Speaker #0S'il y a un sujet qui challenge le couple et qui apporte des questions, des appréhensions, des craintes sur le devenir du couple, c'est le fait de maintenir le désir au travers du temps. Et il est vrai que la plupart du temps, lorsqu'on tombe amoureux, on vit comme dans un rêve. On est transporté par le désir du début, par le besoin de se séduire, se conquérir, mais aussi de fusionner. Et puis un jour, on se réveille. Et on se demande, mais qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi la dynamique est différente ? Il y a quelques mois, quelques années, on ne pouvait pas se passer d'un jour sans sexe, où on avait toujours du désir l'un pour l'autre, et là on partage un lit, une vie, on a peut-être des enfants, des habitudes, et il y a quelque chose de différent. La dynamique n'est plus la même. On peut en parler, que ce soit source de litiges, d'incompréhensions, où on peut taire ce sujet, mais ce qui rapprochait l'un et l'autre devient finalement ce qui sépare. Et fort heureusement, il y a beaucoup de choses à comprendre sur ces mécanismes, et chacun peut prendre sa part de responsabilité et œuvrer pour retrouver un équilibre ou maintenir la flamme ou la raviver. Alors en tout cas, ce n'est pas... pas une question de compatibilité ratée. On peut renverser une tendance et quand on parle de désir, on ne parle pas forcément de désir sexuel. Il y a en tout cas des dynamiques et schémas à mieux comprendre qui permettent d'épanouir le couple. Tout comme il y a des actions qui, elles, vont amenuiser considérablement le désir de l'autre. Mais tant qu'il y a de l'amour, il y a du possible. Le secret est que chacun prenne conscience des mécanismes qui se jouent dans la relation. Et puis aussi de sa propre responsabilité, son attitude, ses paroles, son rapport à soi-même aussi. Et à quel point tout cela peut avoir des conséquences sur le désir, le plaisir et l'amour dans le couple. Alors si vous considérez que le couple est une merveilleuse aventure pour évoluer en tant que personne, pour mieux comprendre vos fonctionnements et ceux de l'autre, restez bien jusqu'au bout car dans ce podcast nous allons aborder tout cela. ensemble, pour élargir nos perspectives sur la relation intime et améliorer celle-ci. L'alchimie d'un couple, c'est deux adultes responsables qui prennent en considération que chacun est acteur dans ce qui se joue. Pour ceux qui découvrent ce podcast, je suis Aurélie Loiseau, sexothérapeute, coach de l'intime et autrice. Depuis 2018 maintenant, j'œuvre pour le bien-être intime de chacun et chacune. Ce podcast vous donne des clés pour vous épanouir, que vous soyez en couple ou non. J'ai énormément de plaisir à partager avec vous. Alors si cet épisode vous parle, si quelque chose résonne dans ce que vous entendez, abonnez-vous, laissez des étoiles, une note, un like, selon votre plateforme. C'est ce qui me permet de continuer à vous offrir ce contenu qui m'encourage et cela me permet aussi de savoir si vous êtes réceptifs à ce que je partage ici. En tout cas, je vous remercie d'être de plus en plus nombreuses et nombreux à me suivre et réagir positivement à ce podcast. Et maintenant, entrons dans le vif du sujet. Vous avez peut-être fait l'expérience de ce désir qui s'amenuise dans une relation passée ou aujourd'hui dans votre relation de couple ou relation en tout cas suivie. Ou peut-être que des amis vous en ont fait part de ce qu'ils traversent dans leur couple. C'est un sujet qui est assez récurrent, qui est assez présent et qui questionne et c'est normal. Alors justement, c'est ce qu'on va voir ici. Comment maintenir le désir dans le couple ? Comment améliorer notre rapport au désir ? Comment faire en sorte de trouver une sorte d'équilibre dans ce qui se joue dans la relation ? Surtout quand il y a une demande de l'un et de l'autre par rapport à des rapports sexuels qui ne sont pas les mêmes. L'idée ici, ce n'est pas d'apporter un jugement, ce n'est pas non plus d'imposer une manière de penser, mais plutôt d'interroger les dynamiques de ce qui se joue et de ce qui passe. permet justement d'améliorer la relation dans le temps. Je vais donc d'abord cartographier les grandes étapes d'une relation amoureuse, parce qu'il y a des phases, et comprendre ces différentes phases permet de mieux vivre ce qui se joue. Ensuite, on va entrer dans ce que j'appelle les pièges du désir, ce qui se passe précisément quand la séduction se retire et que le quotidien s'installe. Pourquoi le désir disparaît, ce qui le tue et surtout ce qui le nourrit ? Et enfin, je vous donnerai mes conseils qui permettent vraiment de construire un désir qui dure, ce que j'appelle en fait des principes d'évolution, des principes d'épanouissement. Alors quand je parle de désir, je ne parle pas forcément de désir sexuel, mais je parle de complicité, je parle de besoin de nourrir l'intime et pouvoir finalement se retrouver. dans ce qui est le cocon, la partie où on a envie de respirer la peau de l'autre, où on a envie d'être caressé, touché par l'autre, où l'on comprend aussi que le plaisir charnel est un lieu qui nous permet de nous ressourcer. Mais cela demande aussi de comprendre que notre positionnement, nos actes, notre manière d'habiter notre corps, notre manière d'habiter la relation va avoir des conséquences sur l'attitude aussi de l'autre. Donc chacun prend sa part de responsabilité. Je vous invite donc à écouter, à vous questionner en m'écoutant sur comment vous êtes dans votre relation et à peut-être avoir un petit peu plus de recul, si ce n'est pas déjà le cas, pour savoir dans quelle dynamique vous vous trouvez. Cet épisode donc vous concerne si vous êtes en couple depuis un an ou même depuis 20 ans, si vous sentez que quelque chose s'est éteint ou si vous souhaitez comprendre comment ne pas laisser cette femme s'éteindre pour votre prochaine relation. Si vous n'avez pas envie de reproduire ce qu'on appelle des erreurs, même si on apprend toujours avec les erreurs, on apprend toujours dans ce qu'on installe, dans ce qu'on vit, même si ce n'est pas toujours agréable, même si ce n'est pas toujours la direction qu'on aurait voulu que ça prenne. Ce qui est important, c'est de pouvoir voir ce que cela nous apporte plutôt que rester figé sur ce qui ne nous satisfait