- Speaker #0
L'engagement des femmes et des personnes... Vous écoutez Radio Campus, il est
- Speaker #1
10h.
- Speaker #2
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Uchronia, je suis Pénélope Solette et je suis accompagnée, as usual, par le professeur John McLoughlin. Bonjour ! Bonjour professeur !
- Speaker #3
Bonjour !
- Speaker #2
Et en qualité de témoin du jour, nous avons le plaisir de recevoir Robert Herbert Pale.
- Speaker #0
Bien le bonjour !
- Speaker #2
Bonjour ! Et vous êtes notamment un expert en cobotique et spécialiste des sciences de l'ingénieur à l'Université de Bourgogne et au Massachusetts Institute of Technology à Boston.
- Speaker #0
Tout à fait !
- Speaker #2
Ukronia ! Les chroniques du temps latent. Au sommaire de notre émission, un épisode consacré au phénomène de voyage dans le temps et, une fois n'est pas coutume, vers nos futurs, en particulier dans le cinéma de science-fiction. Alors il faut dire que, comme d'habitude, nous avons été littéralement harcelés de demandes de nos auditeurs sur le sujet. Cette séance sera ponctuée de respiration musicale, avant de terminer par nos recommandations, et évidemment subjectives, la séance Actu Cronia. Aujourd'hui, nous allons mettre en lumière le film Retour vers le futur 2 réalisé par Robert Zemeckis et qui est sorti en salle en 1989. Un film difficilement classable, intégré dans une trilogie, enfin une trilogie a posteriori, écrite et réalisée par les deux Bob, Robert Zemeckis et Bob Gale, qui repoussent les limites de la catégorisation et du genre. Alors, jusqu'où peut-on devenir une école du cool ? Une icône du cool ou un visionnaire des tendances technologiques et même un archétype de scientifique qui va bouleverser toute l'industrie du cinéma et emporter toute une génération sur les nouveaux besoins en innovation du quotidien. Alors messieurs, nous allons pouvoir aborder notre premier sujet, les films de voyage temporel. C'est le tourisme temporel ?
- Speaker #0
Alors merci pour votre invitation. On pourrait dire effectivement qu'il y a des films autour des boucles temporelles, des personnes qui se retrouvent dans une situation cyclique, ne pouvant sortir d'une journée ou d'un moment de leur propre vie. Et puis il y a les films traitant des allers-retours dans le temps. Alors à commencer par souvent ce qu'on va appeler, et c'est le plus commun, les voyages à rebrousse-temps. C'est-à-dire que c'est quelqu'un qui est dans un présent, qui utilise une machine à voyager dans le temps, mais qui va se retrouver dans le passé, le classique, l'époque préhistorique, ou des uchronies pour essayer de venger quelqu'un, d'empêcher un personnage néfaste à l'avenir de l'humanité de faire quelque chose. Donc c'est vrai que c'est typiquement la première partie de la trilogie Retour vers le futur.
- Speaker #3
Et c'est tout l'intérêt d'ailleurs, puisque fondamentalement, le film... du voyage temporel n'existe pas. Et il est presque inventé par cette trilogie.
- Speaker #0
Tout à fait. Donc, c'est une réalité de voyage dans le passé. Et puis, parfois, on va voir un voyage vers un futur qui ressemble au passé. Je pense à tous les films autour de la planète des singes, où les premières œuvres cinématographiques autour de l'ouvrage d'Herbert... Robert Johnson Wells, Herbert George Wells, qui va, depuis le XIXe siècle, aller dans un futur très lointain qui revient à une sorte d'ère quaternaire par exemple.
- Speaker #3
Thématique qui n'avait pas été abordée par Jules Verne.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait.
- Speaker #2
Qui pourtant était allée assez loin.
- Speaker #3
Dans l'espace et sous terre.
- Speaker #0
Donc voilà, on est sur une obligation des personnages à devoir... démontrer sa capacité tout à fait à modifier une chaîne causale en essayant de retourner vers un passé ou vers un futur.
- Speaker #3
Mais toute la problématique du film, c'est son temps, précisément. Un film est court, alors que si vous développez toute une série de films comme La planète des singes, vous pouvez présenter le sujet, le développer, le digresser et puis ensuite trouver différents types de conclusions ou des explications phénomènes, alors qu'un film doit être compacte, doit être resserré. Et donc forcément, l'artifice technologique de la machine à voyager dans le temps et la voiture finalement était une sacrée performance de scénario des frères Bob.
