Speaker #0Salut Internet et bienvenue sur "Vie ma vie d'artiste (ratée?)" le podcast qui vous dévoile l'enfer du décor d'une vocation très souvent fantasmée. Alors me voici avec mon petit baluchon aéré de ville en ville, prêt à vous livrer le témoignage... J'espère le plus sincère possible d'un authentique menestrel. Ça fait bientôt 20 ans que c'est mon métier, et quand j'ai commencé dans la profession, j'avais des rêves, j'avais des attentes, j'avais des projections, j'avais peut-être même des fantasmes. Et si aujourd'hui je vous livre ce bilan, c'est un peu pour vous témoigner de tout ce clair-obscur qu'est le parcours de la vie de musicien, la vie d'artiste, avec ce que ça a de magnifique, et ce que ça a de plus dur. Je m'appelle Adrien, je suis musicien professionnel depuis 20 ans, et je propose également des séances d'accompagnement, des séances de mentorat, sur tout ce qui est stress, crack, syndrome de l'imposteur, etc. Bref, je vous accompagne de l'intention à la performance pour gagner équilibre et confiance. Alors épisode 1, ça me donne envie de tout de suite parler de l'intention, du pourquoi. En fait, à chaque fois que je vois quelqu'un sur scène, et je ne sais pas si vous vous posez cette question aussi, je me demande, mais pourquoi la personne fait ça ? Pourquoi elle s'inflige ça ? Pourquoi elle a besoin de monter sur scène et de, je ne sais pas, dans le cadre d'un acteur, de raconter des histoires, de mentir comme ça ? Pourquoi le chanteur fait des simagrées comme ça ? Mais pourquoi ? Alors moi je vais parler de mon pourquoi à moi, donc forcément on va commencer dans la petite enfance. Alors c'est pas vrai pour tous les artistes, ça commence pas forcément dans la petite enfance, mais bon. Voilà, vu que l'idée c'est de parler du geste fondateur, chez moi c'est dans l'enfance. Oui donc bien sûr, là je convie Dr Freud à installer vous, lui met votre pipe, je vais parler de mon enfance. Je suis un enfant timide et timoré et introverti. Merci. Je ne sais pas si ça vous parle, cette image du petit enfant pas très bon en sport, qui n'est jamais choisi dans l'équipe de foot parce que dès qu'il a le ballon, il fait n'importe quoi, et qui aime bien être seul dans son coin, qui aime bien être à la maison, jouer dans son univers, c'est un peu ça. Mais très vite, je m'aperçois que le cadre sûr pour moi, ça va être de raconter des histoires aux gens, des blagues, d'être un peu différent, de jouer l'original, vu que dans le cadre classique, voilà, d'être... Je parle d'être bon en sport, et bien je suis pas là-dedans. Donc très vite, voilà, il y a ce côté, les arts oratoires m'appellent, j'aime bien parler en public alors que je suis timide, j'aime bien faire des exposés, j'aime bien raconter des histoires, ça me passionne. En plus, ma mère m'initie très vite à tout un univers fantastique, avec la mythologie, tout ça, donc je suis un peu bercé là-dedans, et ça a Ça me parle beaucoup. Et quand... Et oui, je suis en CM2, et tous les vendredis après-midi, il y a Jean qui vient nous voir. Jean, il a une grosse barbe, Jean, il porte des sandales de chrétien de gauche, et des espèces de sarouels de hippie, alors je sais pas s'il était très en avance sur son époque ou déjà très en retard, mais Jean, surtout, il est conteur. Jean, il nous raconte des histoires, il nous raconte des contes, et chaque vendredi, quand il vient nous raconter Moi, ça me nourrit. C'est comme si ces histoires, elles venaient plonger en moi très profondément et qu'elles s'ancraient comme ça, instantanément. Et chaque vendredi, quand il revient, il demande à quelqu'un est-ce que quelqu'un veut raconter l'histoire ? Et moi, je suis le premier à lever la main. Moi, moi, j'adore ça, j'adore ça. Parce que je les retiens, ces histoires, parce que j'adore faire vivre les mots. Il y a quelque chose de spontané, de naturel chez moi. Donc voilà, c'est un peu mon geste fondateur chez moi de cette vocation. qui, vous