- Speaker #0
Bienvenue dans We Love Mobility, le premier podcast dédié aux tendances de la mobilité internationale et de la gestion des talents. Chaque premier lundi du mois, je reçois un invité avec qui on va discuter des tendances et du futur de la mobilité internationale, du recrutement et de la gestion des talents étrangers.
- Speaker #1
Moi, c'est Caroline Troillard, directrice générale de France Immigration,
- Speaker #0
acteur incontournable de la mobilité internationale. dans laquelle j'évolue depuis presque 20 ans. Retrouvez-nous sur LinkedIn et Instagram pour suivre l'actualité du podcast et interagir avec nous. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Sandrine Matelin, experte en mobilité internationale et fondatrice d'Alcime Mobilité Internationale. Avec plus de 25 ans d'expérience sur le terrain, Sandrine nous partage son regard unique sur la mobilité internationale. Dans cet épisode, nous allons aborder trois sujets essentiels. La santé. et la qualité de vie des expatriés, l'importance de maintenir le lien avec les collaborateurs à l'international, et enfin, les tendances et les enjeux futurs de la mobilité, de plus en plus hybrides et centrés sur l'humain. Préparez-vous à des conseils concrets et des insights précieux pour mieux accompagner vos collaborateurs dans leur mission à l'étranger. Hello Sandrine !
- Speaker #1
Hello Caroline !
- Speaker #0
Je suis trop contente de te retrouver ici ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de Wheel of Mobility. Alors nous, on se connaît depuis très longtemps. Mais pour ceux qui nous écoutent, est-ce que tu peux prendre un petit moment pour te présenter ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc, je suis Sandrine, j'ai une formation en psychologie et un master ESSEC en RH. Mais en fait, j'ai surtout appris la mobilité internationale sur le terrain et depuis 25 ans.
- Speaker #0
Très bien. Et alors, pourquoi tu as choisi la mobilité internationale et qu'est-ce qui te plaît le plus dans ce métier, dans ce secteur ?
- Speaker #1
Alors, j'ai découvert la mobilité internationale complètement par hasard en ayant l'opportunité... de remplacer quelqu'un qui faisait ce métier-là.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et là, j'ai eu une révélation. Et je me suis dit, c'est ça que je veux faire dans ma vie.
- Speaker #0
Et est-ce que tu as eu l'occasion de partir un peu à l'étranger ?
- Speaker #1
Alors, je suis partie à Londres. C'est la seule expérience que j'ai à l'étranger.
- Speaker #0
D'accord. Alors, là, tu lances ton entreprise. On est trop content de faire un petit coup de buzz pour parler de AlciMobilité Internationale. Quand on a préparé cet entretien, on a balayé un peu ensemble les sujets que tu souhaitais aborder. Il y avait un sujet un peu important, pas un peu important, mais un sujet qui te tenait à cœur, qui est la santé et la qualité de vie au travail pour les expatriés. C'est un sujet qu'on n'a jamais abordé dans ce podcast, mais qui me semble super important. C'est quand même en lien avec ta formation initiale, j'imagine, de psychologue. Est-ce que tu peux nous expliquer en quoi c'est important pour toi ? Pourquoi il faut que ce soit mis en avant peut-être dans les entreprises et intégré ?
- Speaker #1
On parle beaucoup de budget, de paquets, d'optimisation des coûts dans les mobilités internationales. Ce sont des aspects qui sont bien sûr très importants. Mais on parle encore trop peu de la santé et de la qualité de vie au travail des expatriés. Alors qu'en réalité, c'est un levier majeur de fidélisation et de réussite des missions. Un salarié en souffrance au travail, c'est déjà quelque chose de très compliqué à gérer. Un salarié en souffrance qui est en expatriation, c'est encore décuplé.
- Speaker #0
Oui, et puis tu as le... Tu as le lien avec la famille aussi.
