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Une autre idée du zoo

Dans les coulisses d'un entrainement médical avec les lions

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19min |03/10/2023
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Dans les coulisses d'un entrainement médical avec les lions

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19min |03/10/2023
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Description

 De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training medical, un entrainement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice, avec la participation active des lions Baz et Esma !  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés, sont en danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur.

  • Speaker #1

    Une autre idée du zoo, le podcast du Biopark fait de tout et la fontaine.

  • Speaker #0

    Un petit dernier, base, target. Target, base, ok. Target, base. Ok.

  • Speaker #1

    De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training médical, un entraînement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice avec la participation active des lions Basé-Essma. Salut Sylvanie !

  • Speaker #0

    Salut !

  • Speaker #1

    Alors aujourd'hui on est avec toi Sylvanie pour parler du training médical, mais avant toute chose, est-ce que tu peux nous expliquer quel est ton poste ici au Bioparc ?

  • Speaker #0

    Alors mon poste au Bioparc, moi je suis soigneuse animalière au Bioparc et je vais surtout travailler avec les carnivores, ça va regrouper toutes les espèces de félins et puis d'autres petits carnivores comme les loutres géantes, des loups à crinières et on a en plus les vautours.

  • Speaker #1

    Et ça fait combien de temps que tu travailles au bioparc ?

  • Speaker #0

    Moi ça fait 12 ans que je travaille au bioparc.

  • Speaker #1

    Donc ici aujourd'hui on est avec les lions du cratère des carnivores et tu as fait devant nous du training médical. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste ?

  • Speaker #0

    Alors le training, en quoi ça consiste un training ? Déjà le but d'un training médical ça va être de pouvoir faire certains soins sur les animaux sans avoir à les endormir. ça va se pratiquer souvent sur les animaux dangereux qu'on ne peut pas manipuler sans les endormir. Donc là, on a vu sur les lions, mais ça peut se faire avec plein d'autres espèces. On fait du training avec... Au bioparc ici, déjà, on fait du training avec les plantaires des neiges, avec les guépards, et puis sur les autres secteurs, les collègues font aussi du training avec les orictéropes, les rhinocéros, les hippopotames. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés sans danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur, parce que les manipulations, c'est toujours très stressant pour les animaux. Donc le training, ça peut aussi leur permettre de le faire volontairement sans être stressé.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc en fait, ça consiste à les faire répéter des gestes ou des postures. Attention !

  • Speaker #0

    Pardon, c'est le lion qui venait nous faire pipi dessus.

  • Speaker #1

    Voilà. J'ai vu qu'il m'avait visé.

  • Speaker #0

    Il est sans base.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    c'est pas très artiste. On a eu du bol, c'était pas sur le matériel. Donc on était en train de dire que le principe...

  • Speaker #1

    C'était le principe de les habituer à des jets qui sont...

  • Speaker #0

    Une position en gros. avec un ordre, et donc ils sont habitués, on le fait régulièrement, pour qu'ils comprennent quel ordre correspond à quelle position on attend, avec l'ordre qu'on demande, et forcément pour que ce soit intéressant pour eux, alors il y en a certains, rien que le fait de le faire c'est un jeu, donc ça les amuse, et pour d'autres il y a une récompense à la clé, forcément, dès qu'ils font bien la position qui est demandée en fonction de l'ordre, ils ont une récompense qui peut être selon les espèces. Soit sur les félins c'est une récompense alimentaire, je sais que sur les rhinocéos ça peut être une caresse, voilà donc des petites choses comme ça qui, dans tous les cas la récompense c'est quelque chose qui fera plaisir à l'animal.

  • Speaker #1

    Et donc toi sur les lions, alors là c'est les jeunes lions, donc on a Baz, Esma et les trois petites, tu as commencé quand le training avec eux ?

  • Speaker #0

    J'ai commencé sur Esma, alors ça fait... Je dirais que ça fait trois ans, c'était avant la naissance d'Enzuri. Après, sur les carnivores, on n'est pas obligé de le faire régulièrement. Les carnivores, c'est des animaux qui ont une très très bonne mémoire. Donc, on peut faire, une fois qu'un exercice est imprimé, en gros, il va être imprimé toute la vie de l'animal. Et si on ne le fait pas pendant six ans, pour un peu, on le redemande derrière, il sera... C'est à qui il va le refaire ? Sur les herbivores, on est obligé de le faire régulièrement. Ce sont des animaux qui vont un peu moins assimiler, un peu moins garder en tête les exercices. Donc c'est important de le faire tous les jours. Moi, sur Esma, ça fait trois ans que j'ai commencé. Mais toutes les périodes où elle élevait ses petits, Comme nous, on les laisse tranquilles, on ne les approche pas en gros, pendant des mois et des mois, pour les laisser tranquilles avec ses bébés, on ne faisait plus d'exercice.

  • Speaker #1

    Et dès qu'on se reprend derrière,

  • Speaker #0

    il n'y a aucun problème, elle n'oublie pas. Ou quand on manque de temps des fois, on va aller sur les priorités. Ça ne sert à rien par exemple que j'entraîne base tous les jours alors que je n'ai rien à faire dessus. Mais le jour où j'avais besoin de l'entraîner pour faire une prise de sang, pour vérifier... Si tout allait bien ou pour le peser, etc. Bon, on va reprendre trois exercices et trois sessions de 15 minutes et c'est reparti.

  • Speaker #1

    C'est reparti. Et donc, Esma, par exemple, tout à l'heure, tu lui demandais de se coucher ou de se mettre sur le dos ou sur le côté, si j'ai bien compris. Oui. Ça sert à quoi toutes ces positions ?

  • Speaker #0

    Alors, le coucher... Sur Esma, quand on demandait side, par exemple, tout à l'heure, ça veut dire qu'il faut qu'elle s'allonge sur le côté. Ça, ça nous permet parce qu'on a fait des prises de sang sur Esma. C'était pour suivre si elle était gestante ou pas. En fait, pour pouvoir faire une prise de sang sur un félin sans se mettre en danger... et aussi sans le mettre en danger. Normalement, pour faire une position sur un félin, on l'endort. Nous, on s'est mis à faire du training parce qu'on a des guépards qui ont des problèmes de reins et qui ont des traitements à prendre. Et donc, tous les deux mois, il faut mettre à jour ce traitement, la quantité, la posologie qu'on va donner à l'animal. Donc, il faudrait faire une prise de sang tous les deux mois sur l'animal et endormir l'animal tous les deux mois, c'est un danger pour lui. Faire une prise de sang sur un guépard vigile ou un félin vigile, c'est un danger pour nous. Donc, on a fait du training. On va demander à l'animal de se coucher sur le côté d'une grille. Avec un cintre, bricolage maison, ça fait un petit crochet. On va chercher la queue. L'animal est collé à la grille. On va chercher la queue, qu'on passe sous la grille. Et le vétérinaire peut... Il y a une grosse veine sur la queue des félins. Le vétérinaire peut donc tondre les poils de la queue et piquer, et faire la prise de sang sur cette veine. Donc, la queue est hors de la loge. Donc on est en sécurité pour le faire, l'animal n'est pas endormi, il est en sécurité.

  • Speaker #1

    Et il n'est pas stressé non plus ?

  • Speaker #0

    Et il n'est pas stressé, il le fait de lui-même. S'il n'a pas envie, il s'en va en gros. Donc il le fait parce que c'est volontaire, parce qu'il apprécie le moment aussi. Ils aiment bien souvent ces exercices. Pour la plupart, ça les amuse. Ceux que ça n'amuse pas en général, de toute façon, ils ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Et donc ça a toujours un but médical ?

  • Speaker #0

    Ça a toujours un but médical. Et donc il se trouve que Esma, le bâtiment, la position couchée, c'était compliqué. La position couchée, c'est vraiment, ils sont sur leurs quatre pattes et ils se couchent. Et elle, le side, c'est vraiment, elle est allongée sur le flanc. Et ça nous permettait mieux d'attraper sa queue. Elle était plus proche de la grille. Donc c'est pour ça qu'on lui a appris le side. Et vous avez aussi vu le back, où là, elle est carrément sur le dos, les quatre pattes en l'air. Le but, ce n'était pas de lui faire faire des pirouettes. C'était juste parce que comme ça, elle avait sa cuisse qui était bien collée à la grille. Et ça permettait de faire des injections.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Ça a été aussi utile. On a fait une grande campagne de vaccination sur nos guépards contre le chorizac, une maladie que les chats domestiques qui peuvent des fois rentrer dans nos enclos peuvent transmettre à nos félins. Donc, on les vaccine. Et pareil, on a pu, au lieu de flécher l'animal, en soi, ça ne met en danger personne, mais ça le stresse énormément. Au lieu de le flécher pour lui injecter son vaccin, on a demandé à chacun de nos... Si guépard, de venir se coucher le long de la grille, on pouvait attraper un pli de cuisse à travers les barreaux, on piquait et comme ça, ils repartaient, aucun stress et puis ils avaient leur petite vaccination. Donc voilà vraiment le but du training médical.

  • Speaker #1

    Et donc ça part d'une demande des vétérinaires en général qui ont besoin de pouvoir faire un acte sur les animaux. Voilà. Et donc quel que soit l'animal, en fait, c'est possible ? Oui, c'est possible.

  • Speaker #0

    C'est possible quelle que soit l'espèce, tous les animaux peuvent maintenant, ça prendra plus ou moins de temps selon les espèces. Oui. Et puis voilà.

  • Speaker #1

    Donc les bâtiments prééquipés aussi.

  • Speaker #0

    Alors les bâtiments, oui ça peut aider. Il y a certains bâtiments où ça peut être plus compliqué que d'autres. Après on peut aussi créer les installations, les infrastructures dont on a besoin. mais il y a le cadre qui peut plus ou moins faciliter l'entraînement, et puis derrière, le temps. Ça prendra des fois plus de temps, ça dépend vraiment des individus, s'il est plus réceptif, si ça l'intéresse, parce qu'il y en a qui ne s'intéressent pas du tout, et puis selon les espèces, il y en a qui vont apprendre beaucoup plus vite que d'autres aussi. Esma, tu regardes ? Ok, merci. Tu regardes Esma ? Ok.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ok, c'est bien. Très très bien.

  • Speaker #1

    Ça arrive aussi que vous fassiez le training aux loutres géantes. Donc là, ça consiste aussi à se mettre sur les pattes arrières.

  • Speaker #0

    On peut faire plein de trucs. Je sais que notre ancienne loutre géante, on lui faisait ouvrir la bouche pour regarder ses dents, par exemple. Là, en ce moment, sur Iquitos, notre mâle loutre géante, il a des petites plaies sur une patte arrière. Donc, on lui demande de monter sur les barreaux. Du coup, on a ses quatre pattes bien visibles et on peut comme ça faire les soins sur sa patte arrière où il a sa petite plaie. Voilà sur les lutres jambes, je sais qu'à l'époque, Yukuna, notre ancienne femelle, elle se mettait sur le dos et elle ne bougeait pas collée à la grille, un peu comme on le fait avec les félins, sauf que là elle était sur le dos et ça nous permettait de faire une échographie et ça permettait aussi quand elle avait des bébés, elle avait des plaies autour des tétons et donc on pouvait lui mettre des crèmes pour éviter qu'elle ait ces petites douleurs à force que les petits irritent sa tétine.

  • Speaker #1

    Donc finalement ça permet de faire énormément de bien aux animaux sans les inquiéter,

  • Speaker #0

    sans les stresser, sans nous mettre en danger, sans les mettre en danger.

  • Speaker #1

    Et donc c'est juste un travail qu'il faut répéter plus ou moins régulièrement dans l'espèce. Et par exemple, on a vu Baz tout à l'heure, tu étais en train d'entraîner Esma, et on a vu Baz arriver d'un coup, lui aussi voulait se mettre au training.

  • Speaker #0

    C'est ça, Baz il adore ça. Baz il râle pas mal, mais en fait il adore le training. On l'a entendu d'ailleurs à la fin de l'exercice quand j'ai dit c'est fini, on l'a entendu râler aussi. On le voit à sa tête quand on l'exerce, il est hyper concentré. On pourrait presque dire qu'il fait un sourire et puis quand on lui dit c'est fini, il fronce les sourcils et il râle. Lui, on voit très bien que c'est un individu qu'il adore. Esma, elle aime beaucoup, mais Esma sait que c'est une grande gourmande. Donc elle, c'est la viande.

