- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Vox Officinalis, le podcast qui s'interroge sur le monde fascinant de l'herboristerie et des plantes médicinales. Chaque épisode vous apportera des connaissances précieuses et des conseils pratiques pour intégrer les plantes médicinales dans votre vie. Lors du 75e anniversaire du Comité PARA, groupe fondateur du scepticisme scientifique en Belgique, nous avons eu la chance de rencontrer Richard Monvoisin, docteur en didactique des sciences, à l'université Grenoble-Alpes, connue pour son approche rigoureuse et scientifique de l'analyse des croyances et des phénomènes paranormaux. Ses travaux portent sur l'acquisition d'éléments de pensée critique, l'autodéfense intellectuelle. Il travaille aussi sur l'analyse de théories et de thérapies controversées, notamment les thérapies alternatives et la gestion de l'incertitude par les professionnels de santé. Dans cette première partie, nous avons pu dialoguer sans tabou et même poser des questions qui piquent. Après les présentations d'usage, nous allons explorer quelques dangers des thérapies alternatives, les électirs floraux du Dr Bach, sa pratique de l'herboristerie, la bogue des châtaignes, sa bienveillance, les biens qu'ont possible et sa vie de papa.
- Speaker #1
On peut se tutoyer ?
- Speaker #2
Avec grand plaisir,
- Speaker #1
Nicolas. Richard, mon voisin, je suis content de te rencontrer.
- Speaker #2
Moi aussi, depuis le temps que j'entends parler de Folia. Oui,
- Speaker #1
alors je te resitue le contexte dans lequel je t'ai rencontré à distance, c'est-à-dire que je projetais de faire une formation en herboristerie, et puis je suis tombé sur une interview que tu mènes, une longue interview vidéo, et qui traîne sur le site Skepticon.
- Speaker #2
Je suis dans la forêt,
- Speaker #1
c'est ça ? Oui, je me demandais justement quelle forêt c'était.
- Speaker #2
Là, on est en Chartreuse, au tout début de la Chartreuse du Sud. Et si je me rappelle bien, ça a dû être filmé en 2018, je crois, ou 2017, 2018, par le collectif L'Extracteur.
- Speaker #1
Exactement, exactement, c'est bien ça. Et je projetais de faire une formation en herboristerie et je tombe sur ce documentaire qui présente toutes les dérives des médecines naturelles et dans ce documentaire tu sauves l'herboristerie. À un moment donné tu dis... Il ne faut pas tout mettre dans le même panier. Il y a l'herboristerie qui détient un savoir par rapport aux plantes.
- Speaker #2
Moi, j'en suis fortesse, je ne me rappelais plus. Tant mieux. C'est ce que je pense, de toute façon.
- Speaker #1
Et donc, animé par mon esprit critique que j'avais déjà... Et ton sauvetage de cette herboristerie par rapport à toutes les médecines naturelles, j'ai poursuivi à te découvrir. Tu es enseignant à l'Université de Grenoble. Tu enseignes la méthodologie des sciences.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #1
Tu reçois combien d'étudiants par an ?
- Speaker #2
Voilà. À la louche, je dois en voir mille, je pense. Mille. Toutes disciplines confondues. Voilà.
- Speaker #1
Et trois à quatre fois par an, tu publies sur ton blog des travaux d'étudiants.
- Speaker #2
Ouais, les meilleurs...
- Speaker #1
Oui, il y a des pépites.
- Speaker #2
Il y a des trucs vraiment sympas.
- Speaker #1
Oui, on en a lu quelques-uns. On a pu, sur notre blog, en relayer un qui concerne les médecines naturelles.
- Speaker #2
Et c'était laquelle ? La médecine intégrative. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'était intéressant. Tout à fait,
- Speaker #2
terrible.
- Speaker #1
Tu es aussi par ailleurs un excellent conseil littéraire et cinématographique.
- Speaker #2
Ah oui ?
- Speaker #1
Oui, je trouve que quand tu fais ta page, conseil de mes lectures du trimestre.
