- Speaker #0
Bienvenue dans Walkie Talkie, parce que je crois que c'est plus simple en marchant. On suit un chemin, on se perd un peu et on se dit beaucoup. Bonne écoute.
- Speaker #1
Bon ok let's go, bienvenue Nas dans Walkie Talkie.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Je suis trop trop trop content de t'avoir aujourd'hui sur le podcast. Pour tout te dire, tu es le premier invité que je fais et que je ne connais pas de près.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc c'est aussi un... un moment pour moi et c'est cool parce que vraiment je voulais le faire avec quelqu'un de bienveillant et je pense que je l'ai vraiment senti dans notre appel. Et aussi parce qu'on m'avait parlé de toi, je suis venu à tes cours etc. Donc très important pour moi donc merci d'être là.
- Speaker #0
- Bah écoute merci de ton invitation franchement ton concept je le trouve génial. Comme je te disais tout à l'heure j'ai vu ton interview avec ta mère ça m'a beaucoup touché. Et je me suis dit que ça allait me faire du bien aussi d'utiliser ce format pour m'exprimer un peu plus que les gens voient comment je suis et qui je suis. Bien sûr. Et je t'ai amené dans le spot que je préfère à Marseille, donc au Calang de Sormiou. J'ai passé toute ma jeunesse ici. J'habite juste à côté, tu vois. Et c'est trop bien. Pour moi, c'est le meilleur.
- Speaker #1
Génial. Et donc, pour faire un petit rappel, donc toi, tu es coach sportif. Je te connais surtout des cours de dynamo quand ça a ouvert à Marseille. Et tu as une formation de psychologue à la base ?
- Speaker #0
Exactement. Je faisais des études de psychologie. Et ensuite, j'ai fait cette formation de coach sportif pour pouvoir travailler dans les prisons de base. Donc pour faire du sport aux prisonniers. Et aussi, c'est une manière de faire une thérapie un peu détournée. Pas faire une thérapie classique, faire une thérapie un peu plus ludique, etc. Et ensuite, il y a Dynamo qui m'est tombé dessus. Et aujourd'hui, j'ai la chance d'avoir quatre studios qui me font confiance. Gros big up d'ailleurs. C'est ouf. Le cube à tonique et à dynamo. Je vous aime fort, merci.
- Speaker #1
Ça, c'est génial.
- Speaker #0
Un espace d'expression dans lequel je me sens très, très bien.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc voilà, une petite parenthèse de ma vie est devenue au final une carrière.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
Et une manière vraiment pour moi de m'exprimer. Une manière de m'épanouir surtout.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ouais, je pense que c'est personnel et professionnel. Je pense que tu trouves... ton compte dans ces deux domaines-là, tu t'éclates perso et professionnellement, tu grandis. Donc c'est cool.
- Speaker #0
Vraiment, c'est un truc de fou et j'ai attendu ça vraiment toute ma vie. C'est ouf. Je fais partie de ces jeunes, si je peux dire que je suis encore jeune. Tu peux.
- Speaker #1
Comme ça, je suis bien avec toi dans le groupe des jeunes.
- Speaker #0
De ces jeunes qui ont mis beaucoup de temps à trouver leur voie, qui se sont mis beaucoup trop de pression au lycée, au collège, parce que j'étais un garçon sensible et qui faisait très attention à ce que les gens peuvent penser, mais aussi aux conseils des gens. Je n'avais pas très confiance en moi, donc j'attendais un peu qu'on me dise quoi faire. Je fais partie de ces jeunes qui ont eu cette problématique. Et au final, à l'aube de ma... Comment dire plutôt ? À la fin de ma vingtaine, j'ai réussi à trouver... le métier dans lequel je me sens parfaitement bien. Aligné ? Oui, aligné. Et je commençais un peu à désespérer. Du coup, aux gens qui pourront voir cette interview, ne désespérez jamais. Essayez vraiment d'écouter votre cœur. Ça a l'air d'être une phrase bateau de dire ça, mais au final, c'est un travail. C'est un travail sur soi d'écouter son cœur parce que ce n'est pas forcément accessible. Il y a tellement de pensées dans notre tête qui ne nous appartiennent pas vraiment qu'il faut faire le tri entre ce que les gens veulent de toi, ce que tu veux faire pour faire plaisir et ce qui t'appartient vraiment.
- Speaker #1
Bien sûr. Et trouver, je pense, cette place-là de cœur en toi, c'est un vrai challenge, comme tu disais, et faire le tri dans tes pensées. Ouais, en fait, séparer le mental du cœur, etc., ou comment on veut l'appeler, tu vois, c'est un challenge. Mais je pense que là, tu t'en es l'exemple, c'est possible, je pense, après... avec expérience, en se faisant confiance, parfois en se faisant accompagner, de retrouver cet espace-là de vérité en soi et de se dire « Putain, en fait, je veux faire un truc que je kiffe. Je veux grandir professionnellement et je veux surtout me trouver. » Et en vrai, c'est possible quand tu arrives à faire taire un peu le bruit là-haut.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Moi, ce que j'ai remarqué dans tes classes, parce que je pense que je suis venu à Dynamo peut-être le premier mois d'ouverture avant que je parte de Marseille. Il y avait deux choses que j'ai remarqué dans tes cours. C'était les premiers cours de vélo que je prenais de ma vie, donc j'étais un peu flippé en mode « viens, qu'est-ce qu'on va faire ? » Ah oui ? Et ouais, c'était ouf. Bon maintenant j'adore, j'y vais toutes les semaines, c'est incroyable, je kiffe. Et j'ai trouvé que tu étais autant empathique et doux que tu nous donnais de la force et de la rage. Comment tu expliques que t'as... Déjà, est-ce que tu le sens que t'as ces deux choses en toi ? Beaucoup de douceur mais beaucoup de force. Et comment tu l'expliques ?
- Speaker #0
C'est une question... Déjà, très belle analyse parce que c'est vraiment ce que j'essaie de projeter dans mes cours.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Qu'on peut très bien être fort sans passer par les mauvais canaux. Les mauvais canaux, c'est... C'est un égo, c'est peut-être ce rapport aux autres ou cette pression qui fait qu'on doit être fort parce qu'on n'a pas le choix d'être fort. En fait, tu peux être fort en allant chercher chez toi... Comment dire ? En allant chercher chez toi...
- Speaker #1
Ta vulnérabilité.
- Speaker #0
Ta vulnérabilité, exactement. C'est ça. Une certaine sensibilité.
- Speaker #1
Hum hum.
- Speaker #0
Donc ce que j'essaie de faire dans mes cours, c'est vous mettre un peu dans ce confort, dans cette bienveillance, de vous faire comprendre que, comme je le dis souvent à Dynamo, vous êtes dans les coulisses de la vie. Et à partir du moment où vous rentrez dans cette salle, il n'y a plus rien, il n'y a plus aucune force qui s'exerce sur vous. Vous pouvez pleinement vous libérer de vos émotions, de ce que vous avez envie de vous libérer sur le moment. Ça pour le coup, ça ne m'appartient pas.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais la première étape, c'est de vous dire ici, il n'y a personne qui est là pour vous juger. Concrètement, vous êtes en train de faire quelque chose qui est pour vous. Et se challenger, c'est quelque chose qui va vous faire du bien. Il ne faut pas que ça vous fasse peur. Il ne faut pas que ce soit une zone dans laquelle vous vous sentez en danger. Certes, il y a un inconfort. L'inconfort, il vient de l'effort. Il y a cette sensation d'épuisement, du souffle qui commence à battre. Mais tu peux lui donner une signification qui est beaucoup plus belle que « je suis en train de morfler » .
