- Nathalie
Aujourd'hui, cet épisode de Vivre le diabète s'inscrit dans un cadre un peu particulier. Je participe pour la troisième année consécutive au Podcaston, premier rassemblement caritatif qui réunit des podcasteuses et des podcasteurs du monde entier autour d'un même objectif, mettre en lumière des associations engagées du 14 au 20 mars 2026. Cette année, j'ai choisi de donner la parole à Sugar Palace Paris, une association qui œuvre pour les personnes vivant avec un diabète de type 1 en mêlant sport, collectif, créativité et solidarité. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Pauline Pinsolle, présidente de l'association. Dans cet épisode, Pauline nous raconte son parcours avec le diabète de type 1, la naissance de Sugar Palace Paris, les séjours surf et diabète, la surf-thérapie, mais aussi sa vision profondément humaine et engagée du vivre avec le diabète. Un échange inspirant et porteur d'espoir qui prend tout son sens dans le cadre du podcaston. Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre. Le podcast qui vous accompagne au quotidien avec des conseils et des témoignages inspirants autour du diabète. Je suis Nathalie, j'ai un diabète de type 1 depuis février 2010. Je m'adresse à toutes les personnes concernées par le diabète, patients, aidants ou simplement celles et ceux qui souhaitent mieux comprendre cette maladie. Tous mes contenus sont gratuits. Si vous aimez mon podcast, vous avez la possibilité de soutenir mon travail grâce à la plateforme Tipeee dont vous trouverez le lien dans les notes de l'épisode. Ou bien, vous pouvez toujours être un relais en partageant mes contenus. Merci pour votre soutien. Et avant de commencer, si cet épisode vous plaît, pensez à vous abonner, à le partager, à laisser 5 étoiles et un petit mot doux sur votre plateforme d'écoute préférée ou bien sur ma chaîne YouTube. Ça aide énormément à faire grandir ce podcast et à toucher encore plus de monde. Vous pouvez également vous inscrire à ma newsletter et recevoir en cadeau une fiche de suivi des sites de pose des dispositifs médicaux. Simple, clair et pratique. Retrouvez le lien dans les notes de l'épisode. Bonne écoute et n'oubliez pas, plus vous apprenez sur votre maladie, mieux vous la gérez. Je vous laisse maintenant avec l'épisode du jour. Bonjour Pauline !
- Pauline
Salut Nathalie, comment tu vas ?
- Nathalie
Écoute, ça va très bien, je suis heureuse de te...
- Pauline
d'enfin te rencontrer même si c'est en visio que c'est pas c'est pas vrai c'est pas en chair et en os ça va arriver bientôt ça arrive bientôt bientôt merci pour l'invitation c'est hyper cool c'est un exercice auquel
- Nathalie
je suis pas habituée donc je suis très contente d'être là alors Pauline Pauline peux-tu te présenter donc bonjour moi je m'appelle Pauline Pinsolle.
- Pauline
Je suis journaliste de formation, j'ai fait un marathon, je suis maman, je fais du surf et je suis aussi diabétique de type 1. Et de ce fait, je suis la présidente et la fondatrice de l'association Sugar Palace Paris. J'ai longtemps travaillé dans l'art de vivre, dans la food, le voyage. Et quand la maladie est entrée dans ma vie, plutôt que de me laisser enfermer. dans un rôle de malade ou de victime, j'ai décidé d'en faire un point de départ, et celui des projets engagés, humains et positifs autour de la santé, du mieux vivre avec le diabète de type 1.
- Nathalie
Et comment est-il entré ce fameux diabète dans ta vie ?
- Pauline
À l'époque, je faisais partie des vieilles diabétiques de type 1. J'avais 28 ans, 29 ans même, à l'aube de mes 30 ans. sans prévenir du jour au lendemain, comme c'est souvent le cas. J'ai eu la chance de ne pas avoir... Enfin, je n'ai pas eu de coma diabétique, je l'ai détecté assez rapidement, mine de rien, parce que six mois avant, j'avais eu une opération et ma glycémie à jeun était parfaite. Ça s'est déclenché dans ce laps de temps-là. Voilà, donc ça a basculé au mois de mai 2011, c'est ça, du coup. Et bon, ben voilà, il y a eu le choc. Un vrai choc quand même de ne pas comprendre. J'avais vraiment besoin de comprendre où ça venait, ce que c'était. Parce qu'évidemment, je n'avais entendu parler, mais je ne savais pas ce que c'était. Concrètement, ce que ça voulait dire. Un vrai sentiment d'injustice. Et puis une sensation surtout très violente de perdre toute mon insouciance vis-à-vis de la nourriture. et du sport.
- Nathalie
Et du coup, en quoi le diabète a-t-il transformé ta vie ?
- Pauline
Écoute, il est arrivé à l'âge adulte. Donc, ça a transformé évidemment tout ce que j'avais appris sur ma façon de manger, de bouger, de voyager, de travailler, même de penser à l'avenir. Mais ça a surtout changé le regard que je portais sur mon corps qui finalement... n'était pas un ennemi, mais qu'il fallait que je le prenne comme un allié qui me parlait quelque part et que je n'avais peut-être pas su écouter jusque-là. Donc, j'ai appris au fur et à mesure, ce n'est pas tout de suite, tu vois, mais vraiment à changer mon regard sur le corps, sur le temps, sur la fragilité aussi. Et j'ai appris à composer, à m'adapter. Et surtout, et ça, c'est le plus dur pour moi, qui est une contrôlante de nature à lâcher prise. D'autant plus que je travaillais dans la food. Donc, ça a vraiment touché. un sujet qui était fondamental chez moi, un pilier de vie qui était la bouffe, qui était quand même déjà la bonne bouffe. Mais la bouffe, la table, le partage, il y avait vraiment quelque chose chez moi très joyeux autour de ça et que j'ai vraiment tenté de garder malgré la maladie.
- Nathalie
Ça a dû être chaud.
