Speaker #0Cet été, on a vu des territoires brûlés, des territoires que nous aimons, des milliers d'hectares de forêts, des maisons, des entreprises, des lieux dans lesquels des personnes ont investi des années de leur vie. Et puis, il y a tout ce qu'on ne voit pas forcément sur les images. La peur, la colère, le sentiment d'injustice, l'impuissance, cette violence émotionnelle qui reste même lorsque le feu s'éteint. Et face à ce qui brûle, Notre premier mouvement est évidemment de vouloir sauver, réparer, reconstruire, rebondir. Mais depuis ces incendies, une autre question m'habite. Reconstruire quoi ? Qu'est-ce que nous voulons réellement rebâtir ? Qu'est-ce qui mérite d'être préservé ? Qu'est-ce qui parfois était peut-être déjà arrivé au bout ? Sommes-nous toujours obligés de reconstruire à l'identique ? Parce que rebondir... n'est pas une direction. Nous pouvons mobiliser énormément de courage, d'énergie, de moyens, remettre toute cette puissance au service de la reconstruction de ce qui existait avant, sans nous demander si c'est encore ce que nous voulons construire maintenant, si c'est ce que nous voulons pour demain. Alors, je ne prétends pas savoir pourquoi certaines choses brûlent. Je me méfie encore plus des explications toutes faites que l'on donne. à ce genre d'épreuve. Mais je crois à la responsabilité qui commence. À ce moment où, au milieu de ce qui a été détruit, nous devons à nouveau choisir ce que nous allons préserver, ce que nous allons laisser derrière nous, ce que nous allons bâtir. Cette question ne concerne pas seulement un territoire après un incendie. Elle concerne nos entreprises, nos projets, nos modèles de réussite, nos décisions, nos vies, notre leadership. Et d'une certaine manière, elle concerne aussi ce podcast. Parce qu'après trois saisons de vérité, je suis arrivée à une conviction qui pourrait sembler paradoxale. La vérité ne suffit pas. Voir ne suffit plus. Savoir ne suffit pas. Et même dire la vérité ne suffit plus. La question devient, que faisons-nous de cette vérité ? Bienvenue dans Vérité, et dans ce dernier épisode de la saison 3. Quand j'ai créé ce podcast en 2023, je l'ai appelé Vérité parce que j'avais envie d'avoir des conversations que l'on n'entendait pas dans l'entrepreneuriat. Je ne voulais plus des conversations sur ce qui fonctionne, mais sur ce que cela coûte avant que ça fonctionne. Ce que l'on traverse derrière les réussites visibles, nos contradictions, nos changements de direction. L'argent, l'ambition, le sacrifice, notre rapport au vivant. De ces moments où ce que nous avons construit fonctionne encore sur le papier, mais ne nous ressemble déjà plus tout à fait. Et cette saison, derrière des histoires extrêmement différentes, j'ai commencé à voir revenir un même phénomène. Chez des entrepreneurs, des dirigeants, des artistes, des femmes et des hommes engagés, expérimentés, compétents, des personnes qui ne manquent pas. ni d'idées, ni de stratégies, ni d'ambitions. Et pourtant, j'ai vu des dirigeants poursuivre pendant des années quelque chose dont ils veulent sortir. Parce qu'arrêter ressemblerait à un échec. Parce qu'il faut préserver une image. Parce qu'il y a des salariés, une famille, des responsabilités. Parce qu'on trouve toujours une bonne raison de tenir encore un peu plus. J'ai vu des personnes savoir exactement quelles décisions elles doivent prendre. et continuer à agir dans la direction opposée. Dire j'arrête et continuer à alimenter. Dire je veux autre chose et continuer à construire exactement la même chose. Chez mes clients aussi, je me souviens de l'un d'entre eux qui pensait qu'il devait d'abord faire grandir son entreprise avant de pouvoir commencer à vivre la vie qu'il désirait. D'abord le chiffre d'affaires, d'abord l'entreprise. d'abord les responsabilités et lui après. J'ai vu des femmes et des hommes viser moins haut que ce qu'ils désiraient réellement. Non pas parce qu'ils manquaient d'ambition, mais parce que leur véritable ambition les obligeait à assumer une autre version d'eux-mêmes. J'ai vu des personnes continuer à attendre qu'un cadre extérieur leur dise quoi faire, alors que leur prochain niveau leur demandait précisément de devenir celle qui crée ce cadre. J'ai vu des femmes se mettre de côté dans une relation, s'adapter, accepter, parfois même croire qu'elles étaient en train d'évoluer. alors qu'elles étaient en train d'apprendre à tolérer ce qu'elles refusaient. J'ai vu des personnes aider, porter, sauver, jusqu'à ne plus savoir si elles donnaient encore par amour ou parce qu'être indispensable était devenu une manière d'exister. Et puis, j'ai vu toutes ces séparations, ces failles intérieures que nous finissons par considérer comme normales. L'argent ou nos valeurs, l'entreprise. ou notre liberté, l'ambition ou l'appartenance, la réussite ou la paix, l'autre ou moi, la sécurité ou l'impact. Comme si devenir plus puissant exigeait nécessairement de devenir moins entier. Et puis oui, il y a l'argent. Ce que nous acceptons pour lui, ce que nous refusons à cause de lui, ce que nous nous obligeons à devenir pour