  • Speaker #1

    Et oui, les petites étaient aussi collées.

  • Speaker #0

    Elle, c'est la viande. Par contre, je sais qu'Enzuri, on lui a fait des prises. Enzuri, c'est la jeune qui aura deux ans le mois prochain. Elle, on l'a. Elle n'avait même pas sept mois quand on lui faisait déjà des prises de sang sur la queue. Ça s'est fait extrêmement rapidement. L'avantage, c'est que les jeunes... vont copier les parents. Donc, elle a vu sa mère qui se couchait, ben, trois secondes après, elle, elle connaissait le coucher. Et donc, elle a vu les prises de sang, etc. Et donc, en fait, elle voit sa mère faire, elle entend l'ordre, et donc, elle peut le répéter tout de suite. Sur un animal, je dirais, voilà, imaginons Esma, quand elle a commencé, qui n'avait pas d'exemple, et bien, il a fallu capturer. le moment, donc comment on capture un exercice au moment où elle est couchée je vais dire coucher c'est bien et tout de suite je récompense c'est comme ça qu'on capture les organes qui comprennent que quand ils sont dans cette position là ils entendent tel mot et là ils sont récompensés donc ils associent très vite ce qu'on leur demande en gros.

  • Speaker #1

    D'accord et si jamais c'est pas toi la soigneuse qui fait le training comment ça se passe ?

  • Speaker #0

    Ça pourrait être possible alors sur euh Là, nous, on travaille beaucoup d'animaux sur le secteur carnivore. Il y a beaucoup d'individus et à chaque fois, ça a été parce qu'on avait besoin de quelque chose. Suivre les chaleurs des femelles pour la reproduction, les problèmes de reins, etc. pour les guépards. Donc, ce n'est pas des animaux qui sont travaillés depuis très longtemps, régulièrement. Quand un animal a vraiment bien acquis, il y a un ordre, il sait très bien faire l'ordre, c'est répété tout le temps, n'importe qui, qui aura le mot. pourra le faire. Il faut juste que la personne connaisse le principe d'un training où on a un ordre, voilà à quelle position l'ordre correspond. Si l'animal le fait bien, il faut récompenser au bon moment. Donc en soi, n'importe qui peut... Un ordre qui est bien acquis par l'animal peut être répété par n'importe quel autre soigneur. Quand c'est... Parce qu'on a quelque chose qu'on attend pour un soin vétérinaire un peu en urgence, on essaie que ce soit le soigneur attitré qui le fasse parce que... il comprend mieux l'animal et on risquerait, si on dirait qu'on ne pense pas au bon moment ou que la position de l'animal n'est pas bien mise, mais que la personne ne le voit pas, ça peut un peu mettre la pagaille dans le training.

  • Speaker #1

    D'accord. Et parce que je vois par exemple Rino, qui sont hyper susceptibles, hyper sensibles, si jamais ce n'était pas la soigneuse habituelle qui faisait le training, tu crois que ça marcherait quand même ?

  • Speaker #0

    Alors, ça dépend des individus. Si c'est des individus qui sont peut-être un peu plus sensibles, c'est... et qui ne sont pas habitués à voir d'autres gens, etc. Non, ça serait compliqué.

  • Speaker #1

    Mais ça s'habitue.

  • Speaker #0

    En tout cas, notre façon de travailler, ça fait que c'est plus facile parce qu'on est souvent plusieurs. Et ça dépend aussi de ce qu'on demande. Pour Iquitos, par exemple, la loutre géante, la soigneuse référente qui s'occupe de lui, elle est en congé cette semaine. On ne va pas attendre non plus qu'en fonction des congés de chacun, il a une plaie à la patte, c'est maintenant qu'il faut le soigner, ce n'est pas dans 10 jours. Donc c'est un exercice tout simple où on lui demande de se lever, on lui dit juste tu restes, il y a deux mots à connaître. Et donc là, tous les soigneurs, comme il faut le faire tous les jours, tous les soigneurs sont formés à le faire. Parce que c'est vraiment un truc très basique. Quand on veut faire un truc un peu plus chiant,

  • Speaker #1

    la photographie ou un truc comme ça,

  • Speaker #0

    là on fait avec le soigneur qui les travaille le plus souvent. Mais pour certaines choses, et c'est aussi hyper important, sinon ça n'a plus d'intérêt. Si on est, imaginons, demain je me casse une jambe, mais il y a besoin pour les soins des guépards de continuer les prises de sang, il faut vraiment que quelqu'un d'autre soit capable de le faire.

  • Speaker #1

    Mais en fait, il y a une relation de confiance qui s'établit entre l'animal et le soigneur.

  • Speaker #0

    C'est comme ça que ça marche d'abord. Moi, en cet exercice, j'ai pu apprendre à la Panthère des Neiges à... à accepter qu'on lui fasse une prise de sang, ça a été si rapide parce qu'elle avait déjà confiance et donc elle pouvait s'approcher. Quand on doit d'abord mettre l'animal en confiance pour qu'il s'approche, qu'il puisse venir prendre une récompense à la main, on n'est pas rendu à lui faire une prise de sang sur la queue. Donc si l'animal est en confiance, ça va beaucoup plus vite. Et l'avantage, c'est que comme on est des secteurs avec un nombre de personnes, genre on est 4-5 individus à tourner sur ces secteurs, les animaux ont l'habitude de leur soigneur. Et donc ils sont déjà en confiance avec leur soigneur. Donc les trois quarts du travail est déjà fait.

  • Speaker #1

    Le plus dur est déjà fait.

  • Speaker #0

    Voilà, exactement.

  • Speaker #1

    Établir la confiance. Et ça n'a rien à voir finalement avec du dressage, ce qu'on peut entendre par rapport à du dressage pour les cirques ou dans les numéros de spectacle.

  • Speaker #0

    Disons que le but n'est pas le même. Là, ce n'est pas... Est-ce que l'animal est entraîné ? Je dirais presque le résultat est le même, on leur demande un exercice. Sauf que le but n'est pas du tout le même. Le dressage, ça va être plus pour du spectacle. Là, c'est un but médical.

  • Speaker #1

    Donc c'est du médical training, de l'entraînement médical. Et ça fait plusieurs années que le bioparc a mis ça en place pour le bien-être de ses animaux. Et donc même, j'imagine, sur des espèces qui étaient là avant les lions du cratère. Ça fait déjà des années que vous pratiquez ? Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr, ça fait des années. Alors au début, c'était... En fait, il faut voir aussi l'utilité. On ne fait pas sur toutes les espèces parce que ça demande du temps. Donc ça va se faire, ça s'est fait beaucoup. D'ailleurs, historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores, ces animaux qui... Quand on les endort, il y a un gros risque pour leur santé. La girafe peut mourir de la chute, l'hippopotame, l'éléphant, le rhinocéros peuvent écraser leurs organes sous leur propre poids quand on les endort, quand ils se couchent. Ils ne se couchent pas dans la position comme il faut. Donc, historiquement, les parcs zoologiques ont mis en place ça sur les grands herbivores, parce que ça permettait de faire des soins sans les endormir. Et puis petit à petit, ça se fait de plus en plus, et puis aussi les mentalités évoluent, on fait aussi attention au bien-être des animaux de plus en plus, donc ça évolue et puis on fait de plus en plus d'analyses sur nos animaux. Donc maintenant ça se fait sur tout, on en fait sur les oriques d'Europe, on en fait sur des oiseaux,

  • Speaker #1

    sur plein d'espèces différentes.

  • Speaker #0

    Je dirais qu'aujourd'hui on peut en faire sur toutes les espèces.

  • Speaker #1

    C'est passionnant en tout cas et je vois Basse qui se rapproche du nouveau, j'espère qu'il ne va pas nous repondre pipi dessus.

  • Speaker #0

    Non, on le voit quand il se prépare.

  • Speaker #1

    Oui, regarde, il gratte le sol là, puis hop, après il va se tourner.

  • Speaker #0

    Et son jet d'urine peut aller à 2 mètres.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que je suis à 2,50 mètres.

  • Speaker #0

    C'est ça. Tu n'as pas recommencé ? C'est des animaux intelligents, donc ils vont être habitués. Ils vont être habitués aux têtes qui croisent. Alors Baz, il a un comportement très particulier avec ses soigneuses et soigneurs. Mais vous prenez les loups à crinière, ils vont avoir une réaction avec tous les gens qui ont un t-shirt bioparc. Que ce soit les soigneurs ou pas les soigneurs. Les loutres d'ailleurs. Les loutres aussi. Les loutres même, c'est tous les gens. Partiellement, on a une tête et deux bras, deux jambes. Le bras, il sur tout le monde.

  • Speaker #1

    Parce qu'ils pensent qu'ils vont pouvoir manger en fait. Voilà.

  • Speaker #0

    Et les singes, prenez les singes. Franchement, je pense que j'ai dû travailler 8 heures dans ma carrière avec les primates. Et quand je vais passer, ils vont quand même avoir une réaction parce qu'on a des tenues. Donc ils repèrent qu'on est du personnel de l'entreprise. Et je pense qu'ils ont un comportement encore un peu différent avec leurs soigneurs. Donc ils vont nous reconnaître parce que c'est des animaux intelligents, mais pour autant ils ne sont pas domestiqués, je n'irais pas faire un câlin à base. Et derrière on disait, bon ils nous attaqueraient, mais ils ne nous mangeraient pas. Ce ne sont pas des animaux qu'on faim. Et c'est de l'attaque, en fait ce serait soit c'est dangereux, non pas forcément qu'ils voudraient nous blesser, mais soit ils voudraient jouer avec nous. Et bon, on peut voir un chaton qui n'est pas bien éduqué et qui peut griffer. Bon, vous voyez Baz qui fait 190 kilos. Lui, s'il joue, il va nous tuer. Mais c'est plus pour du jeu ou des fois, ça peut être un petit effet de surprise. Bon, ils sont plutôt surpris, voire stressés de notre présence trop proche. Et donc, leur comportement va nous blesser. Mais sinon, ce n'est vraiment pas de l'attaque pour nous blesser ou pour nous manger. Surtout en captivité, ces animaux qui manquent pas de... Avant d'avoir faim, ils peuvent se passer plusieurs semaines. Oui, bonne âme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Sylvanie, c'était vachement intéressant.

  • Speaker #0

    De rien.

  • Speaker #1

    La base prochaine entraînement, c'est quand ?

  • Speaker #0

    Là, il n'y a rien de prévu. En soi, je ne les avais pas faits depuis un moment. Mais pour le moment, la prochaine fois, ce sera pour le peser. On aime bien les peser tous les deux mois, tous les félins, pour avoir un petit suivi de poids. Surtout quand ils sont nourris en groupe, comme les lions, on lance la nourriture et ils se les partagent tous les cinq. Donc lui en théorie, dans les trois semaines qui viennent, on fera peut-être un petit training de pesée, mais ça peut, sur les félins, franchement ça peut être tous les six mois, tous les un an et ça... Et ça marche très très bien.

  • Speaker #1

    Je sais qu'une fois vous aviez fait ça sur Esma, vous avez enlevé des tiques.

  • Speaker #0

    Oui, sur Esma, on lui a déjà retiré, elle avait des tiques au coin de l'œil et au coin de l'oreille. Donc là, avec une pince à tiques, vous voyez les pinces à tiques classiques, il n'y a pas des spéciales...

  • Speaker #1

    Spéciales Lyon.

  • Speaker #0

    Spéciales Lyon. Là, le tout, c'est qu'elle se colle bien à la grille et le collègue qui est là pour le jeu ne peut pas, et il a travaillé et lui a enlevé le tique, là ce serait vraiment risqué de se faire arracher le bras. Donc moi, je suis concentrée sur la tête à la faire se coucher à la grille et mon collègue Thomas, qui pour le coup, c'était lui. avec la pince à tiques retirait les tiques et il devait lui être très concentré pour ne pas faire sortir ses doigts de l'autre côté des barreaux que si la lionne décide tout d'un coup de se retourner de lui attraper les doigts qu'il ne soit pas blessé il faut être vigilant quand même mais

  • Speaker #1

    ça te sert ouais ouais effectivement il y a plein de choses à faire et finalement c'est beaucoup de créativité aussi il y a plein de choses à faire exactement merci beaucoup Sylvain de rien bonne journée Voilà, c'est la fin de cet épisode. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Abonnez-vous s'il vous a plu, et pour en savoir plus sur le bioparc,

Description

 De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training medical, un entrainement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice, avec la participation active des lions Baz et Esma !  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés, sont en danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur.

