Speaker #0Aujourd'hui, je vous propose un podcast un petit peu particulier. Alors certes, nous allons parler d'énergie sexuelle, mais il va être question d'ouvrir notre conscience à peut-être une sexualité dont on ne parle pas assez aujourd'hui, qui est issue des traditions orientales. Alors je vais vous demander de déplacer un peu votre regard, parce que nous avons tendance, dans nos sociétés occidentales, à réduire la sexualité à sa dimension fonctionnelle ou même récréative. Parce qu'on parle de plaisir, de performance, parfois de reproduction. Or, dans de nombreuses traditions, notamment en Chine ancienne avec le taoïsme, ou en Inde avec les traditions tantriques, l'énergie sexuelle est envisagée comme une énergie vitale à part entière. Une force qui nous constitue, qui circule, qui se cultive, et qui, lorsqu'elle est comprise et honorée, peut nourrir bien au-delà de l'acte sexuel lui-même. Cela nourrit notre corps, nos émotions, et jusqu'à notre vie spirituelle. Alors en Occident, quand on évoque... La libido, on parle de cette énergie sexuelle, sauf que souvent on ne comprend pas très bien comment ça fonctionne et on voit cela seulement comme du désir sexuel. Or la libido, c'est simplement de l'énergie qu'on utilise pour ce que l'on souhaite. Ça peut être pour du sexe, ça peut être pour son travail, ça peut être pour s'occuper de sa famille, ça peut être pour s'occuper de tâches quelles qu'elles en soient, mais on va utiliser son énergie, son énergie de vie, pour faire des choses. Alors ce qui est intéressant, c'est de pouvoir faire des ponts. entre ce que l'on connaît aujourd'hui de la sexualité et ce qui a pu être analysé d'une autre manière que la nôtre par ces traditions orientales. C'est ainsi que je souhaite parler avec vous aujourd'hui d'énergie sexuelle en m'appuyant à la fois sur ses héritages ancestraux et sur ce que les sciences contemporaines, la sexologie, la neurobiologie du plaisir commencent à documenter. Mon intention ici n'est surtout pas de transmettre une idée arrêtée sur les choses, mais plutôt d'offrir une cartographie sensible et informée pour que chacune et chacun puisse à sa mesure explorer ces territoires. Nous verrons donc dans un premier temps ce que recouvre cette notion d'énergie sexuelle et pourquoi elle mérite d'être pensée comme une énergie de vie. Puis nous explorerons comment cette énergie peut se propager dans le corps entier et non rester cantonnée à la sphère génitale, comment la faire circuler et est-il possible de la maîtriser. Et pour finir, nous nous attarderons sur ce qui se joue lorsque deux énergies sexuelles se rencontrent dans une relation amoureuse. J'aborderai également les spécificités féminines liées notamment au cycle, à la capacité multiorgasmique et comment son énergie se gère. Puis les spécificités masculines avec la question de la rétention séminale, de la dissociation entre éjaculation et jouissance et du multiorgasme. Enfin, je conclurai en restituant tout cela dans une perspective plus large. Celle d'une sexualité qui nourrit, au sens propre, notre vitalité et nos émotions et notre esprit. Mais avant de continuer, je vous invite donc à liker, à partager, à commenter ce podcast, ça m'encourage à vous donner davantage de contenu. Je suis Aurélie Loiseau, sexothérapeute, artiste, auteur, et il me tient à cœur au travers de ce podcast de vous donner des clés pour mieux vous aimer, pour mieux vous connecter à l'autre, pour mieux ressentir ce que c'est la jouissance. et peut-être élargir vos perspectives au niveau de la sexualité. Alors si vous avez l'impression de stagner dans des situations liées à l'intime qui sont récurrentes, je vous invite à regarder au travers de la description de ce podcast. Vous trouverez mon site internet et ce que je vous offre comme possibilité pour améliorer votre vie intime. En tout cas, un grand merci. Vous êtes de plus en plus nombreuses et nombreux à me suivre ici. et c'est grâce à vous que je continue à prendre autant de plaisir à enregistrer ce podcast mensuel. Qu'est-ce que l'énergie sexuelle ? Commençons par poser les bases. Lorsque je parle d'énergie sexuelle, je ne parle pas uniquement de désir, ni de l'excitation physiologique telle que le définit le modèle classique de la réponse sexuelle humaine. Excitation, plateau, orgasme, résolution. Ce modèle, il a été établi dans les années 60 par les chercheurs américains Master et Johnson, et qui demeure une référence en sexologie clinique. Moi je vais vous parler de quelque chose de plus fondamental encore, que les taoïstes nomment le ying, souvent traduit par essence vitale, et qui serait l'une des trois trésors de l'être humain aux côtés du chi, l'énergie vitale en circulation, et du shen, l'esprit. Alors cette cosmologie nous a été surtout transmise par le maître taoïste contemporain Mantak Xia, dans ses ouvrages sur l'amour cultivé. le ying est une réserve d'énergie que chacun de nous possède. Une sorte de capital vital qui peut être préservé, cultivé et transformé en une énergie plus subtile, qui serait apte à nourrir la santé, la vitalité et même l'élévation spirituelle. Je ne sais pas si vous voyez déjà un petit peu la similitude avec la libido. Même si on ne parle pas de spiritualité lorsqu'on parle de libido, on parle en tout cas d'énergie, de vie, on