Speaker #0Bienvenue dans le podcast « Viens, on prend notre place » , un podcast lancé en 24 heures, sans fioriture, pour prendre la mienne aujourd'hui et la partager avec vous. Cet épisode était censé être le dernier de 2025, mais il sera finalement le premier de 2026. C'est la vie, c'est comme ça. Il aura peut-être tout autant de sens en ce début d'année. Aujourd'hui, j'avais envie de partager avec vous cette réflexion autour de l'extraordinaire versus la simplicité. Je m'explique. Nos systèmes nerveux ont tellement été rodés pour vivre en montagnes russes ou en déni total, qu'on ne réagit souvent plus qu'à ce qui est extraordinaire, à ce qui nous fait vivre des pics constants d'adrénaline. Faut-il que cela soit extraordinaire pour nous faire de l'effet ? Sommes-nous condamnées à ne plus ressentir la simplicité des choses et à devoir prendre un ticket pour le prochain tour de rollercoaster ? Il faut que tout aille vite, soit grand, soit fort en sensation. Je n'ai pas pleuré à cette séance, donc c'est que ça ne fait pas d'effet. Je n'ai rien ressenti de particulier lorsque j'ai croisé cette personne, c'est qu'il n'y a rien. Je n'ai pas été transportée en goûtant ce repas, c'est que ce n'était rien de spécial. Je remplis mon agenda à fond pour vivre à du cent à l'heure et ne pas me laisser le temps de juste apprécier ne rien faire, parce que ne rien faire ne m'apporte pas ce shot extra. Je choisis des relations toxiques ou compliquées parce que je suis habituée à ce stress en permanence et que je suis perdue sans. Finalement, je me sens vivre qu'à travers des sensations fortes et la simplicité et sans saveur. J'ai échangé avec ma psy, notamment, là-dessus, et sur le fait de ne rien faire, de savourer le temps à ne rien faire, et ça me crispe. Cela me demande plus d'énergie pour me forcer à ne juste rien faire et à savourer ce temps de rien, de choses simples, de silence, du confort du canapé sous mes fesses, de la chaleur d'une boisson chaude entre mes mains. des rayons du soleil qui passent par la fenêtre ou du bruit de la pluie sur les carreaux. Pas juste 5 minutes, non, c'est trop facile, mais toute une journée. Parce que quand je m'installe pour faire ça, mon cerveau se lance dans un dialogue interne, épuisant. Tu devrais faire ci, tu as enfin le temps de faire ça, et tu prends ce temps pour ne rien faire, tu dois répondre à un tel, etc, etc, en boucle. Et au fond... Cette croyance que de ne rien faire, c'est être inutile, paresseuse, pas inspirante, profiteuse du système. Et c'est reparti, on remet la machine en route, pour ne plus entendre ce dialogue, répondre à toutes ces croyances et prouver le contraire. On ne sait juste pas à qui. Et puis à cela s'ajoute la culpabilité de passer du temps sur nos téléphones. Je ne pouvais pas passer à côté de ça. Le téléphone comme anesthésiant. du silence, de l'ennui, du vide, d'une émotion qui monte, d'une pensée inconfortable, un outil puissant pour ne pas rester là, avec ce vide, avec cet ennui, avec ce silence, cette émotion, cette pensée. Parce qu'on n'a jamais appris à juste rester là en fait. Simplement en présence, avec nos inconforts, et à développer finalement une boîte à outils pour l'accueillir. Je vois également le même schéma avec mes clientes en cabinet, qui s'offrent du temps pour elles en venant en séance par exemple, ou en allant se faire du bien avec un soin, en allant au sport. Mais à côté de cela, à quel moment on ne fait rien pour soi ? Alors rien ne veut pas forcément dire regarder le plafond, ça peut être le cas, mais ça peut surtout être lire, s'octroyer le temps de bingewatcher quelque chose, sans objectif, sans pression derrière, c'est ça le rien. Mais ça peut aussi être regarder le plafond si c'est quelque chose qui vous parle. Et finalement, c'est vraiment un retour à la simplicité et à un système nerveux calme qui peut réellement nous apporter un sentiment de bonheur. Mais quand on est poussé sans cesse à vivre dans l'excès, le stress, on ne connaît que ça depuis tant d'années, par où on commence pour revenir au plaisir simple de la vie ? Par où commencer pour rassurer notre système nerveux et sortir de ces schémas répétitifs ? Ma réponse risque de ne pas vous plaire, tellement elle est d'une simplicité, elle, déconcertante. C'est en nous rééduquant au quotidien à les apprécier, ces choses simples de la vie, en choisissant de porter un peu plus notre attention sur ce qui semble banal, parce que pas assez fort en sensation, à donner la chance finalement à ces choses et ces moments. Alors oui, c'est plus facile à dire qu'à faire, vous allez me dire, et vous avez bien raison. Et vous vous doutez bien qu'il n'y a pas de pilule magique pour vous aider, ou cinq astuces bateau, parce que ces comportements sont bien bien ancrés. Ils se travaillent par l'expérience, par la création de nouveaux chemins neuronaux, aussi simples en apparence que ce soit. Et donc, pour clôturer cet épisode, je vous laisserai avec ces trois petites questions pour vous faire réfléchir à cela et vous permettre une première introspection. Dans ma vie aujourd'hui, à quel moment ai-je besoin que ce soit intense pour me sentir vivante ? Et qu'est-ce que j'évite de ressentir dans la simplicité ? Quand je ne fais rien, qu'est-ce qui me met le plus mal à l'aise ? Le vide ? Le silence ? Et ou le regard que je porte sur moi à ce moment-là ? Quelle est une chose simple, presque banale, que je pourrais choisir d'habiter pleinement cette semaine, sans chercher à la rendre extraordinaire, sans objectif, sans pression ? Alors finalement, peut-être que le bonheur n'est pas dans ce qui fait du bruit, mais dans ce qui n'en fait plus. J'espère que cet épisode vous aura plu et qu'il vous aidera à trouver et prendre votre place.