- Speaker #0
Vieillir est plus difficile pour les femmes que pour les hommes. Faux.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que t'entends souvent comme critique sur ta génération ou sur ton âge que tu trouves injuste ?
- Speaker #1
Principalement, c'est qu'on n'a plus le sens du travail.
- Speaker #2
On a le sentiment d'avoir fait le tour de l'entreprise quand on a passé 6 mois, 8 mois, 1 an. On a encore beaucoup, beaucoup de choses à apprendre.
- Speaker #1
Prendre le temps, c'est pas perdre le temps.
- Speaker #0
La curiosité d'un junior peut être perçue comme de l'arrogance.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
En revanche, l'IA peut pas du tout remplacer le savoir-être. Elle ne peut pas remplacer l'empathie, elle ne peut pas remplacer la bienveillance.
- Speaker #1
Beaucoup de boîtes comprennent l'autonomie comme de l'abandon et c'est ce qui fait que ça ne marche pas.
- Speaker #0
C'est corporel votre réponse ou c'est vrai ? Bonjour à tous, je m'appelle Caroline Sarreau-Le Carpentier, je suis conférencière et consultante en entreprise et j'ai eu la bonne idée un jour de me dire si on allait creuser un peu plus les points de vue des différentes générations grâce à ce podcast. Il s'appelle « Une génération des cas » et sur chaque émission, j'ai la chance de pouvoir avoir deux personnes, 25 ans les séparent. Et aujourd'hui, j'ai proposé à Bernard et à Shams de me rejoindre pour qu'on parle ensemble 50 minutes de leur point de vue sur le monde, la société, pas mal de sujets aussi liés à l'entreprise parce que c'est aussi ça, vous donner des clés de lecture, mieux comprendre les générations, mieux s'entendre et finalement mieux collaborer ensemble. Je vais démarrer, cette fois-ci, c'est pas ce que je fais habituellement, mais j'avais envie. On va commencer par des oui-non. Tout de suite, direct, pour casser la glace. Et après, je vous demanderai à chacun de vous présenter.
- Speaker #1
Allez. Ça va.
- Speaker #0
Ok. Alors, vous allez me dire très vite, vrai, faux.
- Speaker #1
Ok. Sans justifier.
- Speaker #0
Sans justifier. On justifiera après. Si je sens qu'il y a besoin de justification. Les jeunes n'ont plus le sens de l'effort.
- Speaker #1
Faux.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
Vieillir est plus difficile pour les femmes que pour les hommes.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #0
Les applications de rencontres ont tué la romance.
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #0
L'expérience compte plus que les diplômes.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Vrai.
- Speaker #0
Faire des enfants dans le monde d'aujourd'hui est un acte égoïste.
- Speaker #2
Faux. Faux.
- Speaker #0
J'aime bien. Le vouvoiement crée une distance nécessaire au travail.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #0
La proximité avec ses équipes fait perdre de l'autorité.
- Speaker #1
Faux.
- Speaker #0
Questionner directement son N plus 2 sans passer par son manager, c'est un manque de respect.
- Speaker #1
Faux.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
C'est pas possible.
- Speaker #1
On est d'accord avec Bernard. C'est dingue.
- Speaker #0
On ne peut pas être ami avec quelqu'un qu'on doit recadrer.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
La présentation de soi en dit long sur le sérieux professionnel.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
Merci, j'en viens. Donner trop d'autonomie à un débutant, c'est le mettre en échec.
- Speaker #1
Je suis au milieu, là.
- Speaker #0
Non, tu t'as pas. Il n'y a pas de nuance ici.
- Speaker #1
Moi, alors faux.
- Speaker #0
Merci. La curiosité d'un junior peut être perçue comme de l'arrogance.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #1
Perçue, vrai, oui.
- Speaker #0
Les tatouages nuisent à ton ascension professionnelle.
- Speaker #2
Faux. Vrai, pardon.
- Speaker #0
Vrai, ça nuit. Oui, si faux. On apprend aussi vite à 55 ans qu'à 25 ans.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Je suis en plein dedans. Je suis en plein dedans. Faux.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Les parents doivent être les amis de leurs enfants.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
Ah, j'ai quelques sujets. Partir à la retraite, c'est commencer à mourir socialement.
- Speaker #2
Faux.
- Speaker #0
Faux. Très bien. Et la dernière, les seniors jugent les jeunes parce qu'ils ont oublié comment c'était d'avoir 25 ans.
- Speaker #1
Vrai.
- Speaker #2
Non, je ne crois pas. Faux.
- Speaker #0
Très bien, parfait. Eh bien, écoutez, on a quelques sujets qu'on va voir ensemble qui vont être intéressants. Mais pour commencer, j'aimerais bien que Shems, tu te présentes à Bernard. Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #1
Alors, bonjour Bernard. Je m'appelle Shems, du coup. Pour la petite anecdote, ça veut dire soleil en arabe, mon prénom. J'ai 22 ans, bientôt 23. Et actuellement, je suis chargée de développement commercial pour le marché anglais dans une PME de tech qui s'appelle ITsoft. Et à côté, je suis aussi étudiante en master spécialisée en négociation commerciale et management.
- Speaker #0
Et Shems est bénévole, engagé, volontaire dans le projet Vivagène que je monte le 16 avril. Et Shems est extrêmement efficace, extrêmement investi. Et voilà, c'est top. Je remercie Luc qui m'a mis en relation avec Shems. C'est top, merci beaucoup.
- Speaker #2
Et Trépeps.
- Speaker #0
Ah ben, aussi.
- Speaker #2
À première vue, comme ça, Trépeps.
- Speaker #0
Alors, et vous Bernard ? Bernard. Moi, on vous voit Bernard.
- Speaker #1
Ah d'accord, ok, je garde.
- Speaker #0
Vous allez expliquer pourquoi tout à l'heure. A moins que ce soit l'occasion. Non,
- Speaker #2
c'est des habitudes professionnelles, c'est des habitudes au quotidien. Le vouvoiement est très respecté chez nous et on fonctionne comme ça. Et moi, je fonctionne beaucoup, beaucoup comme ça également. C'est une habitude comme ça. Moi, je m'appelle Bernard Brouillet. J'ai 56 ans, bientôt 57. Je suis natif du Pas-de-Calais. Je vis en Bourgogne, en plein cœur du Vignoble-Bourguignon, à Beaune. Je travaille dans un relais château. Donc un hôtel 5 étoiles qui s'appelle l'hostellerie de Le Vernois, j'exerce le poste de premier maître d'hôtel. Je suis marié, j'ai trois enfants, 28, 22 et bientôt 16 et je suis là-bas depuis 24 ans maintenant. Donc voilà, mon poste consiste à la relation client, le conseil, je suis passionné de vin forcément vivant à Bourgogne-à-Bonne. Et donc, j'exerce également une partie sur la sommalerie à l'hostellerie. Est-ce que tu sais en quoi consiste son métier ?
- Speaker #1
Absolument pas.