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Cette signification, c'est en train de te sentir en vie. Tu es en train de faire quelque chose qui te donne l'impression, ou qui est le cas d'ailleurs, que tu gagnes confiance en toi. Et à partir de là, exactement, tu as cette force qui commence à naître, cette sensation d'énergie qui est galvanisante. Bien sûr. Tu as cet effet de groupe qui est magnifique. Oui, qui te porte,
- Speaker #1
cet esprit aussi de communauté qui est hyper beau. Je trouve que tu le décris hyper bien. Tu le décris sur toute cette... bien cette capsule que offrent les cours de manière générale, de sport, etc. De capsule un peu spatio-temporelle où en fait plus rien ne peut exister, juste toi et ta pratique.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et justement ce que tu as compris comme ça, cette double entrée en toi de douceur et de force, est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui vient de ton enfance ? Et on en a parlé au téléphone, t'as... tu es né en Algérie, en Kabylie et j'aimerais que pour moi réécouter l'histoire et aussi je pense pour les auditeurs qui écouteront le podcast qu'on refasse un petit topo de ces premières années de vie parce que du coup tu es arrivé à Marseille il y a 8 ans qu'est-ce qui s'est passé avant en quelques mois ?
- Speaker #0
mon enfance elle s'est faite dans un village qui appartient à ma famille qui n'était pas un village en soi c'était une ferme et c'est une très très grande famille Donc la famille Tibourtine, mon père il a en tout un... là vivant 18 frères et sœurs.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Pour te dire.
- Speaker #1
C'est l'indien.
- Speaker #0
Donc on a plein plein de cousins et cousines et on a grandi dans cette communauté. Mon enfance était magique. Concrètement, j'ai passé mon enfance à jouer dans des prairies, à m'amuser avec mes cousins et mes cousines.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et ensuite il y avait un climat politique qui était particulier. Oui. Et mes parents ont jugé que c'était... Mon père qui était prof de français, à l'époque ma mère qui était dentiste là-bas, ils ont jugé que c'était mieux pour l'avenir de leurs enfants de sacrifier leur statut et de venir dans un pays qui offrira plus de chance à leurs enfants, tout simplement.
- Speaker #1
C'est ultra beau de se sacrifier comme ça en mode « Bon, on est installés mais pour l'avenir de la famille, on va faire un move quoi » .
- Speaker #0
C'est ça et surtout qu'ils ont repris à zéro. Ils ont repris tout à zéro. Ils nous ont élevés en sachant pertinemment qu'il y a une sorte de mission qui nous incombait. Cette mission, c'était de réussir, c'était de faire honneur à leurs sacrifices. Mais en même temps, ils ne nous ont pas fait sentir non plus une pression. Ils ne nous ont pas fait sentir cette pression. On l'a créée par nous-mêmes, mes frères et moi, parce qu'on voulait leur rendre ce qu'ils nous ont donné.
- Speaker #1
Bien sûr. Oui, puis vous êtes aussi arrivé dans un pays, une ville avec un autre système de fer aussi. Exactement. La pression sociale était certainement pas la même. La situation économique fait que tu peux certainement beaucoup plus te pressuriser aussi. La France, c'est pas l'Algérie. Et je pense que quand t'arrives dans un pays comme ça, vraiment capitaliste, etc.,
- Speaker #0
tu subis aussi parfois un peu le mode de fonctionnement,
- Speaker #1
tu vois ?
- Speaker #0
Exactement. Et pour le coup, ce qui nous a aidés, justement, c'est le fait qu'on a toujours beaucoup sociabilisé. On est une grande famille. Donc... On aime les gens, de manière générale. On aime discuter, on aime apprendre, on aime comprendre comment les autres fonctionnent. Et je pense que ça, ça se ressent dans mes classes.
- Speaker #1
Carrément. Oui, il y aura un rapport facile aux autres.
- Speaker #0
Voilà, il y a un rapport facile et il y a de la place. Genre, venez nombreux si vous voulez, j'ai l'énergie de vous comprendre, j'ai de l'énergie à vous donner de manière générale vu qu'on est en train de parler de sport. Mais j'ai aussi cette empathie.
- Speaker #1
Ça, c'est ouf. Et je trouve que dans une grande famille comme ça, tu as beaucoup de personnalités différentes. Je trouve qu'étant enfant en grandissant dans une famille comme ça, ça te permet de voir une multitude, du coup, une dizaine d'oncles et de tantes avec des personnalités différentes, des gens que tu vas plus kipper, d'autres un peu plus bizarres peut-être.
- Speaker #0
Il y a de tout.
- Speaker #1
Il y a de tout. Et toi, ça te permet d'avoir cette espèce d'aisance relationnelle après. Et cette, comment on dit, le fait que tu sois maniable en société, tu vois, tu arrives à... t'arrives à t'adapter et aussi à te connecter à l'autre malgré les différences. Là, je trouve qu'on le sent vraiment dans ta pratique.
- Speaker #0
En tout cas, ça me touche.
- Speaker #1
Et c'est pour ça que ça marche, je pense.
- Speaker #0
Je suis trop content que ça fonctionne. Et c'est comme une rencontre que j'attends chaque semaine. Mes cours, à chaque fois que j'y vais, c'est vraiment avec le sourire, avec cette envie d'y aller. Effectivement parce que je vais faire des rencontres.
- Speaker #1
Moi, c'est un peu pareil. Je sens vraiment que dans le podcast, dès que j'invite quelqu'un sur le podcast, je sens qu'avant tout, je suis que dans mon cœur. Je peux vite mentaliser après parce que ça reste un business, etc. Mais en fait, quand je reviens dans moi, c'est juste une rencontre de deux êtres humains qui viennent juste parler de leurs différences, de leurs points communs, mais aussi de ce qui nous rend vulnérables. Et je trouve que c'est vraiment sur ces points-là qu'on arrive à connecter les uns aux autres.
- Speaker #0
T'as tout dit.
- Speaker #1
Toi étant enfant, tu arrives du coup à Marseille à 8 ans. Marseille c'est une ville spéciale et on le sait.
- Speaker #0
Qu'est-ce que...
- Speaker #1
C'est quoi ? Qu'est-ce qui se passe dans ta tête quand t'arrives à 8 ans à Marseille ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui arrive dans ma tête ? Un peu impressionné. Impressionné, je suis le dernier de ma fratrie, je suis un peu le chouchouté, on va pas se mentir, le dernier de la fratrie c'est souvent... c'est souvent celui qui peut se donner joie à être créatif et à jouer sans se soucier des répercussions, sans se soucier des résultats.
- Speaker #1
Tes parents ils sont entraînés avant tu vois ?
- Speaker #0
Exactement, ils s'entraînent avant. J'ai deux frères qui eux sont plus terre-à-terre, plus ancrés, bien qu'eux aussi. On a tous cette fibre artistique parce qu'on est tous musiciens dans la famille, mais eux plus ancrés sur ce qu'il faut faire et moins dans un nuage constant. Donc pas trop ancrés, d'accord ? toujours à être le rigolo ou celui qui va rapporter de la joie. Ouais, ouais,
- Speaker #1
le créatif quoi. Voilà.
- Speaker #0
Et on va dire qu'est-ce qui s'est passé dans ma tête ? Non, mon premier objectif, ma première envie, ça a été de faire des rencontres, d'être apprécié. Et c'était à double tranchant parce que une de mes plus grandes forces, c'est aussi une de mes faiblesses, c'est j'aime bien faire rire les gens, j'aime bien qu'ils se sentent bien mais d'une certaine manière, c'est une course à vouloir leur plaire.
- Speaker #1
Ok, je comprends.
- Speaker #0
Et le truc, c'est qu'il y a un effet, j'ai appris ça plus tard en psychologie, c'est que essayer de trop plaire aux gens, ça fonctionne, c'est-à-dire que tu es sympathique aux yeux des gens, mais tu peux aussi perdre leur respect. Pourquoi tu perds leur respect ? Parce que tu deviens très malléable, justement comme tu l'as dit, j'ai cette capacité à être un peu un caméléon, mais la revers de la médaille... c'est cette course à vouloir plaire.
- Speaker #1
C'est ça, et tu peux vite te perdre.