parle de santé, de vitalité. Et on retrouve une vision assez proche dans les traditions tantriques indiennes, où l'énergie sexuelle est associée à la Kundalini, cette énergie représentée comme un serpent levé à la base de la colonne vertébrale, qui une fois éveillée, par certaines pratiques, peut remonter le long des centres énergétiques, les chakras, pour irriguer l'ensemble de l'être. L'énergie qui nourrit les corps serait appelée prana et nous serions en capacité de nous nourrir de cette énergie et de la canaliser au travers de cette kundalini. Et cela permettrait de nourrir l'ensemble de l'être, du corps le plus dense jusqu'à la conscience la plus subtile. Et si cette question d'ailleurs vous intéresse, n'hésitez pas à m'en parler en commentaire car j'ai eu l'occasion de vivre. cette montée de la Kundalini et d'autres manifestations, et d'une manière très naturelle, pendant mon cheminement, puisque j'ai fait des pratiques assez poussées de méditation, de travail avec l'hypnose, qui m'ont permis de toucher à ce type de manifestations et au travers de pratiques qui sont reliées à la sexualité. Mais ce qui est intéressant, c'est que ces traditions, bien que distinctes dans leur cosmologie respective, s'accordent sur un point essentiel. L'énergie sexuelle n'est pas isolée. du reste de notre vitalité. Elle en est une expression, peut-être même la plus concentrée et la plus intense. Et de ce fait, la façon dont nous l'habitons, dont nous la dépensons ou la cultivons, a des répercussions sur notre santé globale. Et la sexologie contemporaine, sans nécessairement adopter ce vocabulaire spécifique, rejoint pourtant ces visions par d'autres voies. On sait aujourd'hui, grâce notamment aux travaux du neuroscientifique américain Barry Komisaruk, sur la neurobiologie de l'orgasme, que l'activité sexuelle mobilise des réseaux neuronaux très étendus, impliquant non seulement les zones génitales, mais aussi le cortex sensoriel, les circuits de la récompense et des régions associées à la conscience de soi. Autrement dit, ce qui se joue dans la sexualité déborde largement la sphère génitale pour engager l'organisme dans sa totalité. Et de même, Les recherches en psychoneuro-endocrinologie ont montré que l'activité sexuelle et l'orgasme s'accompagnent de la libération d'un cocktail hormonal complexe, dont je vous parle souvent. L'ocytocine, souvent appelée l'hormone de l'attachement, la dopamine, associée au désir et à la motivation, l'endorphine, aux vertus apaisantes, et surtout la DHEA, une hormone parfois qualifiée d'hormone de jouvence en raison de ses effets sur la régénération cellulaire. Et c'est ce qu'avance la sexologue et médecin française Catherine Solano dans ses ouvrages de vulgarisation sur la santé sexuelle. Elle rappelle régulièrement combien cette dimension hormonale et physiologique du plaisir participe pleinement de notre équilibre général, et pas seulement de notre vie affective. Il y a donc, me semble-t-il, une convergence féconde entre ces savoirs anciens et ces savoirs récents. L'énergie sexuelle est bien une énergie de vie au sens le plus concret comme le plus symbolique du terme. Alors c'est une conception qui a été beaucoup reprise dans les courants néotentriques occidentaux, mais on la retrouve déjà formulée avec précision dans le Sun Wuyin, le classique de la fille de Kander, un traité chinois de médecine sexuelle dont les strates les plus anciennes remontent à la dynastie Han, soit plusieurs siècles avant notre ère. Ce texte, rédigé sous la forme d'un dialogue entre l'empereur jaune et ses conseillères, présente déjà l'union des corps comme un art de nourrir le principe vital, où l'homme et la femme s'échangent et régénèrent mutuellement leur essence plutôt que la dilapider. On peut penser que ces traditions étaient plutôt réservées à des personnes de haut rang, qui étaient initiées bien particulièrement à ces pratiques, mais on y trouve également dans le Tao Te Ching de Lao Tzu cette idée plus générale, transposable à notre propos, que la véritable puissance réside dans la retenue et l'économie du geste plutôt que dans la dépense immédiate. Et une intuition... que les pratiques énergétiques sexuelles ne feront des siècles plus tard que déclinées et affinées. Rappelez-vous, en Occident, le terme c'est libido, pour parler d'énergie sexuelle. Sauf qu'on nous parle d'énergie, on nous parle peut-être d'énergie de vie, d'une énergie qu'on peut déplacer, mais on ne nous dit pas comment la gérer cette énergie. Et c'est ces questions auxquelles répondent les pratiques ancestrales. Elles donnent même des pratiques bien concrètes à réaliser. pour gérer cette énergie sexuelle. Ce qui est intéressant, c'est que ça peut être une voie pour gérer aussi la frustration, pour gérer aussi la fatigue qui peut être due à des rapports peut-être trop intenses, mais il y a vraiment un côté très pratique, très ancré dans ces pratiques orientales qui nous donnent des réponses, ou en tout cas, les réponses qu'elles donnent sont intéressantes. Après, on y adhère ou on n'y adhère pas, mais en tout cas, ça le mérite d'exister. Si l'on accepte cette prémisse, des questions se posent immédiatement. Comment cette énergie peut être cultivée ? Et surtout, comment peut-elle circuler dans l'ensemble du corps, plutôt que de