- Speaker #0
Salut, bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast Vivre A, bienvenue au bout du monde, oui, nous partons à Melbourne cette semaine, difficile d'aller plus loin, au sud de l'Australie, pour découvrir la vie là-bas, pour vous donner le plus d'infos possible, si vous envisagez de vous expatrier down under, pour en savoir plus, tout simplement, pour plein de raisons en fait, mais en même temps, y a-t-il vraiment besoin d'une raison pour partir en Australie ? Je pose la question. Au sommaire, notre partenariat avec la FIAF, le réseau d'associations, vous savez, qui accueille les Français et les francophones expatriés dans le monde entier. L'occasion d'en savoir plus sur l'antenne locale Melbourne Accueil. Ça sera le podcast replay. Les infos d'Artus qui va faire le tour de la question du logement à Melbourne en trois minutes. C'est dans un instant. Et puis notre guide de la semaine, celle qui va nous faire vivre Melbourne de l'intérieur. C'est important, c'est Sabrina Teller. Ça fait plus de 20 ans qu'elle vit sur place. Alors attendez-vous à un retour d'expérience plutôt détaillé. Et puis, cachez quelque part dans tout ça, un invité surprise à quatre pattes. Oui, qui va se manifester à un moment donné dans l'épisode, mais ce sera rapide. Faudra pas le louper. Bon voyage.
- Speaker #1
Vous écoutez Vivre à Melbourne sur la radio des Français dans le monde.
- Speaker #0
Bonjour Sabrina et bienvenue dans l'épisode de Vivre à Melbourne de notre podcast.
- Speaker #2
Oui, bonjour.
- Speaker #0
Alors pour commencer, on aimerait en savoir plus sur toi et ton parcours s'il te plaît, comment on se retrouve expatrié au bout du monde à Melbourne et qu'est-ce que tu fais de beau là-bas par exemple ?
- Speaker #2
D'accord, ben écoute, tout a commencé en Bretagne puisque je suis originaire de Bretagne et puis j'ai commencé des études de commerce international en Bretagne mais j'ai fini sur Paris. Et puis comme j'étais toujours passionnée de voyages et de rencontres, de nouvelles rencontres, j'ai fini par travailler dans un service export qui m'a permis d'avoir une expérience internationale avec les pays européens, l'Afrique du Nord, etc. Et puis c'est vraiment en 2002 que je me suis expatriée à Melbourne pour des raisons professionnelles. Et du coup, ça fait 21 ans que je suis là. Entre-temps, en 2009, je suis devenue citoyenne. australienne. Donc, on dit que je suis une Frosy, French Aussie. Et puis, après quelques années de travail avec des équipes globales, en fait, je me suis reconvertie et je suis devenue consultante interculturelle. Donc, j'aide les expatriés, mais aussi j'aide les équipes diverses et globales à être un peu plus efficaces et à comprendre les différences culturelles.
- Speaker #0
Donc, plus de 20 ans là-bas, citoyenne australienne, c'est une deuxième vie, en gros.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Une deuxième vie et puis quelquefois, après 20 ans, on se dit on est vraiment australien ou pas, ou est-ce qu'on est encore français. Je crois que je suis un peu des deux. Donc, mon cœur balance.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup de revêtir ton uniforme de guide pour nous, Sabrina, aujourd'hui. Dernière chose avant de démarrer, de quoi va-t-on parler en quelques mots pendant notre balade ?
- Speaker #2
Alors, pendant notre balade, nous allons parler des endroits à visiter un petit peu sur Melbourne et puis quelques bons plans, mais surtout aussi de la culture locale et puis des différences culturelles dans le monde professionnel.
- Speaker #0
Ça me paraît très bien. On attend tout ça avec impatience. Le temps d'écouter les infos d'Artus sur Melbourne et on démarre. A tout de suite.
- Speaker #1
Les infos d'Artus. Vivre à.
- Speaker #0
Salut Artus, on est reparti pour le tour de tes infos expats en 3 minutes et on va faire un focus dans ces 3 minutes cette semaine sur le logement à Melbourne, Artus.
- Speaker #3
Tout à fait, figure-toi que quand je me suis penché sur Melbourne, j'ai fait comme de nombreux expatriés, j'ai eu le réflexe de me documenter sur les sites web et surtout de regarder les groupes Facebook du type Français à Melbourne, Melbourne expat, et bien la première chose que j'ai constaté, c'est qu'il y a pas mal de messages sur les logements. De ce que j'ai vu, trouver un logement dans la capitale du Victoria, c'est assez fastidieux. Marché onéreux, saturé, il faudra s'armer de patience pour trouver le bien parfait pour vous. Niveau coût, Melbourne est avec Sydney l'une des villes les plus chères du pays. A titre indicatif, un appartement de type T2, à savoir une chambre et un salon, coûte environ 600 dollars australiens par semaine.
