, bonjour Madame Pénélope et merci de me recevoir et bonjour à toutes et à tous.
- Speaker #4
Uchronia, les chroniques du temps latent. Aujourd'hui, au sommaire de notre émission, nous allons mettre en lumière le film District 9, réalisé par Neil Blomkamp et sorti en scène en 2009. Un classique du culte du film... Du film de science-fiction, pardon, qui explore un renversement de la posture de l'extraterrestre débarquant sur notre planète. Et à travers cette narration originale, l'exploration des thèmes de l'humanisme, de la xénophobie, de la ségrégation sociale ou de la torture médicale. Parfois, il faut être un monstre pour combattre un monstre. Encore un film qui repousse les limites de la catégorisation et du genre. Il faut dire que nous avons été interpellés par nos auditeurs pour apporter des réponses sur ces sujets. Cette séance est critique. littéralement aux petits oignons, sera en immersion complète dans la banlieue de Johannesburg sous la chaleur d'Afrique du Sud. Ce voyage sera ponctué de quelques respirations musicales avant de terminer par nos recommandations évidemment subjectives la séance Actu Cronia. Pour notre premier échange je vous propose de lancer la procédure d'accès au Maclouflinarium. En effet cher monsieur Ntombi si vous me permettez...
- Speaker #5
Professeur Ntombi !
- Speaker #4
Pardon, professeur Ntombi, nous vous avons préparé une petite surprise avec le professeur. Du moins, c'est plutôt le professeur qui a préparé une petite surprise. Et d'avance, pardon pour le bruit. Ok, ça se coule.
- Speaker #5
Accrochez-vous,
- Speaker #6
s'il vous plaît. Les Européens, vous avez quand même réussi à faire...
- Speaker #5
Vous pouvez vous rapprocher de moi, ça ne me dérange pas le contact.
- Speaker #4
Oui, oui, gardez vos bras à l'intérieur du véhicule.
- Speaker #5
Surtout, ne lâchez pas les bras.
- Speaker #4
Mais dites-moi, mais qu'est-ce que c'est ? Mais c'est un taudis, c'est ça ? C'est un camp de réfugiés ?
- Speaker #5
Oh oui, nous sommes dans un environnement plutôt difficile, comme un terrain vague, en banlieue de la capitale sud-africaine, prétoria, éloignée des quartiers protégés, comme Sandton. que le film dépeint, bien sûr, sur un mode parfois burlesque, souvent parodique, pervertissant, à la fin de la série américaine, le film de science-fiction, évidemment. Mais nous le verrons plus tard, avec des lectures assez différentes de la société sud-africaine.
- Speaker #4
Eh bien, messieurs, nous allons pouvoir aborder notre premier sujet. Alors, selon vous, quelles pouvaient bien être les inspirations du réalisateur Nail Blancamp ?
- Speaker #5
Ce film, évidemment, parle de mutations et de science-fiction. Alors on peut voir un lien à la poursuite des Slans de Van Vogt ou la nouvelle du journal d'amende de Richard Mathuson. Mais surtout, je vous invite au final à vous tourner vers une saison blanche et sèche que le film de 89 de Eugène Palsy avec Sutherland et Marlon Brando, toujours aussi beaux.
- Speaker #6
Non, mais vous avez tout à fait raison, professeur. Et c'est vrai qu'on se croirait vraiment à Johannesburg.
- Speaker #4
Vous connaissez bien.
- Speaker #6
Oui, oui, oui. Alors moi, je suis plus du quartier Beria, en plein centre.
- Speaker #5
Surtout quand il faut défendre la planète.
- Speaker #6
Tout à fait, tout à fait. Mais voilà, vous pensez aux inspirations. Moi, ça me fait également à nos compatriotes. Andy au corps à fort, qui a peur de la mort. Et un an, même avant la sortie du film District 9, je pense à la sortie du Disney WALL-E.
- Speaker #5
Oui,
- Speaker #6
toujours ça. Sauf que là, bien sûr, Blomkamp n'a pas été sur ce volet transhumanisme robotisation à outrance.
- Speaker #5
C'est beaucoup plus triste.
- Speaker #6
Oui, c'est pas pareil, mais je pense qu'ils ont été sur des directions un peu différentes, partagées. Et je pense aussi à un film de 2003 de Siegfried.
- Speaker #5
De Wagner, bien sûr !
- Speaker #6
Et un film sur les citoyens du monde, quelque chose qui n'a pas été encore super développé à l'époque et qui permet vraiment de faire une sorte de triptyque. Il y a du vent, toujours, parce qu'on est sur un... Un plateau à 3000 mètres à Johannesburg. Moi,
- Speaker #4
ça me rappelle le volet de traitement des aliens dans l'histoire. La faune de l'espace, toujours de Van Vogt, qui avait été avancée par le professeur. Et puis, évidemment, l'incontournable, l'invasion des profanateurs. Celui de Jack Finney.
- Speaker #5
Oui, alors on peut aussi parler de Moxiland, de Loren Bux, au Cap, en Afrique du Sud, dans la société ultra-techno qui est Moxiland. La répression de la SPS, la police locale, impitoyable. Le contrôle des grandes entreprises omnipotentes qui dirigent la vie des citoyens. Et pour exister dans cet univers ultra-capitaliste, il vaut mieux être connecté, comme on peut voir dans Jet Dread ou Ready Player One.
- Speaker #4
Et l'idéum aussi.
