Speaker #0T'es-tu du genre à devenir tout croche en dedans quand ton conjoint ou ta conjointe a un ton un peu sec avec toi le matin ? Ou quand ton ami ne répond pas à ton message depuis 4 heures ? Ou encore quand ton patron te fait une rétroaction constructive sur un projet ? Ou qu'un ou une collègue ne te salue pas dans le couloir ? Ben ça tombe bien car aujourd'hui, on parle de la sensibilité au rejet du TDAH TDAH. La sensibilité au rejet. Ça ressemble à quoi ça dans la vraie vie ? Ça mange quoi en hiver ça ? Je ne sais pas si t'es comme moi, mais moi, quand quelqu'un est plus distant envers moi, je peux passer des heures à ruminer et à me demander, y es-tu fâché contre moi ? J'ai-tu dit quelque chose ? Est-ce qu'elle m'en veut ? Ou j'ai-tu fait quelque chose de mal ? Et à ce moment-là, je me remets profondément en question. Je remets profondément en question ma valeur personnelle. Et en plus, moi, quand ça m'arrive, je le ressens, probablement que vous aussi, je le ressens dedans de moi. La chaleur monte, ma poitrine ou mon estomac se serre. Et je pourrais même dire que je ressens une légère détresse. Je ne me sens vraiment pas bien avec ça. Et pour ceux et qui sont des entrepreneurs. avec une vitrine sur les réseaux sociaux, c'est encore plus intense. Parce que du monde, il y en a sur les réseaux sociaux et des commentaires négatifs, il y en a un puis un autre. Et pour une ou un entrepreneur TDAH, un commentaire négatif sur 10, c'est le négatif qui va rester en tête puis qui va nous faire ruminer et tout remettre en question. Puis moi, au début, un détracteur, je les appelle comme ça, un détracteur, qui remettait en question mon message, je pouvais passer des heures à réécrire ma bio, à changer mon approche, à modifier mon message, juste pour tenter de convaincre cette seule personne qui ne fitait probablement juste pas avec mon approche. C'est ça qu'on fait aussi dans notre vie, avec les gens autour de nous. Il faut absolument qu'on réponde, Il faut absolument qu'on... convaincre ces personnes-là de notre valeur pour éviter d'être rejetées. Mais en fait, j'essayais de taire mon malaise interne de la mauvaise façon. Est-ce que ça te parle ? Est-ce que toi aussi, ton cerveau gaspille bien du temps à faire des pirouettes ou à faire des scénarios ? Alors que souvent, je dirais même la plupart du temps, les raisons des attitudes des personnes n'ont même pas rapport avec toi. Mais toi, t'essaies de convaincre pour pour ne pas te sentir rejeté, pour ne pas sentir le rejet. Mais chez nous, les cerveaux TDAH, on a la sensibilité du rejet très réactive. Comme bien des affaires, avec notre cerveau TDAH, c'est amplifié. Et j'ai fait un petit peu de... Bien, un petit peu. J'ai fait quand même beaucoup de recherches. Et du côté de la science, les chercheurs ont un nom pour ça. Ils appellent ça la dysphorie sensible au rejet. Moi, avant de lire là-dessus, je ne savais pas que ça venait avec le TDAH. Moi, pendant des années, beaucoup d'années, des dizaines d'années, depuis que j'étais à la maternelle, je sentais cette dysphorie sensible au rejet. Puis là, je le traduis de l'anglais. C'est un concept qui vient du Dr. Russell Barclay, qui est une des plus grandes références mondiales sur le TDAH. Puis lui, le Dr. Barclay, il dit que la dysphorie sensible au rejet, C'est unique. caractéristiques les plus invalidantes du TDAH. Puis je le crois. Je le crois parce que, comme je vous dis, moi, depuis la maternelle, je ressens la dysphorie sensible au rejet. Et on n'en parle pas assez. Donc, la dysphorie, c'est quoi ? La dysphorie, c'est le contraire, c'est l'opposé d'être euphorique, de l'euphorie. L'euphorie, c'est pas mal plus agréable à vivre. La dysphorie, c'est le contraire. C'est un état de détresse émotionnelle. C'est pas juste de la tristesse, là. C'est vraiment, t'as une douleur émotionnelle aiguë, tu le sens en dedans, c'est soudain, puis ça peut être insupportable. Et chez le cerveau TDAH, cette dysphorie est déclenchée, cet état émotionnel aigu est déclenché spécifiquement par la perception d'un rejet, mais aussi ça peut être déclenché par la perception d'un échec ou de ne pas être à la hauteur. Le mot perception, c'est super important ici parce que ce n'est pas nécessairement la réalité. Et aussi, il y a que le cerveau TDAH est très sensible, comme bionique. Donc, il est câblé pour détecter