- Speaker #0
Bienvenue dans We Love Mobility, le premier podcast dédié aux tendances de la mobilité internationale et de la gestion des talents. Chaque premier lundi du mois, je reçois un invité avec qui on va discuter des tendances et du futur de la mobilité internationale, du recrutement et de la gestion des talents étrangers.
- Speaker #1
Moi, c'est Caroline Treillard, directrice générale de France Immigration,
- Speaker #0
acteur incontournable de la mobilité internationale. dans laquelle j'évolue depuis presque 20 ans. Retrouvez-nous sur LinkedIn et Instagram pour suivre l'actualité du podcast et interagir avec nous. Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de We Love Mobility. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet absolument clé en mobilité internationale, la protection sociale des expatriés. Un sujet souvent sous-estimé, mais pourtant essentiel pour sécuriser les parcours à l'international et sur tous les retours. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir deux expertes de la Caisse des Français de l'Étranger, la CFE. Rachida Kassi, directrice marketing, communication et développement, qui pilote notamment la stratégie et les enjeux de transformation de la CFE. Et Marivonne Somsac, responsable grand compte, qui accompagne les entreprises dans la mise en place de solutions de protection sociale adaptées à leurs collaborateurs à l'international. Au programme de cet épisode, on va revenir sur le parcours et la vision de la mobilité internationale de nos deux invités. comprendre le rôle de la CFE et son positionnement entre santé et retraite, décrypter les enjeux clés au moment du retour d'expatriation et enfin se projeter sur les nouvelles formes de mobilité et les défis à venir.
- Speaker #2
Bienvenue à toutes les deux.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour. Marie Rachida, je vous laisse vous présenter.
- Speaker #1
Bonjour, donc Marie Somsac, responsable rencontre à la Caisse des Français de l'étranger. Donc je travaille au quotidien avec les entreprises qui envoient leurs collaborateurs à l'international. et avec, de manière générale, l'ensemble de l'écosystème de la mobilité internationale. Donc, mes interlocuteurs sont les responsables en mobilité internationale, les DRH, mais également les courtiers, les assureurs, les cabinets conseils et les cabinets d'avocats. Donc, mon rôle est d'accompagner finalement les entreprises à la mise en place de la protection sociale de leurs salariés expatriés. Et je vais les aider à essayer de mieux comprendre tous les enjeux qui sont liés à la couverture santé, retraite et risques professionnels lorsqu'on part travailler à l'international.
- Speaker #0
Super, merci. Et vous Rachida ?
- Speaker #2
Alors Rachida Kassi, effectivement, j'ai en charge toute la partie marketing, communication et développement à la CFE. J'ai rejoint la CFE il y a neuf ans pour l'accompagner dans sa transformation digitale. En même temps que l'expatriation a changé, la CFE devait aussi changer parce qu'initialement, la CFE a été créée pour accompagner les entreprises qui expatriaient des collaborateurs. Aujourd'hui, on voit bien qu'on expatrie sous d'autres formes. Les personnes partent aussi à titre individuel, donc il était important aussi que la CFE s'adapte à ces nouveaux modes de fonctionnement. Et donc, c'est comme ça qu'on a créé. différents services à la CFE et donc que Marie a repris la gestion des grands comptes à la CFE.
- Speaker #0
Une petite question pour vous, est-ce que vous étiez l'une ou l'autre prédisposée à travailler dans la mobilité internationale ?
- Speaker #2
Alors prédisposée, pour ma part je ne sais pas, moi j'ai toujours travaillé dans un contexte international puisque j'ai souvent travaillé dans des entreprises anglo-saxonnes. J'ai moi-même été expatriée, ce n'est pas forcément un critère de recrutement à la CFE mais c'est sûr qu'on comprend mieux. la situation des expatriés quand on l'a été ?