- Speaker #6
Oui, et puis c'est vraiment des inspirations des fondateurs. des pères qui vont inspirer je pense même à Isaac Asimov mais à Nathan Schachner par exemple avec son recueil de nouvelles L'Homme dissocié et une nouvelle en particulier Tout le monde s'en fout parue en 1939 qui va décrire une sorte de peste qui est venue du fin fond de l'espace et qui va décimer des populations martiennes mais épargner encore une partie de terriens et on voit ben un équipage et des martiens qui sont déportés en masse sur projet d'aller au départ sur Europa.
- Speaker #5
C'est quand même vraiment le ressort principal du film. C'est vrai, tout le monde se fout de ces extraterrestres.
- Speaker #6
C'est ça, je pense qu'on y reviendra, professeur. Mais voilà, donc une fiction incluse dans un recueil de nouvelles qui va inspirer les plus grands avant Asimov, Ray Bradbury, tout ça.
- Speaker #5
Isaac Asimov, avec sa nouvelle dans « Froids et fraternités interraciales » , qui sera évidemment triomphée des impératifs du patriotisme. Dans « L'homme dissocié » , nous ayons quand même à condamner et subir la dissociation, donc la séparation de son propre corps avec la constitution de l'organisme insecte ou extraterrestre, et se transformer en crevette. Ce sort, évidemment pire que la mort, aboutit à la fragmentation de sa propre conscience. Plusieurs millions d'unités éternellement séparées. Le protagonisme est vraiment victime d'un supplice scientifique tel tantal.
- Speaker #6
Oui, c'est quelque chose qu'on reverra dans District 9 avec une autre approche qu'on pourrait retrouver dans Starship Trooper, avec des laboratoires de recherche et développement. quelque chose également dans Robocop avec l'OCP, donc ces multinationales qui viennent par délégation de l'État soustraire et s'occuper de la basse besogne.
- Speaker #5
Ou compenser finalement une action déficiente de l'État.
- Speaker #4
Et la violence est scientifique.
- Speaker #5
Et la violence est omniprésente, donc présente également dans la science, qui peut être extrêmement brutale, comme on a pu le voir dans Star Street Troopers notamment.
- Speaker #6
Mais vous remplacez quelque part, que ce soit les martiens, les crevettes ou un autre peuple extraterrestre, vous le remplacez par la population d'un pays de la Terre. Et vous imaginez tout de suite ce que ça pourrait donner.
- Speaker #5
Alors après, il ne s'agit pas d'un film d'invasion. On n'est pas dans la guerre des mondes ou dans les nouvelles de Red Bradbury. Les extraterrestres ne sont pas des envahisseurs, ce sont des victimes. Notamment des êtres humains qui ont plus d'une société qui elle-même a souffert de l'apartheid et eux-mêmes sont victimes. Victime de cet apartheid, comme un retournement de l'histoire.
- Speaker #6
Et je pense à l'œuvre de Frédéric Brand, Martien Gome. On n'est pas sur cette Ausha d'aller repartir chez vous. En tout cas, c'est avant. C'est vraiment comment la population extraterrestre est gérée. ou est mal appréciée sur place, comme si c'était un autre peuple de la planète.
- Speaker #4
Écoutez, monsieur, cher professeur Ntombi, puisque vous avez la parole, est-ce que vous voudriez la garder pour nous présenter votre quotidien et vos activités, s'il vous plaît ?
- Speaker #6
Oui, alors c'est vrai que moi, initialement, je suis juriste pour le compte de l'UNHCR, l'Agence des Nations Unies Commissariat aux Réfugiés. J'enseigne à la WIT, la WIT Waters Round à Johannesburg et je travaille sur plus particulièrement les problématiques de séparatisme, de population, d'intolérance, d'excès ou même à l'inverse d'empathie pouvant perturber nos organisations fonctionnelles au quotidien.
- Speaker #5
Il faut savoir dépasser bien sûr.
- Speaker #6
Oui mais c'est tout le problème des partis nationalistes et même avec la meilleure des volontés. Souvent, il nous manque une sorte de cahier des charges, un manuel du vivre ensemble qui permet de clarifier les règles de vie au quotidien, aussi bien pour les hôtes que pour les réfugiés.
- Speaker #5
Encore faudrait-il que ce cahier des charges soit constant.
- Speaker #6
Et qu'il soit rédigé, déjà. Un mode opératoire. Dans une langue commune pour tous. Et éviter que s'installe une sorte de réalité fantasmée de citoyens de seconde zone. Et parce que... Par exemple, je contribue en effet au développement, vous en aviez parlé Pénélope, de l'European Interplanetary Society et notamment avec des groupes de recherche laïciés à Pékin, des Chinois.
- Speaker #5
Les Chinois sont bien placés dans le citoyen seconde zone.
- Speaker #6
C'est tout à fait ça et on essaye d'aller un peu vers du meilleur et une prise de conscience commune. Je pense aux œuvres qu'a mis en place l'auteur Liu Xichen. Grand succès. Grand succès. Bien sûr, le problème a trois corps, mais je pense à Wandering Earth. Et donc, vraiment, comment on peut essayer de faire moins pire qu'avant ? Voilà.
- Speaker #4
Écoutez, je vous remercie de nous avoir éclairés sur vos activités. Je voulais aborder maintenant notre deuxième sujet, c'est-à-dire le Mitch on pitch. Professeur, est-ce que vous nous feriez pas, par hasard, le pitch du film, s'il vous plaît ?
