Speaker #0As-tu déjà eu l'impression d'enfin atteindre un objectif qui était important pour toi et que même si t'as réussi cet accomplissement-là, tu ressens presque rien en dedans ? Tout le monde est là à te féliciter avec des bravos. Tu peux être fier de toi, t'as réussi. Pis toi, pendant ce temps-là, tu souris pis tu les remercies, sauf qu'au fond de toi, y'a comme un goût étrange, un goût amer. Comme si cette victoire-là n'avait pas la saveur que tu t'étais imaginée. Puis là, bien, tu te remets en question, puis tu te demandes presque si tu manques pas de gratitude. Parce qu'il y a tellement de personnes qui aimeraient être à ta place. Alors, pourquoi toi, tu ne te sens pas pleinement satisfaite ? Mais si ce n'était pas un manque de gratitude, mais plutôt que tu... était simplement en train de réussir une vie qui ne te ressemble plus. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on explore ensemble notre définition de la réussite et de voir pourquoi il nous arrive parfois de poursuivre une réussite qui, au fond, ne nous nourrit plus. ou ne pas déranger. Je suis Suzanne Kenny, coach en conscience et leadership personnel, fondatrice de l'Espace Authentique. Ici, je t'invite à ralentir, à écouter tes besoins, à honorer ta singularité et à prendre ta juste place. Unicité, c'est être soi sans compromis. Je trouve qu'on parle énormément de réussite. On nous explique comment réussir notre carrière, comment réussir notre couple, comment réussir comme parent, comment réussir en affaires, comment réussir financièrement. On nous montre des modèles de réussite partout, sur les réseaux sociaux, dans les livres, à l'école. Au travail, on nous présente constamment des personnes qui semblent avoir réussi leur vie. Mais il y a une question que j'entends rarement. Comment savoir si la réussite que tu poursuis est réellement la tienne ? Parce qu'au fond, là, on passe beaucoup plus de temps à apprendre comment réussir sa vie qu'à se demander ce qui mérite vraiment d'être réussi. Et je crois que c'est là que beaucoup d'entre nous commencent tranquillement à s'éloigner d'elles-mêmes. Le problème, ce n'est pas de poursuivre la réussite. Le problème, c'est qu'on poursuit souvent une réussite qu'on n'a jamais pris le temps de choisir pour nous-mêmes. Pendant longtemps, si tu avais demandé aux gens autour de moi si j'avais réussi ma vie, je pense qu'une grande majorité aurait répondu oui. J'avais un emploi à la fonction publique, une excellente sécurité d'emploi, un bon salaire, des avantages sociaux, un fonds de pension, une carrière qui faisait du sens pour beaucoup de personnes. Même que si j'avais répondu à un questionnaire au sujet de la réussite, la réussite que la société valorise, ma vie aurait probablement coché énormément de cases. Et là, je veux... Pas craché sur toutes ces années qui sont derrière moi. Parce que je suis quand même reconnaissante pour tout ce que ces emplois-là m'ont apporté comme expérience, compétence, puis prise de conscience. Puis j'ai pas été malheureuse dans tous mes emplois-là. Faut quand même pas exagérer. Sauf qu'il y avait une réalité que personne voyait ou que personne voulait voir. Surtout dans les dix dernières années. Pendant que les autres voyaient une femme qui réussissait, ben moi, j'avais de plus en plus l'impression de disparaître. Puis c'est pas arrivé du jour au lendemain. C'est arrivé lentement, silencieusement. Un peu comme une lumière qui perd un peu de son intensité à chaque jour. Donc, je n'étais pas en train de m'effondrer, sauf que j'étais en train de m'éteindre. Puis c'est là que j'ai commencé à comprendre que réussir sa vie et se sentir vivante, bien, c'était deux choses différentes. J'ai aussi compris... Quelque chose de fondamental. On peut recevoir les applaudissements des autres tout en s'éloignant de soi-même. Parce que les applaudissements ne sont pas toujours un