pas ou ce qui nous frustre. Donc je pense que vous l'avez compris, ce que je vous invite, c'est surtout d'avoir un état d'esprit constructif par rapport à ce que je vous propose. En tout cas, permettez-vous d'agrémenter ce que je vous propose ici en faisant vos propres recherches, en faisant vos propres constats. Ici, c'est juste une manière d'interroger le couple, la sexualité, l'intime pour vous permettre d'aller plus loin dans votre relation à l'autre. Commençons ici par poser la carte. Parce que beaucoup de gens vivent les transitions d'une relation comme des accidents. alors que ce sont des étapes prévisibles, presque universelles. Alors je vais vous les décrire dans les grandes lignes. Bien sûr, il y a toujours des exceptions, des variations, des raccourcis, des retours en arrière. Chaque couple est unique. Mais les grandes dynamiques, elles, se répètent. Comme l'écrivait Montaigne, chaque homme porte la forme entière de l'humaine condition. En effet, derrière nos histoires singulières, certaines expériences demeurent universelles. Nous sommes traversés par des conditionnements biologiques et culturels, et en avoir davantage conscience nous permet, et c'est tout le pouvoir humain, de ne pas nous laisser entraîner par des forces, certes bien réelles, et d'en être le déjoueur ou créateur. En gros, votre conscience est un pouvoir qui vous permet de sortir du déterminisme. Alors ceci peut sembler philosophique, on peut adhérer ou non à cette vision, Mais l'idée est d'interroger nos capacités à sortir de conditionnements pour mieux s'épanouir dans la relation amoureuse. La première phase, c'est donc la rencontre. C'est le début, le vertige. On idéalise l'autre comme s'il était fait sur mesure pour notre bonheur. C'est une phase hormonale aussi, avant d'être une phase émotionnelle. Dopamine, noradrénaline, la cortisol, tout le système de récompense du cerveau est en ébullition. Et la fréquence des relations sexuelles est à son apogée. Les inhibitions tombent en même temps que les vêtements. On se montre sous son meilleur jour. On est attentif, curieux, présent. On se désire parce qu'on ne se connaît pas encore tout à fait. Et l'inconnu est magnétique. Cette fascination de la rencontre amoureuse nous échappe. Et elle n'est pas nouvelle, elle a fait couler beaucoup d'encre. Déjà, Platon faisait dire à Socrate que le désir naît du manque. Notre désir naîtrait de ce que nous n'avons pas encore, de ce qui nous échappe. Au début d'une histoire d'amour, nous sommes souvent amoureux autant d'un avenir imaginé que de la personne réelle. En fait, c'est le potentiel de l'autre ou de l'histoire qui nous anime. Et c'est à ce moment que tout peut retomber comme un soufflet. C'est lorsqu'on est resté sur une image qu'on s'est fabriqué de l'autre plutôt que de regarder et d'accueillir toutes les parties de la personne. Le sentiment amoureux ne permet pas en tout cas d'être lucide. C'est une tempête. intérieure qui nous donne envie de soulever des montagnes. Alors on se fabrique des images de l'autre, mais aussi on perçoit des choses par nos sens, qui génèrent de l'attraction. Mais il y a aussi ce qui est de l'ordre de l'insaisissable. Par exemple les phéromones, qui participent aussi à cette attraction invisible par nos sens. Et ils jouent pourtant un rôle clé dans l'attraction, c'est quelque chose de presque animal. On se sent bien apaisé, attiré. Il y a aussi les blessures qu'on porte, qui s'attirent et se répondent. Comme si chaque blessure, chaque brèche en nous, pouvait donner l'impression d'une clé qui se trouve sa serrure, ou dit plus noblement, selon les croyances, certains parlent de rencontre d'âme. Comme si l'on était destiné à... évoluer ensemble. Alors la rencontre c'est souvent tout un monde en nous qui est chamboulé et cela vient nous ranimer à la vie et c'est aussi ce qui peut animer des peurs et c'est parfois très éprouvant et on peut aussi gâcher la magie car les peurs prennent le dessus mais ça c'est une autre histoire et c'est pas le sujet de ce podcast. Après la phase de la rencontre se poursuit donc une autre phase qui peut se construire au fur et à mesure ou aller très vite, ça dépend bien sûr des conditions de vie de chacun, du timing de chacun, de la personnalité, et souvent aussi de ses antécédents, de son passé. En tout cas, la relation prend forme, des envies et des besoins sont partagés, on ajuste aussi en fonction de la relation nos vies respectives pour vivre cette relation. Parce que si on reste rigide dans son mode de fonctionnement, la relation ne peut pas perdurer. Il y a un mouvement vers l'autre qui doit se faire. Commencent la plupart du temps les discussions sur l'avenir à court terme, à moyen terme, parfois même à long terme. On fait des plans, on entrelace nos vies. En fait, c'est une étape de construction, d'engagement. Souvent d'ailleurs encore portée par l'élan de la séduction. L'amour est là, il est vivant et il commence à s'incarner dans le concret. À ce moment-là, l'attachement se forme. Les relations sexuelles cimentent la plupart du temps cette phase. L'amour est moins un état qu'une direction, une manière de projeter sa vie avec quelqu'un. Et en fait, on ne partage pas seulement des émotions, on commence à partager un destin. D'ailleurs, souvent, c'est dans cette phase qui devient plus concrète que beaucoup renoncent. Par peur, par incapacité ou envie de vivre de manière réelle la relation. Parce que l'image qu'on a collée sur l'autre à la rencontre est trop éloignée finalement de la réalité. Ou parce qu'on ne peut pas s'engager, parce qu'on a fermé la porte à cela. Même si on le veut, on n'y arrive pas. Et c'est vrai que fantasmer la relation, ce n'est pas la même chose que la vivre en réel. Cela demande de la maturité et aussi de rencontrer bien sûr quelqu'un avec qui on se sent de faire ce chemin. En tout cas, cela nécessite souvent d'être prêt à partager, d'avoir l'élan de vie avec l'autre et de ne plus vouloir naviguer seul. Parce que même si on a tendance à être indépendant, être solitaire, l'amour et la relation est possible. Pour certaines personnes, Il faut prendre plus de temps, il faut éviter l'emballement et il faut ramener du réel en douceur et aussi savoir s'ouvrir à la vulnérabilité de soi et de