de manière hypersensible les signaux dans ton environnement, dont les signaux de rejet social. Il capte tout et il l'amplifie. Puis, il réagit physiologiquement et cognitivement comme si c'était une menace réelle à ta survie. Parce que pour ton système nerveux, c'en est une. Pendant mes recherches sur le développement humain, j'ai compris que la peur du rejet venait vraiment de loin. ça vient de La préhistoire. Dans le temps de la préhistoire, si tu ne faisais pas partie d'un clan, c'était la mort assurée. Le cerveau humain n'oublie pas. Parce que c'est normal, lui, depuis la nuit des temps, sa fonction première, ça a toujours été d'assurer la survie. Donc, quand on perçoit un rejet, qu'il soit réel ou imaginé, parce que ça se peut qu'on ne plaise pas tout le monde, puis... C'est sûr que nous, ça nous fait réagir, mais c'est correct aussi. On ne peut pas plaire à tout le monde. Mais il se passe réellement un chemin dans ton corps, au niveau de ta physiologie, qui est très désagréable à vivre. Bon, comment ça se passe ? C'est que ton amygdale, qui est ton centre d'alarme de ton cerveau, pas les amygdales dans la gorge, c'est vraiment une structure qui est située au milieu de ton cerveau, s'active immédiatement quand tu vis, soit une perception de rejet ou d'échec. Puis, ton amygdale va envoyer un signal de danger dans ton corps qui va libérer du cortisol et de l'adrénaline, qui sont les hormones du stress. Ton cœur va s'accélérer, tes muscles vont se contracter, ta respiration va changer, tu vas sentir une chaleur monter dans ta poitrine ou dans ta gorge, ton estomac va se serrer. Ça, c'est dur sur le système, là. Et quand ton système nerveux est en mode survie, Ton cortex préfrontal, celui qui gère la logique, de faire des nuances, une prise de décision, de réflexion rationnelle, bien, il se met en mode veille. Puis c'est sûrement pour ça qu'on a de la difficulté à faire fonctionner notre cortex préfrontal, parce que souvent, notre système nerveux est en mode survie, à cause de notre cerveau bionique qui capte tout, puis qui est très sensible. parce que quand ton système nerveux est activé, quand ton système d'alarme est... cri, bien, ton cerveau va donner la priorité à ta survie et non à ta réflexion et non à ta capacité de réfléchir et de faire bien les choses ou faire la part des choses. Tu ne pourras plus penser clairement. Tu vas réagir. Tu vas dire quelque chose que tu vas regretter, tu vas te retirer, tu vas t'isoler, tu vas te positionner en victime, tu vas passer les prochaines heures à ruminer en boucle, tu vas aller peut-être un peu plus vapoter, un peu plus manger de la malbouffe. Un peu plus consommer d'alcool, peut-être aller mettre une couple d'affaires sur ta carte de crédit. Tu vas chercher à te détruire. Ces réactions-là peuvent durer des heures et même parfois des jours. Surtout quand c'est pas réglé. Tu sais, si t'as eu une situation avec des collègues au travail ou avec ton conjoint un matin, puis que finalement, ça reste comme ça, puis tu sais pas si t'as fait quelque chose de mal ou pas, bien, ça va rester en background. Puis la prochaine fois, bien... Ça pourrait même être pire parce que ça va s'accumuler si c'est pas réglé. Qu'est-ce qu'on fait avec tout ça ? Premièrement, moi, je vais te dire que même si tu appliques des stratégies, ça ne disparaîtra pas parce que ton cerveau va toujours être sensible et ça va rester présent comme la plupart des TDAH, la sensibilité au rejet va rester présente toute ta vie. Mais en la gérant, tu vas diminuer le temps que tu vas rester dans cet état mental et physiologique-là. Et ça, ça change tout. Les trucs que je vais te proposer reposent sur des stratégies pour sécuriser ton système nerveux, pour apprendre à ton cerveau à sécuriser manuellement ton système nerveux et aussi à défaire les raccourcis mentaux. Donc, on va utiliser, pour sécuriser ton système nerveux, on va utiliser la théorie polyvagale de Stéphane Porges et aussi, on va utiliser l'approche... cognitivo-comportemental de la psychologie cognitive. Ça, ça va faire en sorte que tu vas être capable de sécuriser ton système nerveux physiologiquement. et défaire tes raccourcis mentaux, cognitivement. Donc, je te propose mes outils. L'outil numéro un, sécuriser manuellement ton système nerveux. Quand tu sens la chaleur monter, quand tu sens que ton cœur