Speaker #0Ici Alexandrie au micro, un petite alien passionnée par la vie, l'être humain, les voyages, les rencontres, le yoga au sens large et encore bien des sujets. Je me jette dans le vide en créant ce podcast mais j'adore l'inconnu. De temps en temps, je tends mon micro à des rencontres qui m'ont inspirée, aidée, des amis, des connaissances, des connexions coup de cœur. Je me retrouve aussi toute seule face à mon micro, face à vous, face à moi-même. Pour vous parler de quoi ? d'exploration, de découverte, des relations, du yoga, du mouvement, de la confiance en soi, des émotions, mais aussi de rencontres qui changent des vies, des conflits, de débats qui dérangent, bref, autant de sujets divers et variés. Je vous concocte également des méditations guidées et des temps de respiration gratuits. Il est temps de faire une pause, de s'autoriser à respirer, à méditer, à se mettre en retrait des sur-stimulations que nous pouvons avoir dans cette société. Allez, venez ! Je vous embarque avec moi dans l'aventure de la vie. Bonne écoute. 13 avril 2024, dans les rues de Katmandou, au Népal. Tout se mélange, les bruits, les odeurs, les couleurs, les chants, les klaxons, les voix des Népalais, des touristes. Ça bouge beaucoup, de plus en plus, des gens partout, des gens qui vont vite, qui courent, qui t'attrapent, qui veulent te vendre des souvenirs. Du bruit, beaucoup de bruit, des voitures qui te frôlent, qui te klaxonnent, mille odeurs, mille saveurs, mille épices. De la viande, du poisson, tout est mélangé, beaucoup de regards, tout va si vite, tout le monde se presse, tout est rapide, à vif. oppressant, lourd, suffocant, étouffant, pesant, angoissant, écrasant. Je rentre dans ma chambre, puis plus rien. Mes oreilles sifflent, le silence n'est jamais plein, mais tout s'apaise, je respire, je m'assois, je souffle, tout va bien. Cet exemple pourrait être pour nombreux d'entre nous ailleurs qu'au Népal, simplement dans notre quotidien. On pourrait dupliquer ces mots pour exprimer nos vies à 100 à l'heure, à 1000 à l'heure. Notre peur de manquer de temps, notre urgence de vivre, notre rapport aux fameux agendas remplis et débordants, nos vies qui passent en un claquement de doigts. Nous vivons comme si nos vies étaient des fusées, sans laisser du temps au corps, à l'esprit, au mental, aux cellules, de se poser, d'infuser, d'intégrer. Nous nous prenons pour des robots. Capable de subir cette rapidité écrasante. Nous ne prenons même plus le temps de respirer correctement. De manger en pleine conscience. Deux spectres pourtant essentiels à notre survie. La respiration. L'alimentation. Sans ça nous mourrons. Alors au bout d'un moment le corps parle. La fatigue physique, émotionnelle, mentale, frappe à la porte. Comme un appel à l'aide. Le système immunitaire se fatigue. Certaines pathologies se développent. Petites comme grandes. Sans grand danger. ou avec grand danger. Le corps, dans sa globalité, a envoyé plusieurs signaux, mais nous les avons cachés, ignorés, mis de côté. Pas le temps, dans nos emplois du temps de ministre. Pas le temps pour prendre rendez-vous chez le ou la psy, kiné, médecin ou autre. On voit, on ressent ce qu'il se passe, et puis on met sous le tapis. On se blinde de médocs ou autres trucs comme ça, et puis ça passe pour un temps. Puis le corps alerte une seconde fois, on ignore encore. Une troisième fois. On s'inquiète mais bon, pas le temps, on verra ça plus tard. Jusqu'à ce que le corps n'en puisse plus, jusqu'à ce que le cerveau pète un câble, que le mental nous écrase, que les émotions suffoquent. La suite, vous la connaissez. Burnout, fatigue chronique, angoisse, dépression, douleur physique, insomnie, manque d'attention parce qu'un cerveau a mille à l'heure. Et puis boum, entorse, torticolis, hernie, sciatique, maux de dos, cervicale, et la liste est encore longue. Bon ok, je vais un peu à l'extrême, mais quand même. Avons-nous tant peur du temps qui passe ? Avons-nous tant peur de louper des choses ? Avons-nous tant peur de la