- Héloïse Cluzel
Et j'ai projeté de me jeter sous une rame de métro le lendemain matin à la première heure. Et cette nuit-là, qui était ma dernière nuit sur Terre, cette nuit-là, pour la première fois de ma vie, je me suis adressée à Dieu, ne le connaissant pas, ne sachant pas s'il allait me répondre. Je pensais même qu'il n'existait pas et qu'il ne me répondrait pas. J'ai poussé un cri silencieux pour lui exprimer ma colère, pour lui déverser un torrent de détresse et de colère mêlée, c'est-à-dire que je ne pouvais plus supporter cette vie. Je ne comprenais pas pourquoi je souffrais autant. et je l'ai vraiment... Pas insultée, mais vraiment, j'ai secoué le ciel.
- Olivia de Fournas
Bonjour, je m'appelle Olivia et vous écoutez Un Vos Jour, le podcast qui donne la parole à des croyants dont la vie et la foi ont été changées à jamais par un événement imprévu. Et dans cet épisode, j'ai l'honneur de recevoir Héloïse Cluzel, un nom d'emprunt qu'elle a choisi pour se préserver. Elle a d'abord mené une vie chaotique, après une enfance où elle a été mal aimée. Elle a même planifié un suicide avant de rencontrer la Vierge et vivre une vraie conversion. Elle nous raconte l'épopée d'une âme sauvée in extremis, dont la version intégrale a été publiée sous le titre « Victoire à Babylone » chez EDB. Aujourd'hui, elle témoigne de l'amour de Dieu qui passe à travers ses blessures. Bonjour Héloïse.
- Héloïse Cluzel
Bonjour Olivia.
- Olivia de Fournas
Je suis heureuse de vous accueillir dans ce studio de Famille Chrétienne. Comme d'habitude, dans ce podcast Un Beau Jour, l'invité apporte un objet et vous, vous me donnez un vinyle. de Boney M. Est-ce que vous pouvez me dire pourquoi ?
- Héloïse Cluzel
Alors j'ai choisi un 33 tours des années 80 d'un groupe assez connu qui s'appelle effectivement Boney M d'une chanson phare, une chanson tube qui s'appelle Rivers of Babylon. Alors, pourquoi Rivers of Babylon ? Parce qu'on connaît bien la chanson, mais tout le monde ne sait pas que les paroles de cette chanson sont le psaume 137. Et en écho à mon histoire, ces paroles qui parlent de l'exil du peuple hébreu à Babylone me renvoient à mon propre exil intérieur.
- Olivia de Fournas
Vous l'avez vécu dès votre enfance, c'est ça ?
- Héloïse Cluzel
Tout à fait. Dès l'âge de deux ans, j'étais extrêmement mal dans ma famille. Parce que je souffrais sans le savoir de plusieurs secrets générationnels. Et j'ai eu un mal-être croissant avec une mère qui avait du mal à m'aimer, qui m'a même maltraitée sur plusieurs plans, psychique, affectif, émotionnel, mais pas sur le plan physique. Et mon frère aussi, j'étais le souffre-douleur de mon frère aîné. Donc j'ai eu une enfance très douloureuse.
- Olivia de Fournas
Et donc vous avez eu plusieurs traumatismes, c'est ça ?
- Héloïse Cluzel
Oui, le plus important peut-être c'est le... Mon inceste à l'âge de 13 ans par mon grand-oncle, qui avait donc l'âge de mon grand-père maternel. Et cet horrible choc, cette horrible tragédie dans ma vie m'a précipité dans des abîmes de souffrance et de mort. J'ai reçu comme un esprit de mort en moi et dont je n'arrivais pas à me défaire et j'étais totalement obsédée par l'idée de me suicider.
- Olivia de Fournas
Ce que vous avez mis à exécution ?
- Héloïse Cluzel
Ce que j'ai mis à exécution tout à fait plusieurs fois, la première à 14 ans, donc après le crime. Et heureusement, je n'ai pas pris suffisamment de doses de cachet pour que ça marche, mais j'avais vraiment envie d'arrêter de souffrir. D'autant que je me sentais vraiment terriblement mal aimée, sauf de mon père, qui essayait de compenser un petit peu mon déséquilibre affectif, ma béance d'amour maternel, et qui m'a vraiment donné beaucoup d'amour. Mais sans lui, je ne sais pas si je serais encore aujourd'hui devant vous.
- Olivia de Fournas
Vous dites que vous venez d'une famille pratiquante, mais pas croyante. C'est original ?
- Héloïse Cluzel
Oui. En fait, je suis née dans une famille bourgeoise, parisienne. catholique. Tout le monde était baptisé dans ma famille et j'ai été baptisé à l'âge de dix jours, c'est le plus beau cadeau que mes parents m'aient fait. Mais nous allions à la messe le dimanche par obligation, par devoir, mais personne n'avait la foi. Personne ne priait dans ma famille, personne ne parlait de Dieu, c'était un sujet pas tabou mais complètement absent. Et un jour ma mère a décrété que le Christ n'était pas ressuscité car cela n'était pas rationnel. Mon père a renchéri le dimanche suivant en disant que lui Il avait décidé de ne plus aller à la messe le dimanche avec nous, parce qu'en fait, il en avait assez de faire semblant, ce sont ses mots, pour faire plaisir à notre mère.
- Olivia de Fournas
Et vous, vous étiez comment là-dedans par rapport à votre...