rester concentrée, voire bloquée, dans la seule sphère génitale ? Par exemple, les traditions taoïstes ont développé sur plusieurs millénaires tout un ensemble de pratiques destinées précisément à cela. Il y en a une, par exemple, qui est assez connue, que l'on nomme la microscomique orbite, ou petite circulation céleste. Et ça va être une pratique de respiration couplée avec de la visualisation. Et d'ailleurs, la respiration et la visualisation sont au cœur des pratiques orientales, en plus de souvent des contractions du périnée. Et donc pour celle-ci, cela consiste à faire circuler l'énergie le long de deux méridiens principaux, un qui passe le long de la colonne vertébrale et l'autre qui passe devant le corps. Dans le dos, on appelle ça le vaisseau gouverneur qui remonte le long de la colonne vertébrale et le vaisseau conception qui redescend le long de la face du corps. On associe souvent cette pratique à la contraction musculaire du périnée, au rythme de la respiration. On va appeler ça aussi dans les pratiques plus yoga, plus reliées aux pratiques tantra, le mula bandha. On verrouille la racine, c'est-à-dire le périnée. Et ça permet de canaliser l'énergie vers le haut du corps, plutôt que de laisser dissiper cette énergie-là. Donc moi-même, j'ai été initiée à certaines pratiques, et je les transmets aux femmes avec le parcours sur l'œuf de Yoni que je propose. La pratique de l'œuf de Yoni est par exemple aussi un des outils que les taoïstes nous ont transmis. Alors vous allez me dire, mais quel est le rapport avec la sexualité ? Alors à force de s'exercer, avoir certaines pratiques, avec justement la respiration, la visualisation, et la contraction du périnée, on va avoir une capacité à gérer notre énergie sexuelle et ça va favoriser aussi dans les rapports sexuels une expérience qui est bien différente de celle qu'on peut avoir l'habitude de pratiquer en Occident qui va être très excitatoire par rapport à des images, par rapport à des choses qui vont nous exciter, qui vont être de l'ordre du fantasme ou de la stimulation juste purement génitale. Là en fait on va y amener une dimension qui est plus énergétique et qui va permettre de créer une expérience bien différente et plus profonde de ce qui se joue dans la connexion à l'autre. Cela permet aussi d'avoir une autre conscience de soi et une meilleure connaissance de son énergie sexuelle. Alors en Occident ces pratiques ont été popularisées entre autres par le couple de thérapeutes américains Alan et Donna Brewer dans leur ouvrage sur ce qu'ils nomment l'ESO, Extended Sexual Orgasm. où ils décrivent des techniques respiratoires et musculaires permettant de prolonger et d'amplifier les sensations orgasmiques bien au-delà de leur forme génitale localisée. On a aussi Osho, Osho qui a permis aussi de développer en Occident tout ce qui est relié au tantra, mais il y a plusieurs écoles, plusieurs transmissions. En fait, on peut comprendre qu'il y avait des traditions qui étaient très présentes il y a des siècles. et qui aujourd'hui nous sont parvenus, peut-être pas dans leur entièreté, peut-être juste dans une forme d'exploration qui a été ensuite modernisée. Mais en tout cas, c'est des connaissances qui sont précieuses, puisqu'elles parlent aussi d'une époque, elles parlent aussi d'une vision de ce qu'a pu être la sexualité fut un temps, ou en tout cas pour une frange d'initiés. Et si l'on revient à un point de vue plus moderne, plus scientifique, On peut émettre l'hypothèse que ces phénomènes, ces expériences, ces pratiques s'expliquent dans leur efficacité, dans leurs résultats, en partie parce que, on appelle cela en tout cas en neurosciences, la plasticité du système nerveux autonome. Une respiration lente et profonde associée à une attention corporelle fine active le système parasympathique, celui de la détente et de l'ouverture. Ce qui favoriserait une expérience de plaisir moins centrée sur la décharge tensionnelle brève et plus davantage sur un état d'expansion prolongée, d'amour, de connexion. Et c'est d'ailleurs un principe que l'on retrouve dans les pratiques de méditation de pleine conscience, dont les bénéfices sur la régulation émotionnelle sont aujourd'hui largement documentés, notamment par les travaux du chercheur américain John Kabat-Zinn, popularisé en France par le psychiatre Christophe André. On découvre que ces pratiques de pleine conscience permettent un certain lâcher-prise, une plénitude, une capacité à être vraiment présent à ce qui se joue dans l'instant. Imaginez bien que dans la sexualité, c'est ce qui va faire que celle-ci va être qualitative et vécue comme une expérience bénéfique, agréable et même extatique. Alors cultiver son énergie sexuelle serait donc avant toute chose apprendre à ne plus la génitaliser exclusivement mais à la laisser redevenir, ce qu'elle est fondamentalement, une force vitale disponible pour l'ensemble de l'être. Parce qu'en tant qu'occidentaux, nous avons particulièrement du mal à part lorsqu'on est dans la nature, à relâcher les tensions autrement que dans une sexualité peut-être frénétique. Alors que si on s'accordait plus de temps, plus de conscience, plus de pratiques, en fait la sexualité ne serait plus vue comme une frustration, ni plus comme une décharge, mais comme quelque chose qu'on