Speaker #0Bonjour mes belles bébites, je suis Isabelle et bienvenue dans cet épisode de Vie de TDAH. Je ne sais pas si t'es comme moi, mais moi, je n'ai pas toujours été stable dans mes jobs. En fait, c'est ça que je pensais, que j'étais pas stable. Parce que j'entendais souvent, tu sais, je me comparais avec les autres, puis j'entendais souvent, ben voyons, tu vas encore changer de job ? Ou t'as encore changé de job ? Ou tu sais pas ce que tu veux ? Encore aux études ? Coudonc, tu vas-tu te brancher un jour ? Puis c'est en apprenant à me connaître, puis à savoir c'est quoi ma vraie nature de TDAH, que je me suis rendu compte que ben non, c'est pas ça. En fait, moi, j'ai besoin de changement. Puis souvent... Merci. On rit un peu chez nous parce que j'ai tellement besoin de changement que souvent, je vais changer les meubles de place. Puis mon chum, bien, c'est pas quelqu'un qui déplace les meubles. Puis des fois, on rit, il me fait des blagues, dire une chance que c'est pas moi que tu changes. Une chance que t'as pas besoin de changement avec ton chum. Mais non, c'est ça, moi, j'ai besoin de changement. Puis aussi, bien, j'ai besoin de m'aligner avec mes forces quand je travaille. Puis c'est quoi mes forces ? Bien, j'ai appris à les découvrir, mais... Souvent, les TDAH, on va avoir des forces qui se ressemblent, qui au niveau, beaucoup de TDAH vont aimer ça apprendre. Il y en a d'autres qui n'aiment pas ça, mais il y en a beaucoup qui aiment ça, qui aiment varier, qui aiment évoluer, qui aiment créer, qui aiment la liberté, qui aiment l'aventure. Puis là, on est loin de l'idée que c'est parce que je ne suis pas stable. C'est tout autre chose. Le TDAH, ça n'empêche pas de réussir professionnellement. Mais il y a certains métiers. Ouh Structure organisationnelles ou encore des modes de gestion qui vont nourrir ton cerveau TDAH, mais il y en a beaucoup qui vont l'épuiser. Ça veut dire que le métier que tu choisis et l'entreprise où tu choisis de travailler, il faut bien les choisir parce que sinon tu vas t'éteindre. Et aussi, combien de TDAH que j'ai accompagnés ont changé de métier en pensant que ce métier-là, ce n'est pas pour moi. Mais finalement, il découvrait juste que... Une couple d'années plus tard, que c'était peut-être pas le métier, mais plus la structure dans laquelle la personne travaillait, le milieu. Parce que, tu sais, on va rentrer dans des milieux des fois super rigides, puis on va essayer de rentrer dans le moule, puis ça va nous épuiser. Puis il y a d'autres TDAH qui sont comme des poissons dans l'eau dans ce type de travail-là. Donc on est tous et toutes différents. Je vais vous donner un exemple. Moi, personnellement, j'ai été travailleuse sociale pendant des années, puis... Si, mettons, je me compare à certaines collègues qui n'avaient sûrement pas le TDAH, il y en avait qui arrivaient facilement à faire le même travail pendant des années et qu'eux autres étaient bien là-dedans. Moi, je ne suis pas capable. Ça ne va pas avec ma vraie nature. Donc, je ne suis pas capable de fonctionner à long terme dans une organisation comme ça. Je vais être capable de fonctionner dans une organisation où ce que... je vais avoir beaucoup d'autonomie, ou est-ce qu'on va favoriser la créativité, ou les gestionnaires vont vraiment reconnaître les forces, souligner aussi les forces de leurs employés. Mais si tu me mets dans une entreprise où il y a beaucoup de micro-gestion, tu sais, aussi des interruptions constantes, puis où ça va être très linéaire, très rigide, moi, je ne suis pas capable de fonctionner dans ça. Je perds mes moyens. Je ne sais pas si tu comprends, mais pour les deux, c'est deux planètes complètement différentes. En général, je sais que le cerveau TDAH est plus sensible à la nouveauté, à l'intérêt, au défi, à l'urgence, puis aussi à la récompense. Donc, si une tâche est trop simple, ça peut être extrêmement difficile à faire pour le TDAH qui a besoin de nouveautés, d'intérêts, etc. Parce que ça va être plate et répétitif. Il n'y aura pas de stimulation. Puis, mettons, tu vas donner à ce même employé. Tu vas lui donner un projet où il faut qu'il trouve des solutions, où il