indicateur d'alignement. Très souvent, en fait, ils sont simplement un indicateur qu'on répond aux attentes des autres, aux attentes de la société. Puis ça, bien, c'est pas du tout la même chose. On nous apprend très tôt à réussir. Mais on nous apprend rarement, par contre, à définir ce que réussir signifie pour nous. Alors, sans s'en rendre compte, on emprunte les critères de notre famille, de notre culture, de notre milieu professionnel, des réseaux sociaux, de notre entourage. Puis un jour, on finit par croire que ces critères-là, c'est aussi les nôtres. C'est là que la comparaison s'installe. Parce que quand ma réussite est définie par les autres, je passe ma vie à regarder où j'en suis par rapport aux autres. Et ça, je l'ai fait souvent quand je travaillais à la fonction publique, alors que je travaillais avec des femmes qui étaient plus jeunes que moi, mais elles avaient atteint des niveaux qui étaient beaucoup plus élevés que moi. Donc moi, je me retrouvais comme conseillère en communication, par exemple, et elles... Elles étaient passées à gestionnaire, directrice, directrice adjointe même aujourd'hui. Et j'étais sans cesse en train de me comparer à ces personnes-là. Puis parfois, j'avais tendance à me rabaisser, me sous-estimer en me disant que « Ben, coudonc, t'as pas d'ambition » Sauf que c'était pas la raison du fait que je restais à ce niveau-là. Il y avait plusieurs éléments qui jouaient. dans la balance. Donc, il y avait la situation de ma fille à cette époque-là qui n'était pas facile. Et aussi, bien, plus les mois, les années avançaient, moins je me sentais bien dans cet environnement-là. Donc, évidemment, c'est difficile pour moi de me voir plus loin, de me voir grimper les échelons pour avoir plus d'impact. Parce que pour moi, la réussite, c'est avoir un impact chez les gens. C'est savoir que je contribue à quelque chose de plus grand, que je contribue à faire élever les consciences, qu'une personne va avoir une perception peut-être différente de ce qu'elle avait avant d'écouter mon podcast, par exemple, que je puisse l'avoir amené plus loin dans sa réflexion, et que peut-être ma contribution l'amène à faire des changements importants pour elle, qui font sens pour elles, qui sont en cohérence avec ce qu'elles souhaitent réellement accomplir. Et je ne sais pas si tu as remarqué, mais il n'y a personne qui nous demande « qu'est-ce qui te fait sentir vivante ? » Mais on nous demande plutôt « qu'est-ce que tu veux faire dans la vie ? Combien tu gagnes ? C'est où que tu travailles ? Est-ce que tu t'es acheté une maison ? Est-ce que tu es mariée ? As-tu des enfants ? » C'est très rare qu'on demande « est-ce que tu te sens vivante ? » Et pourtant, la réussite, elle n'a pas le même visage pour tout le monde. Pour certaines personnes, réussir, c'est atteindre un sommet, relever des défis, laisser une trace. Pour d'autres, c'est de créer des liens, inspirer, transmettre et sentir. le soutien d'une communauté. D'autres vont avoir besoin de paix, d'harmonie, de relations qui sont solides, alors que certaines vont se sentir accomplies quand elles vont avoir fait les choses avec rigueur, avec qualité, puis cohérence. Donc, il n'y a aucune de ces définitions-là qui est meilleure qu'une autre. Elles sont juste différentes. Et c'est exactement la même chose avec ce qui nous motive profondément. Donc, il y a certaines femmes qui se sentent vivantes quand elles vont découvrir, comprendre puis apprendre de nouvelles choses. Il y en a d'autres, c'est quand elles sentent qu'elles contribuent au changement réel de la vie de quelqu'un. Certaines vont avoir besoin d'exercer leur leadership et d'être... pleinement autonome dans ce qu'elles entreprennent pour sentir qu'elles réussissent. D'autres, par exemple, vont seulement être capables d'avancer si leur décision est profondément alignée avec leurs valeurs. Il y en a d'autres