- Pauline
En fait, pas tant que ça, tu as des gens qui te... Souvent, on se pose la question entre diabétiques en disant c'est quoi le plus chaud ? C'est d'avoir été jeune et d'avoir connu que ça toute ta vie. Les gens pensent que souvent, comme moi à 30 ans, c'est là que c'est le plus chaud parce que tu as eu toute cette insouciance, en effet, que tu perds un temps. Et je commence à retrouver un peu cette insouciance grâce aux pompes, d'ailleurs, et la boucle fermée. Par exemple, j'ai un sandwich debout dans la rue, ça me paraissait improbable. infaisable pour moi. Il fallait que je sois assise pour manger et poser. Vraiment, je prenne ce temps-là, ce qui est bien en même temps. C'est quand même mieux de manger assis et prendre le temps de bien manger. Mais d'avoir comme la vie que j'avais avant, à mille à l'heure, où je prends un sandwich et je suis dans la rue, tout ça me paraissait impossible. Et grâce au boucle fermée, ça m'est revenu. Donc l'insouciance, je tenais par la retrouver. Mais je me suis toujours dit, en fait, après, j'ai un fonctionnement qui... de profonde résilience. Donc, j'ai toujours le côté positif. C'est vraiment ma profonde nature. Je ne me force même pas. Mais je me disais, en fait, j'ai connu, moi, toute cette période d'insouciance, d'enfance, à bouffer des bonbons au boum, sans me prendre le chou, à vivre mon adolescence avec ce que j'avais à vivre et sans la maladie. Donc, en fait, j'ai eu cette chance-là. Et là, ça a changé. Ça a changé plus mon regard sur moi que sur le regard extérieur. Donc, au final... Je fais partie de tout. Je me dis, je préfère l'avoir eu à 30 ans que beaucoup plus jeune. Comme quoi, moi, je rencontre de plus en plus. Dans le calendrier que j'ai fait avec les garçons, il y en a... Benoît, il avait une quarantaine d'années. En fait, il y en a quand même de plus en plus. Alors, est-ce que c'est les perturbateurs endocriniens ? Moi, je viens du Sud-Ouest. Donc, si tu veux, chez mes grands-parents, quand il y avait des vignes, c'était arrosé de pesticides. Donc, j'ai quand même baigné là-dedans. Je suis une meuf des années 80 avec tous... qu'il y avait bien de pourri dans les tétines et dans les couches, comme toutes les générations avec ces dommages collatéraux. J'ai arrêté de chercher le pourquoi. Quoi que je dis ça, ce n'est pas vrai. Je cherche du côté des traumas. Je ne me prendre plus le choix avec, mais j'ai besoin d'avoir quand même des réponses. C'est important pour moi d'en chercher des pistes. ça s'est plutôt bien adapté à ma vie le stress, en fait le trauma fait que t'as un stress constant persistant comme on dit oxydatif qui est vraiment néfaste le stress c'est bon pour la santé mais quand il est là pendant 15 ans ça devient délétère
- Nathalie
Et du coup qu'est-ce que le diabète t'a appris ou apporté ? Voilà, sur le plan personnel, puisque nous y sommes.
- Pauline
Sur le plan personnel, c'est très simple. Comme on se disait juste avant, ça m'a appris l'écoute de moi-même. Ça a encore plus renforcé mon sentiment, j'aurais dit, de résilience. Je l'avais déjà, mais encore plus. J'ai tourné la contrainte en art de vivre. D'où cette idée du diabète en art de vivre. m'a appris que la santé n'est jamais acquise et que lorsque tu la perds un peu ou qu'elle s'effrite que tu te rends compte à quel point c'est précieux et que le corps comme tu disais tout à l'heure n'est pas un ennemi mais un partenaire et vraiment elle écoute de son corps ça s'apprend en fait tout ça s'apprend ça vient pas du jour au lendemain Et puis, ça m'a surtout donné l'envie d'agir via l'association, de créer du lien et de ne pas rester seule avec ça. Au début, je ne voulais rien avoir à faire avec des groupes diabétiques. Quand on parlait de ça à l'hôpital, je ne comprenais pas. Je ne voyais pas l'intérêt. Et finalement, via les événements auxquels je suis allée, via l'association aujourd'hui que j'ai créée et toutes les rencontres merveilleuses que je fais, les liens que je fais, il était évident que... Il ne faut pas rester seul face à la maladie ou aux épreuves, quelles qu'elles soient.
- Nathalie
Il y a beaucoup de gens qui passent par ce moment-là. Non, je ne veux pas. Et puis qu'après, une fois... Je veux dire, la personne diabétique en face de nous nous fait du bien.
- Pauline
Mais oui, c'est un pair qui... On se comprend, en fait. Je le vois lors des stages de surf. On se comprend. en un regard, quelqu'un qui est en hypo, on sait ce que ça veut dire, malgré qu'elle te dise ça va, je gère, je porte les planches de surf, en fait, tu sais qu'il faut quand même aller l'aider, qu'un coup de fatigue, ce n'est pas forcément la fragilité. On se comprend, vraiment, je l'ai vraiment vu, senti, il y a un vrai sentiment d'appartenance et c'est vraiment précieux ce qui se passe.
- Nathalie
On est vraiment de la même famille. Tu nous parlais donc d'association. Alors, pourquoi et comment est née l'association Sugar Palace Paris ?
- Pauline
Alors, c'est né d'un besoin très personnel qui était celui de sortir de ce coin médical, de l'isolement et du silence autour du diabète de type 1. Au départ, c'était une page Instagram grâce à laquelle je communiquais sur des événements. faisait que je ne trouvais pas l'hôpital, qui était donc des événements où je voulais remettre du vivant, du collectif et de la joie, du positif autour du diabète type 1 et rien de médical. C'est pour ça que ça s'est toujours passé hors des murs des hôpitaux, dans des endroits cocooning un peu sympa, je trouvais en tout cas à mon image plutôt cool, dans lesquels il y a... Il y a toujours une thématique principale autour de cette thématique. Il y a une partie de talk, conférence, et une deuxième partie d'atelier, d'expérimentation corporelle, on va dire de la danse, par exemple, toujours reliée à la thématique principale. Et au fur et à mesure, pour structurer un petit peu tout ça, du coup, j'en ai fait une association. Donc, ça va faire deux ans. Et la page Instagram, elle existe depuis 2016. Mes premiers événements, je les ai faits en 2016. Enceinte de ma fille, ma première fille, et la page Instagram, du coup, ça s'est passé naturellement l'année dernière, il y a deux ans. Donc elle est née pour créer tous ces espaces où on peut parler de la maladie sans qu'elle soit non plus le sujet principal parce qu'on parle de plein de choses qui gravitent autour de la maladie et qui fait écho avec la maladie sans que ce soit le sujet principal.
- Nathalie
Et bien sûr, peux-tu nous présenter l'association, ses missions principales. Tout ce que fait maintenant Sugar Palace ?