- Speaker #0
Ah oui, par semaine !
- Speaker #3
Oui, tu as très bien entendu, par semaine. Un appartement dans le centre-ville te revient donc à plus de 2400 dollars australiens par mois. soit 1400 euros. Ne vous faites pas avoir, le système australien est bien différent du système français. Au pays des kangourous, les loyers se payent à la semaine. N'ayez crainte, les salaires sont perçus au même rythme. Bien que Melbourne soit l'une des villes les plus agréables au monde, vive le rêve australien à un certain coût. C'est pour cela que bon nombre d'étudiants, de PVTistes ou de jeunes actifs optent pour la colocation. Les colocs, les fameuses house shares, vous en trouverez dans tous les quartiers de la ville. Pour trouver la coloc de rêve, je vous conseille de faire vos recherches sur les sites spécialisés type Gumtree ou Flapmates. ou directement sur Facebook, soit dans la Marketplace, ou directement sur les groupes Facebook du style français à Melbourne. Niveau prix, l'addition, elle chute. En colloque, vous payerez entre 300 et 400 dollars australiens votre chambre.
- Speaker #0
Et en dehors du coût assez élevé, les démarches sont compliquées pour se loger à Melbourne ?
- Speaker #3
Figure-toi que c'est plus simple qu'en France, ça c'est sûr. Peu importe si vous passez par une agence IMO ou seul, il vous faudra remplir le Tenancy Form Application. C'est un formulaire de demande de location. Deux ou cinq pages concernant les garants en Australie. Il n'y en a pas. Chez les Australiens, le marché, ça marche avec les références. Transmettez les coordonnées de personnes qui disent du bien de vous, que ce soit votre patron, des amis ou même vos colocs. Bref, des personnes de confiance qui résident sur place. Généralement, les propriétaires passent un petit coup de fil avant de vous recevoir.
- Speaker #0
Autre info à savoir sur les logements ?
- Speaker #3
Oui, c'est bien d'avoir des infos sur les prix des logements, mais le plus intéressant, c'est de savoir où se loger, dans quel quartier. Il y a d'abord le CBD, le fameux Central Business District, qui est préprisé car c'est le centre névralgique de la ville, là où tout se passe. Il y a aussi Fitzroy, le quartier artistique de Melbourne, réputé pour ses boutiques vintage, ses commerces de bouche et sa vie nocturne animée. Autre lieu d'habitation sympathique, les quartiers de Saint-Kilda, Merci. et de Ausha Street, deux quartiers animés et surtout proches de la mer. Attention tout de même, si vous optez pour la proximité avec la plage, vous serez un petit peu excentré, c'est-à-dire à une trentaine de minutes en tramway du CBD.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup Artus et vive l'Australie, c'est un de mes pays préférés.
- Speaker #1
Retrouvez Vivre A en replay en cdannemonde.fr Melbourne,
- Speaker #0
10 heures de décalage horaire par rapport à la France, à plus de 16 000 km de Paris et à peu près 24 heures d'avion. C'est là que nous sommes cette semaine avec Sabrina, notre guide locale. Et par quoi commence-t-on la visite alors Sabrina ?
- Speaker #2
Ah bien écoute, je pense que j'aimerais bien emmener mes visiteurs à Williamstown qui est juste à côté de Melbourne. Alors on me dira, ce n'est pas Melbourne. Mais en fait si, c'est l'origine de Melbourne. En 1835, John Batman a créé la ville à Williamstown. Donc c'est une petite ville, un peu une villégiature, à bord de la mer, des petits commerces, un marché sympathique. Donc une très très belle visite pour commencer et puis aussi se baigner dans l'histoire de Melbourne. Ensuite, en ce moment, on a une très belle exposition qui s'appelle le LUM, qui est une exposition digitale sur l'art aborigène. Ce n'est pas seulement des murs virtuels avec des peintures d'artistes locaux et australiens, mais aussi un mélange de musique qui accompagne l'expérience. Donc vraiment une très très belle expérience. Ensuite, on dit de Melbourne que tout est caché par rapport à d'autres villes en Australie. Et donc il faut laisser le temps à Melbourne de se découvrir. Et donc je recommande toujours d'aller voir ce qu'on appelle les « lineways » ici. Ce sont des petites ruelles. qui peuvent être couvertes ou non couvertes, mais qui regorgent de boutiques très intéressantes, diverses et variées, et puis surtout de commerce australien, de marques australiennes.
- Speaker #0
On parle d'une Melbourne cachée, parce qu'il y a plus de ruelles à Melbourne qu'ailleurs ?