en gagner davantage. Et parfois aussi, tout ce que nous nous interdisons de devenir. Parce que nous avons peur de ce que gagner davantage dirait de nous. À première vue, toutes ces histoires parlent de choses différentes. La fatigue, l'argent, la posture, l'amour, le pouvoir, l'ambition, la croissance, le sens, la réussite. Mais avec le temps ? J'ai commencé à entendre une autre question derrière toutes les autres. À quel endroit ai-je commencé à me quitter moi-même pour que quelque chose d'autre puisse continuer à tenir ? Mon entreprise ? Mon couple ? Mon image ? Ma sécurité ? Ma réussite ? La place que j'occupe dans ma famille ? La personne que les autres pensent que je suis ? Et surtout, Qu'est-ce que je continue aujourd'hui à maintenir alors qu'une partie de moi sait déjà que c'est terminé ? C'est là que j'ai commencé à parler de faille d'intégrité. Pas au sens moral, pas pour juger qui serait intègre ou qui ne le serait pas. Une faille d'intégrité pour moi, c'est cet endroit très précis où ce que je sais, ce que je veux, ce que je dis et ce que je fais partent dans des directions différentes. Et nous pouvons continuer longtemps de cette façon. Nous sommes même parfois très, très performants. Nous compensons, nous travaillons davantage, nous contrôlons davantage, nous cherchons une nouvelle stratégie. Nous essayons de sauver ce qui peut encore l'être. Et de l'extérieur, parfois tout fonctionne. C'est peut-être même cela qui rend ces failles si difficiles à voir. Pendant longtemps, j'aurais parlé d'alignement. Aujourd'hui, ce mot ne me suffit plus. Parce que ce que je cherche à regarder est beaucoup plus précis. Où est-ce que je sais déjà, mais que je ne décide rien ? Où est-ce que j'ai décidé, mais que mes actes racontent encore autre chose ? Où est-ce que je continue à maintenir quelque chose que je ne choisis plus vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que cela me coûte de continuer ainsi ? Parce que quand je regarde... mon propre parcours, je réalise que cette question ne date absolument pas de cette saison. En réalité, je crois que j'ai passé ma vie à voir les incohérences. Je crois que j'ai toujours vu ce qui sonnait faux. À 3 ans, je veux devenir danseuse étoile. Mon rêve, mon idéal. À 6 ans, je suis déjà sur pointe. Pendant 15 ans, la danse occupe une place immense dans ma vie. Et très tôt, j'apprends ce que signifie viser l'excellence. Refaire un pas, le re-refaire, reprendre le même enchaînement, encore et encore. Écouter des dizaines de fois le même extrait de musique jusqu'à ce que chaque mouvement tombe exactement au bon endroit. Recommencer, parce que ce n'est jamais assez bien. Entre 7 et 9 ans, je tente l'entrée à l'Opéra de Paris. Et j'échoue. Une première porte qui se ferme. Mais à cet âge-là, je ne remets pas mon rêve en question. Je continue, je travaille, je persévère. encore. Il y a les concours, la compétition entre les filles, les régimes pour perdre 300 grammes avant de monter sur scène, le chignon parfaitement tiré. Jamais un cheveu ne doit dépasser. Une paire de pointes neuves tous les 15 jours. Et puis le corps, mes bras, mes jambes, mon port de tête, corrigé encore et encore, parfois à coup de bâton. Très tôt, je découvre cette conception de l'excellence où la souffrance fait partie du prix à payer. Il faut tenir, encaisser, se taire et surtout, the show must go on. Parce que sur scène, rien de tout cela ne doit se voir. Sur scène, la perfection, l'intouchable. Dans les chaussons, des pieds en sang, dans les coulisses, la perversion. Et dans mon cœur, la douleur. À 12 ans, je suis renvoyée du conservatoire de Paris. Je n'ai pas le droit de redoubler. À cet âge-là, ce n'est pas simplement changer d'école, c'est une deuxième porte qui se ferme. Et pourtant, encore une fois, je continue. Ma mère déménage dans le sud, j'intègre le conservatoire de Nice. La semaine, je vis en famille d'accueil pour pouvoir poursuivre ma formation. Je n'ai toujours pas renoncé à ce rêve. Mais là encore, je retrouve la maltraitance, le harcèlement de ma professeure, et puis une nouvelle exclusion. J'ai à peine 15 ans. Et cette fois, j'arrête. Le rêve que je porte depuis l'âge de 3 ans s'arrête là. À 15 ans, je ne connais évidemment pas le mot intégrité. Je ne suis pas capable d'analyser ce qui est en train de se jouer. Je sais seulement que cette manière de réussir sonne profondément faux en moi. Parce que j'aime l'excellence, j'aime l'exigence, j'aime viser haut. Ce n'est pas cela que je rejette. Ce que je refuse, c'est le prix qu'on m'a appris à leur associer. Et avec le recul, je crois qu'une décision se prend. exactement à ce moment-là, silencieusement. Je refuse une réussite qui exige que je me maltraite pour l'obtenir. Je refuse que la souffrance devienne la preuve que je mérite de réussir. Je refuse de confondre excellence et sacrifice. Mais je ne renonce pas à réussir. Je change de trajectoire. Je veux devenir businesswoman. À cette époque, réussir, c'est prendre l'avion, voyager, faire des affaires. Alors j'échange les pointes contre les talons aiguilles. Je poursuis des