  • Speaker #1

    Une autre idée du zoo, le podcast du Biopark fait de tout et la fontaine.

  • Speaker #0

    Un petit dernier, base, target. Target, base, ok. Target, base. Ok.

  • Speaker #1

    De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training médical, un entraînement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice avec la participation active des lions Basé-Essma. Salut Sylvanie !

  • Speaker #0

    Salut !

  • Speaker #1

    Alors aujourd'hui on est avec toi Sylvanie pour parler du training médical, mais avant toute chose, est-ce que tu peux nous expliquer quel est ton poste ici au Bioparc ?

  • Speaker #0

    Alors mon poste au Bioparc, moi je suis soigneuse animalière au Bioparc et je vais surtout travailler avec les carnivores, ça va regrouper toutes les espèces de félins et puis d'autres petits carnivores comme les loutres géantes, des loups à crinières et on a en plus les vautours.

  • Speaker #1

    Et ça fait combien de temps que tu travailles au bioparc ?

  • Speaker #0

    Moi ça fait 12 ans que je travaille au bioparc.

  • Speaker #1

    Donc ici aujourd'hui on est avec les lions du cratère des carnivores et tu as fait devant nous du training médical. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste ?

  • Speaker #0

    Alors le training, en quoi ça consiste un training ? Déjà le but d'un training médical ça va être de pouvoir faire certains soins sur les animaux sans avoir à les endormir. ça va se pratiquer souvent sur les animaux dangereux qu'on ne peut pas manipuler sans les endormir. Donc là, on a vu sur les lions, mais ça peut se faire avec plein d'autres espèces. On fait du training avec... Au bioparc ici, déjà, on fait du training avec les plantaires des neiges, avec les guépards, et puis sur les autres secteurs, les collègues font aussi du training avec les orictéropes, les rhinocéros, les hippopotames. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés sans danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur, parce que les manipulations, c'est toujours très stressant pour les animaux. Donc le training, ça peut aussi leur permettre de le faire volontairement sans être stressé.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc en fait, ça consiste à les faire répéter des gestes ou des postures. Attention !

  • Speaker #0

    Pardon, c'est le lion qui venait nous faire pipi dessus.

  • Speaker #1

    Voilà. J'ai vu qu'il m'avait visé.

  • Speaker #0

    Il est sans base.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    c'est pas très artiste. On a eu du bol, c'était pas sur le matériel. Donc on était en train de dire que le principe...

  • Speaker #1

    C'était le principe de les habituer à des jets qui sont...

  • Speaker #0

    Une position en gros. avec un ordre, et donc ils sont habitués, on le fait régulièrement, pour qu'ils comprennent quel ordre correspond à quelle position on attend, avec l'ordre qu'on demande, et forcément pour que ce soit intéressant pour eux, alors il y en a certains, rien que le fait de le faire c'est un jeu, donc ça les amuse, et pour d'autres il y a une récompense à la clé, forcément, dès qu'ils font bien la position qui est demandée en fonction de l'ordre, ils ont une récompense qui peut être selon les espèces. Soit sur les félins c'est une récompense alimentaire, je sais que sur les rhinocéos ça peut être une caresse, voilà donc des petites choses comme ça qui, dans tous les cas la récompense c'est quelque chose qui fera plaisir à l'animal.

  • Speaker #1

    Et donc toi sur les lions, alors là c'est les jeunes lions, donc on a Baz, Esma et les trois petites, tu as commencé quand le training avec eux ?

  • Speaker #0

    J'ai commencé sur Esma, alors ça fait... Je dirais que ça fait trois ans, c'était avant la naissance d'Enzuri. Après, sur les carnivores, on n'est pas obligé de le faire régulièrement. Les carnivores, c'est des animaux qui ont une très très bonne mémoire. Donc, on peut faire, une fois qu'un exercice est imprimé, en gros, il va être imprimé toute la vie de l'animal. Et si on ne le fait pas pendant six ans, pour un peu, on le redemande derrière, il sera... C'est à qui il va le refaire ? Sur les herbivores, on est obligé de le faire régulièrement. Ce sont des animaux qui vont un peu moins assimiler, un peu moins garder en tête les exercices. Donc c'est important de le faire tous les jours. Moi, sur Esma, ça fait trois ans que j'ai commencé. Mais toutes les périodes où elle élevait ses petits, Comme nous, on les laisse tranquilles, on ne les approche pas en gros, pendant des mois et des mois, pour les laisser tranquilles avec ses bébés, on ne faisait plus d'exercice.

  • Speaker #1

    Et dès qu'on se reprend derrière,

  • Speaker #0

    il n'y a aucun problème, elle n'oublie pas. Ou quand on manque de temps des fois, on va aller sur les priorités. Ça ne sert à rien par exemple que j'entraîne base tous les jours alors que je n'ai rien à faire dessus. Mais le jour où j'avais besoin de l'entraîner pour faire une prise de sang, pour vérifier... Si tout allait bien ou pour le peser, etc. Bon, on va reprendre trois exercices et trois sessions de 15 minutes et c'est reparti.

  • Speaker #1

    C'est reparti. Et donc, Esma, par exemple, tout à l'heure, tu lui demandais de se coucher ou de se mettre sur le dos ou sur le côté, si j'ai bien compris. Oui. Ça sert à quoi toutes ces positions ?

  • Speaker #0

    Alors, le coucher... Sur Esma, quand on demandait side, par exemple, tout à l'heure, ça veut dire qu'il faut qu'elle s'allonge sur le côté. Ça, ça nous permet parce qu'on a fait des prises de sang sur Esma. C'était pour suivre si elle était gestante ou pas. En fait, pour pouvoir faire une prise de sang sur un félin sans se mettre en danger... et aussi sans le mettre en danger. Normalement, pour faire une position sur un félin, on l'endort. Nous, on s'est mis à faire du training parce qu'on a des guépards qui ont des problèmes de reins et qui ont des traitements à prendre. Et donc, tous les deux mois, il faut mettre à jour ce traitement, la quantité, la posologie qu'on va donner à l'animal. Donc, il faudrait faire une prise de sang tous les deux mois sur l'animal et endormir l'animal tous les deux mois, c'est un danger pour lui. Faire une prise de sang sur un guépard vigile ou un félin vigile, c'est un danger pour nous. Donc, on a fait du training. On va demander à l'animal de se coucher sur le côté d'une grille. Avec un cintre, bricolage maison, ça fait un petit crochet. On va chercher la queue. L'animal est collé à la grille. On va chercher la queue, qu'on passe sous la grille. Et le vétérinaire peut... Il y a une grosse veine sur la queue des félins. Le vétérinaire peut donc tondre les poils de la queue et piquer, et faire la prise de sang sur cette veine. Donc, la queue est hors de la loge. Donc on est en sécurité pour le faire, l'animal n'est pas endormi, il est en sécurité.

  • Speaker #1

    Et il n'est pas stressé non plus ?

  • Speaker #0

    Et il n'est pas stressé, il le fait de lui-même. S'il n'a pas envie, il s'en va en gros. Donc il le fait parce que c'est volontaire, parce qu'il apprécie le moment aussi. Ils aiment bien souvent ces exercices. Pour la plupart, ça les amuse. Ceux que ça n'amuse pas en général, de toute façon, ils ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Et donc ça a toujours un but médical ?

  • Speaker #0

    Ça a toujours un but médical. Et donc il se trouve que Esma, le bâtiment, la position couchée, c'était compliqué. La position couchée, c'est vraiment, ils sont sur leurs quatre pattes et ils se couchent. Et elle, le side, c'est vraiment, elle est allongée sur le flanc. Et ça nous permettait mieux d'attraper sa queue. Elle était plus proche de la grille. Donc c'est pour ça qu'on lui a appris le side. Et vous avez aussi vu le back, où là, elle est carrément sur le dos, les quatre pattes en l'air. Le but, ce n'était pas de lui faire faire des pirouettes. C'était juste parce que comme ça, elle avait sa cuisse qui était bien collée à la grille. Et ça permettait de faire des injections.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Ça a été aussi utile. On a fait une grande campagne de vaccination sur nos guépards contre le chorizac, une maladie que les chats domestiques qui peuvent des fois rentrer dans nos enclos peuvent transmettre à nos félins. Donc, on les vaccine. Et pareil, on a pu, au lieu de flécher l'animal, en soi, ça ne met en danger personne, mais ça le stresse énormément. Au lieu de le flécher pour lui injecter son vaccin, on a demandé à chacun de nos... Si guépard, de venir se coucher le long de la grille, on pouvait attraper un pli de cuisse à travers les barreaux, on piquait et comme ça, ils repartaient, aucun stress et puis ils avaient leur petite vaccination. Donc voilà vraiment le but du training médical.

  • Speaker #1

    Et donc ça part d'une demande des vétérinaires en général qui ont besoin de pouvoir faire un acte sur les animaux. Voilà. Et donc quel que soit l'animal, en fait, c'est possible ? Oui, c'est possible.

  • Speaker #0

    C'est possible quelle que soit l'espèce, tous les animaux peuvent maintenant, ça prendra plus ou moins de temps selon les espèces. Oui. Et puis voilà.

  • Speaker #1

    Donc les bâtiments prééquipés aussi.

  • Speaker #0

    Alors les bâtiments, oui ça peut aider. Il y a certains bâtiments où ça peut être plus compliqué que d'autres. Après on peut aussi créer les installations, les infrastructures dont on a besoin. mais il y a le cadre qui peut plus ou moins faciliter l'entraînement, et puis derrière, le temps. Ça prendra des fois plus de temps, ça dépend vraiment des individus, s'il est plus réceptif, si ça l'intéresse, parce qu'il y en a qui ne s'intéressent pas du tout, et puis selon les espèces, il y en a qui vont apprendre beaucoup plus vite que d'autres aussi. Esma, tu regardes ? Ok, merci. Tu regardes Esma ? Ok.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ok, c'est bien. Très très bien.

  • Speaker #1

    Ça arrive aussi que vous fassiez le training aux loutres géantes. Donc là, ça consiste aussi à se mettre sur les pattes arrières.

  • Speaker #0

    On peut faire plein de trucs. Je sais que notre ancienne loutre géante, on lui faisait ouvrir la bouche pour regarder ses dents, par exemple. Là, en ce moment, sur Iquitos, notre mâle loutre géante, il a des petites plaies sur une patte arrière. Donc, on lui demande de monter sur les barreaux. Du coup, on a ses quatre pattes bien visibles et on peut comme ça faire les soins sur sa patte arrière où il a sa petite plaie. Voilà sur les lutres jambes, je sais qu'à l'époque, Yukuna, notre ancienne femelle, elle se mettait sur le dos et elle ne bougeait pas collée à la grille, un peu comme on le fait avec les félins, sauf que là elle était sur le dos et ça nous permettait de faire une échographie et ça permettait aussi quand elle avait des bébés, elle avait des plaies autour des tétons et donc on pouvait lui mettre des crèmes pour éviter qu'elle ait ces petites douleurs à force que les petits irritent sa tétine.

  • Speaker #1

    Donc finalement ça permet de faire énormément de bien aux animaux sans les inquiéter,

  • Speaker #0

    sans les stresser, sans nous mettre en danger, sans les mettre en danger.

  • Speaker #1

    Et donc c'est juste un travail qu'il faut répéter plus ou moins régulièrement dans l'espèce. Et par exemple, on a vu Baz tout à l'heure, tu étais en train d'entraîner Esma, et on a vu Baz arriver d'un coup, lui aussi voulait se mettre au training.

  • Speaker #0

    C'est ça, Baz il adore ça. Baz il râle pas mal, mais en fait il adore le training. On l'a entendu d'ailleurs à la fin de l'exercice quand j'ai dit c'est fini, on l'a entendu râler aussi. On le voit à sa tête quand on l'exerce, il est hyper concentré. On pourrait presque dire qu'il fait un sourire et puis quand on lui dit c'est fini, il fronce les sourcils et il râle. Lui, on voit très bien que c'est un individu qu'il adore. Esma, elle aime beaucoup, mais Esma sait que c'est une grande gourmande. Donc elle, c'est la viande.

  • Speaker #1

    Et oui, les petites étaient aussi collées.

