- Léana
Bonjour et bienvenue sur Vox Officinalis, le podcast qui s'interroge sur le monde fascinant de l'herboristerie et des plantes médicinales. Chaque épisode vous apportera des connaissances précieuses et des conseils pratiques pour intégrer les plantes médicinales dans votre vie. Dans cette seconde partie avec Julie Bernard, nous plongeons dans l'univers des huiles essentielles. Entre usages concrets et idées reçues, elle nous aide à démêler de vrai du faux. Alors prenez un moment pour vous, détendez-vous et laissez les voix du jour vous guider au fil de l'échange.
- Nicolas
Coucou Julie, on se revoit aujourd'hui pour parler des huiles essentielles.
- Julie
Bonjour Nicolas.
- Nicolas
C'est quoi une huile essentielle ?
- Julie
Ah, qu'est-ce que c'est ? C'est une molécule aromatique qui se trouve dans certaines familles de plantes comme entre autres les lamiacées, etc., toutes les plantes qui ont des odeurs assez marquées.
- Nicolas
L'orange ?
- Julie
Aussi.
- Nicolas
C'est pas une Lamiacée!
- Julie
Alors, c'est pas de Lamiacée, mais elle contient des huiles essentielles. Mais là, on rentre déjà dans un détail sur les huiles essentielles, c'est-à-dire que l'huile essentielle peut se trouver à différents endroits de la plante. La plupart du temps, c'est dans les feuilles et dans les fleurs. Mais par exemple, dans le cas de l'orange, tu en as dans les gosses, tu en as dans la fleur et tu en as dans la feuille. Et ce sont trois différentes.
- Nicolas
Et comment on fabrique une huile essentielle ?
- Julie
Alors tu as plusieurs modes d'extraction des huiles essentielles. Le procédé le plus répandu et le plus souvent utilisé, c'est la distillation. Et donc, en fait, le principe, c'est qu'on va prendre de la plante fraîche, la partie de la plante qui contient l'huile essentielle. On prend la plante fraîche, on la met dans un distillateur. Elle est traversée par de la vapeur d'eau. Cette vapeur d'eau va entraîner les molécules aromatiques avec elle. Une fois cette vapeur d'eau obtenue, elle est refroidie. Et quand elle est refroidie, elle sort de l'alambic. Alors tu as deux liquides qui sortent de l'alambic. Tu as un liquide aqueux et un liquide huileux. Donc tu as quelque chose qui ressemble à de l'eau en dessous, qui est en fait l'hydrolat ou l'eau florale, et flotte au-dessus de l'huile, et ça c'est l'huile essentielle.
- Nicolas
Alors on va continuer à rentrer dans les détails. Moi j'ai découvert, c'est récemment, qu'effectivement la plupart des huiles flottent au-dessus de l'eau, mais qu'il y en a quand même qui sont par-dessous.
- Julie
Ah, ben écoute !
- Nicolas
Ah ben tu vois ! Bon, je ne vais pas rentrer dans les noms des plantes, parce que ça, ça nous intéresse peu. Mais dans tous les cas, là on peut être d'accord, il y a un déphasage. On va donc avoir une phase aqueuse et une phase huileuse qui vont se séparer après l'hydrodistillation.
- Julie
Elles ne sont pas miscibles, comme on dit.
- Nicolas
Non, non. Elles ne vont jamais se mélanger et toujours se séparer. Donc on va pouvoir les séparer pour mettre d'un côté dans un flacon la partie aqueuse qu'on appelle l'hydrolat et dans l'autre un tout petit flacon, lui en général, la partie huileuse qu'on va appeler l'huile essentielle.
- Julie
Tout à fait. Et la proportion est vraiment gigantesque. Donc par exemple, ici j'ai distillé cette année du géranium rosat. On a distillé 4 kg de géranium rosat, ce qui est déjà beaucoup. Dans le distillateur, en bas, on avait mis 10 litres d'eau. Donc on part avec 10 litres d'eau et 4 kilos de géranium. À la sortie, on utilise les 4 premiers litres. Donc on essaie de garder ce rapport pour garder de la qualité au niveau de l'hydrolat. Si on utilisait les 10 litres, on n'aurait pas de l'hydrolat qualitatif. Donc on garde la même proportion que les kilos qu'on a mis de plantes à la sortie. Donc on ne garde que les 4 premiers litres d'hydrolat., qui eux sont vraiment concentrés et intéressants. Et donc on avait 4 litres d'hydrolats et on a eu peut-être 1 ml d'huile essentielle. Donc la proportion est vraiment gigantesque. Et c'est là le point essentiel de mon travail avec les huiles essentielles, c'est de faire comprendre aux gens que pour obtenir une huile essentielle, il faut énormément de plantes, énormément d'énergie, énormément d'eau pour extraire cette huile essentielle, et qu'au final on obtient quelque chose : en très petite quantité, d'ultra concentré, et qui n'est pas à utiliser de manière anodine pour ces raisons-là. À la fois pour les raisons de concentration, mais aussi parce que ça a des répercussions écologiques dans la manière dont c'est extrait.
- Nicolas
Ça a chauffé 10 litres d'eau pendant combien d'heures ?
- Julie
Ça a duré 3 heures, je pense. Il y a la dimension durée dont je n'ai pas parlé, mais ça dure longtemps.
- Nicolas
3 heures d'énergie ?
- Julie
3 heures de gaz en dessous du distillateur. Donc ce ne sontpas des produits qu'on doit utiliser n'importe comment. On a vraiment mobilisé beaucoup d'énergie, beaucoup de matières premières pour obtenir ce produit-là au final.