- Speaker #2
C'est quoi ce qui fait la valeur de votre métier, Bernard ? La valeur de mon métier, je dirais accueillir les clients, leur faire vivre une expérience, leur faire vivre un moment, essayer de leur laisser un joli souvenir, leur donner une prestation. par rapport à ce qu'ils attendent lorsqu'ils viennent dans des établissements comme ça, c'est-à-dire 5 étoiles, étoiles et Michelin, mais tout en ayant un côté convivial, chaleureux, sérieux, sans trop se prendre au sérieux, et pour essayer de leur faire vivre quelque chose qui soit un moment un peu inoubliable, parce qu'on n'a pas la prétention, mais un moment sympa.
- Speaker #0
Moi, j'ai vu Bernard en action. J'ai eu la chance d'aller à l'hostellerie de Le Vernois. Il y a Bernard en face de toi et il y a Bernard en salle.
- Speaker #2
Je crois qu'il y a deux personnages.
- Speaker #0
C'est deux personnages différents. C'est incroyable. Une sorte de mise en scène, de faculté à... On dirait un danseur.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #0
Entre les tables. Et une connaissance des produits, des fromages, des vins, etc. qui est assez dingue. C'était assez dingue.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #0
Non, vraiment, à chaque fois. Je vous invite à aller à l'hostellerie de Vernoy, d'ailleurs, et à Sainte-Sabine. C'est formidable. Voilà. J'aimerais qu'on revienne sur le monde du travail. Qu'est-ce qui te fait peur aujourd'hui, Shem, sur le monde du travail ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'ingoisse un petit peu ?
- Speaker #1
Je dirais la stagnation. J'ai peur de me retrouver dans quelques années et me dire que je n'ai pas évolué personnellement et professionnellement. Peu importe le job title, peut-être que oui, j'aurais un job title différent. J'aurais gravi les échelons. Mais que moi, je ne sens pas de valeur ajoutée dans mon apprentissage ou dans ma... ma formation personnelle à l'intérieur.
- Speaker #2
C'est en ça où parfois on dit que vous avez besoin d'apprendre beaucoup, très rapidement ?
- Speaker #1
Tout le temps.
- Speaker #2
Est-ce que vous le ressentez ça, Bernard, avec vos équipes ? Oui. Oui, dans des collaborateurs qui sont peut-être de l'âge de Shams, on sent leur envie d'aller très vite, de vouloir apprendre beaucoup, pas forcément de maîtriser tous les sujets, mais de vouloir apprendre beaucoup, beaucoup, beaucoup, d'aller très, très vite, de gravir très vite, et puis parfois de... passer, de tourner la page et de se dire tiens, je m'ennuie maintenant, je m'ennuie, il faut que je fasse autre chose.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous ennuie, vous, dans ces cas-là ? Qu'est-ce qui vous gêne ? Qu'est-ce qui vous gratte ? Qu'est-ce qui est difficile pour vous peut-être ?
- Speaker #2
Ce qui est difficile, ce qui ne m'ennuie pas, mais ce qui est difficile, c'est d'avoir pris le temps, je ne dis pas perdre le temps, d'avoir pris le temps de former ces personnes et au bout d'un moment, avec tout le savoir, entre guillemets, que l'on a donné, de les voir partir et de dire... En fait, ce n'est pas ce que j'ai envie de faire. Alors qu'ils ont un potentiel énorme, un potentiel en termes techniques, un potentiel en termes de savoir-être. Et je me dis, vous êtes sacrément fait pour faire ce métier. Je dis, c'est dommage. C'est dommage parce que c'est mon métier, parce que j'ai envie de les garder et j'ai envie de les emmener dans cette voie-là. C'est peut-être ça qui me dérange. Mais après, c'est normal. Après, c'est normal. Ils ont envie de grandir. Ils ont envie de changer. J'ai envie de bouger. Et je pense que vous allez faire bien plus de métiers que moi, je n'en ai fait dans votre vie, je pense.
- Speaker #0
je pense.
- Speaker #2
Parce que ça fonctionne comme ça maintenant.
- Speaker #0
Oui, c'est certain. Qu'est-ce que tu entends quand tu entends Bernard dire cette espèce de sentiment de... Oui, en effet, c'est pas le mot gâchis, mais on a tellement investi et hop,
- Speaker #1
il part. Complètement, c'est quelque chose qui est réel aujourd'hui. Il y a un désir de changer, d'apprendre en fait, et de combattre cette stagnation, peut-être un peu trop rapidement, certes, c'est vrai. Maintenant, je ne considère pas que ce soit un gâchis, comme vous le dites tous les deux. Non, non, non, c'est tout pas. Justement, comme vous le dites, que ce n'est pas un gâchis. Non, voilà.
- Speaker #2
Non, non, surtout pas.
- Speaker #0
C'est l'impression. Le sentiment que,
- Speaker #2
tiens, on aurait aimé les garder. Non pas vers nous, mais les garder dans cette filière-là, parce qu'ils sont bons, ils sont bons là-dedans. Alors, ils peuvent être bons dans autre chose, bien entendu, mais ils sont bons là-dedans. Et on se dit, waouh, ça ferait un super élément qui reste dans ce métier.
- Speaker #1
Complètement, c'est ça. Donc, moi, ma réponse à ça, c'est OK, si je suis bonne dans un truc, mais si je kiffe pas ce que je fais, j'irais être moins bonne dans un autre truc que je kiffe, quitte à apprendre et à devenir meilleure que de rester dans un endroit où, OK, je suis bonne, mais je kiffe pas.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu entends souvent comme critique sur ta génération ou sur ton âge que tu trouves injuste ?
- Speaker #1
Je pense principalement c'est qu'on n'a plus le sens du travail, mais j'imagine que c'est comme il a été défini auparavant, le fait qu'on ne fait plus de carrière longue dans une seule et même entreprise, c'est aussi un reproche qu'on retrouve assez souvent. Donc je dirais que c'est ces deux critères-là. Je dirais la loyauté envers une structure et le fait d'attendre l'impatience, on va dire.
- Speaker #0
Comment est-ce que tu peux aider ou donner des clés de lecture pour des gens de l'âge de Bernard, qui sont les équipes qui accueillent des gens de votre âge et puis des générations plus âgées, à apprécier ou à appréhender ou mieux accompagner ce sentiment que tu as ?
- Speaker #1
Une clé, je ne prétends pas avoir la réponse pour tout, mais je pense qu'une clé, ce serait l'écoute. Apprendre à écouter, mais écouter vraiment la personne, ce qu'elle veut, ce qu'elle recherche. quelqu'un qui rentre dans un poste, ça peut être le poste de sa vie ou ça peut être une étape. Mais dans tous les cas, je pense qu'on a tout à gagner à s'entendre, à se poser des questions, mais des vraies. Toi, qu'est-ce qui t'intéresse ici ? Pourquoi tu es là ? Qu'est-ce que tu attends de cette structure, de mon accompagnement ? Et pareil, qu'est-ce que tu es prêt à donner ici, que ce soit avec l'objectif de rester ou de partir dans quelques années et d'être aligné dessus ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est tout le temps facile de faire ça ?