- Speaker #0
Tu peux vite te perdre. Tu ne sais plus vraiment si tu fais ça pour les gens ou si tu fais ça pour toi. Et tu te retrouves souvent des fois à rentrer chez toi en étant épuisé mentalement puisque tu n'as pas su canaliser cette force que j'utilise. C'est un outil au quotidien de pouvoir capter tout de suite l'énergie de quelqu'un et discuter, etc. Mais il faut savoir... Se restreindre. Et du coup justement, dans ma jeunesse j'ai appris petit à petit à être un peu plus terre-à-terre. Bien que j'en discutais avec mes proches récemment, j'ai toujours eu peur que des responsabilités d'adulte, que le fait d'être ancré dans sa société et d'ancrer dans la vie du quotidien par des tâches les plus simples possibles, faire de la paperasse, parler d'immobilier etc. J'ai eu peur que toutes ces tâches d'adulte me rendent ennuyeux et détruisent mon essence. Alors que pas du tout. Alors que c'est juste des couches que tu mets en plus qui te rendent un peu plus complexe.
- Speaker #1
Et c'est surtout que je pense que toi, en ayant ce recul sur toi et cette conscience de toi et tes émotions, de comment tu te comportes par rapport aux autres, par rapport aux décisions de ta vie, le fait d'acquérir comme ça de nouvelles choses, de nouvelles tâches administratives ou acheter un appart, t'engager, etc., tu le fais avec beaucoup plus d'ancrage, et beaucoup plus de conscience que de le faire éperdument ou juste pour venir compléter quelque chose. Tu vois qu'il y a un truc qui... à un moment tu t'es assis et tu t'es posé la question, comme avec les gens : quelle est l'énergie que je mets là-dedans ? Est-ce que je veux plaire à la société ? Est-ce que je veux rentrer dans le moule ou est-ce que je le fais vraiment avec conscience en mode voilà je le fais vraiment pour moi et en fait je m'installe et je deviens « adulte » matériellement parlant on va dire, avec beaucoup plus de sérénité je trouve. Je pense que c'est une force parce que dans la société dans laquelle on vit, et encore plus à nos âges, on peut se laisser porter et se laisser porter par le chant des sirènes, de gagner des responsabilités, de construire une carrière bien construite, d'acheter un appart, enfin on connaît tout ce genre de choses qui nous sont… ou les enfants etc. Et pas beaucoup je trouve se posent la question de : « Attends, je m'assois deux secondes et je me dis est-ce que j'ai vraiment envie de ça ? » Oui,
- Speaker #0
totalement, totalement. Il faut être conscient qu'avoir cette réflexion déjà c'est un privilège. qui nous offre notre niveau de vie, tu vois.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais.
- Speaker #0
Il faut avoir de l'humilité par rapport à ça. C'est déjà très très bien de pouvoir avoir des responsabilités d'adulte, mais tout le débat il était dans le fait de comment continuer à grandir sans taire l'enfant qui est en moi, en le laissant continuer à être ce qu'il est, parce que c'est ce qui nous anime. Et c'est un peu cette leçon de vie que j'essaie de faire comprendre dans mes classes, c'est que... Quels que soient les défis que vous allez avoir dans votre journée, vous avez le droit à un défouloir. Vous avez le droit à un endroit où vous pouvez décompresser et où vous pouvez vous ressentir enfant ou du moins animé par cette énergie un peu euphorique.
- Speaker #1
Ouais, de ouf.
- Speaker #0
Sans penser au lendemain constamment.
- Speaker #1
Et qu'on perd beaucoup dans nos vies d'adultes. Tu vois ? Se reconnecter à cette espèce... Tu parles d'euphorie, tu vois ? Juste sur un vélo, je crie de tous mes poumons. Ouais. Et je suis en train de me connecter à mon corps et en fait, je trouve que c'est ce qu'on perd en grandissant. Cette espèce d'innocence, un peu comme quand tu es au parc quand tu es petit ou dans une foule. Je parlais de prairies tout à l'heure en Algérie où il n'y a plus d'heures, il n'y a pas de temps, tu te mets minable, tu es épuisé, tu cours, tu transpires, etc. Mais tu es avec tes potes et tu t'éclates.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et c'est ce qu'on retrouve dans ces cours-là, tu vois ? Un retour à soi vraiment pur.
- Speaker #0
Je peux t'assurer qu'à chaque fois sur Instagram que quelqu'un me fait un retour en me disant « Merci, ton cours m'a fait du bien » ou « C'était incroyable aujourd'hui » , c'est que j'ai tout gagné. Quand quelqu'un me dit « Je me suis amusé, j'ai passé une journée de merde et grâce à ce cours, parce que ce n'est pas grâce à moi, c'est grâce vraiment à ce mood, là je me suis senti mieux et demain je sais que je vais avoir le courage de continuer ma journée » , c'est que j'ai tout gagné. - Tu vois,
- Speaker #1
ta mission elle est : tu peux faire un tic. - Exactement ! Je l'ai fait.
- Speaker #0
- Je t'ai validé et ça me donne de la force.
- Speaker #1
- Ouais, c'est ouf.
- Speaker #0
- Ça me donne énormément de force pour continuer et ça te donne vraiment cette impression. Et j'ai cette chance encore une fois, c'est une chance de me dire : "J'ai trouvé ma mission sur Terre". - C'est ouf. - Et d'être porteur de joie, c'est d'avoir un endroit et encore une fois merci au studio qui me donne cette possibilité.
- Speaker #1
- Ouais.
- Speaker #0
De m'exprimer et d'apporter de la joie aux gens en fait tout simplement. Un moment d'amusement, un moment où on peut bouger.
- Speaker #1
Oui, et c'est cool que tu réalises aussi la chance, le privilège que tu as de le faire et de pouvoir réfléchir sur ce genre de questions, offrir cette possibilité aux gens. Parce qu'en fait, on le sait très bien, la plupart des gens qui sont autour de nous aujourd'hui, hors de nos frontières, n'ont pas cette possibilité-là. Et je trouve que reculer à certains moments, se dire « Attends, là, je fais un métier que je kiffe » . les problématiques que j'ai et les choses auxquelles je réfléchis, je le fais en tant que privilégié et je...
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et juste je dézoome et je le sais. Et en fait le fait de le savoir, ça te permettra toujours de pas te laisser ensevelir par ces démons de...
- Speaker #0
T'as tout dit.
- Speaker #1
De même je peux te lever et te plaindre et te dire que t'en...
- Speaker #0
Et t'as le droit !
- Speaker #1
T'as le droit ! T'as le droit de te plaindre. Mais le fait de dézoomer comme ça dans ce genre d'espace, tu vas peut-être te détruire. Tu ne te détruiras pas. Voilà. Et ça c'est essentiel.
- Speaker #0
C'est trop bien.
- Speaker #1
Pourquoi tu as choisi la psychologie à la fin du lycée, du coup ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça ?
- Speaker #0
Oui. Pourquoi j'ai choisi la psychologie ? J'essaie de sonder... quelle était ma réflexion à l'époque. J'étais un garçon avec beaucoup d'émotions. Et la première chose que je voulais faire, c'était me comprendre. Parce que j'étais un garçon maladroit. Je confondais beaucoup l'honnêteté et la brutalité. Donc j'utilisais des vérités à la gueule des gens comme ça. J'étais un peu dans ma famille. Le gars qu'il fallait... Il fait peur, tu sais. On ne sait pas ce qu'il va dire.
- Speaker #1
Ouais, il arrive, tu peux dire « Bon, à tout moment, je vais te faire un tac, ça va faire mal,
- Speaker #0
quoi » . On sait qu'il n'a pas peur de dire les choses, mais surtout que ça peut être très mal vu, quoi. Tu vois ce que je veux dire ? J'étais un peu comme ça et… Droite ? Ouais, on continue à droite. Et j'avais… En fait, je sentais que ça me faisait souffrir et que je pouvais faire souffrir les gens comme ça.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc, je me suis dit « Bon, Nassim, ça serait bien que tu essaies de comprendre un peu ce qui t'anime » .
- Speaker #1
Bien sûr. Oui.