- Pauline
Oui, alors maintenant, c'est vrai que ça s'est vachement développé depuis l'année dernière. Sugar Palace Paris, c'est une association qui accompagne les personnes diabétiques. Je ne précise pas type 1, parce que j'ai aussi des personnes qui sont diabétiques de type 2, donc diabétiques de manière globale. J'ai à cœur à ce que ça reste comme ça, vraiment, même si évidemment, je parle plus du type 1, parce que c'est ma maladie que je la connais mieux. Mais il y a des personnes qui sont type 2 dans l'association, je trouve ça super. Et j'aimerais plus largement avoir d'autres maladies chroniques, parce que j'ai aussi la maladie d'Hashimoto, donc tu vois, il faut aussi s'étendre à ça. Mais bon, actuellement, une association qui accompagne des personnes diabétiques, à travers des expériences, je vais dire, positives, c'est le sport, le surf, les expositions. des rencontres, des créations artistiques, des événements, des déjeuners. Et la mission, elle est simple. C'est montrer que la maladie n'empêche pas de vivre pleinement, bien au contraire, et qu'elle peut même devenir un levier de puissance et de solidarité. Ça n'empêche pas de voir la vie en grand.
- Nathalie
Tout à fait, tout à fait. Donc, du coup, parle-nous par rapport à ces missions, à ces événements et à ces activités. qu'il y a autour de Sugar Palace. Entre autres, peux-tu nous parler des séjours surf et diabète ? Comment est venue l'idée ? Comment sont-ils nés ? Et pourquoi le sport est-il si important quand on vit avec un diabète de type 1 ou 2 ? Évidemment !
- Pauline
Le sport, parce que ça a toujours été comme la nourriture, un pilier de ma vie, ça m'a toujours accompagnée dans mon quotidien. Je me suis rendue compte à quel point, grâce aux lecteurs de glycémie qui sont bien plus performants maintenant, l'impact direct que ça avait sur ma gestion du diabète. Comme j'y suis souvent aussi quand je me sens forte physiquement, je me sens aussi fort mentalement. Ça me structure, c'est vraiment quelque chose qui… qui est important chez moi, qui est une base solide. Ça ne veut pas dire le sport à outrance, ça ne veut pas dire la performance, ça veut dire être en mouvement, en fait, parce que la vie n'est que mouvement. Et donc, le corps doit suivre aussi. Le surf, parce que je me suis mise au surf, parce que ça me semblait très challengeant avec le diabète. Moi, j'en avais fait plus jeune, mais je me suis remise avec mon conjoint il y a 6 ans, 7 ans, et je me suis assez vite rendue compte. que c'était un vrai défi puisque je devais me retrouver à l'eau sans mon lecteur de glycémie, donc en étant complètement à l'aveugle, et du coup, être obligée de me reconnecter à mes ressentis, à mon corps. C'est un formidable outil, le surf, pour la réappropriation de son corps quand on est avec des maladies chroniques. Et donc, assez spontanément, j'en parlais, pareil, sur ma page Instagram. Des gens m'ont dit, tiens, moi, j'aimerais bien essayer, mais j'ose pas. Et donc, comme souvent c'est le cas avec mes projets, c'est parti de manière très spontanée comme ça. Et puis, le premier stage s'est rempli très vite. Du coup, j'en ai fait deux derrière qui se sont remplis aussi vite. Donc, je me suis rendu compte aussi qu'il y avait de vraies attentes, une vraie demande. Et puis, parce que aussi, je vante ces mérites autour de ce qu'on appelle la surf-thérapie, c'est-à-dire surtout près de l'océan. Le surf, t'oblige d'être dans le présent. Quand tu es dans l'eau, tu es en vigilance parce que tu as la marée, tu as les vagues, tu as les courants. Donc, tu n'as pas d'autres options que d'être réellement là, ici et maintenant. Et c'est ce qu'on perd de plus en plus en grandissant, j'ai envie de dire. Apprendre à écouter tes sensations, être face à l'imprévu, accepter l'imprévu, accepter de tomber, de recommencer, pas forcément y arriver. On fait souvent... Ce parallèle de surfer, ses glycémies, c'est un peu la même chose. Il y a des vagues, des moments où ça va faire flipper, tu vas tomber, tu vas recommencer, puis tu vas y arriver, puis tu vas t'entraîner, puis tu vas le faire, puis tu vas y arriver. Il y a un vrai sentiment de plaisir. Quand tu y arrives, c'est hyper grisant, c'est hyper satisfaisant. Tu es juste là, tu es vivant, et tu as une vraie sensation de liberté. Le surf a ce vrai pouvoir de... de faire du bien. Et pour le coup, il y a des études scientifiques sur la surf thérapie. Ce n'est pas une vue l'esprit, ce n'est pas du marketing. Ça a été expérimenté sur des personnes traumatisées de guerre, sur des femmes dépressives, enfin des femmes, des personnes dépressives, je dis des femmes parce que j'ai vu des reportages et c'est souvent des femmes qu'on voit. Mais en fait, des en guerre, des personnes dépressives, des personnes qui ont un cancer, il y a une vraie vertu autour de l'activité. physique et sportive dans un milieu tel que l'océan. L'océan, le mouvement et le groupe aussi, comme outil thérapeutique, c'est hyper important.
- Nathalie
Et c'est vrai que ce parallèle entre surf et diabète, moi, de suite, ça m'a vachement parlé. Toutes ces métaphores qu'on peut faire par rapport au surf, aux vagues, tout ce qu'on vit avec le diabète, c'est un peu ça.
- Pauline
Oui, tu as raison. C'est vraiment comme ça que je l'ai ressenti. Quand j'étais à faire du surf et que je me dis que si j'arrive à dépasser cette peur-là, je sais que ça va en plus agir de manière positive dans mon quotidien sur terre. Parce qu'une sensation d'hypoglycémie dans l'eau n'a rien à voir, en tout cas pour ma part, qu'une hypoglycémie sur terre. Par exemple, quand tu arrives à le gérer, à ne pas paniquer, à dépasser ses peurs, je parle souvent de dépasser ses peurs parce qu'il y a quand même une vraie appréhension que d'aller dans l'eau. pas pour tout le monde pour moi c'était le cas chez d'autres c'est le cas aussi, chez d'autres pas du tout mais en tout cas de pouvoir dépasser cette appréhension là elle est vraiment bénéfique sur la gestion derrière du diabète ou d'une vie qu'elle soit parce qu'elle s'agit vraiment sur le mental, sur la confiance en soi sur la gestion du stress et sur l'estime de soi et pour les personnes diabétiques Ça nous permet aussi de mieux comprendre notre corps, nos réactions et se sentir capable. Et toutes celles qui sont venues, elles ne veulent pas devenir surfeuses professionnelles, mais elles sont toutes devenues dépassées des appréhensions, dépassées des peurs. Elles repartent de là vachement plus solides. Je ne m'étais pas rendue compte à quel point... Ces séjours-là avaient un impact si positif et sur du long terme derrière dans la gestion du diabète. Donc c'est un vrai game changer, comme on dit.