- Speaker #5
Avec plaisir, Pénélope. Vous savez, je ne peux rien vous refuser. Je le savais. Avec vos beaux yeux. Alors, donc, District 9 est un film de science-fiction dramatique de 2009, pas si ancien, mais pas récent non plus, qui se déroule en Afrique du Sud, donc qui est plutôt une rareté, finalement. C'est ce qu'on appelle un mockumentary, un programme qui utilise la forme sérieuse du documentaire, comme si on y était. pour créer une stature du sujet, et là, en l'occurrence, qui dérive lentement vers la science-fiction. Donc l'intrigue de District 9 suit le dessin tragique de Vicus Van Vermeer, un Sud-Africain blanc, travaillant pour la Multinational United, une société internationale unie. Cette entreprise est chargée de loger dans des camps d'internement médiocres et de contrôler. Des réfugiés extraterrestres surnommés crevettes qui ressemblent à des insectes dotés de traits humanoïdes.
- Speaker #6
Oui, c'est un film épatant de Neil Blomkamp qui nous buscule en présentant presque le tabou et l'impensé de la ségrégation, le leurre de la vision sécuritaire, les effets pervers aussi des discours humanitaires et des camps de réfugiés pétris de bonnes intentions.
- Speaker #5
Oh les bonnes intentions !
- Speaker #6
Donc on est vraiment sur... l'aliénation des reportages télévisés. Et là, on a un vaisseau spatial extraterrestre géant qui débarque sur Terre, qui s'immobilise au sud de la ville sud-africaine.
- Speaker #5
Alors le visuel, c'est vraiment filmé comme cops, la série télé américaine.
- Speaker #6
Oui, oui, oui. Et puis, on est dans du poste film, film food footage. Je pense aux films d'horreur qui étaient souvent le pied pour rentrer dans le système. Et donc, voilà le... Après plusieurs mois d'inactivité de l'appareil, il est décidé de forcer l'ouverture des portes du vaisseau.
- Speaker #5
Il y a eu l'appareil caméra au point, on voit l'entrée de la porte, c'est assez fascinant.
- Speaker #6
Avec une myriade d'hélicoptères qui essayent de se mettre en stationnaire.
- Speaker #5
Ils utilisent des chalumeaux, ils commencent à découper la paroi.
- Speaker #6
Et à l'intérieur, les équipes d'enquête trouvent avec stupéfaction presque un million d'extraterrestres de forme insectoïde. qui sont entassés, qui souffrent de malnutrition. Donc, ils sont transférés au sol dans un camp qui va s'appeler District 9. Et au fil des années, se transforment en bidonville. Les habitants à proximité se plaignent souvent que ces extraits... Les terres sont des contrevenants, sales, ignorants, qui volent les ressources humaines.
- Speaker #5
Comme des parasites, comme des crevettes.
- Speaker #6
C'est ça.
- Speaker #5
C'est étonnant.
- Speaker #4
Et je vous rappelle que le film est sorti en 2009. Oui, tout à fait.
- Speaker #5
Alors après, le film est quand même le fruit d'un premier essai qui s'appelait Live in Joburg, un court-métrage de science-fiction de 2005, donc quatre ans auparavant, comme un peu un ballon d'essai réalisé par Neil Bonkamp est produit par... Simon Sen, Charles Tocoplay, au Canada, est distribué par Spidefilm. Un peu comme si c'était un court-métrage indépendant, d'une durée d'environ six minutes. Mais la force, c'est que non seulement il a été tourné à Johannesburg, mais avec des effets spéciaux absolument stupéfiants, qui vraiment emportaient le spectateur, avec une audace et une innovation qu'on avait rarement vues dans un format aussi court.
- Speaker #4
C'est vrai. Il paraît que le tournage, d'ailleurs, était... assez particulier.
- Speaker #5
Oh oui, la gravité de District 9, en partie due à son approche documentaire, suggère une lecture inquiétante de la fin des années 2000, prétendument post-rastiale. Merci Madiba, bien sûr, mais en réalité encore marquée par les turbulences de l'apartheid, de la haine entre communautés. Ce film propose, comme un reportage au cœur des townships, Et qui illustre le désarroi et la détresse de ces extraterrestres.
- Speaker #6
Oui, mais c'est vrai. Pour conclure, à l'époque, le Premier ministre, on a eu la période Mbeki du Premier ministre. Et puis, Nelson Mandela arrive au pouvoir et on est sur cette paix entre les luttes des anciens bourgs, les blancs, face aux noirs. qui vivent, eux, dans les centres-villes.
- Speaker #5
Et la réconciliation, surtout.
- Speaker #6
Donc une réconciliation, mais qui va passer d'une ségrégation raciale à certainement une ségrégation plutôt spatiale. Et un monde ultra-violent. Je me rappelle, Soweto avait été complètement brûlé pour éviter que les malfaiteurs aillent se cacher dans le maquis. Et du coup, c'était devenu une belle banlieue. Par contre, tout était déporté dans des... Des townships un peu plus loin, mais plus petits, beaucoup plus loin. Mais des townships vraiment étendus. Et je ne souhaiterais même pas que des animaux vivent dans ces conditions-là.
- Speaker #4
Écoutez, merci messieurs, c'était passionnant. Je vous propose une réinspiration musicale maintenant, si vous le voulez bien, directement inspirée, bien sûr. Par notre sujet du jour, il s'agit de Fujila, interprété par les Fujis. Le District 9, mais sommes-nous réellement dans un futur, professeur ?
- Speaker #5
Alors, il faut quand même dire que ce film, District 9, c'est un film intelligent, ce qui arrive quand même assez peu souvent dans la science-fiction. Il fait réfléchir. Nous sommes dans un passé dystopique et du coup, chronique, qui met en scène des espaces urbains, qui semblent familiers, bien sûr, mais avec des aliens. Alors, ce film est sorti quelques mois avant Avatar et les Hommes Bleus. Évidemment, qui va enfoncer le clou sur une humanité expoliatrice, bien sûr, comme une métaphore de la spoliation des Amérindiens par les États-Unis. Mais ce film est présenté plutôt sous la forme d'un foot footage, donc une espèce de documentaire caméra à l'épaule, qui situe une version alternative ou post-moderne de Johannesburg en 1982. qui aurait survécu à l'apartheid et lorsque les vaisseaux extraterrestres survolent la ville, l'histoire change et le monde ne sera plus comme avant.
