Speaker #0Quand j'annonçais autour de moi « je pars au Maroc pour un stage surf et diabète » , les réactions étaient souvent les mêmes. « Ah bon ? Mais tu sais surfer ? » Eh bien non, justement, je ne savais pas surfer. Mais j'ai découvert que le surf pouvait être une véritable thérapie et qu'il existait finalement beaucoup de similitudes entre les vagues et le diabète. Prenons un simple exemple. La courbe de nos glycémies ressemble parfois à des vagues. qui déferlent sans prévenir sur la plage de notre cible glycémique. Certaines sont douces et régulières, d'autres plus imprévisibles. Et comme en surf, il faut apprendre à les observer, les anticiper et garder l'équilibre. C'est dans cet état d'esprit et avec une envie de partager ce moment avec d'autres DT1 que je suis partie du 4 au dîner 2026 à Clapo Surf Camp à Inpswan au Maroc entre Agadir et Issaouira pour une initiation au surf organisée par Sugar Palace Paris, une association présidée par Pauline Pinsol qui défend une vision inspirante du diabète, un véritable art de vivre. Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre, le podcast qui vous accompagne au quotidien avec des conseils et des témoignages inspirants autour du diabète. Je suis Nathalie, j'ai un diabète de type 1 depuis février 2010. Je m'adresse à toutes les personnes concernées par le diabète, patients, aidants, ou simplement celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre cette maladie. Tous mes contenus sont gratuits. Si vous aimez mon podcast, vous avez la possibilité de soutenir mon travail grâce à la plateforme Tipeee dont vous trouverez le lien dans les notes de l'épisode. Ou bien vous pouvez toujours être un relais. en partageant mes contenus. Merci pour votre soutien. Si cet épisode vous plaît, pensez à vous abonner, à le partager, à laisser 5 étoiles et un petit mot doux sur votre plateforme d'écoute préférée ou bien sur ma chaîne YouTube. Ça aide énormément à faire grandir ce podcast et à toucher encore plus de monde. Vous pouvez également vous inscrire à ma newsletter et recevoir en cadeau une fiche et un tableau du suivi des sites de pause des dispositifs médicaux. Simple, clair et pratique. Retrouvez le lien dans les notes de l'épisode. Bonne écoute et n'oubliez pas, plus vous apprenez sur votre maladie, mieux vous la gérez. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour. Je suis partie en stage surf et diabète au Maroc. Je suivais depuis longtemps sur les réseaux sociaux le conte de Sugar Palace Paris. Lors d'un déplacement à Paris, j'avais même eu l'occasion de découvrir leur toute première exposition photo. J'ai tout de suite trouvé leur univers très inspirant. Et surtout, les stages surf et diabète organisés à Biscarosse me faisaient rêver. Je m'étais dit, l'année prochaine, j'y vais. Alors, quelle surprise lorsque Pauline Pinsol a annoncé que les stages 2026 auraient lieu au Maroc. Je me suis dit, allez Nat, peu importe, tu y vas quand même. J'ai réservé mon séjour et mes billets d'avion sans hésiter. J'étais à la fois impatiente, enthousiaste et très émue, car cela faisait de nombreuses années que je n'étais pas partie à l'étranger. Quelques mois plus tard, j'ai contacté Pauline pour lui proposer une interview dans le cadre du podcaston, un événement qui permet aux podcasteurs de mettre en lumière des associations à but non lucratif. Elle a accepté avec enthousiasme. Et à mon micro, elle nous a parlé de cette magnifique association qui défend une autre manière de vivre avec le diabète, plus libre, plus humaine et profondément tournée vers la vie. Sugar Palace, c'est aussi une vision. C'est changer le regard sur la maladie pour mieux vivre avec, comprendre qu'une maladie chronique ne définit pas une vie. Sugar Palace défend une vision de la santé plus humaine, plus sensible et plus vivante, où le corps, le plaisir, la culture et le collectif ont toutes leurs places aux côtés du soin. Vous pouvez d'ailleurs écouter l'épisode « Le diabète, un art de vivre » avec Sugar Palace. enregistré dans le cadre du podcaston en mars 2026. La préparation du voyage. Une fois le stage réservé et mes billets d'avion en poche, d'abord à Jacques-sur-Paris, puis Paris-Agadir, je pouvais enfin me consacrer aux préparatifs du voyage. Et quand on voyage avec un diabète de type 1, les préparatifs demandent toujours une grande anticipation, car le diabète est un compagnon de voyage un peu particulier. Mais j'étais dans un tel état d'esprit... que je savais qu'aucun obstacle ne viendrait gâcher cette aventure. Je partais la première semaine de mai pour un total de neuf jours, arrivée à Paris