- Speaker #2
Est-ce que c'est tout le temps facile ? Ça peut l'être facile. Parfois, on n'a pas forcément le temps. Parfois, on ne prend pas forcément le temps de poser toutes ces questions et de se poser et de se dire « Tiens, comment tu te sens ? Comment tu as envie ? Comment, comme on venait de dire, quelle évolution ? Tu te projettes comment dans 3-4 mois ? Quels sont tes projets ? Qu'est-ce que l'on va... Est-ce qu'on a pris le temps de regarder un peu l'évolution dans la maison déjà au bout de ces quelques mois, de prendre un peu de recul aussi ? Se poser, prendre un peu de recul, de se dire, tiens, tu as vu, il y a quelques mois, ou il y a un an, ou un an et demi, deux ans, tu as vu à quel niveau on en était, et tu as vu où est-ce qu'on est arrivé maintenant. Le travail que tu as produit t'a fait grimper, t'a fait évoluer. Et puis, mais non, on ne prend pas forcément, moi je parle dans mon métier, on ne prend pas forcément suffisamment de temps pour arriver à débriefer de ça. On est la tête dans le guidon souvent, très souvent. Mais je pense comme dans beaucoup de secteurs d'activité. On est la tête dans le guidon, on n'a pas forcément le temps, on ne prend pas forcément suffisamment de temps pour arriver à débriefer tout ça. Dommage.
- Speaker #0
Et vous, qu'est-ce que vous donneriez comme clé de lecture à H&M, ce qui arrive aussi dans les entreprises qui existaient avant elles ? Donc elle n'est que de passage dans une boîte. Qu'est-ce que vous lui diriez comme clé de lecture pour mieux apprendre aussi à travailler avec des gens plus âgés ou au-delà de l'âge, des gens qui ont une ancienneté plus importante qu'elles dans l'entreprise ?
- Speaker #2
Génération qui va très très vite. qui va très très vite, qui a envie d'apprendre énormément, on l'a déjà dit tout à l'heure, peut-être de prendre un petit peu plus le temps, de prendre un petit peu plus le temps d'écouter, de prendre les conseils aussi. C'est pas une perte de temps de rester un petit peu plus longtemps dans une entreprise parce qu'on a plein plein de choses à apprendre. On a l'impression, on a le sentiment d'avoir fait le tour de l'entreprise quand on a passé 6 mois, 8 mois, 1 an, on s'est dit ça y est, j'ai fait le tour. Et au final, peut-être qu'on a encore, et certainement, on a encore beaucoup beaucoup de choses à apprendre parce que quand on commence à maîtriser au bout d'un an, un an et demi, deux ans, à maîtriser le sujet, c'est à ce moment-là, moi je trouve dans mon métier, c'est à ce moment-là qu'on commence à être vraiment très performant, on commence à prendre plaisir, et on commence à être encore plus performant. Alors, si j'ai un conseil, je ne pense pas que ce soit un conseil, une clé de lecture, parce que ce n'est pas un conseil, ça serait un peu prétentieux, mais ça serait peut-être de prendre le temps, ça ne veut pas dire perdre son temps, vous êtes jeune encore, vous êtes très jeune, donc vous avez encore le temps, mais ça serait peut-être ça. Ce serait peut-être ce conseil-là, de prendre plus le temps d'écouter, de poser des questions, grandir, essayer d'utiliser l'expérience peut-être des personnes avec un peu plus d'âge à côté.
- Speaker #0
C'est quelque chose que tu fais déjà au bureau ?
- Speaker #1
Je pense. Après, je retiens, prendre le temps, c'est pas perdre le temps, effectivement. J'estime que je le fais déjà, mais je peux toujours le faire mieux et plus. Donc, je le garde.
- Speaker #2
Oui, parce qu'on va toujours à 200 à l'heure, de toute façon. Quelles que soient nos activités, on va toujours à 200 à l'heure et il y a des moments, c'est vrai qu'on pense pas forcément à poser, faire une toute petite synthèse et puis écouter. C'est hyper important, je pense.
- Speaker #0
À quel moment tu t'es dit, en regardant des collaborateurs avec toi, « Waouh, waouh, waouh, ils sont complètement largués, là. »
- Speaker #1
Dans quel sens, largués ?
- Speaker #0
Largués.
- Speaker #1
Ça m'étonne beaucoup. Plein de fois, il suffit d'un désaccord sur une façon de faire ou sur une vision, sur quelque chose. Rien que l'IA, par exemple. Quelqu'un qui me dit « Ah, mais t'as utilisé l'IA, donc t'as pas bossé ? » Je me dis « Si. » Et donc oui, c'est des situations comme ça, rien qu'une différence de vision sur quelque chose qui nous ou qui moi me paraît évidente. Je peux vite me dire et ne pas avoir le recul instantané de me dire OK, cette personne a peut-être cette opinion parce qu'elle a une autre façon de penser, qu'elle a un autre background. Et qu'il faut que je prenne le temps de comprendre pourquoi elle me dit ça au lieu de me dire mais elle est complètement paumée sur ce sujet. C'est bon.
- Speaker #0
Comment vous l'appréhendez, vous l'IA dans votre métier Bernard ?
- Speaker #2
Comment je l'appréhende ? J'ai la chance d'exercer un métier où... au niveau du restaurant et de la salle. Vous avez vu comment ça se passe chez nous dans la salle de restaurant. L'IA peut nous aider. En revanche, l'IA ne peut pas du tout remplacer le savoir-être. Elle ne peut pas remplacer l'empathie. Elle ne peut pas remplacer la bienveillance. Elle ne peut pas remplacer le moment, l'instant T où la cliente va... On sent en passant que la cliente, tiens, il y a un petit problème sur la cuisson de sa viande, un petit problème sur la cuisson de son poisson. Et la réponse, le oui qu'elle nous donne n'est pas un vrai oui, c'est un oui de politesse. Et là, l'IA ne peut rien faire là-dessus. Donc la bienveillance, le coup d'œil, l'empathie, la gentillesse et tout ce qui se passe, l'IA ne pourra pas faire. Donc moi, dans mon métier précis, par rapport à la partie technique que je fais, et c'est ce que je fais le plus dans mon métier, je ne me sens pas forcément ni inquiété ni impacté. Je peux m'en servir par rapport à trouver des connaissances et à trouver des... Je m'en sers de temps en temps pour trouver justement des réponses. Mais sur la partie savoir-être, ce qui est la majeure partie de notre travail, et la plus grande des qualités, je trouve, dans notre métier, l'IA, elle ne me sert pas à grand-chose.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez accueilli pas mal de jeunes ces derniers temps ? J'imagine que votre équipe se construit régulièrement. Qu'est-ce qu'elle vous a appris sans le savoir ?
- Speaker #2
Qui ?
- Speaker #0
Cette nouvelle génération qui arrive dans votre équipe.