l'autre. L'amour, c'est une possibilité d'évolution. Alors, on n'est pas obligé dans sa vie de vivre une relation de couple, on n'est pas obligé dans sa vie de s'épanouir au travers du couple, mais en tout cas, c'est une étape de vie qui permet d'apprendre énormément sur soi et sur la relation à l'autre. Vient donc la troisième phase, l'installation et l'engagement. Et en fait, elle est plus déterminée par notre culture, plus que par nos élans archaïques. Bien que toujours présente, car le besoin de sécurité fait partie d'un besoin primaire, mais la forme que le couple prend va être déterminée dans un projet qui correspond à notre éducation et à ce que la société a choisi pour nous. Parce que finalement, le couple qui existe actuellement... n'était pas le même au Moyen-Âge, à la Renaissance, à l'Antiquité, ou selon les cultures. Il y a plusieurs manières de voir le couple. Il y a même des cultures où le couple n'existe pas. Donc tout cela pour vous dire qu'aujourd'hui, le couple tel qu'il existe demande énormément d'investissement. Parce qu'on demande à l'autre d'être notre amant, amante, notre amoureux, amoureuse, notre ami, notre meilleur ami, notre confident, confidente, notre partenaire de vie. une équipe, cela aussi est associé à la famille, parfois même au travail, ce qui peut déjà amener une forme de pression et qui aussi joue sur le désir dans le quotidien. Donc on emménage ensemble, on se marie, on a des enfants, on routinise. Bien sûr, ce n'est pas toujours le cas, ça dépend de la période de vie dans laquelle on est, de la situation géographique, des âges auxquels on s'est rencontrés. des relations précédentes, des enfants déjà présents ou non. Donc plus on avance dans la vie, plus le couple demande des concessions, car on a un passé et on ne peut pas d'un claquement de doigt s'intégrer dans la vie de l'autre ou intégrer l'autre à notre vie. Donc cela peut amener une sorte de complexité et il faut arriver à jongler avec les vies de l'un et de l'autre pour arriver à trouver cet équilibre mutuel. Mais revenons au confort quand le couple s'installe. Et c'est là que quelque chose change. Avec lui, souvent, un premier ralentissement du désir. Déjà car on est rassuré, car l'autre fait partie de notre monde. Il n'est plus vraiment à conquérir, bien que cela soit un leurre, et on le verra. Il y a aussi le fait que les petits défauts minimisés au début peuvent être bien plus présents. Donc chacun prend contact avec la personne réelle. On sort quelque part du rêve et on comprend que c'est à nous de co-créer pour faire en sorte de créer ce rêve qu'on avait projeté sur l'autre. Et c'est là où cela peut créer de la complexité, parce que ça nécessite de prendre sa responsabilité dans le couple, plutôt que de se sentir victime du quotidien. Et ceux qui résistent à cette étape souvent regardent le couple par un prisme différent. J'aurais tendance à dire que l'amour et le courage prennent le relais, sans chercher à là où le changer, malgré les contraintes, malgré les tempêtes. De l'amour et du courage donc, car il faut avoir l'honnêteté et la force de se regarder en face. de voir que le couple exige de nous d'être des hommes et des femmes matures. Et le philosophe Arthur Schopenhauer aurait probablement souri à cette description. Selon lui, l'illusion amoureuse nous fait voir dans l'autre une perfection qui ne résiste pas longtemps à la réalité quotidienne. Plus tendrement, Kierkegaard rappelait que le mariage commence précisément là où la fascination romantique s'arrête. Lorsque deux personnes choisit de continuer malgré la disparition de l'enchantement initial, se courage d'être vulnérable en acceptant ses failles et en décidant de faire de son mieux. Parce qu'on fait de son mieux quand on est conscient. D'accepter que l'autre nous fait bouger. Alors c'est passionnant cette étape. Le couple nécessite de sortir de soi, d'être dans cet espace qui est l'amour au sens le plus noble du terme, celui du partage, celui de la connexion. Si l'on traverse la désillusion sans se perdre, quelque chose de bien plus profond se construit. À ce stade, les amoureux pourraient même se marier, car leur amour est maintenant basé non plus sur la passion, sur la projection, mais sur une véritable connaissance et acceptation de l'autre tel qu'il est dans ses ressources, ses sensibilités et ses faiblesses. L'amour n'est plus aveugle, il est lucide. Et choisir quelqu'un en le voyant vraiment, c'est un acte d'amour autrement plus fort que tomber sous le charme. Et cela rappelle une magnifique intuition de Nietzsche, ce n'est pas le manque d'amour, mais le manque d'amitié qui fait les mariages malheureux. Ce qui lie maintenant, c'est quelque chose d'infiniment plus solide que l'hormonal, c'est le lien, la confiance, la complicité, l'histoire commune, les projets, l'amitié profonde et la tendresse. Et peut-être aussi ce que Aristote appelait la plus haute forme d'amitié. Et c'est là, paradoxalement, que le défi du désir se pose avec le plus d'acuité. Parce qu'on peut s'aimer profondément et ne plus se désirer, en fait ce sont deux registres différents. Et comme l'écrira plus tard Simone de Beauvoir, l'amour véritable ne consiste pas à se fondre l'un dans l'autre, mais à reconnaître deux libertés qui choisissent de cheminer ensemble. Et c'est précisément pour cela que je vais vous parler maintenant, dans cette deuxième partie, de ce que j'appelle les pièges du désir lorsque la séduction se retire. Je vais vous parler maintenant des pièges qui font que le désir s'amenuise, voire devient inexistant ou crée une asymétrie dans le couple. Et souvent, ces pièges sont subtils, presque invisibles, mais ils font leur travail en silence. Et donc, souvent, cela peut créer de la souffrance entre deux personnes parce que l'amour est là, mais on ne comprend pas vraiment ce qui se joue dans le désir et dans le désir sexuel. Donc je vais vous livrer ici ce que j'appelle les pièges de la relation et du désir. Certains vont sûrement vous surprendre, d'autres sont sûrement déjà connus, mais cela fait toujours du bien de s'interroger et de constater. où on en est en faisant le point sur sa propre situation. Le premier piège qui peut paraître anodin, mais que je rencontre énormément en consultation, et particulièrement