- Speaker #0
Tout à fait. Alors c'est vrai qu'il y a peu de références sur le voyage vers le futur. On peut penser un peu aux œuvres de René Barjavel, Le voyageur imprudent. Il y a quelques épisodes dont le pilote de la série La quatrième dimension, où les univers se suivent et se télescopent. Et donc souvent on est sur un voyage vers le passé. Il y a la version au cinéma de 1960 par George Pale, qui est une très bonne interprétation cinématographique, de quelqu'un qui va aller vers le futur. Et c'est vrai qu'on trouvera après la trilogie Retour vers le futur, d'autres films dont on pourra peut-être parler un peu plus tard.
- Speaker #2
On pourra les évoquer effectivement.
- Speaker #3
Avec les contraintes évidemment d'effets spéciaux et d'images de synthèse.
- Speaker #0
Mais surtout de problématiques, d'être capable d'imaginer un futur.
- Speaker #3
Sans tromper.
- Speaker #0
Et parce que notre propre limite est notre propre imagination. Donc souvent, on va voir des films qui se passent dans un futur lointain et les auteurs se sont référés eux-mêmes à 2001, l'Odyssée de l'espace ou Star Wars qu'on voit déjà. Mais le futur est soit un peu comme dans la planète des singes, assez désertique, post-cataclysmique. où on ne voit pas vraiment les détails très pragmatiques de comment on pourrait vivre dans le futur.
- Speaker #3
Ou alors tellement distant, effectivement, qu'on ne voit que des navettes spatiales avec des planètes surtechnologiques et surhabitées, sans comprendre comment on est arrivé là, bien sûr.
- Speaker #0
Tout à fait, tout à fait.
- Speaker #2
Oui, avec Retour vers le futur, on reste dans des paysages familiers, notamment urbains, je veux dire la ville, les pavillons, tout ça. Oui.
- Speaker #3
Après, des films dans le futur, comme Mad Max, le cinéma en a déjà envisagé, ou même New York 1997. Mais dans une portée si noire, si sombre, si finalement sordide, qu'on a du mal à imaginer au cinéma et à cette époque-là un futur joyeux.
- Speaker #0
Vous avez tout à fait raison, professeur. Robert Zemeckis ne voulait surtout pas aller sur le terrain du sombre à la Orwell. Et donc il... Il propose cette comédie sur un pitch tout simple. Un gamin d'aujourd'hui trouve une machine à voyager dans le temps. Il va dans le passé et rencontre ses parents. Et les producteurs ont dit vendu.
- Speaker #3
Surtout pour acheter du popcorn, c'est top.
- Speaker #0
C'était une révolution.
- Speaker #2
Donc là, c'est plutôt le pitch du premier épisode, on va dire. Tout à fait. Donc là, nous abordons plutôt le volet numéro 2. Alors, lequel d'entre vous me ferait le pitch, s'il vous plaît ?
- Speaker #3
Avec plaisir ! Alors il faut bien comprendre que pourquoi parle-t-on du premier ? Parce que c'est lui qui installe la problématique du voyage dans le temps en utilisant cette voiture, la DeLorean, modifiée par le Doc Emmett Brown, qui est entre parenthèses un de mes amis.
- Speaker #0
Et je dois vous avouer, on a fait nos études tous les trois ensemble. Je ne détaillerai pas le fait que le professeur McLaughlin, quand on était en résidence universitaire à Boston... s'est branché sur le tramway et on avait installé un petit laboratoire dans le sous-sol de notre résidence universitaire.
- Speaker #2
Il me semblait bien que cette invitation n'était pas tout à fait anodine.
- Speaker #3
Entre amis, on peut bien se rendre service. Donc, au fait, le film, évidemment, est intéressant parce que c'est la suite du premier qui n'était pas censée avoir une suite. Donc, en termes d'écriture, c'est assez puissant d'imaginer l'insoluble. Donc cette suite est la suite du premier retour vers le futur qui, après un accident de Marty McFly, qui se retrouve en 1955 et qui va tenter de réparer les erreurs commises pour éviter de subir les conséquences chronologiques sur sa propre vie. Donc évidemment, il débarque dans le passé, rencontre ses parents, trouble leur relation et finit par remettre en cause sa propre existence. en permettant à sa mère de tomber amoureuse de lui et de maudire son père, ce qui le condamne à ne pas exister. Donc c'est le dip à l'envers. Donc Marty McFly règle ce problème, revient dans son présent, forcément modifié, avec des parents devenus l'empire du cool, et à ce moment-là, donc c'est la fin du premier, le doc débarque avec son véhicule à voyager dans le temps et vient chercher complètement paniqué Marty McFly parce qu'il doit interagir sur son propre futur à lui pour sauver ses propres enfants. Ce qui, évidemment, le rend complètement incrédule et donc va ensuite démarrer cette folle aventure dans le futur où Marty McFly va découvrir... son futur, le futur en fait de sa propre ville, il va aller et va développer, va rencontrer en fait tous ces développements technologiques, scientifiques vestimentaires et ces objets de la vie courante de 2015 qui va à jamais en fait marquer sa vie et surtout l'environnement de retour vers le futur
- Speaker #0
C'est tout à fait ça, l'idée de des des scénaristes et réalisateurs ainsi que alors ils ont eu une grosse problématique autour du script on va y revenir parce que on tient pas grand chose non plus ça a été imposé par la production et par pour la première fois au monde un développement de clubs de fans partout dans le monde qui vont demander une suite et donc bob gayle en écrivant le script du deuxième va développer énormément l'histoire notamment dans le Far West et c'est là où il va se rendre compte qu'il en faudra non pas une suite mais un troisième. Et donc là, on est vraiment sur une approche pour dépeindre le futur. Par rapport à la première partie de la trilogie, ici, on se rend compte que le futur peut changer, et pas seulement essayer de réparer le passé.