- Speaker #1
Alors moi, pour ma part, j'ai été également expatriée et j'ai fait un parcours assurantiel. Donc, j'ai fait des études d'assurance. Mais je dirais qu'on n'est pas forcément prédestiné à travailler dans la mobilité internationale parce que je pense que la plupart des personnes qui y travaillent, ils arrivent un peu par hasard, donc progressivement. Et je pense que c'est surtout parce que ça nous plaît, finalement. C'est un milieu dans lequel on est quand même assez proche des personnes. Merci. C'est très humain parce que derrière la protection sociale, il y a quand même des enjeux concrets. Et je pense que c'est par passion finalement qu'on a terré dedans et qu'on reste dedans.
- Speaker #0
Super, merci à toutes les deux. On va rentrer dans le cœur du sujet, la CFE. Est-ce que vous pouvez nous expliquer en quelques mots, en quelques phrases, ce que c'est ? Vous nous présentez la CFE.
- Speaker #2
En quelques mots, on est la sécu des expats et je dirais même des Français de l'étranger.
- Speaker #1
Je vais compléter. Pour moi, la CFE, c'est un organisme de sécurité sociale. En fait, on est là pour aider les personnes qui partent travailler ou réditer à l'étranger à continuer à bénéficier d'une protection sociale à la française telle qu'on la connaît. Et concrètement, lorsqu'un salarié part travailler à l'étranger, finalement, il est radié du système général. En tout cas, il est généralement radié de la sécurité sociale. Et dans ce cas-là, c'est là où la CFE va intervenir pour leur proposer de... Garder un lien avec le système. L'offre de la CFE va reposer sur deux grands piliers, celui de la santé et celui de la retraite. On oublie aussi souvent, côté retraite, ça veut dire que lorsqu'on part travailler à l'étranger, on prend le risque d'avoir un trou dans son relevé de carrière. Et la CFE va permettre de conserver les trimestres, de conserver les ressources passuelles étrangères, de les valider en France. Donc c'est quand même un sujet très important. Et dans l'écosystème de la mobilité internationale, on est un organisme un peu particulier puisqu'on travaille aussi en complémentarité avec des assureurs privés. Généralement, ces assureurs privés sont également nos partenaires. Et de ce fait, on peut considérer que la CFE constitue un socle de la protection sociale française à l'international.
- Speaker #2
Aujourd'hui, le rôle de la CFE est d'autant plus important qu'il y a plus de 45 ans, quand elle a été créée, de plus en plus de pays à l'étranger se dotent de systèmes de protection sociale. Je pense que nous, Français, quand on réside en France, on ne perçoit pas nécessairement toutes les subtilités du système de santé. On pense instinctivement que tout est gratuit, que tout est fluide. Et forcément, on pense aussi que comme on est Français, ce système nous suit où qu'on aille. Et ce n'est pas une critique, mais c'est ce qu'on observe. Et donc, ça peut conduire à des situations très compliquées à l'étranger. Donc c'est pour ça aussi qu'on sensibilise et que la CFE, c'est quelque chose qui permet de rester dans cet environnement, parce que beaucoup de pays, je le disais, se sont dotés depuis le temps de systèmes de protection sociale. Ça ne veut pas nécessairement dire que c'est des systèmes qui sont équivalents aux systèmes français ou de ce qu'on connaît en France. Donc c'est important de se renseigner aussi, que l'on parte seul ou qu'on le parte par le biais de son employeur. On est actif, en fait, on est un élément moteur de son expatriation. Il faut aller aussi chercher les informations. et pas nécessairement les attendre, attendre qu'elles viennent de l'employeur.
- Speaker #0
Très clair. Alors, pour rentrer un petit peu dans le vif du sujet, sur l'articulation entre la CFE et la sécurité sociale, on va voir comment ça se passe lors d'un retour d'expatriation, par exemple. Comment ça se passe concrètement quand un salarié français revient en France après avoir vécu plusieurs années à l'étranger ?
- Speaker #1
Déjà, c'est une étape qui est souvent sous-estimée par le salarié, par l'employeur également. Ça veut dire qu'en fait, on pense qu'on rentre et puis voilà, on est directement... réaffilié au régime obligatoire. Il y a une démarche quand même qui est à faire de la part du salarié. Il doit lui-même aller se réaffilier au régime obligatoire et parfois, selon sa situation, il peut y avoir un délai qui est plus ou moins long. Donc le fait d'être affilié notamment à la CFE va permettre de garder un lien tout le long de l'expatriation, donc de finalement pouvoir rentrer en France déjà pendant les retours. Par exemple,
- Speaker #0
des vacances et retours intermédiaires pendant l'expatriation.
