Speaker #0Je m'appelle Suzy Hérault et moi j'ai un master en sciences politiques à la base avec une spécialisation culture. Et ensuite j'ai travaillé cinq ans dans une fondation culturelle, je faisais beaucoup de stratégie politique, pilotage de projets en éducation artistique et culturelle. Et j'accompagnais notamment des jeunes dans les collèges à faire de l'impro et du slam. Et je m'occupais au début de la partie opérationnelle, puis plus le temps est passé, plus je m'occupais des parties un peu plus stratégiques, on va dire ça. donc les relations avec les partenaires la coordination, faire entrer les bons partenaires dans le projet, développer quelques regards sur la partie artistique parce que j'ai une pratique par ailleurs et puis au bout de 5 ans j'avais un peu fait le tour, je commençais un peu à m'ennuyer et l'intelligence artificielle est arrivée et moi j'aime bien la tech, c'est quelque chose qui m'intéresse beaucoup qui m'intéressait beaucoup à côté de mon travail et que je suivais par ailleurs et je me suis dit, quand j'ai vu notamment les grosses défiances arriver Dans le milieu culturel, parmi mes collègues, tous les gens qui s'inquiétaient un peu de ce qui se passait, les gens qui avaient peur tout simplement de se faire, d'une part, voler leur travail principalement, mais aussi des impacts que ça pouvait avoir sur leur environnement proche, social, sur l'environnement aussi écologique, sur la création. Dans la culture, il y avait une grosse peur de l'homogénéisation de l'art, qui était très présente, qui est toujours très très présente. Et voilà, c'est ce que je ressentais moi. quand je travaillais encore dans ce secteur-là en tant que salariée. Et ensuite, il y a eu une formation à mon travail sur l'intelligence artificielle et je l'ai trouvée vraiment pas ouf cette formation parce que la personne n'abordait aucun sujet de type responsabilité, donc rien sur l'éthique, rien sur la partie gouvernance, sur le juridique. L'environnement, il l'a abordé peut-être deux minutes. Il nous montrait juste les outils et comment les utiliser, ce qui n'est vraiment pas forcément la partie la plus passionnante. En tous les cas, ce n'était pas du tout le point de tension pour lequel les gens étaient là. Et je me suis dit, moi je connais bien la culture, je connais quand même un petit peu l'IA, pourquoi est-ce que je ne demanderais pas une rupture conventionnelle pour pouvoir me former là-dessus et un peu me renouveler dans ce secteur-là en plus, où il y a certainement un peu plus de travail que dans la culture. Parce que le problème quand tu travailles dans la culture, c'est que tu as un petit peu envie de changer de métier et d'évoluer. Parfois c'est un peu compliqué. Donc je me suis dit, allez, go me lancer, me devenir indépendante sur ces sujets-là. Mon projet actuellement, donc moi je fais de la formation et du consulting en intelligence artificielle éthique et en transformation. Donc j'accompagne en fait les entreprises principalement dans les industries culturelles et créatives pour comment bien utiliser l'intelligence artificielle, c'est quoi les bonnes pratiques, c'est quoi les vrais enjeux. Les outils sur le marché, il y en a plein, il y en a des dizaines. C'est lesquels qui correspondent le plus à vos valeurs, qui vous permettent d'augmenter bien sûr la productivité parce que c'est pour ça que les gens viennent chercher l'intelligence artificielle, c'est parce qu'ils veulent augmenter leur productivité. Et en même temps, comment répondre aux problématiques éthiques qu'on peut avoir ? Ça me permet un peu de répondre à ce problème social qu'il y a actuellement avec l'arrivée de l'IA et qu'on ressent bien quand on bosse dans la culture. C'est comment faire pour utiliser l'IA, parce que c'est là, on ne peut pas faire sans. Et on sait très bien que c'est ceux qui vont l'utiliser qui vont être les plus