- Héloïse Cluzel
Je n'avais aucune foi, je n'ai pas été catéchisée. Mes parents ont oublié de me faire faire ma confirmation, donc je l'ai faite beaucoup plus tard, après ma conversion. Mais moi, j'étais en dehors, j'étais dans Babylone en fait. Moi déjà, dans cette famille, je vivais dans une Babylone que j'appelle la cité des ténèbres. C'est-à-dire un monde sans Dieu. Dieu n'existait pas, on n'était pas contre, mais on ne parlait jamais de lui. Même après la messe, on parlait d'autre chose. C'était très curieux, il n'y avait pas de questionnement, il n'y avait pas de recherche. Mais il y avait pourtant, en ce qui me concerne, un énorme mal-être.
- Olivia de Fournas
Alors vous parlez de l'épreuve de trop.
- Héloïse Cluzel
Oui, alors dans cette famille dysfonctionnelle, je la qualifie comme ça, il y a eu un drame. bien après mon inceste, il y a eu un... Un autre drame, c'est que le fils aîné de mon frère, j'ai un frère aîné et une sœur cadettes, mais le fils aîné de mon frère, qui a trois enfants, s'est tué dans un accident de voiture d'une violence inouïe. Il était lui aussi dans un abîme de mal-être profond. Il se cherchait, il avait 20 ans. Et cet accident, avec son meilleur ami à côté de lui, c'est mon neveu qui conduisait. En pleine nuit, la voiture s'est emplafonnée dans un poteau EDF, sur une route de banlieue. Le poteau s'est déraciné par la violence du choc. Et s'est abattu sur les deux enfants de 20 ans qui sont morts écrasés par ce... C'était horrible, c'était horrible. Je n'arrive même pas à trouver les mots. On n'a pas pu voir les corps, c'était de la bouillie.
- Olivia de Fournas
Quelles ont été les conséquences de cet accident ?
- Héloïse Cluzel
Toute la famille s'est écroulée, pas seulement mon frère et sa femme, mais mes parents, les oncles et tantes. Cette souffrance a irradié tout le monde sans exception. Moi, à l'époque, j'étais au chômage, célibataire, et j'avais déjà vécu dans un univers professionnel. Très difficile, celui de la communication. J'avais déjà vécu des choses aussi dérangeantes, en fait. Je vivais dans un vide spirituel qui me fragilisait et qui me détruisait. Et cet accident a provoqué une chute supplémentaire, d'un étage de plus, si je puis dire. Dans mon mal-être, dans ma souffrance, je ne comprenais pas ce monde. Je cherchais un sens à cette vie que je ne trouvais pas. Personne ne me donnait de réponse nulle part. Je ne connaissais personne de croyant. Et donc, après la mort de ce neveu que j'aimais beaucoup, j'ai rencontré un homme qui, je pensais, allait me sortir de cette noirceur, de ce désir d'en finir, parce que j'avais toujours ce désir en moi. Et en fait, cet homme, j'ai eu une histoire d'amour avec lui qui a duré un an et demi, mais cet homme était marié. Et moi, je m'en fichais un peu parce que je me disais, je ne trompe personne, je n'avais pas de notion de péché, c'est un mot que je n'utilisais jamais, que je n'entendais jamais. Et cet homme, on est tombés amoureux tous les deux. J'ai eu l'impression que vraiment, il allait m'aider à revivre, à accepter la mort de mon neveu, toutes les béances d'amour maternel que j'avais toujours. Et en fait, je me suis illusionnée, comme on peut le faire quand on n'est pas branché sur Dieu, quand on n'est pas uni à la source de l'amour, qui est Jésus. Donc, cette histoire, effectivement, m'a fait du bien sur le moment. Mais en fait, je n'étais pas bien. Et un jour, il est parti en week-end avec sa femme. Je me suis retrouvée toute seule chez moi et là j'ai vu les choses en face, j'ai vu que j'étais pas heureuse, j'ai vu que cette lumière était une fausse lumière, ça précipitait ma chute dans le noir et je n'arrivais pas à accepter la mort de mon neveu. Ma mère m'avait rejetée, m'avait fermé la porte de son cœur en me disant « Hé Loïse, ce n'est pas la peine que tu nous téléphones à ton père et moi, on est anéantis par ce drame, on ne répond plus au téléphone » . Donc là j'ai compris qu'il fallait que je me débrouille seule, mon homme marié ne me comblait pas et pourquoi. cause. Et donc, j'ai projeté, puisque c'était un leitmotiv récurrent chez moi, de me suicider pour arrêter de souffrir. Et ce projet a été quand même assez précis dans les détails. Et j'ai projeté de me jeter sous une rame de métro le lendemain matin à la première heure, pour être sûre que cette fois-ci, je ne me rate pas. Et cette nuit-là, qui était ma dernière nuit sur Terre, puisque je l'avais projeté ainsi, cette nuit-là, pour la première fois de ma vie, je me suis adressée à Dieu ne le... ne connaissant pas, ne sachant pas s'il allait me répondre. Je pensais même qu'il n'existait pas et qu'il ne me répondrait pas. Et là, j'ai eu une sorte de... Oui, pas une pulsion, mais un cri. J'ai poussé un cri silencieux pour lui exprimer ma colère, pour lui déverser un torrent de détresse et de colère mêlée. C'est-à-dire que je ne pouvais plus supporter cette vie. Je ne comprenais pas pourquoi je souffrais autant. Et je ne l'ai vraiment pas insulté, mais vraiment, j'ai secoué le ciel avec mes pauvres misères et ma pauvre souffrance.
- Olivia de Fournas
Il vous a répondu ?