- Speaker #1
Exactement, et de pouvoir continuer à aller voir son médecin traitant ou autre, faire ses check-up. Et surtout, le fait de pouvoir également faciliter aussi au moment du retour, finalement, sa réintégration au régime obligatoire, sachant qu'il est possible également, lors du retour, s'il n'a pas été affilié à la CFE, d'avoir un délai pendant lequel il n'est pas couvert, donc où les droits ne sont pas ouverts. Donc, le délai de carence. Et le fait d'affilier à la CFE va lui permettre de ne pas avoir justement cette période de non-couverture. Sachant que ça peut être assez stressant pour la famille d'avoir ce délai de carence. Si toutefois, pour que je dise la famille, parce qu'il y a les salariés, mais derrière, il y a aussi souvent les familles. Et potentiellement, si à leur retour, ils sont malades et qu'ils ont des soins ou une opération. peu compliqué le retour.
- Speaker #0
On a eu pas mal de cas à nous à gérer comme ça.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Et c'est là en fait qu'on parle de continuité et si on était complètement en rupture avec le système français, je ne sais pas redire ce qu'a dit Marie-Yvonne, mais quand on rentre en France, le seul cas où on peut réintégrer le régime général, la sécurité sociale française, c'est lorsque l'on exerce une activité salariée. Pourquoi ? Parce qu'on cotise par le biais de son employeur, mais ça n'exemple pas les délais en fait. de prise en compte. Et non, la Sécurité sociale, elle ne va pas deviner qu'on est rentré d'expatriation. Alors déjà, elle n'a pas deviné qu'on était parti en expatriation. Elle ne va pas non plus le deviner, mais c'est important, on insiste là-dessus. Le retour, il se prépare comme le départ. Ce n'est pas, tiens, je rentre demain. C'est vraiment, je rentre dans quelques mois. C'est l'anticipation, c'est le terme qui va être très, très important. Effectivement, surtout dans le cas où ça peut impliquer des enfants, une famille. ou des cas particuliers de grossesse. Donc effectivement, la CFE, ça reste au départ comme au retour l'entité qui permet de... Une sécurité. Voilà, et de continuité en fait, de ne pas avoir de rupture dans le système français.
- Speaker #0
Ok. Et alors, quels sont les points de friction les plus fréquents au retour que vous constatez, vous ?
- Speaker #1
Alors, moi, les points de friction, j'en identifie trois au moins. Déjà, la reconstitution des droits maladie, l'incompréhension des périodes cotisées à la retraite, parce que souvent, en fait, on ne sait pas trop. Il y a des conventions qui vont permettre de valider les trimestres, mais pas forcément les ressources. Comment c'est géré ? Qu'est-ce qui se passe lorsque j'ai plusieurs conventions qui s'appliquent ? Donc, c'est vraiment ces interrogations sur la retraite. Et aussi le délai administratif qui peut être long lors du retour en France et la réaffiliation au régime obligatoire. C'est vraiment ces trois points qui peuvent être source de stress. Et comme on l'a dit, l'anticipation, c'est le maître mot de la préparation. Ça se prépare effectivement avant le départ et pas d'attendre le retour ou le départ. Après le départ, c'est aussi un peu trop tard.
- Speaker #2
L'autre point de friction, c'est effectivement quand il y a un employeur en plein milieu, c'est que le salarié ou le collaborateur, pareil, pense que c'est à l'employeur de s'occuper de toutes les démarches. Non, on reste maître de sa sécurité sociale. Et Marie le disait, il y a quand même une action du salarié de l'assurer. De démarche personnelle. Voilà, exactement.
- Speaker #0
Et alors, peut-être pourriez-vous nous donner quelques petits conseils pour que les entreprises puissent mieux anticiper ces sujets-là en amont ?