- Speaker #2
Un sacré pression quand même des producteurs sur les créateurs.
- Speaker #0
Très bien. Alors, Robert Zemeckis était adoubé dans les petits papiers de Steven Spielberg, qui va vraiment le pousser et lui ouvrir toutes les portes des studios.
- Speaker #3
Et des financiers.
- Speaker #0
et des financiers, avec en plus dedans, dans la boucle, un des producteurs. Alors, à l'époque, il n'est pas connu comme acteur. Il est dans des petites séries, mais c'est Michael Douglas qui va financer le film et toute la trilogie. Donc, ils font tous des paris sur Robert Zemeckis.
- Speaker #3
Et ce ne sont pas de petits paris, d'ailleurs, puisque au moment où les films sont tournés, ils sont tournés en même temps. Les deux et trois sont tournés comme un seul et même film, en décomposant toutes les scènes et en réutilisant les mêmes acteurs.
- Speaker #0
Alors vous avez tout à fait raison professeur, c'est vrai qu'à la base...
- Speaker #3
Il coûte une fortune.
- Speaker #0
Donc l'acteur principal, Michael J. Fox, n'était pas disponible pour le film Retour vers le futur. Du coup, ils hésitent entre plusieurs acteurs, ils commencent à tourner au moins un tiers du film avec un autre acteur, et puis finalement il arrive à être disponible. il le change, mais du coup entre la première partie et la deuxième partie du film, il y a quatre ans. Et c'est là où il se rend compte qu'il sera plus intéressant de presque tourner les deux autres épisodes plutôt que d'attendre encore que le temps fasse son œuvre pour réaliser une suite.
- Speaker #3
C'est une prise de risque majeure sur un plan financier, parce qu'en imaginant que Retour vers le futur 2 soit un flop complet, comment voulez-vous sortir Retour vers le futur 3 ? C'est quasiment impossible.
- Speaker #0
C'est tout à fait ça. Alors après, il y a eu Ronald Reagan qui a même vanté les mérites de ce film. Je vous le cite. C'est une époque unique où nous vivons, une époque excitante, pleine de merveilles nouvelles et de réussites héroïques. Comme on dit dans le film, retour vers le futur. Là où on va, on n'a pas besoin de route. Avec un porte-étendard comme le président des États-Unis d'Amérique, le film a été financé, bien sûr.
- Speaker #3
Citant le document Brown d'ailleurs.
- Speaker #0
Tout à fait. Celui que je vais émettre.
- Speaker #2
Merci beaucoup messieurs pour ces échanges déjà très éclairants. J'espère que nous n'avons perdu personne en route. Je vous propose de prendre une petite respiration. Évidemment directement inspirée par notre sujet du jour avec The Power of Love, interprétée par Huey Lewis on The News.
- Speaker #1
c'est pas vrai oui stansky stout
- Speaker #2
Ne cherchez pas à changer de station, vous êtes bien sur Ucronia, les chroniques du temps latent. Alors messieurs, vous connaissez bien le docteur Emmett Brown, enfin c'est ce que j'ai cru comprendre en début d'émission. Vous avez travaillé ensemble ?
- Speaker #3
Ah oui, bien sûr ! Oui, on a travaillé sur le projet du film, évidemment. Et puis...
- Speaker #0
Le convecteur temporel.
- Speaker #3
Le convecteur temporel, bien sûr.
- Speaker #0
Sauf que le professeur, vu qu'Emmet a eu l'idée quand il était tombé dans ses toilettes, notre professeur McLaughlin a fait un véhicule temporel avec des WC. façon années 50. Alors c'était...