- Héloïse Cluzel
Oui, pas tout de suite. C'est-à-dire que je lui avais dit, si tu ne me réponds pas, c'est que tu n'existes pas. Voilà, c'était très clair. C'était un ultimatum, un ultimatum de désespéré, mais un ultimatum quand même. Je ne savais pas que le psaume 33 existait. Le psaume 33, je l'ai découvert bien plus tard, qui dit « Un pauvre cri, le Seigneur entend. Il le sauve de toutes ses angoisses. » En fait, j'ai vécu ce psaume à travers ce cri, à travers ma vie. Donc je me suis... Rallongée après ce cri, je dormais mal, évidemment, j'étais à peine assoupie. Et puis, en fait, deux heures après, je me suis levée, je suis allée dans ma salle de bain. J'avais déjà oublié ma prière musclée, parce qu'un prêtre m'a dit que c'était une prière musclée et non pas un péché d'engueuler Dieu. Et là, dans ma salle de bain, j'ai pris ma tête entre mes mains et j'ai pleuré, Et au bout d'un moment, j'ai vu apparaître dans le creux de mes mains, on était en pleine nuit, c'était vraiment le noir de ma détresse, le noir de la salle de bain, tout était noir. Et au milieu du petit cachot de mes mains, qui était très noir lui aussi, j'ai vu apparaître, la tête entre mes mains, j'ai vu apparaître un médaillon noir lui aussi, c'est-à-dire que le contour était noir. Quand je dis un médaillon, c'est un ovale en fait. Là j'ai vu ce... apparaître cette image, cette vision. Enfin, ce n'était pas une vision parce que je l'ai vraiment vue. J'étais éveillée et là, j'ai vu apparaître dans ce médaillon noir, cette ovale, une lumière irradiante. Et cette lumière, c'était un visage. Un visage d'un autre espace. Un visage humain, mais pas humain en fait. Humain et divin en même temps. Je ne sais pas comment dire. Un visage qui n'aurait pas eu lieu d'être, qui n'avait pas à être là. Je savais très bien que j'étais seule dans ma salle de bain, mais là, tout d'un coup, je n'étais plus seule. Nous étions deux et de manière forte parce que ce visage irradiant de lumière déversant un torrent d'amour sur moi et que sur moi, parce qu'on n'était que deux à ce moment-là dans ma salle de bain. Un torrent d'amour comme je n'avais jamais vu sur aucun visage, dans aucun regard et dans aucun sourire m'a apaisée au sens où toute ma colère a disparu instantanément parce que j'étais absorbée par ce que je voyais et moi-même, je me sentais absorbée dans ce visage. C'était vraiment extraordinaire, c'était surnaturel. Et puis, j'ai cessé de pleurer. J'ai cessé de me regarder moi. J'ai regardé cette femme qui ne me voulait que du bien, qui m'enveloppait de douceur, de tout ce que je n'avais jamais connu finalement. De douceur, d'amour maternel, en tout cas féminin. Je ne savais pas qui c'était. Je n'ai posé aucune question. Il n'y a eu aucun échange verbal. Sa présence me suffisait pour m'empêcher de retourner dans mes noirceurs.
- Olivia de Fournas
Vous ne vous êtes pas dit que c'était la Vierge Marie à ce moment-là ?
- Héloïse Cluzel
Non. Je n'ai pas du tout pensé à la Vierge Marie que je ne connaissais pas. Je n'avais jamais vu de représentation de la Vierge Marie. Je n'avais jamais prié la Vierge Marie de ma vie. J'ai pensé à mon arrière-grand-mère qui m'a donné beaucoup d'amour au début de ma vie, entre zéro et six ans. Elle s'est beaucoup occupée de moi. Et en fait, je me suis dit, c'est peut-être elle. J'ai recherché les traits de son visage dans cette femme et je me suis dit, non, ce n'est pas elle. Donc voilà, je me suis dit, tant pis. Peu importe qui est cette femme, moi, je prends ce qui me fait du bien.
- Olivia de Fournas
Alors, quelles ont été les conséquences de cette vision qui a dû vous marquer durablement ?
- Héloïse Cluzel
Déjà, la vision a disparu, s'est floutée et s'est évanouie dans le creux de mes mains. Je me suis retrouvée toute seule, mais en fait, je n'étais plus seule. Je sentais cette présence toujours, non pas dans la salle de bain, mais en moi. Je sentais que j'étais accompagnée, en fait, depuis cet échange. Ce regard, c'est surtout elle qui m'a regardée. Moi, j'étais dans une misère qui fait que je ne donnais pas grand-chose à cette femme. Mais j'ai pris, j'ai pris beaucoup. Et en fait, je suis allée me rallonger. J'ai oublié de me suicider. Le projet est tombé à l'eau. de lui-même. Je me suis endormie et le lendemain matin, j'ai appelé la seule personne que je connaissais de croyante dans ma vie, qui était une femme de l'âge de ma mère, une amie assez lointaine de mes parents, mais que je connaissais bien et que j'aimais beaucoup, et qui m'a emmenée, qui m'a une fois accueillie chez elle, enfin qui m'a accueillie tout de suite chez elle et qui m'a prise dans ses bras et qui m'a dit elle connaissait le drame, elle était à l'enterrement de mon neveu, et qui, en me berçant la tête contre son épaule, m'a dit l'amour ne meurt jamais, l'amour ne meurt jamais. Et cette phrase... est une phrase qui m'a reconstruite, qui m'a sortie de tout ce que je vivais de terrible. Parce que je pouvais continuer à aimer mon neveu. Personne ne pouvait m'en empêcher. L'amour ne meurt jamais. Mon amour, ni le sien, aucun amour. Et