- Speaker #1
Je pense que ça doit faire partie du package d'expatriation. Ça veut dire, c'est vraiment l'intégrer dans le package de mobilité internationale au moment où on négocie. On prépare le départ. Tout à fait. Et au même titre que la fiscalité, que le contrat de travail ou que l'accompagnement aux familles, parce que souvent l'accompagnement aux familles est inclus aussi dans le package, mais inclure la protection sociale quasi systématiquement.
- Speaker #0
Alors, on va parler des nouvelles formes de mobilité et des défis à venir dans le futur. Est-ce que vous pensez que la CFE est aujourd'hui adaptée aux mobilités un peu hybrides ? Donc, par mobilité hybride, j'entends mission courte, télétravail à l'international, nouveau Digital Nomads Visa, etc. Qu'est-ce que vous en pensez ?
- Speaker #1
Alors, effectivement, on observe un développement très fort de la mobilité internationale. L'expatriation classique, comme vous le dites, a un peu, avec 3 à 5 ans d'expatriation, un peu disparues. Alors, avec des modèles Les modèles hybrides que vous citez, les digitales normales, les missions plus courtes, les mobilités successives, etc. Donc, ça génère effectivement des nouveaux défis. En fait, l'objectif est d'être plus souple et d'être plus adapté à ces nouveaux parcours, finalement. Donc, en tout cas, nous, on a fait une étude de marché. Et en fait, avec les différents échanges qu'on a eus avec les entreprises, la mobilité internationale, se diversifie plus avec des mobilités plus individuelles, aussi beaucoup d'individuels, des visages qui changent un peu. Donc, on a beaucoup d'entrepreneurs, de freelance également, de carrières internationales aussi fragmentées. Et donc, dans les prochaines années, le défi, ça va être surtout de réussir à maintenir une protection sociale lisible et plus sécurisante en tenant en compte cette diversité de parcours. Il y a aussi un réel enjeu pédagogique. Je pense que tu en as parlé tout à l'heure. En fait, la protection sociale, c'est un sujet très technique et finalement qui est encore mal compris, que ce soit côté salarié, expatrié ou même parfois employeur. Parce qu'il y a les grosses entités qui envoient des collaborateurs à l'étranger, mais maintenant les petites entreprises aussi. Et ces petites entreprises n'ont pas forcément cette vision-là et cette démarche-là. Donc, avec tout le contexte... concurrentiel qui va avec et avec les enfants d'expatriés aussi qui sont non accoutumés à la protection sociale. Donc ça aussi, c'est de la pédagogie aussi à avoir sur ces personnes qui ne sont peut-être pas nées en France aussi, ces futurs, mais qui resteront expatriés puisque de nationalité française. Et le dernier gros défi, ça va être également de peut-être coordonner toutes les sécurités sociales dans le monde. Puisqu'aujourd'hui, on a des carrières internationales qui sont de plus en plus fréquentes. Donc, il serait logique aussi d'avoir des sécurités sociales de tous les pays qui seraient plus en raccord.
- Speaker #0
Dans un monde idéal, c'est vrai que ça se rejette. Ça se donne bien.