études en affaires et financement international, puis un master entrepreneuriat. Parce qu'à cette époque, je suis déjà fascinée par les entrepreneurs, leurs histoires et la manière dont ils bâtissent leur entreprise. Puis j'entre dans le monde corporate. Des années passent et progressivement, je retrouve cette même sensation. Quelque chose... sonne faux. J'ai 30 ans, une carrière de cadre à haut potentiel, des responsabilités, une trajectoire qui, vue de l'expérience intérieure, ressemble à une réussite. Mais je vois de plus en plus d'écarts entre ce que je suis censée faire, ce que l'entreprise dit vouloir faire et ce que nous sommes réellement capables de faire. Et surtout, je ne me reconnais plus dans la vie que cette trajectoire est en train de construire pour moi. Alors, j'entame un bilan de compétences et je réalise quelque chose d'assez simple. Personne ne m'a vraiment appris à me connaître, à comprendre comment je fonctionne, ce qui compte profondément pour moi et peut-être surtout pourquoi je suis faite. Parce qu'à ce moment-là, quelque chose est impensable, me séparer entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Je cherche déjà à être entière. En 2011, je quitte tout. Je me forme au métier que j'ai choisi et qui est fait pour moi. le coaching, l'accompagnement. En janvier 2012, je crée mon cabinet. À l'époque, j'aurais probablement parlé d'une quête de sens. Mais aujourd'hui, je mets un autre mot dessus. J'avais soif de cohérence entre qui j'étais et ce que je faisais. Je comprends aujourd'hui que cette décision s'inscrivait dans quelque chose de beaucoup plus ancien. Je ne voulais plus réussir contre moi. Mais il restait une question que je n'avais pas encore résolue. Parce qu'en grandissant, j'avais aussi observé autour de moi différentes manières de réussir, des environnements où pour accéder à un certain niveau, certains compromis semblaient faire partie du jeu. Les bons cercles, les bons réseaux, les codes implicites, certaines zones grises que l'on finit par ne plus vraiment questionner parce que c'est comme ça que ça marche. Et cela avait installé en moi une équation. Pour réussir grand, Faudrait-il nécessairement transiger avec une partie de son intégrité ? Et puis, il y avait mon père. Lui avait fait d'une certaine manière exactement l'inverse. Il avait renoncé à une carrière de dirigeant. Il était devenu micro-entrepreneur. Et il ne voulait surtout pas faire grandir son entreprise. Parce que pour lui, grandir signifiait davantage de problèmes, davantage de contraintes, davantage de responsabilités. peut-être aussi davantage de compromis. Alors mon père n'a pas sacrifié son intégrité pour réussir. Il a sacrifié son envergure pour préserver son intégrité. Mais en regardant mon histoire aujourd'hui, je réalise qu'il y avait encore un autre modèle sous mes yeux. Celui des femmes. Des femmes puissantes, intelligentes, capables. Des femmes qui avaient de l'envergure. mais dont cette envergure s'exprimait essentiellement au service de la famille, du foyer, du mari, des enfants, des femmes qui tenaient énormément, mais qui n'occupaient pas nécessairement la place visible du pouvoir. Elles étaient mères, épouses. Elles soutenaient, elles organisaient, elles permettaient la réussite des hommes. Et je crois qu'en tant que petite fille, j'ai grandi avec ces modèles-là aussi. Avec des hommes qui pouvaient prendre leur place dans le monde, réussir, exercer du pouvoir, parfois au prix de certains compromis avec leur intégrité. Avec mon père qui avait choisi de préserver son intégrité, mais en limitant son envergure. Et avec des femmes dont je pouvais sentir la puissance. mais dont l'envergure restait contenue dans la place qui leur était assignée. Et aujourd'hui, je comprends que je ne veux hériter d'aucun de ces renoncements. Je ne veux pas sacrifier mon intégrité pour réussir, je ne veux pas sacrifier mon envergure pour préserver mon intégrité, je ne veux pas davantage sacrifier mon envergure pour rester à la place que l'on attend de moi en tant que femme. Je ne veux pas avoir à choisir entre ambition et intégrité. entre puissance et appartenance, entre réussir et rester entière, entre prendre ma place et continuer à être aimée, entre être une femme, une mère, une épouse et être une femme d'envergure. Parce que peut-être que l'héritage que nous avons à transformer est précisément là. Ne plus exiger des hommes de sacrifier leur intégrité pour prouver leur puissance. Et ne plus exiger des femmes de sacrifier leur puissance pour préserver leur appartenance. Je ne crois pas que pour réussir grand, il faille devenir moins entier. Mais je ne crois pas non plus que pour rester juste et aimable, présent aux autres, il faille rester petit. Réduire son ambition, son argent, son influence, sa puissance, son impact. Et si le véritable enjeu de leadership était précisément de ne plus avoir à choisir, grandir sans se trahir. porter davantage sans se sacrifier, prendre pleinement sa place sans devoir s'arracher à ce que l'on aime, assumer davantage de puissance sans remettre son intégrité en