- Nicolas
Pourtant, ce sont des succès de vente les huiles essentielles.
- Julie
C'est un effet de mode. Enfin, moi, c'est un petit peu ce que je dis toujours. Les huiles essentielles, c'est à la mode. Combien d'entre vous n'ont pas vu des publicités où on dit « Wow, produit magique aux 50 huiles essentielles ! » ? Moi, c'est un truc qui me fait sourire. Déjà, Quel est l'intérêt de mettre 50 huiles essentielles dedans ? Si tu travailles bien avec une ou deux, c'est obtenir ce que tu cherches. Il n'y a pas besoin d'en mettre 50 dedans. Ça, c'est déjà le premier truc qui me fait tiquer. Et puis surtout, pourquoi utiliser ça comme argument de vente ? Écologiquement, c'est un désastre ce qu'on fait d'utiliser autant d'huile essentielle partout. Et le pire, je dirais que ce sont les produits de nettoyage aux huiles essentielles. On n'a pas besoin d'huile essentielle dans les produits de nettoyage. Mais c'est à la mode. Et ça "fait", et je mets des gros guillemets, ça "fait naturel". Mais ça ne l'est pas parce qu'en fait, une distillation, c'est un procédé chimique. On transforme, on va faire une transformation très poussée quand on va chercher une huile essentielle. Donc ce n'est pas un produit qu'on va trouver tel quel dans la plante. Il est dans la plante. On va le chercher dedans. Mais il n'est pas tel quel dans la plante. On ne peut pas prendre la plante et avoir l'huile essentielle tout de suite. Donc il y a une transformation, il y a une extraction qui est assez conséquente et qui implique beaucoup de choses derrière.
- Nicolas
Il y a des vedettes dans les huiles essentielles, en plus.
- Julie
Ah oui, la lavande déjà.
- Nicolas
La lavande, ça va lavande, c'est un bon rapport d'exception.
- Julie
Ça va, ça va. Alors, c'est vrai que l'hélicryse est une huile essentielle miraculeuse. Ça, on est entièrement d'accord, et je l'utilise pour certaines choses, mais il faut avoir conscience que en utilisant autant et si souvent des huiles essentielles, les cultures sont mises à mal. Les lieux où on va la récolter de manière sauvage sont mises à mal, et donc les plantes disparaissent à un moment donné parce qu'on en utilise de trop. On a besoin de trop de quantité pour le peu d'huile essentielle qu'on obtient et donc on fait disparaître certaines espèces à cause de ça.
- Nicolas
Si j'ouvre ton armoire à pharmacie ici, j'en trouve combien ?
- Julie
Tu vas en trouver beaucoup. Beaucoup mais qui sont plus, je dirais, des résidus de mon ancienne manière d'utiliser les huiles essentielles et que je garde à des fins pédagogiques. Donc tu vas trouver beaucoup de flacons périmés. Ça, c'est un fait. Maintenant, si je dois les compter, à mon avis j'en ai bien 200 ici.
- Nicolas
Le musée des huiles essentielles !
- Julie
J'en ai beaucoup, mais du coup, qui me servent énormément dans mes ateliers, dans mes cours, pour apprendre, pour utiliser l'olfaction, etc., pour reconnaître les différentes choses, connaître les produits qui sont des falsifications, des produits qui sont réellement des huiles essentielles de qualité. Il y a vraiment beaucoup de ça en pédagogique au stock que j'ai ici, mais finalement, ce stock est très peu utilisé à des fins thérapeutiques. Et je conseille au final très peu souvent les huiles essentielles. Dans ma pratique, je crois que les gens qui viennent ici en consultation, il y a peut-être 1% qui sort de temps en temps avec le conseil d'une huile essentielle pour quelque chose de bien précis. Je dirais que le problème de l'effet de mode des huiles essentielles, c'est qu'on a tendance à vouloir les utiliser pour tout. Et on va vouloir les utiliser pour du travail de fond ou pour du travail ponctuel. Or, pour moi... l'huile essentielle, ce n'est pas un produit qu'on va utiliser dans un travail de fond. C'est plutôt pour de l'efficace tout de suite. Tu comprends ce que je veux dire ? Par exemple, je reprends un exemple qu'on a évoqué dans le podcast précédent. Quelqu'un qui vient avec une sciatique, je ne vais pas lui conseiller un travail de terrain avec une huile essentielle. Je vais aller vers de la gemmo, je vais aller vers des tisanes, vers des teintures mères pour effectuer un travail anti-inflammatoire de fond sur l'organisme, un travail nettoyant, un travail... plein de travail à faire dans le cas de l'inflammation. Mais si je veux pouvoir soulager ponctuellement pendant quelques jours, alors on peut dire, voilà, pendant 5 jours, utilise un petit peu d'huile essentielle de gaulthérie, à diluer dans une huile végétale. La dilution a beaucoup d'importance, et tu peux l'appliquer en gros tu as mal, ça va te soulager. Mais dans la durée, c'est pas l'huile essentielle qu'il faut utiliser. La différence aussi, c'est que quand on utilise une huile essentielle, c'est censé avoir un effet très rapide. Si on n'a pas d'effet tout de suite, Alors c'est que ce n'est pas le bon moyen d'utiliser, enfin le bon remède à utiliser pour le mal qu'on veut soigner. Donc ça, c'est aussi la différence que je fais quand j'explique aux gens. C'est que si ça ne vous soulage pas tout de suite, c'est que ce n'est pas ça qu'il faut utiliser.
- Nicolas
Et s'il y en a tout de suite un effet secondaire ?