- Speaker #6
Oui, et vous avez tout à fait raison, professeur. Ce film, il a été quand même produit par Peter Jackson, encore un maître de l'horreur, vainqueur grâce au Seigneur des Anneaux.
- Speaker #5
Alors il l'a produit après avoir vu le court-métrage.
- Speaker #6
Bien sûr, bien sûr. Mais en pleine recherche de déploiement de ces effets spéciaux qui avaient été développés en Nouvelle-Zélande pour Le Seigneur des Anneaux et révolutionnaires et réplicables. Donc, vont utiliser les effets spéciaux James Cameron dans Avatar. Alors, je mets à part le côté 3D sur le film, mais je pense aussi à Michael Bay dans Transformers.
- Speaker #5
Avec évidemment cette symbiose entre techno, robots et créatures dysmorphiques. Après l'apartheid, la ségrégation sociale recoupant des critères ratios s'est renforcée. Les anciens quartiers résidentiels blancs, les classes moyennes ou aisées sont devenus les quartiers riches, évidemment, et à l'écart du reste de la société et de la ville. Ils sont les seuls à avoir connu un peu plus de mixité raciale, mais non sociale. Voilà, un peu comme au Brésil, la différence ne se fait pas par la couleur des peaux, mais par la valeur de l'argent. Les quartiers noirs pauvres sont restés identiques, socialement, à ce qu'il existait, finalement, sous l'apartheid de De Klerk.
- Speaker #4
Mais, messieurs, est-ce que vous pourriez nous expliquer plus précisément ce que c'est cette ségrégation socio-spatiale ?
- Speaker #5
La chimère raciale dans le district 9. Le titre du film fait référence à un fait réel. District 6 est donc le nom d'un quartier de la ville du Cap en Afrique du Sud. Dans les années 60 et 70, ce quartier fut vidé de sa population cosmopolite par des expulsions. Et dans le cadre de l'apartheid, le fait de différencier les gens, les quartiers, les populations, le gouvernement entendait ainsi supprimer une zone d'interaction interraciale. contraire à la nécessaire séparation des races et réhabiliter un quartier qu'il qualifiait de bidonville insalubre. Dès 1966, le district 6 fut décrété pour zone de résidence pour blancs et pour blancs seulement. Et les expulsions commencèrent peu après.
- Speaker #6
D'une part, la ségrégation produit de l'insécurité et pervertit le lien social. Et d'autre part, la stigmatisation, elle, elle dégénère en marchandisation ou en... En déshumanisation. Ici, les extraterrestres sont parqués dans des camps de réfugiés et sont utilisés en secret comme des cobayes médico-pharmaceutiques par ce fameux puissant groupe industriel chimico-militaire et du bâtiment avec la complicité de certaines sphères gouvernementales.
- Speaker #5
Alors la grande tristesse quand même, c'est que District 9, réalisé en 2009, était comme une promesse d'un futur échec de la nation arc-en-ciel aussi.
- Speaker #6
Oui mais Alors moi, ça me rappelle quand même une situation similaire qui est survenue sur Dijon, ici en France, où vous m'accueillez. Le district de Dijon, c'était l'ancienne division territoriale française du département de la Côte d'Or à partir de la Révolution française et même entre 1976 et 1999. Et le fameux district 9 de Dijon qui regroupe le quartier Varennes-Toison-D'Or aujourd'hui. Alors c'est au nord de la ville et c'est découpé en plusieurs secteurs. il y a Geoffre Pouilly, Stalingrad, Toison d'Or, Valmy et Varennes. Donc il a longtemps abruté une sorte de prolétariat monstrueux. Au départ, c'était des Asiatiques un peu indochinois, après des Érythréens, des Iraniens, et puis jusqu'à ce qu'arrivent les Sélénites, engagés pour faire vivre le fameux parc de la Toison d'Or. Alors pas le parc commercial, mais l'utopie de parc récréatif, où ces minorités étaient exploitées en échange. d'une activité rémunérée et d'une chambre dans des bâtiments construits sur des terrains vagues. C'était un vrai bitonville.
- Speaker #5
Il y avait des toboggans aussi.
- Speaker #4
Ça nous rappelait franchement les États Arabes Unis. Mais professeur Ntombi, cela ne rappelle-t-il pas aussi une situation qui nous survenit sur Dijon dont vous auriez, je crois que vous avez un témoignage, une archive. Tout à fait, tout à fait, c'est vrai. Quittez pas.
- Speaker #5
De Dijon,
- Speaker #7
c'est là où j'ai commencé mon métier d'attaché de presse. Je m'occupais du festival Moutard des cinémas.
- Speaker #3
Ah, c'est passionnant. Et ça parlait de quoi ?
- Speaker #7
De Moutard des cinémas.
- Speaker #5
Formidable. Vos clapiotas. Attention, l'assiette est chaude.
- Speaker #6
Ah oui,
- Speaker #4
tellement illustratif.
- Speaker #6
Ces fameuses clapiotes étaient exploitées à l'époque. On en voit quelques spécimens dans Men in Black, mais on avait quasiment perdu toute trace de ces sélénites qui étaient exploitées en France.