donc j'ai commencé à croire aussi à l'invisible, au monde invisible. Après la vision de cette femme dans ma salle de bain, je me suis dit mais il y a peut-être un espace qu'on ne voit pas avec des gens comme cette femme qui sont là, qui nous voient, et nous on ne les voit pas. Donc j'ai commencé vraiment à chercher Dieu, tout doucement. Cette femme m'a accompagnée, m'a demandé de la suivre à Saint-Séverin. Et là, à Saint-Séverin, j'ai reconnu en fait Marie dans une sculpture en plâtre blanc qui était à côté de nous à la messe devant l'hôtel, enfin dans l'assemblée. Et là, j'ai compris que c'était la Vierge Marie en fait, que j'avais vue la nuit précédente. Mais je n'en ai pas parlé. Et il se trouve que moi, je ne voulais pas d'une maman, d'une autre maman que la mienne. La mienne m'avait tellement, tellement abîmée. Peut-être qu'elle n'a pas fait exprès, peut-être qu'elle ne pouvait pas faire autrement. je ne la juge pas, mais elle m'avait... tellement assoiffée, elle m'avait tellement peu comblée, peu donnée d'amour, que je ne voulais pas d'une autre maman parce que j'avais peur que la Vierge Marie me fasse mal, en fait. J'avais très peur qu'elle me fasse mal, mais j'étais terrorisée. Et d'ailleurs, j'ai essayé de négocier avec elle. Je lui ai dit écoute, t'existes, c'est très bien, mais moi, ton fils me suffit. Donc, laisse-moi tranquille. Moi, ce que je veux, c'est aimer Jésus. Point. Mais je me suis arc-boutée pendant des années pour me protéger, en fait. Et Marie a été très patiente pour répondre à votre question dans... cette relation avec la Vierge Marie. Marie a été très patiente, très douce, très lente parce que moi j'avais besoin de temps. Ça a pris des années et des années avant que j'accepte qu'elle vienne dans mon cœur en étant certaine qu'elle ne me ferait jamais de mal, bien au contraire. Ça a pris des années. J'étais très très blessée en fait, le mot est faible. Et donc la relation avec Marie s'est donc faite dans le temps.
- Olivia de Fournas
Est-ce qu'il y a eu d'autres à part cette rencontre ?
- Héloïse Cluzel
Après, j'ai cheminé. C'est-à-dire que oui, je reviens juste en arrière deux secondes sur Saint-Séverin, parce que j'ai découvert que Saint-Séverin, après avoir fait des recherches à la mairie, etc., était le lieu de mon baptême quand j'avais dix jours. Et donc, le Seigneur avait choisi, en passant par cette femme, Suzanne, qui m'avait consolée, le Seigneur avait choisi de me ramener sur les lieux de mon baptême. Il y a 103 églises à Paris. Et c'est celle-là et pas une autre dans laquelle je suis rentrée après des décennies d'errance. Je ne peux même pas dire de boycott parce que je n'ai pas fait exprès de boycotter Dieu, c'est juste que je ne savais pas qu'il était là, mais d'errance spirituelle. Cette découverte a été fondamentale parce que j'ai compris que Dieu me ramenait au lieu de la vie, de la vie éternelle. C'est-à-dire que c'est comme s'il m'avait dit « maintenant on repart à zéro, tu commences à vivre, mais je veux que tu partes de ton baptême. » C'est là que je t'ai donné l'Esprit-Saint. Donc c'est très beau, quand on y pense, c'est magnifique.
- Olivia de Fournas
Ça c'est un beau signe, ce qu'il s'est prolongé.
- Héloïse Cluzel
Alors le signe s'est prolongé parce que quand vous êtes dans le noir, si vous êtes très malheureux et que vous voyez une petite lumière, vous vous jetez dessus. Donc je me suis jetée sur cette lumière que m'apportait l'Église avec un grand E, la Vierge Marie avec un grand V et Françoise, les petits cailloux, les petites personnes que Dieu a mis sur ma route, je les suppliais chez moi à genoux de me donner un entourage de personnes croyantes car je n'en avais pas. Et que quand j'allais mal, mes amis me disaient « rappelle-moi quand il y aura mieux » . Donc, j'ai été traumatisée par ce monde de personnes loin de Dieu. Parce qu'en fait, je trouvais qu'il n'y avait pas de compassion, pas d'entraide. Et donc là, j'ai supplié Dieu de me donner un nouveau terreau humain de vie. Et c'est ce qui s'est passé. Progressivement, moi, j'ai découvert ma paroisse qui s'appelle Notre-Dame-des-Victoires. La Vierge Marie, je n'en voulais pas au début. Donc, j'ai même changé de paroisse pour ne pas la voir. Et je suis revenue en arrière parce que j'étais bien là, mais je voulais... Être bien sans elle, mais ça ne marchait pas, je ne pouvais pas la détrôner de son socle.
- Olivia de Fournas
C'est vrai que Notre-Dame des Victoires, là, vous avez fait fort.
- Héloïse Cluzel
Oui, mais il se trouve que Dieu avait choisi ce lieu en bas de chez moi, donc je ne pouvais pas trop y échapper. Et je suis passée pendant 20 ans devant cette église sans la voir. Je voyais le café d'en face, les boutiques de vêtements, la librairie, mais je ne voyais pas la maison de Dieu. C'est-à-dire que cette église, comme les autres, était aussi transparente et invisible que Dieu lui-même. c'est-à-dire que c'était Quand on vit dans un vide spirituel, il y a peut-être vide et vide, mais le mien, il était complet.
- Olivia de Fournas
Et l'homme marié, qu'est-ce qu'il est devenu ?