compétitifs. Et en même temps, comment l'utiliser sans aller à l'encontre de nos valeurs en fait ? Sur l'empreinte écologique, malheureusement, l'intelligence artificielle, c'est plutôt une catastrophe écologique, on va parler clairement. En fait, les données d'entraînement pour créer les IA sont très demandes en énergie. Les cartes graphiques qui sont utilisées dans les intelligences artificielles, donc les processeurs, les microprocesseurs, tout ça, utilisent des énergies fossiles et des minerais qui sont précieux, qui sont lourds, qui sont difficiles à trouver, qui sont très problématiques d'un point de vue écologique. l'utilisation de l'eau aussi. Donc ça, c'est une donnée de la BPI, qu'à l'horizon 2030, si je ne me trompe pas, l'intelligence artificielle utilisera plus de 20% des émissions de gaz à effet de serre pour l'empreinte numérique. C'est-à-dire, dans toute l'empreinte numérique, l'intelligence artificielle correspondra à 21%. Ce qui est du coup une augmentation complètement exponentielle, parce qu'il y a 10 ans, c'était zéro. Le problème, c'est que l'IS a tellement augmenté vite, et en fait, ce qu'il faut se dire, c'est que c'est la manière dont on utilise l'IA qui va vraiment être problématique à notre échelle. C'est-à-dire, pour nous... utilisateur, on peut réguler notre impact sur l'environnement en fonction de comment on utilise l'IA. C'est-à-dire que plus tu vas faire de demandes, plus tu vas avoir un impact. Donc c'est pour ça qu'il vaut mieux faire une demande très complète plutôt que 8, 10, 15, 20 petites demandes. J'ai pas de données pour te dire, oui envoyer un mail consomme de l'eau. Oui, par exemple, on sait que regarder une vidéo en 4K consomme plus que regarder une vidéo en HD ou en 420p. Internet, ça consomme énormément. Mais l'IA, globalement, si on devait comparer, consomme plus. Là, je n'ai pas les données chiffrées. Je suis sûre que ça doit se trouver sur Internet. Il y a pas mal de bonnes pratiques. En fait, dans le milieu culturel, il y a un peu un double constat où il y a des gens qui ont une grande déviance envers l'IA et il y a ceux qui l'utilisent sans vraiment réfléchir. Par exemple, tu vas voir des gens, ils ont vu ChatGPT arriver, ils l'ont utilisé à fond, à fond, à fond, pour tout ce qu'ils faisaient. Et ça, c'est une utilisation qui n'est pas non plus très bonne. C'est vrai qu'ils sont devenus beaucoup plus efficaces pendant un temps. Moi, ce que je veux former, le message que je veux faire passer dans les formations que je donne et dans mon consulting aussi, quand je vais voir les structures, ça va plus être apprenez à savoir comment fonctionne l'IA, savoir sur quel sujet ça consomme si on veut parler d'écologie. Il y a d'autres problématiques de l'IA qui ne sont pas forcément écologiques, qui sont sociales notamment. Et moi, je veux amener les gens à plus garder un esprit critique et que ce soit un esprit critique éclairé. C'est-à-dire que pour moi, dire j'utilise surtout pas l'intelligence artificielle parce que c'est nul, ça n'apporte rien. et je vais continuer à utiliser du papier, en fait, c'est plus du tout dans l'air du temps, et dans pas longtemps, cette personne risque d'être vraiment plus du tout compétitive sur le marché, et le marché culturel est un marché qui ne va pas bien. Donc il y en a qui vont réussir à s'en sortir avec ces idées-là, j'en suis convaincue, mais la majorité risque d'avoir du mal, et notamment les jeunes actifs qui arrivent sur le marché. Il y a beaucoup de gens qui se posent des questions, beaucoup de structures qui travaillent sur ces sujets-là. Par exemple, dans l'IAACT, ils en parlent... Donc l'IAACT, c'est la... C'est la législation européenne qui est en train d'être mise en place en ce moment, qui est une législation qui fonctionne selon le niveau de risque des usages. Donc c'est une toute autre logique par rapport à d'autres