savoure. Et je pourrais même faire le parallèle avec la nourriture, il y a vraiment une différence entre... Avaler un plat comme ça parce qu'on a faim et qu'on a besoin de satisfaire cette faim. Et savourer les mets qu'on met dans notre bouche et dont on apprécie chaque saveur. Il y a vraiment cette question aussi qui se joue, je pense, dans la sexualité. Et donc ce qui se retrouve dans ces pratiques ancestrales, c'est qu'elles amènent à une meilleure conscience de l'instant. Et c'est ce qui nous manque aujourd'hui. Je pense. Ce que je viens de décrire concerne l'individu seul avec lui-même, des pratiques qui contribuent à son énergie vitale, à son énergie sexuelle. Mais quelque chose de plus puissant encore peut se produire, c'est lorsque deux énergies sexuelles se rencontrent, et encore plus particulièrement lorsqu'il y a de l'amour. Les traditions tantriques parlent volontiers d'alchimie. Empruntant ce vocabulaire à une tradition qui, en Occident comme en Orient, désigne la transformation d'une matière par la rencontre de principes complémentaires. Dans le tantrisme originel, l'union sexuelle est envisagée au-delà du plaisir partagé, comme une possible fusion de deux polarités énergétiques, souvent nommées Shiva et Shakti. Shiva pour le principe masculin, Shakti le principe féminin. La rencontre de ces deux énergies est censée générer un état de conscience élargi. Sans nécessairement adhérer à cette cosmologie, on peut retrouver un écho scientifique à cette intuition dans les travaux sur la synchronisation physiologique entre partenaires. Des recherches scientifiques, notamment celles menées par le chercheur américain Emilio Ferrer sur ce que l'on appelle l'entraînement physiologique, ont montré que des partenaires en interaction émotionnelle intense peuvent synchroniser leur rythme cardiaque et leur respiration. On peut raisonnablement supposer que ce phénomène de synchronisation trouve dans l'intimité sexuelle un terrain particulièrement propice, les deux corps entrant littéralement en résonance. Sur le plan hormonal, on sait également que l'ocytocine, libérée notamment lors de l'orgasme, mais aussi lors du contact peau à peau, du regard prolongé ou de l'étreinte, joue un rôle central dans la construction de ce lien d'attachement. Il y a eu aussi les travaux d'une chercheuse suédoise Kerstin Uvnas Mobeg, je pense que j'ai écorché son nom, sur cette hormone qui a largement contribué à documenter son rôle dans la création de liens, de confiance et d'intimité durable entre partenaires, qui amène à se dire que d'une certaine manière, la rencontre sexuelle, lorsqu'elle s'inscrit dans une relation d'amour et de confiance, ne se contente pas de produire du plaisir. Elle tisse littéralement, à travers ses médiateurs biologiques, une trame relationnelle qui nourrit les deux partenaires. Et on retrouve d'ailleurs ces mêmes intuitions dans le Vishnana Bhairava Tantra, un texte tantrique cachemirien dont on situe la composition entre le VIe et le IXe siècle de notre ère, et qui décrit l'union amoureuse comme l'une des portes d'accès privilégiées à un état de conscience élargi, l'étreinte des corps devenant, dans certains de ses versets, le support d'une méditation vécue plutôt que d'une simple décharge tensionnelle. Et je pourrais donner l'exemple aussi du Kamasutra. de Vatsya Yana, rédigé quant à lui autour du troisième ou quatrième siècle. Alors bien qu'il soit connu en Occident pour son inventaire des postures dans la relation sexuelle, il consacre en fait, en réalité, une large part de son propos à cette dimension relationnelle, à ce côté raffiné de l'union, où le plaisir de l'autre est envisagé comme la condition même de son propre épanouissement. Alors bien sûr, ici, là, je vulgarise, je ne vais pas en profondeur, je vous donne des références, des choses à approfondir. et qui pourrait être l'occasion de sujets à part entière, notamment le Kamasutra. Il y aurait tant à dire sur ce livre qui, bien sûr, a été écrit, illustré à une époque qui ne correspond pas à la nôtre, mais dont on peut potentiellement s'inspirer, comme ça a été le cas pour les positions sexuelles du Kamasutra. Et même si, donc, dans cet ouvrage, il y a bien plus à découvrir. En tout cas, c'est cette idée de nourriture mutuelle que je trouve particulièrement belle. Dans cette perspective, l'énergie sexuelle partagée ne s'épuise pas. Elle circule, elle se transforme. Elle se démultiplie même parfois. Chacun des partenaires puisant dans cette rencontre de quoi se ressourcer, et à condition bien sûr que la relation soit fondée sur la sécurité affective et le respect mutuel. Condition sans lesquelles, on le sait, aucune intimité épanouie n'est véritablement possible. Mais j'ajouterais qu'au-delà de la transmission que je vous livre ici, qui est intellectuelle, Mon expérience en la question m'a permis de comprendre deux choses pour vivre cette énergie sexuelle de manière palpable. Il faut expérimenter avec des pratiques précises et la posture d'amour, d'ouverture de cœur, parce que sans cette ouverture de cœur, on peut difficilement accéder à ce type d'énergie-là. On ne peut pas vivre ces expériences si notre cœur est blindé, se protège, et certaines personnes ont cette ouverture émotionnelle naturellement, et d'autres auront besoin de faire