- Speaker #5
Oui, mais en même temps, ce n'était pas très bon. Et donc la question qui reste en suspens, est-ce que ce film est une parabole sur l'Afrique du Sud de l'apartheid, ou de l'Afrique du Sud de demain qui est en train de se reconstruire, où finalement... Le fait que l'histoire se répète sans cesse. Une seule certitude, l'héritage de l'apartheid travaille l'Afrique du Sud, l'habite.
- Speaker #4
Non, je n'ai rien dit.
- Speaker #5
Et pour longtemps, sans doute, ma chère Pédélope.
- Speaker #6
Ce qu'il faut savoir, c'est que le réalisateur ici, il prend le contre-pied des films américains qui mettent en valeur les gratte-ciels, la ville, comme un labyrinthe magnétique éblouissant pour les étrangers. Alors qu'ici, les espaces de concentration de la richesse sont montés de plus loin pour se focaliser sur les townships et les autres bidonvilles pour vivre la misère, se mettre à la place d'eux. Et sachez qu'officiellement, en tout cas dans toutes les années 2000, on ne voit quasiment des photographies de Johannesburg que la nuit. Parce qu'en plein jour, oui, la ville est comme Manhattan. Sauf que tous les bâtiments sont dégradés, il y a des poubelles partout. C'est un vrai dépotoir.
- Speaker #4
Et un enfer. Est-ce que vous pensez que ce film se voudrait une démonstration de la mutation de l'espèce humaine ?
- Speaker #0
Au parti.
- Speaker #1
Alors, il faut voir que ce procédé narratif, il consiste à réduire des êtres humains à l'état de propriété lucrative. Et ça évoque l'idée à la fois du travailleur, parfois du consommateur, comme une sorte de pion dans la manipulation capitaliste.
- Speaker #0
Alors après, parce qu'une partie de la technologie extraterrestre est récupérée aussi par les habitants de Joasimau.
- Speaker #1
C'est tout à fait ça, professeur. Donc, on réduit des personnes en esclavage, une sorte de... d'oppression centralisée et souvent on va avoir cette nouvelle dimension grâce au progrès de la biotechnologie les entreprises acquièrent fréquemment cette sorte de pouvoir de déconstruire des êtres humains et ce faisant de les priver de toute protection liée à la dignité humaine.
- Speaker #0
Du coup nous ne sommes pas ici clairement dans un transhumanisme le corps humain évolue mais bon bien évidemment Puisqu'il évolue en crevette.
- Speaker #1
Alors vous avez tout à fait raison professeur. C'est l'ambiguïté de faire croire qu'un humain chercherait à devenir crevette. Ne serait-ce que pour pouvoir utiliser les armes de ces extraterrestres. Et ainsi maîtriser la technologie exogène.
- Speaker #0
Parce qu'évidemment les armes ne peuvent pas être utilisées par des êtres humains. Donc il crée des mutations ou des hybrides homme-machine ou homme-crevette. Pour pouvoir les utiliser et ainsi avoir des capacités véritablement hors normes.
- Speaker #1
Oui, mais... L'allégorie dans le film, c'est aussi que le fameux Wikus, il perd autant accès à sa blancheur et donc aux privilèges qui sont associés à la couleur de peau qu'à son humanité. Et donc le propos social du film, il s'intéresse bien davantage aux conséquences de cette perte d'accès forcé à la blancheur.
- Speaker #2
Est-ce que le film est discriminant envers les crevettes ?
- Speaker #1
Alors non, mais vous me faites penser à Patrick Timsit. Timsit il était discriminant envers les crevettes lui aussi non pas envers les crevettes mais il fut poursuivi en justice par des personnes valides qui représentaient les intérêts de personnes en situation de handicap par anomalie chromosomique congénitale le syndrome de Dôme bien sûr alors peut-être pour conclure ce qu'il faudrait retenir pour nos auditrices et auditeurs c'est que d'après les personnes interviewées dans ce film les extraterrestres Merci. étaient eux-mêmes des travailleurs captifs, esclaves ou engagés, contraints de vivre dans des conditions déplorables. Et c'est pour ça qu'ils se seraient échappés sur Terre. C'est ce qu'on voit à peu près dans tous les scénarios comme Nathan Schachner dans les années 30.
- Speaker #0
Oui, parce que ce ne sont pas des extraterrestres dominants qui débarquent sur Terre. Ils sont un million. Des esclaves pour des autres êtres supérieurs qui eux-mêmes ont péri au moment d'arriver sur Terre.
- Speaker #1
C'est ça, c'est en fait un semi-grand galactique. Vive à la fois le fameux syndrome d'Ulysse, vivre la migration dans des conditions difficiles.
- Speaker #2
Uniquement du côté de l'équipage d'Ulysse,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Tout à fait. Et le syndrome de résignation qu'on appelle. L'être est dans un état semi-comateux, une sorte de catatonie, il a les yeux fermés. Les dents serrées, il ne bouge plus. Ses muscles n'ont plus aucun tonus. Et donc ?
- Speaker #0
Parce qu'il est toujours dans sa condition d'esclave. Il attend les ordres de la race supérieure qui lui dirait quoi faire et comment exploiter les différentes ressources du vaisseau.
- Speaker #1
Et comme ce migrant se retrouve à des millions de kilomètres de chez lui, il peut se sentir, comme le disait Juan Helman, comme une sorte de plante monstrueuse. Donc il y a des... des conséquences à notre arrivée à destination, soit qui peuvent adoucir la condition quand on accueille de la meilleure des manières possibles ces migrants, soit qui vont aggraver ces conditions. Et souvent, ce qu'on observe, c'est la perte de statut social, la perte de la terre natale, le chagrin de la langue, la bureaucratie et les pertes de codes culturels.