- Speaker #1
Il y a le lien avec la famille parce que l'expatrié, ce n'est pas juste un salarié qu'on bouge dans un organigramme, mais souvent on bouge une famille derrière et c'est une vie qui est impactée.
- Speaker #0
Comment, selon toi, le fait de prendre en compte la santé du salarié expatrié peut contribuer à fidéliser les collaborateurs ?
- Speaker #1
Un expatrié bien accompagné, ça devient un ambassadeur de l'entreprise, c'est quelqu'un qui va être prêt à repartir. qui va recommander, qui va s'engager, qui va pouvoir devenir un mentor. Donc l'entreprise a tout à gagner à avoir des gens qui vont être moteurs comme ça. Quand l'expatrié et sa famille se sentent soutenus, ça augmente fortement les chances de succès d'une mission. On rate rarement une mission à cause d'un problème de rémunération. On ne la rate jamais pour des raisons fiscales, on les rate toujours pour des raisons humaines. Donc très important pour que... Le salarié se sente en confiance et puis c'est tout gagnant-gagnant pour l'entreprise.
- Speaker #0
Tout à fait. Sur cette partie-là, est-ce que de par ton expérience, tu pourrais nous dire si c'est une notion qui a été intégrée dans les mentalités des entreprises ou pas du tout ? Est-ce que tu as l'impression que ça commence à peut-être commencer un peu après le Covid et ça se développe ou pas ? Ça commence,
- Speaker #1
ça commence. Je pense que les entreprises voient de plus en plus l'enjeu. que peut être la santé mentale des expatriés et que ça peut devenir un enjeu business.
- Speaker #0
Il y a des applications qui existent. Il y a des entreprises qui proposent une app sur le téléphone avec l'accès à toute heure du jour ou de la nuit. Un psychologue, par exemple, je sais que certaines entreprises ont commencé à développer ça, mais ce n'est peut-être pas encore assez répandu.
- Speaker #1
Ce n'est pas encore assez répandu. Et il y a des dispositifs d'accompagnement qui puissent exister, des check-ins réguliers qui peuvent être mis en place. Il y a des outils, même simples, qui peuvent contribuer. à avoir un meilleur suivi du bien-être des collaborateurs.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses que le rôle des responsables mobilité internationale qui accompagnent ces collaborateurs doit être aussi intensifié ? Est-ce qu'il y a suffisamment de communication entre le responsable ? Je fais une généralité, mais comment ça se passe dans une entreprise ? Entre le responsable émis, qui va être là à la base en général pour construire le package, faire partir le collab, comment tu gardes le relationnel avec ton expat par la suite ?
- Speaker #1
Alors justement... Je pense que le lien doit être maintenu avec le responsable mobilité internationale, le manager, bien sûr, le RH aussi. Sachant que l'expatrié pourra peut-être être plus à l'aise avec l'une ou l'autre des personnes. L'important, c'est qu'ils ne se sentent pas isolés et qu'ils se sentent compris.
- Speaker #0
Oui, on a eu des témoignages dans ce podcast l'année dernière, où il y a deux ans, effectivement, de responsables amis qui expliquaient que pendant le Covid, elles avaient... Les expats quasiment tous les jours au téléphone, en visio, et qu'il y avait vraiment un lien qui s'était créé et que ça avait fait beaucoup de bien. Ça faisait beaucoup de bien à l'expat qui était tout seul dans le pays dans une période de crise sanitaire énorme. Je pense à Ludivine Reckenach chez Carrefour notamment, qui disait que depuis, elle avait quand même pris conscience de l'importance de garder le lien très fréquemment avec les expats quand ils sont à l'étranger.
- Speaker #1
Le lien, il est vraiment important à maintenir parce que l'expatrié peut aussi se sentir isolé. Et ne pas oser dire qu'il a des difficultés.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'il y a cette pression un peu implicite, où il se dit, j'ai été choisi, j'ai été choisi par l'entreprise, il y a des coûts qui sont en jeu.
- Speaker #0
Je ne veux pas décevoir.