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Melbourne a été créée avec la Ausha Grid, donc vraiment avec des voies parallèles. On a des grandes avenues très, très larges, mais on a aussi des petites ruelles cachées derrière. Mais donc, du coup, ça regorge de petites boutiques et c'est très, très joli puisque ça a gardé aussi, j'allais dire, cette architecture et cette décoration victorienne.
- Speaker #0
À découvrir.
- Speaker #2
Oui, voilà, à découvrir. Pour en nommer quelques-unes, on a la bloc arcade, le Royal Arcade, mais on a aussi... Melbourne est connue pour les graffitis et les arts de la rue. Et donc, du coup, on a Ozzy & Line aussi, qui est très, très connue. Et on peut faire des visites guidées ou non de ces Lineways.
- Speaker #0
C'est ce qu'on pourrait considérer comme étant le vrai Melbourne, quoi.
- Speaker #2
Oui, voilà, c'est le vrai Melbourne. Et c'est vraiment à visiter, à connaître. Si on vient à Melbourne et qu'on n'a pas fait les Lineways, on n'a rien vu de la ville, en gros.
- Speaker #0
Très bien, je le note.
- Speaker #2
ensuite on a le Royal Botanical Garden alors c'est vrai que l'Australie est toujours j'allais dire connue pour la nature mais là on a un très très grand jardin botanique qui a été créé en 1846 et qui a 38 hectares de nature, d'arbres et de plantes alors pas seulement de natives parce qu'à l'origine on a quand même des origines britanniques et donc ce sont aussi des arbres et des plantes qui sont européennes mais de très très belles balades Merci. Et puis, on peut faire aussi un peu de sport, du yoga, un jogging. Mais aussi, comme à Melbourne, on est aussi une ville très café, il y a toujours un ou deux cafés où on peut s'arrêter et boire un café. un café ou un thé et profiter de la vue et du jardin botanique.
- Speaker #0
C'est assez européen ça finalement.
- Speaker #2
Oui, alors on a vraiment une grande influence européenne, mais aussi on a une influence asiatique aussi, donc très très multiculturelle et spécialement à Melbourne. Et puis ensuite, j'allais dire, pour finir, comme Melbourne est au milieu d'une grande baie, Je recommande toujours de prendre la voiture et à une heure de route de Melbourne, d'aller voir les deux côtés de cette baie où on peut y trouver des vignobles. On peut se balader, des bons restaurants, mais aussi des balades à cheval. Et puis, vous avez la plage, bien sûr, donc des plages très, très calmes, très bien pour les familles et les jeunes enfants. Alors que pour faire du surf, il faudra aller de l'autre côté.
- Speaker #0
D'accord, tu commences à parler de restaurants, ça commence à sentir les bonnes adresses. Est-ce que tu en as quelques-unes pour nous, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Oui, alors j'allais dire que ce qui est difficile à Melbourne, c'est qu'il y a plein de bonnes adresses. Donc, c'est dur de faire un tri. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est le dimanche midi d'aller faire un yam Ausha dans un restaurant chinois. Celui que je recommande, c'est le Red Emperor. La raison pour laquelle je le recommande, c'est que non seulement il est... dans le centre-ville, mais il a aussi une vue sur la rivière Yara. Et donc, ça fait vraiment une belle sortie familiale pour un dimanche midi. Et c'est vrai que Melbourne, quand je dis que c'est difficile juste de donner une adresse, c'est qu'on a toutes les cuisines du monde, en fait. Et donc, grâce à ce multiculturalisme, on peut vraiment goûter de toutes les saveurs. La deuxième adresse, bien sûr, comme on dit en anglais, j'ai une « sweet tooth » . Mais du coup, j'aime beaucoup aller au marché couvert de South Melbourne où on peut y trouver Agaté pâtisserie, qui est en fait un magasin de viennoiserie et de pâtisserie française avec un vent de créativité. Par exemple, Agaté, elle vend un croissant au thé Earl Grey, par exemple.
- Speaker #0
C'est original, un croissant au thé Earl Grey, c'est ça ? Oui,
- Speaker #2
tout à fait.
- Speaker #0
Un petit peu anglais aussi ?
- Speaker #2
Un petit peu anglais, exactement. et puis Elle a d'autres saveurs qui mélangent vraiment tous les horizons. Donc, c'est vraiment très, très intéressant. Et puis, surtout aussi, ce marché de South Melbourne qui permet d'avoir une expérience de marché. Alors, nous, on pense à nos marchés en extérieur. Là, c'est vraiment un marché couvert avec aussi des stands où on peut manger aussi. Et puis, la troisième adresse, en fait, c'est ma boutique préférée à Camberwell qui s'appelle Belly's Store. Belit, elle est tenue par Annabella et Annabella importe des vêtements de France et donc ça me permet de rester fidèle à la mode française tout en étant en Australie. On n'arrive pas à lâcher sa culture française.