- Speaker #2
Est-ce qu'elle m'a appris ? J'ai déjà la chance d'avoir une équipe qui est relativement stable. Dans notre métier, ce n'est pas toujours le cas, malheureusement. Elle est stable depuis un certain nombre d'années. J'ai des bras droits qui sont avec moi depuis une bonne dizaine d'années pour la plupart. Et j'ai des jeunes qui arrivent dans cette équipe. On a besoin de ces gens qui sont avec nous, mes bras droits qui sont là avec moi depuis plusieurs années. En fait, ça fait un peu dans l'esprit. Un groupe sur lequel ces jeunes arrivent, viennent prendre la température, l'atmosphère, le mode de fonctionnement et s'intègrent dans l'équipe. Ce qu'ils m'ont appris, un peu plus de tolérance, un peu plus d'ouverture d'esprit, un peu plus de fun, bien entendu. des situations drôles sur lesquelles auparavant je les aurais trouvées peut-être un peu moins drôles, mais avec un peu plus de recul d'expérience, on se dit « ouais, c'est vrai, tiens, c'est une expérience qui est drôle, c'est un métier qui est humain, je veux dire, on n'est pas des robots, on fait un métier sur lequel effectivement, parfois, il nous arrive de faire une erreur. »
- Speaker #0
Vous avez gagné en souplesse ?
- Speaker #2
Oui, carrément, oui. Il y a des anecdotes sur lesquelles... On pourrait en citer des dizaines et des dizaines, mais qui ne m'auraient peut-être pas fait plaisir à un moment et sur lesquels...
- Speaker #0
Vous en avez une là, pour qu'on voit à peu près de quoi il s'agit ?
- Speaker #2
Oui, mais on va la faire vraiment hyper anonyme, dans le sens où j'avais un petit jeune, un commis de cuisine. C'était un déjeuner ou un dîner, je crois, de Noël. Et on avait une petite mise en bouche qui était un petit roulé de... À base de saumon fumé et de fromage de chèvre que l'on met en petite mise en bouche avec les apéritifs. Et lors de la préparation, ce sont des choses qu'on roule, on met un petit peu en surgélation, pas en surgélation mais en cellules de refroidissement pour que ça tienne bien. Et puis après on tranche comme ça, ça garde bien la forme, on enlève le petit papier film et c'est bien rond. Bref. Si la cellule de refroidissement est un peu trop puissante, ça va légèrement congeler la chose. Bref, on arrive au moment de l'apéritif. Cliente que je connais depuis des années, On lui pose les petites choses, sauf que la petite chose n'était pas suffisamment refroidie. En tout cas, pas décongelée, mais refroidie et à bonne température pour le déguster. Et donc, je la connais depuis des années. Je passe la voir, je la salue. Bonjour, bonjour, madame. Et elle me dit Bernard, tout se passe bien, mais c'est un petit peu... peu congelé. Et donc, c'est le genre de choses où j'aurais été très en colère vis-à-vis du petit comité de cuisine qui m'avait envoyé ça. Et puis, je me dis bon, ben voilà, certes, on a fait une erreur, on a fait un problème. Mais avec le recul, je me dis, c'est drôle. Et c'est...
- Speaker #0
C'était de la glace au milieu ? Non, c'était pas glacé.
- Speaker #2
Voilà. Et je pense qu'à une période, j'aurais peut-être été très... très dur par rapport à ça maintenant avec le recul.
- Speaker #0
En revanche, le vouvoiement, ça...
- Speaker #2
J'arrive pas. J'arrive pas à passer au tu. C'est rare.
- Speaker #0
Est-ce que vous, vous voyez, vous tutoyez tous au bureau ? On suit à tous.
- Speaker #2
Mon épouse, pareil, elle travaille dans une grosse boîte où ils sont 250 personnes. Et c'est pareil, le tu, mais jusqu'en haut, jusqu'à la direction.
- Speaker #0
Carrément. C'est encore plus vrai.
- Speaker #2
Elle a fait 14 ans avec moi au niveau de la restauration. Passer du vous au tu... Merci. J'imagine pas aussi. Toi, ça t'arrive de demander est-ce que tu peux tutoyer des gens plus âgés que toi ?
- Speaker #1
Alors, le vouvoiement, moi, je sais que c'est un critère des fois non négociable chez certaines personnes, donc il faut toujours le prendre avec des pincettes et essayer de cerner. Je dirais pas que je demande systématiquement, mais j'essaie de cerner si la personne est plutôt vouvoiement ou tutoiement. En l'occurrence, dans ma boîte, je sais qu'une fois, j'ai vouvoyé justement Euh... par erreur, et on m'a regardée en mode... Et j'ai dit, ah pardon, tu... Et c'est là qu'il s'est...
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
D'accord, c'est tu, c'est pas vous.
- Speaker #0
D'accord. C'est comme si c'était une distance que tu avais mise volontairement, ou que tu l'avais considérée comme étant plus âgée, peut-être ?
- Speaker #1
Non, non, je me suis juste trompée. Je pense que je parlais, je sortais d'une réunion avec un client, donc que je vous voyais, et ensuite, en passant par un collaborateur, je les vous voyais, je dis, vous allez bien ?
- Speaker #0
Quand tu regardes tes parents...
- Speaker #1
je sais pas si t'es encore tes parents d'ailleurs les deux qu'est-ce que tu te permets de faire que tes parents n'auraient jamais osé faire à leur époque c'est une bonne question j'ai deux parents qui sont pas du tout dans un peu mais en tout cas ma mère est dans le monde de l'entreprise mais plutôt dans les médias et mon père est policier donc des métiers assez différents donc j'aurais peut-être deux réponses pour ça pour ma mère, quelque chose qu'elle n'ose pas faire c'est déconnecter Merci. Elle ne sépare absolument pas la vie pro du perso. Elle ne considère même pas qu'en travaillant à la maison, en envoyant des mails ou en gérant des imprévus sur son téléphone, qu'elle travaille. Donc, elle n'ose pas déconnecter quand elle est en vacances ou quand elle n'est pas au travail complètement.
- Speaker #0
Parce qu'elle est complètement dédiée à son activité, tu veux dire ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ah oui, c'est drôle.
- Speaker #1
Elle est dans la production, donc tout le temps des choses à gérer avec les artistes ou les tournages. Et mon père, étant dans la police, donc un système très top-down, je dirais challengé. challenger une instruction, un avis, une façon de faire d'un supérieur, la remettre en question, peut-être ajouter quelque chose. Je pense que c'est quelque chose qu'il a du mal un peu à faire.
- Speaker #0
Et donc toi, par opposition, tu challenges plus, tu remets en cause, tu acceptes de... Tu te hoses en tout cas.