- Speaker #2
Cette question, en fait, elle me fait réfléchir parce que depuis neuf ans à la CFE, je me dis qu'en réalité, la CFE est préparée à toutes ces évolutions depuis son existence. parce que Alors à la beau être dans un univers très concurrentiel, mais aujourd'hui ça reste une entité qui est là à toutes les étapes de la vie d'une personne, quels que soient ses choix, carrière multi pays, digital nomade. En fait l'avantage d'être à la CFE, contrairement à une assurance privée, déjà il n'y a pas de durée limitée de contrat. En fait, on paye ses cotisations, on a des droits. C'est vraiment comme en France, sauf qu'on ne s'en rend pas compte en France parce que tout est intégré dans un système. Donc, on n'a pas de durée de dignité. Donc, on a payé ses cotisations, on a des droits ouverts pour un trimestre. Et le trimestre d'après, ça recommence et ainsi de suite. On peut rentrer à tout moment pour venir se faire soigner en France. Donc, on peut garder son médecin traitant. On peut garder un système qu'on connaît quand on n'est pas trop loin. On peut rentrer deux fois par an pour se faire soigner. En fait, on a, malgré nous, j'ai envie de dire, et chance à nous, de laisser une certaine liberté à nos assurés, mais en même temps, il n'y a pas de surprise. En fait, Marie a beaucoup parlé des conventions qui peuvent exister entre la France et certains pays en termes de sécurité sociale. C'est souvent qu'on entend des personnes, à la fin, quand c'est trop tard, nous dire « Ah, mais je ne savais pas. Si j'avais su qu'en France, on a le droit de prendre sa retraite à 64 ans, en Belgique, c'est 67 ans. J'ai fait ma plus grosse carrière en Belgique. Donc, pendant trois ans, je ne vais avoir que la pension française de 300 euros. » Et le reste, pendant trois ans, on me dit que je vais devoir vivre avec 300 euros, là où j'avais l'habitude de vivre avec un salaire. Et c'est plein de petits cas comme ça. Tant qu'ils ne se sont pas produits, on ne peut pas s'en rendre compte. Donc, c'est pour ça aussi qu'on fait beaucoup de pédagogie.
- Speaker #0
Oui, vous sensibilisez les entreprises.
- Speaker #2
Clairement, parce qu'en fait, aujourd'hui, il y a de moins en moins d'entreprises derrière une expatriation. Et en fait, les salariés ou les actifs, peu importe, on se rend compte qu'ils ne se renseignent pas de la même manière. Et donc, il y a une forme d'inconscience derrière ou de je ne sais pas. Mais sauf que ce je ne sais pas et je n'ai pas cherché à savoir, ça peut avoir de très, très gros impacts. Quand on est sur la partie prévoyance où on se dit typiquement, j'ai pas besoin d'être couvert en cas d'arrêt maladie. Il faut savoir que souvent, les arrêts maladie, ils se déclenchent à l'étranger. Dans 90% des cas, le salarié a envie de rentrer en France, soit pour être près de sa famille, soit pour être soigné. Quand on est sur des arrêts longs, on ne parle même pas de l'accident de travail. À Réunion, je pense à un cancer. 90% des cas, le salarié veut rentrer en France, il veut être auprès de sa famille, il veut parler dans sa langue maternelle. Et ça, une assurance privée, elle peut proposer le retour en France, mais c'est sur une courte durée. En cas d'arrêt maladie, donc un cancer déclaré à l'étranger, vous êtes à l'ACFE, l'assuré est couvert dans les mêmes conditions qu'en France sur son arrêt maladie, donc on verse des indemnités journalières, on prend en charge les soins de santé. Et quand l'assuré rentre en France, avec le délai... administratifs, ils réintègrent le régime général et ces indemnités journalières sont versées par le régime général et continuent à être perçues. Quand je parle de continuité, c'est ça. C'est des choses qu'on minimise beaucoup et il faut que ça arrive. On a régulièrement des entreprises qui nous disent « Ah, je me rappelle, vous nous avez sensibilisé, on n'avait pas fait le choix, mais maintenant on a le cas. Qu'est-ce que vous faites pour nous ? » On ne peut pas grand-chose, en fait. C'était il y a cinq ans qu'il fallait faire le choix. On essaye de trouver des solutions, mais la solution, en réalité, c'est vraiment... Je ne sais pas comment le dire, mais le coût de la sécu coûte ce qu'il coûte en France, mais derrière, on est hyper bien assuré. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Il faut continuer à former, à accompagner les entreprises au maximum. Donc, vous diriez que votre accompagnement, il est adaptable aussi au parcours un peu moins linéaire que le salarié lambda qui part en expatriation. Vous parliez tout à l'heure des freelances, etc. Donc, on peut aussi, en tant que freelance, bénéficier de la CFE ?
- Speaker #2
Aujourd'hui, que sur les aspects de couverture santé, pas sur la partie prévoyance ou retraite pour lesquelles il faut exercer une activité salariée, au sens du contrat de travail et percevoir un salaire.
- Speaker #1
Et du coup, il aura droit à une affiliation, mais plus individuelle, pas par le biais de son entreprise.