un travail sur eux, plus psychique, sur les émotions aussi. le lâcher prise et soigner l'ego blessé. Souvent, les personnes qui sont particulièrement dans le contrôle vont avoir du mal à vivre ces états-là. Parce qu'il n'est pas question là d'engagement, de couple. Être dans l'amour, c'est une posture, c'est une ouverture à l'autre. Donc avant d'envisager de chercher à faire ce type d'expérience, un travail thérapeutique sera bien plus bénéfique pour ouvrir naturellement à ces expériences ressourçantes au travers de l'énergie sexuelle. Si dans notre corps il y a des blocages, ces pratiques peuvent aider, c'est sûr, mais peuvent aussi révéler qu'il y a besoin de poser des mots sur son monde intérieur, de soigner l'ego et d'amener une forme d'apaisement intérieur. Du côté féminin, la question de l'énergie sexuelle se pose de manière assez différente, notamment en raison de la cyclicité propre au corps des femmes. Contrairement à l'homme, chez qui l'éjaculation implique une forme de perte physique de matière, la femme dans l'acte sexuel. ne connaît pas cette même perte de fluide séminal. Son énergie sexuelle, dans cette perspective, peut à chaque rapport être ressourcée, régénérée par l'orgasme lui-même. On peut relier cette observation traditionnelle à une réalité physiologique bien documentée par la science, puisque l'endomètre, cette muqueuse qui tapisse l'utérus, se reconstitue en effet à chaque cycle mensuel. Un phénomène de régénération tissulaire remarquable que les biologistes qualifient parfois d'unique. dans son ampleur parmi les mammifères. La femme, faisant partie des rares espèces avec certains primates supérieurs, chauve-souris et musaraignes-éléphants, a connaître un cycle mensuel véritable avec des squamations de l'endomètre plutôt qu'une simple résorption. Cette cyclicité a des conséquences très concrètes sur la manière dont l'énergie sexuelle féminine se manifeste au fil du mois. Et les travaux en psychologie de la sexualité, notamment ceux menés sur les variations du désir en fonction des phases du cycle hormonal, montrent que le désir sexuel féminin tend à connaître un pic autour de l'ovulation, période de forte imprégnation oestrogénique, tandis que la phase prémenstruelle est parfois associée à une sexualité plus introspective, plus sensorielle, davantage centrée sur l'intimité que sur la performance. Et cette variation cyclique, loin d'être une anomalie ou un obstacle, peut être envisagée plutôt comme une richesse, chaque phase du cycle offrant une qualité d'énergie sexuelle différente, avec ses propres nuances, ses propres besoins. Cela dit, et c'est un point sur lequel je souhaite insister, l'absence de perte de matière ne signifie pas que la femme est à l'abri de toute fuite énergétique. Il existe une autre forme de fuite plus subtile, de nature relationnelle et émotionnelle, celle qui survient lorsque l'on donne son énergie à un partenaire qui la capte sans la nourrir en retour. C'est comme si l'on donne son énergie sexuelle, mais on ne reçoit rien de l'autre, dans une dynamique que l'on pourrait qualifier en langage plus contemporain, d'asymétrie relationnelle ou de charge mentale et émotionnelle disproportionnée, ou plutôt déséquilibrée. Cette forme de fuite énergétique, bien que non physiologique, au sens strict, n'en est pas moins réelle dans son effet d'épuisement. En tout cas, cela rejoint des travaux plus larges sur la psychologie relationnelle, sur l'équité perçue dans les échanges affectifs au sein du couple. Et cette théorie de l'équité dans les relations intimes a été développée par la psychologue américaine Ellen Hatfield. C'est intéressant de comprendre que l'énergie sexuelle féminine n'est pas que dépendante de son énergie physique. Il est question aussi de ce qui se joue dans la relation. Si on a un partenaire qui a tendance à nous prendre de l'énergie vitale, on ne peut pas se ressourcer dans la relation sexuelle et on peut dans ce cas-là plutôt la fuir. Cela peut devenir un processus inconscient. On ne va pas dans la sexualité. avec l'autre parce qu'en fait, on sent que ça va nous coûter de l'énergie. Et comme notre énergie, c'est quelque chose avec le temps qui est ce qu'on a de plus précieux, inconsciemment, on va se préserver, on va se protéger et on va éviter la relation sexuelle pour ne pas vivre la contrainte de ce que c'est de perdre de l'énergie. En consultation, je peux avoir des femmes qui me disent « je n'ai plus de désir sexuel » . Et quand je pose des questions, on se rend compte que finalement, si, elles en ont. Sauf que le désir n'est plus tourné vers leur partenaire. Elles ont toujours envie de se faire plaisir, toujours envie de faire ce plaisir solitaire, ou elles ressentent du désir dans leurs rêves, dans leurs fantasmes. Parfois, elles peuvent ressentir du désir pour une autre personne que leur partenaire. Donc ça traduit que ce n'est pas un manque de désir, mais que ça joue plutôt dans la relation. Pourquoi la relation est déséquilibrée au point de ne plus avoir envie de son partenaire alors que le désir est là ? Et pourtant, l'amour est bien présent envers son partenaire. Donc là, ce qu'on va... Plutôt mettre en évidence, c'est notre rapport à l'intime dans la relation qui demande de l'engagement, mais aussi ce qui se joue dans la relation