- Speaker #1
Complètement, c'est ça. Donc pour moi, l'équilibre vie pro-vie perso ne veut pas dire un manque d'engagement. Je peux complètement me donner à 100%, mais quand je suis en vacances, pour que je puisse revenir à 100%, il faut que je puisse me déconnecter à 100%. Donc, je n'ai aucun mal à laisser mon téléphone, à ne pas regarder mes mails jusqu'à mon retour. Et puis, challenger, en réunion ou en discussion avec ma manager, en parlant d'un projet, poser des questions, à dire est-ce qu'on est dans la bonne direction ? Est-ce que cette idée ne serait pas mieux dans la bienveillance et dans la construction ?
- Speaker #0
Est-ce que c'est toujours bien perçu ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a une façon de le formuler. ça peut être mal perçu si c'est formulé comme une remise en question de la compétence de l'autre et aussi indépendamment des sensibilités donc non,
- Speaker #0
pas toujours bien perçu c'est pas facile comment vous gérez ça Bernard ? vous avez des choses qui sont établies, installées qui roulent, vous avez l'expérience et puis des jeunes recrues arrivent remettent en cause, discutent, challengent comment vous prenez ça ? qu'est-ce que ça fait sur vous déjà ?
- Speaker #2
C'est plutôt quelque chose qui ne me dérange pas, c'est quelque chose que je n'appréhende pas. Déjà, j'arrive à bien switcher entre le mode perso et le mode professionnel, ma vie privée et ma vie professionnelle. Lorsque les jeunes arrivent et ont envie de faire bouger, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Faire bouger, ça peut être très constructif, ça l'est en général.
- Speaker #0
C'est corporel votre réponse ou c'est vrai ?
- Speaker #2
Non, c'est vrai. C'est vrai dans le sens où c'est toujours intéressant. Il y a plus d'idées dans plusieurs têtes que dans une seule. On peut effectivement avancer par rapport à ça. Après, il y a des choses qui fonctionnent bien depuis des années en se disant que ça marche bien. Ça ne veut pas dire que ce n'est pas gravé dans le marbre et qu'on ne va pas pouvoir les changer. Mais quand quelque chose fonctionne très bien, je suis... pas tenté à vouloir les changer. Ça peut être effectivement bouger, évoluer et apporter une petite variante. Mais non, je reste encore assez ouvert à ce genre de choses, oui. Après, ça dépend quoi.
- Speaker #1
C'est la clé.
- Speaker #2
Après, ça dépend quoi encore une fois.
- Speaker #0
C'est ça. Alors, on va revenir sur les questions vraies et fausses de tout à l'heure.
- Speaker #2
J'essayais d'être honnête quand même. Voilà,
- Speaker #0
c'est pour ça. Alors, si vous disiez à Echam, si on donnait une clé de lecture, comment leur donner les moyens de faire preuve de proactivité, tout en respectant un peu le cadre ?
- Speaker #2
Elle a donné la réponse tout à l'heure dans certains mots. et je vais la donner d'une façon différente, il y a le fond et la forme. Dans tous les problèmes, dans toutes les choses, à chaque fois qu'on va évoluer, il y a le fond et la forme, la façon dont on va le présenter, la façon dont on va l'annoncer, la façon dont on va l'amener, même si la forme, elle peut être maladroite, le fond est là, mais si la forme est plutôt bien faite et bien réfléchie, après sur le fond, ça peut passer, oui. Et c'est vrai que parfois, je vous sens... tellement pétillant, tellement... Ça va vite, ça parle vite, ça bouge très vite. Et parfois, c'est vrai que la forme, elle est hyper importante. Le fond est là, parce que le fond, vous êtes hyper intelligente, vous l'avez compris, vous savez comment ça marche. Vous savez comment ça marche. La forme est hyper importante. S'il y a une clé de lecture à donner, ça serait peut-être ça. La forme.
- Speaker #0
J'aimerais revenir sur deux, trois choses sur lesquelles vous n'étiez pas forcément alignés. Les parents doivent être les amis de leurs enfants. Vous avez dit non, toi tu as dit oui. Moi,
- Speaker #2
je suis parent.
- Speaker #0
Plus un.
- Speaker #2
Moi, je suis parent. Donc, la chose est différente.
- Speaker #0
Mais vous pourriez avoir des parents qui considèrent qu'il faut être l'ami des enfants. Non, pas du tout.
- Speaker #2
Je n'ai pas grandi dans cette culture-là. Mes parents étaient du monde rural, du monde agricole. Bosseur, ils ne vivaient que pour et par le travail. Donc, pas du tout élevés dans cette culture-là. On allait dedans, il fallait taper dedans. Il fallait taper dedans et ce qu'on gagnait, c'était par le travail. Ce n'était pas par autre chose. L'argent qu'on gagnait, ce n'était pas par ça. Et donc, il y avait cette rigueur, il y avait ce travail. Ce travail qui était là, ça n'empêchait pas l'amour, ça n'empêchait pas la gentillesse, la bienveillance, les câlins, ça n'empêchait pas tout ça. Mais ça restait toujours dans un cadre. Il y avait un cadre à chaque fois.
- Speaker #0
Mais alors attends, si Bernard est parent, toi, tu es enfant. Et donc, toi, tu aimerais, tu disais, les parents doivent être les amis de leurs enfants dans le cas où tu seras maman, ou toi, vis-à-vis de tes propres parents ?
- Speaker #1
Je peux parler aussi de mes parents parce qu'effectivement aujourd'hui je considère que j'ai une relation de proximité qui ressemble on va dire à de l'amitié dans le sens où je peux tout leur dire, pas sans les choquer mais en tout cas je me sens libre de tout leur dire et je ne me sens jamais jugée et pour moi c'est ça, en fait c'est les deux valeurs que je retiens de l'amitié donc ne jamais juger et pouvoir tout dire parce que finalement si je ne peux pas tout dire à ma mère ou à mon père, à qui je vais le dire ?
- Speaker #2
Oui dans ce sens là Mais ça n'empêche pas, en tant que parent, de pouvoir recevoir toutes ces informations-là ?
- Speaker #0
Non, mais ce que Shams dit, je pense, c'est de la manière de l'accueillir, en tout cas, ces informations, c'est ça ?
- Speaker #2
Oui, mais même si on n'est pas considéré comme des amis... Ah oui,
- Speaker #0
un peu accueillir aussi.
- Speaker #2
En tant que parent, tout simplement.
- Speaker #0
Mais il y a peut-être une frontière, peut-être que dans la proximité ou dans le... Les mots, on en revient peut-être à la forme.
- Speaker #2
Oui, et puis ça dépend comment on a... Ça ne vient pas du jour au lendemain. Il y a toute une éducation qui se fait depuis bébé, depuis tout bébé. Quelle relation on aura eu, justement, avec ses enfants.
- Speaker #0
J'ai parlé à votre fille. On sent la révolution, elle est dans la famille. Tout le monde y est allé pour que Bernard modifie un peu. Oui, tout à fait.