- Nathalie
Oui, c'est ça. C'est clair. On verra puisque Sugar Palace organise le Maroc cette année. Dis-nous en quelques mots. Les séjours 2026. Au Maroc ?
- Pauline
Alors, les séjours 2026, donc il y en a deux cette année. Pourquoi le Maroc ? Parce que j'avais envie de changer un petit peu de crémaillère et je trouvais ça sympa de voyager aussi avec diabète. Le Maroc, parce que je connais bien et que je suis allée à plusieurs reprises surfer là-bas. Donc, on commence au mois d'avril, du 6 au 12 avril, à Tamraght, chez une femme. Ce n'était pas du tout prévu quand je suis allée. Je suis allée faire mes repérages. Il y a une femme qui me contacte en me disant « C'est trop dommage que tu ne viennes pas me voir parce que je suis diabétique de type 1. J'ai une surf house.» Mais j'ai tout. J'ai fait en sorte qu'on aille la rencontrer. Et on est allés la rencontrer. Et puis gros coup de cœur. Et puis, je suis chauvine dans l'âme, si tu veux. Elle est espagnole. Elle s'appelle Irene. Donc, elle est diabétique depuis peu de temps. Et donc, elle a cette surf house, avec son mari, ce qui est super sympa, C'est vraiment... pas loin d'Agadir et pas loin de Tarazout aussi. C'est un pote assez connu par là-bas. Voilà, surf house avec piscine, on est dans des dortoirs. Il y a du surf tous les jours. On est accompagnés aussi par Dominique, qui est mon ancien coach du marathon, lorsque j'ai fait le marathon, qui est devenu un ami, qui m'accompagne sur tous mes séjours. Il est diabétique de type 1. Et Dom, grâce à lui, on a quand même un regard sur... et l'alimentation, et la gestion de l'alimentation et du sport, et la gestion du sport, parce qu'il a vraiment cette vision globale et cette formation vraiment sur la diététique et la nutrition, je devrais dire d'ailleurs, je ne sais plus ce qui est plus approprié. Donc voilà, il a vraiment cette connaissance sur le corps, sur comment le sport agit sur le corps, comment tel aliment va agir sur le corps, donc c'est une vraie mine d'informations. Et puis il propose en plus soit... de l'étirement, soit de la boxe, soit du run, pour ceux qui auront envie. Il y aura du yoga chaque jour aussi. Et là-bas, à Tamaraght, on a une initiation au bain glacé. C'est un truc qui me plaît vachement parce qu'en plus, sur la gestion aussi du stress, la gestion de certaines maladies chroniques, a priori, ça a des vraies vertus positives, thérapeutiques. Donc, j'avais envie d'essayer. Donc, voilà. Donc, chaque jour, c'est surf, yoga. des temps d'échange entre nous, ça se fait naturellement. Donc en fait, ça ne sert absolument à rien de se dire de 12h à 13h, on va se parler diabète, on se parle diabète en permanence, on se refile des conseils en permanence. Et puis moi, ce que j'ai oublié de dire, c'est que généralement, je ne surfe pas. Je vais essayer un petit peu comme au Maroc, mais généralement, je ne surfe pas. Moi, je reste sur le sable, soit moi, soit Dominique. Restons sur le sable. On a une glacière. On a les pompes de chacun, les lecteurs de glycémie, les téléphones et le resucrage. Si tu as le moindre doute, Nathalie, tu sors de l'eau. Souvent, c'est l'adrénaline. On pense que c'est une hypo. Au début, en fait, c'est plutôt l'adrénaline. Tu penses que tu fais une hypo. Tu viens me voir. C'est moi qui viens à toi, d'ailleurs. Dès que tu vas sortir, je vais vers toi pour t'éviter de t'épuiser et de te fragiliser encore plus. Si c'est une hypo. Tu viens vers toi. On prend la glycémie. Si tu as besoin du resucrage, si tu as besoin de faire une pause, tu fais une pause. Ces séjours sont vraiment faits, pensés, construits. et dans l'accompagnement pour nous, c'est-à-dire on prend le temps, ils sont tous, du coup, là dans cette surf house, elle est diabétique, donc c'est une bonne surfeuse, donc voilà, il n'y a pas de sujet là-dessus, on prend le temps qu'il faut, tu t'arrêtes quand tu veux, tu reprends quand tu veux, c'est très bien que le cours de surf, quand il commence, il ne commence jamais à l'heure, parce qu'il faut se rechecker, il faut reprendre sa glycémie, il faut se re sucrer si besoin, voilà. Donc c'est vraiment... dans l'accompagnement et puis du sur-mesure pour nous. Donc ça, je pense que ça change énormément parce qu'il y a des gens qui ont dit qu'ils étaient refusés dans certaines écoles de surf. Alors, ils n'ont pas le droit, il faut le savoir, de vous refuser. Mais il y a des gens à qui s'arrivent. Voilà, donc ça, c'est du 6 au 12 avril. Ensuite, on va dans un autre endroit coup de cœur. Je n'ai pas réussi à choisir. Du coup, on va dans deux endroits différents. Du 4 au 10 mai, c'est à Imsouane au Maroc. C'est une baie qui est hyper connue pour le surf et c'est parfait pour apprendre. prendre à surfer parce que c'est une longue vague, c'est comme une piscine à vagues. C'est une longue vague, pas très haute, pas très puissante, pas puissante du tout. Tu peux rester une minute dessus. Moi, j'ai les prises du large au bord. T'as l'impression d'être Kelly Slater et que ça fait... 10 minutes que tu es sur la vague, c'est un vrai plaisir. L'endroit est magnifique. La baie est vraiment superbe. On est dans une surf house de famille et de vrais surfeurs professionnels, les deux frères. Ils s'appellent Clapot. Ils sont super sympas. On a la nourriture qui est faite par la mama de la maison. Donc c'est vachement plus familial, c'est un peu plus roots. Et l'environnement