législations qui sont mises en place. Et ils abordent ce sujet-là de l'écologie. Et la question éthique est l'un des piliers de la mise en place, la création de l'écriture de l'IAC. Donc c'est un sujet qui intéresse même au plus haut niveau. Est-ce que pour autant ça va changer les choses ? En Europe, je pense que c'est quelque chose qui va compter. Aux Etats-Unis, j'en suis moins sûre. En Chine, j'en suis moins sûre. En Europe, en tous les cas, c'est un sujet qui est important. Et c'est aussi un sujet qui est important parce que c'est un sujet qui intéresse vraiment les gens. Il y a énormément d'utilisateurs de l'intelligence artificielle. Il y a beaucoup d'entreprises qui se posent la question. Le sujet écologie est tellement actuellement ancré dans nos réalités. Il y a tous les jours des problématiques écologiques qui sont là, avec des catastrophes. Maintenant, on sait que l'humain a un impact sur l'écologie. Les grandes entreprises, par exemple comme Google, ont aussi un intérêt d'images. et avoir ces discours-là. Parce que parfois, on peut douter de l'honnêteté de leurs discours. Par contre, quand il s'agit de leur image, là, par contre, ça compte. C'est dommage que ce soit par ce biais-là que l'écologie soit mise en avant. Mais par contre, pour le coup, c'est des structures qui peuvent compter dans les mesures qu'ils prennent. Ça ne veut pas dire qu'ils vont faire des trucs écologiques, mais en tous les cas, l'écologie compte. Par exemple, utiliser l'intelligence artificielle comme quelque chose qui peut challenger l'opratique, ça se fait vraiment. Où est-ce que l'intelligence artificielle se limite ? par exemple... En ce moment, je travaille sur un projet avec le département et avec un artiste qui est un artiste numérique, qui travaille avec l'intelligence artificielle. Et l'idée, c'est d'aller proposer à des lycéens notamment, de travailler sur l'intelligence artificielle et sur les limites de l'intelligence artificielle. Donc, qu'ils comprennent l'IA, qu'ils voient comment ça peut déconner, donc les hallucinations, les biais, les impacts écologiques. Avec l'artiste, l'objectif, c'est d'en faire des œuvres d'art. Donc, par exemple, on crée une image de synthèse et cette image arrive à reconnaître Une bouche qui s'ouvre ou un oeil qui s'ouvre. Et par exemple, l'image, c'est une fleur. Et la fleur s'ouvre quand la bouche ou la personne s'ouvre. Et ça permet de créer un truc interactif avec les passants qui sont dans la rue, puisque l'objectif, c'est d'installer ces installations dans la rue. Là, c'est plus, l'objectif, c'est de sensibiliser des jeunes, de leur montrer comment ça fonctionne, et qu'ils aient une pratique qui soit éthique à terme, c'est-à-dire avoir les bonnes pratiques. L'Anthropique, ils ont fait une étude il y a quelques temps, je pense vraiment que c'est il y a quelques jours, sur l'impact de l'IA sur les métiers. Et donc, ils ont fait cette petite rosace, ça permet de voir les familles de métiers qu'il y a. Donc là, si on fait le tour, il y a les différents types de métiers. Donc production, transport, management, business, finance, éducation, art. Et on peut voir en bleu les secteurs qui vont être potentiellement les plus touchés par l'intelligence artificielle, et en rouge, ceux qui aient. Le cas actuellement. On peut voir que les médias et l'art, c'est quelque chose qui risque d'être impacté et qui est déjà un petit peu impacté, mais pas tant que ça comparé à ce que ça peut être. Moi, cette étude, je la trouve intéressante parce que quand on la compare avec les précédentes études qui ont pu être faites, donc par anthropique et par d'autres structures, notamment il y a le FMI qui avait fait une étude en 2023-2024, donc il y a 2-3 ans, on va dire, sur l'impact de l'IA. dans les métiers et qui disaient que ça allait remplacer 40% des métiers et potentiellement 60% dans certains corps