- Julie
Ah ben là, il faut arrêter. Ça, c'est quelque chose aussi auquel il faut faire très attention. Je fais souvent un parallèle entre justement une armoire à pharmacie avec plein de médicaments et une armoire d'huile essentielle. Quand on ouvre son armoire à pharmacie, on a plein de boîtes, plein de médicaments. Chaque médicament a sa propre indication, ses propres contre-indications, ses propres interactions, sa propre posologie et sa propre... Voie d'administration.
- Nicolas
Et son propre conseil médical.
- Julie
Tout à fait. C'est ce que je mets derrière le mot indication. Quand on ouvre l'armoire d'huile essentielle, c'est exactement la même chose. Chaque flacon a son indication médicinale, a ses contre-indications, a ses propres interactions et a ses propres posologies et voies d'administration.
- Nicolas
Et peut-être sa propre dangerosité.
- Julie
Tout à fait. On ne peut pas mettre toutes les huiles essentielles dans le même sac. Elles ont toutes des spécificités qui lui sont propres. On ne peut pas diffuser toutes les huiles essentielles. On ne peut pas ingérer toutes les huiles essentielles. On ne peut pas appliquer sur la peau toutes les huiles essentielles. Certaines sont dermocaustiques, d'autres vont brûler les muqueuses, d'autres sont neurotoxiques. Donc on ne peut pas les diffuser. D'autres ne peuvent pas être ingérées parce qu'elles sont toxiques. Et donc c'est vraiment prendre à chaque huile essentielle. Et on ne peut pas faire de généralité. Et c'est ça le problème aujourd'hui quand on parle d'huile essentielle. Et donc on se dit, "bah si c'est vendu partout, c'est inoffensif". Mais moi, j'ai déjà entendu des gens qui se sont brûlés la peau avec du giroflier, par exemple, ou de la cannelle, parce qu'ils se sont dit « Ah, on va en mettre un peu sur la peau, ça sent bon » . Ben non, ça brûle, et ça brûle bien. Donc c'est très dangereux, finalement.
- Nicolas
C'est un bon exemple, le giroflier. Revenons-y. Parce que j'ai distillé des clous de girofle. Alors d'abord, le clou de girofle, on peut le réduire en poudre très finement. C'est pratique pour le contact avec la molécule d'eau pendant la distillation. Et puis, c'est un rapport d'extraction assez extraordinaire. Et j'en ai eu trop ! Vraiment, j'en ai produit beaucoup, beaucoup. Et le déchet de mes clous de girofle était encore bien suffisant que pour m'asserrer dans l'alcool ensuite. J'ai d'ailleurs fait une sorte d'apéritif que j'ai appelé « Careful with the taxi-o-genol » rapport à une chanson de Pink Floyd. Et dilué dans le tonic, ça endort toute la bouche.
- Julie
C'est pas mal, oui.
- Nicolas
Donc comme apéritif, ça ne marche pas, on n'a plus aucun goût.
- Julie
Non.
- Nicolas
Pour te dire que le déchet est encore extrêmement fort. Et donc, j'ai eu une belle quantité de ce distillat de clou de girofle. Et puis, je me suis dit, mais qu'est-ce que j'en fais ? Je mets ça dans l'égoût ?
- Julie
Et c'est là aussi le danger. C'est qu'en fait, beaucoup d'huiles essentielles contiennent beaucoup de molécules qui sont extrêmement puissantes. Et moi, je parle souvent de perturbateurs endocriniens aux gens. Parce qu'en fait, ce sont des choses, si on les consomme un peu n'importe comment, qu'on les met dans sa machine à laver pour que ça sente bon, etc., ce sont des choses qui vont se retrouver dans les nappes phréatiques et ce sont des choses qui vont se retrouver dans la nature. Et donc, on met beaucoup en garde contre ces molécules qui sont dangereuses et qu'on trouve dans les shampoings, dans les savons, etc., mais on en a aussi dans les huiles essentielles. Alors oui, ce n'est peut-être pas la même forme, mais c'est tout aussi nocif et tout aussi dangereux. Donc, utiliser de la lavande dans sa machine à laver, par exemple, c'est aussi dangereux que de rejeter du savon dans la rivière. Le danger est équivalent et on fait les mêmes dégâts à la nature en faisant ça. Donc, c'est vrai que c'est aussi le problème, c'est où tout ça va se retrouver. On en met dans les savons, on se fait des savons maison. La cosmétique maison, moi, ça, c'est un de mes combats aussi, puisque je fais beaucoup d'ateliers et de formations sur la cosmétique maison. La cosmétique maison, si tu fais ça un peu n'importe comment en lisant ce que tu lis sur internet, on va te mettre des huiles essentielles à toutes les sauces dedans.
- Nicolas
Et en toute quantité.
- Julie
Et en quantité gigantesque. Les proportions sont beaucoup trop grandes. Moi, je répète à chaque fois qu'une huile essentielle n'est pas un produit qu'on va mettre au quotidien sur sa peau, quelle que soit la concentration. C'est la répétition qui n'est pas bonne, déjà pour l'organisme, mais en plus, si tu en mets tous les jours sur ta peau, tous les jours, tu vas rejeter ça dans les égouts. Il y a quelque chose qui n'est pas très logique dans la démarche que font les personnes au départ d'utiliser des remèdes naturels. Mais au final, derrière, c'est une catastrophe écologique à plusieurs niveaux. Cette production, cette surproduction d'huile essentielle et cette surconsommation d'huile essentielle.
- Nicolas
Il y a là derrière un marché énorme.