chez les femmes, c'est de soit ne pas se connaître sexuellement pas assez, ou soit ne pas voir l'intérêt de la sexualité pour soi-même. Alors en fait, c'est vrai que les premiers temps, la sexualité dans la relation peut être tout feu tout flamme, parce qu'il y a la nouveauté, le mystère. l'excitation de l'inconnu et le besoin de séduire l'autre. Mais quand ça se calme, qu'est-ce qui prend le relais ? Si on n'a jamais vraiment été chercher notre plaisir, si on n'a jamais vraiment habité notre énergie sexuelle, en fait, le désir de l'autre, ce que l'autre nous fait, n'est pas suffisant. Parce qu'en fait, on n'a pas investi cette partie de nous et on n'est pas en capacité d'écouter nos besoins et nos limites. En tout cas, pas assez. Vous ne pouvez pas guider l'autre vers votre plaisir si en fait vous ne le connaissez pas vraiment vous-même. Donc c'est sa part de responsabilité que de réveiller son propre feu sexuel. Donc ça fait partie de la connaissance de soi. Et il n'est jamais trop tard, à n'importe quel âge, on peut réveiller ce feu-là. Donc cela va en plus nourrir la relation, mais le moteur c'est déjà de le faire pour soi-même. Donc j'accompagne souvent des femmes à ce sujet car... Mis à part la phase de séduction où elles peuvent ressentir du désir, lorsque le couple s'installe, elles ne voient plus l'intérêt pour vivre la sexualité. Et aujourd'hui, une femme sur deux en couple déclare qu'elle pourrait se passer de sexualité. Donc elles le font plus pour faire plaisir à leur partenaire, pour maintenir la relation, et finalement elles ne le font pas pour elles-mêmes. Alors il n'y a pas que cet aspect-là, bien sûr, mais c'est le premier à déterminer. Si une femme ne s'est jamais vraiment fait plaisir seule, si elle ne comprend pas comment se faire plaisir seule, Si elle est peut-être dégoûtée pour X raisons, en fait, ça va nécessiter peut-être d'interroger son rapport à la sexualité, pourquoi c'est si complexe. Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas vivre d'une manière épanouie sans sexualité, mais cela veut simplement dire que c'est quelque chose qu'on a la possibilité d'explorer, de comprendre qu'en fait ça peut nous apporter des choses qui sont bénéfiques, déjà pour soi, pour notre énergie corporelle, pour notre énergie de vie, pour nous sentir plus vivantes. Et donc, pour ensuite nourrir le couple. Mais si on le fait simplement pour nourrir le couple, ça ne sera pas suffisant. Parce qu'en fait, cela doit passer déjà par soi-même. Je fais tout un travail avec les femmes de déconditionnement et d'une nouvelle relance au sexe, car très souvent, il y a des traumatismes ou un héritage transgénérationnel qui nous sépare de la sexualité parce qu'en fait, on n'a pas forcément une bonne image, parce qu'il y a des croyances derrière, parce qu'on a l'impression... quelque part, d'une manière inconsciente, que l'autre va nous utiliser, se servir de nous. Mais en fait, si on ne prend pas cette place-là, si on n'habite pas pleinement notre sexualité, bien sûr qu'on va ressentir ça. Par contre, si on est pleinement actrice de notre monde intime, cela est contrecarré. Ça peut être compliqué physiquement de rentrer en contact aussi avec la zone du bassin parce qu'il peut y avoir des douleurs qui peuvent être liées. à des antécédents comme par exemple l'endométriose, le vaginisme, des infections urinaires à répétition, parce qu'il y a aussi des sécheresses. Quelles qu'en soient les raisons, on peut toujours revenir à une reliance vis-à-vis de son corps, de son bassin, de sa sexualité. Il va être question donc de faire la paix avec son sexe, avec son corps. Moi j'ai plaisir en tout cas d'accompagner les femmes sur ces sujets-là, parce que c'est magnifique de pouvoir voir une femme qui découvre que sa sexualité son monde intime peuvent lui procurer énormément de joie, beaucoup de puissance aussi. Donc j'ai créé un parcours Femmes épanouies qui est dédié à cela. Je pense que chaque femme a au cœur de son corps un pouvoir insoupçonné. Il y a énormément de choses à comprendre, à mettre en mouvement pour réveiller son énergie sexuelle. Et il n'est pas question que de se masturber, de se caresser. C'est un ensemble, c'est un vécu qui finalement s'expérimente. Et j'ajouterais pour contrebalancer que la plupart du temps, ce qui peut freiner une femme à avoir du désir, c'est de voir son partenaire s'acharner sur l'aspect performance de la relation sexuelle. C'est-à-dire que la sexualité doit être une expérimentation, un lieu où on se connecte l'un à l'autre, un lieu où on se donne de l'amour, où on vit quelque chose même de sauvage, de passionné. C'est un moment de connexion où on est à l'écoute de l'autre, du désir de l'autre, du plaisir de l'autre. et de son propre désir et plaisir, bien sûr. C'est un échange. C'est un échange d'énergie aussi. Et lorsqu'un homme se focalise sur comment permettre à sa partenaire d'avoir un orgasme, c'est chouette, c'est généreux. Mais parfois, en fait, c'est contre-productif parce qu'il va y avoir une attente, une pression. qui va désarmer une femme et peut-être même la faire fuir dans ce qui est le lieu de la sexualité. Parce qu'en fait, elle a besoin de se sentir se reposer, elle a besoin de se sentir s'abandonner, de lâcher prise. Et dès qu'on met une attente, finalement, en fait, ça met une forme de pression qui gâche le naturel, qui gâche le flot d'énergie qu'il peut y avoir entre deux personnes. Le deuxième piège qui fait que le désir peut s'immuniser dans la relation, c'est le langage amoureux. Il y a un conseiller conjugal, Gary Chapman, qui a théorisé le fait que nous avons cinq façons d'exprimer et recevoir l'amour qui correspondent à ce qu'on attend de l'autre et ce qu'on souhaite vivre dans la relation amoureuse. Et ces cinq langages vont déterminer comment on peut se sentir aimé et comment on a l'impression de donner de l'amour. Et parfois, il y a des personnes qui ne parlent pas le même langage et qui n'en ont pas conscience. Ces cinq langages sont 1. les paroles valorisantes, 2. les moments de qualité, 3. les cadeaux, 4. les services rendus et 5. le toucher physique. Alors concrètement, par exemple, lui va vouloir exprimer son amour en rendant des services. Donc il va les réparer, il organise, il gère, des choses