en son sein. Est-ce qu'il n'y a pas un déséquilibre ? Quelqu'un qui met la pression, quelqu'un qui est toujours demandeur sans être à l'écoute de ce que la partenaire désire. Je vous donne un exemple ici, mais il y a plusieurs éléments qui peuvent rentrer dans l'équation. Donc c'est toujours aller... chercher, aller introspecter. Il faut bien plus qu'une séance pour aller voir ce qui se cache derrière ce manque de désir dans la relation. Mais revenons à la vision taoïste de ce qui se passe dans l'énergie sexuelle féminine. Là encore, ils ne s'étaient pas trompés. Ils enseignaient que la femme, à la différence de l'homme, ne connaît pas de véritables limites au nombre de ses vagues de plaisir. Son énergie se renouvelle d'elle-même. C'est-à-dire que ses orgasmes peuvent être multiples en quelques minutes. Et que l'homme a visé, se doit dans les trains de veiller d'abord à la pleine satisfaction de sa partenaire avant de songer à la sienne. Parce que ça permet aussi pour lui de se nourrir. C'est comme si en fait il faisait en sorte de générer, d'aider la génération de cette énergie puissante de la femme dans sa sexualité. Et ce qui va lui permettre lui de s'en nourrir. Mais s'il ne veille pas à justement faire en sorte que ce générateur d'énergie qui est la femme soit enclenché. en fait, il ne pourra pas lui-même recevoir cette énergie et la femme pourra aussi se sentir peut-être frustrée ou pas assez servie dans sa sexualité. Et ces textes anciens, que ce soit chez les taoïstes ou dans le tantra, montrent que la femme est une énergie qui est finalement infinie. Et l'homme peut goûter à cela quand il sait justement magnifier cette énergie, quand il sait la servir. Et cela va peut-être vous étonner. on trouve dans un tout autre registre, une résonance poétique à cette puissance du désir féminin dans le Cantique des Cantiques. Ce texte biblique de tradition hébraïque, composé autour du IIIe siècle avant notre ère, où la mente proclame son désir avec une liberté et une intensité qui ont traversé les siècles, faisant de ce chant l'un des plus anciens témoignages littéraires d'une sexualité féminine assumée, comme force et non comme simple réceptivité. Et en effet, il y a cette légende que la femme... simplement est dans la réception. Alors que la femme, avec son périnée, quand elle est par exemple pénétrée, peut prendre le sexe de l'homme, peut le serrer. Et donc on retrouve cela avec les pratiques taoïstes qui enseignent à utiliser l'œuvre de Yoni pour pouvoir mieux connaître ses muscles du périnée et pouvoir justement avoir cette capacité de contracter et d'améliorer certes le plaisir masculin, mais aussi cela veille à plus d'excitation et plus de plaisir chez la femme. Parce qu'une femme qui maîtrise son périnée, c'est une femme qui va pouvoir jouir même sans se toucher, simplement en contractant et en relâchant son périnée. Et cela fait partie des pratiques justement ancestrales où avec la respiration, avec la contraction et le relâchement du périnée, on agit comme une pompe pour faire circuler l'énergie sexuelle dans tout le corps chez la femme. Donc ça c'est des pratiques par exemple que moi j'enseigne au travers de mon parcours sur l'œuvre de Yoni. Mais il y a pour les femmes un double enjeu, apprendre à accueillir et honorer cette cyclicité comme une source de richesse plutôt que comme une contrainte, et apprendre également à repérer les dynamiques relationnelles qui, elles, peuvent véritablement épuiser cette énergie, indépendamment de toute considération physiologique. Et j'ajouterais, pour les femmes qui sont pré-ménopause ou ménopausée, l'énergie sexuelle ne faiblit pas. Elle est d'autant plus puissante quand une femme, justement, a fait ce chemin de se connaître. et de faire circuler son énergie sexuelle. En tout cas, je peux témoigner du fait que lorsqu'on a des pratiques qui permettent cette circulation-là, et qu'on réalise cela d'une manière assidue, on sort de la sexualité purement physique, on sort de la sexualité fantasmée, mais on rentre dans une sexualité qui est plus énergétique et qui devient comme une cure de jouvence. Et il y a une présence au corps, une présence qui agit et qui est pleine de... plénitude et qui amène de la joie, beaucoup de joie dans sa vie et dans son corps. Je vais maintenant parler d'énergie sexuelle masculine. Alors je ne suis pas un homme, je n'ai pas pratiqué comme un homme mais par contre j'ai pu recueillir beaucoup de témoignages d'hommes qui pratiquent ce que je vais vous proposer là, qui fait partie de pratiques qui sont proposées que ce soit dans le tantra ou le taoïsme justement. Et ces pratiques sont ancestrales et permettent aux hommes de maintenir une énergie de vie et contribuer à leur bien-être. Alors, en Occident, on n'en parle pas beaucoup. On en parle surtout dans les groupes plutôt néo-tentriques, dans les personnes qui sont très connectées à l'énergie éthique. Mais de plus en plus d'hommes, en tout cas, choisissent d'utiliser ces pratiques-là pour se sentir moins fatigué, pour se sentir plus énergisé. Et ça peut changer un petit peu la conception qu'on a de la sexualité. Mon but ici, ce n'est pas de vous convaincre de quoi que ce soit, c'est juste de vous parler de choses qui existent et qui vous permettent peut-être d'expérimenter autrement votre