- Speaker #3
C'était pas non plus un moyen de transport très très pratique et puis on se mouillait les pieds. Mais bon après... Esthétique hein ? Non parce que basiquement en fait pour réussir à réaliser un voyage temporel il faut réussir à contraindre l'espace et notamment la matière noire pour réussir à créer une espèce de mini trou noir en développant suffisamment d'énergie et à ce moment là vous repliez l'espace-temps en deux vous créez un trou de verre et... Comme vous ne vous déplacez pas physiquement dans l'espace, vous vous déplacez dans le temps. C'est simple.
- Speaker #2
C'est tellement simple.
- Speaker #0
C'est vrai que nous, on a eu à devoir gérer les soucis de l'assistant d'Emet, le fils de la famille McFly, le Marty. Déjà, on a dû régler un souci parce que le Marty McFly et toute sa famille avaient un problème avec... la notion d'être du McFly Moviet. Et puis, après, on a dû intervenir deux fois parce que Marty risquait de mourir.
- Speaker #3
C'est vrai.
- Speaker #0
Et en plus de ça, le Bif Tannen, le Buford, causait des soucis.
- Speaker #3
Il peut coller trois au foldé.
- Speaker #0
Tout à fait. Mais du coup, on a essayé, en fait, avec avec avec John, de lui donner un coup de main, ce qui a été très difficile parce qu'il fallait trouver un vecteur assez stable pour lui laisser ou leur laisser un message. Et c'est là où on a essayé de tester différentes capsules temporelles pour pouvoir essayer de le prévenir. comme quoi il fallait qu'il intervienne pour aider.
- Speaker #3
Un peu comme des balises dans l'océan, tout simplement, qui éclairent la lumière. Et donc, si vous êtes un voyageur temporel, à un moment, il faut bien vous repérer dans le temps. Donc, on a essayé modestement de l'aider.
- Speaker #2
Et vous auriez un exemple de capsule ?
- Speaker #0
J'ai quelques exemples que j'ai ramenés avec moi.
- Speaker #3
Vous les avez gardés, c'est une excellente initiative.
- Speaker #0
Oui, je vous en passe un. donc voilà c'est impressionnant c'est pas en marquis On cherchait, pour éviter les coups de pistolet de Bufford, on a voulu le prévenir avant qu'il se jette du toit de son immeuble.
- Speaker #3
Un maca-message des années 80 bien sûr. Distributeur de billets, ça nous semblait le plus évident.
- Speaker #0
On n'avait pas trop d'autres idées à l'époque.
- Speaker #2
La preuve, ça a quand même fonctionné puisque Marty a été sauvé.
- Speaker #3
Nom de Zeus !
- Speaker #2
Est-ce qu'on peut dire que ce retour vers le futur illustre une nouvelle ère ? Une fête d'invention considérée comme loufoque, en tout cas à l'époque, et qui pourtant, nombreuses, sont devenues des réalités.
- Speaker #0
Vous avez tout à fait raison. C'est vrai qu'il fallait pouvoir imaginer un futur à la fois possible et rassurant.
- Speaker #3
Et de réenchanter aussi le progrès. Parce qu'on regarde Mad Max, on se dit, finalement, l'amour matomique, ce n'est pas une bonne idée. Alors forcément, à un moment, on essaie de se rassurer en disant, la technologie, ça peut être cool. Les geeks peuvent être des gens charmants. Par exemple, vous-même, vous êtes très beau. Et puis fondamentalement, on peut se faire aider de la technologie pour essayer de s'en sortir dans deux deux.
- Speaker #0
Alors c'est vrai qu'après, pour pouvoir se projeter dans le futur, c'est de plus en plus difficile plus le temps passe. C'est-à-dire que c'est très facile d'imaginer un futur à 10 ans. parce qu'on a déjà des technologies qui sont en cours de développement et en général en cours de massification, comme on dit. Donc elles vont se faire approprier par la population. On a ensuite un futur à moyen terme qui va englober une génération. Donc on est autour des 30 années. Et c'est ce que va... Ça va être le postulat sur la trilogie de Retour vers le futur parce que c'est imaginé en 1989, ça se passe en 2015. Mais il y a une barrière mentale avec le fameux passage à l'an 2000, le Year 2K. Et puis ensuite, on a encore plus difficilement appropriable le futur à environ 100 ans. Parce que là, on va se projeter sur des espérances et des craintes. Et on va essayer d'imaginer comment les futures générations pourront elles-mêmes s'approprier un futur. Donc voilà, plus on détend cette notion temporelle. Et plus c'est difficile.