- Héloïse Cluzel
Alors l'homme marié, il n'a pas accepté, il n'a pas supporté ma conversion. Mais j'ai essayé de l'évangéliser, du coup c'était parfait. J'en ai profité pour lui, d'éclamer mon feu pour Jésus. Il était jaloux de Jésus, c'était vraiment un peu triste. Et finalement, je me suis confessée. pour comprendre si je ne pouvais pas négocier et avoir Jésus dans mon cœur d'un côté et cet amant marié de l'autre. J'espérais d'ailleurs pouvoir avoir les deux. Au début, je n'ai pas renoncé à lui tout de suite. Mais un prêtre dans un confessionnal à Paris, à Saint-Louis-Dantin, m'a expliqué qu'il n'y avait pas de négociation possible, que c'était ou je choisissais la lumière ou je choisissais la boue. Donc au moins, c'était clair. On ne peut pas avoir un pied dans la boue et un pied dans la lumière. Donc là, j'ai beaucoup pleuré. J'ai compris qu'effectivement, il fallait m'arracher. à cet état de vie désordonné, cet état de vie de péché, que je ne voyais pas comme étant mauvais, parce qu'on se ment à soi-même beaucoup quand on pêche, mais beaucoup, c'est-à-dire qu'on n'a même pas conscience qu'on se ment à soi-même. Et là, le Seigneur m'a vraiment donné les moyens de quitter cet homme. Ça a pris du temps, mais un jour, un beau jour, la morsure du manque de cet homme a disparu.
- Olivia de Fournas
À force de prière.
- Héloïse Cluzel
à force de prières et d'entraide des autres aussi qui ont prié pour moi, pas mes prières toutes seules, mais à force de prières quotidiennes, en disant au Seigneur, tu veux que je le fasse, aide-moi, parce que moi je ne peux pas. Et le temps a fait, mais vraiment c'est magnifique, parce que j'ai souffert, ça a été douloureux, mais il y a un jour où je n'ai plus du tout souffert, j'ai compris que j'avais choisi la lumière, un peu au dépend de cette relation, mais que j'étais dans la vérité, j'étais sûre que c'était le bon choix. Dieu avait éclairé mon cœur, ma conscience. Et m'avait sauvée de ce péché qui est quand même abominable. On ne le dit pas assez parce qu'on banalise aujourd'hui l'adultère, mais ce n'est pas du tout banal. Ça engage votre âme et ça l'abîme. Ça corrompt notre cœur, ça corrompt notre âme. Les péchés en général, mais celui-là c'est un péché mortel. Donc c'est important de le souligner.
- Olivia de Fournas
Vous avez été au catéchisme pour rattraper toutes ces années perdues ou pas du tout ?
- Héloïse Cluzel
C'est une bonne question, Olivia. pas sous une forme classique j'ai pas pris des cours mais j'ai voulu en fait tout en essayant aussi de rencontrer des personnes croyantes sur mon chemin j'ai voulu faire des cheminées dans des retraites en fait, des retraites spirituelles mais ce dont j'avais le plus besoin avant d'être catéchisée ou en même temps je sais pas, c'était d'une guérison spirituelle intérieure j'avais énormément de blessures accumulées Et j'avais besoin que Dieu me guérisse. Mais il ne m'a pas guéri d'un coup de baguette magique. Il a fallu là encore beaucoup d'années, parce qu'il a respecté mon état, mon état de détresse, de peur. J'étais comme un oiseau, si vous voulez, à qui on a coupé les ailes. Il faut attendre que les ailes repoussent. J'étais vraiment pas bien. Et du coup, il m'a restaurée, en fait. Il m'a réparée. Alors, je suis allée à Kakuna. Donc, ça, c'était la retraite fondamentale que j'ai faite de guérison. C'est une retraite... au Canada, mais charismatique, qui est magnifique, que certains connaissent peut-être. Et là, ça a commencé de façon très forte. J'ai vraiment vu le Seigneur me prendre en main, toujours à travers des consacrés et des laïcs là-bas, il y a les deux, mais me prendre en main avec beaucoup de douceur. J'ai senti que j'étais sur le bon chemin, toujours. Je n'ai jamais senti que je m'étais trompée de voie, ça c'est sûr. Mais par contre, la route de reconstruction, la route de vie... était longue parce que j'avais passé trop de temps loin de Dieu.
- Olivia de Fournas
Est-ce qu'il y a d'autres endroits qui vous ont guéri ?
- Héloïse Cluzel
Oui, alors il y a Saint-Nicolas-des-Champs, la prière des malades, tous les jeudis après-midi, sauf pendant les vacances scolaires. Alors là, ça a été tous les jeudis, pendant des années, des années et des années. J'ai aussi été très, très gâtée par des rencontres de prêtres. Moi, j'aime beaucoup, beaucoup les prêtres. Donc, les ministres de Jésus, je trouve que c'est... Moi, je voulais être prêtre, pour tout vous dire, au début de ma conversion. Et j'ai très vite compris que c'était très beau. Et j'ai compris pourquoi je voulais être prêtre. Mais j'ai compris qu'il fallait renoncer assez vite à cette magnifique mission. En fait, elle pouvait s'exprimer autrement. Mais là, je disais au Seigneur, mais pourquoi tu ne m'as pas créé en homme ? Je serai prêtre aujourd'hui, etc. Et en fait, j'ai un amour pour les prêtres.
- Olivia de Fournas
Et religieuse, vous n'avez jamais pensé ?