  • Speaker #0

    Elle, c'est la viande. Par contre, je sais qu'Enzuri, on lui a fait des prises. Enzuri, c'est la jeune qui aura deux ans le mois prochain. Elle, on l'a. Elle n'avait même pas sept mois quand on lui faisait déjà des prises de sang sur la queue. Ça s'est fait extrêmement rapidement. L'avantage, c'est que les jeunes... vont copier les parents. Donc, elle a vu sa mère qui se couchait, ben, trois secondes après, elle, elle connaissait le coucher. Et donc, elle a vu les prises de sang, etc. Et donc, en fait, elle voit sa mère faire, elle entend l'ordre, et donc, elle peut le répéter tout de suite. Sur un animal, je dirais, voilà, imaginons Esma, quand elle a commencé, qui n'avait pas d'exemple, et bien, il a fallu capturer. le moment, donc comment on capture un exercice au moment où elle est couchée je vais dire coucher c'est bien et tout de suite je récompense c'est comme ça qu'on capture les organes qui comprennent que quand ils sont dans cette position là ils entendent tel mot et là ils sont récompensés donc ils associent très vite ce qu'on leur demande en gros.

  • Speaker #1

    D'accord et si jamais c'est pas toi la soigneuse qui fait le training comment ça se passe ?

  • Speaker #0

    Ça pourrait être possible alors sur euh Là, nous, on travaille beaucoup d'animaux sur le secteur carnivore. Il y a beaucoup d'individus et à chaque fois, ça a été parce qu'on avait besoin de quelque chose. Suivre les chaleurs des femelles pour la reproduction, les problèmes de reins, etc. pour les guépards. Donc, ce n'est pas des animaux qui sont travaillés depuis très longtemps, régulièrement. Quand un animal a vraiment bien acquis, il y a un ordre, il sait très bien faire l'ordre, c'est répété tout le temps, n'importe qui, qui aura le mot. pourra le faire. Il faut juste que la personne connaisse le principe d'un training où on a un ordre, voilà à quelle position l'ordre correspond. Si l'animal le fait bien, il faut récompenser au bon moment. Donc en soi, n'importe qui peut... Un ordre qui est bien acquis par l'animal peut être répété par n'importe quel autre soigneur. Quand c'est... Parce qu'on a quelque chose qu'on attend pour un soin vétérinaire un peu en urgence, on essaie que ce soit le soigneur attitré qui le fasse parce que... il comprend mieux l'animal et on risquerait, si on dirait qu'on ne pense pas au bon moment ou que la position de l'animal n'est pas bien mise, mais que la personne ne le voit pas, ça peut un peu mettre la pagaille dans le training.

  • Speaker #1

    D'accord. Et parce que je vois par exemple Rino, qui sont hyper susceptibles, hyper sensibles, si jamais ce n'était pas la soigneuse habituelle qui faisait le training, tu crois que ça marcherait quand même ?

  • Speaker #0

    Alors, ça dépend des individus. Si c'est des individus qui sont peut-être un peu plus sensibles, c'est... et qui ne sont pas habitués à voir d'autres gens, etc. Non, ça serait compliqué.

  • Speaker #1

    Mais ça s'habitue.

  • Speaker #0

    En tout cas, notre façon de travailler, ça fait que c'est plus facile parce qu'on est souvent plusieurs. Et ça dépend aussi de ce qu'on demande. Pour Iquitos, par exemple, la loutre géante, la soigneuse référente qui s'occupe de lui, elle est en congé cette semaine. On ne va pas attendre non plus qu'en fonction des congés de chacun, il a une plaie à la patte, c'est maintenant qu'il faut le soigner, ce n'est pas dans 10 jours. Donc c'est un exercice tout simple où on lui demande de se lever, on lui dit juste tu restes, il y a deux mots à connaître. Et donc là, tous les soigneurs, comme il faut le faire tous les jours, tous les soigneurs sont formés à le faire. Parce que c'est vraiment un truc très basique. Quand on veut faire un truc un peu plus chiant,

  • Speaker #1

    la photographie ou un truc comme ça,

  • Speaker #0

    là on fait avec le soigneur qui les travaille le plus souvent. Mais pour certaines choses, et c'est aussi hyper important, sinon ça n'a plus d'intérêt. Si on est, imaginons, demain je me casse une jambe, mais il y a besoin pour les soins des guépards de continuer les prises de sang, il faut vraiment que quelqu'un d'autre soit capable de le faire.

  • Speaker #1

    Mais en fait, il y a une relation de confiance qui s'établit entre l'animal et le soigneur.

  • Speaker #0

    C'est comme ça que ça marche d'abord. Moi, en cet exercice, j'ai pu apprendre à la Panthère des Neiges à... à accepter qu'on lui fasse une prise de sang, ça a été si rapide parce qu'elle avait déjà confiance et donc elle pouvait s'approcher. Quand on doit d'abord mettre l'animal en confiance pour qu'il s'approche, qu'il puisse venir prendre une récompense à la main, on n'est pas rendu à lui faire une prise de sang sur la queue. Donc si l'animal est en confiance, ça va beaucoup plus vite. Et l'avantage, c'est que comme on est des secteurs avec un nombre de personnes, genre on est 4-5 individus à tourner sur ces secteurs, les animaux ont l'habitude de leur soigneur. Et donc ils sont déjà en confiance avec leur soigneur. Donc les trois quarts du travail est déjà fait.

  • Speaker #1

    Le plus dur est déjà fait.

  • Speaker #0

    Voilà, exactement.

  • Speaker #1

    Établir la confiance. Et ça n'a rien à voir finalement avec du dressage, ce qu'on peut entendre par rapport à du dressage pour les cirques ou dans les numéros de spectacle.

  • Speaker #0

    Disons que le but n'est pas le même. Là, ce n'est pas... Est-ce que l'animal est entraîné ? Je dirais presque le résultat est le même, on leur demande un exercice. Sauf que le but n'est pas du tout le même. Le dressage, ça va être plus pour du spectacle. Là, c'est un but médical.

  • Speaker #1

    Donc c'est du médical training, de l'entraînement médical. Et ça fait plusieurs années que le bioparc a mis ça en place pour le bien-être de ses animaux. Et donc même, j'imagine, sur des espèces qui étaient là avant les lions du cratère. Ça fait déjà des années que vous pratiquez ? Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr, ça fait des années. Alors au début, c'était... En fait, il faut voir aussi l'utilité. On ne fait pas sur toutes les espèces parce que ça demande du temps. Donc ça va se faire, ça s'est fait beaucoup. D'ailleurs, historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores, ces animaux qui... Quand on les endort, il y a un gros risque pour leur santé. La girafe peut mourir de la chute, l'hippopotame, l'éléphant, le rhinocéros peuvent écraser leurs organes sous leur propre poids quand on les endort, quand ils se couchent. Ils ne se couchent pas dans la position comme il faut. Donc, historiquement, les parcs zoologiques ont mis en place ça sur les grands herbivores, parce que ça permettait de faire des soins sans les endormir. Et puis petit à petit, ça se fait de plus en plus, et puis aussi les mentalités évoluent, on fait aussi attention au bien-être des animaux de plus en plus, donc ça évolue et puis on fait de plus en plus d'analyses sur nos animaux. Donc maintenant ça se fait sur tout, on en fait sur les oriques d'Europe, on en fait sur des oiseaux,

  • Speaker #1

    sur plein d'espèces différentes.

  • Speaker #0

    Je dirais qu'aujourd'hui on peut en faire sur toutes les espèces.

  • Speaker #1

    C'est passionnant en tout cas et je vois Basse qui se rapproche du nouveau, j'espère qu'il ne va pas nous repondre pipi dessus.

  • Speaker #0

    Non, on le voit quand il se prépare.

  • Speaker #1

    Oui, regarde, il gratte le sol là, puis hop, après il va se tourner.

  • Speaker #0

    Et son jet d'urine peut aller à 2 mètres.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que je suis à 2,50 mètres.

  • Speaker #0

    C'est ça. Tu n'as pas recommencé ? C'est des animaux intelligents, donc ils vont être habitués. Ils vont être habitués aux têtes qui croisent. Alors Baz, il a un comportement très particulier avec ses soigneuses et soigneurs. Mais vous prenez les loups à crinière, ils vont avoir une réaction avec tous les gens qui ont un t-shirt bioparc. Que ce soit les soigneurs ou pas les soigneurs. Les loutres d'ailleurs. Les loutres aussi. Les loutres même, c'est tous les gens. Partiellement, on a une tête et deux bras, deux jambes. Le bras, il sur tout le monde.

  • Speaker #1

    Parce qu'ils pensent qu'ils vont pouvoir manger en fait. Voilà.

  • Speaker #0

    Et les singes, prenez les singes. Franchement, je pense que j'ai dû travailler 8 heures dans ma carrière avec les primates. Et quand je vais passer, ils vont quand même avoir une réaction parce qu'on a des tenues. Donc ils repèrent qu'on est du personnel de l'entreprise. Et je pense qu'ils ont un comportement encore un peu différent avec leurs soigneurs. Donc ils vont nous reconnaître parce que c'est des animaux intelligents, mais pour autant ils ne sont pas domestiqués, je n'irais pas faire un câlin à base. Et derrière on disait, bon ils nous attaqueraient, mais ils ne nous mangeraient pas. Ce ne sont pas des animaux qu'on faim. Et c'est de l'attaque, en fait ce serait soit c'est dangereux, non pas forcément qu'ils voudraient nous blesser, mais soit ils voudraient jouer avec nous. Et bon, on peut voir un chaton qui n'est pas bien éduqué et qui peut griffer. Bon, vous voyez Baz qui fait 190 kilos. Lui, s'il joue, il va nous tuer. Mais c'est plus pour du jeu ou des fois, ça peut être un petit effet de surprise. Bon, ils sont plutôt surpris, voire stressés de notre présence trop proche. Et donc, leur comportement va nous blesser. Mais sinon, ce n'est vraiment pas de l'attaque pour nous blesser ou pour nous manger. Surtout en captivité, ces animaux qui manquent pas de... Avant d'avoir faim, ils peuvent se passer plusieurs semaines. Oui, bonne âme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Sylvanie, c'était vachement intéressant.

  • Speaker #0

    De rien.

  • Speaker #1

    La base prochaine entraînement, c'est quand ?

  • Speaker #0

    Là, il n'y a rien de prévu. En soi, je ne les avais pas faits depuis un moment. Mais pour le moment, la prochaine fois, ce sera pour le peser. On aime bien les peser tous les deux mois, tous les félins, pour avoir un petit suivi de poids. Surtout quand ils sont nourris en groupe, comme les lions, on lance la nourriture et ils se les partagent tous les cinq. Donc lui en théorie, dans les trois semaines qui viennent, on fera peut-être un petit training de pesée, mais ça peut, sur les félins, franchement ça peut être tous les six mois, tous les un an et ça... Et ça marche très très bien.

  • Speaker #1

    Je sais qu'une fois vous aviez fait ça sur Esma, vous avez enlevé des tiques.

  • Speaker #0

    Oui, sur Esma, on lui a déjà retiré, elle avait des tiques au coin de l'œil et au coin de l'oreille. Donc là, avec une pince à tiques, vous voyez les pinces à tiques classiques, il n'y a pas des spéciales...

  • Speaker #1

    Spéciales Lyon.

  • Speaker #0

    Spéciales Lyon. Là, le tout, c'est qu'elle se colle bien à la grille et le collègue qui est là pour le jeu ne peut pas, et il a travaillé et lui a enlevé le tique, là ce serait vraiment risqué de se faire arracher le bras. Donc moi, je suis concentrée sur la tête à la faire se coucher à la grille et mon collègue Thomas, qui pour le coup, c'était lui. avec la pince à tiques retirait les tiques et il devait lui être très concentré pour ne pas faire sortir ses doigts de l'autre côté des barreaux que si la lionne décide tout d'un coup de se retourner de lui attraper les doigts qu'il ne soit pas blessé il faut être vigilant quand même mais

  • Speaker #1

    ça te sert ouais ouais effectivement il y a plein de choses à faire et finalement c'est beaucoup de créativité aussi il y a plein de choses à faire exactement merci beaucoup Sylvain de rien bonne journée Voilà, c'est la fin de cet épisode. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Abonnez-vous s'il vous a plu, et pour en savoir plus sur le bioparc,

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Description

 De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training medical, un entrainement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice, avec la participation active des lions Baz et Esma !  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés, sont en danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur.

  • Speaker #1

    Une autre idée du zoo, le podcast du Biopark fait de tout et la fontaine.

  • Speaker #0

    Un petit dernier, base, target. Target, base, ok. Target, base. Ok.