- Speaker #3
Avec des problématiques sur les populations, évidemment. Savoir où vont être les populations humaines dans une centaine d'années. Les problématiques liées au cycle économique. Quelle va être l'énergie qui va permettre d'alimenter les futures industries du futur ? Quelle va être la source ? Quelle va être le minerai ? Et puis, évidemment, quelle est la technologie qui va changer le game, comme disent les jeunes ?
- Speaker #0
C'est ça. Alors, ce film a quand même montré des... a suscité des engouements inégalés. Je pense qu'ils ont bien démontré la montre connectée, les lunettes intelligentes, la biométrie, parce que dans le film, il paye le taxi avec un scan de son empreinte. Les télévisions...
- Speaker #3
C'est son empreinte du pouce, oui. Oui,
- Speaker #0
oui, oui. La télévision à écran plat, les incrustations de plusieurs chaînes sur un même espace. Il y a les drones qui promènent le chien. Il y a des appels vidéo. Alors qu'à l'époque, ils sont vraiment dans une nostalgie design. La publicité holographique en trois dimensions, une tablette numérique pour pouvoir signer des pétitions, et puis l'intelligence artificielle comme on aurait ChatGPT aujourd'hui. Donc tout ça, ça fonctionne. Par contre, les réalisateurs avaient cru que se généraliserait le fax. Aujourd'hui, plus personne n'utilise ça. Donc ils n'étaient pas sur la miniaturisation des téléphones. voire des téléphones portables. Après, il y a le fameux overboard qui a suscité des engouements encore inébranlables jusqu'à aujourd'hui.
- Speaker #3
Qui est toujours en cours de développement.
- Speaker #0
Toujours en cours de développement, souvent sur une approche magnétique. La double cravate, les voitures volantes, bien sûr le réacteur à fusion nucléaire, les chaussures autolascentes, le razonnissement, on y est presque.
- Speaker #3
Le blouson autoséchant.
- Speaker #0
Et ajustable.
- Speaker #2
La pizza réhydratée ?
- Speaker #3
Le réhydrateur de pizza.
- Speaker #0
Mais voilà, c'est un film, peut-être sur la trilogie, c'est pas le mieux fait, parce qu'il y a ces petites incohérences dans le script, mais il... Il est essentiel dans la science-fiction, je pense. Oui,
- Speaker #2
moi je vois plutôt ça comme des petits accros à ce qui aurait pu être et à ce qui n'est pas. Mais dans l'ensemble, c'est plutôt bien vu.
- Speaker #0
C'est excellemment bien vu. Et je pense que même les scientifiques se sont presque modelés et auto-convaincus d'aller dans les directions. Proposé par les scénaristes et que la population demande.
- Speaker #3
Typiquement pour l'écran plat par exemple. L'éclairage à LED tel que sont bâtis les écrans plats existait déjà sur les montres. Alors passer d'une montre qui donne l'heure dans les années 80 à un écran plat, il y a un changement d'échelle qui est complètement dingue et qui est largement estimé puisqu'ils se servent des écrans plats pour passer leurs appels téléphoniques dans le film. Ce qui est quand même assez génial et finalement assez banal.
- Speaker #2
En parlant de capsules, dites-moi, vous n'auriez pas encore un petit échantillon à nous proposer ?
- Speaker #0
Je vais vous proposer un deuxième échantillon tout de suite. Je vous préviens parce que c'est John McLaughlin qui avait eu l'idée de laisser un message sur une cassette VHS.
- Speaker #3
La VHS, c'était un support qui nous servait pour regarder des films dans les années 80.
- Speaker #0
Tout à fait. C'était à l'époque.
- Speaker #3
À l'époque.
- Speaker #1
Hey, shhh, tu peux le faire. Je ne suis pas un chien.
- Speaker #0
Marty, je savais que tu errais au bout de ce merveilleux film Last Action Hero. La plupart des spectateurs ont éteint la télé, sont remébinés, la cassette VHS, après la première allusion à Bergman. Écoute-moi attentivement. Si tu ne veux pas mourir, cherche les fagnons dans le ciel. avant le tunnel d'Odysseus !
- Speaker #1
Ah oui, impressionnant ! Tout à fait ! Très impressionnant ! Et donc, comme la première fois, ça a bien fonctionné !
- Speaker #2
Évidemment !
- Speaker #3
En plus, on avait calculé avec Emmett qu'il fallait 48 secondes parce qu'il y a une camionnette, heureusement, qui passe en contresens. Donc, on a pu calculer le temps que mettrait Marty pour sortir du tunnel. pour que Doc puisse lui jeter une corde. En plus, il est toujours tête en l'air. Donc, c'était difficile. Heureusement qu'il y avait les fagnons qui étaient restés dans le coffre de la voiture.