- Héloïse Cluzel
Mais si, parce que quand j'ai rencontré le Seigneur, je lui ai demandé où est-ce que je pouvais vivre pour lui. Est-ce qu'il fallait que je me marie, que j'ai des enfants ? Est-ce qu'il fallait que, pour lui, je devienne religieuse ou laïque consacrée ? Il y avait quelques voix, il n'y en a pas 50, mais il y en a quelques-unes. Et je n'ai pas eu de réponse pendant très longtemps, jusqu'à ce que la réponse vienne. Mais ça, je ne peux pas tout vous dévoiler, parce que là, on fait un bond en avant un peu trop grand. La mission, en fait, et pour tout le monde, c'est ce que j'ai compris dans mon cheminement, c'est que Dieu me demande, et peut-être nous demande, une mission spirituelle. c'est-à-dire que Une fécondité spirituelle, c'est-à-dire être fécond pour lui, être fécond pour sa gloire. Qu'est-ce que c'est ? C'est le faire connaître, c'est le partager. C'est bien sûr l'aimer et aimer nos frères, mais c'est travailler pour son royaume, c'est travailler à la vigne. Et après, il y a mille façons de le faire, mais ça, c'est pour tout le monde, pour tous les chrétiens qui ont accepté d'avoir la foi, puisque la foi, on la reçoit, mais on la choisit aussi. C'est beau parce que c'est un chemin sans fin, en fait. De rechercher Dieu et de l'aimer, c'est un chemin sans fin.
- Olivia de Fournas
Alors qu'est-ce que vous avez choisi comme vocation finalement ?
- Héloïse Cluzel
Alors finalement, il m'a été donné de témoigner, ce qui n'est pas facile pour moi, mais de témoigner par écrit dans un premier temps. Donc j'ai écrit un livre, j'ai mis pas mal d'années à l'écrire, parce que je prenais du recul sur mon histoire, il fallait que je travaille aussi la construction, la forme, etc. Moi j'aime beaucoup écrire, donc voilà.
- Olivia de Fournas
C'est Victoire à Babylone ?
- Héloïse Cluzel
Oui, Victoire à Babylone. « Récit d'une âme sauvée in extremis » .
- Olivia de Fournas
Vous témoignez d'autres manières aussi ou c'est que par écrit ?
- Héloïse Cluzel
Là, je suis en face de vous, Olivia. Il me semble. Ça commence, il vient de sortir le livre. Donc, c'est vraiment beau parce que Dieu cherche des témoins dans la mesure où le Christ n'a pas assez d'amis. Il en a peu. Et donc, je sens que moi, ça me brûle. Mais je sens que de le donner à ceux qui ne le connaissent pas, de le donner à ceux qui le cherchent et qui ne le trouvent pas, c'est vraiment une mission. et j'essaye avec ma petite histoire et... et même misérable histoire, parce qu'elle est quand même assez difficile, ma première tranche de vie sans lui. Mais j'essaye de rejoindre, enfin c'est lui qui le fait, des cœurs qui pourraient être assoiffés de lui, des cœurs blessés, des cœurs perdus, des cœurs dans les ténèbres de Babylone. On vit dans une société, une époque qui est quand même particulièrement noire. Donc je pense que la lumière, tout le monde est assoiffé de lumière, parfois sans le savoir et parfois en le sachant. Voilà, moi c'était sans le savoir. Et puis ensuite, en le sachant, moi j'ai vécu les deux, donc si le Seigneur peut passer par ma toute petite foi pour ramener à lui des brebis blessées, égarées, en souffrance, c'est une merveille. C'est une forme de mission quand même, je pense, je ne sais pas.
- Olivia de Fournas
Est-ce que vous êtes réconciliée aussi avec Marie ?
- Héloïse Cluzel
Marie, je lui ai beaucoup parlé, sachant qu'elle m'entendait, je l'ai beaucoup grondée en fait. Je lui ai dit, mais tu as vu la mère que j'ai eue, tu ne vas quand même pas, tu ne pourras jamais la remplacer. On en a qu'une, etc. Et en fait, je me suis un peu forcée, entre guillemets, au début, à notre M. Desvictoires, surtout, quand c'est là que ça s'est passé. Je me suis forcée à me rapprocher de son hôtel, parce que je voyais tout le monde s'agenouiller, prier, pleurer. Je me disais, non, mais moi, je ne veux pas aller là, je ne veux pas être près d'elle. Et en fait, un jour, j'ai fait l'essai. Je me suis dit, écoute, tu n'as rien à perdre. Tout le monde le fait, mais toi, au milieu des autres, et puis tu verras bien. Et là, je lui ai parlé, en fait, en étant à genoux. Je lui ai parlé en fermant les yeux et elle a entendu en fait. J'ai reçu comme une sorte de caresse. Alors c'est difficile à expliquer parce que c'est surnaturel, c'est palpable et en même temps ça ne se voit pas. Donc c'est-à-dire quelque chose de très doux est venu dans mon cœur. Pas un souffle mais une caresse. Et j'ai compris qu'elle m'entendait et j'ai compris qu'elle était d'accord en fait pour qu'on fasse chemin commun, qu'on puisse se rapprocher l'une et l'autre en fait. Elle, elle attendait que ça. C'est moi qui étais la vilaine petite écolière qui ne voulait pas, mais par peur. Mais en tout cas, c'est à Notre-Dame-Victoire que ça s'est passé.
- Olivia de Fournas
Combien de temps après votre conversion ?
- Héloïse Cluzel
Alors, la notion du temps n'est pas facile pour moi. Je suis dyscalculique, donc ce n'est pas évident. Alors, combien de temps ? Pas tout de suite.
- Olivia de Fournas
Quelques années.