faut qu'il fasse preuve d'ingéniosité, où il faut qu'il analyse, qu'il résout des problèmes. il va passer la journée dessus. Tandis que quelqu'un qui va peut-être être plus fort dans la paperasse, il va avoir de la difficulté à fonctionner dans ce contexte-là. Donc là, il y a une différence entre se dire, parce qu'on n'est pas capable de faire les tâches administratives, qu'on est quelqu'un de paresseux, et de comprendre que c'est peut-être juste ton moteur pour certains types de tâches qui n'arrivent pas à partir. Ça serait quoi les caractéristiques d'un milieu favorable au TDAH en général, mettons. Numéro un, un endroit où est-ce qu'on favorise l'autonomie, où est-ce qu'on donne un objectif, puis on dit, regarde, moi j'attends ça pour telle date, le reste, t'organises ça comme tu veux. Puis là, je dis pas que tous les TDAH sont capables d'être dans ce type de consignes-là, mais plusieurs ont besoin d'autonomie dans leur travail. Peut-être que toi aussi. Peut-être que, tu sais, si tu es dans une organisation très, très, très structurée, puis que tu sens que tu t'éteins, mais tu as peut-être plus besoin d'autonomie. Puis il y en a d'autres, là, que tu vas leur dire, bon, voici exactement ce que je veux, quand, dans quel ordre il faut que tu le fasses, puis ils vont très bien fonctionner comme ça. Une autre caractéristique des milieux qui pourraient être favorables au TDAH, c'est les milieux où il y a beaucoup de variété, où c'est que tu vas pouvoir avoir de la stimulation. Tu sais, tu vas pouvoir faire plusieurs projets en même temps. Tu vas pouvoir avoir affaire à plusieurs interlocuteurs, des collaborateurs. Tu vas pouvoir résoudre des problèmes. Tu vas avoir à faire face à l'imprévu. Tu vas faire des apprentissages. Tu sais, la formation va être encouragée. Il va y avoir du mouvement qui va convenir avec toi. Puis, il y en a d'autres qui n'ont pas besoin de mouvement. Donc, tu sais, le TDAH, c'est vraiment beaucoup de différence dans notre différence. Il y a aussi une autre caractéristique. Ça serait... le feedback. Dans un environnement où les attentes sont claires, où il favorise l'autonomie, la flexibilité, la variété, et qu'en plus, tu as souvent du feedback positif, constructif, bien, ça va être aidant. Tu vas vouloir beaucoup plus donner de l'énergie puis atteindre des objectifs comme ça. Parce que pour un TDAH, un objectif lointain, plus une récompense lointaine, bien, c'est une motivation qui peut s'évaporer. Il y a une autre caractéristique, la flexibilité. Celle-là, je la trouve vraiment importante. Parce que je ne sais pas s'il y en a qui sont comme moi, mais moi, travailler de 9 à 5, je n'étais pas capable. Je n'étais pas capable d'arriver à l'heure. C'est comme si je me sentais enchaînée. Puis encore là, je ne me sentais pas à la hauteur de faire comme tout le monde. Avant que je réfléchisse plus, puis que je fasse plus de recherches sur mon fonctionnement, puis sur le TDAH. Donc, je pensais que j'étais juste défectueuse, que moi, je n'étais pas faite. pour travailler, ou en tout cas le 9 à 5, je pouvais devenir stressée dès le samedi soir, pensant qu'il faut que j'aille travailler le lundi matin. À 9h, qu'il fallait que je sois rentrée au travail, puis que j'aie commencé à faire le tour de mes courriels, par exemple. Donc moi, j'avais besoin, j'ai besoin d'un horaire flexible. J'ai besoin aussi de pouvoir travailler en télétravail, parce que je me concentre mieux dans un environnement sensoriel que je peux contrôler. C'est comme je vais pouvoir mettre peu de son pour pouvoir me concentrer parce que j'ai besoin de silence pour pouvoir fonctionner, faire des tâches cognitives. Il y en a d'autres qui ont besoin de bouger, prendre des pauses souvent, se lever, aller à la salle de bain, faire quelques squats en passant. Il y en a d'autres qui ont besoin de travailler à l'extérieur. Ça, si ils sont à l'extérieur, ils sont comme un poisson dans l'eau. Donc, si tu veux être aligné et respecter ton système nerveux pour qu'il te le rende bien, pour ne pas être tout le temps dans le stress de finir tes journées comme si tu avais couru un marathon, il faut que tu sois aligné à ta vraie