- Speaker #0
Non, et puis, il ne fallait pas oublier le scotch non plus. Parce que le scotch, c'est ça qui permet de pouvoir copier une VHS.
- Speaker #2
Ah oui ?
- Speaker #0
Les gens ne le savent pas.
- Speaker #1
Non, effectivement, j'avais oublié cette petite astuce. Oui, mais enfin, c'est des gens qui sont beaucoup plus jeunes que vous qui écoutent l'émission.
- Speaker #0
Oh, il n'y a que des jeunes.
- Speaker #1
Je pense que l'astuce ne conviendra qu'à des gens comme moi. Merci beaucoup messieurs après cet échange je vous invite cette fois pour un nouveau voyage créatif et quoi de mieux que voyage voyage par des blessés
- Speaker #2
Glisser sous le dap du vent Voyage, voyage Éternellement De nuages aux marées De ventes à n'en plus d'étoiles Voyage, voyage Vol dans les hauteurs Au-dessus des capitales Des idées facales, regardent l'océan. Voyage, voyage, plus loin qu'en Suisse le jour. Voyage. Chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes Voyage, voyage Dans tout le royaume Sur les dîmes du Sahara Une déséquilibre j'ai amas Voyage, voyage, ne t'arrête pas. Petit départ, petit débat, des cœurs bombardés. Le regard de l'océan.
- Speaker #1
Voyage,
- Speaker #2
voyage. Le foyer, le gas, le verre, l'amusement. Voyage, voyage. On se dit capital, mais il est fatal. On peut regarder l'océan,
- Speaker #1
voyager,
- Speaker #2
voyager.
- Speaker #1
Ne changez pas de fréquence, vous venez bien sur Uchronia. Uchronia, les chroniques du temps latent. Avant la pause, messieurs, nous étions sur une nécessaire compréhension des aspects techniques. Entrons maintenant, si vous le voulez bien, dans le méta, messieurs. Le voyage dans le temps ne permet-il pas de vouloir sublimer sa propre vie et ne plus chercher à limiter les conséquences sur son quotidien, c'est-à-dire ne pas être ce qu'on est, mais ce que l'on peut devenir ?
- Speaker #0
C'est effectivement tout à fait ça qui est formulé dans le film. L'idée aussi, c'est d'arriver à se projeter dans le futur, également comme consommateur, finalement.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. C'est essayer d'aller sur ses aspirations. Alors... On le voit, Marty commence à générer des erreurs et ne plus chercher qu'à les réparer. Il y a le fameux développement autour de l'almanach des sports entre 1950 et 2000 et qui va engendrer des erreurs temporelles avec toutes les conséquences sur la richesse de Buford Tannen.
- Speaker #0
L'almanach des sports étant le fameux guide qui permet de connaître avec exactitude tous les résultats sportifs sur les 30 futures prochaines années à partir de 1955.
- Speaker #3
C'est ça, c'est ça. Et donc, tout le travail des maîtres, ça va être d'essayer que les choses reviennent à la normale. Dans la première partie du film, Marty, à la fin du film, il a une super voiture, un gros 4x4 noir. ça, il ne l'avait pas au début. Donc, il dépasse sa propre condition. Mais ça, c'est parce que ses parents, du coup, avaient eu de meilleures aspirations sociales. Et du coup, le futur évolue. Et donc là, il faut aller autre part.
- Speaker #0
Et c'est d'ailleurs tout le paradoxe du film. C'est qu'effectivement, il y a une évolution fiduciaire. On sent qu'il y a un peu plus de beurre dans les épinards. Il faut bien le dire. Mais la plupart des acteurs ne changent pas. C'est-à-dire que... Les parents de Marty ont toujours trois enfants. La copine de Marty est toujours la copine de Marty. Juste le 4x4 qui est plus gros.
- Speaker #3
Alors, John, c'est vraiment génial. En fait, les acteurs changent. La copine de Marty, Jennifer, c'est une nouvelle actrice. Le père également de Marty a changé. Alors, heureusement, ils avaient gardé les moules en silicone de la première partie du film qu'ils ont réemployé dans la suite. Et... Une prouesse technologique apparaît dans ce film, c'est que Marty McFly, donc Michael J. Fox, va proposer de jouer différents personnages, lui-même et puis ses enfants. Mais à l'époque, ce n'est pas possible parce qu'on doit faire ce qu'on appelle un split screen, c'est-à-dire que pour avoir le même acteur face à face devant la caméra, Ça n'existe pas à l'époque, on est obligé de faire une césure sur la lentille. Alors que là, ILM va inventer une nouvelle caméra qui va permettre à Zemeckis de déplacer cette ligne à sa guise dans la scène et les acteurs peuvent se contourner eux-mêmes et se passer des objets. Et donc c'est une caméra qui regarde dans différents accents en même temps pour conserver la ligne d'horizon que regardent les yeux. Et donc, l'ordinateur va recalculer ça pour avoir des personnages raccords sur l'écran. Et donc, on peut avoir comme ça trois personnages incrustés sur une même image. C'est vraiment une révolution technologique à l'époque.