- Héloïse Cluzel
Oui, enfin, peut-être trois ans, trois, quatre ans. Pas dix ans non plus. Et alors, toujours à Notre-Dame-des-Victoires, à genoux devant l'hôtel de la Vierge, j'ai levé le nez, ce que je n'avais jamais fait. Et j'ai vu au-dessus de la statue de la Vierge, un magnifique vitrail, qui est évidemment toujours là, et qui a en son centre un médaillon noir. Et c'est le médaillon noir que moi j'ai vu cette nuit-là. C'est ce que j'appelle la belle nuit de ma vie. Et par contre, dans Notre-Dame-des-Victoires... Dans ce médaillon, il y a la Vierge qui porte l'enfant Jésus dans ses bras. Moi, je n'ai vu que la Vierge Marie. Il n'y avait pas l'enfant Jésus quand elle s'est manifestée dans ma nuit noire.
- Olivia de Fournas
Vous n'étiez peut-être pas encore prête à voir les deux ?
- Héloïse Cluzel
Non, sans doute pas. Sans doute que là, il me fallait d'abord la douceur de Marie et son amour. C'était la première chose qu'il fallait réparer en moi. C'était ce manque d'amour extrême.
- Olivia de Fournas
Et donc aujourd'hui, c'est réparé ?
- Héloïse Cluzel
Alors aujourd'hui, oui, ça va beaucoup mieux. C'est un chemin, c'est-à-dire qu'il faut... La foi se nourrit, c'est comme une plante verte. Si on ne met pas d'eau dessus, elle va dépérir. Donc, je me nourris de Marie tous les jours, ça c'est sûr. C'est ma maman, ça y est, je l'ai adoptée. Je ne peux plus me passer d'elle, on peut dire ça comme ça. Parce que je sens sa présence, que j'ai eu d'autres choses dans ma vie après. Magnifique. Donc, elle est vraiment là pour me protéger. Je sens sa protection. Pour moi, c'est impossible que les choses changent. Je ne peux pas... je ne pourrais jamais renier Marie ou lui tourner le dos et partir faire autre chose. Non, non, ma route, elle est là. Elle est avec elle. Est-ce qu'elle vous a aidé à pardonner à votre mère ou c'est trop difficile ?
- Olivia de Fournas
Le pardon à ma mère a été une des choses les plus difficiles de ma vie. Après avoir rencontré Dieu, oui, elle m'a aidée. Il n'y a qu'elle qui pouvait m'aider d'ailleurs, parce que je n'en avais pas le désir au début. Ensuite, elle a fait naître le désir en moi. Et quand le désir du pardon est là, c'est comme si c'était déjà gagné, sauf que ça peut prendre encore quelques années. Ça a été mon cas. Ça ne s'est pas fait tout de suite. Et surtout, oui, c'est magnifique parce que sans elle, je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas pardonner à cette femme. Ce n'était pas possible. Mais j'ai compris des choses aussi. Pour pardonner, il faut comprendre. Déjà, il faut souffrir, enfin, cesser de souffrir ou être cautérisé. Que les plaies soient un petit peu recouvertes d'un baume, ce qu'elle a fait. Et ensuite, il faut, pour oublier ses plaies, il faut se concentrer sur la souffrance de l'autre. Parce qu'il n'existe pas d'hommes méchants, il n'y a que des hommes malheureux, hommes ou femmes. Donc, je pense que ma mère, parce qu'elle est toujours vivante, est une femme malheureuse. Mais j'en suis sûre maintenant. Et le fait de savoir que c'est une femme malheureuse, donc qui n'a pas été méchante pour me détruire, m'aide à avoir un regard d'amour sur elle, un regard de miséricorde, qui n'est pas le mien au départ. C'est transformé par la foi, ce regard. Sinon, je ne pourrais pas lui pardonner. Et Dieu m'ayant tout pardonné, Jésus m'ayant tout pardonné, comment pourrais-je ne pas pardonner à ma mère ? Alors, ce sont des mots, c'est facile à dire, mais si on désire pardonner, Dieu nous aide à le faire. C'est même lui qui vient le faire en nous. Si on désire pas pardonner, il faut demander le désir de pardonner. C'est ce que j'ai fait, c'est tout un chemin. Mais Dieu le fait, puisque quand je demande à Dieu quelque chose que Lui veut, comment voulez-vous qu'Il me le refuse ?
- Héloïse Cluzel
Vous avez mis combien de temps à Lui pardonner ?
- Olivia de Fournas
Plus de dix ans.
- Héloïse Cluzel
Et vous avez pu Lui dire ou quand même pas ?
- Olivia de Fournas
Non, je ne Lui ai pas dit parce que je le ferais peut-être, d'ailleurs j'espère le faire, mais parce que j'ai peur qu'elle me réponde, j'ai rien à me faire pardonner. Donc je n'ai pas envie d'entendre ça. Donc j'attends le moment que je demande à Dieu tous les jours, de se tête à tête avec elle. pour déjà lui demander pardon moi. Ça va peut-être ouvrir son cœur, parce que j'ai aussi des choses à me faire pardonner, très probablement, à ses yeux. Et ensuite, une fois que nos cœurs seront ouverts, je pense que Dieu fera le travail. C'est-à-dire que c'est ce qu'il souhaite, ça va la délivrer elle. Elle est quand même assez âgée, donc je ne sais pas. Mais j'ai la ferme certitude que Dieu va le faire. C'est-à-dire que moi je lui ai pardonné, mais qu'elle entende que je lui ai pardonné. C'est ça le plus important aussi maintenant. C'est qu'elle ne soit pas dans une culpabilité, peut-être, peut-être, j'en suis pas sûre. qui la rend prisonnière, de ce lien raté avec sa fille. Mais je suis sûre que Dieu va le faire, j'ai aucun doute là-dessus.
- Héloïse Cluzel
Écoutez, c'est une très belle manière de clore ce podcast. Et j'ai quand même quelques questions supplémentaires à vous poser, qu'on pose à tous nos invités. Mais merci de ce témoignage très cohérent, très complet, très spirituel. Merci beaucoup Héloïse. Alors, les quatre questions que je voulais vous poser, la première c'est quels sont les conseils que vous donneriez à quelqu'un qui aurait vécu la même histoire que vous ?