négociation à chaque nouveau niveau d'évolution. Parce que je crois que la nouvelle génération de dirigeants dont nous avons besoin n'est pas une génération qui renonce à la puissance, c'est une génération qui refuse de l'acheter au prix de son intégrité. Pendant longtemps, je crois que j'ai pensé que ma force était justement là. Voir ce qui sonne faux, voir les incohérences, chez les personnes, dans les entreprises, dans les systèmes, et aider à remettre de la cohérence là où quelque chose s'était séparé. Mais il restait un angle mort, parce qu'il est relativement facile de voir ce qui sonne faux dans un système auquel nous n'adhérons plus. Il est relativement facile aussi de voir les incohérences des autres. Il est beaucoup plus inconfortable de voir celles que nous entretenons nous-mêmes. Et cette année, j'ai dû en regarder une en face. Je savais qu'un cycle était terminé. J'avais même pris la décision d'en sortir. Et pourtant, mes actes continuaient à raconter exactement l'inverse. J'avais pris une décision concernant Libre, le collectif, que j'avais créé et accompagné pendant plusieurs années. À l'intérieur de moi, je savais qu'un cycle était terminé. Je savais que je ne voulais plus porter cette offre sous cette forme. Je savais que ma direction avait changé. Et pourtant, je continuais à en parler, à réfléchir à la manière de le vendre, à chercher comment le faire fonctionner, à investir du temps, de l'énergie, de l'attention dans quelque chose dont j'avais pourtant déjà décidé de sortir. Ma décision disait « j'arrête » et mes actes disaient « continuons » . J'étais littéralement en train d'appuyer en même temps sur l'accélérateur et sur le frein. Et je crois que cette image décrit énormément de situations de leadership. Nous décidons de changer de positionnement, mais nous continuons à communiquer comme avant. Nous décidons qu'une activité n'est plus stratégique, mais elle continue à absorber nos équipes, notre budget, notre attention. Nous savons. qu'une collaboration est terminée. Mais nous repoussons la conversation. Nous affirmons vouloir changer de modèle, mais notre agenda reste organisé autour de l'ancien. Nous disons vouloir davantage d'impact, mais nous continuons à prendre des décisions conçues pour préserver ce qui existe déjà. Et parfois, l'extérieur ne voit le problème. L'entreprise fonctionne, le chiffre d'affaires rentre, les équipes travaillent. Mais à l'intérieur du système, nous envoyons deux instructions contradictoires. Pense ! Reste là ! Développe ! Protège ! Arrête ! Continue ! Et cela a un coût, un coût de leadership, un coût stratégique, un coût énergétique et bien sûr un coût financier. Alors j'ai envie de vous proposer une question très simple. Pensez à une décision importante que vous considérez comme déjà prise. Puis oubliez, oubliez ce que vous pensez avoir décidé. Et regardez uniquement vos 30 derniers jours. Prenez votre agenda. regardez vos dépenses, vos investissements, vos comportements, vos conversations, les sujets auxquels vous avez consacré du temps, ce que vous avez accepté, ce que vous avez refusé, et demandez-vous. Si quelqu'un n'avait accès qu'à ces éléments, sans pouvoir entrer dans ma tête, comprendrait-il clairement la décision que j'ai prise ? Nos intentions peuvent raconter beaucoup de choses. Nos actes sont généralement... beaucoup plus précis. Et c'est là que se situe pour moi la différence essentielle entre vérité et intégrité. La vérité, c'est ce que je sais. L'intégrité commence avec ce que je fais de ce que je sais. Est-ce que je décide ? Et une fois que j'ai décidé, est-ce que mes actes viennent confirmer cette décision ? Parce qu'à partir du moment... où ce que je sais, ce que je dis, ce que je décide et ce que je fais ne raconte plus la même histoire. C'est toute ma puissance qui se fragmente. Et c'est probablement la conviction la plus importante avec laquelle je termine cette saison. L'intégrité ne crée pas notre puissance, elle la réunit. Lorsque nous parlons de dirigeants, d'entrepreneurs, de femmes, d'hommes qui ont déjà construit, décidé, traversé des crises, porté des équipes, pris des risques, je ne crois pas que leur problème soit fondamentalement un manque de puissance. La puissance est là, mais elle peut être dispersée. Une partie sert la vision, une autre protège l'existant. Une partie veut avancer, une autre négocie encore avec ce qu'il faudrait quitter. Une partie sait. Une autre continue de chercher des réponses pour éviter d'avoir à décider. Et plus nous avançons dans nos responsabilités, plus ces incohérences coûtent cher. Parce qu'elles se répercutent dans l'entreprise, dans les équipes, dans les décisions que nous retardons, dans l'argent que nous continuons à investir au mauvais endroit. Dans les opportunités auxquelles nous ne pouvons pas dire oui, parce que nous sommes encore occupés à soutenir ce que nous n'avons pas réellement. quitter. L'intégrité n'est donc pas pour moi une injonction à être parfaitement cohérent à chaque instant. Nous sommes humains, nous évoluons, nous changeons d'avis. L'intégrité, c'est notre capacité