- Speaker #0
Et aussi, de toute façon, j'avais toujours cette capacité d'écoute qui fait que ça s'est imposé à moi. Ça s'est fait naturellement pour toi ? Voilà, ça s'est fait naturellement. Après, je ne suis pas allé tout de suite vers la psychologie parce que j'ai voulu faire un peu comme mes frères à l'époque et aller vers les débouchés. Ensuite, j'ai compris que les débouchés, c'est toi qui les crées. C'est toi, tu peux faire le métier où il y a le moins de débouchés du monde. Si tu te donnes à fond, tu finiras par les avoir tes débouchés. Bien sûr. Et encore une fois,
- Speaker #1
c'est… Si c'est fait d'une place à l'intérieur de toi, que tu es dans le kiff en fait, quoi qu'il arrive, je pense que tu te connectes à un truc qui est bon. Tu vois, toi ? Donc, tu vas réussir à en faire quelque chose. Et ça, je pense que c'est quelque chose d'important à dire aujourd'hui. De se dire « les gars, connectez-vous vraiment à ce qui vous fait kiffer » . Le reste, ça va suivre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Après,
- Speaker #1
il y a une confiance qui s'installe. Après, c'est sûr qu'il y a une expertise et tout qui vient à cause du travail, etc. Évidemment.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Mais il y a ce fil conducteur-là, ce fil rouge. Oui. il va te permettre d'être dans le kiff, quoi. Et après, ça va marcher parce qu'en vrai, tu le fais avec joie, beaucoup d'enthousiasme, moins de peur. Donc forcément, tu connectes à quelque chose d'exponentiel, je dirais.
- Speaker #0
Et ça fait peur. Ça peut faire peur d'écouter la voix qui est à l'intérieur de soi parce que tout à l'heure, on se le disait, que le confort, ça peut très vite devenir une prison. Et le confort, c'est une programmation. C'est-à-dire que... Pour ta sécurité, tu ne vas pas prendre certains risques parce que tu as peur des aspects financiers, parce que tu as peur de reprendre à zéro ou quoi que ce soit. Moi, ce que je peux dire d'expérience, c'est qu'être dans l'insécurité, être dans l'inconfort, dans une période de ma vie, ça a été la période la plus heureuse de ma vie. Vraiment.
- Speaker #1
En gros, le recul que tu arrives à...
- Speaker #0
à prendre et le regard que t'arrives à poser sur quelque chose qui est pas facile je me souviens d'une période où j'étais avec un de mes meilleurs amis qui s'appelle Shams, où on avait rien on était en train de construire notre vie mais je me suis jamais senti aussi heureux qu'à cette période parce que j'étais certain que j'allais là où je voulais aller tu avais une confiance tu dirais à l'intérieur de toi un truc,
- Speaker #1
un socle en mode moi j'appelle comme ça, je dis toujours à mes potes cette espèce de « je sais » à l'intérieur. Tu vois, un truc que ton âme, elle sait qu'il va se passer un truc cool.
- Speaker #0
La misère peut être très agréable si la maison qui est à l'intérieur de toi est chaleureuse.
- Speaker #1
Incroyable. C'est hyper puissant et je pense que c'est… Si on peut tous tendre vers ça, le monde ira mieux. Ah oui,
- Speaker #0
mais tellement,
- Speaker #1
On se tourne un peu plus vers l'intérieur et ensuite on shine à l'extérieur. Exactement. Et c'est une bonne base d'avoir ça. Mais justement, tu parles de ta vie. Tu commences la psychologie, tu te cherches, etc. Les quelques mois avant Dynamo et que du coup, en fait, tu passes un peu sur le devant de la scène et qu'il y a ces studios-là qui te contactent et que toi, justement, t'arrives enfin à être complètement aligné dans ce que tu fais. C'est quoi ta vie avant ? Avant que tu sois booké partout, que tout le monde dise « Putain les cours de NAS ils sont géniaux ! »
- Speaker #0
Alors c'est quoi ma vie avant ? C'est un garçon qui fait ce qui lui plaît mais un peu loin des spotlights pour le coup. J'étais déjà en train de prendre énormément de plaisir dans mon travail, dans la taille dans laquelle j'ai commencé et qui s'appelle l'atelier. Et à ce moment-là... Il y a juste des projets et de toute manière, des milliers de manières de l'exprimer.
- Speaker #1
Bien sûr, ouais.
- Speaker #0
Donc j'ai eu cette opportunité avec Dynamo.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et les opportunités, de toute manière, tu les crées d'une certaine manière. Tu les crées. Peut-être que si j'avais entendu le speech de Dynamo il y a un an… enfin, là ça fait deux ans mais avant même d'être coach peut-être que ça m'aurait même pas touché.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais à ce moment-là ça paraissait comme une évidence.
- Speaker #1
Ok. Tu le connaissais avant ?
- Speaker #0
Je ne connaissais pas du tout. Quand Leila m'a contacté elle m'a dit : « tu vas être sur un vélo, tu vas créer ta playlist et tu vas faire danser les gens » . J'ai dit : « mais c'est pas possible, c'est comme si t'avais regroupé tous les trucs que j'aimais dans la vie, c'est-à-dire le sport, la musique, la danse en espace d'expression » . Et que tu m'avais dit : « c'est ton taf à partir de maintenant » , je me suis dit : C'est un truc de fou.
- Speaker #1
Tu as bien répondu, c'est qu'en fait, et surtout que tu l'as dit...
- Speaker #0
Tu exercais déjà ton métier de coach sportif. Et malgré le fait que tu n'avais pas de spotlight sur toi, tu kiffais quand même parce que tu connectais quand même à ce que tu disais au début de l'épisode. Accompagner les gens, connecter à eux malgré leurs différences, les accompagner dans un développement personnel. Et en fait, je trouve que la scène que tu as offerte Dynamo, c'était juste pour te dire, OK, en fait, tu vas dire les mêmes choses. être la même personne sauf qu'on va te donner un micro un peu plus puissant.
- Speaker #1
C'est exactement ça. C'est très bien dit.
- Speaker #0
Et là, c'est trop cool parce que ta lumière, elle peut bénéficier à beaucoup plus de personnes, aider plus de gens. Et toi, du coup, t'es dans le kiff.
- Speaker #1
Je suis comblé.
- Speaker #0
On a parlé de ça au téléphone la dernière fois et je t'ai dit que moi, j'avais pas trop de tabous. Je trouve qu'en tant qu'être humain, on se pose beaucoup de limites dans notre langage. On n'ose pas demander des choses, etc. Et tu m'as dit que parler d'argent pour toi, ce n'était pas un souci.
- Speaker #1
Ah non, du tout.
- Speaker #0
Là, tu travailles beaucoup. Oui. Tu m'as dit, je crois que tu as un jour de repos ou quelque chose comme ça.
- Speaker #1
Non, là, j'ai zéro jour de repos. Zéro, encore mieux. Je travaille toute la semaine.
- Speaker #0
Mais personnellement, tu te sens bien ?
- Speaker #1
Ah oui, je me sens très bien. Je gagne bien ma vie. Je gagne encore mieux ma vie que quand j'étais thérapeute. le seul truc c'est qu'il faut que je sache aménager le temps parce que pour le dire le vrai souci quand tu t'aimes ton métier c'est que t'as tendance à négliger tout ce qu'il y a autour donc si tes proches peuvent te le reprocher ta meuf il y a une tante ans ma famille peut me le reprocher bien qu'ils soient là à me soutenir ils sont trop heureux pour moi mais il est là la véritable problématique c'est que tu gagnes bien ta vie donc tu peux Merci. Tu peux réinvestir, tu peux voyager, tu peux faire plein de trucs. Par contre, il faut savoir arrêter. Oui, bien sûr. Il faut savoir arrêter. Et c'est un peu là mon défi actuel, c'est d'aménager du temps pour moi et de trouver une manière de travailler, même un business plan un peu différent pour que je puisse aussi prendre du temps pour moi. Et ce qui me plairait vraiment, la cerise sur le gâteau pour moi, ça serait de former des coachs.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
C'est pour moi mon... Là où je vais retrouver vraiment le petit bonheur en plus, c'est d'essayer de transmettre cette fibre à d'autres coachs.