- Speaker #0
On s'y raccroche aussi un petit peu, je pense que c'est normal.
- Speaker #2
Oui, on s'y raccroche.
- Speaker #0
Et Camberwell, ça se trouve où ?
- Speaker #2
Camberwell, ça se trouve dans le nord-est de Melbourne, avec Camberwell Junction, qui a beaucoup de magasins, beaucoup de marques. australienne, chocolatier, des vêtements et puis bien sûr, plein de restaurants.
- Speaker #0
Une question que j'aime bien poser, que ce soit dans ton quartier ou ailleurs, est-ce que tu as une routine ? Qu'est-ce que tu aimes bien faire à Melbourne ? Que ce soit avec les bonnes adresses que tu viens de donner, par exemple, ou autre chose. Est-ce qu'il y a un programme en général quand Sabrina va se balader ?
- Speaker #2
En fait, non, il n'y a pas vraiment un programme. alors c'est Avec ma famille, on a une routine, bien sûr, de la semaine et du week-end. Mais quand il s'agit de partir, j'aime bien partir à l'aventure parce que je trouve que Melbourne regorge de plein de surprises. Et donc, on se dit, on va dans un quartier pour la journée et on ne trouve pas forcément ce que l'on cherche, mais on retrouve aussi d'autres choses que nous ne cherchions pas. donc Bien sûr, par rapport au quartier où j'habite, j'aime bien aller dans certaines autres adresses. Mais sinon, non, j'aime bien découvrir. Même maintenant, après 20 ans, je trouve qu'il y a toujours plein de choses à découvrir.
- Speaker #0
Et puis, il y a un sujet évidemment très important, la météo. On s'imagine qu'il fait tout bourbeau à Melbourne. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que ce n'est pas vrai ? En préparant cet épisode, tu parlais d'avoir les quatre saisons dans une seule journée. Comment ça se passe à Melbourne, côté météo ?
- Speaker #2
Alors, côté météo à Melbourne, déjà, il faut savoir que nous sommes dans le sud et que nous sommes là où il fait le plus froid, à part la Tasmanie, qui est encore plus froide que chez nous. Mais on a un climat tempéré océanique qui est quand même pas mal. Mais ça veut dire que de toute façon, nous avons vraiment nos quatre saisons dans l'année, ça c'est sûr. Par rapport à d'autres villes comme dans le nord ou même dans l'est, où les villes comme Brisbane ont plutôt un... climat chaud entre 20 et 30 Nous, on a plutôt entre 2-3 degrés en plein hiver, au début de journée. C'est rare d'avoir zéro, mais ça peut arriver. Et puis, on va jusqu'à 38 ou 40 degrés en été.
- Speaker #0
Il y a un chien dans la maison, j'adore.
- Speaker #2
Désolée.
- Speaker #0
Ce n'est pas grave, ce n'est pas grave.
- Speaker #2
Ce qui est aussi assez typique de Melbourne, puisque nous sommes... pas loin de l'Antarctique, c'est que nous avons ce qu'on appelle le « cool change » . Et donc, en plein été, quand il fait 40 degrés, le bureau de météorologie nous dira à 3 heures, il fera 25. Et en effet, à 3 heures, il fera 25. Et nous perdons 10 à 15 degrés comme ça d'un seul coup en quelques minutes.
- Speaker #0
Et tout ça, malheureusement, ça n'empêche pas les feux de forêt qui sont assez réguliers dans la région aussi, comme souvent en Australie ?
- Speaker #2
Oui, malheureusement, la terre australienne a toujours été assez rude. Et donc, nous avons non seulement des inondations dans certaines régions de l'Australie, mais aussi des feux de forêt, quelques tremblements de terre. Donc, vraiment une terre qui n'est pas très clémente, j'allais dire, à l'être humain. Mais on a des processus et on essaie de prévenir les gens le plus tôt possible. mais c'est vrai que Nos étés sont toujours un petit peu stressants. Alors bien sûr, à Melbourne, dans Melbourne, non, nous n'avons pas de feu. Mais c'est vrai qu'à une heure ou une heure et demie de Melbourne, avec la végétation, on peut avoir des feux de forêt assez proches.