à réunifier, à reconnaître l'écart, à regarder ce qui est devenu incohérent, à prendre la décision nécessaire, puis à remettre nos actes, nos ressources et notre environnement dans la direction que nous avons choisie. Et lorsque cela arrive, quelque chose redevient disponible. Notre puissance. Pas la puissance comme domination. Je parle de cette puissance beaucoup plus sobre, qui apparaît lorsque nous cessons de lutter contre nos propres décisions. Quand notre énergie peut enfin aller dans une seule direction. C'est cette puissance-là qui permet l'envergure. Parce qu'avoir de l'envergure, ce n'est pas simplement voir plus grand. C'est être capable de porter plus grand sans devoir se réduire, se fragmenter ou se sacrifier pour y arriver. Et aujourd'hui, je vois une architecture extrêmement simple. L'intégrité réunie, ce qui est réuni retrouve sa puissance. Et une puissance qui n'est plus occupée à se défendre, à se compenser ou à se diviser, peut enfin être mise au service de l'impact. Intégrité, puissance, impact. Et l'ordre compte, parce que l'impact sans puissance reste souvent une intention. Et la puissance sans intégrité peut devenir dangereuse. La stratégie, elle, amplifie. Elle peut amplifier une vision juste, mais elle peut amplifier un système devenu incohérent. Elle peut nous permettre d'aller beaucoup plus vite, dans une direction que nous ne voulons déjà plus prendre. Alors, peut-être que la question du leadership n'est pas seulement comment devenir plus puissant, Mais... Où ma puissance est-elle aujourd'hui fragmentée ? Et surtout, qu'est-ce qui deviendrait possible si toute cette puissante repartait enfin ? dans la même direction. Et c'est maintenant que je reviens aux incendies, que je reviens au feu. Parce qu'une fois le feu éteint, il reste évidemment tout ce qu'il faut réparer. Les pertes, les dégâts, les entreprises à relancer, les lieux à reconstruire, les personnes à soutenir. Et il reste aussi la colère, le sentiment d'injustice, les questions sur ce qui aurait pu être évité, sur les moyens qui ont manqué. Et cette expérience de l'impuissance, probablement l'une des plus difficiles à traverser lorsqu'on est habitué à décider, à agir, à trouver des solutions. Je ne veux pas entrer ici dans le débat sur les causes et encore moins chercher à donner une signification à ce qui s'est passé. Mais depuis ces incendies, je regarde aussi le feu autrement. Parce que le feu n'est pas extérieur au vivant. Le feu fait partie du vivant. Il détruit, il transforme. Et après lui, parfois quelque chose repousse autrement. Cela ne rend pas les pertes plus acceptables. Cela n'efface ni la violence, ni la douleur, ni les responsabilités humaines lorsqu'elles existent. Mais cela nous rappelle peut-être quelque chose que nos entreprises et nos sociétés modernes nous font facilement oublier. Le vivant est mouvement. Il naît, il croit, il se transforme, il traverse des cycles. Certaines formes apparaissent, d'autres disparaissent. Le changement est inéluctable au sein du vivant. Et pourtant, nous consacrons parfois une énergie considérable à essayer de l'empêcher, à maintenir, à préserver, à sécuriser, à faire durer, à vouloir retrouver ce qui était avant. Comme si réussir consistait à parvenir à stabiliser définitivement ce que nous avons construit. Comme si ce qui change de forme, ralentit, s'arrête ou disparaît. était nécessairement un échec. C'est particulièrement vrai dans nos entreprises. Nous avons appris à faire croître plus de chiffres d'affaires, plus de clients, plus d'équipes, plus de marchés, plus d'impacts. Et lorsque quelque chose arrive au bout de son cycle, notre premier réflexe est souvent de chercher comment le sauver, comment le relancer, comment retrouver la croissance, comment revenir à ce qui fonctionnait avant. Mais si le changement est inéluctable, alors peut-être que... que notre responsabilité de leader n'est pas de l'empêcher, elle est de discerner ce que nous voulons en faire, ce qui mérite d'être préservé, ce qui demande à évoluer, ce qui a terminé son cycle et ce que nous choisissons de faire émerger maintenant. Peut-être que le leadership ne consiste donc pas seulement à savoir faire croître, mais aussi à savoir reconnaître quand une forme doit... évoluer, quand une stratégie a rempli sa fonction, quand une organisation ne correspond plus à ce qu'elle doit devenir, quand une activité que nous avons aimée n'est plus celle que nous devons continuer à porter, quand ce qui était juste hier ne l'est simplement plus aujourd'hui. Et je crois que c'est aussi cela l'intégrité. Pas une cohérence figée, pas rester fidèle coûte que coûte à ce que nous avions décidé il y a 5 ans parce que nous l'avions décidé. L'intégrité exige au contraire d'être suffisamment présent au réel pour voir ce qui a changé autour de nous, dans notre entreprise, dans notre environnement et en nous, puis avoir le courage de réajuster. Parce que nous aussi, nous faisons partie du vivant, nos entreprises aussi, nos équipes, nos projets. Et pourtant, nous pouvons consacrer une puissance considérable à maintenir