- Speaker #0
À d'autres, oui.
- Speaker #1
Parce que certes, je suis encore jeune, mais…
- Speaker #0
Tu as envie de… Mais pour moi, il faut… C'est important de se renouveler et de…
- Speaker #1
Exactement, il faut se projeter.
- Speaker #0
Et de passer des paliers. Et ça ne t'empêche pas à côté de continuer d'enseigner et de connecter avec les gens, tu vois. Moi, ce que je me demande justement quand… Parce que je me retrouve un peu dans ce que tu dis.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
donc je sais pas si tu sais mais moi j'ai j'ai Je suis à Marseille, enfin j'étais à Marseille pendant deux ans et demi parce que ma famille est du coin et j'étais prof de yoga. Et je suis arrivé au moment où en fait tous les studios commençaient à ouvrir. Donc génial pour moi, un peu comme toi. Et je me suis retrouvé avec plein de classes, j'avais un job à côté, donc c'était cool, j'avais quand même une espèce de sécurité. Mais du coup, quand ça commence à marcher pour toi, c'était cool puisque j'ai gagné trop bien ma vie. Les gens me faisaient plein de retours en mode cam. Comme toi, franchement, tu apportes du bonheur aux gens. Le dimanche soir, ils ont le blues, ils viennent à ton cours et en fait, ça va beaucoup mieux. Tu te dis, putain, en fait, je gagne ma vie, je gagne bien ma vie et je vais kiffer les gens, tant mieux. Mais moi, j'étais surtout animé par cette espèce de peur de manquer, donc d'accumuler les classes, de... Et tu comptes, tu comptes, tu comptes, tu comptes. Donc, tu l'es fini par bien gagner ma vie, mais au final, ça n'a pas fonctionné pour moi parce qu'à un moment, j'ai dû arrêter parce que c'était trop, tu vois. Est-ce que toi, il y a une part de peur dans cette... cette logique-là d'expansion ou pas du tout ?
- Speaker #1
C'est une trop bonne question. Pour le coup, tu me prends de court. J'essaie de penser positif. J'utilise vraiment mes tips de psychologie pour le coup dans ma mentalité autour de mon métier. C'est que je me dis, à anticiper le pire, tu as un truc prophétique, du coup, plutôt qu'il se crée. C'est que petit à petit, ça va ranger. une partie de ton cerveau et cette peur va s'installer. Donc, j'essaie de ne pas trop me concentrer sur ça et de me dire, garde la tête dans le guidon, aime ce que tu fais. Je pense qu'on va se la refaire, celle-là. C'est compliqué. Tu sais que tu m'as pris de court. C'est une question de fou. Non, mais ta question, elle est trop bien.
- Speaker #0
On peut la faire plus simple.
- Speaker #1
Franchement, non mais elle est d'une simplicité mais d'une cohérence qui m'a désarmé justement.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
C'est effectivement… toi ce que tu es en train de dire c'est qu'au bout d'un moment tu as eu quoi, un genre de burn-out ?
- Speaker #0
Ouais, un bloc. En fait j'étais en cours et en fait j'ai eu des crises d'angoisse dans le cours.
- Speaker #1
Crise d'angoisse.
- Speaker #0
Et en moi je me disais « mais moi de quoi que je gère ? » .
- Speaker #1
J'ai des crises d'angoisse en pleine course, ça m'arrive. C'est pour ça que ça m'a pris le con, c'est qu'il voulait savoir exactement de quoi tu parlais.
- Speaker #0
Ok, ok.
- Speaker #1
Mec, ta question me met des frissons. Tu t'en rends pas compte. C'est vrai ? C'est un truc de fou. Là, tu touches quelque chose de mon essence. Ok. Vraiment, tu touches quelque chose.
- Speaker #0
Bah réfléchis, laisse aller. Ou sinon, on la zappe.
- Speaker #1
Ah, mais là, je vais peut-être chialer.
- Speaker #0
Mais je me demande, toi, dans cette expansion-là, est-ce qu'il y a quelque chose qui est... Il y a encore des peurs ? Il te pousse à grandir en mode « putain, en fait, je vais prendre des classes, je vais remplir mes cours, etc. » Est-ce qu'il y a une partie de peur où tu arrives justement à te détacher de ton mental et à être simplement connecté à cette joie dont tu parlais plus tôt ?
- Speaker #1
Oui, il y a une gestion de la peur, clairement. Parce que ce que les gens doivent savoir, c'est que dans ce métier, et surtout quand tu fonctionnes dans ce métier, c'est comme si tu prenais une arme avec toutes tes angoisses et que tu laissais... aux gens la liberté de te tirer dessus comme ils le veulent. C'est une vulnérabilité qu'il faut accepter. Et ce qui a changé par contre, c'est ma manière de gérer cette peur. Il y a différentes manières de la gérer. Quand tu n'es pas habitué, tu rentres dans ton corps avec la boule au ventre. Concrètement, tu te dis, je ne sais pas ce que les gens aiment vraiment chez moi. En même temps, je fais ce métier par passion. Du coup, ça touche quelque chose qui est très profond en moi. Donc ça me rend très vulnérable. Et comme tu l'as très bien dit et comme tu l'as très bien compris, il y a une volonté de se sentir bien à travers le regard des autres. Donc il y a un enjeu. Et pour désamorcer cet enjeu, il faut faire confiance en la connexion que tu as créée avec les gens. En gros, je sais aujourd'hui que j'ai une communauté. Un truc que je n'acceptais pas du tout parce que je trouvais que ça faisait très Instagrammeur, très influenceur. Et c'est quelque chose que je rejette parce que je suis plutôt pudique.
- Speaker #0
Bon,
- Speaker #1
je suis pudique. pas vraiment si confiante en moi que ça. J'ai parlé de mes crises d'angoisse en cours. J'ai parlé de ce qui m'animait. Il m'est arrivé même de pleurer pendant mes cours ou d'avoir des crises pendant mes cours. Et ce qui m'a désamorcé, c'est de dire « L'équipe, j'ai besoin de vous. Est-ce que vous pouvez faire du bruit ? Est-ce que vous pouvez crier ? » Et il y a une sensation qui se crée à ce moment-là qui est exceptionnelle. C'est l'impression qu'on t'a totalement accepté, qu'on ne te demande pas de toi en tant que prof de yoga en tant que que prendre du djinn d'encycling ou autre chose, on ne te demande pas d'être surhumain, on ne te demande pas d'incarner un idéal, on te demande de venir avec le plus d'authenticité possible.
- Speaker #0
Olivier Roland D'être toi.
- Speaker #1
Olivier Roland D' Voilà, d'être toi le plus possible. Et je crois que c'est ça le secret, c'est de dire à tout le monde aujourd'hui, je ne suis pas trop bien, donc c'est moi qui ai besoin de vous aujourd'hui. Olivier Roland D'
- Speaker #0
Incroyable. Olivier Roland D'
- Speaker #1
Donc, c'est vous qui allez me faire le cours.
- Speaker #0
Olivier Roland D' Et cette notion de communauté, elle prend tout à fait son sens là.