s'accélère, quand tu sens le malaise monter, avant de faire quoi que ce soit, tu te dis stop. Je suis peut-être en réaction au rejet que je perçois. Ce n'est peut-être pas la réalité, mais je suis peut-être en réaction au rejet que je perçois. Est-ce que c'est vrai ou pas ? on s'en fout. L'important, c'est de dire stop, ça va bien aller, on arrête ça ici. Ça, ça va activer ton cortex préfrontal, puis ça va commencer à calmer ton amygdale. Peut-être que tu vas avoir à te le dire plusieurs fois au début, mais c'est correct, parce que ton cerveau n'est pas habitué. Puis, je te dis, tu sais, il faut que ta solution, parce que ta réaction est cognitive et physiologique, donc il faut que tes solutions soient C'est cognitif et physiologique. Donc, le fait de dire stop, ça restructure ta pensée. Au lieu de partir et dire, ah, j'ai-tu fait quelque chose de pas correct ou de réagir, il faut dire, tu dis un stop, tu dis, attends une minute là. Minute, ma moute. Après ça, pour calmer ta réaction physiologique, tu vas faire trois respirations profondes. Cinq secondes d'inspiration par le nez, tu retiens six secondes et tu expires sept à huit secondes. Idéalement par le nez aussi. Ça se peut que tu ne puisses pas faire ces temps-là, puis c'est correct. C'est juste pour te dire qu'il faut que tu expires plus longtemps que tu inspires. Ça, c'est prouvé, c'est suite à ma lecture du livre de James Nestor, qui est un journaliste scientifique, que lui, il a fait 10 ans de recherche sur la respiration. Lui, il dit qu'idéalement, on devrait avoir une séquence de respiration comme ça et de le faire par le nez. Tu peux aussi te mettre... Mettre ta main sur ta poitrine tout en faisant l'exercice physiologique de faire un exercice cognitif. Tu vas mettre ta main sur ta poitrine. Après d'avoir respiré ou en chaque respiration, tu vas dire, je suis ici en sécurité ou je suis en sécurité. Ou ça va bien aller, comme tu veux. Si jamais c'est super intense, tu peux te mettre de l'eau froide sur le visage ou dans le cou derrière. Avoir un contact physique avec quelqu'un à qui tu as confiance. T'as mitoufflé dans une couverte où t'es confortable. Ces gestes-là, ils vont activer ton air vague qui va dire à ton système nerveux, le danger est passé ou calme-toi le pompon, t'es en sécurité là. Donc ça, c'est la théorie polyvagale en action. Tu passes du mode survie à un mode plus rationnel de manière manuelle. Ça, ça va faire en sorte que tu vas libérer ton cortex préfrontal pour pouvoir être un petit peu plus rationnel que de dire c'est de ma faute. ou je ne suis pas bonne, ou je ne suis pas digne d'être aimée. Ça, ça se passe un peu dans l'inconscient. On ne se le dit pas nécessairement comme ça, mais disons que le régime fait réagir inconsciemment. Ce n'est pas quelque chose qu'on contrôle nécessairement, la sensibilité au régime. L'outil numéro deux que je pourrais te proposer, c'est la règle des 24 heures. Tu réponds à rien quand tu es en pleine réaction. Pas de message, pas de... même verbalement, si tu es devant une personne, pas de commentaire, pas de courriel, pas de conversation importante. Et tu attends 24 heures. Parce que tu vas dire en réaction, c'est ton système... Qu'est-ce que tu vas dire en réaction ? C'est ton système nerveux qui va parler, pas toi. Ça ne sera pas rationnel. Et tu ne veux pas te magasiner de problèmes. Un TDAH, on n'en veut pas de problèmes. On veut que ça soit simple. Parce que sinon, le système nerveux, il va être tout le temps encore en mode réaction. Si en plus, on a à vivre des problèmes dans le futur à cause de nos réactions, quand on a senti, quand on a perçu un rejet. Il y a aussi que, parfois, quand on réagit, on cause ce que finalement on redoutait, puis qui était peut-être même pas présent. Je vais te donner un exemple, mettons, je ne sais pas moi, quelqu'un, ton conjoint est plus distant ou ne te parle pas, puis que là tu te mets à... t'acharner sur lui, puis à lui demander qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'il y a, ben, s'il était juste fatigué, ben, ça se peut qu'il te réjette, ça se peut qu'il te dise, elle était fatigante, puis que ça soit pire. Le fait de sécuriser ton système nerveux, là, ben, puis d'attendre 24 heures pour réagir, ben, des fois, ça va te donner aussi les vraies réponses. Puis ça va te donner aussi le temps de te préparer de la bonne façon