- Speaker #2
Mais le boulot m'a fait changer. Mes enfants m'ont fait changer également. Ma dernière, ma petite Gladys, m'a fait changer également beaucoup. dans la vision, dans l'approche, elle est un peu comme vous, un peu peps, un peu speed, un peu fun. Donc voilà, quoi. Alors,
- Speaker #0
il y a deux autres sujets que j'aimerais voir, c'est la présentation de soi en disant sur le sérieux professionnel. Là, vous n'étiez pas d'accord.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, encore une fois, moi, pour le coup, là, il y a bataille. Moi, encore une fois, j'ai toujours grandi dans ce monde-là. J'ai toujours vécu dans ce monde-là. Je n'ai fait que ce métier-là. Donc, systématiquement, c'était la présentation. On était dans ma vision. C'est un entretien. C'est forcément rasé, coiffé, habillé, propre à l'heure. J'ai pas de bijoux trop ostentatoires. Et je trouve, dans ma vision, je trouve que c'est très important pour un premier contact que l'on peut avoir pour un job, pour un rendez-vous, pour plein de choses. Je trouve que oui, ça donne une image. Ça veut pas dire que le gars qui va arriver comme ça, des tatouages de partout, des piercings dans tous les coins, dans tous les sens, mais ça dépend pourquoi encore. Ça dépend pour quel poste, ça dépend pour quel... Alors on parle d'entretien là, mais ça dépend pour... Oui, si c'est pour un entretien dans mon métier, c'est clair que le premier contact ne va pas être le top.
- Speaker #1
Et toi, Shams ?
- Speaker #2
Moi, je dirais, j'ai deux critères qui n'ont pour moi rien à voir, qui est l'apparence, donc ce que la personne veut bien me dire. Et moi, je comprenais d'ailleurs de la question aussi, la présentation dans la façon de parler de soi. Et le sérieux, qui est une qualité d'engagement que je pourrais voir à travers ce que la personne a fait et ce qu'elle me raconte. Donc, je pense que mettre un filtre... ou mettre des lunettes sur mes yeux en parlant à cette personne parce que je la vois arriver avec des tatouages ou avec un certain dress code qui ne correspond pas à mon image de quelqu'un de sérieux, c'est me priver de connaître vraiment la personne.
- Speaker #1
C'est corpo là aussi ou c'est vrai ?
- Speaker #2
Non, absolument pas. Mais je déteste le corpo. Je pense que tu le connais un peu maintenant. Justement, c'est pour éviter d'avoir le côté corpo que je me dis, peu importe si la personne vient avec des tatouages ou avec... avec quelque chose qui ne correspond pas à mon image de ce que c'est quelqu'un de sérieux, il faut que je l'écoute.
- Speaker #0
Et pour le boulot ou pour le mode privé ?
- Speaker #2
Pour les deux. Après, effectivement, tout dépend.
- Speaker #0
Si c'est un entretien, si c'est un poste, si c'est quelque chose sur lequel vous êtes censé embaucher la personne et que vous avez un dress code, une présentation physique, corporelle à avoir, vous le jugez comment ? Vous l'appréhendez comment ?
- Speaker #2
Comme vous le dites, il y a des métiers qui nécessitent... on va dire qu'un certain dress code une certaine façon de se présenter, maintenant je pense qu'on peut toujours être bon tout en étant soi-même et en ne pas se travestir se travestissant pas merci de dire ma place typiquement par exemple pour les commerciaux dans la tech nous on est ces baskets pulls etc, pourtant on est commerciaux et pourtant ce commercial qui est tout le temps dans nos bureaux à nous en basket, très détendu, qui parle de façon très détendue. Quand il va en rendez-vous client, il est capable de s'adapter au client. En fait, c'est de l'intelligence relationnelle, finalement, que la personne puisse rester elle-même, mais s'adapter aux situations si besoin.
- Speaker #0
Moi, par rapport à mon travail, c'est vrai que c'est quand même plus carré par rapport à la présentation que l'on doit avoir. Après, dans le mode perso, je n'ai aucun problème à m'investir et à aller vers des gens qui ont un look qui n'est pas forcément le mien. Et ça ne me gêne pas et ça me fait... Je ne vais pas dire que ça m'attire, mais ça me fait rire. Vous n'êtes pas au bureau, vous êtes sur la liste. Oui, ça me fait rire et j'ai envie de connaître. Et j'ai envie de connaître. Donc, il y a des moments où j'aime bien.
- Speaker #1
La dernière question, c'était donner trop d'autonomie à un débutant, c'est le mettre en échec. Vous aviez dit vrai et toi, tu avais dit faux. Est-ce que vous pourriez un peu expliquer rapidement ?
- Speaker #0
Encore une fois, dans mon métier... nos jeunes arrivent avec plus ou moins d'expérience lorsqu'ils sont débutants je ne me vois pas les laisser aller directement dans la salle de restaurant réaliser je veux dire n'importe quoi un service de fromage, une découpe de volaille un service de place sans connaître nécessairement l'appellation une explication, prendre une commande à un client même si l'envie, même si la fougue même si le talent arrive mais je ne me vois pas parce que encore une fois, on a un client qui est devant, qui paye une prestation et qui a envie que la prestation soit réalisée de belle manière. Donc à chaque fois, on le fait, mais on le fait en binôme. On a toujours quelqu'un qui va aller avec lui et qui va... Alors déjà, on va le faire travailler avant. On va le faire répéter avant, dans les arrières, pour répéter avant, pour qu'il arrive ensuite devant le client. Encore une fois, c'est très perso et c'est très pro dans mon activité pour arriver à le laisser aller. Et une fois qu'il a maîtrisé... Après, on passe à autre chose. Et justement, bien sûr, on essaye d'aller le plus vite possible pour passer à autre chose.
- Speaker #1
Et toi, Shams ?
- Speaker #2
Je dirais que ce n'est pas automatique, parce que l'autonomie n'empêche pas l'accompagnement. simplement il faut lui donner les moyens autonomie il faut que ce soit bien compris aussi autonomie c'est pas juste prendre quelqu'un et le mettre tout seul dans une jungle et lui dire ok perform c'est aussi lui donner des outils mais le laisser s'en servir tout seul les manipuler, mettre un peu sa touche et ne pas être complètement derrière son dos ah mais en fait est-ce que tu l'as fait exactement comme ça mais je te laisse autonomie beaucoup de boîtes comprennent l'autonomie comme de l'abandon et c'est ce qui fait que ça marche pas c'est très intéressant ce que tu dis
- Speaker #1
On t'attaque la dernière partie. Ça va bien pour l'instant, Jem ?
- Speaker #2
Très bien.
- Speaker #0
Elle maîtrise. On se sent à l'aise.
- Speaker #1
C'est sa première fois comme Bernard, d'ailleurs. Je vous ai préparé, ça s'appelle les petits papiers de carreau. C'est sept questions que vous avez tirées au hasard. Et je te laisse choisir en une. Et tu vas y répondre, s'il te plaît.