artificiellement ce dont nous savons déjà que le cycle est terminé. à lutter contre un mouvement, à essayer de faire fonctionner encore un peu ce qui ne fonctionne plus, à reconstruire ce qui existait, simplement parce que cela existait. C'est là que bâtir autrement prend pour moi tout son sens. Parce que bâtir autrement ne consiste pas simplement à construire une meilleure entreprise, plus rentable, plus performante, plus humaine ou même plus durable. C'est peut-être commencer par nous rappeler que nous ne bâtissons pas à côté du vivant. Nous bâtissons. dedans. Nos entreprises sont faites d'êtres vivants. Nos équipes, nos clients, nos familles, nos corps, elles dépendent de territoires, de ressources, d'écosystèmes. Et nous-mêmes, dirigeants, nous ne sommes pas des machines extérieures à ce système que nous pourrions piloter indéfiniment sans en subir les conséquences. Nous faisons partie de ce que nous dirigeons. Alors peut-être que bâtir autrement commence précisément là. prendre le vivant comme référence plutôt que la permanence. Et cela change les questions. La question n'est plus seulement comment reconstruire, mais qu'est-ce que nous voulons reconstruire ? Qu'est-ce qui mérite d'être préservé ? Qu'est-ce qui est encore vivant dans ce que nous avons construit ? Qu'est-ce qui demande à évoluer ? Qu'est-ce qui a terminé son cycle ? Qu'est-ce que nous maintenons uniquement parce que nous avons peur de ? Et qu'est-ce qui pourrait émerger si nous arrêtions de consacrer toute notre puissance à empêcher certaines choses de changer ? Cette question dépasse évidemment les incendies. Elle se pose après une crise, après une rupture, la vente ou la reprise d'une entreprise, l'échec d'un projet, après une croissance trop rapide, mais parfois aussi sans catastrophe. simplement parce que nous avons changé, parce que notre vision a grandi, parce que notre environnement a changé, parce que ce qui était juste hier ne l'est plus nécessairement aujourd'hui. Et parce que le modèle qui nous a permis d'arriver jusqu'ici n'est peut-être pas celui qui nous permettra d'aller là où nous voulons aller maintenant. Dans ces moments-là, il existe une tentation très forte. Faire mieux. ce que nous savons déjà faire. Optimiser, réorganiser, relancer, ajouter des moyens. Et parfois, c'est exactement ce qu'il faut. Mais parfois, nous sommes simplement en train de devenir extrêmement performants pour maintenir en vie quelque chose dont le cycle est terminé. C'est pour cela que je crois que rebondir n'est pas une direction. Rebondir est une capacité, une force. Mais cette force peut nous ramener... exactement au même endroit. La question du leadership vient justement avant. Dans quelle direction voulons-nous remettre notre puissance ? Et peut-être même, au service de quoi voulons-nous la remettre ? Pas pour tout brûler, pas pour faire table rase, pas pour transformer la destruction en vertu. Mais pour retrouver cette intelligence que le vivant nous enseigne en permanence. Tout n'est pas fait pour durer sous la même forme. Et notre rôle de leader n'est peut-être pas pas de nous accrocher à toutes les formes que nous avons créées. Il est de savoir ce que nous voulons servir à travers elles. Alors, bâtir autrement, pour moi, commence avec davantage de précision. Qu'est-ce que je veux continuer ? Qu'est-ce que je ne veux plus porter ? Qu'est-ce que je veux protéger ? Qu'est-ce que je veux transformer ? Qu'est-ce qui mérite encore mon temps, mon argent, mon énergie, ma présence ? Quel cycle est terminé ? Et surtout, Si je cessais de reconstruire par réflexe ce qui existait avant, qu'est-ce que je choisirais de faire émerger maintenant ? Il me reste une dernière histoire à vous raconter. Mon père est mort en 2012, la même année où je crée mon entreprise. Là, il y a quelques semaines, 14 ans après sa mort, j'ai compris quelque chose que je n'avais jamais encore relié aussi clairement à mon travail. Je vous ai dit tout à l'heure que... J'ai toujours vu ce qui sonnait faux, c'est vrai, mais il manque une partie de l'histoire. J'ai aussi appris très tôt à douter de ce que je percevais. Dans mon histoire familiale, j'ai été confrontée très jeune aux conflits, à des situations qui me semblaient injustes, incohérentes, à des choses que je voyais, que je ressentais, mais que les adultes autour de moi ne percevaient pas de la même manière. Et quand je réagissais, quand je nommais ce qui pour moi n'allait pas, très souvent le problème... finissait par devenir moi. Alors j'ai pensé que j'avais tort, que j'avais mal compris, que j'avais mal réagi, que j'étais trop difficile et parfois même que j'étais mauvaise. Cela s'ajoutait à tout ce que la danse avait déjà imprimé, les échecs, les exclusions, le corps corrigé, le geste jamais parfait. Cette sensation de ne jamais être tout à fait assez bien. Tout ça a évidemment marqué mon estime de moi, mais ces dernières semaines, j'ai compris que cela avait aussi touché quelque chose de beaucoup plus profond. La confiance que j'accordais à ce que je percevais. Je voyais ce qui sonnait faux, mais je pouvais croire