- Speaker #2
et tout ça on apprécie beaucoup assez cool s'il faut picorer c'est pour ça que picorer c'est ça dit tu peux rappeler un petit peu les dangers de ces médecines naturelles premier danger déjà je trouve c'est de l'appeler médecine parce que je pense qu'il faut garder il faut réserver le terme médecine pour le corpus scientifique médical moderne qui se base sur un système basé sur la preuve ce qu'on appelle parfois l'évidence based médecine et je préfère parler de thérapie alternative parce que les ex thérapeutiques efficaces ou non ça fait sens le mot thérapie alors que médecine vraiment il y a un complexe scientifique il y a un corpus scientifique donc je réserve le mot médecine à ça les risques des thérapies alternatives il y en a plein des risques, il y a aussi des joies il faut bien s'en rendre compte c'est à dire que quand tu es dans un contexte où l'accès aux soins est limité qu'il n'y a pas grand chose Que t'as pas les moyens, ou que t'es dans un désert médical, ou que ton accès passe par des médecins qui sont froids, qui ont pas le temps, entre deux portes, aux urgences, etc. C'est pas complètement irrationnel d'opter pour des choses que t'as sous la main. Je te donne un exemple tout bête, quand quelqu'un cherche un kinésithérapeute pour chevaux, par exemple, il y en a pas, juste. Donc t'es obligé de te tourner vers des chiropracteurs ou des osteopathes, juste parce qu'il y a pas de kinésithérapeute pour chevaux. Donc l'offre aussi joue là-dessus, donc on ne peut pas vraiment vouloir aux gens de se tourner vers les thérapies, mais il y a quand même des risques intrinsèques à ça, c'est de se tourner vers des thérapies qui n'ont pas de preuves à l'appui. C'est-à-dire que le risque c'est de souscrire à une thérapie, tu vas la mettre en place, puis tu n'as pas les résultats escomptés. Et généralement ces thérapies elles reviennent sur une forme théorique qui est auto-immunisée contre la critique, c'est-à-dire qu'en gros si ça ne marche pas, c'est bien souvent parce que c'est toi qui as mal fait, Ce n'est pas la théorie qui est prise en défaut, c'est forcément toi qui fais mal. Ce qui fait qu'on peut rester enfermé très longtemps dans des trucs avec... Je prends un exemple qui m'avait marqué, la mère d'une amie qui commence les élixirs fluorobac pour traiter un vrai problème psychologique concret. On lui en donne un, puis deux, puis trois, puis le problème se règle toujours pas. Puis on lui dit « Ah mais c'est parce que vous faites pas bien vos mélanges, donc achetez le bouquin pour faire les mélanges, donc achetez le bouquin. » Puis après on lui dit « Ouais mais en fait c'est parce que vous avez pas encore fait vous-même vos propres élixirs. » Et c'est son gamin qui m'appelle et qui me dit « Mais moi... » Ma mère est en train de marcher à reculons dans des plaines du Vercors, en train de ramasser avec des tiges d'herbe des plantes pour les solariser au soleil du solstice. Et ça fait deux ans qu'elle traîne son problème et ça n'avance pas d'un poil. Donc en fait, à court terme, on pourrait se dire que certaines thérapies, même sans preuve, peuvent avoir un effet, ce qu'on appelle parfois les effets contextuels ou placebo. Mais à long terme, ça ne paye jamais vraiment. Donc grosse méfiance, exigeons quand même une certaine vraisemblance quand on opte pour une thérapie. Quand c'est pour un rhume, l'impact n'est pas très grand. Si tu te trompes, c'est pas grave, le rhume va disparaître, c'est des maladies spontanément résolutives. Mais si tu es dans un cas, je ne sais pas, tu développes un lymphome, tu n'as pas le temps de te tromper 15 fois. Il vaut mieux quand même avoir accès à des gens qui ont une documentation suffisante pour t'éclairer vers le choix le plus documenté, pour maximiser tes chances. Donc les thérapies alternatives, ça ne paye jamais à moyen et à long terme, je trouve.
- Speaker #1
Tu évoquais les fleurs de Bach. Les élixirs floraux du Dr Bach, eh bien, Folia Officinalis te fait cadeau d'une gentiane. Tu fais très bien la surprise parce que tu l'avais vue tout à l'heure.
- Speaker #2
Ah mais je ne savais pas qu'elle était pour moi, incroyable ! Je veux une dédicace sur une feuille.
- Speaker #1
Et tu sais pourquoi nous t'offrons la gentiane ?
- Speaker #2
Pourquoi la gentiane ?
- Speaker #1
C'est la plante du doute.
- Speaker #2
C'est bon ça ! Alors attends, tu veux me dire qu'il faut que je la solarise dans une boîte de pétri ?