- Julie
Mais ça, c'est des choses dont les gens n'ont pas conscience non plus. Surtout aujourd'hui. C'était peut-être moins le cas il y a 15-20 ans. Il y a 15-20 ans, je dirais que la production d'huiles essentielles était plutôt réservée à des laboratoires plutôt familiaux, des petites productions. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Les grosses multinationales ont mis la main sur ces labos, ont mis la main sur ces productions. Et il ne faut pas rêver, leur profit à eux, ce n'est pas le naturel. Leur objectif à eux, c'est quoi ? C'est de faire de l'argent. Et donc, on baisse le niveau de qualité, on augmente les productions et les ventes, mais leur but... C'est juste de vendre un maximum pour s'en mettre plein les poches. Ce n'est pas de promouvoir des remèdes différents et de promouvoir l'écologie ou l'utilisation raisonnée de ces produits-là. Leur but, c'est juste de gagner de l'argent. Et souvent, les gens citent des marques en disant « Ah oui, moi j'aime bien cette marque-là » . Mais à qui appartient cette marque ? Qui a acheté la marque ? Est-ce que tu sais ça ? Est-ce que tu sais d'où elle vient ? Est-ce que tu sais qu'il te vend en fait l'huile essentielle ? Renseigne-toi sur le producteur. Et ça, c'est une chose que je donne dans tous mes ateliers, mes formations, etc., que je dis toujours, renseignez-vous sur la production de ce que vous achetez. Qui produit, pourquoi, comment ? Et si on ne vous répond pas, alors ça, c'est un méga red flag. Si on ne vous répond pas, alors partez en courant, parce que c'est qu'il y a quelque chose qui est caché là-derrière. Quelqu'un qui n'a rien à s'approcher, il va vous donner les informations. Et donc ça, pour moi, c'est vraiment un baromètre intéressant à avoir.
- Nicolas
Selon Julie Bernard, et non pas selon la législation européenne, quels sont les éléments qui doivent apparaître sur un flacon d'huile essentielle ?
- Julie
Pour moi, il y a beaucoup de choses qui nous restent trouvées. Déjà, j'aimerais bien qu'on puisse mettre des indications, contre-indications, posologie, voie d'administration, interaction médicamenteuse, tu vois, un petit peu ce qui est réservé finalement aux médicaments. Pour moi, ça devrait se trouver sur des produits avec une telle dangerosité derrière. C'est essentiel, c'est aussi dangereux que les médicaments finalement. Donc pour moi, il devrait y avoir les mêmes mentions. Ça, c'est une première chose. Et ensuite, je pense qu'il devrait y avoir des dimensions plus écologiques, à savoir combien de quantités de plantes on a utilisées pour produire autant de millilitres, combien d'énergie, cette espèce de traçabilité écologique, l'empreinte écologique qu'a le produit qu'on achète, mais ça, ça devrait être pour beaucoup de choses.
- Nicolas
Un écoscore.
- Julie
Oui, c'est ça, une sorte d'écoscore, en tout cas, qui donnerait un peu plus une idée aux gens de ce que ça implique d'acheter et d'utiliser ce produit-là.
- Nicolas
On trouve assez facilement, chez certains distributeurs, les lieux de provenance et ce qu'on appelle un, j'ignore la prononciation exacte, un chémotype ou chémotype. Peut-être qu'on dit les deux, d'ailleurs.
- Julie
Oui, je pense qu'on dit les deux. Moi, je dis chémotype.
- Nicolas
Voilà. Qu'est-ce que c'est ?
- Julie
C'est une espèce de cartographie biochimique de l'huile essentielle qu'on va acheter. C'est-à-dire qu'il y a quand même une réglementation minimum autour des huiles essentielles, ce qui n'est pas plus mal, parce que ce n'est pas le cas dans les autres produits transformés du monde large de l'herboristerie. Si on veut, le fait qu'on dise qu'une huile essentielle est chémotypée, c'est qu'elle rentre dans un certain cadre, dans une certaine catégorie biochimique. Et donc, on a un petit peu défini des normes pour des huiles essentielles chémotypées. Donc on va dire par exemple, pour telle huile essentielle, il faut que la teneur dans cette molécule soit entre ça et ça, que l'autre molécule soit entre ça et ça. Et donc on va donner une échelle de valeurs et de teneurs en molécules qui sont contenues dans l'huile essentielle. C'est un peu chinois, mais c'est une espèce de cartographie et on mesure les teneurs en ces molécules. en faisant des chromatographies en couche. Et donc, on voit, quand on lit des résultats de chromatographie, on voit les pics et on voit des teneurs en molécules. Et donc, on peut mettre sur le marché une huile essentielle clémotypée si elle rentre dans ce cadre-là.
- Nicolas
Je me dis, je me fais un petit peu l'avocat de l'huile essentielle maintenant. Je me dis, mais tiens, c'est drôlement intéressant qu'on ait un profil chimique d'une plante qui est garantie. Si on veut étudier l'efficacité d'un sirop au thym, dans une université à Grenoble, et puis dans une autre à Rio de Janeiro, une troisième à Dallas, c'est intéressant d'avoir le profil et de pouvoir travailler sur les mêmes molécules.