- Speaker #1
Olivier
- Speaker #0
Roland D' Oui. leader élève. C'est un humain. qui est là, qui va te servir à te dépasser, à faire ce cours matériellement parlant. Mais pendant le cours, il y a cette espèce de lien de confiance qui se crée et qui fait qu'en fait, toi, tu peux arriver en cours avec toute ta vulnérabilité, avoir passé la pire des matinées ou la pire des journées, et arriver à ce cours et à se dire, les gars, j'ai besoin de vous. Et du coup, là, il y a cette connexion d'humain à humain qui se fait.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais c'est bien qu'on en parle et que tu le déconstruises aussi dans ta tête parce qu'encore plus avec les réseaux et tout aujourd'hui, on met beaucoup les profs sur des piédestals, on peut starriver un peu certains profs. Et encore, on est en France, à Marseille, tu vois, mais on a des profs à Paris ou à New York, etc., qui sont maintenant devenus des mastodontes financiers, etc., je vois, et qui, du coup, ont cette espèce de lourdeur et de responsabilité sur les épaules. Mais je crois que si on rentre en cours en tant que prof, enseignant, en te rappelant au plus profond qu'en fait, tu es humain et tu peux arriver toi-même avec tes émotions, ton lot d'angoisse, etc. à passer un meilleur moment. Et du coup, à gérer parfaitement. Parce que c'était gérer parfaitement que de dire aux gens « Guys, là, j'ai l'angoisse. » Et j'ai besoin de vous. J'ai besoin que vous me portiez tout comme je vous porte. Et en fait, du coup, vous. Et tu vois, je te disais tout à l'heure en descendant, la vulnérabilité nous connecte aux autres. Et en fait, je crois que c'est la clé de... C'est ça pour moi la vraie réussite chez toi, c'est que matériellement, ça marche, tu gagnes bien ta vie, mais personnellement, ça marche encore mieux.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Parce que tu connectes ton cœur aux gens et ça se voit. Enfin, tu es ému en parlant de ça. C'est cool. J'aime ça. Trop bien.
- Speaker #1
Bon, je suis content.
- Speaker #0
J'ai une question piège, Nass. allez là si je pouvais je t'apporte un miroir tu la vois venir je te le tiens en face Tu te regardes dans le miroir, qu'est-ce que tu te dis de toi ? Qu'est-ce que tu vois ?
- Speaker #1
Euh... Putain, c'est dur. Alors, qu'est-ce que je vois ? Bah, en vrai, je vois... Je vois une personne qui a fait du chemin, plutôt beau gosse.
- Speaker #0
Ouais ! Franchement, c'est bien de le reconnaître.
- Speaker #1
Qui s'exerce bien, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, c'est ouf.
- Speaker #1
Outre le physique, quelqu'un qui ne voudrait pas être ailleurs qu'à ce moment précis.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je pense que c'est ce que je vois déjà. Je vois le moment présent.
- Speaker #0
Bien.
- Speaker #1
Je vois mon âge, ma peau, mon humeur. Et je commence ma journée en me disant, je ne veux pas être ailleurs. Ok.
- Speaker #0
Tu arrives à te connecter à l'instant présent, de manière générale ?
- Speaker #1
Oui, de plus en plus.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai installé des petites routines pour m'en assurer, des petits exercices de respiration, des moments de déconnexion. Quand tu fais une pause, il faut que ce soit vraiment une pause. Une pause café, il ne faut qu'il n'y ait rien. Il ne faut pas qu'il y ait ton portable, il faut qu'il y ait ton café. C'est tout ? Donc ouais, je fais beaucoup ça.
- Speaker #0
Donc ouais, tu te regardes dans le miroir, tu vois tes attraits physiques, tu vois l'instant présent, donc trop cool. Si tu regardes un peu plus dans tes yeux, le mec il force. Qu'est-ce que tu vois ? Est-ce qu'il y a de la confiance en toi ? C'est quoi l'estime que tu as de toi ?
- Speaker #1
Tu sais ce que je vois si je regarde plus profondément dans mes yeux ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je vois un garçon qui essaye ou qui met un masque d'adulte, mais qui n'a jamais trouvé la recette pour l'être.
- Speaker #0
Ouais, je crois que c'est bien.
- Speaker #1
Du coup, c'est comme une sorte de... Quand je me regarde dans le miroir le matin, c'est comme un genre de maquillage mental que je mets pour pouvoir faire semblant d'être adulte toute la journée.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais la vérité, c'est que... Quand je croise des gens dans la rue, j'ai envie de leur faire des blagues. Quand je vois un bâton par terre, j'ai envie de le prendre comme si j'étais un gamin. Quand je suis content, j'ai envie de faire une roulade ou de faire des accolades. Quand j'aime les gens, j'ai envie de les mordre, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, t'es en mode... t'es connecté à l'enfant, comme on disait tout à l'heure. Il est là, quoi.
- Speaker #1
Du coup, je me regarde en général. Plus profond, je me dis, ah, Anassim, t'es encore aujourd'hui un bébé. Ouais.
- Speaker #0
Est-ce que ta meuf, elle te dit... En fait, c'est un gros bébé, mec. Non,
- Speaker #1
mais... Ah oui ! En vrai, ce qui est bien avec mon taf, c'est que ça canalise mon énergie.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
ouais,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Elle serait épuisée. Et encore, elle est épuisée, là. Elle est juste habituée.
- Speaker #0
Elle s'est habituée, puis ouais, je pense qu'elle sait aussi, peut-être que je ne la connais pas, mais peut-être qu'à des moments, elle sait aussi déconnecter. Laisse-moi tranquille deux minutes.
- Speaker #1
Elle se publie, des fois je la chope, je la jette dans les airs. Je la chiffonne, juste elle a les yeux vides et je dis bon c'est pas grave. Il faut que ça passe, c'est une tempête d'émotion. La tempête de chiffon. Ouais, ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Manon, tu passes par là, c'est Manon qu'elle s'appelle. Ouais, ça s'appelle Manon. On est avec toi, on est avec toi.
- Speaker #1
Ma petite Manon.
- Speaker #0
Génial. Est-ce que quand on s'est appelé, et t'en parles beaucoup dans tes cours, t'as dit que la santé mentale c'était un sujet central pour toi, de ta vie.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Mais justement, est-ce qu'il y a un moment dans ta vie où tu as compris que la santé mentale, c'était un sujet qui était non négociable ?
- Speaker #1
Où c'est devenu comme une sorte de déclic ?
- Speaker #0
Ouais, quand est-ce que c'est devenu central pour toi en réalité ?
- Speaker #1
Alors ça l'est devenu pendant le Covid. Pendant le Covid, il y avait un numéro sur lequel les gens pouvaient m'appeler, notamment des étudiants, pour me dire, pour pouvoir parler, et pas se sentir seul.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
C'est à ce moment-là que je me suis dit, parce qu'en soi, je suis assez fort mentalement. J'ai tellement de bonnes bases que je ne me suis jamais senti vraiment seul, vraiment esselé pour le coup. Bien sûr. Chaque fois que j'ai eu de la solitude, je l'ai choisi. Il y a certaines personnes qui ne choisissent pas leur solitude.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Qui se sentent seuls face à des enjeux. Et c'est à ce moment-là... Quand je les ai eus au téléphone et que je me suis rendu compte qu'il y a certaines personnes qui se sentent esselées, que je me suis dit que c'est la pire chose, de mon point de vue, c'est la pire chose qu'on puisse ressentir, c'est de se sentir totalement esselé, pas pouvoir à qui parler. Il y a un truc dont on ne parle pas beaucoup, une vraie épidémie, c'est le suicide, notamment le suicide chez les hommes.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu sais que...
- Speaker #0
Pas étonnant, en vrai.
- Speaker #1
Par année, il y a 700 000 personnes... qui se donne la mort. Faudra vérifier les chiffres. Mais il me semble que c'est ça. Et c'est fou parce que le premier pansement, la première chose en prévention contre ça, c'est le fait de pouvoir libérer la parole. C'est le fait de pouvoir parler de ce qui va pas. Et il y a certaines personnes qui ont des pathologies qu'ils ne connaissent même pas. Tu vois, ils ne s'en rendent même pas compte, ils n'ont pas été diagnostiqués. Il y a des problèmes qu'ils ont des... Il y a des problèmes dont les gens ne sont même pas conscients à ce niveau-là. Et la santé mentale, c'est ce fait de garder, si tu veux, de ne pas laisser chavirer le bateau dans un premier sens. Parce que les gens ne font pas semblant d'être tristes. En général, ils font semblant d'être heureux.
- Speaker #0
C'est puissant, ça.