- Speaker #0
Très bien, beaucoup de choses à savoir et beaucoup de choses à faire dans cette ville de Melbourne qui me paraît à la fois très active et assez paisible aussi par certains côtés. J'espère que tout le monde a bien noté les bonnes adresses de Sabrina. Ce n'est pas fini pour autant, on va tout de suite retrouver le replay de la semaine. Gauthier a interviewé la présidente de Melbourne Accueil, l'antenne locale de la FIAF. Et là aussi, il y a plein d'infos intéressantes. Sabrina, on te retrouve juste après pour parler langue, culture, travail, relations, tous ces aspects clés sur lesquels il est toujours bon de se renseigner avant de partir.
- Speaker #4
Paris, Melbourne. On ne peut pas faire plus loin. On est de l'autre côté du monde. Tu es toi-même tout au bout de l'Australie.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça. La Nouvelle-Zélande est encore plus loin. Mais c'est quand même vrai que l'Australie parle bien son nom. On dit souvent que c'est le pays down under. C'est ce que ça veut dire.
- Speaker #4
Alors, il faut le dire que ton mari travaille chez Keolis dans tout ce qui concerne le réseau de trams de Melbourne, qui est le plus vieux et le plus étendu réseau de trams du monde.
- Speaker #1
Exactement. Aussi insolite que ça puisse paraître, c'est surtout qu'on a la chance d'avoir ce réseau qui existe encore. Alors que, par exemple, à Sydney, ils ont pris la décision il y a plusieurs années maintenant de le supprimer et de s'appuyer sur d'autres modes de transport pour développer la vie. Donc, c'est assez unique.
- Speaker #4
Tu es la présidente de Melbourne Accueil. Un mot sur l'association. Tu as tout le temps travaillé, là, tu te retrouves conjoint, accompagnateur, tu avais un peu de temps, il fallait que tu t'occupes.
- Speaker #1
Exactement, il fallait que je m'occupe. Déjà dans mon parcours, quand j'ai bougé à Lyon, mes anciens collègues parisiens me disaient que j'allais m'ennuyer. Alors l'Australie, j'ai eu la même réflexion de mes collègues lyonnais, mais que vas-tu faire ? Je me suis engagée dans le bénévolat. Melbourne Accueil, c'est une association qui dépend du réseau de la FIAF et qui accueille les Français qui viennent s'installer sur Melbourne. et qui aussi fédère les francophones et frangophiles qui sont déjà sur Melbourne. Donc on a une soixantaine de familles au sein de l'association qui sont essentiellement des familles qui sont venues dans le cadre d'expatriations. Et donc c'est toujours des membres qui se renouvellent au gré des départs et des arrivées. ce qui est assez sympa et ce qui fait aussi la difficulté de ce type d'association parce qu'il faut toujours fédérer des membres très engagés pour pouvoir faire vivre l'association.
- Speaker #4
Alors, quand je t'ai demandé de me parler de Melbourne, tu m'as un peu surpris puisque tu m'as dit, en fait, ça ressemble pas mal à la Bretagne. C'est incroyable comme comparaison.
- Speaker #1
Exactement, mais ça représente bien l'idée en tous les cas du climat qu'on peut avoir dans le Victoria. On a l'habitude même en été de toujours avoir un peu de pluie avec nous parce qu'on peut vraiment avoir les quatre saisons en une journée avec une amplitude de température de plus de 10 degrés, ce qui fait son charme et parfois quand même en hiver nous trouvons ça impossible. et nous attendons avec impatience l'été.
- Speaker #4
Et alors côté multiculturel, la grande différence que tu as pu constater, c'est un rythme plus détendu de vie au quotidien, on profite plus ?
- Speaker #1
Je pense qu'ils sont plus dans l'instant présent, effectivement les Australiens, c'est un pays qui est beaucoup plus jeune que le nôtre, et donc ils sont vraiment dans l'instant présent et dans cette culture du nouveau risque. que je traduis pour les investisseurs de Roi-Lyon par Hakuna Matata. C'est vraiment la culture du « vous n'en faites pas, tout va bien » . Ça va bien se passer. Et c'est vrai que ça se traduit dans la pédagogie positive que les enfants reçoivent à l'école. Tout le monde est vraiment extrêmement bienveillant et cherche à ce que l'enfant s'épanouisse en fonction de ses talents. et chacun a sa chance.
- Speaker #4
Et les Français sont plutôt installés en termes de quartier sur la partie bord de mer. Quels sont un peu les quartiers où on va retrouver les Français ? Je suppose autour des écoles, souvent ?
- Speaker #1
Voilà, autour des écoles. Donc à Melbourne, on a effectivement des structures primaires et collèges qui peuvent accueillir la communauté francophone. Donc on va les retrouver effectivement dans les banlieues sud-est de Melbourne, ou est-ce Mais il y a aussi d'autres écoles qui introduisent le français de manière un peu plus intensive, comme dans le Nord à Fitzroy. Donc voilà, il y a un choix assez large pour la communauté francophone qui veut venir s'installer. Mais c'est vrai que d'habiter au bord de la mer, que ce soit à pied ou à 5-10 minutes en voiture, c'est quand même extrêmement agréable.