- Speaker #1
C'est intéressant, mais évidemment, l'endroit où elle pousse va avoir une grande influence sur cette teneur en différentes molécules. Et donc, par exemple, je reprends le cas de l'hélicryse dont on parlait tout à l'heure, elle peut rentrer dans cette cartographie biochimique. en ayant poussé à différents endroits parce que le cadre est assez large. Et donc, on va en trouver qui vient de Corde, de Bulgarie, de Croatie, d'Italie, etc. Maintenant, en termes d'efficacité, on sait que la plus efficace, c'est celle qui pousse en Corse. Parce qu'il y a des études qui ont été faites sur le sujet. On a mesuré un petit peu les différentes teneurs en différentes molécules. C'est celle de Corse qui est la plus efficace. Et donc, on va acheter pour le même prix parfois. une électrice qui vient de Corse ou une électrice qui vient de Bulgarie, mais elles ne sont pas du tout de la même efficacité, finalement. Donc ça, c'est un effet trompeur aussi. Donc on peut mettre qu'elle est chémotypée. Oui, parce qu'elle est chémotypée. Elle rentre dans ce cadre, mais elle est quand même moins efficace que celle de Corse. Donc ce n'est pas juste, en fait, finalement, de pouvoir la comparer. On ne compare pas des pommes et des poires, et pourtant, c'est ce qu'on fait ici.
- Speaker #0
Il y a des marques de très piètre qualité.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
On y va un petit peu.
- Speaker #1
C'est dangereux, ça. Est-ce que je peux vraiment le dire ?
- Speaker #0
On n'a pas de tabou chez Jogia Officinalis. On a vu une marque américaine.
- Speaker #1
Ah oui, je ne vois pas de quoi tu parles.
- Speaker #0
Tu vois de laquelle je parle ? Oui. Qui applique une technique de vente assez étrange, de type Tupperware.
- Speaker #1
Un peu pyramidal, oui.
- Speaker #0
Légèrement pyramidal. Ça, peut-être, on ne peut pas le dire. parce que Ça, c'est peut-être justement les accuser de quelque chose qu'ils ne feraient pas éventuellement. Cependant, là, j'ai à plusieurs reprises interpellé cette firme pour demander quel est le lieu de provenance de vos huiles essentielles.
- Speaker #1
C'est très opaque.
- Speaker #0
C'est extrêmement opaque. Quel est le chémotype de vos huiles essentielles ? Alors là, ils se retranchent derrière des certifications qu'ils ont eux-mêmes construites. Et ils font eux-mêmes au sein de leur propre société, avec leur propre argent. Et finalement, ils affirment un petit peu ce qu'ils veulent, selon moi. Peut-être qu'ils disent la vérité, oui, mais peut-être pas.
- Speaker #1
Tu as entendu ce que j'ai dit plus tôt. Pour moi, les gens qui ont des choses à cacher n'ont pas donné l'information. Donc moi, j'ai un peu... Ça, c'est mon avis, mais j'ai de gros doutes.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu conseillerais à... quelqu'un qui a envie de se lancer dans ce commerce d'huiles essentielles organisé par de telles sociétés ?
- Speaker #1
C'est compliqué parce qu'ils sont très forts en communication. J'ai moi-même dans mes proches des gens qui se sont fait avoir et qui travaillent pour eux. C'est compliqué alors que c'est mon métier. de travailler avec ces produits-là. Ce qui est difficile, c'est qu'ils ont un très grand pouvoir de persuasion auprès des gens qui les recrutent. Mais finalement, la formation qu'ils donnent aux gens qui vont vendre ces produits est tellement illusoire et tellement minime que les gens ne savent même pas ce qu'ils vendent. C'est ça qui est très dangereux finalement. C'est là pour moi une grosse dérive de l'effet de mode des us essentiels. dans ce... C'est de vendre et de conseiller des choses qu'on ne connaît même pas. Après, eux sont persuadés qu'ils les connaissent. C'est là aussi qu'ils sont très forts. C'est qu'il y a une espèce d'adhésion, on a l'impression de faire partie d'une grande famille, où on se fait confiance et on sait que le grand patron fait des choses bien parce qu'il a envie de nous faire du bien et de faire du bien aux gens autour de lui. Enfin, ça lui emmène surtout beaucoup dans les poches, je pense. C'est très dangereux, je trouve, ce genre de méthode. Et c'est très délicat parce que tu te retrouves face à des gens qui se sont persuadés de faire quelque chose de bien. Et donc, c'est très difficile de convaincre une personne qui se fait engager ou attraper par ce genre de structure, qu'il fait quelque chose qu'il ne maîtrise pas. Parce que lui, du coup, il est persuadé qu'il maîtrise. Ils sont très forts là-dedans. Et le danger aussi, c'est que, comme je le disais là tout de suite, c'est très opaque. Sur les flacons, il n'y a pas beaucoup d'informations, même zéro information.
- Speaker #0
Même parfois pas le nom de la plante en système binomial, donc vulgairement dit en latin.