que j'avais tort. Ma relation avec mon père, cette tension, a pris beaucoup de place. Parce qu'il y avait aussi l'amour, la peur de perdre le lien avec mon père, alors que ce lien était déjà trop faible. Parfois, ce que je voyais entrait en conflit avec ce qu'il fallait préserver. Le lien, la paix dans les relations, l'équilibre. entre les adultes. Et j'ai porté beaucoup trop longtemps la responsabilité de conflits qui ne m'appartenaient pas. Fin août 2012, mon père est malade déjà depuis deux ans. La fin est proche. Quelques jours plus tôt, Il m'annonce qu'il va se marier avec la femme qui partage sa vie depuis plusieurs années. Un mariage organisé dans l'urgence, alors qu'ils étaient déjà paxés. À cette époque, je vis à Lausanne. Lorsque nous nous parlons au téléphone, je lui annonce que je ne pourrais pas être à Tarbes le jour même du mariage. Parce que pour arriver ce jour-là, le trajet en avion me coûterait plus de 1500 euros. Alors je lui dis que je serai là le lendemain. Mais mon père ne l'entend pas comme ça. Il interprète mon arrivée le lendemain comme un rejet de leur mariage. Et très vite, nous retombons dans quelque chose que je connais depuis longtemps. Une nouvelle fois, je deviens celle qui crée le conflit. Celle qui fait du mal à sa femme. Une femme qui, elle, me considère davantage comme une rivale que comme la fille unique de son conjoint. Et une nouvelle fois, je retrouve cette place que je connais si bien. C'est elle qu'il faut protéger. Et c'est moi qui suis coupable. Sauf que cette fois, je sais que c'est la fin. Je sais que mon père va mourir. Et cela change quelque chose de fondamental. Parce que pendant des années, derrière nos conflits, il y a eu cette peur. Le perdre. Cette fois, je sais que je vais le perdre. Alors je refuse de porter encore une fois une culpabilité qui ne m'appartient pas. Une injustice qui n'existe pas. Mais surtout, quelque chose se réconcilie en moi. L'amour et la vérité. Je n'ai pas à taire ce que je crois profondément vrai pour aimer mon père. Je n'ai pas à l'aimer moins pour lui dire ce que je perçois. Je peux aimer mon père et refuser sa lecture de la situation. Je peux aimer mon père sans prendre sur moi ce qu'il me demande de porter. Je peux aimer mon père et rester dans ma vérité. À cet instant, la vérité n'est pas contre lui. Elle devient un acte d'amour envers lui. Parce que je sais que le temps est compté. parce que je sais qu'il y aura peut-être pas d'autres occasions. Et parce que je refuse que notre relation se termine sur une version de l'histoire que je crois fausse, simplement pour éviter un conflit. Alors, à ce moment-là, je lui dis, « Papa, j'espère que de là où tu seras, tu verras qui est dans la vérité. » Ce sera notre dernière conversation où nous sommes tous les deux pleinement conscients. Mais ce ne sera pas notre dernier moment ensemble. Le lendemain de son mariage, comme prévu, je suis à Tarbes. Lorsque j'arrive, mon père n'est déjà plus vraiment conscient. Il ne peut plus véritablement me répondre. Mais je peux m'allonger à côté de lui, rester là, lui parler. Je peux lui dire que je l'aime, qu'il peut partir en paix. Je sais qu'il m'entend. Il ne peut simplement plus me répondre. Quand je repense aujourd'hui à ces deux moments, l'un juste après l'autre, je crois qu'il raconte quelque chose d'essentiel. Au téléphone, je n'ai pas sacrifié la vérité pour préserver l'amour. Et lorsque je l'ai retrouvé le lendemain du mariage, je n'ai pas sacrifié l'amour à cause de ce qui avait été dit. J'ai tenu les deux, l'amour et la vérité. Deux jours plus tard, mon père entre en soins palliatifs et il meurt le 17 septembre 2012. Je crois que quelque chose de ces derniers jours est resté profondément inscrit en moi, sans que je m'en rende compte. Bien avant que je sois capable de mettre des mots dessus, on ne devrait jamais... à avoir à choisir entre aimer et être dans sa vérité. Comme on ne devrait pas avoir à choisir entre ambition et intégrité, entre puissance et paix, entre réussite et vivant. Et quand je regarde mon travail aujourd'hui, je vois à quel point cette réconciliation le traverse. Réconcilier ce que nous avons appris à opposer, voir l'endroit où quelque chose s'est séparé, chez une personne, chez un dirigeant, dans une entreprise. L'endroit où, à force de croire qu'il fallait choisir, nous avons commencé à nous fragmenter et à perdre notre puissance. Parce que je n'ai jamais cessé de choisir la vérité. Parce que pour moi, l'amour est la vérité. Et c'en est devenu mon métier. Mes clients ne viennent pas me voir pour que je leur dise ce qu'ils veulent entendre. Ils viennent parce qu'à un moment de leur parcours, quelque chose ne tient plus. Parfois ils le savent, parfois ils le sentent seulement. Et mon travail commence précisément là. Voir, mettre en lumière ce qui ne tient plus, l'incohérence, le compromis, la décision qui n'est pas prise, ou celle qui a été prise, mais que les actes ne confirment toujours pas. L'endroit où l'entreprise continue dans une direction, alors que le dirigeant en a intérieurement choisi une autre. Pendant