- Speaker #1
Tu vas faire ce que tu veux avec. Au solstice,
- Speaker #2
il faut que je danse avec ? Qu'est-ce qu'il faut que je fasse ? Qu'est-ce que tu me recommandes ? Je la broute ?
- Speaker #1
Moi je recommande l'usage que tu as déjà de l'âge ancien.
- Speaker #2
Dans ma riche artreuse, c'est ça ?
- Speaker #1
Ta riche artreuse, effectivement. Donc tu as une petite pratique de l'herboristerie domestique.
- Speaker #2
Elle est modeste. Elle est culinaire déjà, tu sais, je fous des herbes que j'aime bien, je ramasse. mais je ne m'y connais pas très bien, c'est vraiment un truc... En fait, je cherchais à enchanter mes footings, pour tout te dire. Donc je me dis, quitte à faire des footings, vu que je n'ai pas vraiment de raison politique de faire des footings, au moins, je vais en apprendre plus sur mon écosystème, je vais potasser quelques plantes. je vais apprendre à les bouffer, à en faire quelque chose et puis et puis ça si un jour les ressources sont complètement limitées, je pourrais toujours aller me faire des salades à l'arrache et je me suis pris, je me suis piqué du délire dans ma région il y a beaucoup de chartreux et il y a la fameuse chartreuse, je me suis dit tiens c'est marrant est-ce qu'on pourrait pas tenter de challenger leur chartreuse qui est soi-disant secrète, il y a un protocole tout le monde n'a pas la recette il faut que tu aies trois mois dans le même temps pour faire toute une histoire Je me suis rendu compte en fait l'essentiel de leur plan. déjà viennent pas de mon coin là dans les alpes donc c'est bizarre tu vois et puis je me suis dit je vais en faire une locale laïque donc c'est la riche artreuse laïque et j'ai mis une 120 plantes à peu près dont certaines que j'ai découvert en les ramassant je me dis tiens ça se consomme ça se consomme pas mais il y a aucune propriété thérapeutique à part un effet placebo fort et une alcoolémie latente voilà l'alcool peut être le principe actif de certaines préparations effectivement c'est ton se levant,
- Speaker #1
tu ramasses parfois des châtaignes. Tu manges la bogue avec la châtaigne ? Non, j'évite. Tu évites, pourquoi ? Tu peux expliquer ce concept ? Moi, je l'ai découvert récemment sur une de tes publications Twitter. X, comme on dit maintenant. Tu as évacué Facebook parce que tu t'es fait jeter de Facebook.
- Speaker #2
Oui, on m'a bloqué ma page. On t'a bloqué,
- Speaker #1
on a ça en commun.
- Speaker #2
Mais je n'ai pas la raison, moi, je n'ai jamais su la raison.
- Speaker #1
Moi non plus. Enfin, si, la dernière, je sais bien. Alors, c'est quoi ce concept ? que tu as si bien illustré.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #2
c'est un concept.
- Speaker #1
On mange la châtaigne, on n'est pas obligé d'avaler la boue.
- Speaker #2
Ben oui, disons. Donc, il y a des choses qui sont intéressantes. Dans certaines thérapies qui sont proposées, il y a des choses qui sont intéressantes. Je te donne un exemple. En psychanalyse, par exemple, on sait que la parole, elle a un rôle intéressant. Mais tout le corpus psychanalytique autour, par exemple, en particulier le corpus freudien, lui, on sait qu'il est désuet, foireux, conservateur, inefficace, etc. Donc, gardons le bon bout qui est dedans sans être obligé d'avaler toute la théorie qui va avec. C'est pour ça que je veux dire, bon, le fruit, il est peut-être bon, mais la carapace, la coquille... la lignine qui compose ta bogue, elle est indigeste. Tu n'es pas obligé d'absorber le paquet cadeau avec le cadeau. Tu n'es pas obligé de manger l'emballage avec ton sandwich. Et donc il y a pas mal de... Dans l'herboristerie, c'est compliqué, parce que l'herboristerie, ce n'est pas une théorie à proprement parler. Je trouve que c'est assez proche de la kiné, au sens où c'est un agglomérat technique, on se rend compte que telle plante contient tel truc. Ce que je reproche d'ailleurs dans l'herboristerie un peu... Un peu classique quand tu prends des bouquins de plantes, c'est à la mode de faire soi-même ses propres