- Speaker #4
Laure, toi qui es arrivée de France avec tous les clichés, toutes les images d'épinal du français, un peu râleur, un peu rouspéter, etc. Tu as quand même vérifié sur le terrain qu'à Melbourne, on regarde le français avec cette petite image caricaturale peut-être ?
- Speaker #1
Oui, disons que, je ne sais pas si on le regarde comme ça, mais c'est souvent la réflexion entre francophones qu'on peut se faire, c'est qu'en comparaison de cet optimisme éternel qu'ont les Australiens, en tous les cas ce qu'ils affichent, ça interpelle par rapport à notre comportement, même en voiture, je trouve que moi qui ai grandi et travaillé à Paris pendant tant d'années, c'est vrai que je le trouve très lent. par exemple, mais en même temps, on n'entend pas ou très peu de coups de klaxon. Donc voilà, c'est vrai que quand on vit une expatriation, il faut sortir de ces clichés. Je pense qu'il faut vraiment se laisser porter et s'adapter à l'environnement dans lequel on évolue.
- Speaker #4
Une dernière question. Est-ce que de temps en temps, on se dit, « Oh là là, je suis quand même loin de ma France natale » . Est-ce qu'il y a des fois, tu as un peu le tourbillon de cette distance en te disant, si je dois être là très très très loin ?
- Speaker #1
C'est sûr que c'est loin. C'est assez dépendant de chaque personne, je trouve. Il y a eu effectivement pour des gens qui peuvent connaître des difficultés familiales ou des moments où il faut absolument retourner en France, on sait qu'on ne peut pas y être en moins de 24 heures. Donc c'est quelque chose qui peut paraître un peu lourd à porter. Maintenant, j'ai envie de dire que ce n'est pas un obstacle que la vie est bien faite parce qu'on est complètement inversé. En fait, on perd nos réflexes énormément par rapport à la vie en France. Oui, c'est vrai, chez vous, c'est l'hiver, nous, on attend l'été. Ces concerts, je trouve, facilitent vraiment. à accepter cette distance et nous permet d'apprécier ce qu'on vit à l'instant
- Speaker #4
T. Merci Laure, tu salues toute l'équipe de Melbourne Accueil, évidemment si vous débutez une expatriation, il faut passer par cette case, entrer dans l'assaut et profiter du réseau, de l'entraide, qui est quand même importante quand on démarre une aventure aussi loin de son pays. Belle journée, enfin non, belle nuit à toi du coup !
- Speaker #0
Voilà, c'est ça !
- Speaker #1
Vous vivez dans une ville que vous aimez ? Témoignez dans cette émission. Contactez-nous via la page contact sur le site www.mencez-dans-le-monde.fr
- Speaker #0
Sabrina est avec nous pour nous faire découvrir Melbourne. On a commencé par visiter la ville et ses environs tout à l'heure en début d'épisode. Il est temps maintenant de gratter un peu plus, d'aller un peu plus loin. Il y a plusieurs thèmes à aborder. En premier, la langue. L'anglais j'imagine.
- Speaker #2
Oui, tout à fait, oui. Donc c'est vraiment l'anglais qui prévaut ici. Même si quand on parle de l'Australie, il y a quand même 30% des Australiens qui sont nés à l'étranger et 50% des Australiens qui ont au moins un parent né à l'étranger. Donc ça, ça peut laisser penser qu'il y a aussi deux langues à la maison. Mais c'est vrai que la langue anglaise réunit vraiment tout le monde ici. Aussi, quand on parle de l'Australien, de la langue australienne, on peut utiliser, enfin les Australiens peuvent utiliser un vocabulaire ou des expressions un peu différentes. Merci. Mais si on leur demande de répéter, les gens sont vraiment très patients et compréhensifs.
- Speaker #0
Comment ça se passe chez toi à la maison ? Est-ce que vous êtes une famille 100% francophone par exemple ?
- Speaker #2
Non, donc on est une famille mixte australienne-française. Et donc nous avons décidé de garder nos langues maternelles en tant que parents. Et donc moi je parle français à la maison, mon mari parle anglais. Et les enfants nous répondent dans nos langues maternelles. Donc, les enfants me répondent en français et ils répondent en anglais à mon mari. Donc, en fait, on a des conversations de dîner bilingues, on va dire.
- Speaker #0
C'est un bon cadeau à donner aux enfants, ça.