  • Speaker #1

    De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training médical, un entraînement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice avec la participation active des lions Basé-Essma. Salut Sylvanie !

  • Speaker #0

    Salut !

  • Speaker #1

    Alors aujourd'hui on est avec toi Sylvanie pour parler du training médical, mais avant toute chose, est-ce que tu peux nous expliquer quel est ton poste ici au Bioparc ?

  • Speaker #0

    Alors mon poste au Bioparc, moi je suis soigneuse animalière au Bioparc et je vais surtout travailler avec les carnivores, ça va regrouper toutes les espèces de félins et puis d'autres petits carnivores comme les loutres géantes, des loups à crinières et on a en plus les vautours.

  • Speaker #1

    Et ça fait combien de temps que tu travailles au bioparc ?

  • Speaker #0

    Moi ça fait 12 ans que je travaille au bioparc.

  • Speaker #1

    Donc ici aujourd'hui on est avec les lions du cratère des carnivores et tu as fait devant nous du training médical. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste ?

  • Speaker #0

    Alors le training, en quoi ça consiste un training ? Déjà le but d'un training médical ça va être de pouvoir faire certains soins sur les animaux sans avoir à les endormir. ça va se pratiquer souvent sur les animaux dangereux qu'on ne peut pas manipuler sans les endormir. Donc là, on a vu sur les lions, mais ça peut se faire avec plein d'autres espèces. On fait du training avec... Au bioparc ici, déjà, on fait du training avec les plantaires des neiges, avec les guépards, et puis sur les autres secteurs, les collègues font aussi du training avec les orictéropes, les rhinocéros, les hippopotames. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés sans danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur, parce que les manipulations, c'est toujours très stressant pour les animaux. Donc le training, ça peut aussi leur permettre de le faire volontairement sans être stressé.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc en fait, ça consiste à les faire répéter des gestes ou des postures. Attention !

  • Speaker #0

    Pardon, c'est le lion qui venait nous faire pipi dessus.

  • Speaker #1

    Voilà. J'ai vu qu'il m'avait visé.

  • Speaker #0

    Il est sans base.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    c'est pas très artiste. On a eu du bol, c'était pas sur le matériel. Donc on était en train de dire que le principe...

  • Speaker #1

    C'était le principe de les habituer à des jets qui sont...

  • Speaker #0

    Une position en gros. avec un ordre, et donc ils sont habitués, on le fait régulièrement, pour qu'ils comprennent quel ordre correspond à quelle position on attend, avec l'ordre qu'on demande, et forcément pour que ce soit intéressant pour eux, alors il y en a certains, rien que le fait de le faire c'est un jeu, donc ça les amuse, et pour d'autres il y a une récompense à la clé, forcément, dès qu'ils font bien la position qui est demandée en fonction de l'ordre, ils ont une récompense qui peut être selon les espèces. Soit sur les félins c'est une récompense alimentaire, je sais que sur les rhinocéos ça peut être une caresse, voilà donc des petites choses comme ça qui, dans tous les cas la récompense c'est quelque chose qui fera plaisir à l'animal.

  • Speaker #1

    Et donc toi sur les lions, alors là c'est les jeunes lions, donc on a Baz, Esma et les trois petites, tu as commencé quand le training avec eux ?

  • Speaker #0

    J'ai commencé sur Esma, alors ça fait... Je dirais que ça fait trois ans, c'était avant la naissance d'Enzuri. Après, sur les carnivores, on n'est pas obligé de le faire régulièrement. Les carnivores, c'est des animaux qui ont une très très bonne mémoire. Donc, on peut faire, une fois qu'un exercice est imprimé, en gros, il va être imprimé toute la vie de l'animal. Et si on ne le fait pas pendant six ans, pour un peu, on le redemande derrière, il sera... C'est à qui il va le refaire ? Sur les herbivores, on est obligé de le faire régulièrement. Ce sont des animaux qui vont un peu moins assimiler, un peu moins garder en tête les exercices. Donc c'est important de le faire tous les jours. Moi, sur Esma, ça fait trois ans que j'ai commencé. Mais toutes les périodes où elle élevait ses petits, Comme nous, on les laisse tranquilles, on ne les approche pas en gros, pendant des mois et des mois, pour les laisser tranquilles avec ses bébés, on ne faisait plus d'exercice.

  • Speaker #1

    Et dès qu'on se reprend derrière,

  • Speaker #0

    il n'y a aucun problème, elle n'oublie pas. Ou quand on manque de temps des fois, on va aller sur les priorités. Ça ne sert à rien par exemple que j'entraîne base tous les jours alors que je n'ai rien à faire dessus. Mais le jour où j'avais besoin de l'entraîner pour faire une prise de sang, pour vérifier... Si tout allait bien ou pour le peser, etc. Bon, on va reprendre trois exercices et trois sessions de 15 minutes et c'est reparti.

  • Speaker #1

    C'est reparti. Et donc, Esma, par exemple, tout à l'heure, tu lui demandais de se coucher ou de se mettre sur le dos ou sur le côté, si j'ai bien compris. Oui. Ça sert à quoi toutes ces positions ?

  • Speaker #0

    Alors, le coucher... Sur Esma, quand on demandait side, par exemple, tout à l'heure, ça veut dire qu'il faut qu'elle s'allonge sur le côté. Ça, ça nous permet parce qu'on a fait des prises de sang sur Esma. C'était pour suivre si elle était gestante ou pas. En fait, pour pouvoir faire une prise de sang sur un félin sans se mettre en danger... et aussi sans le mettre en danger. Normalement, pour faire une position sur un félin, on l'endort. Nous, on s'est mis à faire du training parce qu'on a des guépards qui ont des problèmes de reins et qui ont des traitements à prendre. Et donc, tous les deux mois, il faut mettre à jour ce traitement, la quantité, la posologie qu'on va donner à l'animal. Donc, il faudrait faire une prise de sang tous les deux mois sur l'animal et endormir l'animal tous les deux mois, c'est un danger pour lui. Faire une prise de sang sur un guépard vigile ou un félin vigile, c'est un danger pour nous. Donc, on a fait du training. On va demander à l'animal de se coucher sur le côté d'une grille. Avec un cintre, bricolage maison, ça fait un petit crochet. On va chercher la queue. L'animal est collé à la grille. On va chercher la queue, qu'on passe sous la grille. Et le vétérinaire peut... Il y a une grosse veine sur la queue des félins. Le vétérinaire peut donc tondre les poils de la queue et piquer, et faire la prise de sang sur cette veine. Donc, la queue est hors de la loge. Donc on est en sécurité pour le faire, l'animal n'est pas endormi, il est en sécurité.

  • Speaker #1

    Et il n'est pas stressé non plus ?

  • Speaker #0

    Et il n'est pas stressé, il le fait de lui-même. S'il n'a pas envie, il s'en va en gros. Donc il le fait parce que c'est volontaire, parce qu'il apprécie le moment aussi. Ils aiment bien souvent ces exercices. Pour la plupart, ça les amuse. Ceux que ça n'amuse pas en général, de toute façon, ils ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Et donc ça a toujours un but médical ?

  • Speaker #0

    Ça a toujours un but médical. Et donc il se trouve que Esma, le bâtiment, la position couchée, c'était compliqué. La position couchée, c'est vraiment, ils sont sur leurs quatre pattes et ils se couchent. Et elle, le side, c'est vraiment, elle est allongée sur le flanc. Et ça nous permettait mieux d'attraper sa queue. Elle était plus proche de la grille. Donc c'est pour ça qu'on lui a appris le side. Et vous avez aussi vu le back, où là, elle est carrément sur le dos, les quatre pattes en l'air. Le but, ce n'était pas de lui faire faire des pirouettes. C'était juste parce que comme ça, elle avait sa cuisse qui était bien collée à la grille. Et ça permettait de faire des injections.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Ça a été aussi utile. On a fait une grande campagne de vaccination sur nos guépards contre le chorizac, une maladie que les chats domestiques qui peuvent des fois rentrer dans nos enclos peuvent transmettre à nos félins. Donc, on les vaccine. Et pareil, on a pu, au lieu de flécher l'animal, en soi, ça ne met en danger personne, mais ça le stresse énormément. Au lieu de le flécher pour lui injecter son vaccin, on a demandé à chacun de nos... Si guépard, de venir se coucher le long de la grille, on pouvait attraper un pli de cuisse à travers les barreaux, on piquait et comme ça, ils repartaient, aucun stress et puis ils avaient leur petite vaccination. Donc voilà vraiment le but du training médical.

  • Speaker #1

    Et donc ça part d'une demande des vétérinaires en général qui ont besoin de pouvoir faire un acte sur les animaux. Voilà. Et donc quel que soit l'animal, en fait, c'est possible ? Oui, c'est possible.

  • Speaker #0

    C'est possible quelle que soit l'espèce, tous les animaux peuvent maintenant, ça prendra plus ou moins de temps selon les espèces. Oui. Et puis voilà.

  • Speaker #1

    Donc les bâtiments prééquipés aussi.

  • Speaker #0

    Alors les bâtiments, oui ça peut aider. Il y a certains bâtiments où ça peut être plus compliqué que d'autres. Après on peut aussi créer les installations, les infrastructures dont on a besoin. mais il y a le cadre qui peut plus ou moins faciliter l'entraînement, et puis derrière, le temps. Ça prendra des fois plus de temps, ça dépend vraiment des individus, s'il est plus réceptif, si ça l'intéresse, parce qu'il y en a qui ne s'intéressent pas du tout, et puis selon les espèces, il y en a qui vont apprendre beaucoup plus vite que d'autres aussi. Esma, tu regardes ? Ok, merci. Tu regardes Esma ? Ok.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ok, c'est bien. Très très bien.

  • Speaker #1

    Ça arrive aussi que vous fassiez le training aux loutres géantes. Donc là, ça consiste aussi à se mettre sur les pattes arrières.

  • Speaker #0

    On peut faire plein de trucs. Je sais que notre ancienne loutre géante, on lui faisait ouvrir la bouche pour regarder ses dents, par exemple. Là, en ce moment, sur Iquitos, notre mâle loutre géante, il a des petites plaies sur une patte arrière. Donc, on lui demande de monter sur les barreaux. Du coup, on a ses quatre pattes bien visibles et on peut comme ça faire les soins sur sa patte arrière où il a sa petite plaie. Voilà sur les lutres jambes, je sais qu'à l'époque, Yukuna, notre ancienne femelle, elle se mettait sur le dos et elle ne bougeait pas collée à la grille, un peu comme on le fait avec les félins, sauf que là elle était sur le dos et ça nous permettait de faire une échographie et ça permettait aussi quand elle avait des bébés, elle avait des plaies autour des tétons et donc on pouvait lui mettre des crèmes pour éviter qu'elle ait ces petites douleurs à force que les petits irritent sa tétine.

  • Speaker #1

    Donc finalement ça permet de faire énormément de bien aux animaux sans les inquiéter,

  • Speaker #0

    sans les stresser, sans nous mettre en danger, sans les mettre en danger.

  • Speaker #1

    Et donc c'est juste un travail qu'il faut répéter plus ou moins régulièrement dans l'espèce. Et par exemple, on a vu Baz tout à l'heure, tu étais en train d'entraîner Esma, et on a vu Baz arriver d'un coup, lui aussi voulait se mettre au training.

  • Speaker #0

    C'est ça, Baz il adore ça. Baz il râle pas mal, mais en fait il adore le training. On l'a entendu d'ailleurs à la fin de l'exercice quand j'ai dit c'est fini, on l'a entendu râler aussi. On le voit à sa tête quand on l'exerce, il est hyper concentré. On pourrait presque dire qu'il fait un sourire et puis quand on lui dit c'est fini, il fronce les sourcils et il râle. Lui, on voit très bien que c'est un individu qu'il adore. Esma, elle aime beaucoup, mais Esma sait que c'est une grande gourmande. Donc elle, c'est la viande.

  • Speaker #1

    Et oui, les petites étaient aussi collées.