qui sont peut-être liées plus à de la logistique dans le couple. Alors qu'elle, par contre, a besoin de l'amour au travers de compliments, de petits mots et de passer des moments de qualité ensemble. Et résultat, il va y avoir une forme d'incompréhension. Et ce couple, du coup, n'arrive pas à se rencontrer parce que lui va avoir l'impression de donner de l'amour. Et elle va se sentir aussi frustrée parce qu'elle aura l'impression de faire des compliments à quelqu'un qui n'est pas réceptif aux compliments, de vouloir passer du temps avec la personne alors que la personne... ne voient pas l'intérêt de passer autant de temps ensemble, et en fait, ils ne vont pas se rencontrer réellement dans le quotidien. Ça va être même source de conflits, de frustrations. Et en fait, quand l'un et l'autre comprend le langage de l'amour de chacun, il va faire un pas pour aller dans la sphère de l'autre et lui apporter cette nourriture émotionnelle qu'il ou elle a besoin de recevoir. Donc on peut être complètement sincère dans sa démarche et pour autant souffrir, faire souffrir l'autre. Sans avoir conscience qu'en fait c'est juste une question de malentendu. Et c'est l'une des premières causes de refroidissement du désir. Parce que lorsque notre réservoir émotionnel est vide, la frustration, le ressentiment et l'incompréhension s'installent. Et un corps habité par le ressentiment ne désire pas, il se ferme à l'autre. On a besoin d'être nourri par des preuves d'amour. Mais faut-il parler le même langage ou apprendre en tout cas à déterminer ce langage chez soi et chez l'autre ? En allant même plus loin, On se rend compte que lorsqu'une personne aime plus, par exemple, une sexualité sensuelle, alors que l'autre est excitée par une sexualité plus bestiale, il y a aussi des incompréhensions qui s'installent. Car la dynamique du début de la relation n'est pas la même, alors les attentes ne se retrouvent pas, et parfois on ne se rend pas compte que c'est quelque chose qui s'oriente et se négocie pour que chacun trouve son compte. Par exemple, peut-être alterner les relations tantôt bestiales, tantôt sensuelles, pour que chacun se sente satisfait. dans ce qu'il aime vivre, dans sa sexualité. On peut être plus dans une sexualité fantasmée, ou sensuelle, ou bestiale, ou romantique. Si chacun reste dans son propre langage et ne veut pas aller sur le terrain de l'autre, on peut avoir l'impression d'incompatibilité sexuelle. Alors que c'est plus une histoire que chacun fasse un pas vers l'autre, vers l'univers de l'autre. Si c'est toujours la même personne qui fait ce pas, un épuisement, un déséquilibre peut se faire ressentir. Et il est alors important... de se faire peut-être accompagner, ou en tout cas de prendre conscience que cette situation peut amener une sorte de rigidité dans le couple. Lorsque la communication est difficile, lorsque chacun reste sur ses positions, on ne peut pas avancer. Chacun doit faire sa part, chacun co-créer ce qui se joue dans la relation. Tout comme la fréquence des besoins sexuels. La personne qui a le moins de désirs peut aller vers l'autre en essayant d'aller chercher son désir sexuel. Alors que la personne qui a énormément de désirs doit peut-être apprendre aussi à vivre la frustration, pour se rencontrer sur un même terrain, pour arriver à équilibrer la situation. On ne peut pas toujours avoir les mêmes désirs, les mêmes besoins, les mêmes envies. Et lorsqu'on n'est pas en capacité de s'adapter, alors le couple n'est pas le lieu d'épanouissement. Parce qu'il y a toujours un moment où il va falloir s'adapter aux besoins et aux envies de l'autre. Et c'est comme ça qu'on co-crée. Mais bien sûr dans la limite de ce qui est raisonnable, dans la limite de ce qui est en accord avec nos désirs aussi profonds. En fait c'est une forme de négociation. C'est clairement pas sexy de dire cela, mais pourtant c'est une réalité. Chacun doit faire sa part. Et c'est là où le couple est un magnifique terreau pour du développement personnel. Le troisième piège concerne l'équilibre entre sa verticalité et son horizontalité. C'est un concept qui me tient profondément à cœur et que j'explore avec beaucoup de personnes dans mes accompagnements. Alors ce que j'appelle la verticalité, c'est votre ancrage intérieur. C'est ce lien à vous-même, vos ressources propres, votre énergie personnelle, votre vie intérieure, ce qui vous permet d'avoir confiance en vous, une estime de vous-même, ce qui vous permet d'avoir des contours, d'avoir une personnalité, d'être rayonnant, plein ou pleine de joie, d'être autonome, nourri de l'intérieur. Et donc, c'est aussi votre manière de créer votre propre source de joie, de créativité, et cela a du sens. Par contre, l'horizontalité, c'est la perméabilité à l'autre, la capacité à partager votre espace intérieur. à laisser l'autre vous affecter, à vous laisser toucher. C'est la porosité qui rend finalement cette intimité possible. Et ce qui va être nécessaire, c'est l'équilibre entre les deux. Et c'est ce qui amène la santé d'une relation. Parce que trop de verticalité, on devient inaccessible, invulnérable, distant. Trop d'horizontalité, on se dissout, on perd ses contours. On y existe surtout dans le regard de l'autre, on a besoin d'être constamment rassuré. Et on prend le risque de s'épuiser et d'améniser son désir. Alors plus vous apprenez à être flexible, sur votre manière de gérer votre énergie, plus vous pouvez verticaliser quand c'est le moment de retrouver de l'énergie et de cultiver votre individualité. Et c'est ce qui rend sexy une personne, une personne qui s'affirme, qui cultive sa propre identité, son énergie. C'est une personne aussi qui est ancrée. Et lorsque c'est le bon moment de rentrer en relation à l'autre, de se rendre plus perméable, de s'ouvrir, de laisser ses contours rencontrer celles de l'autre, et bien en fait, là on peut créer un flot qui permet de trouver un équilibre dans la relation, de maintenir le désir, parce qu'en fait on a cette capacité à rentrer en connexion pleinement avec l'autre et à se retirer pour de nouveau renouveler son énergie, pour apporter du neuf dans la relation. Et cela créé comme une dynamique qui permet Merci. de nourrir le désir dans la relation. Et c'est là qu'arrive le quatrième piège, et