salades et tout. Parce qu'à chaque fois on t'a sorti ça de propriété. C'est comme si on devait vendre un peu du rêve aux gens, tu ramasses ça et alors c'est émollient, ceci c'est cela. On ne dit jamais la dose déjà. Et quand tu regardes un peu de plus près, tu te dis en fait pour avoir assez d'acide salicylique dans la reine des prés que tu vas bouffer, en fait il faut que tu te bouffes quand même à 2 kilos de foin. C'est quand même particulier. J'aime pas trop cette espèce d'imprécision qu'il y a, c'est fréquent, dans les bouquins dits de botanique un peu thérapeutique. Ça me saoule un peu. Mais là, je me suis éloigné un peu de ta question, qui était, est-ce que j'ai un exemple comme ça de... Quand, par exemple... Bon, j'ai pas envie d'encourager les gens à consommer de l'alcool, loin de moi cette idée, mais on sait qu'un des anxiolytiques... Quand les gens prennent des élixirs floraux De Bach, par exemple... En fait, ce qui est anxiolytique dans les élixirs floraux De Bach, peu importe la substance de départ que tu prends, la plante que tu prends, c'est le brandy dont ils servent au début qui a l'effet, si tu veux. Donc si vraiment tu as une anxiété démesurée et que le brandy a une solution pour toi, prends le brandy, mais n'achète pas les liquires florals. Ça sert à quoi de nourrir Nelson ? C'est les laboratoires qui vendent du vent autour, qui vendent un emballage en carton, si tu veux. Autant prendre vraiment le fond de l'affaire. Le problème, c'est que pour avoir accès au contenu des plantes, c'est pas si simple. savoir combien contient est-ce qu'une écorce de je sais pas quoi si tu mâchouilles le cambium de je sais pas quel arbre t'as ça, t'as ci des études il n'y en a pas des masses puis quand il y en a il faut les lire puis c'est en anglais puis c'est chiant c'est pas accessible à tout le monde j'aimerais bien que la vulgarisation se fasse de manière un peu plus rigoureuse je crois que c'est ce que vous faites d'ailleurs ça tombe bien vous faites une herboristerie rationnelle oui
- Speaker #1
et notre formation s'appelle d'ailleurs transformation raisonnée des plantes tu veux nous dire où c'est ? À Cours Saint-Etienne.
- Speaker #2
À Cours Saint-Etienne. À Cours Saint-Etienne,
- Speaker #1
dans le Rabat-Ouallon.
- Speaker #2
Si on veut suivre ta formation, on va où ? On fait quoi ? Il faut payer ? On va où ?
- Speaker #1
Ah oui, c'est payant. Comment ça marche ? Parce qu'on est tous bénévoles et on a malgré tout un loyer et des frais.
- Speaker #2
Ok.
- Speaker #1
Et donc il faut rentrer les sous pour le loyer. Ok. Voilà. Et donc on a décidé de faire une formation pour peu de gens, deux fois six personnes par an, où on réfléchit essentiellement à... à quelle plante on va prendre et comment la transformer, quelles sont surtout les limites du truc. Parce que faire un sirop, c'est bien beau, mais 99 fois sur 100, quand on pratique un sirop, on va tomber dans un sirop plaisir, comme une marque connue en France. Et aucune valeur thérapeutique. C'est le sucre qui est l'émollient qui va fonctionner. Sucre ou miel. Donc voilà, on a cette petite formation pour ça.
- Speaker #2
Combien d'heures vous faites ?
- Speaker #1
On fait dix demi-journées.
- Speaker #2
Dehors ?
- Speaker #1
Non, malheureusement pas assez. On travaille à l'intérieur avec des plantes fraîches ou des plantes sèches. Des plantes fraîches que je ramène de chez moi. Ou sèches d'herboriserie, c'est pas toujours facile à trouver en plus. C'est un secteur qui disparaît économiquement. Je te remercie de poser la question.
- Speaker #2
Non mais c'est important.
- Speaker #1
C'est d'ailleurs quelque chose qui m'a frappé tout de suite quand j'ai rencontré ton travail. C'est cette compassion qui t'anime. Je n'ai jamais senti une moquerie de ta part parce que quelqu'un croit que le sourcier va pouvoir trouver l'eau chez lui. Pas même envers le sourcier. Tu déclares d'ailleurs, je prends le sourcier comme exemple, tu déclares assez souvent que tu n'as pas rencontré de gens de mauvaise foi.