est 100% surf, surf vibes et spirit. C'est vraiment très très cool. Et cette vague, elle est vraiment géniale. Moi, du coup, j'avais fait du longboard. Je n'en avais jamais fait, mais j'ai fait du longboard là-bas et c'était parfait. Donc, pour apprendre et progresser, il n'y a pas meilleur endroit. Et en une semaine, il faut se dire que tout le monde, parce que c'est évidemment pour les débutants, essentiellement, les gens qui ne sont pas débutants, ils n'ont pas besoin de venir dans les stages en réalité, ou alors parce qu'on est diabétiques et qu'on est entre nous, mais il faut se dire que pour toutes celles et ceux qui ont des appréhensions de se dire je ne vais pas te tenir debout tu peux être sûr qu'en 3 jours tu es debout sur ta planche et tu surfes des vagues déjà, donc en une semaine là ce qui est vachement bien par rapport à Biscarosse c'est qu'on était sur 5 jours là on est sur 7 jours, vraiment tu as le temps d'apprendre, de progresser, de kiffer et d'avoir envie de revenir et du coup à Imsouane, donc on est dans cette surf house très familiale c'est aussi des dortoirs là il y avait une chambre double pareil, donc surf tous les jours. Les repas familiaux de ouf, c'est tellement bon. Pareil pour celui de Tamraght, c'est très, très bon aussi. Enfin, les deux, c'est vraiment très, très bon. Mais là, on a la mama en cuisine. Ça donne un petit côté très familial. Surf tous les jours, yoga tous les jours. Et là, l'initiation, ce n'est pas du coup le bain de glace, mais c'est du surfskate pour ceux qui ont envie. Voilà. Et puis eux, ce qui est cool aussi, c'est qu'ils proposent tous les jours si on a le temps dans notre... programme, d'aller faire du surf sur les dunes de sable, d'aller boire le thé dans le désert, d'aller faire un tour au souk, de faire un cours de cuisine, de faire des massages. Donc tout ça, ce sera en plus du séjour que je propose. Mais il y a toutes ces petites activités qu'on peut faire en plus qui sont très très cool. Il y aura toujours Dominique qui sera là pour faire toujours plus de sport que ce qu'on a envie. C'est souvent ce qu'on nous dit, c'est un peu trop sportif, un peu trop speed, mais parce qu'on est tous les deux des passionnés. sport, mais on se cale sur les gens. C'est un petit groupe où une personne qui veut aller faire un petit run avec plaisir. Si on a envie de chiller, c'est aussi possible. Donc, c'est vraiment à l'écoute du groupe et 100% personnalisable tout au long du séjour. Et là, c'est du 4 au 10 mai.
- Nathalie
Et moi, j'ai trop hâte.
- Pauline
Oui, vraiment, Imsouane. J'adore le spot d'Imsouane. Je ne connaissais pas. Alors, par contre, ce que je n'ai pas dit, ce que je ne dis pas aux gens, c'est que normalement, ceux qui vont venir à Tamraght, on fera quand même une journée aussi à Imsouane. Ça a trois heures de route, deux heures de route, mais souvent les gens quand même à côté d'Agadir vont à Imsouane parce que tu ne peux pas aller là-bas sans aller à Imsouane, c'est juste magnifique. On fera ça et ce que j'ai oublié de dire aussi, je suis en train de mettre en place, avec une diabétologue marocaine sur place, d'aller rencontrer une association de diabétiques aussi. J'aimerais bien faire ça. J'en avais un peu parlé, mais c'est en train de se construire, ce n'est pas sûr, mais j'aimerais vraiment beaucoup qu'on puisse aller à la rencontre d'une autre association marocaine, apporter du matériel via des dons, mais via des dons de labo, d'avoir des lecteurs de glycémie. Pas des capteurs, ça ne sert à rien, parce que tu leur donnes un capteur et ils sont hyper contents, mais derrière, il ne faut pas se l'acheter, il ne faut pas en avoir d'autres, donc ça ne sert à rien. Mais peut-être des lecteurs de glycémie, peut-être d'autres choses, et puis surtout, échanger des expériences, rencontrer d'autres gens. Je trouvais que pareil, ça... J'ai toujours besoin que c'est apporter du sens de ce que je fais, du sens pour le groupe, c'est sûr, mais aussi du sens en allant à la rencontre d'une autre asso, c'est très chouette. Donc ça, je suis en train de le mettre en place, mais c'est mon objectif. Je pense que ça va se faire, mais je n'ai rien de concret pour le moment.
- Nathalie
Je trouve que c'est une superbe idée.
- Pauline
En fait, ça me parlait d'être le fil conducteur. On se fait plaisir, mais allons à la rencontre des autres et essayons de créer du lien avec les autres aussi et se rendre compte. que nous, on a de la chance. Et eux, de se rendre compte que peut-être, parce que je sais qu'au Maroc, être diabétique, au Maroc, dans le Maghreb, de manière générale, en tout cas dans d'autres pays que la France, être diabétique, ta vie est terminée, on cache pas mal. Pour beaucoup de personnes, de familles, c'est compliqué à gérer. Donc, de pouvoir voir d'autres personnes qui font du surf, qui voyagent et tout, même si pour eux, c'est plus compliqué de voyager, mais en tout cas, de voir que... La vie ne s'arrête pas, qu'on peut quand même faire des choses, même si ce n'est pas pris en charge de la même manière, même si il ne faut pas oublier qu'on a quand même beaucoup de chance. mais d'être plutôt dans le partage d'expérience plutôt que d'être dans la comparaison du traitement médical.
- Nathalie
Sugar Palace, ce n'est pas que les stages de surf, c'est aussi des calendriers, des expositions. Peux-tu nous en dire plus sur ces projets ?