- Speaker #2
Oula ! Ce que tu conseillerais à ton toit du passé ? Contexte ! Alors, mon mois du passé était complètement parano. C'est-à-dire que j'entrais dans une entreprise très volontaire, mais par contre très angoissée, parce que j'avais cette impression constante que mes managers étaient en train de me fixer constamment, et que j'allais me faire virer. Je ne sais pas pourquoi. Un souci de performance, d'apparence de performance, on va dire, surtout dans mes premiers jobs étudiants. Et donc, ce que je conseillerais à mon mois du passé, c'est détends-toi. et tu performes mieux quand tu es toi-même. Donc, continue à chercher du feedback, mais surtout garde ta propre flamme et ta propre touche.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Moi, je n'avais pas du tout la même réponse.
- Speaker #1
Dites-moi, vous auriez dit quoi, vous ?
- Speaker #0
Utiliser les nouveaux outils.
- Speaker #1
Ah non, mais à la question. Ah, pardon, vas-y, recommence.
- Speaker #0
Ne pas louper le train.
- Speaker #1
Ah, ne pas louper le train des nouveaux outils.
- Speaker #0
Que je n'ai pas pris, moi. Que je n'ai pas complètement pris.
- Speaker #1
En même temps, vous l'avez argumenté tout à l'heure en expliquant que ce n'était pas forcément lié.
- Speaker #0
Mais je me dis que, tiens, il manque un morceau que je ne maîtrise pas.
- Speaker #2
Il n'est jamais trop tard.
- Speaker #0
Il n'est jamais trop tard. Mais dans la question, il y a une question aussi. Est-ce qu'on arrive mieux à prendre à 55 ?
- Speaker #1
Allez-y.
- Speaker #0
Je n'arrive pas.
- Speaker #1
Allez-y.
- Speaker #0
Alors. Les premières années de travail, comment étais-tu ? Les premières années de travail, si on remonte loin par contre, quand j'ai commencé, j'étais un volontaire courageux, un petit peu plus dans la, pas dans la timidité, mais dans le, pareil. Peur de me faire juger dans le côté performance, dans le côté perfection. Et puis après, j'ai eu la chance, encore une fois, j'ai eu la chance de faire que des très belles maisons. Donc, ça a été plutôt facile parce que j'ai eu des maîtres d'apprentissage systématiquement qui m'ont donné les bonnes clés, qui m'ont donné les bons mots et les bonnes techniques. C'était plutôt pas trop mauvais élève, donc j'ai plutôt bien retenu. Et puis après, ça s'est plutôt pas mal déroulé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
A toi.
- Speaker #2
Allez hop, toujours la plus proche de moi. Le métier que j'aurais rêvé ou rêverais de faire ? Très différent. Avant, je voulais être avocate, parce que j'ai toujours grande gueule en classe, etc.
- Speaker #1
Ah bon ?
- Speaker #2
Oui ! Toujours contre l'injustice. Et là, ce que je rêverais de faire, ça se rejoint un peu, parce qu'il y a toujours cette proximité avec les gens, ce truc de parler. Maintenant, j'aimerais bien être commerciale. Mais dans la tech et dans un environnement assez speed, assez accès performance, mais aussi dans l'accompagnement.
- Speaker #1
D'accord. Et vous, il y avait un métier que vous auriez rêvé de faire ?
- Speaker #0
Quand j'étais petit, je voulais être pilote de chasse.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je voulais être pilote de chasse. Et quand je regardais, j'entendais à chaque fois que j'entendais un avion passer, j'avais les yeux en l'air. Alors, je n'ai jamais eu ni les capacités physiques, ni les capacités intellectuelles pour le faire. En revanche, j'ai eu la chance, une grande chance, mais vraiment une chance. de faire une petite partie de ma vie au sein de l'armée de l'air et au service du chef d'état-major des armées françaises et qui était chef d'état-major de l'armée française, mais accessoirement général 5 étoiles de l'armée de l'air.
- Speaker #1
Vous vous êtes fait monter dans un avion ?
- Speaker #0
Et donc, j'étais à Avenue Victor Hugo, ici à Paris, et j'ai passé quelques temps avec lui dans son appartement, à son service, et on a fait effectivement plusieurs vols, non pas en mirage, ni en... mais en mystère 20 et tout ce qui s'ensuit pour aller se balader c'était très sympa mais ça m'a toujours fait rêver et ça me fait rêver encore je suis dans mon jardin à la maison, j'entends des avions de chasse passer et là j'ai des amis où leur fils a fait l'école pour être dans l'aéronaval et il a touché du doigt ça et puis il a bifurqué pour partir sur le mode hélicoptère mais oui c'est quelque chose qui m'a fait rêver et qui me fait encore toujours rêver à vous de jouer Un échec ou une erreur qui t'a fait croire que tu allais te faire virer un jour ?
- Speaker #2
On y revient.
- Speaker #0
Pourquoi tu dis ça ?
- Speaker #2
Ma phobie de me faire virer.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'il y a eu ? De là à me faire virer, je ne pense pas. Déjà, erreur, échec, ce n'est pas forcément la même chose pour moi. Erreur. Erreur. On va rater quelque chose. On a fait une erreur. Ça peut arriver. Il y a une partie technique qu'on a loupée. Ça, oui. J'en ai eu.
- Speaker #1
Une grosse erreur qui va manquer de vous faire virer.
- Speaker #0
Grosse erreur, non. Je crois pas que ça m'ait arrivé. J'ai eu un truc rigolo. Ça fait partie des anecdotes. Mais un restaurant 3 étoiles Michelin en Angleterre, magnifique maison, le Gavroche, institution londonienne. J'ouvre une bouteille de champagne. J'étais tout gamin. J'ouvre une bouteille de champagne. Pas dans le bon sens. Pas dans le bon sens. en ne tenant pas le bouchon dans le bon sens, la verrerie était là. La verrerie était là. Je prends, le bouchon reste dans ma main, simplement, le champagne passe sur les verres. Donc ça, mais de là à me faire virer, non, je ne crois pas.
- Speaker #1
Petit moment de solitude.
- Speaker #0
Oui, carrément. Carrément. Et puis après, un échec. Alors, pas un échec, mais avec le recul, on s'était mis la barre vraiment très haute. Mais encore une fois, pas de là à me faire virer. Magnifique soirée, nouvel an de l'an 2000, passage à l'an 2000. Très belle maison, les fermes de Marie à Meugeve, endroit emblématique de la Haute-Savoie, super endroit. Même poste qu'aujourd'hui, forcément. Et l'idée, on a M. Jean-Louis Sibué qui n'était jamais à court d'idées, voulait faire un réveillon, non pas faire le réveillon de l'an 2000, mais faire cinq réveillons de l'an 2000, c'est-à-dire pour cinq continents. Et que tout au long de la soirée, on fasse les cinq continents à travers des plats, des lumières, des musiques, des costumes, des vins. Et je me suis retrouvé... Alors, on avait super bien organisé le truc. On était super bien préparés. Puis au bout d'un moment, on s'est retrouvés... Non pas noyés, mais il fallait changer systématiquement de tenue, de musique, de couleur, de plat, de machin. Mais sauf qu'on devait tous sortir de la salle. Pendant ce timing-là, il n'y avait plus personne en salle. Et donc, on ne pouvait plus continuer à servir les vins, les os, les machins, les ceci, les cela. Donc, le temps d'aller se déshabiller, se refaire maquiller par les nanas qui étaient au centre de remise en forme et tout ce qui s'ensuit. On s'est retrouvés dans une... panade quand on rentrait dans la salle, nous, en faisant pimpe-pimpe-pimpe, avec la musique qui arrivait du continent australien ou je ne sais pas quoi. Je peux avoir un peu de machin, un peu de ceci, un peu de ça. Donc ça, je l'ai. Un échec de la... Alors, les gens ont passé une super soirée, on a tous rigolé, c'était le passage avant 2000, c'était topissime. Mais encore aujourd'hui, je ne le vis pas comme un échec, mais on n'est pas allé au bout du produit et au bout du truc.