- Speaker #0
Esclaves nés esclaves et restera esclaves.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Un exode qui n'a servi qu'à les... Faire tomber en enfer. Merci messieurs pour cet échange captivant. Je vous invite à présent dans un nouveau voyage créatif avec cette fois Tikanja Fakoli. Et le titre, Le pays va mal.
- Speaker #3
Rien ne m'étonne, rien ne m'étonne, rien ne m'étonne, ils ont pas trajet le monde, rien ne m'étonne, rien ne m'étonne. à manger talent ce tour du stade il s'empêche de l'eau rien ils ont pas d'agilement aïe si tu me laisses l'uranium moi je te laisse l'aluminium si tu me laisses tes Jésus-Maths, moi je t'aide à chasser les talibans, si tu me donnes beaucoup de blé. Moi je fais la guerre à la poutine Si tu me rêves, je ferai ton nom Moi je fais la guerre à la poutine Ils ont bataillé le monde Rien n'est temps Rien n'est victime Rien n'est victime Ils ont bataillé le monde Rien n'est temps et nous soyons désormais une partie de la plus grande c'est tout va se dévoiler une partie de la plus grosse c'est tout va t'attendre une partie de la plus chouette c'est tout va dans la plus importante une partie de la plus grande c'est tout va se dire pour le film Ils ont pas...
- Speaker #2
Ne changez pas de fréquence, vous êtes bien sûr Uchronia. Uchronia, les chroniques du temps latent. Écoutez messieurs, je vous propose de passer à notre quatrième sujet. Là, il s'agit de la musique. Une musique qu'on pourrait définir comme exo-africaine.
- Speaker #0
Une musique de qui il reste, évidemment. Les paroles s'envolent, évidemment. Évidemment, nous n'aborderons pas les coréens Stray Kids qui interprètent leur premier single, District 9, au Sophie Stadium de Los Angeles.
- Speaker #1
Oui, alors, pour la petite histoire, Stray Kids signifie en coréen les enfants errants. Donc on est presque dans une approche... Akira ? Dans Akira, tout à fait.
- Speaker #0
Ça, c'est une référence absolue. Les langues Khoisan sont devenues célèbres dans le monde entier grâce aux films sud-africains. Les dieux sont tombés sur la tête.
- Speaker #2
Excellent.
- Speaker #0
Pour leur consonne très particulière appelée clic-clic-clic. Évidemment, les bouteilles de coque. Tellement bien, professeur.
- Speaker #1
Oui, c'est des claquements explosifs ou implosifs des lèvres ou de la langue. D'avant, d'arrière ou de côté. Alors, il y avait une très bonne... ambassadrice de notre langue, c'était Myriam Makeba, tout à fait, pour la célèbre qui fut célèbre pour proposer une chanson de ce type après avoir été connue dans le monde entier pour son titre Patapata
- Speaker #0
Out of Africa les dieux sont tombés sur la tête les royaumes des années 80 nous observons des usages concurrents d'une mémoire immédiate cachée cette Merci. de ségrégation que je ne saurais voir.
- Speaker #1
C'est vrai, tout à fait, professeur. L'idée, c'est de venir plutôt découvrir les beautés du Kruger Park. Et ça me fait penser à un film de Simon West en 1999, La fille du général, avec une musique magnifique, inspirée des chants d'esclaves, des enregistrements de 1939. Et je pense à Christine et Catherine Sheep. et leur fameux Sea Lion Woman, qui est une référence aux filles de joie qui attendaient les marins au port de grès ou de force.
- Speaker #0
Oui, Amsterdam, bien sûr. Évidemment, nous observons, et je mets à part Johnny Clegg, dans une musique composée par des Africains eux-mêmes. Non,
- Speaker #1
mais c'est ça qui est fort, professeur. C'est ce que vous venez de dire. C'est que, ça y est, les Africains font eux-mêmes la musique maintenant.
- Speaker #0
Oui, ils ont toujours fait la musique, ils l'ont inventée. Et donc le développement d'une société créole au cap, donc une société réellement mixte et mélangée et métissée. Le Canadien Clinton Shorter, qui compose la bande-son de cet excellent film de Neil Buncombe, avait auparavant essentiellement travaillé pour la télévision. Il signe une bande-annonce originale, mélange chant et terré africain, synthétiseur efficace, proche des sonorités du studio Reboot Control, de Hans Zimmer, Steve Jablonski, pas très original, mais quand même très bien adapté au film et donnant beaucoup d'efficacité aux images, bien sûr, du documentaire.
- Speaker #1
Oui, et puis le réalisateur, il a lui-même demandé de renforcer encore la touche ethnique, tout en livrant une sorte de partition plus sombre. Il a aussi revu son précédent travail. À la hausse, il rajoute des percussions, des voix solistes d'origine. une sorte de savant mélange entre un orchestre et puis des synthétiseurs.
- Speaker #0
Oui, parce que ça reste un film africain. On n'est pas dans un film hollywoodien du tout, ni dans les thématiques, ni dans la puissance évocatrice.
- Speaker #1
Mais on est vraiment dans cette phase de prise de conscience de l'existence d'un racisme institutionnel à l'extrémité australe de l'Afrique. Il y a eu bien sûr l'élévation de Nelson Mandela au rang de martyr international qui a coïncidé avec un renouveau des vogues musicales. exotiques pour nous en Europe et en Amérique du Nord. Mais le reggae s'essoufflait, l'Afrique occidentale patinait. Et puis, en revanche, dans les années 80, l'Afrique du Sud offrait des rythmes capables de secouer l'endormissement des sociétés développées avec une cause digne, défendue et soutenue.