- Speaker #2
Ouais, on peut nuancer ça, il y a quand même... J'ai des doutes, des fois. En fait, ce n'est pas un paramètre que je vais prendre en compte, parce que je me dis que... De mon expérience, je vois des gens qui parfois peuvent démarrer sur un mensonge, un fief et mensonge, quand ça fait 25 ans ou 30 ans que tu répètes le même mensonge, je crois qu'à la fin t'es convaincu. Si on faisait passer un test de... De vérité à Raël, tu vois, je pense que ça fait 40 ans qu'il dit qu'il est prophète des Elohim, bon ben je pense qu'il en est sincèrement convaincu, même si au départ, t'as de bonnes raisons de douter. Non mais le... compassion, tu sais c'est un mot ambigu, mais je me rappelle d'où je viens, si tu veux. Et je crois qu'il ne faut pas oublier ça. Moi j'ai un ami au populaire, j'ai cru à plein de choses, je me suis fait déculotter en lisant Brock par exemple. Je lisais un livre d'Henri Brock qui décortiquait un truc, je me rappelle très précisément, c'était un truc d'archéologie, que je venais de lire dans un livre trois semaines avant, et que j'avais absorbé tout cru. Et les outils qu'il utilise pour douter de ça, c'est des outils que j'aurais dû être capable de mobiliser, parce que je les avais. Et là je me suis dit, merde, j'ai été infoutu moi-même de me rendre compte de ça. Et alors je me suis mis à douter du reste. Et à l'époque je devais avoir, je sais pas, 16 ans ou 17 ans. C'était une époque où je pensais encore que les choses ésotériques pouvaient avoir une chance d'exister. J'essayais d'hypnotiser mon chat, j'essayais de faire se retourner les gens dans la rue en les regardant dans le dos. « Retourne-toi ! » Donc comment tu veux que je me moque de quelqu'un qui croit à ça encore maintenant ? Il a peut-être pas croisé les bons livres comme moi, il est peut-être pas tombé au bon endroit, c'est souvent des affaires de contexte, si tu veux. S'ils avaient eu la même vie que moi, probablement que ce serait eux qui seraient là à raconter des trucs et moi je serais en train de chercher de l'eau, quoi. Et donc je me dis, chacun a sa chance de... En tout cas, au moins, par principe, ne pas prendre les gens de haut, quoi. Ne pas prendre les gens de manière suffisante. Il faut se rappeler d'où on vient, quoi, c'est tout. Ça te parle, quand je dis ça ? A fond, à fond,
- Speaker #1
intégralement.
- Speaker #2
Et puis en plus, quand on dit je suis un ancien croyant, j'aime pas trop. D'ailleurs j'ai dit oui, moi aussi tout à l'heure à quelqu'un. Mais en fait, quand on y réfléchit, je suis pas un ancien croyant. Je suis peut-être même un futur croyant. Le jour où, j'ai mis ça ce matin à une conférence, j'ai dit le jour où je perds un, si je perds un enfant, ce que je souhaite absolument pas, tu vois. Mais la douleur va être tellement intense que je ne peux même pas rationnellement exclure que je ne vais pas tenter de faire de la transcommunication instrumentale pour discuter avec lui au moyen d'un médium ou d'un... j'en sais rien, tu vois. Si la douleur est tellement importante dans un cancer en phase terminale, si ça se trouve je vais me mettre à faire des signes de croix et à me vouer à tous les seins et faire des ex-voto dans des... j'en sais rien, si ça se trouve je suis un futur croyant, si ça se trouve je suis un croyant actuel. Quand je crois par exemple que mes cours servent à quelque chose, en fait je n'ai pas de mesure exacte, je n'arrive pas à savoir. On arrive à savoir qu'enseigner l'esprit critique... Si tu illustres ça dans un domaine, mettons on prend l'herboristerie, je vais expliquer, je sais pas moi, les tisanes qui font dormir, bon la plupart elles vont pas dormir, si tu veux, enfin, toutes les tisanes, en fait, peu importe la substance que tu mets dedans, ce qui essentiellement fait dormir c'est l'eau, et un peu la valériane, vaguement, mais tu vois le tiguel ou autre, ça a pas une grande efficacité. Je sais qu'après, quand les gens ont illustré ces biais là, et que tu leur poses un problème en herboristerie, ils vont être capables de le transférer, parce que c'est