- Speaker #1
Ce qui est marrant, en fait, quand tu peux écouter ce genre de retour, c'est de te dire, en fait, tu vas avoir plein d'erreurs tu vas vivre plein de choses et en fait, il n'y a jamais mort d'homme. Il y a vraiment des trucs, il y a deux ou trois fois où j'ai vraiment pensé que je ne vais pas que je reparte au bureau.
- Speaker #0
Il faut remettre les choses dans son contexte. Et puis ça nous permet de grandir systématiquement à chaque fois.
- Speaker #2
La compétence qui est pour toi essentielle au travail. Gérer l'ouverture. Être ouvert à continuer d'apprendre, à parler, à découvrir. et pas qu'au sein de son petit département avec les gens avec qui on travaille tous les jours mais aller chercher des infos haute part des opinions haute part et être ouvert aussi à être challengé à changer de position, à garder sa position mais en tout cas être ouvert à en parler ça marche et vous Bernard,
- Speaker #0
la dernière, en quelques mots parce que le temps passe le meilleur conseil que tu aies reçu et qui te sert encore au jour d'aujourd'hui ou pas au jour d'aujourd'hui Aujourd'hui, je vais me faire arracher les chaînes par ma fille. Oui, rassurez-moi,
- Speaker #1
je sais pas ce que j'ai marqué.
- Speaker #0
Non, non, non, parce que ma fille me dit arrête de dire tout le temps au jour d'aujourd'hui, donc je fais attention. Aujourd'hui, le meilleur conseil, petit clin d'œil à mes parents qui ne sont plus là, tu dois savoir ce qu'est la valeur d'un billet de 10 000. A l'époque, c'était des anciens francs et il fallait qu'on sache la quantité de travail qu'il fallait produire pour gagner un billet de 10 000. Donc ça veut dire 100 francs, mais 100 francs, ça veut dire quasiment 14 euros. Et ma mère et mon père m'ont toujours donné ça. Et je pense qu'aujourd'hui, je garde encore cette notion-là de me dire, tiens, j'ai fourni telle quantité de travail pour arriver à gagner cet argent-là qui va me servir à investir, à payer, à m'acheter, à donner à mes enfants, à ceci, à cela. Et je sais quelle quantité de travail il me faut pour gagner ça.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
On arrive à la fin, les amis. Déjà ? C'est un très beau moment, ben oui. Je ne suis pas morte.
- Speaker #0
Déjà ?
- Speaker #1
Déjà, c'est une bonne nouvelle. Qu'est-ce que vous retenez de ce moment passé tous les trois ? J'aime ça.
- Speaker #2
Je retiens qu'une fois qu'on met de la bienveillance dans un échange, au final, on arrive à voir, oui, les points de divergence d'opinion, mais surtout les points où on se rejoint. Il y a plein de fois où tu parlais, où je me disais, c'est tellement vrai. Ou alors je me disais, mais j'ai la même réponse. Mais c'est exactement ce que je voulais dire. Et puis des points où on n'était pas d'accord, mais je me disais quand même, OK, je comprends d'où il vient et d'où il a cette opinion et cette vision. sans que ça me mette mal à l'aise d'avoir une opinion différente. Donc je pense que la bienveillance est vraiment clé pour un échange.
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup. Et vous Bernard, vous partez avec quoi ?
- Speaker #0
La bienveillance, l'honnêteté, l'humilité, toutes ces valeurs qui sont hyper importantes, qui peuvent nous faire avancer, quel que soit le sujet, et dans le monde entier.
- Speaker #1
Mais la bienveillance est quand même très galopée aujourd'hui.
- Speaker #0
Complètement, mais on se rend compte qu'on n'est pas du tout dans... ni de la même génération, ni du même secteur d'activité, mais on a des sujets sur lesquels on se retrouve complètement, sur l'envie d'avancer, l'envie d'écouter, l'envie de faire plaisir, l'envie de trouver ce côté hédoniste que l'on peut avoir, ce côté de prendre du plaisir dans ce que l'on va faire, d'arriver à se sentir bien, et c'est ce qui va nous faire progresser. Mais oui, ce côté bienveillant, je trouve, il est hyper important, et au quotidien, pour tout, systématiquement. Et on ne l'a plus, forcément. On ne l'a plus, et c'est dommage. C'est dommage. On ne l'a plus assez, en tout cas.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une question que vous auriez aimée que je vous pose ?
- Speaker #0
Est-ce que les jeunes, pour toi, sont jeunes et sont, avec tout ce que l'on peut entendre, imaginer, sont des petits cons, sont des ceci, sont des cela, parce qu'ils n'ont pas l'expérience ?
- Speaker #1
Et donc, vous auriez répondu quoi ? Non. Je savais.
- Speaker #0
Non, pas du tout. On peut tomber sur des jeunes, effectivement, qui n'ont pas forcément ni l'envie, ni le goût. Mais comment en est-on ? il y a 50 ans en arrière. Et en revanche, quand on a des jeunes qui ont envie de taper dedans, l'exemple est en face de moi.
- Speaker #1
On en a une bonne là. Oui,
- Speaker #0
l'exemple est en face de moi. On se dit que ça file, ça va vite, ça pousse. C'est génial.
- Speaker #1
Merci en tout cas à vous deux. J'ai passé un excellent moment. Je suis contente de vous réunir autour de cette table, autour de ce podcast Une génération d'écart. Comme vous voyez, 25 ans d'écart, et parfois il y a beaucoup de points de vue convergents. des complémentarités et c'est en se comprenant en s'écoutant qu'on comprend d'où vient la raison derrière, donc l'écoute prendre du temps de part et d'autre pour être curieux, comprendre pour mieux s'entendre et donc pour mieux travailler ensemble, je vous invite à mettre des commentaires à m'adresser des questions que vous trouveriez intéressantes que je pose aux différents invités ici Prochain événement, Vivagen, qui a lieu le 16 avril. L'événement qui fait collaborer les générations. Et puis toujours la newsletter Osons l'Intergénérationnel sur LinkedIn. Merci beaucoup. A très bientôt. Ciao.
- Speaker #0
Merci, au revoir.