longtemps, ma mission s'est jouée principalement dans l'espace du coaching, Avec... une personne, son leadership, ses décisions, sa vision. Aujourd'hui, j'assume d'aller plus loin. Parce que si l'incohérence est entrée dans l'entreprise, c'est aussi dans l'entreprise que je veux aller. la corriger. Dans ses décisions, dans son organisation, dans ses priorités, dans ce qu'elle continue d'alimenter, dans ce qu'elle dit vouloir devenir et dans ce qu'elle construit réellement chaque jour pour remettre de la cohérence et remettre du mouvement là où la puissance s'était fragmentée. Je ne prends pas la place du dirigeant, je suis simplement là pour révéler, pour montrer et pour que les dirigeants reprennent leur puissance, leur discernement. et amplifient leur impact. Je crois que c'est cela que ces trois saisons de vérité m'ont permis de préciser. La vérité est indispensable, mais la vérité ne suffit plus. La vérité doit devenir intégrité. Parce que lorsque ce que nous savons, ce que nous voulons, ce que nous décidons, ce que nous faisons, partent dans la même direction, notre puissance cesse d'être fragmentée. Elle devient disponible. Et cette puissance peut alors être mise au service de quelque chose de plus grand. Une entreprise, une vision, un territoire, d'autres êtres humains, du vivant, de l'impact que nous choisissons d'avoir. Vérité, intégrité, puissance, impact. Ce ne sont pas quatre concepts que j'ai décidé d'assembler pour construire un nouveau positionnement. C'est le chemin que je vois aujourd'hui derrière 14 années d'accompagnement. Et derrière une grande partie de ma propre histoire. Alors, quand je repense aujourd'hui à cette phrase dite à mon père, J'espère que de là où tu seras, tu verras qui est dans la vérité. Je l'entends autrement. Je n'attends plus que les morts voient ma vérité. Je veux que les vivants la voient. Pas parce que je vais la dire plus fort, pas parce que j'ai besoin d'avoir raison, mais parce que je veux qu'elle soit visible dans mes décisions, dans mes actes, dans ce que je choisis de ne plus maintenir, dans les environnements que je choisis, dans l'envergure que j'accepte d'assumer, dans les entreprises que j'accompagne. dans ce que je choisis de bâtir et dans ce que je mets au service du vivant. Et maintenant, revenons à vous. Parce que si vous êtes encore là après cet épisode, je ne voudrais pas vous laisser avec mon histoire, je voudrais vous laisser avec la vôtre. Qu'est-ce qui sonne faux aujourd'hui ? Pas forcément ce qui va mal ou ce qui ne fonctionne plus, peut-être au contraire quelque chose qui fonctionne encore très bien. Une entreprise, un rôle, une organisation, une relation, une manière de réussir. mais dont vous savez au fond qu'elle ne correspond plus tout à fait à ce que vous choisissez et à qui vous êtes devenu. Quelle vérité voyez-vous déjà, mais dont vos actes n'ont pas encore tiré toutes les conséquences ? Où êtes-vous encore en train d'appuyer simultanément sur l'accélérateur et sur le frein ? Qu'essayez-vous de maintenir, alors que votre puissance pourrait être remise ailleurs ? Et surtout, qu'est-ce que vous choisiriez de bâtir si toute votre puissance redevenait disponible. C'est ici que se termine la saison 3 de Vérité. Pas parce que je termine de parler de vérité, bien au contraire, mais parce que quelque chose se précise. La vérité n'est plus la destination, elle est le commencement. La vérité, puis l'intégrité, la puissance et l'impact. Si vous souhaitez continuer à recevoir mes réflexions, les questions qui traversent mon travail et ce que j'observe aujourd'hui auprès des dirigeants et des entreprises que j'accompagne, vous pouvez rejoindre la newsletter Vérité. Le lien est dans la description de cet épisode. Et si en m'écoutant, quelque chose devient beaucoup plus précis pour vous, une décision que vous repoussez, une incohérence que vous voyez mais que vous n'arrivez pas à résoudre, une situation qui fonctionne encore sur le papier mais dont vous savez qu'elle ne peut plus continuer ainsi, ou simplement cette sensation très nette que quelque chose doit bouger maintenant. Alors le diagnostic impact est fait pour ça. Nous prenons une heure et demie pour regarder ensemble ce que vous ne voyez peut-être plus, remettre de la précision là où quelque chose s'est brouillé, identifier les décisions qui permettront de remettre votre leadership et si nécessaire votre entreprise en mouvement. Vous trouverez également le lien dans la description. Merci d'avoir été là pour cette troisième saison. Merci à toutes celles et ceux qui y ont... apporter leur histoire, leur expérience, leurs doutes, leurs décisions. Et merci à vous qui écoutez. Pendant trois saisons, vérité m'aura ramené à une question. Qu'est-ce qui est vrai ? Aujourd'hui, une autre s'ouvre. Qu'allons-nous en faire ? Voyez avec précision. Choisissez avec intégrité. Remettez votre puissance dans la direction que vous avez choisie. Et bâtissez ce que vous êtes réellement là pour bâtir. Que les vivants voient notre vérité. et que nos vérités servent les vivants. A très bientôt dans Vérité.