nature. Il faut que tu saches c'est quoi tes besoins. Il faut que tu te poses quelques questions. Pose-toi des questions face à est-ce que toi, tu es dans un milieu où il y a de la micro-gestion et ça, ça te stresse. Est-ce que tu es dans un milieu où il y a beaucoup d'interruptions, beaucoup de bruit, puis que, tu sais, mettons, tu as plein de notifications, le Teams, les autres collègues qui te parlent, tu as des réunions toute la journée, tu as des courriels qui rentrent, puis tu sais, souvent aussi, je ne sais pas si vous avez remarqué ça, mais quand on est TDAH, s'il y a un courriel qui rentre, on aurait dit qu'il faut qu'on le traite là-là. Il y a aussi les discussions entre les collègues qui arrivent devant ton bureau. « Hey, as-tu deux minutes ? » Puis là, finalement, tu te retrouves avec 37 onglets d'ouvert dans ta tête. Donc, l'obligation, ton énergie pour la journée est brûlée à cause de tous les stimuli. Puis, tu sais, il y en a qui se demandent, bien là, tu as juste à te concentrer. Mais nous, là, notre cerveau, TDAH, capte toute l'information de l'environnement. On a comme un cerveau, comme je vous ai déjà dit, on a un cerveau bionique. Donc, ça veut dire qu'on va tout capter jusqu'à la mouche qui vole dans le bureau. Mais les gens comprennent, les autres comprennent. pas nécessairement ça. Puis souvent, on va avoir des petits commentaires face à ça. Surtout dans une culture organisationnelle des années 30, où on subit les petits commentaires subtils ou carrément de la violence organisationnelle. Toi, tu ne marches pas comme les autres. Bien, on te rejette, on te tasse, on t'ignore. Parce que ces milieux-là, ils interprètent systématiquement le TDAH comme Tu te forces pas assez. T'es pas assez motivé. T'es pas intéressé. Ou encore, si tu t'organiserais, ça irait bien. Tu manques de professionnalisme. T'as donc bien une mauvaise attitude. Ou, une autre affaire qu'il y a les gens, les TDAH que j'accompagne, qui se font dire, c'est, « Ouais, les autres disent ça de toi. Les autres disent que t'es pas assez vite. » Ça, c'est le pire commentaire qu'un gestionnaire ou qu'un collègue ne peut pas faire à un autre collègue au travail. Puis, ce type d'environnement-là, ça peut devenir vraiment destructeur. Ça peut devenir toxique pour toi. Comme si c'est nous le problème. Tu sais, puis quand tu arrives au travail, bien, des fois, tu vas arriver avec plein de volonté de pouvoir faire un travail qui va être gratifiant et tout ça. Sauf que, tu sais, si tu arrives dans un milieu comme ça... qui manque de flexibilité, qui manque de reconnaissance, qui manque de variété, que tu ne peux pas être autonome et qu'il y a beaucoup de micro-gestion. Pourquoi tu fais ça comme ça ? Pourquoi tu n'as pas répondu au courriel de 10h03 matin ? C'est pas ça que je voulais que tu fasses. Comment ça, tu as fait ça de même ? Ça, on peut l'entendre souvent quand on est un neurodivergent, un TDAH au travail. Donc, comment choisir une carrière qui va avec ton TDAH ? Puis là, je ne vais pas te proposer une liste des 10 métiers parfaits pour les TDAH. Premièrement, il n'existe pas nécessairement de métier universel TDAH-friendly. Et chacun de nous sommes très différents. C'est sûr qu'il y a des profils qui se... qui se répètent, mais il y a aussi des profils qui peuvent aussi bien fonctionner dans un environnement très encadré et se sentir bien là-dedans. Donc, l'important, ce n'est pas le nom du métier, c'est vraiment les questions que tu dois te poser. Donc, je t'invite à te demander, dans un premier temps, qu'est-ce qui m'active ? Résulte des problèmes ? Aider les autres, créer des choses. Ou vendre, toi, peut-être que t'aimes ça vendre, t'es bon dans la vente. Il y en a aussi qui sont forts dans l'analyse, l'enseignement aussi. Il y en a qui vont avoir besoin de bouger. Il y en a d'autres qui vont avoir besoin de diriger, que c'est eux autres qui vont être le patron. Il y en a d'autres qui aiment apprendre. Il y en a d'autres qui aiment travailler de leurs mains. Donc, qu'est-ce qui m'active ? Travailler dans le calme, travailler avec beaucoup de gens, travailler en collaboration, travailler seul, etc. La