sûrement le plus profond, et que j'observe vraiment d'une manière récurrente dans ce qu'on partage en consultation. Beaucoup de personnes entrent en relation en portant une petite fille ou un petit garçon intérieur blessé. Un égo fragilisé par des manques anciens, qui est lié peut-être à une enfance difficile, des traumatismes, le manque de validation dans l'enfance, de sécurité. d'amour et cela peut conditionner inconsciemment la relation. Et insidieusement, on va chercher chez l'autre un partenaire qui ressemble à notre figure parentale qu'on a connue. Parce que cela nous rassure, parce qu'on veut peut-être rejouer inconsciemment ce qui s'est joué dans l'enfance, parce qu'en fait on n'a pas soigné, guéri des blessures de soi. Alors, on est d'accord, on a pour la plupart tous des blessures et on ne peut pas s'empêcher de vivre une relation car on n'a pas à régler tous ces traumas. On n'est pas obligé de faire tout ce travail sur soi avant de vivre une relation. Par contre, nous sommes responsables, lorsque nous sommes adultes et en relation, pour voir qu'il y a des choses qui se jouent, des schémas qui se répètent, pour faire ce travail personnel et ne pas faire peser ce poids-là dans la relation. On ne peut pas demander à son partenaire, sa partenaire, d'être son thérapeute, son père ou sa mère. Il y a des professionnels psy-thérapeutes pour soigner ses parts blessées. et pour apprendre en tout cas à composer avec et ne pas infliger cette responsabilité à l'autre, parce que cela crée du déséquilibre. Et lorsque l'on reste dans une posture de petite fille ou de petit garçon dans l'intimité, en fait on cherche une validation, on s'abreuve de l'énergie de l'autre constamment, on nourrit de la dépendance affective, et ce n'est pas du tout érotisant. On ne désire pas sexuellement quelqu'un qui prend le rôle de substitution d'un père ou une mère. Tout comme on ne peut désirer une personne qui entre en relation depuis ses blessures d'enfant, donc avec des comportements infantiles, ces deux registres, le désir et l'attachement parental, sont fondamentalement incompatibles. Et quand l'un prend le dessus sur l'autre, l'autre se retire. Soigner son enfant intérieur, reconnaître ses blessures, les traverser, ce sont les actes les plus libérateurs qu'on puisse accomplir pour sa vie amoureuse et sexuelle. Je vous donne un exemple. que j'ai hélas souvent en consultation. Il existe bien d'autres schémas, mais celui-ci est assez recurrent. Des femmes me consultent car leur partenaire est très désirant et elles se sentent étouffées et réticentes à avoir des rapports sexuels. Et pour une bonne partie, lorsqu'on creuse, on découvre, parmi souvent d'autres éléments, mais celui-ci prend beaucoup de place, qu'elles ont du désir, mais qu'envers leur partenaire, c'est compliqué d'en avoir. Car le partenaire ne prend pas une place d'homme, celui d'un enfant à charge. Constamment, quotidiennement, elles voient leur homme avec le besoin d'être rassuré, validé, nourri, qui ne prend pas de décision ou demande toujours une forme de confirmation et surtout, qui ne fait reposer que sur la femme toute la charge du quotidien, comme une maman ou comme la maman qu'il a pu avoir. Alors c'est tout sauf sexy pour une femme d'être considérée comme une ménagère, comme une maman. Alors c'est triste, mais encore beaucoup de dynamiques de couple sont ainsi. Si un homme ne développe pas son rapport à ce petit garçon blessé, si un homme traite une femme comme finalement il considérait sa mère, il peut difficilement incarner ce qui provoque du désir chez une femme, c'est-à-dire un homme responsable, un homme dans sa puissance, un homme qui... bien qu'il puisse faire preuve de vulnérabilité, n'est pas constamment à aller chercher, à épuiser une femme, à lui demander de l'énergie. Alors pour beaucoup d'hommes, ça pourrait sembler assez violent d'entendre ces mots, mais pour autant, cela traduit vraiment une réalité, en tout cas la réalité de femme qui explique pourquoi le désir n'est pas au rendez-vous. Donc de reprocher à sa femme qu'elle n'est pas désirante, d'être toujours allée la chercher sans se poser des questions sur comment, Dans le quotidien, on s'implique. Comment on permet à une femme de se sentir désirable ? Aussi, comment diminuer la charge mentale d'une femme ? Je vous assure que je connais pas mal d'hommes qui, même s'ils n'y croyaient pas trop, ils ont testé, ils se sont pris au jeu d'investir plus le quotidien. Les charges qui sont liées à tout ce qui est logistique dans une maison. Ils ont essayé d'être moins demandeurs, d'être plus incarnés. Et le résultat est sans appel. le désir de la femme revient. Alors bien sûr, il peut y avoir d'autres dynamiques qui sont en jeu, mais rien que cela, cela peut créer quelque chose de différent dans ce qui se joue dans le désir d'une femme. Donc je livre ici un exemple récurrent, mais je précise que chaque couple est différent, et parfois cela est bien plus complexe que cet exemple. C'est en tout cas un plaisir d'accompagner les hommes qui reconnaissent leur part dans l'équation, et qui veulent prendre. Une place d'homme est guérir l'enfant blessé. Et aux femmes aussi, de prendre conscience également qu'elles n'ont pas à se mettre dans la posture du maman. Chacun doit prendre en charge le rôle qu'il donne à l'autre et chacun aussi doit refuser le rôle qu'on lui donne qui ne favorise pas l'épanouissement du couple. Et j'arrive au cinquième et dernier piège que je ressens ici. Il peut y en avoir d'autres, mais c'est les plus récurrents donc. Donc là, on va parler plutôt de déséquilibre entre le fait de donner et recevoir. Alors certains donnent constamment à l'autre, et avec générosité, donner de l'énergie, du temps, de l'amour, de l'attention, des gestes. Et d'autres reçoivent et oublient de donner. Il n'est pas question de compter les points, bien sûr. C'est juste qu'en fait, ça crée une asymétrie. Et en fait, si c'est toujours une personne qui est dans le contrôle, qui dirige la relation, qui donne. Mais en fait, au bout d'un moment, l'autre se laisse, s'abandonne, mais c'est toujours le même qui s'abandonne. Et celui qui contrôle, finalement, peut se lasser à contrôler et changer ses moments. Et on n'est pas obligé de donner et recevoir les mêmes