mort ? Avons-nous tant peur de la lenteur ? Avons-nous tant peur du rien ? Pour s'oublier autant et se remettre soi-même au lendemain ? Que donnerait un monde qui prend son temps ? À quand remonte la vie à un à l'heure plutôt qu'à mille à l'heure ? Pourquoi sommes-nous si pressés ? Pourquoi le mot lent ou lenteur ne rime pas avec notre quotidien ? Et d'ailleurs... pourquoi résonne-t-il avec un sens péjoratif ? Pourquoi cette envie d'aller si vite en s'oubliant de l'intérieur ? En oubliant de respecter son corps, son esprit, son souffle, sa tête, ses émotions, son être entier finalement ? Je me pose souvent ces questions. Quand j'observe les gens qui marchent dans la rue, peu sont les personnes qui marchent lentement, pas à pas, en levant les yeux pour contempler, s'émerveiller, ou simplement qui marchent à une allure normale. Le monde dans les rues va vite. Tête baissée sur les téléphones, lisant des messages, répondant ou écoutant des vocaux, le tout pour gagner du temps. Mais gagner du temps pour aller encore plus vite. Et ajouter des points aux to-do listes interminables. On en revient encore à cette fameuse urgence de vivre. Cette rapidité oppressante. Nous étouffons. Nous manquons d'air. Nous manquons d'espace. Nous manquons de temps. Je dis tout ça, mais parfois je fais partie de ce monde à toute vitesse. J'en ai conscience. Alors je change de mode de vie petit à petit. Je laisse place à la lenteur, à cette pesanteur, à la douceur de vivre. Je déconstruis cette fusée de vie. Je laisse de l'espace. J'offre des moments de pause à mon corps, à ma tête, à mon souffle, afin qu'ils infusent la vie, ma vie. J'ai essayé de chercher des synonymes du mot lenteur. Je suis tombée sur retard, nonchalance, mollesse, paresse. Stupidité, délai, lourdeur, indolence, ou même gnangnan. Donc les personnes amenant de la lenteur dans leur vie seraient gnangnan ? Est-ce qu'on pourrait pas essayer de créer des mots un peu plus positifs pour mettre en avant ce mot merveilleux qu'est la lenteur ? Je suis tombée aussi sur « temps mort » , c'est drôle comme synonyme. Encore un rapport avec le temps, avec la mort, avec les peurs qu'on se créait et qui nous poussent à aller vite, et à vouloir optimiser notre temps. La lenteur n'est pas une tare, mais plutôt un besoin, une nécessité selon moi. S'autoriser à être lent ou lente est sain et ne rime pas avec paresse ou mollesse. Décider de ralentir, de lever le pied, c'est offrir à son être un temps d'intégration, de la vie et ce qu'elle nous offre. Des péripéties, des décisions à prendre, des quotidiens chargés, des tempêtes émotionnelles, de l'impermanence. Se respecter, c'est décider de s'octroyer cette lenteur. Au début, elle fait peur, car elle est déroutante, vertigineuse. Puis petit à petit, elle devient viscérale, primordiale, pour vivre en totale harmonie avec son être entier, pour être plus présente et présente dans le moment et en nous. Ça n'est pas parce qu'on vit avec lenteur qu'on ne profite pas, au contraire. La lenteur ramène à l'instant, à l'ancrage, solidement, ici et maintenant. Est-ce qu'il vaut mieux aller vite, être dans la rapidité du faire, Et bâcler les moments en comptant les minutes pour aller à son prochain rendez-vous ? Ou bien aller lentement, faire moins, être plus, et vivre profondément un instant après l'autre, sans rythmer au millimètre près sa journée ? Dans cette course de la vie, il y a aussi un autre exemple, qui est cette course au voyage. Visiter une ville en cochant toutes les cases des « choses à faire » . Être dans la surconsommation de la planification et des endroits à voir. Tout voir, tout visiter, courir partout, ne rien louper. Le fameux faux mot « fear of missing out » . Et si nous ramenions de la lenteur dans nos voyages aussi ? S'ancrer à un endroit, vivre dans une culture, s'en imprégner sincèrement, rencontrer véritablement et en profondeur les locaux, créer du lien, le vrai lien, respirer le lieu où on est, le ressentir pleinement, le regarder dans les yeux, prendre le