deuxième question que je veux que tu te poses, très importante. Qu'est-ce qui me vide ? Qu'est-ce qui me vide de mon énergie ? La répétition, des tâches répétitives, travailler avec les gens ou travailler seul. Il y en a qui ne sont pas capables de travailler seul. Il y a mieux de travailler avec des gens. Le bruit aussi. La rigidité, le fait qu'il faut que tu fonctionnes comme ça, la micro-gestion. Les conflits aussi, tu parles des environnements de travail où il y a beaucoup de conflits. Moi, personnellement, les conflits, aussitôt que je suis en contact avec des conflits, je suis comme une éponge. Donc, je vais tout éponger. S'il y a trop de tâches administratives ou les tâches administratives, ça aussi, ça peut être énergivore. Les horaires fixes, trop d'imprévus. trop de distraction au travail ou d'interruption. Et aussi, tu peux te poser la question, moi, c'est quoi la dose de structure qui est optimale pour moi ? Comment j'aimerais être gérée ? Est-ce qu'il faut que tu me dises toutes les étapes que tu veux que je suive ou tu me dis, je veux obtenir tel résultat, mais tu me laisses carte blanche ? Parce qu'il peut y avoir aussi une structure, mais une bonne structure. Puis même si tu as beaucoup besoin de liberté puis de sens dans ce que tu fais, il faut quand même... petite structure. Puis il y en a d'autres que s'il n'y a pas une grande structure, bien, ils vont devenir désorganisés. Puis, ça serait quoi l'exemple ? Ça serait quoi l'exemple d'une bonne structure ? Bien, avoir des échéanciers clairs, des échéances claires, des dates de remise claires, claires, puis on s'entend que pas pour hier. Quoi qu'il y en a, comme quand j'étais plus jeune, moi, dans... J'étais capable beaucoup de gérer la pression, l'intervention de crise, les imprévus. Ça, c'est une de nos forces à beaucoup de TDAH, être capable de gérer dans l'action, dans la grosse action. C'est sûr qu'en vieillissant, je veux plus que ça soit simple parce que, tu sais, on a moins peut-être d'énergie ou moins de patience. Il y en a d'autres qui veulent savoir les objectifs précis. Il y en a d'autres qui aiment ça les rencontres de suivi. Tu sais, on est en train de faire un projet, bien... On se rencontre à chaque semaine pour être sûr que notre projet s'en va dans le bon sens. Il y en a d'autres qui ont besoin d'une certaine liberté sur la façon, comme je disais, d'atteindre les résultats, mais ils ont quand même besoin d'être accompagnés. Moi, personnellement, j'avais besoin de beaucoup, beaucoup de liberté. Mais j'ai besoin encore, parce que je travaille encore, mais j'ai besoin de beaucoup de liberté de défi. J'aime décider aussi. C'est pour ça que je suis devenue entrepreneur il y a quelques années. Bien, plusieurs années, je dirais. Le temps passe vite. Mais il a fallu que je travaille sur ma structure à moi. Parce que sans structure, je n'y arrivais pas. J'avais plein d'idées, des choses à organiser, des choses à planifier. Puis, comme vous savez, le TDAH, ça ne se fait pas automatique. Il faut un petit coup de main. Sauf que la structure que j'ai choisie, elle va avec mes besoins, puis elle va avec ma vraie nature. J'ai comme monté mon mode de vie TDAH Friendly en tant qu'entrepreneur en montant ma structure selon ma vraie nature, selon mes besoins, selon les questions que je m'étais posées. Si jamais tu veux une grille, j'ai fait une petite grille pour aider dans les questions à ce niveau-là. Écris-moi, je vais t'envoyer ça. Tu as juste à venir sur le groupe Facebook du podcast Vive TDAH, puis je vais t'envoyer ça, c'est gratuit. Je vais t'envoyer vraiment, si tu veux te poser des questions, puis tu veux avoir des idées, je vais t'envoyer la petite grille qui s'appelle Mon emploi idéal. Donc, ne manque pas le prochain épisode, où on va parler du fameux masking. La tendance qu'on a, plusieurs TDAH, à porter un masque en société pour... tenter de fuiter. Et ma belle bibitte, on n'a pas fini de se propulser ensemble. On est là pour rester et prendre notre place. En attendant, n'hésite pas à liker cet épisode, à t'abonner, à mettre un 5 étoiles pour encourager de vie TDAH. Ce podcast en évolution sur le TDAH à l'âge adulte.