- Speaker #1
Tout à fait. Non, ça me rend très perplexe et je ne comprends pas comment une telle société peut agir en Belgique en fait. Parce que normalement, les règles sont très strictes en matière de vente d'huile essentielle. Le problème, c'est qu'ils se cachent derrière la mention atelier, vente à domicile, etc. Ils n'appellent pas ça vente, ils appellent ça atelier. On fait un atelier à domicile, on partage des bonnes pratiques. Et puis, à la sortie, on vend des produits. Mais les gens ne repartent pas tout de suite avec les produits. Et ça a beaucoup d'importance par rapport à la législation. C'est que s'ils vendaient directement, le jour même, les produits, ils ne pourraient pas utiliser cette nomination atelier aussi. Ils servent encore plus que nous sur les règles, tu vois. ils sont vraiment... Ils ont une très bonne connaissance des juridictions, je pense, et ils arrivent à contourner toutes ces règles qui sont au final mises en place pour nous protéger. Et donc c'est compliqué d'aller contre eux, c'est très compliqué. Et moi ça me révolte et je me sens très impuissante par rapport à tout ça. Je ne sais pas comment agir face à des grosses sociétés comme ça. J'ai envie de dire « allez viens, vous vous cassez ! » Mais bon, je ne suis pas violente, donc certainement pas. Mais ça me révolte qu'on puisse autant vendre au détriment des gens. Parce qu'il y a vraiment des problèmes de santé derrière, par rapport à ce qu'ils conseillent. Il y a des reportages qui existent sur la question. Je sais qu'on en avait regardé un à l'époque où je t'ai eu dans la classe. Je les remontrerai à d'autres élèves par la suite. Mais on voit vraiment des familles qui utilisent du matin au soir, et même avec des jeunes enfants, des huiles essentielles. qu'ils ingèrent dans l'euro, dans leur alimentation, dans leurs soins quotidiens sur la peau, comme médicaments, etc. Et donc leur journée est faite de cocktails d'huiles essentielles. Et c'est là l'effet encore plus dangereux des huiles essentielles. C'est ce côté cocktail qu'on n'a jamais mesuré dans les études, finalement.
- Speaker #0
Il y a une grande banalisation de l'usage sous le mobile de vente de volume.
- Speaker #1
C'est ça, tout à fait. Et c'est bien fait. Moi, j'ai eu récemment le fascicule entre les mains, où ils présentent tous leurs produits. C'est vraiment bien foutu. On a envie d'y croire, quand on a ça dans les mains.
- Speaker #0
C'est étonnant, parce qu'on n'a toujours pas cité le nom de la société. On ne va pas le faire, mais tu as tout de suite compris de qui on parlait. Et je suppose que dans les auditeurs, il y en a un fameux paquet qui ont tiqué, et qui se sont dit « ben oui, il parle de ceux-là » .
- Speaker #1
Parce qu'ils viennent de loin, ils viennent d'un pays où il y a des gens qui n'ont pas toutes leurs frites dans le même sachet, je pense.
- Speaker #0
Peut-être qu'ils ne font même pas de frites.
- Speaker #1
Si, mais ils sont mauvais.
- Speaker #0
Revenons à des bons conseils, une île essentielle utile. Beaucoup de situations à que tu dirais, tiens, celle-là, ce serait pas mal de l'avoir à la maison.
- Speaker #1
Je peux te ficher et en dire deux ou trois ?
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #1
Te dire ma pharmacie de base que j'emporte partout avec moi.
- Speaker #0
On fait ça.
- Speaker #1
La vendeuse, pour plusieurs choses, pour les brûlures et pour les piqûres d'insectes. Ça, c'est vraiment, pour moi, une des plus efficaces, vu l'essentiel. Et on n'a pas encore trouvé autre chose d'aussi efficace. donc c'est dans ces cas-là en fait que J'utilise moins vraiment les huiles essentielles, c'est quand je n'ai pas autre chose d'aussi ou plus efficace que l'huile essentielle. L'Avandaspik, j'aime vraiment bien. Elle est une crise quand même, elle aura utilisé avec beaucoup de parcimonie, mais il n'y a rien à faire, quand on a un gros bleu, un gros choc, une entorse, ça reste quand même assez spectaculaire aussi d'efficacité, et il n'en faut pas beaucoup. Une ou deux applications suffisent largement à avoir de l'effet. J'utilise la Gautherie, parce que j'ai beaucoup de problèmes articulaires. Et tendineux aussi. Et donc, finalement, ça reste un remède ponctuel. Quand j'ai quelque chose qui vient se réveiller, je choisirais cette roi-là.
- Speaker #0
Et c'est pas mal, hein ? Faire face à des petits maux du quotidien, c'est intéressant. Et si tu découvres que l'hélicryse de ton jardin fonctionne aussi en macérat huileux ?
- Speaker #1
Ah ben là, j'utilise la celle-là, en macérat huileux.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'il y a moins de conséquences écologiques, moins d'énergie utilisée. moins de pays à traverser, l'emprunt technologique serait minime, et donc si c'est aussi efficace, évidemment je le fais comme ça.
- Speaker #0
Une autoproduction possible ?
- Speaker #1
Ouais, dès que c'est possible de le faire soi-même, et d'avoir quelque chose d'aussi efficace, bah alors autant le faire comme ça.
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas dit que ça fonctionnait, mais c'est un des grands questionnements que j'ai envers l'hélicryse. J'ai un fils qui fait du skateboard, qui est souvent rempli d'hématomes. Et j'ai commencé par un macérat huileux de fleurs d'hélicryse. Et il a de très beaux résultats, il est très heureux. Voilà, moi, je n'ai pas la réponse.
- Speaker #1
Non, mais ça peut être une piste intéressante et ça peut aussi montrer que parfois, la concentration qu'il y a dans l'huile essentielle n'est parfois pas nécessaire et qu'on peut aller vers des concentrations moins grandes. et obtenir des résultats quand même efficaces. Et au niveau de l'élycrise, ça a d'autant plus d'intérêt que l'élycrise est neurotoxique. Elle contient des cétones. Les cétones sont neurotoxiques. Mais les cétones, du coup, on va éviter d'utiliser régulièrement avec les enfants. Or, les enfants, les jeunes enfants, je parle des miens par exemple, qui sont très casse-cou, comme leur maman, reviennent avec plein de bleu, etc. Mais je n'utilise pas l'élycrise avec eux. Parce que l'utilisation répétée n'est pas bonne. à cause de ces cétones. Eh bien, du coup, dans ces cas-là, ça peut être très intéressant d'avoir un produit qui sera peut-être moins concentré, donc avec moins de risques et moins de cétones dans le produit, mais qui sera quand même suffisamment efficace pour les enfants. Donc, si, c'est très intéressant de travailler comme ça, et parfois, on travaille par essai-erreur, en fait, finalement. On va essayer d'autres choses, on va essayer d'autres formes, et on va se rendre compte que, mais en fait, cette forme-là suffit. Pourquoi aller chercher une concentration aussi forte que dans l'huile essentielle ?