- Speaker #2
Oui, ben oui, on essaie. Mais c'est vrai que l'Australien, en général, raccourcit tout. Il y a une blague, d'ailleurs, ici, où on dit que si les mots ont trois syllabes, c'est trop long. Donc, on les raccourcit à deux syllabes. Donc, par exemple... Le moustique, qui est mosquito en anglais, on l'appellera le mozy. L'australien, qu'on appelle australienne, on l'appellera l'ozy. Et puis afternoon, ça devient arvo.
- Speaker #0
Donc beaucoup de raccourcis.
- Speaker #2
Exactement, oui.
- Speaker #0
Vous voyez passer beaucoup de backpackers sur place. Il y a des visages, je crois, spéciaux.
- Speaker #2
Oui, tout à fait. Alors, c'est vrai que l'Australie est une terre d'immigration. L'avantage, c'est qu'il y a un visa pour tout le monde. Mais il faut choisir son visa et le bon visa. Alors oui, beaucoup de backpackers, surtout en ce moment, puisque avec l'été qui arrive, en fait, on a beaucoup de backpackers qui arrivent ici pour la saison d'été. Alors qu'en hiver, les gens vont plutôt sur Brisbane ou Cairns ou même Sydney. Mais aussi beaucoup d'expatriés puisqu'on manque de main-d'œuvre et on a un plein emploi en ce moment. Et donc du coup, des industries et une économie qui a vraiment envie de recevoir une immigration en fait.
- Speaker #0
C'est facile de trouver un premier emploi quand on démarque à Melbourne en tant qu'expatrié ?
- Speaker #2
Alors j'allais dire en général oui, c'est quand même assez facile. Bien sûr, il y a quand même des codes de comportement. Rendre en compte, par exemple, où il faut repartir son CV à la façon australienne, on ne met pas ni son âge, ni son statut marital, ni de photo. Enfin, c'est assez inclusif, on va dire. Mais par contre, il faut aussi que ce soit très focalisé sur les objectifs du poste. Et puis aussi, ça dépend aussi des professions d'origine. Certaines professions ne sont pas reconnues dans le sens où, bien sûr, on a Ces professions ici, à notre avis, mais les diplômes ne peuvent pas être transcrits en fait. On pense à un orthophoniste français, par exemple, ne pourrait pas exercer ici. Le podologue français ne peut pas non plus exercer ici. Il faudrait repasser le diplôme local ou un vétérinaire aussi. Donc, tout dépend de la profession. Quelquefois, il faut aussi se réinventer professionnellement et puis soit reprendre des études ou soit changer complètement de voie.
- Speaker #0
Et si on se retrouve dans une entreprise, dans un bureau par exemple, il y a une culture corporate à connaître, des choses à faire, à ne pas faire ?
- Speaker #2
Les différences principales entre la culture française et la culture australienne, je commencerais tout d'abord par la hiérarchie, puisque la hiérarchie est quand même assez égalitaire ici. On essaie de penser que la société australienne est égalitaire et donc le manager fait partie de l'équipe. au même titre que quelqu'un de junior ou senior, alors que la hiérarchie dans une culture française est un petit peu plus pyramidale, on va dire. Et puis aussi, il y a une communication assez directe, ça peut choquer un petit peu. Quand on parle aussi de la hiérarchie, on parle aussi de la façon de prendre les décisions, et donc c'est aussi assez consensuel ici. Il y a vraiment un esprit d'équipe assez fort, puisque le système éducatif utilise beaucoup de temps Travaux de groupe et des activités en groupe. Donc les Australiens ont assez l'habitude de travailler ensemble et de pouvoir s'exprimer de façon neutre sur des débats qui seraient peut-être un petit peu plus animés aussi dans une culture française, mais qui l'est moins ici.
- Speaker #0
Et toujours dans le chapitre de la différence culturelle, tu as une métaphore qui est assez intéressante, c'est la métaphore de la note coco. Donc explique-moi ça un petit peu.