  • Speaker #0

    Elle, c'est la viande. Par contre, je sais qu'Enzuri, on lui a fait des prises. Enzuri, c'est la jeune qui aura deux ans le mois prochain. Elle, on l'a. Elle n'avait même pas sept mois quand on lui faisait déjà des prises de sang sur la queue. Ça s'est fait extrêmement rapidement. L'avantage, c'est que les jeunes... vont copier les parents. Donc, elle a vu sa mère qui se couchait, ben, trois secondes après, elle, elle connaissait le coucher. Et donc, elle a vu les prises de sang, etc. Et donc, en fait, elle voit sa mère faire, elle entend l'ordre, et donc, elle peut le répéter tout de suite. Sur un animal, je dirais, voilà, imaginons Esma, quand elle a commencé, qui n'avait pas d'exemple, et bien, il a fallu capturer. le moment, donc comment on capture un exercice au moment où elle est couchée je vais dire coucher c'est bien et tout de suite je récompense c'est comme ça qu'on capture les organes qui comprennent que quand ils sont dans cette position là ils entendent tel mot et là ils sont récompensés donc ils associent très vite ce qu'on leur demande en gros.

  • Speaker #1

    D'accord et si jamais c'est pas toi la soigneuse qui fait le training comment ça se passe ?

  • Speaker #0

    Ça pourrait être possible alors sur euh Là, nous, on travaille beaucoup d'animaux sur le secteur carnivore. Il y a beaucoup d'individus et à chaque fois, ça a été parce qu'on avait besoin de quelque chose. Suivre les chaleurs des femelles pour la reproduction, les problèmes de reins, etc. pour les guépards. Donc, ce n'est pas des animaux qui sont travaillés depuis très longtemps, régulièrement. Quand un animal a vraiment bien acquis, il y a un ordre, il sait très bien faire l'ordre, c'est répété tout le temps, n'importe qui, qui aura le mot. pourra le faire. Il faut juste que la personne connaisse le principe d'un training où on a un ordre, voilà à quelle position l'ordre correspond. Si l'animal le fait bien, il faut récompenser au bon moment. Donc en soi, n'importe qui peut... Un ordre qui est bien acquis par l'animal peut être répété par n'importe quel autre soigneur. Quand c'est... Parce qu'on a quelque chose qu'on attend pour un soin vétérinaire un peu en urgence, on essaie que ce soit le soigneur attitré qui le fasse parce que... il comprend mieux l'animal et on risquerait, si on dirait qu'on ne pense pas au bon moment ou que la position de l'animal n'est pas bien mise, mais que la personne ne le voit pas, ça peut un peu mettre la pagaille dans le training.

  • Speaker #1

    D'accord. Et parce que je vois par exemple Rino, qui sont hyper susceptibles, hyper sensibles, si jamais ce n'était pas la soigneuse habituelle qui faisait le training, tu crois que ça marcherait quand même ?

  • Speaker #0

    Alors, ça dépend des individus. Si c'est des individus qui sont peut-être un peu plus sensibles, c'est... et qui ne sont pas habitués à voir d'autres gens, etc. Non, ça serait compliqué.

  • Speaker #1

    Mais ça s'habitue.

  • Speaker #0

    En tout cas, notre façon de travailler, ça fait que c'est plus facile parce qu'on est souvent plusieurs. Et ça dépend aussi de ce qu'on demande. Pour Iquitos, par exemple, la loutre géante, la soigneuse référente qui s'occupe de lui, elle est en congé cette semaine. On ne va pas attendre non plus qu'en fonction des congés de chacun, il a une plaie à la patte, c'est maintenant qu'il faut le soigner, ce n'est pas dans 10 jours. Donc c'est un exercice tout simple où on lui demande de se lever, on lui dit juste tu restes, il y a deux mots à connaître. Et donc là, tous les soigneurs, comme il faut le faire tous les jours, tous les soigneurs sont formés à le faire. Parce que c'est vraiment un truc très basique. Quand on veut faire un truc un peu plus chiant,

  • Speaker #1

    la photographie ou un truc comme ça,

  • Speaker #0

    là on fait avec le soigneur qui les travaille le plus souvent. Mais pour certaines choses, et c'est aussi hyper important, sinon ça n'a plus d'intérêt. Si on est, imaginons, demain je me casse une jambe, mais il y a besoin pour les soins des guépards de continuer les prises de sang, il faut vraiment que quelqu'un d'autre soit capable de le faire.

  • Speaker #1

    Mais en fait, il y a une relation de confiance qui s'établit entre l'animal et le soigneur.

  • Speaker #0

    C'est comme ça que ça marche d'abord. Moi, en cet exercice, j'ai pu apprendre à la Panthère des Neiges à... à accepter qu'on lui fasse une prise de sang, ça a été si rapide parce qu'elle avait déjà confiance et donc elle pouvait s'approcher. Quand on doit d'abord mettre l'animal en confiance pour qu'il s'approche, qu'il puisse venir prendre une récompense à la main, on n'est pas rendu à lui faire une prise de sang sur la queue. Donc si l'animal est en confiance, ça va beaucoup plus vite. Et l'avantage, c'est que comme on est des secteurs avec un nombre de personnes, genre on est 4-5 individus à tourner sur ces secteurs, les animaux ont l'habitude de leur soigneur. Et donc ils sont déjà en confiance avec leur soigneur. Donc les trois quarts du travail est déjà fait.

  • Speaker #1

    Le plus dur est déjà fait.

  • Speaker #0

    Voilà, exactement.

  • Speaker #1

    Établir la confiance. Et ça n'a rien à voir finalement avec du dressage, ce qu'on peut entendre par rapport à du dressage pour les cirques ou dans les numéros de spectacle.

  • Speaker #0

    Disons que le but n'est pas le même. Là, ce n'est pas... Est-ce que l'animal est entraîné ? Je dirais presque le résultat est le même, on leur demande un exercice. Sauf que le but n'est pas du tout le même. Le dressage, ça va être plus pour du spectacle. Là, c'est un but médical.

  • Speaker #1

    Donc c'est du médical training, de l'entraînement médical. Et ça fait plusieurs années que le bioparc a mis ça en place pour le bien-être de ses animaux. Et donc même, j'imagine, sur des espèces qui étaient là avant les lions du cratère. Ça fait déjà des années que vous pratiquez ? Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr, ça fait des années. Alors au début, c'était... En fait, il faut voir aussi l'utilité. On ne fait pas sur toutes les espèces parce que ça demande du temps. Donc ça va se faire, ça s'est fait beaucoup. D'ailleurs, historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores, ces animaux qui... Quand on les endort, il y a un gros risque pour leur santé. La girafe peut mourir de la chute, l'hippopotame, l'éléphant, le rhinocéros peuvent écraser leurs organes sous leur propre poids quand on les endort, quand ils se couchent. Ils ne se couchent pas dans la position comme il faut. Donc, historiquement, les parcs zoologiques ont mis en place ça sur les grands herbivores, parce que ça permettait de faire des soins sans les endormir. Et puis petit à petit, ça se fait de plus en plus, et puis aussi les mentalités évoluent, on fait aussi attention au bien-être des animaux de plus en plus, donc ça évolue et puis on fait de plus en plus d'analyses sur nos animaux. Donc maintenant ça se fait sur tout, on en fait sur les oriques d'Europe, on en fait sur des oiseaux,

  • Speaker #1

    sur plein d'espèces différentes.

  • Speaker #0

    Je dirais qu'aujourd'hui on peut en faire sur toutes les espèces.

  • Speaker #1

    C'est passionnant en tout cas et je vois Basse qui se rapproche du nouveau, j'espère qu'il ne va pas nous repondre pipi dessus.

  • Speaker #0

    Non, on le voit quand il se prépare.

  • Speaker #1

    Oui, regarde, il gratte le sol là, puis hop, après il va se tourner.

  • Speaker #0

    Et son jet d'urine peut aller à 2 mètres.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que je suis à 2,50 mètres.

  • Speaker #0

    C'est ça. Tu n'as pas recommencé ? C'est des animaux intelligents, donc ils vont être habitués. Ils vont être habitués aux têtes qui croisent. Alors Baz, il a un comportement très particulier avec ses soigneuses et soigneurs. Mais vous prenez les loups à crinière, ils vont avoir une réaction avec tous les gens qui ont un t-shirt bioparc. Que ce soit les soigneurs ou pas les soigneurs. Les loutres d'ailleurs. Les loutres aussi. Les loutres même, c'est tous les gens. Partiellement, on a une tête et deux bras, deux jambes. Le bras, il sur tout le monde.

  • Speaker #1

    Parce qu'ils pensent qu'ils vont pouvoir manger en fait. Voilà.

  • Speaker #0

    Et les singes, prenez les singes. Franchement, je pense que j'ai dû travailler 8 heures dans ma carrière avec les primates. Et quand je vais passer, ils vont quand même avoir une réaction parce qu'on a des tenues. Donc ils repèrent qu'on est du personnel de l'entreprise. Et je pense qu'ils ont un comportement encore un peu différent avec leurs soigneurs. Donc ils vont nous reconnaître parce que c'est des animaux intelligents, mais pour autant ils ne sont pas domestiqués, je n'irais pas faire un câlin à base. Et derrière on disait, bon ils nous attaqueraient, mais ils ne nous mangeraient pas. Ce ne sont pas des animaux qu'on faim. Et c'est de l'attaque, en fait ce serait soit c'est dangereux, non pas forcément qu'ils voudraient nous blesser, mais soit ils voudraient jouer avec nous. Et bon, on peut voir un chaton qui n'est pas bien éduqué et qui peut griffer. Bon, vous voyez Baz qui fait 190 kilos. Lui, s'il joue, il va nous tuer. Mais c'est plus pour du jeu ou des fois, ça peut être un petit effet de surprise. Bon, ils sont plutôt surpris, voire stressés de notre présence trop proche. Et donc, leur comportement va nous blesser. Mais sinon, ce n'est vraiment pas de l'attaque pour nous blesser ou pour nous manger. Surtout en captivité, ces animaux qui manquent pas de... Avant d'avoir faim, ils peuvent se passer plusieurs semaines. Oui, bonne âme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Sylvanie, c'était vachement intéressant.

  • Speaker #0

    De rien.

  • Speaker #1

    La base prochaine entraînement, c'est quand ?

  • Speaker #0

    Là, il n'y a rien de prévu. En soi, je ne les avais pas faits depuis un moment. Mais pour le moment, la prochaine fois, ce sera pour le peser. On aime bien les peser tous les deux mois, tous les félins, pour avoir un petit suivi de poids. Surtout quand ils sont nourris en groupe, comme les lions, on lance la nourriture et ils se les partagent tous les cinq. Donc lui en théorie, dans les trois semaines qui viennent, on fera peut-être un petit training de pesée, mais ça peut, sur les félins, franchement ça peut être tous les six mois, tous les un an et ça... Et ça marche très très bien.

  • Speaker #1

    Je sais qu'une fois vous aviez fait ça sur Esma, vous avez enlevé des tiques.

  • Speaker #0

    Oui, sur Esma, on lui a déjà retiré, elle avait des tiques au coin de l'œil et au coin de l'oreille. Donc là, avec une pince à tiques, vous voyez les pinces à tiques classiques, il n'y a pas des spéciales...

  • Speaker #1

    Spéciales Lyon.

  • Speaker #0

    Spéciales Lyon. Là, le tout, c'est qu'elle se colle bien à la grille et le collègue qui est là pour le jeu ne peut pas, et il a travaillé et lui a enlevé le tique, là ce serait vraiment risqué de se faire arracher le bras. Donc moi, je suis concentrée sur la tête à la faire se coucher à la grille et mon collègue Thomas, qui pour le coup, c'était lui. avec la pince à tiques retirait les tiques et il devait lui être très concentré pour ne pas faire sortir ses doigts de l'autre côté des barreaux que si la lionne décide tout d'un coup de se retourner de lui attraper les doigts qu'il ne soit pas blessé il faut être vigilant quand même mais

  • Speaker #1

    ça te sert ouais ouais effectivement il y a plein de choses à faire et finalement c'est beaucoup de créativité aussi il y a plein de choses à faire exactement merci beaucoup Sylvain de rien bonne journée Voilà, c'est la fin de cet épisode. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Abonnez-vous s'il vous a plu, et pour en savoir plus sur le bioparc,

Description

 De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training medical, un entrainement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice, avec la participation active des lions Baz et Esma !  


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés, sont en danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur.

  • Speaker #1

    Une autre idée du zoo, le podcast du Biopark fait de tout et la fontaine.

  • Speaker #0

    Un petit dernier, base, target. Target, base, ok. Target, base. Ok.

  • Speaker #1

    De nombreux parcs zoologiques pratiquent le training médical, un entraînement des animaux destiné à les faire coopérer pour la réalisation de soins quotidiens et vétérinaires. Sylvanie, soigneuse sur le secteur des carnivores, nous explique en quoi consiste précisément cet exercice avec la participation active des lions Basé-Essma. Salut Sylvanie !