- Speaker #0
Donc tu viens de citer la dangerosité des cétones. C'est fortement intéressant parce qu'on a tendance à mettre les huiles essentielles comme un petit parfum d'ambiance. Quelles autres plantes contiennent des cétones comme ça ?
- Speaker #1
La menthe !
- Speaker #0
La menthe, quoi d'autre ?
- Speaker #1
Il y en a tellement en fait. Il y en a tellement qu'on ne peut pas diffuser. Mais la menthe, par exemple, ça me fait sourire parce que j'avais lu à l'époque sur un site plutôt sérieux. donc méfiez-vous vraiment de ce que vous lisez sur Internet. J'avais lu sur un site plutôt sérieux qu'ils conseillaient pour repousser les mouches de diffuser de la menthe poivrée dans les maisons. Mon Dieu, mais non ! La menthe poivrée, c'est très, très, très dangereux. D'abord à cause des cétomes, mais pas que. La menthe poivrée contient des molécules qui sont constricteurs des voies respiratoires. Et donc un adulte qui rentre dans une pièce où il y a de la menthe qui est diffusée peut déjà ressentir une oppression respiratoire. Avoir du mal à trouver son souffle et sentir vraiment cette chose-là. Un bébé, il peut en mourir. Un bébé peut mourir étouffé dans une pièce où on a diffusé de la menthe poivrée. Et donc, là, on voit à quel point ça peut être dangereux de mal utiliser une huile essentielle. La menthe poivrée n'est pas une huile essentielle qu'on peut diffuser. Et pourtant, des gens disent « Oh, mais ça sentait bon, alors j'ai diffusé un peu chez moi, comme ça, ça faisait partie de l'odeur du poisson que j'ai cuisiné hier. » C'est une mauvaise idée d'utiliser dans ce cadre-là. Les huiles essentielles sont à utiliser à des fins thérapeutiques et non des fins de parfum d'ambiance. Ce n'est pas la même chose.
- Speaker #0
Alors moi, j'aime bien de me composer, et j'avoue jouer un petit peu avec ça, ma petite eau de Cologne, 6% d'essence et puis de l'éthanol à 30% de l'eau. Et voilà, je peux me composer des petits parfums avec mes restes d'huiles essentielles. Et j'aime ça.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
Et tu me dirais quoi en termes de précaution ? Nicolas, attention à ça. Ne va pas t'en mettre comme un déodorant sous le bras parce que perturbateur. Quelle plante est-ce que tu me dirais ? Surtout évite ça pour la parfumerie.
- Speaker #1
C'est compliqué de répondre à ta question. Parce qu'en fait, il y a tellement de plantes qui ne seraient pas utilisées dans ce cadre-là. Et tellement peu qu'on peut utiliser finalement dans ce cadre-là.
- Speaker #0
Vers quelle gamme d'huile essentielle je devrais me contenter ?
- Speaker #1
Je dirais les plantes aromatiques les plus courantes ou les fleurs les plus courantes. Mais c'est aussi difficile de répondre dans ce sens-là, je trouve. Je dirais que déjà en parallèle, le premier conseil que je donnerais, c'est de ne pas le mettre sur la peau, quelle qu'elle soit, parce que, quelle que soit l'huile essentielle, parce que même les moins nocives ne sont pas utilisées au quotidien sur la peau. Donc ça, c'est pour moi la première chose que je te dirais, pas sur ta peau. Après ça,
- Speaker #0
c'est comme un véritable pas.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est vraiment l'utilisation répétée qui est très mauvaise dans ce cadre-là. Je ne sais pas du tout vers quoi j'irais.
- Speaker #0
Frictionner mes bébés, les personnes âgées avec une autre colonne que j'aurais créée moi-même.
- Speaker #1
C'est dangereux. C'est dangereux. Oui, c'est très dangereux.
- Speaker #0
Tu me dirais de faire gaffe.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
je te dirais de faire gaffe.
- Speaker #1
Vraiment. Et en fait, moi, je n'utiliserais pas les huiles essentielles dans ce cadre-là. Après, on en fait aussi, on extrait des molécules qui sont extraites pour la parfumerie, sont aussi extraites des plantes et sont aussi des « us essentiels » . À part que le mode d'extraction est différent, on va utiliser beaucoup l'alcool comme base pour extraire ces molécules-là. Mais c'est tout aussi concentré finalement. Et même celles qu'on a synthétisées sont les mêmes molécules, donc elles sont tout aussi dangereuses quelque part. Je serais vraiment méfiante par rapport à ce genre de produit. Et même si je comprends l'envie et le plaisir. d'utiliser ça. Du coup, je dirais de temps en temps, pas tous les jours, avec des plantes dont on est certain qu'il n'y a pas trop de nocivité. Quand on parle de plantes avec peu de nocivité, j'ai un exemple comme ça, une huile essentielle qu'on a beaucoup utilisée jusqu'à maintenant et qu'on utilise encore beaucoup, qui est la lavande. C'est une huile essentielle qu'on voit partout. On l'utilise pour tout, tout le temps. Et quand même, quand tu lis certaines études aujourd'hui, on se rend compte que dans la lavande, il y a quand même... probablement un risque perturbateur endocrinien qu'on n'avait pas décelé avant, que finalement, c'est quand même dangereux d'utiliser. Et pourtant, le nombre d'enfants que je croise le matin à l'école à qui on a mis la petite goutte derrière les oreilles pour repousser les poux, c'est dangereux de faire ça. C'est très dangereux pour plusieurs choses. Pour le côté perturbateur endocrinien, mais pour l'utilisation répétée, pour tout ce qu'on m'a déjà dit jusque maintenant, mais on continue à le faire. parce que ces données-là ne sont pas connues. N'importe qui n'a pas accès à ces informations-là. Ce sont des choses qui évoluent tous les jours. Et donc, si on ne s'informe pas au quotidien sur ce qu'on a découvert, c'est dangereux de conseiller ces produits-là.