- Speaker #1
Les gens ne font jamais semblant d'être tristes, ils font semblant d'être heureux. Essayez d'avoir vraiment de la bienveillance par rapport à ça. Si c'est un message que je peux donner, c'est une personne qui dit qu'elle ne va pas bien, prenez ça vraiment comme une opportunité pour aider cette personne. Allez du principe qu'une personne qui vous dit qu'elle va bien, ça peut cacher quelque chose aussi.
- Speaker #0
Bien sûr, et d'offrir... Je parlais d'écoute tout à l'heure, que tu as cette capacité, toi, depuis ton plus jeune âge, parce que ta famille, etc. d'écouter les gens. Je pense qu'offrir une oreille, on sous-estime beaucoup l'impact que ça a pour justement une personne qui va mal. En mode, là j'ai 10 minutes à s'accorder. Je pense que toi ça te le fait aussi parfois dans tes cours avec les personnes que tu rencontres. Offrir, ça ne veut pas dire offrir toute sa journée et se dévouer à l'autre, attention. Mais offrir l'espace-temps à quelqu'un en lui disant là je vais t'écouter pendant 5 minutes mais je vais vraiment t'écouter.
- Speaker #1
C'est trop bien.
- Speaker #0
La personne a la force d'elle-même, tu vois. Parce qu'en fait, ça fait trois jours qu'elle rumine et qu'en fait, comme tu disais, peut-être qu'elle a des pensées plus noires que ce qu'on l'imagine.
- Speaker #1
Mais surtout que j'aime bien ta posture. C'est-à-dire que tu as dit, je vais offrir une oreille. C'est-à-dire, je ne vais pas offrir de solution.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Ce n'est pas ce qu'on demande. On ne demande pas cet état d'esprit de, moi aussi, j'ai des problèmes, je ne vois pas pourquoi tu te plains. Non, je te donne une oreille attentive. Tu essaies vraiment de comprendre ce qui va.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
va pas carrément il ya un truc que je me suis dit aussi pendant cette période où où les gens pouvaient m'appeler, c'était bizarre, c'est bizarre ce que je vais te dire, mais j'avais l'impression que ça me nourrissait, et ça ne me plaisait pas le fait que ça me nourrissait. Je t'explique, c'était un peu une sorte de complexe du super-héros. Le fait que les gens aient besoin de toi, c'est satisfaisant d'une certaine manière.
- Speaker #0
Carrément.
- Speaker #1
Et le problème c'est que les gens, tu es censé les aider, ils ne sont pas censés devenir dépendants de toi. Ouais. Donc il a fallu que je trouve un curseur qui me permette d'aider les gens sans essayer d'y trouver un plaisir... Ah, c'est compliqué à expliquer.
- Speaker #0
Non, tu l'expliques très bien. Tu vois un peu ? Je pense que pour toi, il y a un moment où il y a peut-être eu ce truc de où est-ce que je place mon curseur par rapport à cette personne-là, tu vois ?
- Speaker #1
Exactement. Je me rendais compte que je leur répondais à n'importe quel moment. de la journée, même très tard le soir. Ça voulait dire quelque chose de moi, ça voulait dire que j'en avais besoin autant que.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Parce que le fait d'aider les gens dans leurs problématiques, c'est d'une certaine manière une manière de toi te détourner de tes problématiques à toi. Déjà, donc c'est... C'est un processus d'évitement quelque part.
- Speaker #0
Oui, et très facile. Je me tourne vers l'autre, mais du coup, je ne me regarde plus loin, je n'ai pas le temps. Exactement,
- Speaker #1
je n'ai pas le temps, je me préoccupe des gens, etc. Et le fait qu'ils aient besoin de toi, ça te fait te sentir bien. Donc tu penses que tu vas mieux, mais il faut faire attention à ça. Il faut d'abord se sauver soi-même. C'est un peu ce qu'on tourne pendant tout l'interview. Bien sûr. On a la chance d'avoir tout le conditionnement autour de nous pour aller chercher ce qu'on veut vraiment. Tu vois, l'endroit dans lequel on vit dans le monde nous permet de le faire.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Donc franchement, faites-le. Il n'y a rien à perdre. À le faire, faites-le. Ça vaut le coup.
- Speaker #0
Ça vaut le coup.
- Speaker #1
Ça vaut vraiment le coup. Et c'est à ce moment-là que tu vas rendre les gens autour de toi meilleurs, parce que toi, tu te seras rendu meilleur déjà. C'est ça.
- Speaker #0
Après, on rayonne tous ensemble et let's go, le monde va mieux. Et c'est un truc qui revient beaucoup avec tous les invités que j'ai, cette espèce de question de rayonnement personnel qui... Voilà, et en fait, système qui est rabâché partout aujourd'hui, mais voilà, je rayonne et je vais permettre aux gens de rayonner. Du coup, le monde de manière générale va beaucoup mieux.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Tous les dictateurs de ce monde, s'ils rayonnaient peut-être un peu plus,
- Speaker #1
ça irait mieux, tu vois. On est dans un monde tellement imprévisible.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et en soi, la sensation de contrôle, c'est juste une sensation. On essaie juste de se créer un chemin autour d'un chaos environnant. Et je trouve que c'est plus facile de se frayer un chemin, si on s'écoute, si on se fait confiance d'une certaine manière, là où c'est très facile de plutôt se tourner vers l'autre et d'attendre qu'on nous donne une solution. On est rentré, je trouve moi, après c'est mon point de vue, dans une passivité où on ne fait plus confiance à ses sens pour se faire un avis. Le truc c'est qu'on est dans un climat politique tellement anxiogène en ce moment, il y a tellement de trucs qui se passent qui font peur. qu'au contraire, au lieu de se détourner de son prochain, il faudrait se rendre compte qu'on vit, avec la personne qui est à l'autre gauche, à l'autre droite, que la France, c'est un pays qui est exceptionnel, je veux dire.
- Speaker #0
Et qui est magique par rapport à ça, tu vois.
- Speaker #1
Et qui est magique par rapport à ça. Tu peux parler à n'importe qui dans la rue, il aura une vie totalement différente de la tienne, et ça va t'apporter.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
Tu vois, et c'est des trucs, peut-être, qu'on peut vivre qu'en France.
- Speaker #0
Ah, carrément, cette diversité-là, etc., elle est... Elle est précieuse et en fait en temps grave, tu te replies sur toi, tu oublies ta sensibilité. Parce qu'il y a tellement de peur de l'autre que tu te coupes de cette sensibilité-là de connexion. Sauf que si on arrive justement à ouvrir la parole autour de ce genre de sujet, ça permettra peut-être demain matin, une meuf ou un gars va acheter sa baguette, peut-être qu'il va connecter une demi-seconde. Et c'est quelque chose que je fais beaucoup moi. Je suis barista sur le côté, donc je fais du café toute la journée à des gens. Et souvent, on me demande à la fin de l'année, bilan annuel, pourquoi tu fais ça, quels sont tes challenges pour l'année prochaine, etc. Les gars, moi, mon challenge, c'est tous les jours de connecter aux gens. Comment ça va ? Comment tu as dormi ? Tu veux quoi ? Et en fait, je trouve que derrière la machine, tu as cette capacité-là de voir les gens dans la récurrence. Un peu comme dans les pourques, tu sais. Donc, tu vois parfois des gens qui... rendent vacances, sont heureux, puis ensuite le sont pas. Donc en fait, le fait de connecter à l'autre et de prendre des nouvelles, et de connecter d'humain à humain, moi pour le coup ça change le courant de mes journées. Je me dis putain c'est cool, cette personne elle va bien, ou alors elle va mal, mais juste je lui ai parlé deux minutes, en fait elle ira un tout petit peu mieux, et demain elle arrivera peut-être avec le smile ou pas, mais je lui réoffrirai cet espace-là de parole.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
Ça c'est ouf.