- Speaker #1
Donc je ne veux pas décevoir, je représente l'entreprise. Et puis, il se tait, parce qu'il n'ose pas. Et en fait, à un moment donné, ça explose. Et là, il faut agir en mode pompier, en fait.
- Speaker #0
Oui, il est trop tard déjà.
- Speaker #1
Il peut être trop tard. On peut encore mettre des choses en place, mais il peut aussi être trop tard.
- Speaker #0
Et le lien avec la gestion de la carrière, tout ça, c'est très lié avec le fait de fidéliser ton collaborateur, ton expat qui est content. Comment tu ferais, toi, le lien avec la gestion de la suite de la carrière ?
- Speaker #1
La santé au travail, c'est aussi la projection de la carrière. Donc, un manque de visibilité, par exemple, sur le retour ou un départ qui se fait mal ou des difficultés qui sont sur place, tout ça doit avoir un impact sur la carrière. Donc la gestion de carrière, elle gagne à être anticipée pour que ça fasse pleinement partie de la santé au travail.
- Speaker #0
Et quelles seraient les clés selon toi pour sensibiliser les entreprises à ça ?
- Speaker #1
Les entreprises ont tout intérêt à avoir une expatriation, non seulement comme un coût, mais aussi comme un investissement humain. Et je pense que ce point-là, il est important. Donc la formation des managers, des RH, elle est importante à prendre en compte pour qu'ils fassent de cet aspect-là. un enjeu business. La formation des RH, des managers, elle est clé pour sortir d'une vision qui a souvent tendance à être orientée trop package. Et la santé mentale devient ainsi un enjeu business pour l'entreprise.
- Speaker #0
Très clair. Et en termes de suivi et d'indicateurs, qu'est-ce qu'on peut mettre en place justement pour être sûr de rien louper et de suivre ça de près ?
- Speaker #1
Certaines entreprises mettent en place des choses très simples en termes de suivi. avec des check-ins, des programmes d'accueil plus personnalisés, des dispositifs d'accompagnement comme du coaching, du mentorat, des réseaux locaux. Et pour les indicateurs, ce qui peut être utilisé, c'est par exemple le taux d'achèvement des missions versus le nombre de retours anticipés, des enquêtes de satisfaction des expatriés et des familles, la qualité aussi de la réintégration dans l'entreprise.
- Speaker #0
Qui joue énormément pour la société.
- Speaker #1
Et puis le taux de rétention post-expatriation aussi.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux mettre ça en perspective par rapport à ce que tu as rencontré, des situations que tu aurais rencontrées assez concrètes dans tes précédentes expériences ?
- Speaker #1
Oui, j'ai rencontré, au cours des 25 ans, il y en a eu.
- Speaker #0
Oui, j'imagine.
- Speaker #1
J'ai rencontré, justement, comme je disais tout à l'heure, des situations où l'expat n'ose pas parler, où le conjoint a des difficultés. Quand le conjoint se sent en perte d'identité, perte de sens, ça a forcément un impact sur la famille. Sur le collaborateur. Et là aussi, comme ça touche la famille, le collaborateur a du mal à en parler. Et de la même manière, à un moment donné, ça explose. Et là, souvent, par contre, il est trop tard.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
J'ai rencontré aussi une autre situation que les entreprises ont tendance à sous-estimer. C'est le computing. Souvent, on se dit, c'est une heure d'avion, c'est trois, quatre jours par semaine, donc ça va aller, c'est une situation qui est tout à fait gérable. Oui, sur une courte période, sans problème, mais au bout de deux ou trois ans... La fatigue, elle s'installe. Le conjoint, il gère tout seul à la maison. Et ce qui devenait tout à fait acceptable devient en fait une source de stress et qui peut mener au burn-out.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce que tu peux juste nous donner la définition de computing ? Je ne connaissais pas comme ça. Ah, le commuting, j'avais compris computing, pardon. Commuting. Ok, très bien, très clair. Il y a d'autres exemples dont tu voudrais parler ou d'autres situations qui te reviennent en tête ?