- Speaker #0
Pour ce qu'on observe, si on voit que l'arrière de l'oreille de l'enfant rougit, commence à squarer, il faut avoir un peu de bon sens et arrêter de consulter les médecins.
- Speaker #1
Ça, c'est le gros souci aussi de l'effet de mode de ces produits. C'est qu'on va les utiliser pour tout le temps, n'importe comment. Et on ne va pas se rendre compte de la dangerosité des choses. Et pourtant, il y a des mamans à qui je les dis parce que je les connais bien et je connais bien leurs enfants qui sont dans la classe des miens, etc. Il y a une maman à qui je sens tous les matins que ses enfants sont les huiles essentielles. Et je lui en ai parlé. Mais de manière, tu ne sais pas trop, Adrude. Parce que je sais que Merci. Si tu dis aux gens, vous savez, ce que vous faites, ce n'est pas bien. Ça ne marche pas. Ce n'est pas comme ça que ça fonctionne.
- Speaker #0
C'est contre-productif.
- Speaker #1
C'est totalement contre-productif. Et c'est un effet un peu prêcheur. Ce n'est pas du tout la bonne manière d'aborder les choses avec les gens. Mais donc, je lui dis, tu sais, moi, je travaille beaucoup avec les huiles essentielles. Je leur ai parlé plusieurs fois. Et puis, à un moment donné, j'en suis arrivé. Tiens, tu sais, on a quand même découvert la lavande. Et donc, je suis vraiment arrivé petit à petit avec les informations. parce que... je voulais un peu la mettre en garde par rapport à ses enfants et lui dire, si il y a d'autres solutions, tu peux utiliser plutôt de l'hydrola peut-être, mettre directement sur les cheveux, il y a moins de risques, trouver d'autres solutions. Et finalement, tous les matins, ses enfants se rendent encore la lavande. Et donc tu te dis, wow, tous les jours, à 365 jours par an, parce qu'ils font pas des vols autant de jours, mais au moins 200 jours par an, ses enfants sont exposés à un produit qui est potentiellement nocif pour eux. Si vraiment elle avait conscience de la nocivité, elle n'exposerait pas ses enfants à ce produit-là tous les jours.
- Speaker #0
Tu fais œuvre d'information. Et d'information la plus neutre possible.
- Speaker #1
J'essaye, mais c'est compliqué. C'est compliqué,
- Speaker #0
mais nous on te remercie pour ça.
- Speaker #1
Merci à toi aussi.
- Speaker #0
Tu fais partie de ces gens qui m'ont confirmé qu'il y avait moyen de rester rationnel et raisonnable dans l'usage des plantes médicinales, que toutes les solutions n'étaient pas là présentes comme une sorte de bibliothèque ouverte avec un livre va nous apporter l'information qu'on cherche. Non, c'est pas comme ça que ça marche. Que le tout naturel, naturel qu'est-ce que ça veut dire ? Si je redistille des noyaux d'amande, je vais pouvoir tuer quelqu'un.
- Speaker #1
Et c'est plus naturel ? Est-ce que c'est vraiment encore naturel ? C'est là la question. Voilà,
- Speaker #0
j'ai de l'eau qui est un produit naturel, du feu qui est un produit naturel, l'amande qui est un produit naturel.
- Speaker #1
Et après ?
- Speaker #0
J'ai une concentration qui n'est pas humainement acceptable et vraiment on a envie que ce message passe plus. Donc on est à une recherche de qualité dans les produits qu'on utiliserait. de rationalité dans l'usage, de documentation de l'usage. Et pour tout ça, moi, je te remercie.
- Speaker #1
Merci à toi, parce que ça fait du bien, déjà, d'entendre ça, et ça fait du bien de voir que le message passe comme j'ai envie qu'il passe. Ça, c'est vraiment le plus important pour moi.
- Speaker #0
À bientôt, Julie.
- Speaker #1
À bientôt, voilà.
- Speaker #2
Et voilà, c'est la fin de cet épisode de Vox Officinalis. Merci d'être resté jusqu'au bout. On espère que cette discussion vous a inspiré et donné envie d'en apprendre encore plus sur les plantes médicinales et l'herboristerie. Pensez à vous abonner pour ne rien rater et surtout à partager le podcast autour de vous. Ça nous aide énormément. Vous pouvez aussi nous retrouver sur Facebook et Instagram ou vous abonner à la distillée de notre infolettre mensuelle pour suivre toutes les activités de Flavia. officineuse. Pas de publicité, juste de la passion, de la curiosité et vous qui faites vivre ce projet. Prenez soin de vous, restez curieux et attrez-vous dans vos oreilles.