- Speaker #1
mais il a fait un bon cardio là pour monter ça arrache aussi cool désolé si on est tout les gars au micro que ça fait le charme de ce boite et en vrai les gens prennent souvent dans ma famille me disent mais tu es fou on dit c'était fou parce que j'interagis avec Toutes les personnes avec lesquelles je peux interagir dans ma journée. Je vais toujours un peu plus loin, je personnalise tout ce que je fais. Et encore, ce terme personnalisé, c'est un terme plutôt commercial. Je ne le fais pas exprès.
- Speaker #0
C'est naturel chez toi.
- Speaker #1
Je croise quelqu'un dans la rue, je vais discuter avec. Et puis c'est tout. Et moi j'ai envie de dire aux gens, c'est vous qui êtes fous de ne pas le faire.
- Speaker #0
Je crois qu'il faut remettre le vocabulaire où il se trouve. Exactement.
- Speaker #1
A chaque fois que tu discutes avec quelqu'un, tu tisses une toile invisible qui... qui crée ensuite une peinture bien plus grande et un peu plus compacte, un peu plus consistante. Et tout te paraît un peu plus familier. Et je suis certain que ça te rend plus sûr à l'intérieur de toi et ça rend nos rues plus sûres.
- Speaker #0
Tiens, carrément. Sur justement pouvoir compter les uns sur les autres. Moi, j'ai eu pas mal de peur par rapport à ça, tu vois. De me retrouver parfois dans la rue et de me dire « Putain, s'il m'arrive quelque chose, qui est-ce qui va venir m'aider, etc. » Mais c'est justement... en créant ces micro-liens aux autres, qui en réalité ne le sont que très peu, que justement tu te sécurises et que tu peux compter sur ta communauté, etc. Ce dont je parlais tout à l'heure sur la plage, ça fait son sens aussi, tu vois. Et ouais, c'est incroyable de parler de ça. Et ça me donne un bon espoir pour la suite.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et justement... Donc, on comprend que tu offres beaucoup de ton oreille, etc. Et je crois que tu as capté cette finesse entre offrir, mais pas se donner complètement. Oui. Mais le faire avant tout avec sincérité. Qui est-ce qui s'occupe de Nass quand tu rentres à la maison et que c'était pas une bonne journée là ? Et mentalement, c'est un peu chaud.
- Speaker #1
Qui s'occupe de toi ? Il y a ma femme qui s'occupe de moi d'une manière incroyable. Il faut savoir que tout mon succès, en soi, je lui dois d'une certaine manière. Mais aussi à ma famille qui me conseille énormément. Mais comme je t'ai dit, j'ai toujours été le chouchou de ma famille. Donc je suis chouchouté. Il y a encore des gens maintenant qui s'inquiètent pour moi dans ma journée. qui vont m'envoyer un texto en mode t'as pris le vélo, fais attention parce qu'il pleut, parce qu'ici, parce que ça.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et ouais, d'une certaine manière j'essaye de m'en approcher parce que les gens développent tous cet instinct un peu maternel ou paternel avec moi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Parce qu'ils me voient vivre avec autant de... de légèreté, tu vois.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et d'un côté, ça me plaît, ça me touche, parce que c'est leur manière de m'aimer. Je le vois comme une marque d'affection.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et de l'autre côté, j'essaie de m'en affranchir, parce que je veux être quelqu'un de confiance.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et je veux que les gens puissent, au contraire,
- Speaker #0
avoir confiance en toi. Compte, ouais.
- Speaker #1
Être compté sur moi constamment, tu vois.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais ouais, les gens qui me soutiennent et qui s'occupent de moi, c'est ma mère mon père mes frères et ma copine.
- Speaker #0
C'est ton socle.
- Speaker #1
Ah, c'est un socle.
- Speaker #0
C'est génial d'avoir ça.
- Speaker #1
Je te dis sincèrement, il y a plein de fois dans cette carrière de coach sportif où j'aurais jamais baissé les bras de toute manière, mais je me serais senti perdu si je ne les avais pas.
- Speaker #0
Bien sûr. Et je pense que c'est encore plus important quant à cette posture de... Tu aides les gens, tu donnes ces énergivores aussi quelque part, parce qu'on t'en redonne de l'énergie évidemment, mais quand même tu émanes beaucoup d'énergie de pouvoir rentrer dans ces zones safe, familiales et amicales qui vont... Là, il n'y a plus de prof. Il n'y a plus personne, c'est nass. Tu peux te prélasser et dire, « Maman, j'ai besoin de toi, j'ai besoin de ton petit plat. » « J'ai besoin d'un câlin à ta meuf. » Et en fait, c'est ça qui... qui fait du bien, je pense, et c'est ça qui te tiendra aussi en partie sur le long terme.
- Speaker #1
Ah oui, clairement.
- Speaker #0
Tu vois, le fait de pouvoir te recharger personnellement. Mon cardio étant PLS, je te dis, ouais, je fais du vélo et tout, mais en vrai, je crois que je ne fais pas assez. Ça ne va pas. Trop bonne balade, en tout cas, c'était cool. Mais j'ai une dernière question. Il y a beaucoup de monde dans ma vie où je me suis retrouvé en galère émotionnelle à écouter des podcasts, à essayer de trouver une solution, à puiser en moi, chercher l'extérieur, ça ne marche pas. Mais il y avait quand même quelques personnes qui me donnaient un conseil dans la journée et en fait, ça me faisait tenir pour aller donner un cours, pour affronter un peu ma vie parce qu'à ce moment-là, c'était un peu de l'affront. Qu'est-ce que tu dis, toi, à la personne qui se trouve derrière la caméra aujourd'hui, qui vient d'écouter ton podcast ? mais qui est un peu en galère émotionnelle.
- Speaker #1
Moi, j'aimerais lui dire que parfois, on est juste un peu trop stimulé et que c'est très très bien de rechercher à l'intérieur de soi des réponses. Mais de temps en temps, il vaut mieux se connecter à la réalité en faisant quelque chose de manuel ou alors en bougeant. Et essayer de pas trop se concentrer sur sa motivation en général. Et de trouver quelque chose dans lequel vous pouvez être discipliné.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Il n'y a rien de mieux pour sa santé mentale et pour les bads émotionnels de s'accrocher à une passion ou quelque chose qui t'accroche à la réalité. Ça peut être une séance de yoga, ça peut être faire de la poterie, ça peut être boire un chocolat chevelu, regarder une série si tu as envie, ou alors faire une marche comme ça, il n'y a rien de mieux.
- Speaker #0
Revenir dans l'instant en quelque sorte.
- Speaker #1
Exactement. Te reconnecter. au moment dans lequel tu es et je pense qu'il n'y aura rien de mieux. Je suis sûr.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Ok, je pense que c'est un très bon conseil. C'est un peu démentaliser, arrêter d'être là-haut en mode, la solution vous la trouverez peut-être pas mentalement aujourd'hui, et rarement d'ailleurs, je crois que ça se passe rarement là-haut, mais plutôt ici. Déconnecte et reviens dans cet état de réellement faire quelque chose.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Et comme tu disais, ça peut être boire un chocolat chaud, mais pose ton tel.
- Speaker #1
ou va connecter avec quelqu'un réellement c'est ça je trouve que c'est un très bon conseil qui fera beaucoup de bien aux gens qui nous écoutent coupe le fil de ta pensée et de ça ton portable et va faire quelque chose d'un peu plus manuel quelque chose qui t'ancre à ta réalité génial,
- Speaker #0
on va finir l'épisode sur ça merci pour le temps que tu as accordé à ça merci pour l'ouverture que tu as eu et la vulnérabilité que tu as montré pendant cet épisode c'est un plaisir Ça va inspirer beaucoup de gens. J'espère que tu as pris du plaisir à l'exercice et que ce sera peut-être que le premier d'une longue série de toi qui parle face cam, tu vois, avec une autre personne ou un autre format. Voilà, je te souhaite le meilleur pour la suite. Travaille, prends un jour de repos quand même de temps en temps. Ça fait du bien, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, je vais.
- Speaker #0
Et ça va le faire, quoi. Voilà, trop cool. Je te fais un câlin pour te remercier. Merci.
- Speaker #1
Mais de rien. Merci. Je suis trop content.