  • Speaker #0

    Salut !

  • Speaker #1

    Alors aujourd'hui on est avec toi Sylvanie pour parler du training médical, mais avant toute chose, est-ce que tu peux nous expliquer quel est ton poste ici au Bioparc ?

  • Speaker #0

    Alors mon poste au Bioparc, moi je suis soigneuse animalière au Bioparc et je vais surtout travailler avec les carnivores, ça va regrouper toutes les espèces de félins et puis d'autres petits carnivores comme les loutres géantes, des loups à crinières et on a en plus les vautours.

  • Speaker #1

    Et ça fait combien de temps que tu travailles au bioparc ?

  • Speaker #0

    Moi ça fait 12 ans que je travaille au bioparc.

  • Speaker #1

    Donc ici aujourd'hui on est avec les lions du cratère des carnivores et tu as fait devant nous du training médical. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi ça consiste ?

  • Speaker #0

    Alors le training, en quoi ça consiste un training ? Déjà le but d'un training médical ça va être de pouvoir faire certains soins sur les animaux sans avoir à les endormir. ça va se pratiquer souvent sur les animaux dangereux qu'on ne peut pas manipuler sans les endormir. Donc là, on a vu sur les lions, mais ça peut se faire avec plein d'autres espèces. On fait du training avec... Au bioparc ici, déjà, on fait du training avec les plantaires des neiges, avec les guépards, et puis sur les autres secteurs, les collègues font aussi du training avec les orictéropes, les rhinocéros, les hippopotames. C'est soit fait quand les animaux ne peuvent pas être manipulés sans danger, ou alors aussi de façon à ce que l'animal n'ait pas peur, parce que les manipulations, c'est toujours très stressant pour les animaux. Donc le training, ça peut aussi leur permettre de le faire volontairement sans être stressé.

  • Speaker #1

    D'accord. Donc en fait, ça consiste à les faire répéter des gestes ou des postures. Attention !

  • Speaker #0

    Pardon, c'est le lion qui venait nous faire pipi dessus.

  • Speaker #1

    Voilà. J'ai vu qu'il m'avait visé.

  • Speaker #0

    Il est sans base.

  • Speaker #1

    Ouais,

  • Speaker #0

    c'est pas très artiste. On a eu du bol, c'était pas sur le matériel. Donc on était en train de dire que le principe...

  • Speaker #1

    C'était le principe de les habituer à des jets qui sont...

  • Speaker #0

    Une position en gros. avec un ordre, et donc ils sont habitués, on le fait régulièrement, pour qu'ils comprennent quel ordre correspond à quelle position on attend, avec l'ordre qu'on demande, et forcément pour que ce soit intéressant pour eux, alors il y en a certains, rien que le fait de le faire c'est un jeu, donc ça les amuse, et pour d'autres il y a une récompense à la clé, forcément, dès qu'ils font bien la position qui est demandée en fonction de l'ordre, ils ont une récompense qui peut être selon les espèces. Soit sur les félins c'est une récompense alimentaire, je sais que sur les rhinocéos ça peut être une caresse, voilà donc des petites choses comme ça qui, dans tous les cas la récompense c'est quelque chose qui fera plaisir à l'animal.

  • Speaker #1

    Et donc toi sur les lions, alors là c'est les jeunes lions, donc on a Baz, Esma et les trois petites, tu as commencé quand le training avec eux ?

  • Speaker #0

    J'ai commencé sur Esma, alors ça fait... Je dirais que ça fait trois ans, c'était avant la naissance d'Enzuri. Après, sur les carnivores, on n'est pas obligé de le faire régulièrement. Les carnivores, c'est des animaux qui ont une très très bonne mémoire. Donc, on peut faire, une fois qu'un exercice est imprimé, en gros, il va être imprimé toute la vie de l'animal. Et si on ne le fait pas pendant six ans, pour un peu, on le redemande derrière, il sera... C'est à qui il va le refaire ? Sur les herbivores, on est obligé de le faire régulièrement. Ce sont des animaux qui vont un peu moins assimiler, un peu moins garder en tête les exercices. Donc c'est important de le faire tous les jours. Moi, sur Esma, ça fait trois ans que j'ai commencé. Mais toutes les périodes où elle élevait ses petits, Comme nous, on les laisse tranquilles, on ne les approche pas en gros, pendant des mois et des mois, pour les laisser tranquilles avec ses bébés, on ne faisait plus d'exercice.

  • Speaker #1

    Et dès qu'on se reprend derrière,

  • Speaker #0

    il n'y a aucun problème, elle n'oublie pas. Ou quand on manque de temps des fois, on va aller sur les priorités. Ça ne sert à rien par exemple que j'entraîne base tous les jours alors que je n'ai rien à faire dessus. Mais le jour où j'avais besoin de l'entraîner pour faire une prise de sang, pour vérifier... Si tout allait bien ou pour le peser, etc. Bon, on va reprendre trois exercices et trois sessions de 15 minutes et c'est reparti.

  • Speaker #1

    C'est reparti. Et donc, Esma, par exemple, tout à l'heure, tu lui demandais de se coucher ou de se mettre sur le dos ou sur le côté, si j'ai bien compris. Oui. Ça sert à quoi toutes ces positions ?

  • Speaker #0

    Alors, le coucher... Sur Esma, quand on demandait side, par exemple, tout à l'heure, ça veut dire qu'il faut qu'elle s'allonge sur le côté. Ça, ça nous permet parce qu'on a fait des prises de sang sur Esma. C'était pour suivre si elle était gestante ou pas. En fait, pour pouvoir faire une prise de sang sur un félin sans se mettre en danger... et aussi sans le mettre en danger. Normalement, pour faire une position sur un félin, on l'endort. Nous, on s'est mis à faire du training parce qu'on a des guépards qui ont des problèmes de reins et qui ont des traitements à prendre. Et donc, tous les deux mois, il faut mettre à jour ce traitement, la quantité, la posologie qu'on va donner à l'animal. Donc, il faudrait faire une prise de sang tous les deux mois sur l'animal et endormir l'animal tous les deux mois, c'est un danger pour lui. Faire une prise de sang sur un guépard vigile ou un félin vigile, c'est un danger pour nous. Donc, on a fait du training. On va demander à l'animal de se coucher sur le côté d'une grille. Avec un cintre, bricolage maison, ça fait un petit crochet. On va chercher la queue. L'animal est collé à la grille. On va chercher la queue, qu'on passe sous la grille. Et le vétérinaire peut... Il y a une grosse veine sur la queue des félins. Le vétérinaire peut donc tondre les poils de la queue et piquer, et faire la prise de sang sur cette veine. Donc, la queue est hors de la loge. Donc on est en sécurité pour le faire, l'animal n'est pas endormi, il est en sécurité.

  • Speaker #1

    Et il n'est pas stressé non plus ?

  • Speaker #0

    Et il n'est pas stressé, il le fait de lui-même. S'il n'a pas envie, il s'en va en gros. Donc il le fait parce que c'est volontaire, parce qu'il apprécie le moment aussi. Ils aiment bien souvent ces exercices. Pour la plupart, ça les amuse. Ceux que ça n'amuse pas en général, de toute façon, ils ne viennent pas.

  • Speaker #1

    Et donc ça a toujours un but médical ?

  • Speaker #0

    Ça a toujours un but médical. Et donc il se trouve que Esma, le bâtiment, la position couchée, c'était compliqué. La position couchée, c'est vraiment, ils sont sur leurs quatre pattes et ils se couchent. Et elle, le side, c'est vraiment, elle est allongée sur le flanc. Et ça nous permettait mieux d'attraper sa queue. Elle était plus proche de la grille. Donc c'est pour ça qu'on lui a appris le side. Et vous avez aussi vu le back, où là, elle est carrément sur le dos, les quatre pattes en l'air. Le but, ce n'était pas de lui faire faire des pirouettes. C'était juste parce que comme ça, elle avait sa cuisse qui était bien collée à la grille. Et ça permettait de faire des injections.

  • Speaker #1

    D'accord.

  • Speaker #0

    Ça a été aussi utile. On a fait une grande campagne de vaccination sur nos guépards contre le chorizac, une maladie que les chats domestiques qui peuvent des fois rentrer dans nos enclos peuvent transmettre à nos félins. Donc, on les vaccine. Et pareil, on a pu, au lieu de flécher l'animal, en soi, ça ne met en danger personne, mais ça le stresse énormément. Au lieu de le flécher pour lui injecter son vaccin, on a demandé à chacun de nos... Si guépard, de venir se coucher le long de la grille, on pouvait attraper un pli de cuisse à travers les barreaux, on piquait et comme ça, ils repartaient, aucun stress et puis ils avaient leur petite vaccination. Donc voilà vraiment le but du training médical.

  • Speaker #1

    Et donc ça part d'une demande des vétérinaires en général qui ont besoin de pouvoir faire un acte sur les animaux. Voilà. Et donc quel que soit l'animal, en fait, c'est possible ? Oui, c'est possible.

  • Speaker #0

    C'est possible quelle que soit l'espèce, tous les animaux peuvent maintenant, ça prendra plus ou moins de temps selon les espèces. Oui. Et puis voilà.

  • Speaker #1

    Donc les bâtiments prééquipés aussi.

  • Speaker #0

    Alors les bâtiments, oui ça peut aider. Il y a certains bâtiments où ça peut être plus compliqué que d'autres. Après on peut aussi créer les installations, les infrastructures dont on a besoin. mais il y a le cadre qui peut plus ou moins faciliter l'entraînement, et puis derrière, le temps. Ça prendra des fois plus de temps, ça dépend vraiment des individus, s'il est plus réceptif, si ça l'intéresse, parce qu'il y en a qui ne s'intéressent pas du tout, et puis selon les espèces, il y en a qui vont apprendre beaucoup plus vite que d'autres aussi. Esma, tu regardes ? Ok, merci. Tu regardes Esma ? Ok.

  • Speaker #1

    Ok.

  • Speaker #0

    Ok, c'est bien. Très très bien.

  • Speaker #1

    Ça arrive aussi que vous fassiez le training aux loutres géantes. Donc là, ça consiste aussi à se mettre sur les pattes arrières.

  • Speaker #0

    On peut faire plein de trucs. Je sais que notre ancienne loutre géante, on lui faisait ouvrir la bouche pour regarder ses dents, par exemple. Là, en ce moment, sur Iquitos, notre mâle loutre géante, il a des petites plaies sur une patte arrière. Donc, on lui demande de monter sur les barreaux. Du coup, on a ses quatre pattes bien visibles et on peut comme ça faire les soins sur sa patte arrière où il a sa petite plaie. Voilà sur les lutres jambes, je sais qu'à l'époque, Yukuna, notre ancienne femelle, elle se mettait sur le dos et elle ne bougeait pas collée à la grille, un peu comme on le fait avec les félins, sauf que là elle était sur le dos et ça nous permettait de faire une échographie et ça permettait aussi quand elle avait des bébés, elle avait des plaies autour des tétons et donc on pouvait lui mettre des crèmes pour éviter qu'elle ait ces petites douleurs à force que les petits irritent sa tétine.

  • Speaker #1

    Donc finalement ça permet de faire énormément de bien aux animaux sans les inquiéter,

  • Speaker #0

    sans les stresser, sans nous mettre en danger, sans les mettre en danger.

  • Speaker #1

    Et donc c'est juste un travail qu'il faut répéter plus ou moins régulièrement dans l'espèce. Et par exemple, on a vu Baz tout à l'heure, tu étais en train d'entraîner Esma, et on a vu Baz arriver d'un coup, lui aussi voulait se mettre au training.

  • Speaker #0

    C'est ça, Baz il adore ça. Baz il râle pas mal, mais en fait il adore le training. On l'a entendu d'ailleurs à la fin de l'exercice quand j'ai dit c'est fini, on l'a entendu râler aussi. On le voit à sa tête quand on l'exerce, il est hyper concentré. On pourrait presque dire qu'il fait un sourire et puis quand on lui dit c'est fini, il fronce les sourcils et il râle. Lui, on voit très bien que c'est un individu qu'il adore. Esma, elle aime beaucoup, mais Esma sait que c'est une grande gourmande. Donc elle, c'est la viande.

  • Speaker #1

    Et oui, les petites étaient aussi collées.