la veille du départ pour le Maroc, puis retour chez moi le lendemain de mon arrivée en France. Comme pour tout voyage, il fallait prévoir des vêtements adaptés, des affaires pour le soleil, mais aussi pour les journées plus fraîches. Pourtant, le plus important, restait l'organisation de tout. tout le matériel lié au diabète. C'est souvent à ce moment-là que l'on mesure toute la charge mentale de la maladie. Anticiter le moindre détail, calculer le nombre de jours, prévoir combien de pompes à insuline, de capteurs d'insuline ou de consommables seront nécessaires. Ma pompe à insuline se changeant tous les 3 jours et mon capteur tous les 10 jours, je savais que je devrais effectuer 3 changements de pompe et un changement de capteur pendant le séjour. J'ai donc décidé de partir avec le double de ce dont j'avais réellement besoin. 6 pompes à insuline Omnipod 5 et 2 capteurs Dexcom G7. J'ai également emporté 3 stylos d'insuline rapide pour remplir mes pompes ainsi qu'un stylo d'insuline lente au cas où. Car nous les diabétiques vivons beaucoup avec cette expression au cas où. au cas où une pompe tomberait en panne, au cas où un capteur ne fonctionnerait plus, au cas où il faudrait revenir temporairement aux injections. J'avais aussi prévu tout le nécessaire pour réaliser des glycémies capillaires si besoin. Lecteur, bandelette, aiguille, compresse, désinfectant, sans oublier le resucrage avec des pommes potes, des madeleines et bien sûr mes indispensables gluquipos. Et tout ce matériel voyageait avec moi. précieusement rangé dans mon sac à dos. Jamais dans une valise, jamais en soute. Parce qu'avec un diabète de type 1, on apprend vite qu'il faut toujours garder son traitement sur soi. J'avais également pris soin de noter dans un carnet tous les réglages de ma pompe à insuline. Encore ce fameux au cas où. J'y avais inscrit mes débits de basal, mes ratios insuline-glycide selon les moments de la journée, mes facteurs de correction, ainsi que mon objectif glycémique. Avoir toutes ces informations écrites noir sur blanc dans mon carnet de voyage me rassurait énormément, comme une sécurité supplémentaire, une façon de partir l'esprit un peu plus léger, en sachant que quoi qu'il arrive, je pourrais toujours retrouver mes réglages. Le stage de surf et diabète IMSWAN. Le jour du départ pour le Maroc est enfin arrivé. À Paris, la pluie est au rendez-vous. À Agadir, il fait 25 degrés, grand soleil et du vent. Le contraste donne déjà un avant-goût du voyage. Je décolle de l'aéroport Orly 4 avec la compagnie royale Air Maroc en direction d'Agadir. Je sais déjà que deux personnes du groupe seront dans le même avion que moi. Nous nous retrouvons à l'aéroport et je fais ainsi la connaissance de Mathieu et de Dom. qui fait partie de l'organisation du stage. Après 3h30 de vol, nous atterrissons à Agadir vers 16h, heure locale, avec une heure de moins qu'en France. Un taxi nous attend pour rejoindre Imsouane, petit village de surf situé entre Agadir et Essaouira. Après environ 1h30 de route, nous arrivons enfin à destination où le reste du groupe est déjà installé. Pauline est arrivée la veille afin de préparer notre accueil. accueillent dans les meilleures conditions. À peine arrivés à Imswam, Pauline nous accueille chaleureusement et nous faisons connaissance avec le reste du groupe. Clémence, Léa, Edlira, Morgane et Sofiane. Nous partons ensuite boire un verre face à l'océan. C'est à ce moment-là que les premières vraies discussions commencent. Avec un tour de table pour apprendre à se connaître. Très vite, l'ambiance devient naturelle, simple et joyeuse. On rit déjà beaucoup ensemble. Et même si nous venons tous d'horizons différents, nous partageons un point commun qui nous relie immédiatement. le diabète de type 1. Nous étions hébergés au Clapo Surf Camp, un surf camp réputé d'Imsouane. Au rez-de-chaussée et au premier étage se trouvaient les chambres. Au dernier étage, une grande pièce de vie avec salle à manger, cuisine et salon. Et puis, tout en haut, le traditionnel toit terrasse marocain avec une vue imprenable sur l'océan. Dès notre arrivée, nous avons été accueillis avec une incroyable gentillesse toute l'équipe de chez Clapot. Les coachs, Oussine, Momo, Hamza, Khalid, la maman d'Oussine, les cuisiniers, tous ceux qui ont contribué à rendre ce séjour si spécial. Pendant toute la semaine, les moniteurs ont veillé sur nous avec bienveillance et professionnalisme. Ils nous ont appris les bases du surf, de la position sur la planche à la lecture des vagues. Tous ont réussi à surfer les vagues. Quant à moi, mon objectif a été beaucoup plus simple, réussir à me lever sur la planche. Et lorsque j'y suis arrivée, j'étais incroyablement fière de moi. J'ai adoré cette expérience. Les coachs, comme les autres participants, ont été particulièrement attentionnés avec moi. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais chacun, à sa manière, m'a apporté son aide et son soutien. À plusieurs reprises, Pauline m'a répété « Laisse-toi aider » . Une phrase toute simple, mais qui a résonné en moi, car accepter l'aide des autres n'est pas toujours facile. C'est une réflexion que je ramène avec moi de ce voyage. Nous avons surfé tous les jours, enfin, pour ma part, un jour sur deux, car je me suis blessée à une cheville. Mais même depuis la plage, je ne me suis jamais sentie mise à l'écart. Pauline et Dom avaient mis en place une véritable organisation. autour de la pratique sportive et du diabète. Avant chaque session, un point glycémique était effectué. Tout le matériel nécessaire était disponible en cas d'hyperglycémie ou d'hypoglycémie avec des solutions de resucrage adaptées à chacun. Grâce à cette préparation, notre charge mentale diminuait considérablement. Pendant quelques heures, nous pouvions simplement nous concentrer sur les vagues, le plaisir et les sensations. Et cela fait un bien fou. Chaque matin, ou presque, nous pratiquions également une séance de yoga sur le toit terrasse, face à l'océan, baigné par le soleil marocain. L'activité physique quotidienne et les repas différents de nos habitudes ont nécessité quelques ajustements dans la gestion du diabète. Mais le fait d'être en groupe a rendu les choses beaucoup plus simples. Nous échangeons. constamment sur nos stratégies, nos réussites, nos difficultés, nos réglages ou nos astuces du quotidien. Les conseils de Dom spécialisés en nutrition et en sport étaient particulièrement précieux. Nous avons également partagé de nombreux temps de parole, des moments pour débriefer les séances de surf, parler de nos émotions, de notre rapport au diabète, de nos expériences de vie. Nous étions tous différents. Certains portaient une pompe à insuline, d'autres utilisaient des stylos. Certains vivaient avec le diabète depuis quelques mois, d'autres depuis plusieurs décennies. Nos âges aussi étaient très variés, vingtaines, trentaines, quarantaines, cinquantaines et mois, qui représentaient la soixantaine. Pourtant, ces différences n'ont jamais créé de distance, bien au contraire. Une véritable bienveillance s'est installée entre nous. Une bienveillance rare, sincère. et profondément réconfortante. Nous avons aussi partagé de magnifiques moments en dehors du surf, notamment lors de notre excursion à Essaouira. Certains ont choisi une balade à cheval, d'autres, dont moi, sont partis en quad dans les dunes. J'étais derrière Clémence qui conduisait, accompagnée de Momo, Sofiane et Dom. C'était tout simplement génial. Au fil des jours, quelque chose a changé. Le surf, le groupe, le voyage, le détaillement, tout cela a progressivement relégué le diabète au second plan. Et cela fait un bien immense. Le surf m'a confirmé quelque chose qui ressemble beaucoup à la vie avec un diabète de type 1. Face à une vague, on hésite parfois, on tombe souvent, on recommence en... Encore et encore. Puis un jour, on réussit. Et parfois, même après avoir réussi, on retombe. Alors, on recommence. Encore et encore. Ce n'est jamais parfait. Mais ce n'est pas ce qui compte. Ce qui compte, c'est d'essayer. Personne ne juge. On apprend. On progresse. Et surtout, on profite. L'effet du groupe a également joué un rôle immense. On n'avait plus peur d'être seul face à une hypoglycémie ou une hyperglycémie. Nous étions là, les uns pour les autres. Souvent, il n'y avait même pas besoin de parler. Nous savions. Parce que nous vivions tous la même réalité. Je suis partie seule au Maroc, mais je savais que je ne serais jamais seule. J'allais retrouver mes pères et personnes capables de comprendre ce que l'on ressent sans qu'il soit nécessaire de l'expliquer. Et parfois, cette compréhension silencieuse vaut tous les discours du monde. Le voyage touche déjà à sa fin. Nous sommes samedi, notre dernier jour tous réunis. Dès le lendemain matin, une partie du groupe quittera Imsouane aux aurores pour reprendre le chemin du retour. C'est aussi notre dernière journée de surf. De mon côté, je ne me mets pas à l'eau. Je reste sur la plage avec Pauline. Nous passons du temps à prendre des photos, comme pour retenir encore un peu ces paysages qui nous ont accompagnés toute la semaine. L'océan, les falaises, les vagues, les sourires du groupe, les coachs. comme si nous voulions