- Speaker #1
J'apprends là, parce que je ne connaissais pas du tout cette anecdote.
- Speaker #0
Avec une caméra, avec trois objectifs et trois éclairages différents pour ensuite recombiner l'image. C'est ça. Mais oui, absolument formidable. Mais la force quand même de ce film, ou la force ou la faiblesse, c'est... le placement produit. Parce que la plupart des innovations dont on parle, les fameux blousons ou les baskets sont de Nike, ou l'overboard est de chez Mattel, ou l'animale holographique est censée faire la promotion du nouveau film de Spielberg, Les dents de la mer 26 ou quelque chose comme ça. Oui,
- Speaker #3
ou 19. Alors tu as raison John, c'est vrai que c'était une critique de la consommation. qu'on retrouve dans le premier épisode, mais parce qu'au début des années 1980, il y a une vraie nostalgie pour les années 1950, le côté machisme, autoritarisme, la flambée que peuvent avoir les mâles américains. Et du coup, le réalisateur va essayer de chercher de critiquer ça en poussant le bouchon de ce qu'on commence à voir se développer dans les années 80. Alors, il y a...
- Speaker #0
Le fameux homme déconstruit, on peut bien en parler. D'ailleurs, c'est cette espèce de scène particulièrement choquante du premier retour vers le futur, où on voit Marty McFly terroriser son père, peut-être parce qu'il convoite sa mère, finalement. C'est finalement assez oedipien, il se dit tiens, je vais peut-être pouvoir me la faire Et donc, il va contraindre son père, à qui il va affubler d'un Walkman sur les oreilles, lui faire passer du vin d'haleine. Et à chaque fois que son père va avoir une attitude de défiance, va le contraindre à écouter du rock'n'roll. C'est quand même quelque chose de très dérangeant, voire un peu sadomasocygéant, le trou.
- Speaker #3
C'est parce que le film s'inspire des fameux pulps qu'on voit se développer dans les années 50, les contes de la crypte, Tales of Fantasy, des œuvres comme ça. Et c'est vrai que... C'est une possibilité qui est offerte à ces acteurs et aux réalisateurs de vraiment pousser le bouchon en imaginant ce que serait la surconsommation de produits qui ne sont pas encore à l'époque des stars. Ils vont demander à Rob Cobb, qui est un des plus grands dessinateurs américains de l'époque, de dessiner la fameuse DeLorean. Et l'équipe va aller chercher dans un cimetière... de la NASA, des sous-traitants de l'expérimentation spatiale, des bouts de ferraille, des prototypes. Et ils vont coller tout ça sur trois DeLorean qu'ils vont acheter pour à peu près 50 000 dollars. Et ils vont en faire trois exemplaires. Une qui doit fonctionner, qu'on voit tout le temps à l'image. Une deuxième qui sert juste pour les prises en intérieur et qui sera même coupée en deux. Et on voit que... Il va y avoir un succès tel que, par exemple, Nike va proposer des séries limitées à peu près à 3000 exemplaires des chaussures, qui ne se lassent pas automatiquement, mais qui se vendent très bien, à plus de 50 000 dollars la paire.
- Speaker #0
Quand même.
- Speaker #3
Donc, c'est là où on a eu l'idée avec John. Un moment, quand on a vu qu'en France, en 1981, dans Temps X, Il faisait la présentation de la fameuse dictée magique, qui était une innovation technologique de l'époque.
- Speaker #0
De Texas Instruments.
- Speaker #3
De Texas Instruments, le fabricant de calculatrices mathématiques. On s'est dit, on va essayer d'inscrire dans la carte mère de la première génération. On avait accès à l'époque à l'usine.
- Speaker #0
Avec un ami.
- Speaker #3
Avec un ami, on ne citera pas son nom. Et du coup, on a pu laisser un message. Si vous voulez, je vous le passe.
- Speaker #1
Si vous l'avez, avec plaisir.
- Speaker #3
Alors, ne quittez pas.