temps de se connecter à cette nouvelle terre sous nos pieds, découvrir les différentes énergies qui y vibrent. Tout en douceur, tout en lenteur, en s'y connectant sincèrement. N'est-ce pas ça le réel voyage ? Un voyage sur une nouvelle terre, mais aussi un voyage à l'intérieur. Alors aujourd'hui, j'aimerais qu'on fasse une ode à la lenteur. La célébrer, la mettre en lumière, la prôner telle une nécessité, et non un truc qu'on met sous le tapis. Prenons la lenteur de décélérer. Prenons la lenteur de ramener un équilibre entre rapidité et lenteur. un équilibre respectueux et sincère. Optons pour un quotidien plus doux, plus apaisé, plus serein, plus en accord avec les tâches que nous avons à faire et notre météo intérieure. Faisons un lien entre notre être et comment nous nous en servons. Est-ce que nous le respectons ? Est-ce que nous lui faisons du bien, en vivant sans lui donner de l'importance dans un quotidien si rapide ? Non, nous ne sommes pas obligés d'être à 100% tout le temps. Non. Nous ne sommes pas obligés d'être productifs et productives 24h sur 24. Non, nous ne sommes pas obligés de rentabiliser notre temps, notre journée, notre vie. Non, nous ne sommes pas obligés d'atteindre le bout de notre limite avant de prendre un temps pour nous. Non, nous ne sommes pas obligés de dépasser cette limite, puis ensuite de s'arrêter. Oui, nous pouvons décider de ralentir, de choisir de s'abandonner à la lenteur. Oui, nous pouvons décider de faire une pause avant d'atteindre sa limite. Oui, nous pouvons nous arrêter un instant et respirer longuement. Oui, nous pouvons nous arrêter quelques jours pour souffler, pour offrir de l'espace à notre corps, à notre tête. Oui, nous pouvons dire merde à notre boss, à notre mec, à notre meuf, à nos enfants, pour nous prioriser et ralentir. De la lenteur pour une vie plus équilibrée. De la lenteur pour un respect dédié au corps. De la lenteur pour une intégration saine et nécessaire. Une vie plus lente ne veut pas dire tout arrêter et tomber dans un excès. Non, il ne s'agit pas de ça. Il s'agit de décider d'appuyer sur la pédale de frein et s'offrir des temps morts. De s'écouter avant de dépasser ses limites. Il s'agit de trouver un équilibre et de le respecter. Que ça soit une fois par semaine, une fois par jour, de temps en temps. En prendre conscience. C'est déjà avoir un pas dedans, c'est déjà ralentir la fusée. Comment ? En allégeant nos agendas, déplaçant des rendez-vous quand nous avons besoin d'un temps pour nous, ou d'un temps en famille. En disant stop avant de craquer. En disant non. En créant de l'espace dans nos journées, afin d'avoir du temps pour nous. En prenant le temps de respirer en profondeur, de souffler, de s'émerveiller, de contempler. Encore ici, il s'agit d'une décision à prendre. D'une nouvelle vision à avoir, d'un nouveau sens à notre vie, d'une nouvelle porte à ouvrir, d'une réflexion différente, d'un regard plus sain. Déconstruire l'urgence dans laquelle la société nous pousse à vivre. Déconstruire la rapidité de vivre pour apprécier la lenteur d'un quotidien équilibré et apaisé. Déconstruire le mille à l'heure par dix à l'heure. Déconstruire cet agenda étouffant afin d'être en pleine santé. C'est possible. Si on décide que ça le soit, si on décide d'en prendre conscience et qu'on se l'autorise. Tout n'est pas dicté par la productivité, la rapidité, le faire à tout prix, l'argent en masse. Alors ça n'est pas simple de déconstruire cette urgence de vivre. Mais pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi ne pas être curieux et curieuse d'opter pour une vie plus équilibrée, plus saine, plus lente ? A chacun et chacune sa façon d'acter cette lenteur. Soyons prêts et prêtes. à accueillir cette lenteur et à lui laisser de l'espace, à lui laisser de la place dans notre quotidien. Laissez-la débarquer dans vos vies, appréciez-la, observez-la, ressentez-la pleinement, sincèrement, en profondeur. Aude à la lenteur, lumière à la lenteur, ouverture à la lenteur, puissance à la lenteur.