de métiers. On sait maintenant que ça ne va pas être tout à fait ça. On sait qu'il va y avoir des métiers qui vont être largement impactés. On sait que ça va créer d'autres emplois. C'est compliqué de donner des chiffres qui soient véridiques parce qu'on ne sait pas à quoi va ressembler l'IA dans deux ans, il faut se le dire concrètement. Mais on sait que dans les médias, les métiers vont subir. Pour le coup, ça, on le sait. un bouleversement dans les arts et les médias. Que c'est peut-être un peu plus lent que prévu. Même s'il y a un grand déferlement, mais les défiances qui sont actuellement présentes font que ça ne va pas aussi vite. Que les outils s'adaptent de manière, on va dire, un peu ergonomique. Donc par exemple, on peut citer l'outil Photoshop. Photoshop est quand même très utilisé. Qui a intégré du coup un outil d'IA et qui est pas mal. Pour le coup, il fonctionne bien. Et cet outil permet d'être juste plus efficace. sans pour autant remplacer les gens qui sont derrière. C'est-à-dire que ça ne demande pas de renouveler complètement ses compétences. Ça demande aux personnes qui sont en sortie d'études de maîtriser ces outils-là. Mais je pense que c'est des gens qui arrivent plutôt bien normalement à maîtriser ces outils-là. Ça demande à former les gens, bien sûr, qui sont déjà installés. Alors Canevas, je sais que c'est assez peu utilisé par les graphistes parce qu'ils n'aiment pas trop. Mais c'est assez utilisé dans le milieu culturel par les chargés de com. Et ils ont mis un outil d'IA qui, pour le coup, pareil, est hyper facile à utiliser. qui n'est pas fou, on ne va pas se mentir, l'outil de Canva n'est pas encore génial, mais c'est plus ça qu'on va voir, je pense, arriver, c'est-à-dire que des outils qui existent déjà, qui se mettent en assistant IA, qui rendent les choses plus efficaces quand on sait s'en servir. Pour moi, la joie, en fait, c'est plus... C'est une question de partage, parce que je pense qu'on peut être... qu'on est vraiment heureux que quand on arrive à être... Avec les gens qu'on aime déjà d'une part, qu'on arrive à entretenir des relations qui sont bonnes avec nos proches, mais aussi dans le travail, qu'on arrive à être, je pense, en adéquation avec ce qu'on défend, avec nos valeurs. Moi je vais dans l'IA, il y a plein de contradictions dans l'IA et comment je fais pour essayer de trouver un truc où je me retrouve quand même là-dedans, alors que j'ai des valeurs où je sens que j'ai une âme écolo, pourtant l'IA n'est complètement pas écolo. Comment je fais pour m'y retrouver ? Pour moi, la joie, c'est plus une capacité à relationner avec les gens qui sont autour de nous, à pouvoir rigoler, à avoir quand même un peu d'autodérision sur ce qu'on fait, à être conscient que le monde dans lequel on vit actuellement, il n'est pas fou, mais il y a quand même plein d'espaces où on peut quand même avoir de l'espoir. Et voilà, c'est ça qui, moi, me rend joyeuse. C'est plus mon esprit un peu tech de base qui est un peu content parce que je suis très curieuse. J'aime bien utiliser de nouveaux outils et découvrir des choses. Et pour le coup, l'IA répond bien à l'aspect curiosité que je peux avoir. Et à la toute base, si j'aime bien la tech, c'est pour ça. Ce n'est pas du tout pour étudier les impacts géopolitiques et sociaux et environnementaux que ça peut avoir. Non, c'est parce que ça me fait marrer. À la toute base, j'aimais bien la tech parce que je pouvais créer des choses avec, des pages web ou... Des petits robots ou des trucs qui me faisaient rigoler. Quand l'IA est arrivée, c'est devenu un outil qui avait la capacité de développer un peu mon esprit créatif. Parce que c'était un nouveau terrain de jeu en fait. C'est ce que j'aimais dans l'IA à la base. Et après j'ai étudié tous les impacts que ça peut avoir environnementalement. Et pas que. Moi je viens des sciences politiques, donc