  • Speaker #0

    Elle, c'est la viande. Par contre, je sais qu'Enzuri, on lui a fait des prises. Enzuri, c'est la jeune qui aura deux ans le mois prochain. Elle, on l'a. Elle n'avait même pas sept mois quand on lui faisait déjà des prises de sang sur la queue. Ça s'est fait extrêmement rapidement. L'avantage, c'est que les jeunes... vont copier les parents. Donc, elle a vu sa mère qui se couchait, ben, trois secondes après, elle, elle connaissait le coucher. Et donc, elle a vu les prises de sang, etc. Et donc, en fait, elle voit sa mère faire, elle entend l'ordre, et donc, elle peut le répéter tout de suite. Sur un animal, je dirais, voilà, imaginons Esma, quand elle a commencé, qui n'avait pas d'exemple, et bien, il a fallu capturer. le moment, donc comment on capture un exercice au moment où elle est couchée je vais dire coucher c'est bien et tout de suite je récompense c'est comme ça qu'on capture les organes qui comprennent que quand ils sont dans cette position là ils entendent tel mot et là ils sont récompensés donc ils associent très vite ce qu'on leur demande en gros.

  • Speaker #1

    D'accord et si jamais c'est pas toi la soigneuse qui fait le training comment ça se passe ?

  • Speaker #0

    Ça pourrait être possible alors sur euh Là, nous, on travaille beaucoup d'animaux sur le secteur carnivore. Il y a beaucoup d'individus et à chaque fois, ça a été parce qu'on avait besoin de quelque chose. Suivre les chaleurs des femelles pour la reproduction, les problèmes de reins, etc. pour les guépards. Donc, ce n'est pas des animaux qui sont travaillés depuis très longtemps, régulièrement. Quand un animal a vraiment bien acquis, il y a un ordre, il sait très bien faire l'ordre, c'est répété tout le temps, n'importe qui, qui aura le mot. pourra le faire. Il faut juste que la personne connaisse le principe d'un training où on a un ordre, voilà à quelle position l'ordre correspond. Si l'animal le fait bien, il faut récompenser au bon moment. Donc en soi, n'importe qui peut... Un ordre qui est bien acquis par l'animal peut être répété par n'importe quel autre soigneur. Quand c'est... Parce qu'on a quelque chose qu'on attend pour un soin vétérinaire un peu en urgence, on essaie que ce soit le soigneur attitré qui le fasse parce que... il comprend mieux l'animal et on risquerait, si on dirait qu'on ne pense pas au bon moment ou que la position de l'animal n'est pas bien mise, mais que la personne ne le voit pas, ça peut un peu mettre la pagaille dans le training.

  • Speaker #1

    D'accord. Et parce que je vois par exemple Rino, qui sont hyper susceptibles, hyper sensibles, si jamais ce n'était pas la soigneuse habituelle qui faisait le training, tu crois que ça marcherait quand même ?

  • Speaker #0

    Alors, ça dépend des individus. Si c'est des individus qui sont peut-être un peu plus sensibles, c'est... et qui ne sont pas habitués à voir d'autres gens, etc. Non, ça serait compliqué.

  • Speaker #1

    Mais ça s'habitue.

  • Speaker #0

    En tout cas, notre façon de travailler, ça fait que c'est plus facile parce qu'on est souvent plusieurs. Et ça dépend aussi de ce qu'on demande. Pour Iquitos, par exemple, la loutre géante, la soigneuse référente qui s'occupe de lui, elle est en congé cette semaine. On ne va pas attendre non plus qu'en fonction des congés de chacun, il a une plaie à la patte, c'est maintenant qu'il faut le soigner, ce n'est pas dans 10 jours. Donc c'est un exercice tout simple où on lui demande de se lever, on lui dit juste tu restes, il y a deux mots à connaître. Et donc là, tous les soigneurs, comme il faut le faire tous les jours, tous les soigneurs sont formés à le faire. Parce que c'est vraiment un truc très basique. Quand on veut faire un truc un peu plus chiant,

  • Speaker #1

    la photographie ou un truc comme ça,

  • Speaker #0

    là on fait avec le soigneur qui les travaille le plus souvent. Mais pour certaines choses, et c'est aussi hyper important, sinon ça n'a plus d'intérêt. Si on est, imaginons, demain je me casse une jambe, mais il y a besoin pour les soins des guépards de continuer les prises de sang, il faut vraiment que quelqu'un d'autre soit capable de le faire.

  • Speaker #1

    Mais en fait, il y a une relation de confiance qui s'établit entre l'animal et le soigneur.

  • Speaker #0

    C'est comme ça que ça marche d'abord. Moi, en cet exercice, j'ai pu apprendre à la Panthère des Neiges à... à accepter qu'on lui fasse une prise de sang, ça a été si rapide parce qu'elle avait déjà confiance et donc elle pouvait s'approcher. Quand on doit d'abord mettre l'animal en confiance pour qu'il s'approche, qu'il puisse venir prendre une récompense à la main, on n'est pas rendu à lui faire une prise de sang sur la queue. Donc si l'animal est en confiance, ça va beaucoup plus vite. Et l'avantage, c'est que comme on est des secteurs avec un nombre de personnes, genre on est 4-5 individus à tourner sur ces secteurs, les animaux ont l'habitude de leur soigneur. Et donc ils sont déjà en confiance avec leur soigneur. Donc les trois quarts du travail est déjà fait.

  • Speaker #1

    Le plus dur est déjà fait.

  • Speaker #0

    Voilà, exactement.

  • Speaker #1

    Établir la confiance. Et ça n'a rien à voir finalement avec du dressage, ce qu'on peut entendre par rapport à du dressage pour les cirques ou dans les numéros de spectacle.

  • Speaker #0

    Disons que le but n'est pas le même. Là, ce n'est pas... Est-ce que l'animal est entraîné ? Je dirais presque le résultat est le même, on leur demande un exercice. Sauf que le but n'est pas du tout le même. Le dressage, ça va être plus pour du spectacle. Là, c'est un but médical.

  • Speaker #1

    Donc c'est du médical training, de l'entraînement médical. Et ça fait plusieurs années que le bioparc a mis ça en place pour le bien-être de ses animaux. Et donc même, j'imagine, sur des espèces qui étaient là avant les lions du cratère. Ça fait déjà des années que vous pratiquez ? Oui,

  • Speaker #0

    bien sûr, ça fait des années. Alors au début, c'était... En fait, il faut voir aussi l'utilité. On ne fait pas sur toutes les espèces parce que ça demande du temps. Donc ça va se faire, ça s'est fait beaucoup. D'ailleurs, historiquement dans les parcs zoologiques, l'entraînement s'est d'abord fait sur les gros herbivores, ces animaux qui... Quand on les endort, il y a un gros risque pour leur santé. La girafe peut mourir de la chute, l'hippopotame, l'éléphant, le rhinocéros peuvent écraser leurs organes sous leur propre poids quand on les endort, quand ils se couchent. Ils ne se couchent pas dans la position comme il faut. Donc, historiquement, les parcs zoologiques ont mis en place ça sur les grands herbivores, parce que ça permettait de faire des soins sans les endormir. Et puis petit à petit, ça se fait de plus en plus, et puis aussi les mentalités évoluent, on fait aussi attention au bien-être des animaux de plus en plus, donc ça évolue et puis on fait de plus en plus d'analyses sur nos animaux. Donc maintenant ça se fait sur tout, on en fait sur les oriques d'Europe, on en fait sur des oiseaux,

  • Speaker #1

    sur plein d'espèces différentes.

  • Speaker #0

    Je dirais qu'aujourd'hui on peut en faire sur toutes les espèces.

  • Speaker #1

    C'est passionnant en tout cas et je vois Basse qui se rapproche du nouveau, j'espère qu'il ne va pas nous repondre pipi dessus.

  • Speaker #0

    Non, on le voit quand il se prépare.

  • Speaker #1

    Oui, regarde, il gratte le sol là, puis hop, après il va se tourner.

  • Speaker #0

    Et son jet d'urine peut aller à 2 mètres.

  • Speaker #1

    C'est pour ça que je suis à 2,50 mètres.

  • Speaker #0

    C'est ça. Tu n'as pas recommencé ? C'est des animaux intelligents, donc ils vont être habitués. Ils vont être habitués aux têtes qui croisent. Alors Baz, il a un comportement très particulier avec ses soigneuses et soigneurs. Mais vous prenez les loups à crinière, ils vont avoir une réaction avec tous les gens qui ont un t-shirt bioparc. Que ce soit les soigneurs ou pas les soigneurs. Les loutres d'ailleurs. Les loutres aussi. Les loutres même, c'est tous les gens. Partiellement, on a une tête et deux bras, deux jambes. Le bras, il sur tout le monde.

  • Speaker #1

    Parce qu'ils pensent qu'ils vont pouvoir manger en fait. Voilà.

  • Speaker #0

    Et les singes, prenez les singes. Franchement, je pense que j'ai dû travailler 8 heures dans ma carrière avec les primates. Et quand je vais passer, ils vont quand même avoir une réaction parce qu'on a des tenues. Donc ils repèrent qu'on est du personnel de l'entreprise. Et je pense qu'ils ont un comportement encore un peu différent avec leurs soigneurs. Donc ils vont nous reconnaître parce que c'est des animaux intelligents, mais pour autant ils ne sont pas domestiqués, je n'irais pas faire un câlin à base. Et derrière on disait, bon ils nous attaqueraient, mais ils ne nous mangeraient pas. Ce ne sont pas des animaux qu'on faim. Et c'est de l'attaque, en fait ce serait soit c'est dangereux, non pas forcément qu'ils voudraient nous blesser, mais soit ils voudraient jouer avec nous. Et bon, on peut voir un chaton qui n'est pas bien éduqué et qui peut griffer. Bon, vous voyez Baz qui fait 190 kilos. Lui, s'il joue, il va nous tuer. Mais c'est plus pour du jeu ou des fois, ça peut être un petit effet de surprise. Bon, ils sont plutôt surpris, voire stressés de notre présence trop proche. Et donc, leur comportement va nous blesser. Mais sinon, ce n'est vraiment pas de l'attaque pour nous blesser ou pour nous manger. Surtout en captivité, ces animaux qui manquent pas de... Avant d'avoir faim, ils peuvent se passer plusieurs semaines. Oui, bonne âme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup Sylvanie, c'était vachement intéressant.

  • Speaker #0

    De rien.

  • Speaker #1

    La base prochaine entraînement, c'est quand ?

  • Speaker #0

    Là, il n'y a rien de prévu. En soi, je ne les avais pas faits depuis un moment. Mais pour le moment, la prochaine fois, ce sera pour le peser. On aime bien les peser tous les deux mois, tous les félins, pour avoir un petit suivi de poids. Surtout quand ils sont nourris en groupe, comme les lions, on lance la nourriture et ils se les partagent tous les cinq. Donc lui en théorie, dans les trois semaines qui viennent, on fera peut-être un petit training de pesée, mais ça peut, sur les félins, franchement ça peut être tous les six mois, tous les un an et ça... Et ça marche très très bien.

  • Speaker #1

    Je sais qu'une fois vous aviez fait ça sur Esma, vous avez enlevé des tiques.

  • Speaker #0

    Oui, sur Esma, on lui a déjà retiré, elle avait des tiques au coin de l'œil et au coin de l'oreille. Donc là, avec une pince à tiques, vous voyez les pinces à tiques classiques, il n'y a pas des spéciales...

  • Speaker #1

    Spéciales Lyon.

  • Speaker #0

    Spéciales Lyon. Là, le tout, c'est qu'elle se colle bien à la grille et le collègue qui est là pour le jeu ne peut pas, et il a travaillé et lui a enlevé le tique, là ce serait vraiment risqué de se faire arracher le bras. Donc moi, je suis concentrée sur la tête à la faire se coucher à la grille et mon collègue Thomas, qui pour le coup, c'était lui. avec la pince à tiques retirait les tiques et il devait lui être très concentré pour ne pas faire sortir ses doigts de l'autre côté des barreaux que si la lionne décide tout d'un coup de se retourner de lui attraper les doigts qu'il ne soit pas blessé il faut être vigilant quand même mais

  • Speaker #1

    ça te sert ouais ouais effectivement il y a plein de choses à faire et finalement c'est beaucoup de créativité aussi il y a plein de choses à faire exactement merci beaucoup Sylvain de rien bonne journée Voilà, c'est la fin de cet épisode. Merci de l'avoir écouté jusqu'au bout. Abonnez-vous s'il vous a plu, et pour en savoir plus sur le bioparc,

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