- Olivia de Fournas
La... la première chose que je pourrais suggérer, conseiller, c'est de se mettre au pied de la croix du Christ, ou devant le Saint-Sacrement, en tout cas de se rapprocher de Dieu pour le chercher. Si possible à genoux, parce que là on est tout petit et on mesure sa petitesse quand on est à genoux, en fermant les yeux et en ouvrant son cœur. Quand on ouvre son cœur à Dieu, en faisant un tout petit peu abstraction de ce que l'on vit, en se décentrant de soi-même, On peut le rejoindre. Et là, après, c'est à lui d'agir.
- Héloïse Cluzel
Est-ce qu'il y a un livre qui vous a rejoint dans cette épreuve à un moment ?
- Olivia de Fournas
Oui. Alors, j'ai découvert au tout début de ma conversion, j'avais besoin d'un compagnon céleste. Donc, j'ai demandé à Dieu une aide à travers un saint ou une sainte. Il m'a gâtée parce que j'en ai eu plusieurs, mais j'ai choisi le tout premier qui s'appelle Jean-Marie Vianney et qui me rejoint dans une forme de feu. intérieur, d'amour, radical pour Dieu. Et surtout, il est prêtre. Comme je voulais être prêtre, je me suis dit, c'est pas mal de l'avoir à côté de moi.
- Héloïse Cluzel
C'est le curé d'Ars.
- Olivia de Fournas
C'est le curé d'Ars, tout à fait. C'est le curé d'Ars, et qui a eu un parcours pas facile, même douloureux, je pense, et qui, dans son histoire, nous montre une confiance inébranlable en Dieu, qui, moi, me touche, et dont j'ai besoin encore aujourd'hui. Et par exemple, en plus, il a eu des phrases, il a écrit des choses... des pensées sur sa foi qui sont lapidaires.
- Héloïse Cluzel
Le curé d'Ars a été attaqué par le diable à maintes reprises, et je crois que vous aussi.
- Olivia de Fournas
Ah oui, moi ça a été très dur quand j'ai choisi de suivre le Christ, j'ai dû faire des renoncements vraiment très douloureux, et le diable voulait m'en empêcher, donc c'est vrai que je me suis fait aider par des prêtres, mais c'est vrai que le diable est présent quand on lui échappe, ça ne lui plaît pas du tout. À la limite, quand on barbote avec lui dans une eau trouble, il vous laisse tranquille. Mais quand vous voulez sortir d'une mauvaise marmite, là, vraiment, il se manifeste de façon très claire. Mais ce n'est pas grave, parce que Dieu est vainqueur. Donc, moi, j'ai réussi à m'arracher à tous les chemins mauvais dans lesquels j'étais.
- Héloïse Cluzel
Alors, ce livre du curé d'Ars, qu'est-ce que c'est ?
- Olivia de Fournas
Alors, c'est sa biographie. C'est signé Jean-Jacques Antier. C'est extrêmement bien. écrit, décrit, on est vraiment dans la vie du curé d'Ars, on le suit. Et en fait, je voulais vous citer une phrase du curé d'Ars, parce qu'il a, comme je le disais tout à l'heure, des phrases vraiment clés pour moi, fortes et très imagées. Il dit « tirer un poisson de l'eau » Il ne vivra pas. Eh bien, voilà l'homme sans Dieu. Voilà, je trouve ça assez fort.
- Héloïse Cluzel
Est-ce que vous avez une prière préférée ?
- Olivia de Fournas
Oui, c'est forcément une prière à Marie. C'est la prière que je fais tous les jours, l'acte de consécration à la très sainte Vierge Marie de Saint Louis Grignon de Montfort.
- Héloïse Cluzel
Est-ce que vous pouvez nous la lire ?
- Olivia de Fournas
Oui, bien sûr. Je vous choisis aujourd'hui, ô Marie, en présence de toute la Cour céleste, pour ma mère et ma reine. Je vous livre et consacre en toute soumission et amour mon corps et mon âme, mes biens intérieurs et extérieurs, et la valeur même de mes bonnes actions, passées, présentes et futures, vous laissant un entier et plein droit de disposer de moi et de tout ce qui m'appartient sans exception, selon votre bon plaisir, à la plus grande gloire de Dieu dans le temps et l'éternité. Amen.
- Héloïse Cluzel
Amen. Et notre dernière question traditionnelle, c'est si vous aviez le Christ en face de vous, que lui diriez-vous aujourd'hui ?
- Olivia de Fournas
Alors, je pense que je ne pourrais pas rester debout déjà. Je me mettrais à genoux tout de suite, à ses pieds, et je lui dirais mon Sauveur et mon Dieu. Mon Sauveur et mon Dieu.
- Héloïse Cluzel
Merci beaucoup Héloïse. Merci pour votre écoute et merci d'être toujours plus nombreux à écouter Un Beau Jour, à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Et pour découvrir d'autres témoignages de feu, vous pouvez bien sûr écouter les épisodes du podcast, mais aussi lire chaque semaine nos rencontres dans le magazine Famille Chrétienne. Pour découvrir d'autres témoignages de feu, vous pouvez bien sûr écouter les autres épisodes du podcast, mais aussi lire chaque semaine nos rencontres dans le magazine Famille Chrétienne. Et enfin, n'hésitez pas à découvrir les autres podcasts, Toussaint, Maman Prie, Sexo, Sacrée Histoire et d'autres encore. Encore merci et à dans 15 jours pour le prochain épisode.