j'étudiais les impacts que ça avait plutôt sur les pays. Sur les relations qu'on pouvait avoir à l'international. Typiquement, actuellement, ce qui se passe aux Etats-Unis, c'est quelque chose que j'apprécie étudier, qui me fait un peu peur quand même, mais que j'apprécie étudier parce que ça nourrit complètement l'ancienne étudiante en ce sens que j'étais. Ça ne fait pas si longtemps que ça que j'ai commencé l'activité que je fais actuellement. Donc je suis au tout début, en fait, de quelque chose. Il s'avère que dans l'IA actuellement, il y a un vrai besoin des métiers de formation, parce que les gens ont besoin de se former et il y a des financements qui sont mis dessus. Moi, j'aimerais sincèrement pouvoir continuer à former et à consulter en me focussant de plus en plus sur les questions d'éthique, de conformité, d'accompagnement. Parce que là, je fais beaucoup de transformation et d'utilisation des outils. C'est ce qui intéresse le plus. Pour le moment, les gens, on ne va pas se mentir, ne sont pas forcément ultra intéressés par l'éthique actuellement. Donc dans le futur, j'aimerais pouvoir aller plus sur les problématiques éthiques, travailler plus ces sujets-là, les développer. faire de la formation et pourquoi pas aussi développer une agence sur ces problématiques-là et avoir un impact qui aille au-delà de ce que moi je fais dans les quelques structures que j'accompagne par an. Donc pour l'instant, on est là-dedans. Et après, dans le développement de mon activité, c'est mon petit côté plus entrepreneurial, mais j'aimerais bien développer des structures de résidence artistique où on peut développer de l'art, art numérique avec l'IA pourquoi pas, mais pas seulement, mettre en place des structures. qui soit par exemple une maison qui permet d'accueillir des artistes et ces artistes peuvent faire un peu ce qu'ils veulent à l'intérieur avec un acte sur les impacts de l'IA sur la société. J'ai candidaté à un appel à projet parce qu'il y a de plus en plus de trucs sur l'art numérique et l'IA qui sont en train de se créer. Et donc il y a le Cube Garage qui a fait un appel à projet il n'y a pas longtemps, la Garage Légonesque, avec du coup un ami, celui dont je parlais tout à l'heure, qui lui à la base est développeur et qui maintenant est plasticien numérique et comédien. lui On développe ensemble des projets et l'idée, c'est de les présenter. Et là, on a rencontré trois structures qui sont dans trois pays différents et elle veut développer à fond les projets comme ça et leur donner une visibilité. Un monde où on a réussi à utiliser l'IA de manière responsable. Ça serait chouette parce que pour le coup... L'IA, c'est un outil qui, moi, je le considère vraiment comme un outil qui augmente l'humain, qui, on va dire, peut à la fois faire le pire parce qu'il va augmenter nos biais. Mais vraiment, l'IA, il fout une loupe sur nos biais. Donc, si tu ne sais pas l'utiliser, un outil qui a des données qui sont biaisées sur les questions de genre, sur les questions des minorités, va être encore plus biaisé à la fin. Ça va augmenter ça. Donc si on arrive en 2050 à interverser ça... Je pense qu'on aura une société qui arrivera à être, à mon avis, un peu plus égalitaire. Ça peut être un super outil d'aide à l'enseignement, par exemple. Ça peut aider des personnes qui ont du mal à apprendre ou qui ont du mal à avoir un vrai soutien au quotidien dans leur sujet. L'IA, ça peut aussi... En fait, si tu arrives à t'en servir correctement, ça peut vraiment être un assistant du quotidien. Et si on arrive à enseigner dès l'école, à utiliser l'intelligence artificielle avec un esprit critique, ça peut être que bénéfique sur le long terme, en fait. Et c'est ce que je souhaite, c'est que l'humain arrive à comprendre que c'est juste un outil, que c'est l'humain qui décide, c'est l'humain qui est central dans tout ça. Et du coup, chaque