- Pauline
Oui, alors avant d'en dire plus sur les projets, il n'y a pas que les stages de surf. Pareil, je suis en train d'essayer de mettre en place, la fille qui n'arrête jamais. Je suis en train de s'y mettre en place. en place avec Wayne qui est dans le calendrier justement qui fait du crossfit qui a mis à Biarritz de faire un séjour surf et crossfit, enfin plus crossfit avec une initiation de surf et l'idée, moi je suis toute seule pour le moment dans l'asso, c'est compliqué mais l'idée c'est pas de s'arrêter sur Paris évidemment j'aimerais faire des événements plus à Bordeaux, plus à Lille, aller un peu partout mais je suis toute seule et donc j'ai pas encore trouvé la bonne la... Je suis en train de structurer l'association avec des gens qui prennent le relais à droite à gauche. Mais l'idée, c'est quand même d'essayer de développer ce type d'événement pas qu'à Paris. Ce n'est pas que le surf, mais c'est plutôt quand même en effet autour du sport et du diabète que j'aimerais bien un petit peu développer Sugar Palace. Et donc, comme tu le disais si bien, il y a les calendriers et les expositions. Je fais une petite digression sur : Comment c'est arrivé, les calendriers ? Comme les stages de surf, c'était un délire. Je me suis fait sur Instagram et à deux ans, en me disant, tiens, j'aimerais trop. J'ai une copine photographe à côté de chez moi à Biscarrosse. Je souhaitais beaucoup photographier les gens diabétiques, les rendre beaux, les rendre fiers et les rendre puissants grâce à l'image. Et du coup, j'ai lancé un appel sur Instagram et il y a six femmes qui m'ont répondu. Donc, ces six femmes-là sont venues à Biscarrosse se faire prendre en photo. C'est celle que vous avez vue l'année dernière. Je voulais que ce soit mixte, mais il y a des femmes qui m'ont répondu. Donc, soit on a fait avec ce qu'on avait et je suis très, très fière. Et pareil, tout de suite, ça a été de se dire, je veux un bel objet, mais je veux aussi qu'il ait du sens. Et comme j'avais vécu aux États-Unis pendant un an, juste après ma découverte du diabète, j'avais été sensibilisée à l'insuline, là-bas, au trafic qu'il y a autour de l'insuline, au marché noir de l'insuline, au prix. exorbitant de l'insuline à la chance vraiment qu'on avait d'être aussi bien pris en charge et ça m'avait vraiment marqué, choqué et je m'étais promis de pouvoir faire quelque chose si j'avais un jour j'en avais l'occasion et donc quand ce calendrier est arrivé, je proposais tout de suite aux filles parce que c'était aussi l'idée de co-construire vraiment ce calendrier pas de le faire toute seule mais de reverser de l'argent les fonds récoltés, en tout cas une partie les inverser à une association et c'était soit la T1 International qui lutte pour l'accès à l'insuline pour tous Merci. partout dans le monde, ou alors je leur avais dit, ou alors on met de l'argent de côté pour les gens qui ne peuvent pas s'offrir un stage de surf et qui puissent venir à un stage de surf. La visite hyper sympa, le stage de surf, mais c'est vrai que c'est quand même plus vital l'insuline, je dis bien sûr. Il fallait que je fasse deux propositions. Et moi, j'étais petite sur la T1, bien sûr. Et du coup, on a décidé de reverser la moitié des droits récoltés à la T1 Internationale. Et du coup, pour 2026, je me suis dit, maintenant, je vais faire les hommes, parce que j'ai les femmes. Et les hommes qui se cachaient bien jusque-là, finalement, ils ont tous répondu présents. Certains que j'ai contactés, je connaissais, comme Dominique, par exemple, comme Farid, qui est diabétique de type 2. Certains que je connaissais, d'autres que je ne connaissais pas. Des gens qui sont venus à moi, qui ont entendu parler. Donc, j'ai quand même dû en refuser. Alors que l'année dernière, ils se planquaient tous, ces mecs. Cette année, j'ai dû en refuser parce que je ne voulais pas 12 personnes. Je voulais qu'il y en ait moins pour avoir des photos de goupe à l'intérieur du calendrier. C'est important qu'on ne soit pas 12, au contraire. Donc voilà, on a fait les hommes. Et pareil, je voulais changer de ma manière, partir de Biscarrosse. Et on a eu la chance d'être accueillis comme des stars, comme des sportifs de haut niveau au Cercle des nageurs de Marseille. Et donc ça, c'est très, très cool. Et de la même manière, la moitié des fonds est reversée à la T1 Internationale. Et donc de ces deux calendriers, Le premier, on en a fait une exposition aussi. Là, le deuxième, pareil. Parce que comme la première fois avec les filles, on avait tellement de photos, je me suis dit que c'est dommage qu'elles restent là, elles sont trop belles. Il a fallu faire une sélection pour le calendrier, mais on avait plein d'autres photos. Et donc, assez vite, je me suis tournée vers les hôpitaux, vers la mairie du 15e, parce que j'étais à Pompidou, et la mairie du 17e, parce que c'est là où j'habite, pour faire une exposition pour le mois du diabète. Et la mairie du 15e a tout de suite répondu. Donc, l'année dernière, on était sur les grilles. d'un parc dans le 15ème, pas loin de l'hôpital de Pompidou. On a été exposé à Pompidou, on a été exposé à Biscarrosse. Et cette année, j'ai réussi à avoir la mairie du 17ème. Donc là, on a encore exposé. Ça va faire presque un mois et demi, donc ça, c'est cool. un mois et ça va encore rester, ils aimeraient bien le garder de manière récurrente. Donc voilà, de la même manière, cette année on s'est dit, l'année dernière autant on avait des photos en plus, là cette année j'ai travaillé pas mal en amont sur la DA pour avoir et les photos des calendriers et des photos différentes pour l'exposition parce que j'avais déjà ça en tête et faire une exposition donc mixte avec les filles de l'année dernière et les garçons cette année. sur les grilles du parc des Batignolles en 17e. On est dans le service de biologie de l'hôpital Saint-Joseph, de l'hôpital Lariboisière. On va être à Pompidou. Et là, on est aussi en train de mettre ça en place à l'hôpital Européen de Marseille. L'image est puissante. Donc vraiment, l'idée de créer des calendriers, des expositions pour mettre en scène et en valeur des vrais corps avec nos dispositifs médicaux. les rendre visibles, tous ces corps qui sont beaux, forts, mais aussi vulnérables. C'était important de le montrer. L'idée, c'était simple, c'est de rendre visible l'invisible. Je voulais que tout le monde se trouve beau et belle, c'était hyper important. L'idée aussi, c'était de changer de regard sur la maladie, mais aussi de l'intérieur, pas forcément le grand public, mais de l'intérieur, parce que je me suis rendu compte, sans le vouloir, qu'il y a plein de gens qui n'osaient pas porter des pompes, qui, en voyant ces photos-là, se sont sentis quand même décomplexés. ou ne voulaient pas porter de pompe et qui se sont dit « En fait, si lui, cette personne-là porte une pompe, ça me donne aussi envie. » C'est le retour que j'ai eu par les prestataires de service. Donc ça, c'est super. Et donc, il y a surtout l'idée, in fine, c'est de créer de la fierté. Ou parfois, il peut y avoir un petit peu de honte avec la maladie ou avec ses dispositifs.