- Speaker #1
Il y a aussi le retour, qui est souvent le grand oublié de la mobilité internationale, alors que finalement, c'est une phase qui est très sensible.
- Speaker #0
Autant que le départ, je pense ?
- Speaker #1
Oui, autant que le départ, peut-être même plus. On met souvent beaucoup d'énergie au départ d'une expatriation, on en met beaucoup moins pour le retour, alors que finalement, c'est cette phase-là qui mesure la réussite d'une mission.
- Speaker #0
Une mission, et qui prépare la suite de la carrière du collaborateur dans l'entreprise. Sandrine, pour toi ? Quel est le futur de la mobilité internationale ?
- Speaker #1
On observe qu'on va vers des modèles qui sont de plus en plus hybrides, donc des expatriations qui sont moins de longue durée, donc plus d'émissions courtes, plus du commuting, plus d'émissions en remote aussi. Et paradoxalement, plus ça se digitalise, avec l'IA, avec des process automatisés, etc., plus l'approche humaine devient le facteur différenciateur, parce que la technologie... Elle ne pourra jamais remplacer l'empathie, l'écoute, l'accompagnement et la capacité à s'adapter à chaque collaborateur. Les nouvelles générations veulent du sens, elles veulent de la flexibilité, elles veulent aussi de l'accompagnement. Et pour moi, la mobilité internationale de demain, elle sera plus inclusive, elle sera plus humaine, plus durable aussi, en construisant des parcours sur du long terme et fidéliser les talents.
- Speaker #0
Des beaux enjeux à venir. Oui. Alors, Sandrine, tu lances ta boîte en conseil en mobilité internationale, Alcim Mobilité Internationale. Tu veux nous faire un petit récap des services que tu proposes ?
- Speaker #1
Donc, après 25 ans d'expérience, j'ai décidé de créer Alcim Mobilité Internationale pour accompagner les entreprises dans tous leurs projets de mobilité, de la stratégie à l'opérationnelle, en proposant une approche globale, fluide, flexible, pragmatique. qui combinent et la technique et l'aspect humain.
- Speaker #0
Très bien. On souhaite longue vie à Alcide Mobilité Internationale. Merci. Et dernière question pour toi, Sandrine. Est-ce qu'il y a des personnes qui ont marqué ton parcours à Mobilité Internationale et qui tu souhaiterais remercier aujourd'hui ?
- Speaker #1
Alors, il y en a beaucoup trop pour que je puisse toutes les remercier. Mais je vais en citer une. C'est Isabelle Serradeil. Parce que c'est grâce à elle que j'ai découvert la mobilité internationale et c'est ce qui a changé. le parcours de ma vie professionnelle.
- Speaker #0
Génial. On connaît bien Isabelle, donc on lui passe un grand bonjour.
- Speaker #1
Voilà. Et puis bien sûr, je remercie tous les collègues RH, tous les experts, les managers qui m'ont fait confiance, mais surtout les expatriés que j'ai pu accompagner parce que finalement, c'est à leur contact qu'on apprend l'essentiel.
- Speaker #0
Génial. Merci beaucoup Sandrine pour cette intervention. Merci Caroline. À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
Pour conclure, Sandrine nous a rappelé que la mobilité internationale ne se résume pas. pas à des packages et à des déplacements, mais qu'elle est avant tout une aventure humaine. Nous avons vu l'importance cruciale de la santé et du bien-être des expatriés, le rôle clé du maintien du lien et de l'accompagnement tout au long des missions, et les grandes tendances de demain vers des modèles hybrides, inclusifs et centrés sur l'humain. C'est la fin de cet épisode, merci de l'avoir suivi. On se retrouve le mois prochain avec un nouvel invité. D'ici là... n'hésitez pas à partager le podcast avec quelqu'un qui pourrait être intéressé.