le même domaine. Mais le même biais, si tu leur proposes un problème qui est en physique, ils vont... Pour l'instant on se rend compte qu'ils ne le transposent pas. Ce qui fait que si ça se trouve, mon boulot ne passe pas les barrières disciplinaires. Si ça se trouve, mon boulot ne sert peut-être pas à grand chose. En fait, je suis un croyant dans ma propre utilité sociale. Si ça se trouve, ça ne sert à rien. En même temps, quand je vois des gens comme toi qui prennent des trucs à moi, qui s'en servent, qui les mettent à leur sauce, je me dis que ce n'est peut-être pas perdu. Peut-être que vous, vous arriverez à faire ça. On est des passeurs de plat. Moi, je prends à Bertrand Russell et à... Il y a Aristote et Ayum, des trucs, j'arrive, pouf, je les pose, je te les file. On appelle ça des biens compossibles. C'est Baillargeon qui dit ça, il dit, tu vois, quand t'as une gentiane, puis tu me la donnes, bon, je suis content, j'ai une gentiane, mais toi tu l'as plus. Par contre, si tu m'expliques un biais cognitif, tu vois, le post hoc ergo propter hoc, par exemple, t'as un effet juste après avoir fait une thérapie, ça veut pas dire forcément que c'est la thérapie qui a eu un effet, c'est peut-être l'évolution du temps, mais on aime bien associer les deux. une fois que tu m'as expliqué ça Ben je repars avec mon post hoc ergo proptero, et puis toi t'es pas dépourvu, tu vois, c'est un bien compossible qui se démultiplie, tu vois.
- Speaker #1
Tu soignes tes enfants avec des plantes ?
- Speaker #2
Non, je peux pas dire je soigne mes enfants avec des plantes. Ou alors c'est avec des médicaments sous forme galénique industrielle, si tu veux. Je peux pas dire ça, non. Par contre je soigne des amis avec des grog-maison. Alors il faut pas le dire, mais mes grog-maison, en fait je mets beaucoup de rhum, Et après je mets un peu n'importe quoi. Et puis je rajoute un ingrédient mystère que je dis pas.
- Speaker #1
On va pas le dire.
- Speaker #2
Bah, je peux le dire, enfin je vous donne un indice. C'est le même ingrédient mystère que dans Kung Fu Panda. Dans la soupe de Kung Fu Panda. Tu te rappelles ? Oui. Ça encouragera les gens à re-regarder Kung Fu Panda.
- Speaker #0
C'est l'amour ! Je spoil, c'est l'amour !
- Speaker #2
Faut y mettre de l'intention.
- Speaker #1
Et avec l'homéopathie ?
- Speaker #2
Avec l'homéopathie, jamais.
- Speaker #1
Jamais.
- Speaker #2
Non, mais... Si vous avez le choix d'en prendre... Prendre, je leur dirais ce qu'il en est. Et si en sachant, ils veulent quand même le prendre, j'ai rien à dire. Pour moi, c'est la connaissance de cause. Les gens après font le choix quand même de le prendre. D'ailleurs, ma gamine, 11 ans, elle en a pris à l'école. Enfin, l'infirmière scolaire en a donné. Et elle savait déjà de quoi il en retournait. Puis elle a dit, bah, je l'ai pris quand même. Bah, ça me va.
- Speaker #0
C'est déjà la fin de cet épisode. Merci beaucoup d'avoir écouté Vox Officinalis. Nous espérons que cet épisode vous a inspiré et enrichi vos connaissances sur l'herboristerie et les plantes médicinales. N'oubliez pas de vous abonner pour ne manquer aucun de nos futurs épisodes. Si ce podcast vous plaît, si vous avez des questions, des suggestions ou des sujets que vous aimeriez que nous abordions, n'hésitez pas à nous contacter. Vous pouvez nous suivre sur les réseaux sociaux et partager vos expériences avec nous. Facebook, Instagram, et pour être informé de toutes nos activités et bien plus encore, abonnez-vous à la distillée, l'infolettre mensuelle de l'ASBL, Folia Officinalis. Vous pouvez soutenir le podcast en devenant membre de l'ASBL, en versant un don ponctuel ou régulier, en nous évaluant sur votre plateforme d'écoute préférée, ou tout simplement... en partageant cet épisode. Nous choisissons l'indépendance, donc nous renonçons à tout revenu publicitaire. Ce qui veut dire que nous comptons sur vous, vos partages et votre engagement pour faire perdurer cette émission et nos différents médias. Prenez bien soin de vous et restez curieux. A très vite dans vos oreilles.