- Speaker #0
Oui, alors l'Afrique existait par la musique malienne, mais... Mais les musiques sud-africaines, en dépit du boycott culturel dont elles furent quand même longtemps frappées, ainsi que la plupart des produits culturels, des sportifs, et donc furent déclarées découvertes, évidemment. Pour l'extérieur et pour le monde, l'Afrique du Sud s'offrait culturellement et ce renouvellement était profond.
- Speaker #1
C'est la période de la world music ?
- Speaker #0
Tout à fait, avec Michael Jackson qui, surfant sur la mode, avait collaboré avec des artistes brésiliens aussi à Salvador, dans le titre « They don't care about us » , « Ils se foutent de nous » évidemment.
- Speaker #2
Splendide.
- Speaker #0
On a beau être riches et noirs, les blancs se foutent de nous. C'est cela que dénonce aussi ce film. L'apartheid est véritablement viscéralement attaché à cette société. Et même si on a la possibilité de voir arriver des extraterrestres d'un autre monde, d'une autre galaxie, peut-être d'une autre dimension, on s'en fout, on les parque dans des bidonvilles et on les laisse crever lamentablement, sans même chercher à découvrir leur langue, leur culture et leur technologie.
- Speaker #1
Mais c'est tout à fait ça. Le film, il démontre bien que... ce vaisseau extraterrestre arrive à Johannesburg, pourquoi il n'est pas arrivé à New York, pourquoi il n'est pas arrivé à Paris ou à Londres ? Et finalement, personne ne vient les voir pour essayer de mieux les connaître, les découvrir. Après,
- Speaker #0
il y avait une promesse quand même. L'Afrique du Sud est un pays qui venait de la réconciliation, un pays qui avait réussi à réconcilier les Blancs qui avaient maltraité les Noirs dans une gigantesque farandole multicolore et arc-en-ciel. Et donc c'était véritablement le point de chute idéal pour des extraterrestres en manque de contact humain. Et au final, il les a envoyés promener.
- Speaker #1
Alors si vous me permettez, pour clore ce chapitre musical, je crois qu'on ne peut pas oublier et il faut évoquer absolument la vie du chanteur Sixto Rodríguez.
- Speaker #0
Il n'était pas sud-africain mais américain.
- Speaker #1
Tout à fait, c'est un guitariste américain. dont les Sud-Africains ont voué une sorte de culte. Et ces chants ont nourri la lutte de Mandela contre l'apartheid.
- Speaker #0
Alors d'ailleurs, à l'époque, il n'était connu qu'en Afrique du Sud. Le monde entier l'avait oublié.
- Speaker #1
Ils avaient conservé ses derniers enregistrements. Ils se l'écoutaient en stade, peut-être sous forme de quelques vinyles qui étaient encore pressés là-bas.
- Speaker #0
Et en cassette audio également.
- Speaker #1
Et donc, voilà, tout le monde le prenait pour mort. Et donc, c'est le fameux super film Sugar Man. Je vous invite à voir.
- Speaker #0
Filmé comme un documentaire également.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Écoutez, après toutes ces émotions et ces débats haletants, je vous propose une petite respiration musicale, si vous le voulez bien. Cette fois-ci, c'est Bob Marley et son titre Burning and Looting.
- Speaker #4
How many rivers do we have to cross Before we can come to the boss All that we got, it seems we have lost
- Speaker #2
Ne cherchez pas à changer de radio, vous êtes bien sûr à Ucronia, les chroniques du temps latin. Alors professeur, je crois que là nous allons aborder votre séquence préférée de l'émission, le cultomatique. Mais pourquoi rangez-vous ce film dans cette prestigieuse boîte ou sous cette prestigieuse étiquette ?
- Speaker #0
Buffalo Soldier ! Clack Blast, oh ce film, ça m'a transporté réellement au District 9, a été nommé aux 4 Oscars, dont celui du meilleur film, ce qui est quand même une rareté pour un film étranger, évidemment. Ce film a reçu également le prix Ray Bradbury, du meilleur scénario. Ce film est culte parce qu'il démontre à sa manière, pas comme dans La Mouche bien sûr, mais une transformation à l'état de choses de REM. C'est la métamorphose de Kafka, la voix derrière la porte. Et ce film est également une belle représentation de la qualité des effets spéciaux face à une économie de moyens, une efficacité visuelle et scénaristique.
- Speaker #1
Oui, et puis Nell Blomkamp, il travaille, je pense, à l'adaptation de Starship Trooper, le roman de Robert Heinlein, déjà adapté au cinéma chez Verhoeven, mais aussi depuis 2019, toute la communauté. mondiale des guides de science-fiction attend avec des chansons le fameux tournage de la suite de District 10. Et si les crevettes revenaient sur Terre pour sauver Wikus ? Bon, ça nous fait un film un peu comme dans Starship Trooper ou même un peu, quelque part, Men in Black. Alors,
- Speaker #0
beaucoup moins joyeux quand même que Men in Black. Parce que là, les insectes s'éclatent là-bas pas trop.
- Speaker #1
ils se font éclater quand même mais donc on a quand même un film qui est original par son scénario qui s'inspire de l'apartheid mais aussi par la forme qui se calque sur des récits de journaux télé et donc on est sur ce côté atypique à la fois réaliste, hyper bien fait en effet spéciaux et donc on a le mélange,
- Speaker #2
oui c'est le mélange on est sur
- Speaker #1
des approches moins subjectives, quelque part.
- Speaker #0
C'est comme dans des documentaires qui sont tournés en Afrique du Sud, aussi concernant les migrants nigériens en Afrique du Sud.