graver dans nos mémoires chaque instant avant qu'il ne s'échappe. Toute l'équipe du Clapot Surf Camp nous a préparé un magnifique pique-nique sur la plage. Un dernier moment suspendu. En rentrant, il faut pourtant que je me rende à l'évidence. Il est temps de commencer la valise. Le soir, nous nous retrouvons tous pour un dernier dîner ensemble. L'ambiance est joyeuse, chaleureuse. Nous partageons une formidable soirée avec toute l'équipe de Clapot, qui a pris soin de nous tout au long de cette semaine. Puis vient le moment des premiers au revoir. Nous saluons les quatre membres du groupe, qui partiront dès l'aube le lendemain matin. Edlira nous a quittés la veille. Le lendemain, c'est à notre tour. Pour cette dernière matinée à Imsouane, nous ne sommes plus que Pauline, Dom, Mathieu et moi. Nous prendrons... tous les quatre le même avion pour Paris. Avant de partir, nous faisons une dernière halte face à l'océan. Puis viennent les adieux au coach, à toute l'équipe, à ceux qui ont rendu cette semaine si spéciale. Une semaine magique. Une semaine qui restera gravée dans ma mémoire. Le taxi nous conduit jusqu'à l'aéroport d'Agadir. Quelques heures plus tard, nous atterrissons à Paris. Il pleut. Le contraste est saisissant. Comme à l'aller, la pluie nous accueille, mais entre-temps quelque chose a changé. Nous nous disons au revoir en nous promettant de nous revoir. J'ai le cœur serré et déjà une douce nostalgie s'installe. Nous repartons chacun vers notre quotidien, les valises remplies de souvenirs, de photos, de rencontres et de moments partagés. Je suis rentrée du Maroc avec bien plus qu'une initiation au surf. Je suis rentrée avec des amitiés nouvelles, une confiance renforcée, des éclats de rire plat à la tête et la certitude que certaines aventures laissent une trace durable. Et celle-ci en fait incontestablement partie. Conclusion. Ce voyage a tenu toutes ses promesses, et même bien davantage. Je suis profondément heureuse d'avoir osé me lancer dans cette aventure. J'y ai rencontré des personnes que je n'oublierai jamais, des personnes inspirantes, bienveillantes, avec lesquelles j'ai partagé bien plus qu'une semaine de surf. Une expérience humaine forte, faite de confiance, de rire, d'entraide et de compréhension mutuelle. Je recommande cette expérience à toutes les personnes vivant avec un diabète de type 1. Le surf est bien plus qu'un sport, c'est une véritable école de vie. Face à une vague, on ne peut pas tout contrôler. À un moment, il faut accepter d'y aller, de faire confiance à ses capacités et de se lancer. Et cela ressemble finalement beaucoup à la vie avec le diabète. Pendant cette semaine, j'ai réappris à vivre davantage dans l'instant présent, à être ici et maintenant, à profiter, à respirer, à accueillir ce qui vient. Paradoxalement, c'est aussi durant cette semaine que mon diabète m'a semblé le plus léger. Il était toujours là, bien sûr, mais il n'occupait plus toute la place. S'il y a une leçon que je tiens de ce voyage, c'est celle de la confiance. La confiance en soi, la fierté de sortir de sa zone de confort, la fierté d'essayer même lorsqu'on doute et pour moi plus particulièrement, l'importance d'accepter l'aide des autres. Car parfois, se laisser aider est aussi une forme de force. Je souhaite adresser un immense merci à tous mes compagnons de voyage pour cette merveilleuse semaine. pour les échanges, les fourris et les souvenirs que nous avons créés ensemble. Merci également à Dom et à Pauline pour leur présence, leur écoute, leur professionnalisme et leur bienveillance de chaque instant. Vous nous avez accompagnés, rassurés, encouragés et permis de vivre cette aventure dans les meilleures conditions. Pauline, tu es une personne profondément inspirante. Ta vision du diabète, ton énergie et ton humanité m'ont beaucoup apporté durant ce séjour et continue encore aujourd'hui de nourrir ma réflexion. Tu as raison, le diabète, un véritable art de vivre. Merci du fond du cœur. À vous toutes et tous, mes compagnons de voyage, je veux simplement dire une chose, je ne vous oublierai jamais. Au revoir à toutes et à tous et prenez bien soin de vous. Je te remercie pour ton écoute. Si cet épisode t'a plu, que tu souhaites soutenir le podcast, je t'invite à le partager autour de toi, à t'abonner pour être averti du prochain épisode, à laisser 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute. Tu as la possibilité aussi de me contacter, soit sur mon compte Instagram, soit par e-mail que tu trouveras dans les notes du podcast. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre. Prends bien soin de toi.