fait du quotidien peut être vraiment amélioré. Par exemple, en 2050, et ça c'est quelque chose qui est vraiment probable, parce que c'est dans la médecine, dans la santé. Actuellement, pour moi, c'est le secteur où l'IA tient le plus ses promesses, pour plusieurs raisons. Déjà parce que ça fait longtemps. qu'on utilise l'intelligence artificielle dans la médecine parce que c'est certainement le secteur qui est le plus adapté, on va dire. C'est-à-dire que tu as plein de données qui sont déjà très bien encadrées, très bien traitées, qui sont sécurisées, anonymisées. Donc tu as des bases de données qui sont absolument géniales et assez peu biaisées en tous les cas par rapport au reste des secteurs, on va dire, sur des utilisations qui sont très, très concrètes. Par exemple, en Chine, il y a quelques années, ils avaient fait un combat IA médecin, les médecins avaient perdu. Je pense sincèrement que l'IA peut devenir Merci. Un outil, un peu comme le numérique et internet l'est devenu aujourd'hui, alors que ça a été lancé il y a 30 ans. C'est-à-dire que ça va devenir, et ça l'est déjà un petit peu, un outil de création. Il y a des centaines d'années, on faisait de la peinture avec du bois et de la peinture. Maintenant, on fera des images d'art avec l'IA. et je pense qu'en 2050... Ça sera un outil qui sera vraiment intégré dans la création. Je pense que ça sera aussi un outil qui sera plus présent dans la culture pour les fonctions support. Ça sera potentiellement un outil qui sera aussi présent dans les parcours spectateurs dans les musées, par exemple. Et après, je pense qu'il y a des utilisations qu'on a encore du mal à envisager. Et je pense que, comme la culture fait souvent, on peut peut-être détourner... les usages qu'on peut avoir dans les autres secteurs pour créer des nouvelles œuvres, dénoncer ou créer en tous les cas un débat en utilisant les usages qu'on peut avoir dans les autres secteurs. Quand je me suis lancée dans l'intelligence artificielle, j'ai discuté avec un gars qui était chercheur et qui m'a dit l'intelligence artificielle, ça va être la revanche des sciences sociales et ça va être la revanche de l'humain sur plein de choses. Et c'est déjà quelque chose qu'on peut voir actuellement. C'est-à-dire que l'IA, ça va remplacer plein de compétences qui sont profondément mathématiques. Ça code hyper bien. on va avoir de moins en moins besoin d'humains qui savent faire des choses répétitives, même à haut niveau. Et du coup, ça nous oblige, je pense, à nous poser la question de notre propre humanité, ce qu'on est, ce qu'on aime, ce qui fait de nous quelqu'un de joyeux, qu'est-ce qui peut nous emmener au bonheur. Pour le coup, moi, je suis convaincue que dans dix ans, on bossera moins. On bossera moins parce que... L'humain, il aime bien moins bosser. Et il y a... s'il est bien utilisé, peut permettre de moins travailler. Actuellement, les entreprises ont plutôt un mode l'IA, ça nous permet de plus produire et en fait, on va utiliser le même temps, c'est juste qu'un salarié va faire plus. Sauf que je pense qu'il y a une autre crise qu'on ne mesure pas et qu'on mesurera peut-être mieux en 2050, c'est un peu la crise de la santé mentale qui existe actuellement, et notamment chez les jeunes. Et je pense que l'une des réponses qu'on va pouvoir donner, ça va être de... utiliser l'intelligence artificielle pour travailler moins et essayer de donner un revenu universel. Si en 2050, si c'est possible. Parce que ça ne dure pas si longtemps. Est-ce que la politique ira assez vite pour ça ? Je ne sais pas. Mais pour permettre aux gens de pouvoir vivre en travaillant moins, oui. Je pense qu'il faut voir les usages de l'intelligence artificielle dans la culture plutôt comme une opportunité sur laquelle il faut garder un très bon regard critique. plutôt que comme un outil à éviter absolument ou comme un ennemi.