qui vont chercher avant tout la beauté, la créativité puis la réalisation de soi-même. Puis finalement, il y a des femmes qui trouvent la satisfaction dans des résultats concrets. Des choses qui sont utiles et tangibles. Puis toutes ces femmes-là, elles ont raison. Parce que le problème, en fait, il commence quand une femme poursuit une réussite qui correspond plus aux attentes des autres qu'à sa propre identité. Maintenant, imagine que tu es la capitaine de ton bateau. À chaque matin, tu reprends la mer. Tu fais de ton mieux pour naviguer. Tu apprends à composer avec le vent, avec les vagues. Avec les tempêtes, tu suis les cartes qu'on t'a données, t'écoutes les conseils des autres capitaines, pis tranquillement, sans t'en rendre compte, tu finis par naviguer selon les courants des autres, plutôt que selon tes propres marées. Pis un jour, tu t'arrêtes, tu regardes l'horizon, et c'est vraiment pas vers ce port que t'as envie d'aller. Puis tu réalises que depuis beaucoup trop longtemps, tu n'écoutes plus ce qui est à l'intérieur de toi, ce qui te fait vibrer, la destination que toi, tu as envie de découvrir, tu as envie d'atteindre et que tu fais beaucoup trop sur les autres pour trouver ta destination. La bonne nouvelle, c'est que notre corps, nos émotions et notre quotidien nous envoient souvent des signaux bien avant. qu'on en prenne conscience. Mais encore faut-il apprendre à les reconnaître. Alors voici quelques signes qui peuvent t'indiquer que tu poursuis peut-être une réussite qui ne te ressemble plus. T'atteins tes objectifs, puis au lieu de célébrer ce que tu viens d'accomplir, tu penches déjà au prochain. Tu compares souvent ton parcours à celui des autres. Tu ressens constamment qu'il manque... encore quelque chose dans ta vie, même quand tu as accompli de grandes choses. Tu te sens coupable quand tu ralentis. Tu cherches davantage l'approbation des autres que l'alignement avec ce que tu désires vraiment. Tu as parfois l'impression d'interpréter un rôle plutôt que d'habiter pleinement ta vie. Tu réussis extérieurement. Mais intérieurement, tu te sens de plus en plus loin de toi-même. Puis si tu t'es reconnu dans plusieurs de ces signes-là, c'est peut-être pas ta capacité à réussir qu'il faut que tu remettes en question. C'est peut-être ta définition de la réussite. Une des plus grandes prises de conscience que j'observe, c'est que deux femmes peuvent avoir exactement le même emploi, le même salaire, le même niveau de succès, puis pourtant... Elles vivent une expérience complètement différente. Pourquoi ? Bien, c'est parce qu'elles ne sont pas motivées par les mêmes choses. Elles ne sont pas animées par les mêmes moteurs. Puis leur définition d'une vie réussie, elle n'est pas la même. Le jour où j'ai quitté la fonction publique, plusieurs personnes m'ont demandé si je n'avais pas peur de quitter une carrière qui était aussi stable et qui me donnait... autant d'avantages. Puis avec le recul, je réalise que ce qui me faisait le plus peur, c'était pas de quitter cette carrière, c'était d'y rester. Parce que j'avais compris une chose profondément importante, une réussite qui nous oblige à nous éloigner de nous-mêmes finit toujours par nous coûter beaucoup plus cher que le changement dont on a le courage Merci. de faire. Notre réussite, en fait, devrait être le reflet de qui ? on est, et non de ce que le monde attend de nous. Alors cette semaine, j'aimerais te laisser avec cette réflexion. À qui appartient la définition de la réussite que tu poursuis aujourd'hui ? Je te remercie d'avoir été là jusqu'au bout. Si tu as envie de partager ta définition de la réussite avec moi, viens m'écrire en privé, soit sur Instagram ou sur Facebook, ça va me faire plaisir de te lire et de discuter avec toi. On se retrouve la semaine prochaine et surtout, n'oublie pas, ton unicité est ton plus grand pouvoir. Continue de rayonner