- Speaker #1
Oui, on est vraiment là pour être déstabilisés, où la perception de la résolution a pu forcément, une sorte de critère primordial d'appréciation. C'est un des films qui avait été tourné avec la fameuse caméra Red One, en 4K, et donc les effets avaient été testés au départ, dans une... pub pour Citroën. Pour la voiture, il y a la C4 de Citroën. Et donc, ça va être purement testé ensuite, réappliqué dans Transformers et puis dans Avatar. Qui s'efforce de susciter des réactions mimétiques chez le spectateur.
- Speaker #2
Un genre que le professeur adore. Mais alors, que représente au fond ce mélange en fait ? Ce mélange de signes culturels, générationnels, situationnels dans un cadre, bon, somme toute classique.
- Speaker #0
Au fond, des profondices, évidemment, c'est certainement sale, mais sinon c'est malaisant, voire terrifiant, bien sûr.
- Speaker #1
Alors au fond, j'ai une bonne illustration quand même de référence par rapport à ce film. Tania, la femme de Huy, elle trouve une fleur en métal à sa porte et ça lui donne l'espoir que son mari est toujours en vie. Et Wikus, maintenant, il est entièrement transformé en alien et attend le retour de Christopher et fabrique la fleur pour que sa femme puisse avoir cette lueur d'espoir, même dans un dépotoir.
- Speaker #2
Écoutez, messieurs, je vous remercie pour ces échanges si intelligents et si éclairants. Merci, cher professeur Michael Flynn, pour votre éclairage. Merci, Jean-Pierre. Et merci encore, professeur. pour votre participation.
- Speaker #1
Merci pour votre invitation.
- Speaker #2
Et merci à notre metteur en ondes. Aujourd'hui, c'était Francky Todelwood. Et pour conclure, chers auditeurs, chères auditrices, place maintenant à la magie d'Actu Cronia. Alors, j'ai plein de choses à vous dire et évidemment pas assez de temps, mais pour aller plus loin sur cette thématique et explorer votre côté. Crevette de l'espace, nous vous invitons à voir, revoir, visiter ou lire des oeuvres vous permettant de retrouver cette atmosphère. Township, évidemment le film District 9 qui sort en Blu-ray 4K chez Sony Pictures Home en 2020. Le livre de Daniel Falconer, The Art of District 9, Weather Workshops qui est sorti en 2010 chez HarperCollins, Nouvelle-Zélande de Peter Jackson, Kafka... Évidemment, toujours la métamorphose. Il est ressorti en 2002 avec la tradition de Vialat chez Gallimard. L'oeuvre originale étant publiée en 1915. Le synopsis, Primédicite et étrangers, une saison blanche et sèche, qui est le quatrième roman d'André Brink. Il est interdit dès sa publication en Afrique du Sud. Mais vous pouvez le retrouver dans une édition sortie en 1989 chez Stock. Et écoutez bien sûr Michael Jackson, son album Dangerous qui est sorti en 91 chez Epic Records. Je vous conseille d'aller voir absolument, et ça c'est un conseil du professeur, merci à lui, le clip They Don't Care About Us, vous allez prendre une petite claque. Écoutez Tracy Chapman et son titre bien sûr, Taking About Revolution qui est sorti en 88. J'étais toute jeune. Écoutez aussi la musique de Myriam Makeba, l'immense Myriam Makeba. qui est présente sur toutes les plateformes. Vous pourrez découvrir également cet immense pianiste Ibrahim Abdoula, qui est l'ambassadeur musical de l'Afrique du Sud. Lisez un article de Denis Constant-Martin, « Musique dans la rue et contrôle de l'espace urbain, le CAP, Afrique du Sud » dans les cahiers internationaux de sociologie, qui est paru aux presses universitaires de France. C'est le numéro 2005-2, numéro 119. Nous vous invitons à revoir, c'est un peu sans fin, mais on va faire au plus court, des oeuvres qui sont sur les thématiques du District 9. L'Arme Fatale 2, oui oui j'ai bien dit L'Arme Fatale 2 de Richard Donner qui est sorti en 1989. Alive in Joburg qui est sorti en 2005. Sozi, un film de Gavin Hood qui lui est sorti en 2005 aussi. The Ghost Must Be Crazy, c'est-à-dire les dieux sont tombés sur la terre. tête qui a été réalisée par Jamie Lee et qui est sortie en 1980. Clint aussi qui est passé faire un tour en Afrique du Sud avec Invictus en 2009. Mandela, Long Walk to Freedom par Justin Chadwick qui lui est sorti en 2013. Cry Freedom de Richard Attenborough qui date de 1987. Énorme. Un petit clin d'œil pour Chappie par le même Neil Blomkamp. qui lui est sorti en 2015. Alien, dont nous avons parlé, de James Cardone, celui de 1986 bien sûr. Et puis un petit tour chez Paul Verhoeven avec Robocop de 1987. Et puis, si vous avez le temps, encore avec tout ça, dégustez cette tranche de vie fantastique, celle de Sugarman, de Malik Benjoulil, qui lui est sorti en 2012. Et rappelez-vous, on n'est pas forcément l'image que vous percevez de nous. Mesdames, messieurs et tous les autres, c'est le moment de nous quitter. J'ai hâte de vous retrouver pour un prochain épisode d'Ukrainia. En attendant, vous pouvez nous écrire à l'adresse ukrainia1984, tout attaché, at gmail.com. Retrouvez-nous en podcast sur toutes les plateformes et en particulier sur Ausha et sur le site de Radio Campus. Et pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, sur le DAB+, sur tous les postes modernes en direct live, sur le site www. Radio-Dijon-Campus.com, Ucronia, les chroniques du temps l'attend.