choses. Mais on peut essayer de changer un petit peu les rôles, de mettre du mouvement. Parce qu'en fait, on a besoin de créer cette flexibilité pour mieux se surprendre. Pour mieux aussi investir la relation, donner de l'attention, je pense que ce n'est pas toujours la même personne qui doit la donner cette attention. Parce qu'en fait, ça revient au cinq langages de l'amour. En fait, on peut s'épuiser émotionnellement qu'on est toujours dans le don et que l'autre est dans la réception. Tout comme, souvent, j'ai des femmes qui me disent « Oui, il vient toujours vers moi, il ne me laisse pas le temps de ressentir le désir. Mon rythme est différent. » Et à partir de là, en fait, il faut comprendre que si on va toujours vers l'autre, Si on est toujours celui qui demande, il faut peut-être se retirer un petit peu et savoir attendre ce moment où l'autre va nous donner. Alors peut-être que parfois ça va nécessiter un peu de patience, mais ça crée une nouvelle dynamique. Pour changer des habitudes entre celui qui donne et reçoit, ça passe par des mouvements peut-être un petit peu inconfortables, mais qui permettent de recréer une dynamique. Il faut savoir des fois se retirer de la relation pour mieux se retrouver. Quand je dis retirer de la relation, ça ne veut pas dire arrêter la relation. Ça veut dire que son énergie n'est peut-être pas toujours dirigée vers l'autre, pour laisser de l'espace à l'autre, tout comme on se met dans cette capacité de réception. Alors avant de passer à la troisième partie, je souligne le fait que ce sont des suggestions. Bien sûr, on pourrait encore aller plus loin, mais je vous parle ici de ce que je retrouve régulièrement, d'une manière plus majoritaire en consultation, et qui crée des déséquilibres et un manque de désir dans le couple. Mais bien sûr, on peut trouver davantage parce que c'est une question aussi de ce qui se joue. personnellement pour soi, dans notre rapport au corps, dans notre éducation, dans ce qu'on a vécu par le passé et qui peut être relié aussi à des peurs, à une insécurité. Et donc, voilà, tout ceci est aussi à explorer, bien sûr. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Maintenant qu'on a vu les pièges, comment on entretient ou on rallume ce feu ? Est-il possible de ne pas se laisser... prendre par le temps qui s'écoule les habitudes, nos schémas, nos conditionnements. Alors bien sûr, j'ai envie de vous répondre un grand oui, mais cela nécessite de la conscience, de l'engagement, et parfois d'être dans une dynamique d'évolution personnelle, ne pas rester sur ses acquis et finalement de générer du mouvement, des actions. Donc l'idée, ce n'est pas de stagner, mais plutôt d'évoluer. Et je vais vous proposer ici trois ingrédients non exhaustifs que j'espère vous permettront de trouver Une autre dynamique peut être dans ce qui se joue dans la relation, pour trouver davantage de désir, de plaisir, d'amour et de complicité. Le premier ingrédient, l'altérité préservée. En effet, le désir naît de l'espace entre deux personnes, pas de la fusion, pas de la ressemblance totale. La passion naît souvent de la tension, de la distance, de ce qui échappe encore à notre saisie complète. Donc le désir a besoin d'un peu de mystère, d'un peu de distance. La bonne distance. Celle qui permet de se regarder comme si c'était la première fois, même après dix ans. Personne n'est jamais totalement transparent à lui-même ni aux autres. Et c'est peut-être une bonne nouvelle. Cela signifie que l'autre reste toujours en partie à découvrir. Ça passe par des vies intérieures préservées. Chacun continue d'avoir ses propres amis, ses propres passions, ses propres espaces. Non pas pour fuir l'autre. mais pour rester soi-même, un soi-même qui reste intéressant, surprenant, vivant aux yeux de l'autre. Khalil Gibran formulait cela magnifiquement, « Que les vents du ciel dansent entre vous. Aimez-vous l'un l'autre, mais ne faites pas de l'amour une entrave. » En prenant conscience qu'on est une personne entière, avec ses propres intérêts et ses plaisirs, on a plus de facilité à s'affirmer sexuellement. Et c'est ce qui cultivera le désir sexuel tout au long des années à venir. S'autoriser mutuellement à sortir du nid pour avoir des choses à raconter, à partager, pour se faire désirer sainement, déjà pour cultiver notre besoin de fantasmer l'autre, et aussi parce que, au travers même du plaisir sexuel, se trouver un espace, un temps pour soi, pour que la sexualité soit déjà quelque chose qu'on s'offre à soi-même, pour mieux l'offrir ensuite à l'autre. En fait, pour utiliser une image, une relation ne devrait pas être une île, ce qu'on vit chacun de son côté. Une rencontre inspirante, une expérience nouvelle, un projet qui nous enthousiasme, tout ça devient dans la relation quelque chose qui peut nourrir et ramener du neuf dans ce qui se joue. Deux personnes qui s'apportent mutuellement quelque chose de vivant, quelque chose à partager. Et c'est désirable. Le philosophe Henri Bergson considérait que la vie est un mouvement, un élan permanent. Ce qui stagne se fige, ce qui évolue reste vivant. C'est vrai pour les individus. mais c'est vrai aussi pour les couples. Faites des choses séparément et faites des choses ensemble qui sortent de votre routine. Le sociologue Bauman observait aussi que les relations modernes souffrent souvent moins d'un manque d'amour que d'un manque de renouvellement. Ce n'est pas la quantité de temps passé ensemble qui compte, c'est la qualité de la présence dans ce temps. Tout comme ce n'est pas la fréquence des rapports sexuels qui va compter, c'est la qualité. qui se joue, la qualité de la connexion. Deuxième ingrédient, un couple unique avec ses propres codes. Votre couple est une entité originale. Il y a vous, avec votre histoire, votre sensibilité, vos désirs, et il y a l'autre avec les siens. Et entre vous deux, il y a ce troisième espace, la relation elle-même. Ce que vous avez co-créé, ce qui n'existe d'ailleurs nulle part ailleurs. En fait, la véritable rencontre entre deux êtres crée une réalité nouvelle qui dépasse... chacun des individus pris séparément. Réinventer le couple, ce n'est pas imiter un autre couple, ni suivre des recettes génériques, c'est partir de deux ingrédients uniques, soi et l'autre, et