le verrez, va muter par la suite. Et puis... Je vais découvrir la musique un peu plus tard. Je vais découvrir la musique adolescent avec des copains, crise d'ado. On commence à taper sur des poubelles, à shipper des vieilles guitares qui appartenaient à nos pères, désaccorder, à faire n'importe quoi. Et on va faire du black metal acoustique. Donc voilà, c'est très amateur, très rigolo, très joyeux. Très rebelle aussi. Et puis voilà, on va créer ce petit cocon de notre côté pour clamer nos notre adolescence, ce trop plein d'hormones qui a besoin de déborder. Et cette vocation du théâtre, elle va revenir plus tard chez moi, en seconde d'abord, par la joie de... Je vais réciter des poésies, parce qu'on a une professeure de français à l'époque qui nous impose d'apprendre des poésies chaque semaine, et moi j'apprends des poésies et je vais au tableau la réciter devant tout le monde, et je prends vachement de plaisir à animer les mots, à raconter des histoires à travers des textes écrits. Et donc je vais me lancer après en première, je fais une première littéraire dans une option théâtre. Et voilà, j'adore l'improvisation, j'adore les textes. Voilà, vraiment c'est... Je me dis, j'ai 16 ans, je vais devenir comédien, je suis comédien. Et je continue la musique à côté, mais très amateur. Alors le groupe de black metal acoustique qu'on était, c'est équipé d'instruments, donc on fait encore plus de bruit. Mais voilà, il n'y a pas vraiment la vocation d'être musicien, et je continue, moi, vraiment, de nourrir ce truc de je suis acteur et je vais devenir acteur, et puis voilà. Et en terminale, je vais commencer par prendre des vrais cours de théâtre dans une école, avec une vraie comédienne. Et un jour, je dis à cette comédienne, écoute, moi, ça y est... je suis en terminale, je vais me lancer, je vais devenir comédien. Et quelque part, j'attendais sa validation. J'attendais qu'elle me dise, mais bravo Adrien, tu es absolument doué, tu es talentueux, c'est génial, vas-y. Et pour le jeune homme, je ne sais pas, orgueilleux et feignant que j'étais à l'époque, la réponse qu'elle va me donner n'est pas du tout ce que j'attends. Elle me dit, c'est très bien Adrien, tu as de l'énergie, tu as la voix, vas-y. Elle me dit, par contre, il va falloir travailler. C'est un métier où il faut beaucoup travailler. Et là, chez moi, ce message est reçu avec une espèce de dissonance totale de se dire mais non, c'est pas possible, quand on a un talent, on travaille pas Je pense qu'il y avait quelque chose de pas très conscient sur ce qu'était le métier, sur ce qu'est la vocation et la dévotion, le fait qu'il faut œuvrer après, qu'il faut travailler tous les jours. Donc voilà, je suis un peu déçu. Et puis, je sais pas si l'univers est bien fait ou mal fait, mais... Je vais présenter mon bac et je suis tellement feignant à l'époque, que je n'ai pas beaucoup travaillé, je ne suis pas allé beaucoup en cours, que je vais lamentablement échouer. Et donc cet échec va, je ne sais pas, de manière très inconsciente à l'époque, va faire que l'année d'après, quand je vais redoubler cette terminale, je ne vais pas recommencer le théâtre. J'arrête. Voilà. J'arrête. Sans tristesse, en fait. Ou en tout cas, en étant incapable d'aller contacter quelque chose d'émotionnel à cet endroit. Et un jour, dans la cour de récréation, mon amoureuse de l'époque me glisse une petite phrase, comme ça, on parlait de musique, et elle me dit Waouh, les contrebassistes, quand même, ils ont vachement la classe. Et je sais pas si c'est pour lui plaire, je sais pas si c'est parce que j'avais besoin de compenser quelque chose, mais cette idée de contrebasse, elle me tombe dessus, et je commence à en parler autour de moi. Ouais, j'aimerais bien faire de la contrebasse. Elle aimerait bien faire des contrebasses. Et j'ai une copine, un après-midi, qui me dit Adrien, pas chez moi ? Bon, ok, très bien. Je passe chez elle, je crois que c'était