sexualité. Alors cette pratique ancestrale peut surprendre lorsqu'on la découvre. Il s'agit de la rétention séminale, et plus précisément la dissociation entre éjaculation et jouissance de l'homme. L'idée fondamentale développé notamment dans les textes anciens et par exemple vulgarisé par Mantakshya, est que le sperme constitue, dans cette cosmologie, d'une concentration précieuse de l'énergie yin évoquée donc plus tôt. Donc pour les taoïstes, et dans le tantra également, l'éjaculation serait une forme de dépense, voire de fuite de cette énergie vitale. Alors que l'orgasme, lui, peut être vécu indépendamment, comme une vague de plaisir intense qui traverse le corps. sans nécessiter cette expulsion. Alors cela nécessite de la pratique. Alors j'entends surtout des hommes de plus de 40 ans me témoigner du fait que ça leur a pris un peu de temps pour comprendre leur mode de fonctionnement. Cela ne veut pas dire que ce n'est pas possible de le réaliser avant, mais ça va nécessiter vraiment de passer du temps à comprendre concrètement à quel point on arrive dans un seuil d'inévitabilité éjaculatoire. Et ce moment précis, bien identifié d'ailleurs par la sexologie moderne, dans le modèle de la réponse sexuelle masculine. Donc ce moment précis à partir duquel l'éjaculation devient physiologiquement inéluctable. Le jeu serait déjà de remarquer, de définir ce point-là, de se connaître assez pour pouvoir l'anticiper. Et à partir de ce moment-là, en relâchant la tension musculaire, en modifiant la respiration, en réduisant parfois l'intensité de la stimulation, juste avec ce seuil, il devient possible, avec de l'entraînement, de vivre des vagues orgasmiques successives et sans éjaculer. Ce qui permettrait, selon ces traditions, de préserver l'énergie vitale tout en démultipliant le plaisir ressenti. Et aussi de pouvoir répondre à l'énergie sexuelle féminine qui est inépuisable. Si vous êtes intéressé par ces pratiques, n'hésitez pas à me mettre des commentaires. Je sais que pour beaucoup d'hommes, cela peut paraître invraisemblable. Et pourtant, beaucoup témoignent du fait que ça change énormément de choses dans leur sexualité que d'arriver à ne plus justement éjaculer sur commande. Il y a vraiment aussi chez les partenaires, femmes par exemple, cette idée d'un homme qui n'éjacule pas, c'est un homme qui n'a pas eu suffisamment de plaisir. Et on doit sortir de ça si on veut justement avoir une autre vision de la sexualité. Donc comprendre que l'homme qui n'éjacule pas, c'est aussi un homme qui utilise son énergie sexuelle autrement. Et que ce n'est pas une question de plaisir ou de désir qui n'ont pas été accomplis. Dans un des textes taoïstes, il y a cette idée qui a enseigné que l'homme avisé apprend à multiplier les vagues de plaisir tout en limitant la fréquence de l'émission séminale. Une formule que l'on retrouve également sous une forme voisine. dans un traité taoïste qui s'appelle « Les secrets précieux de la chambre de Jade » . Je vais vous épargner mon chinois aléatoire. Il compile lui aussi, durant l'Antiquité chinoise, qui associe explicitement la maîtrise de l'éjaculation à la préservation de la vigueur et à l'allongement de la vitalité de l'homme. Ces textes anciens ne parlaient pas, bien sûr, en termes de prolactine ou de phase réfractaire, mais leur observation empirique de la fatigue consécutive à l'éjaculation et de la vitalité retrouvée par sa modération, rejoint d'une manière frappante ce que la physiologie contemporaine documente aujourd'hui par d'autres voies. Mais je pense qu'il faut faire preuve d'une honnêteté intellectuelle, la recherche scientifique occidentale sur les bénéfices physiologiques précis de cette rétention reste limitée. Elle ne permet pas à ce jour de valider l'ensemble des affirmations traditionnelles, notamment celles relatives à une prétendue perte d'énergie vitale au sens biomédical. Ce que l'on sait, en revanche, à travers les études sur la phase réfractaire masculine, c'est que l'éjaculation s'accompagne d'une libération de prolactine, une hormone associée à la sensation de satiété sexuelle, et à la période d'incapacité relative à un nouveau désir immédiat. Et certains chercheurs, comme le sexologue néerlandais Gert Olsen, ont utilisé l'imagerie cérébrale pour montrer que l'éjaculation active des zones cérébrales proches de celles impliquées dans des états de satiété ou de somnolence. On peut donc raisonnablement émettre l'hypothèse que la dissociation entre orgasme et éjaculation permettrait effectivement d'éviter cette phase de retrait hormonal énergétique et donc de maintenir un état d'éveil, de présence et donc de vitalité plus soutenue. La question que je me pose, c'est que je me disais que c'était peut-être une question d'âge, que les hommes de la vingtaine n'avaient pas forcément à bénéficier de ces bienfaits énergisants de la rétention. C'est une hypothèse comme ça auquel je réfléchis, mais en tout cas j'observe que c'est plus des hommes de plus de 40 ans qui cherchent finalement, au travers de ces pratiques, à déjà retrouver plus d'énergie vitale, à pouvoir satisfaire plus longuement leurs partenaires, et aussi à se connaître autrement. Parce que quelque part, c'est aussi, je trouve, assez... excitant d'explorer sa sexualité d'une autre manière que celle