- Speaker #0
D'accord. Alors, quels défis voyez-vous pour les cinq prochaines années ? Par rapport à tout ça, par rapport à l'évolution de la mobilité internationale aussi. Il y en a de plus en plus.
- Speaker #1
J'imagine plutôt davantage d'outils numériques. Je pense qu'aujourd'hui, c'est indispensable pour avoir plus de transparence, de possibilités de démarche simplifiée pour les personnes qui ne sont pas en France, de pouvoir consulter leurs cotisations, de pouvoir le faire de n'importe où, de pouvoir... Oui,
- Speaker #0
des plateformes digitales avec un accès à une application.
- Speaker #2
Parce que pareil, trouver une entité qui puisse, comme la CFE, couvrir partout dans le monde, y compris dans les pays avec attentat. pays en guerre ou à catastrophes naturelles, il y a les pays, en fait, il y a une disparité dans les pays. Je le disais tout à l'heure, de plus en plus de pays se dotent de systèmes de protection sociale. Si je prends l'exemple du Moyen-Orient, tout est dématérialisé. Donc, pouvoir couvrir quelqu'un au Moyen-Orient, ça veut dire pouvoir récupérer l'ordonnance qui a été envoyée au pharmacien, le pharmacien qui a livré les médicaments. Mais en fait, il faut qu'on arrive à rentrer dans ce système. Et si on doit le démultiplier, partout dans le monde, et la CFE est vraiment présente partout dans le monde, c'est un vrai défi.
- Speaker #0
Oui. Alors vous avez récemment fait une étude de marché, est-ce que vous pouvez nous en parler ?
- Speaker #2
Ce qu'on retient de cette étude de marché, en deux mots, c'est qu'effectivement, l'expatriation a changé. Les employeurs ou en tout cas les entreprises qui s'implantent à l'étranger ne s'implantent plus de la même manière non plus. En fait, avant, c'était plutôt une entreprise implanter une filiale, recruter des compétences françaises pour faire fonctionner l'entité à l'étranger. Aujourd'hui, ce n'est plus ça. Il y a d'autres modèles. Il y a du portage salarial. Donc, la présence physique à l'étranger n'a pas le même impact. Et nous, on voit vraiment plutôt un mouvement des individus qui s'expatrient seuls, mais qui ont quand même besoin d'un filet de sécurité pour se lancer.
- Speaker #0
Ok. Alors, selon vous, à quoi ressemblera la protection sociale des expats dans le futur ? 2030, 2030, 2040 ?
- Speaker #2
Alors, 2030, en même temps, c'est loin, mais pas loin en même temps. Ça passe très, très vite. J'espère que, déjà, on continuera à assurer tout le monde, qu'il y aura de moins en moins de personnes exclues par les systèmes de protection sociale. Moi, je suis assez inquiète sur la montée en puissance de la privatisation des systèmes de santé. Donc, c'est forcément au détriment de beaucoup de choses. Pour vous donner des exemples, on a régulièrement aussi des personnes qui pensaient être très bien couvertes par le biais d'assurance privée et qui, en fait, ont reçu un courrier à la veille de leur 70 ans de leur assureur qui leur a dit « je ne vous couvre plus » . Allez trouver une assurance à 70 ans. À part la CFE, personne ne vous couvre. Voilà, j'espère qu'il y aura... encore la place à des systèmes comme la CFE qui mutualisent, qui ne laissent personne sur le bord du trottoir.
- Speaker #0
Alors pourquoi la protection sociale ne devrait jamais être un sujet secondaire dans une expatriation, selon vous ?