- Nathalie
Oui, de la confiance en soi, de l'estime de soi.
- Pauline
Exactement. Et c'est important. Et à toutes ces personnes, je leur ai posé la même question. Ce n'est pas forcément facile d'y répondre. Il y a aussi un petit garçon de 10 ans, c'est qu'est-ce que le diabète a apporté de positif dans la vie ? Et ça peut surprendre comme question. En fait, tout le monde s'est prêté au jeu parce que acoller au portrait de chacun et de chacune, j'avais envie qu'il y ait une phrase qui donne de l'espoir, qui donne du mouvement, qui donne de l'envie, qui donne espoir, qui fasse écho à chacun et qui booste ceux qui sont par moments dans des moments de creux avec la maladie.
- Nathalie
Et donc avec tout ça, comment vois-tu la suite de tes projets associatifs ?
- Pauline
Alors moi je vois les choses en grand, bien sûr, pour ne pas changer. Je vois les choses en grand, mais pour ça j'ai besoin de me structurer. Donc c'est ce que je suis en train de faire pour multiplier les actions, pour toucher encore plus de territoires et plus de publics. J'ai envie de créer des ponts entre la culture, la santé, le sport et le regard qu'on porte sur la maladie. et d'une manière un peu plus globale aussi. Pas forcément m'arrêter au diabète de type 1, mais comme je disais tout à l'heure, les maladies chroniques, puisque je l'oublie souvent, mais j'ai la maladie d'Hashimoto, et ça a aussi énormément de répercussions et conséquences sur mon quotidien. Je ne suis pas la seule à multiplier les pathologies. Donc, c'est aussi important d'en parler, que c'est une maladie invisible. En ce moment, c'est mon nouveau credo. de rendre visible ce qui ne l'est pas ou de dire que ce n'est pas parce que tu ne vois pas que ça n'existe pas, comme la fatigue invisible, comme les deuils aussi qu'on a dû faire une fois les diagnostics posés. Enfin bref, j'ai plein d'idées, plein d'actions qui sont en train de se mettre en place. J'ai intégré aussi un collectif qui s'appelle Femmes de Santé, avec lequel j'ai la possibilité d'aller plus loin dans mes actions. Donc, c'est en train de prendre le pas sur ma vie professionnelle. Et comme j'étais de formation journaliste, là, du coup, j'ai envie d'aller du côté de la communication, toujours, mais la communication santé ou projet à impact positif, tu vois. Pour aller dans la continuité de ce que je sais faire, mais que ça me rémunère une partie pour que je puisse continuer à bosser sur mon asso tranquillou, tu vois. Parce que là, pour le moment, c'est un peu compliqué. C'est compliqué. Non, mais c'est ça. C'est devenu mon temps plein et j'adore ce que je fais. Mais il faut que j'ai une famille. Il faut que je puisse nourrir mes enfants. Donc, ce n'est pas qu'avec la fierté que ça va les nourrir, mais ça leur fait du bien, mais ça ne suffit pas,tu vois
- Nathalie
Oui, il faut absolument que tu trouves le bon équilibre, encore une fois.
- Pauline
Voilà, je suis en train exactement de chercher le bon pivot, le bon équilibre. Ça donne du sens à tout. J'ai vachement besoin de ça. Tout ce que je fais est du sens. Et même la com, je ne peux plus faire de la com comme je faisais avant pour du luxe. J'ai besoin que ça est du sens. Le calendrier, il y a de l'argent qui est reversé. Je fais des stages. pour aller voir une asso. Je me fais plaisir, mais derrière, il faut que ce soit incarné. Vraiment, c'est important pour moi. En tout cas, ça me porte, ça me structure, ça me fait du bien, ça m'élève énormément.
- Nathalie
Comment peut-on soutenir l'association ?
- Pauline
Il y a tellement de façons de soutenir l'association. C'est d'en parler, c'est d'adhérer. J'ai aussi des bénévoles qui arrivent, qui ne sont pas forcément adhérents, mais qui sont bénévoles. C'est participer aux événements, c'est relier nos actions, de parler de nous de manière globale. Et tout simplement aussi en changeant son regard sur la maladie. Ça en fait partie.
- Nathalie
Est-ce qu'on peut faire des dons ?
- Pauline
On peut faire des dons, tout à fait aussi. Sur le site de Helloasso, je n'ai pas encore mis la page bénévole parce que j'ai fait un questionnaire à part, mais il faudrait que je le fasse. Mais sur le site de Helloasso... Il y a devenir adhérent, il y a une partie de dons, il y a un volet dons, je veux dire. Il y a les stages et tous les événements qui vont avoir lieu sont sur la page de Helloasso. Il y a le site internet aussi, Sugar Palace Paris. Mais on peut faire des dons. Et même un tout petit don, ça sert à soutenir nos actions, ça sert à organiser des événements, ça sert à créer du lien, ça sert à beaucoup de choses.
- Nathalie
De toute manière. Tout ça, toutes ces informations seront sur les notes de l'épisode. Donc, les gens pourront cliquer pour faire des dons. Parce que l'épisode aussi est là pour ça, pour faire des appels aux dons. Donc, voilà, surtout qu'on est dans la semaine du Podcasthon. Profitons-en et on appelle les gens à soutenir Sugar Palace Paris. Quel message aimerais-tu transmettre à une personne ? qui vient juste d'apprendre qu'elle est diabétique, et plus largement, à la communauté.
- Pauline
Rien ne s'arrête. C'est presque le début d'autre chose. Tu sais, il y a cette phrase, c'est le jour où j'ai compris que je n'avais qu'une vie, que la deuxième commence. Que la vie va être différente, oui, mais qu'elle sera peut-être, en tout cas, elle sera tout aussi belle, intense et joyeuse. Elle sera différente. On a le droit d'avoir peur, on a le droit d'être en colère. Ça fait partie du processus et c'est normal. Mais surtout, surtout, qu'on n'est jamais seul. Ne restez pas seul.
- Nathalie
La force de la communauté est incroyable.