un samedi après-midi. Dans ma mémoire, c'est le printemps, mais peut-être pas. S'il faisait plutôt bon. Et j'arrive chez elle, et là, allongée dans son lit, se tient une magnifique contrebasse. Donc je sais pas, mettez-vous à ma place. Je demande une contrebasse. Et là, toutes les planètes s'alignent et il y a une contrebasse qui arrive allongée dans ce lit. En plus, vous voyez le symbole, cet espèce d'instrument aux formes très sensuelles, glissé, allongé dans un lit. Voilà, il y a quelque chose de... je ne sais pas, un peu magique. Et donc je vais prendre cette contrebasse, je ne sais pas en jouer, je ne sais pas comment ça marche, je ne connais pas le solfège, les notes, tout ça, je suis vraiment très autodidacte. Je vais ramener cette contrebasse chez moi, je n'ai pas de housse, donc je la porte. un peu comme si c'était mon amoureux mon amoureuse et que j'étais un peu maladroit dans la rue comme ça en attendant par les hanches et puis je vais commencer je vais prendre mon premier cours de contrebasse et alors là où il se passe un truc je découvre le son à l'archet et cette profondeur ce côté très tellurique ce sont qui remplit l'espace la corde qui vibre cette sensation de l'archet Et là aussi, c'est un autre geste fondateur, c'est oui, je veux être musicien J'aurais du mal à me l'avouer tout de suite, puis surtout j'aurais du mal à l'avouer au monde autour de moi, à mes parents, à ma famille, à mes amis, parce que c'est pas banal de se dire à 19 ans tiens, moi je veux devenir contrebassiste, puis contrebassiste classique Parce que si je vais assister à mon premier concert de musique classique, alors là, je suis subjugué par le ballet des cordes, les gestes gracieux des contrebasses, cette espèce de... de chorégraphie et ce son porté par un collectif, ça m'appelle, c'est très fort. Donc voilà, je vais décider d'en faire mon métier et je vais rentrer à 20 ans au conservatoire, commencer le solfège. Donc voilà, c'est un peu le geste fondateur de comment je suis arrivé à ce métier de musicien. Voilà, mon pourquoi, à moi, c'est quelque part ce petit garçon très timide, très timoré. très introverti qui avait besoin de se construire un cadre sûr. Et en fait, l'art, pour moi, ça a toujours été un cadre sûr. Le fait d'œuvrer là-dedans, c'est quelque chose qui m'apaise quelque part, et qui me permet d'aller exprimer des choses, d'aller œuvrer jour après jour là-dedans. Et son pourquoi, en fait, il est différent. Enfin, tout le monde n'a pas le même pourquoi. Parfois, ça peut être beaucoup plus nébuleux. Parfois, on n'en est même pas conscient de son pourquoi. Mais je trouve que c'est un... C'est intéressant de s'en rappeler parce que le pourquoi, ça nous ramène toujours à notre intention. Et quand on est connecté à son intention en tant qu'artiste, quelque part, peu importe les bourrasques, peu importe le climat, on garde le cap. Et c'est très important. En séance, je sais que je travaille beaucoup sur la notion d'intention, parce que beaucoup d'artistes, à un moment, à la place de l'intention, placent la notion d'objectif. Or, l'objectif, on l'atteint ou on ne l'atteint pas. Et si on y est trop identifié, quelque part, c'est là que... qu'on risque de se faire une forme de violence à soi-même. C'est pour ça que c'est important de rester connecté à son intention, parce que c'est la meilleure façon de ne pas perdre le cap, et surtout de s'éclater pleinement. Et voilà, c'est tout pour aujourd'hui. Merci de votre attention, veillez à votre intention, ça je trouve que c'est vraiment la clé primordiale pour l'artiste, de se connecter, de se rappeler à son droit. Si ça vous a plu, si ça a résonné pour vous, n'hésitez pas à partager. Et moi je m'en vais sur les routes avec mon petit balou. je vous mendie quand même quelques étoiles allez 5 étoiles ça participe grandement au référencement de ce podcast d'ici là portez vous bien mangez 5 fruits et légumes par jour et à très bientôt