- Speaker #1
Alors moi je vais revenir sur ce que j'ai dit au départ. La protection sociale, derrière la protection sociale, il y a des enjeux, des situations plutôt très concrètes. L'expatriation c'est un projet personnel, un projet professionnel important. Et en fait, derrière ces projets, il peut y avoir des imprévus. Enfin, au cours du projet, il peut y avoir des imprévus. Et je suis la mieux placée pour en parler, parce que moi-même, ayant été expatriée sans protection sociale, sans la CFE, j'ai eu un imprévu. Pas malheureux, parce que j'étais enceinte, mais quand même, qui a eu des conséquences financières. Ça peut avoir des conséquences financières et ou administratives. Là, c'était vraiment financier, mais 8000 euros, un accouchement en Thaïlande, c'est... pas rien. Déjà, c'était en Thaïlande. Heureusement, ce n'était pas à Dubaï ou autre. Mais voilà. Et que finalement, la protection sociale, la couverture sociale, elle est là pour sécuriser tout le long de l'expatriation. Donc, on y pense au départ et après, on les couvert pendant toute la durée. Donc, je pense que c'est quand même important et on va couvrir à la fois l'assuré, donc le salarié pour nous, mais sa famille également parce qu'il y a la famille derrière et ça sécurise également l'employeur. Donc, c'est vraiment euh Un filet de sécurité. Donc vraiment, il pensait au départ, on en revient toujours à la même chose, au départ, penser à la protection sociale.
- Speaker #0
Donc votre employeur ne vous avait pas affilié à la CFM ?
- Speaker #1
Alors moi, c'était moi l'employeur,
- Speaker #0
donc... Erreur !
- Speaker #2
Mais moi aussi, je suis partie sans protection sociale. Moi, je partais en Europe, donc c'était moins loin, mais j'étais plus jeune et j'avais fait les démarches auprès de la sécurité sociale pour leur dire qu'est-ce qu'il me faut. Mais c'est là qu'il y avait vraiment une méconnaissance du système. Donc moi, je suis partie pour le sens que j'étais couverte. Mais comme toute personne lambda, en se disant je suis française, de toute façon, s'il m'arrive quoi que ce soit, je suis couverte. Alors c'est pour ça, j'ai envie de dire, c'est l'ironie du sort. C'est peut-être pour ça que je suis à la CFL aujourd'hui pour communiquer. Les deux ! C'est vrai, c'est vrai. Ce n'était pas prévu pourtant. Mais voilà, pour nous, c'est d'autant plus important que le message passe parce que ce n'est pas juste... Des belles paroles, c'est qu'on voit, alors on a eu des situations plus ou moins, on s'en est sorti, d'accord, mais aujourd'hui dans notre quotidien, on voit des situations très graves. Et pour l'employeur, pour moi, c'est plus que jamais un point important parce que de ne pas prévoir ou de ne pas informer le collaborateur de ses droits à la protection sociale, derrière, il va se retrouver, quoi qu'il arrive, impliqué dans des situations à devoir rapatrier un collaborateur ou autre. Donc voilà, on l'a dit, je crois, tout au long de ce podcast, l'anticipation, l'information, c'est super important. Ce n'est pas forcément à l'employeur de prendre en charge les cotisations ou de choisir, mais c'est important, en tout cas, qu'il donne toutes les informations aux salariés et que le salarié puisse choisir.
- Speaker #0
Super. Merci pour vos précieux conseils. Merci à toutes les deux. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à vous.
- Speaker #0
Pour conclure, on voit bien que la protection sociale est un véritable pilier de la mobilité internationale. Ce qu'il faut retenir, c'est que les parcours sont de plus en plus variés, moins linéaires, et que cela complexifie fortement les enjeux de couverture sociale, notamment entre les systèmes locaux, la CFE et le régime français. Le retour d'expatriation reste aussi un moment clé, souvent sous-anticipé alors qu'il peut générer des ruptures de droits ou des incompréhensions pour les collaborateurs. Dans ce contexte, la CFE joue un rôle structurant en apportant une forme de continuité et de sécurité dans des environnements de plus en plus hybrides. Et surtout un point essentiel, l'anticipation reste la clé. Plus ces sujets sont intégrés en amont, plus les mobilités sont fluides et sécurisées. Un grand merci à Rachida Kassi et Marie-Vonne Somsac. pour leurs éclairages très concrets. C'est la fin de cet épisode, merci de l'avoir suivi. On se retrouve le mois prochain avec un nouvel invité. D'ici là, n'hésitez pas à partager le podcast avec quelqu'un qui pourrait être intéressé.