- Speaker #2
Oui, donc on parle de la noix de coco ou de la pêche. Et en général, on parle de la dimension de communication avec ces deux métaphores. Et c'est aussi pour apprendre à comprendre les relations entre les gens et aussi comment se forment les amitiés ici. Donc la noix de coco, elle est assez dure à l'extérieur, mais une fois qu'on la casse, en fait tout est tendre et donc on a aussi le lait de coco à l'intérieur. Alors que la pêche, la pêche est très très tendre et la pêche au milieu, tu te heurtes au noyau. Comment on utilise cette métaphore ? Donc avec les cultures qu'on appelle noix de coco, en général ce sont des cultures qui sont un petit peu difficiles à s'ouvrir, qui sont un petit peu plus timides, où on n'a pas forcément une communication très ouverte au début. Et parce que tout simplement on privilégie le cercle de confiance. Mais une fois que la relation se met en place, en fait on peut devenir des amis pour la vie. Donc ça, en général, on parle de la culture noix de coco pour la culture française. Quand on parle de la pêche ou de la culture pêche, en fait, c'est en général une culture très avenante, très amicale, souriante, qui aime bien le small talk. Du coup, ce n'est pas forcément facile de se faire des amis parce que le concept de l'amitié est un petit peu différent. Les gens vont rester amis avec leurs amis d'école, de lycée, collège, mais aussi d'université. Merci. sauf si on est vraiment dans cette société ou cet esprit communautaire, par exemple dans la même école, ou alors on fait vraiment le même sport et on est dans la même équipe, etc.
- Speaker #0
Nous voilà très bien renseignés sur Melbourne grâce à toi Sabrina. Pour terminer, si je te demandais de faire une sorte de conclusion, c'est un résumé, une description rapide de Melbourne destinée à quelqu'un qui ne connaît pas du tout et qui envisagerait en écoutant cet épisode de Sexpatrié en Australie sans trop savoir dans quel coin. Ça donnerait quoi alors cette description, ce résumé ?
- Speaker #2
Alors, pour résumer Melbourne, je crois que je dirais que c'est vraiment une belle qualité de vie. En effet, Melbourne a quand même été citée à plusieurs reprises dans les top 5 ou top 10 des villes où il fait bon vivre. Melbourne, c'est aussi considéré en Australie comme… La ville la plus culturelle, alors quand on parle de l'Australie, on pense beaucoup à la nature, aux balades, etc. Alors c'est vrai, mais à Melbourne, l'avantage que nous avons, c'est qu'il y a un beau mélange d'art, de culture, et aussi on a accès, j'allais dire, aux comédies musicales, aux théâtres, etc. Donc si on veut aussi cette partie culturelle, on peut y avoir accès. Et puis bien sûr, à une heure de Melbourne, on a cette nature. avec des belles balades, la plage. Et puis après, quand on va en dehors de la baie, on peut faire enfin du surf aussi.
- Speaker #0
Est-ce qu'on y reste longtemps à Melbourne ? On t'est un peu un contre-exemple, évidemment. Ça fait plus de 20 ans que tu es là-bas et tu es mariée avec un Australien. Mais en tant que patrier, comme c'est quand même assez loin de l'Europe, est-ce qu'on y reste longtemps sur place ?
- Speaker #2
Je pense que les gens aimeraient bien rester parce qu'en effet, ils apprécient Melbourne. Malheureusement, comme tu le soulignes, la famille étant très loin, C'est vrai que les familles se posent souvent la question dès la première ou deuxième année à Melbourne en se disant qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on reste ou pas ? Il y a 24 heures de vol pour rentrer, il y a entre 8 et 10 heures de décalage horaire. Alors bien sûr, on a tous les moyens de communication, ce qui est chouette maintenant. Mais c'est vrai que quand on a une famille et qu'on veut voir les grands-parents, c'est assez loin.
- Speaker #0
C'est très important, complètement. Merci beaucoup Sabrina d'avoir partagé ton expérience d'expat à Melbourne. Je pense que c'est précieux quand on se prépare à partir quelque part d'avoir ce genre de point de vue local, ce partage que tu viens de faire avec nous, ça peut faire toute la différence. Je suis certain en tout cas que ça va aider nos éditeurs. Et je te souhaite une belle continuation à Melbourne, merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci beaucoup aussi, c'était un grand plaisir de pouvoir partager un petit peu sur cette belle ville.
- Speaker #0
Alors Melbourne ? Ça y est, c'est officiel, la ville est sur votre bucket list, clairement sur la mienne en tout cas. Et je suis d'accord, c'est loin, c'est pas une bonne idée si vous ne souhaitez pas trop vous éloigner de la famille en France. C'est sûrement pas l'expatriation la plus pratique non plus si vous avez des enfants. Mais, mais, mais, mais, imaginons quelques secondes que vous ne soyez pas dans ces deux catégories, que vous soyez un peu plus jeune par exemple. Que feriez-vous si l'occasion se présentait ? Je pense que c'est ce genre d'interrogation qu'il faut avoir lorsqu'on hésite à franchir le pas pour vraiment savoir ce qu'on a dans les tripes. Si j'avais zéro contrainte, zéro impératif, zéro responsabilité, est-ce que j'irais ? Si la réponse est oui, vous savez quoi faire. Salut et bon voyage jusqu'à la prochaine fois.
- Speaker #5
Chaque week-end, zoom sur une ville d'expat avec Olivier Joffry.