créer quelque chose qui n'appartient qu'à vous. Les relations les plus fortes ne sont pas interchangeables, elles sont singulières. Qu'est-ce qui vous fait rire à tous les deux ? Qu'est-ce qui vous émeut ? Qu'est-ce qui vous excite au sens large, pas seulement sexuellement ? Qu'est-ce qui vous unit au-delà du quotidien ? Ces questions-là, Il faut les poser régulièrement, parce que la relation évolue, elle est vivante. Ce qui nourrissait le couple il y a 5 ans, ne le nourrit peut-être plus de la même façon aujourd'hui. Donc tout comme on définit une direction et des habitudes de vie personnelles, on fait de même pour le couple. On constate ce qui est bénéfique et ce qui l'a été moins, et on redéfinit pour le futur. Et je sais qu'il y a des couples qui revoient chaque année, par exemple, leur positionnement, et comment ils pensent être nourris ou non par le couple. Ce qui permet de savoir, de choisir, ou non, chaque année, si l'on continue ensemble, de mettre en perspective que le couple n'est pas acquis. Il se challenge. Et il vit au travers de ces challenges qui ravivent le désir. Chacun trouve sa formule, car chaque couple réinvente le couple. Et redéfinir à chaque fois les contours du couple permet d'amener plus de vie, d'amener plus de fraîcheur, et donc plus de désir. Le troisième et dernier ingrédient que je vous propose ici, c'est de communiquer autrement. Parce qu'on parle souvent de communication dans le couple comme si c'était une question de mots, de conversation, de « il faut qu'on parle » . Mais la communication, c'est tellement plus que ça. Les limites de notre langage sont parfois les limites de ce qui peut être exprimé autrement. Tout ne passe pas forcément par des mots. Et pour vous dire que la communication est déjà faite de langage corporel à 55% et d'intonation vocale à 38%, le sens des mots ne pèse que 7% dans cette balance. Alors ça veut dire quoi concrètement ? Que la manière dont vous entrez dans une pièce quand l'autre est là, la manière dont vous pouvez vous réunir, Vous posez votre main sur son épaule en passant. La manière dont vous regardez la personne qui vit avec vous au quotidien. Tout cela parle en permanence. Notre corps n'est pas simplement un objet dans le monde. Il est notre première manière d'entrer en relation avec les autres. Alors il y a des couples qui ont des conversations très profondes et une grande richesse corporelle. Et d'autres qui se touchent peu, mais avec une qualité de présence tellement intense que c'est d'une sensualité profonde. Apprenez le langage corporel de l'autre. apprenez à vous toucher autrement qu'en mode automatique, un toucher conscient, attentif, curieux. C'est déjà une forme de dialogue. Le psychanalyste et philosophe Erich Fromm rappelait que l'amour n'est pas un sentiment passif mais une pratique, un art qui demande attention, discipline et présence. C'est cela notre part de responsabilité, pour faire naître le désir en soi et chez l'autre. La communication passe aussi par l'inavoué, ce qu'on n'arrive pas à dire avec des mots. On peut parfois le faire passer autrement, par un geste, une attention particulière, une invitation. Car le désir a son propre langage et cela n'est pas toujours verbal. Cela peut l'être, mais ce n'est pas forcément le seul canal pour exprimer la joie, la vie, le désir en soi. Et comme l'écrivait Rainer Maria Rilke, l'amour consiste en ceci, de solitude qui se protège, se touche et se salue. Cette phrase résume peut-être tout ce que nous venons de dire. Le désir ne meurt pas parce que deux personnes s'aiment trop. Il s'éteint souvent lorsqu'elles cessent d'être deux êtres vivants en mouvement, capables encore de se rencontrer. Je vais maintenant pour conclure résumer en quelques phrases ce que j'ai pu exprimer durant tout cet épisode. Le désir ne disparaît pas parce que l'amour s'est éteint. Il disparaît parce qu'on a cessé de se regarder ou de se surprendre ou de se choisir activement. Et parce qu'on a besoin parfois de ne pas entacher la relation de nos blessures personnelles, de nos peurs, et qu'on doit aussi se relier à notre posture de femme et d'homme. Tout comme peut-être faire un travail sur notre ego blessé, sur l'enfant intérieur en nous. Ce travail permet, avec son propre sexe, de faire une paix durable, pour entretenir cette relation. En fait, c'est une œuvre aussi commune. Elle demande qu'on la cultive, qu'on lui consacre de l'attention. Pas seulement en temps de crise, mais dans le quotidien, dans les petits gestes, dans la qualité de la présence. Et cela se développe, cela s'apprend. On fait de son mieux, mais on peut améliorer ce qui se joue en gardant en tête que votre recul, votre conscience de ce qui se joue va vous permettre d'axer autrement vos comportements. En fait, il va être question de regarder comment vous vous nourrissez à l'intérieur, ce que vous apportez aussi à la relation. depuis l'intérieur. Cela peut créer facilement des déséquilibres si on est toujours tourné vers l'autre et qu'on n'est pas en capacité de se tourner vers soi. Il en vient au fait de se responsabiliser et éviter de rentrer dans cette posture où on doit obligatoirement dire que c'est l'autre qui doit changer. Non, chacun à sa part, recréer du désir, réincarner le couple et faire de cette flamme de la relation quelque chose de vibrant. Donc si vous sentez que votre couple traverse l'une de ces étapes dont on a parlé aujourd'hui, si quelque chose s'est peut-être éteint, essoufflé, et que vous ne comprenez pas pourquoi, je vous invite à vous pencher sur ces questions, à prendre le temps peut-être d'écrire, à essayer en tout cas de poser des mots. Et si vous avez envie d'être accompagné dans ce travail, je suis présente pour cela. Je suis dédiée à la relation intime et amoureuse. Ou sinon, vous pouvez aussi vous rapprocher d'un ou une thérapeute pour vous accompagner sur comment mieux vivre votre relation, votre rapport au désir. En tout cas, je vous remercie pour votre attention. Durant tout ce podcast, je vous remercie de réagir, de liker. N'hésitez pas, cela me fait toujours plaisir de voir réagir et de pouvoir dialoguer avec vous au travers de vos messages. En tout cas, je vous retrouve dans un prochain podcast. Et en attendant, prenez bien soin de vous. A bientôt.