qu'on a toujours connue. Et je pense qu'il y a un besoin de se désaxer de cette idée de décharge, d'avoir besoin simplement d'un espace où on se défoule et de voir la sexualité autrement, comme un partage, comme quelque chose qu'on conscientise et qu'on a envie de partager avec l'autre, avec l'amour. Je pense aussi que l'être humain a besoin de quêtes beaucoup plus profondes que simplement des besoins, répondre à des besoins physiologiques, répondre simplement aussi à des besoins d'expérimenter, de se faire plaisir, dire des besoins récréatifs. Je pense qu'au bout d'un moment, l'être humain a besoin de quelque chose de plus profond. Et l'amour amène ça. Travailler son énergie sexuelle permet de créer des connexions très profondes. Et j'avoue que de manière très personnelle, j'ai vu la différence. entre une sexualité qui est très charnelle, très physique, une sexualité qui est fantasmée, qui sont très intéressantes certes, mais ça n'a pas la même dimension du tout qu'une énergie sexuelle qui est dans le cœur, dans l'amour, et dans la connaissance de soi et la connaissance de cette énergie qui circule. Cela amène à vivre des choses bien plus extatiques, on va dire. Ça reste aussi mon expérience personnelle, mais il me semble... donc important de préciser, et je tiens à insister sur ce point, que rien n'oblige personne à adopter ces pratiques. Elles peuvent représenter un changement significatif dans notre représentation que l'on se fait de la sexualité, aussi bien pour les hommes qui la pratiquent que pour son ou sa partenaire. Être habitué à ce que l'éjaculation fasse partie de l'équation, c'est sûr que c'est des signes conventionnels d'accomplissement du rapport. Néanmoins, pour ceux qui souhaitent sortir de leur habitude, c'est une proposition, je pense, à explorer. Et ce n'est donc pas une injonction supplémentaire dans un domaine déjà saturé d'attentes, de performances. En fait, c'est donc une exploration pour élargir votre activité sexuelle. Personnellement, je pense que cela peut permettre aussi de gérer une forme de frustration que beaucoup d'hommes subissent dans le fait de ne pas avoir autant de fréquences de rapport qu'ils le souhaiteraient. Je pense que ça permet de libérer des tensions autrement. Et dans ce cas, la pratique... permet de gérer ces tensions qui sont reliées à cette énergie sexuelle qui est condensée et qu'on a besoin de faire circuler dans le corps. Mais je vous rassure, les femmes qui sont très connectées à leur sexualité, elles ont le même besoin que de gérer leur énergie sexuelle, de le faire circuler dans leur corps. Elles peuvent elles aussi ressentir de la frustration. Elles peuvent elles aussi se laisser dépasser par leur énergie sexuelle. Mais nous ne sommes pas des animaux qui sont régis simplement par des instincts. Nous avons cette capacité de pouvoir gérer cette énergie sexuelle et de pouvoir en faire quelque chose de nouveau, de différent peut-être de ce que l'on a connu auparavant, qui peut-être est lié à quelque chose qu'on subit. Et rien de mieux pour l'être humain que de se sentir pleinement acteur de ce qui se joue à l'intérieur de lui. Nous voici arrivés au terme de ce voyage, à travers les différentes facettes de l'énergie sexuelle, et ce que j'espère avoir pu transmettre aujourd'hui, c'est une idée que la sexualité, loin de se réduire à sa dimension récréative ou même relationnelle, peut être envisagée comme un véritable espace de nourriture. Une nourriture vitale d'abord, à travers ses pratiques ancestrales de circulation de l'énergie, qu'elles viennent du taoïsme ou du tantra, et qui trouvent aujourd'hui des échos certes partielle mais réelle dans les avancées de la neurobiologie et de l'endocrinologie du plaisir. Nourriture aussi émotionnelle à travers cette rencontre de deux énergies qui, dans le cadre d'une relation de confiance, tissent une expérience sexuelle profonde et entièrement connectée qui permet de vivre des jouissances multiples. Et une nourriture spirituelle, enfin, pour celles et ceux qui souhaitent explorer cette dimension. à travers ces pratiques de conscience corporelle qui invitent à vivre l'acte sexuel non plus comme une simple décharge, mais comme un espace d'expansion et de présence, et donc bien sûr d'amour. Alors j'aimerais que vous reteniez de cet épisode qu'il n'existe pas une seule manière de vivre sa sexualité et que les propositions que nous avons évoquées, qu'il s'agisse de la circulation énergétique, de la rétention masculine ou de l'attention portée au cycle féminin, ne sont en aucun cas des normes à atteindre, mais des invitations à explorer, à votre rythme, avec curiosité et bienveillance envers vous-même et envers votre partenaire. Notre énergie sexuelle nous appartient, elle est notre énergie de vie. Apprendre à la connaître, à la faire circuler, à la partager sans se perdre, c'est peut-être l'une des voies les plus belles vers un épanouissement qui dépasse largement la chambre à coucher, pour irriguer finalement l'ensemble de notre existence. Toutes les sources que j'ai citées, je vous les mets en description de ce podcast. En tout cas, je vous remercie infiniment de m'avoir accompagnée dans cette exploration. Prenez bien soin de vous et de votre énergie. A très bientôt dans un nouvel épisode d'Un Monde Sous Ma Jupe.