pour poser des questions. Si jamais t'as besoin de poser des questions à des gens, je vais te donner il y a... Un exemple, par exemple, moi quand mon chum est fatigué, il arrête de parler carrément. Moi au début, tu sais, puis ça peut durer une soirée. Ça n'y arrive pas souvent, mais quand ça arrive, ma sensibilité au rager s'active. Au début c'était pire, là je sais qu'il est comme ça, mais au début c'était pire. Puis automatiquement... je me disais ou je me dis encore, il y a quelque chose. C'est moi qui ai fait quelque chose. Ça a rapport avec moi. Puis quand j'applique, mettons, le 24 heures, bon, je me calme, j'applique le 24 heures, bien finalement, le lendemain, ça va être le premier à dire quand il va se lever ou ses premiers mots du matin. Ouf, j'étais vraiment fatiguée hier, j'ai dormi 11 heures. Et voilà, ça vient de confirmer que j'avais rien à voir là-dedans. Donc, imagine si je me serais mise à m'acharner sur lui. D'après moi... Il n'aurait pas aimé ça, puis là, il m'aurait rejeté parce qu'il était fatigué en plus. J'ai un autre exemple avec mes amis. Si, admettons, je ressens une distance, au lieu de passer la soirée à me faire des scénarios, je vais utiliser les trucs pour me remettre le ciboulot à bonne place. Puis parfois, je me permets même de demander, « Hey, ça va ? Est-ce qu'il y a quelque chose ? » Mais il faut que je sois sûre de ne pas réagir encore plus si la personne me répond oui et qu'elle reste distante. Parce qu'encore là, il va falloir que je sécurise mon système nerveux. Parce que je vais voir que je ressens un rejet, mais elle me répond qu'il n'y a pas de problème. Ça, pour un TDAH, ça aussi, ce n'est pas facile à gérer. Alors que le problème, ça n'a peut-être même pas rapport avec toi, avec moi ou avec toi, si ça t'arrive. Puis la personne ne veut juste pas en parler. Ça, ça m'amène à vouloir te proposer mon troisième outil. De choisir... quelle situation mérite vraiment ton énergie. Parce que tu peux perdre des heures, voire des jours à tenter de te convaincre toi ou à tenter de convaincre des gens qu'on devrait être sa même longueur d'onde, mais que finalement, non, on est juste différent. Ce n'est pas parce que quelqu'un n'est pas sa même longueur d'onde que toi que ta valeur profonde est remise en question. C'est pas parce que quelqu'un rejette la façon dont toi tu réfléchis, dont toi tu penses, que t'es une mauvaise personne. Donc, faut-tu te poser la question, est-ce que cette personne-là mérite vraiment mon énergie ? Est-ce que cette situation-là mérite vraiment mon énergie ? Parce que si cette personne-là, elle s'intéresse pas positivement à toi ou à ta façon de voir les choses, ben, elle mérite pas ton énergie. Ça veut pas dire qu'elle est obligée de penser comme toi, là. mais tu sais Je ne sais pas si ça t'arrive des fois. Moi, je sens ça aussi, la sensibilité au rejet. Si, mettons, on m'a donné mon opinion sur quelque chose ou une situation, puis que l'autre personne n'aura pas la même opinion que moi du tout, ce n'est pas grave. Ce n'est pas parce qu'elle me rejette. Donc, ça veut dire qu'il faut que tu te parles souvent. Il faut que tu respires souvent. Et là, comme je disais, tous ces trucs-là, ça ne fait pas disparaître la sensibilité au rejet. Mais... permettent de le gérer d'une manière mature et plus rapidement. Et plus que tu vas le faire, plus que tu vas te pratiquer, et plus que ton cerveau va avoir la chance d'enregistrer le nouveau chemin à suivre. À un moment donné, ça va devenir de plus en plus automatique. Quand tu vas avoir toute la physiologie de la sensibilité au rejet qui va monter, bien, tout de suite, ton système va gérer la situation. parce que tu vas lui avoir... appris en répétant les outils, en répétant tes stratégies, en mettant tes stratégies en place à chaque fois que tu vis un sentiment de rejet. Si jamais tu as besoin d'un coup de pouce pour mettre en place ton mode de vie TDAH friendly à toi, n'hésite pas à visiter tdhancaval.com Tu vas y trouver des outils, des accompagnements pour t'aider. Reste pas seul avec tes défis. Tu vas trouver les liens dans la description. du podcast. Ne manque pas le prochain épisode où on parlera du TDAH et du travail. En attendant, n'hésite pas à liker cet épisode, t'abonner, mettre un 5 étoiles pour encourager le vie TDAH. Ce podcast en évolution sur le TDAH à l'âge adulte.