- Speaker #2
J'ai un peu de panneau de noix, par tous les pépins de ma femme. Attention, professeur John McLaughlin et le professeur Robert, cherchent à vous joindre. Il faut sauver Marty, il est en danger, il va vouloir un fil. La plus forte nuit, c'est septembre 2000. A sa 22h14 exactement, qui est-ce que rechange pour Réal en s'accaisit à la guerre ? Il est possible, c'est un peu impossible en fait. Comment nous écrouler ? 86 66 Le téléphone qui est sous ma carte dispose d'un téléphone portable. D'ici,
- Speaker #3
je suis fermé.
- Speaker #2
Comme le déverrouillage et même la vie. Moi, je suis en vie.
- Speaker #1
C'est très parlant. C'est très parlant.
- Speaker #0
Nous étions convaincus que le doc se procurait cet appareil.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #3
je peux vous faire passer un tout petit extrait, mais c'est parce que du coup, plus ça allait, plus on essayait de remonter, de prévenir et mettre très très très tôt dans le temps, pour pas qu'on soit tout le temps dans l'urgence. Parce que je vous passe des détails. Je vous passe un tout petit extrait, mais c'est vraiment...
- Speaker #1
Oui, allez-y.
- Speaker #2
Sondage, 5h05.
- Speaker #3
Donc là, c'est parce que du coup, on avait les répondeurs de l'époque. Et puis, on s'était dit, s'il doit avoir l'info en morse, c'était compliqué. Du coup, on a essayé comme on a pu sur son fameux répondeur.
- Speaker #1
Plusieurs options. Merci, merci surtout pour ces témoignages d'époque. Si ça ne vous dérange pas... je vous propose une petite respiration. Cette fois, je vous emmène aux côtés de Marco Arata qui nous propose Cantanti cantano, ritorno al futuro, a cappella Bon pour vos avis. Trop sympa. Et je remercie beaucoup M. Pail de nous avoir accompagnés aujourd'hui.
- Speaker #3
Vous m'avez fait trop plaisir, merci.
- Speaker #1
Merci à vous. Pour aller plus loin sur cette thématique, explorer votre côté obscur, nous vous invitons comme d'habitude à voir, revoir, visiter, lire et toutes ces sortes de choses. Donc commençons par exemple évidemment par le livre collector de Michael Claxtorin, alors j'espère que je le prononce bien, Retour vers le futur. Alors là c'est une somme, toute l'histoire d'une saga culte en collection livres, cinéma et télévision chez Eugene et Menin qui est paru en 2020. Très très bel ouvrage. Abondamment illustré, vous avez même des facs similés, je vous le conseille. Évidemment nous vous renvoyons vers les travaux récents d'Andrei Zelnikov et Pavel Khrtours, respectivement professeur à l'université de l'Alberta au Canada et celle de Prague, et qui nous annonce que le voyage dans le temps pourrait être possible. Il y a également le lancement du jeu. pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, Assassin's Creed Marriage, le 5 octobre dernier, qui nous promet, lui, un vertigineux voyage dans le temps et dans l'espace. Et il y a le site Trust My Science, qui propose deux articles, donc là, à l'inverse de ce que nous avons évoqué pendant cette heure, des chercheurs qui simulent des voyages temporels et pour résoudre des problèmes physiques, dit impossibles. Et l'autre article, une nouvelle théorie, confirme l'impossibilité du voyage dans le temps. Bon. C'est un choix, vous pouvez aller lire. Sinon, le livre de Carlo Rovelli, Et si le temps n'existait pas paru chez Duneau en 2014. L'ouvrage de Frédéric Jemson, Archéologie du futur chez les Prairies ordinaires, paru en 2021. La revue Bifrost, le numéro 101 de janvier 2021, sur Dan Simons, auteur des Tombaux du temps que nous vous conseillons vivement, à travers notamment la saga Hyperion, un excellent ouvrage. paru dans les années 90. Je vous conseille personnellement le site de Guédelon. Nous bâtissons un château fort au cœur de la Pusée, dans Lyon, en Bourgogne. Je vous assure que vous vivrez une expérience formidable. Ou alors le muséoparc d'Alésia, rue des Trois-Ormeaux à Alice-Saint-Ren. C'est à peine une heure de Dijon. Et bien sûr, bien sûr, tous les musées du monde, puisque intrinsèquement, c'est déjà des voyages dans le temps. Rappelez-vous, on n'est pas forcément l'image que vous percevez de nous. Mesdames, messieurs, c'est le moment, hélas, de nous quitter. J'ai hâte de vous retrouver pour un prochain épisode du Cronia. En attendant, retrouvez-nous en podcast et pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, sur le DAB+, sur tous les postes modernes, en direct live sur le site www.radiodijoncampus.com. Ucronia, les chroniques du temps l'attend.
- Speaker #3
Vous écoutez Radiocompulse.
- Speaker #4
C'est bon.