- Pauline
La force de la communauté et du collectif, on dit que seul on va plus vite, mais à plusieurs on va plus loin. C'est un peu ça, voilà. Moi, j'ai arrêté de vouloir aller plus vite, mais j'ai envie d'aller plus loin. Et ça se passe avec le collectif. Et s'entourer de gens qui font du bien, surtout. Tout ce qui est toxique, nocif, qui tire vers le bas, il faut réussir à s'en délester. Et ce n'est pas forcément simple, je sais. Mais c'est le début d'autres choses. Vraiment, c'est cette idée de la vie ne s'arrête pas. Elle va être différente. Tu vas apprendre à composer. Tu vas apprendre à lâcher prise. Tu vas apprendre à voir les choses différemment avec une autre paire de lunettes. Et qu'il y a forcément quelque chose de positif derrière.
- Nathalie
C'est vraiment ça, la vie de diabétique. Enfin, d'une maladie, quelle qu'elle soit.
- Pauline
Une maladie, d'une épreuve. En fait, tu peux tout relier. Tu peux tout mettre quelque part un peu dans le même sac. Les épreuves, elles sont faites pour t'enseigner quelque chose. tu te relèves et tu vas chercher des ressources pour dépasser cette épreuve-là. Et de ces ressources, tu en tires une expérience et une autre façon de voir les choses. Donc, ce n'est pas forcément évident quand tu es dans le creux de la vague de voir le positif, mais ça finit par s'éclaircir, ça finit par s'apaiser. Même la colère, surtout la colère. En fait, j'ai vraiment l'impression d'être là où je dois être. Je prends tellement plaisir. Et puis, le devoir qu'on fait du bien, comme j'y suis souvent aussi, de faire du bien aux autres, ça me guérit énormément. Ça m'apporte beaucoup. Je n'avais pas idée de l'impact que ça pouvait avoir. Mais même sur une personne, j'ai un petit compte, je suis une influenceuse de santé, je ne compte pas l'être. Je suis une association, je suis une personne derrière. Je ne suis pas une créatrice de contenu. Donc, en fait, je m'en fous du nombre de followers. mais les gens qui viennent me voir, qui viennent au stage, qui viennent au séjour, qui viennent aux événements, en fait, la dizaine, on va dire, je ne sais même pas combien il y en a à qui, ça fait du bien. Rien que ça, moi, ça me porte énormément et ça me suffit pour... Ça m'élève, quoi. Ça me fait du bien, ça me guérit, ça me fait vivre.
- Nathalie
Oui, ça fait du bien de faire du bien aux autres, d'apporter. Ça nous apporte tellement.
- Pauline
Bien sûr. Véritablement, du soutien. Quand tu vois que les gens trouvent que les photos sont trop belles, mais qu'en même temps, les messages sont hyper forts, que de voir ces hommes et ces femmes, et pour autant, pour chacun, ça a été une épreuve. Il ne faut pas croire, tu les vois en photo comme ça, les beaux gosses et les belles gosses. mais pour tout le monde, même pour les mecs, c'est une épreuve en fait de se mettre torse nu, en maillot de bain, d'être pris en photo, de poser son image, son rapport à l'image, tu vois. D'autant plus quand on est une femme, on sait, une femme, tu n'es pas athlétique, ou même quand tu l'es d'ailleurs, tu as eu des enfants, tu as eu une vie, ton corps en parle. Pour beaucoup, ça a été cathartique, c'est vraiment un vrai levier. et d'avoir des retours sur l'expo. Même là, mes voisins me disent « Mais c'est super ce que tu fais, c'est vachement bien pour les gens qui sont diabétiques. » C'est trop cool. On y met beaucoup, et pour les autres. On y met beaucoup d'énergie, mais on sait pourquoi on le fait.
- Nathalie
Donc pour terminer, tu dis plutôt « Je suis diabétique ou j'ai un diabète de type 1 ? »
- Pauline
Alors moi, clairement, je dis « Je suis diabétique de type 1 » . Pour autant, je n'ai pas l'impression que c'est quelque chose qui me... qui me définit. Ça ne me définit pas entièrement, mais ça fait partie de ma réalité au quotidien. C'est très intime. C'est incarné. Ce n'est pas quelque chose que je porte, ce n'est pas un fardeau, mais je vis avec. Donc, dire que je suis diabétique, je suis diabétique de type 1, même si je ne suis pas que ça. C'est une vraie question qu'on peut se poser entre le « je suis » et le « j'ai » . Je dis « je suis » , même si pour moi, l'enjeu n'est pas... tant dans le mot, même si je comprends, mais plutôt sur le regard, encore une fois, qu'on porte derrière. Assumer que je suis ne doit pas m'enfermer dans cette unicité-là, dans ce tout unique de « je suis diabétique, je nomme la maladie et par contre, je ne veux pas qu'elle prenne toute la place » . Mais en effet, c'est très personnel, tu vois. C'est vrai qu'on se pose la question. C'est tout l'enjeu aussi de faire avec Sugar palace . C'est exister pleinement avec la maladie, pas malgré elle ou contre elle. et c'est très personnel je pense que c'est très personnel comme cheminement en effet et je n'ai aucun souci à dire que je suis diabétique de type 1 parce que je sais que ça fait partie de mon identité en vrai comme je suis Pauline mais je ne suis pas que Pauline je ne suis pas que maman je ne suis pas que journaliste je ne suis pas que marathonienne je suis tellement de choses mais je suis !
- Nathalie
Un grand merci Pauline pour ton témoignage sincère ton énergie et ton engagement dans le cadre du Podcasthon j'ai choisi de mettre en lumière Sugar Palace Paris une association engagée et inspirante. Si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à découvrir l'association, à relayer ses actions et, si vous le pouvez, à la soutenir en faisant un don. Toutes les informations et coordonnées sont dans les notes de l'épisode. Chaque partage, chaque soutien compte. Pendant le Podcaston, les podcasts deviennent des passerelles vers la solidarité. Merci d'avoir écouté et merci pour votre soutien. Au revoir à toutes et à tous et prenez bien soin de vous !
- Pauline
Merci Nathalie, au revoir et à bientôt. C'était un plaisir d'être là. Merci beaucoup.
- Nathalie
Je te remercie pour ton écoute. Si cet épisode t'a plu, que tu souhaites soutenir le podcast, je t'invite à le partager autour de toi, à t'abonner pour être averti du prochain épisode, à laisser 5 étoiles et un avis sur ta plateforme d'écoute. Tu as la possibilité aussi de me contacter, soit sur mon compte Instagram, soit par e-mail que tu trouveras dans les notes du podcast. Je te dis à très vite pour un nouvel épisode de Vivre le diabète à la recherche de l'équilibre. Prends bien soin de toi.