- Patana
Bonjour à tous et bienvenue chez WePotes, le podcast où on papote entre potes. Parce qu'après mes parents, ce sont mes amis qui inspirent le plus dans ma vie. Ici, nous partagerons sans filtre nos discussions autour de notre vie de trentenaire, la santé mentale, la double culture, les métiers vocation et la parentalité. Et pour ce premier épisode, je reçois celui qui est mon meilleur ami, mon confident, mon plus grand soutien et celui que j'aime plus que 3 fois 1001, celui qui me soutient le plus : mon mari Philippe, ou Philou pour les intimes. Comment tu vas chéri ?
- Philippe
Bonsoir à tous, bah écoute, on va bien, on est posés sur le canapé et puis voilà.
- Patana
Comment tu te sens ?
- Philippe
Bah ça va en vrai, un petit peu stressé, on verra.
- Patana
Oui moi aussi je suis un peu stressée. En tout cas, merci d'accepter de venir à mon premier podcast. Et avant de démarrer, j'aimerais te proposer un petit icebreaker des familles.
- Philippe
Allons-y.
- Patana
Comment tu te décrirais en une phrase ?
- Philippe
Quelqu'un de loyal, qui aime bien la justice. Je suis quelqu'un de très droit dans mes baskets. Et je suis quelqu'un sur qui on peut compter. Par contre, il ne faut pas me la mettre à l'envers, parce qu'après la confiance est rompue.
- Patana
Comment tu te décrirais en tant qu'ami en une phrase ?
- Philippe
En tant qu'ami ? C'est un petit peu redondant avec ce que j'ai dit avant, mais quelqu'un sur qui on peut compter. Les personnes à qui je tiens, je les aime bien, ils m'aiment bien. Je pense que je suis un bon pote, un bon ami.
- Patana
Et comment tu décrirais notre relation en un mot ?
- Philippe
Harmonie.
- Patana
J'aime bien. Alors, merci beaucoup. Pour cet épisode. J'ai choisi un thème qu'on n'a pas beaucoup l'occasion d'aborder. J'aimerais qu'on parle de ton enfance. Et en particulier, ton voyage en tant qu'expatrié à Djibouti pendant ton adolescence. Je n'avais pas choisi ce thème initialement, mais je me suis demandé ce que je voulais apprendre avec toi, et donc j'ai choisi ce thème.
- Philippe
Ok.
- Patana
J'espère que ça te convient.
- Philippe
Je n'ai pas le choix.
- Patana
Si on fait un flashback sur ton enfance, qu'est-ce qui te vient déjà à l'esprit quand tu repenses à ton enfance ?
- Philippe
C'est-à-dire ?
- Patana
Ben, si je te dis de te remettre en tant que jeune Philippe de 10 ans, tu penses à quoi ?
- Philippe
C'est pas facile comme question. Je sais que quand je repense à ma jeunesse, ça me manque un petit peu. De repenser à toute cette insouciance de rien avoir à réfléchir et juste de pouvoir profiter à fond et de s'amuser avec les potes.
- Patana
Ok.
- Philippe
Mon enfance à 10 ans, j'étais plutôt heureux comme gamin. J'avais des bons amis à l'école, des bonnes notes. J'étais bien aimé de mes professeurs, etc. Puis à la maison, ça allait. J'avais une maman et un frère et une sœur qui m'aimaient énormément. Mon père un petit peu aussi, j'espère. Et voilà.
- Patana
Je me suis toujours posé la question, parce que du coup, ça fait quand même longtemps qu'on est ensemble. Et autant, j'ai l'impression que moi, je parle beaucoup de mon enfance. Et toi, moins. Et tu saurais te dire pourquoi t'en parles pas spontanément de ton enfance ?
- Philippe
Bah déjà, je suis peut-être quelqu'un de plus réservé. Enfin, contrairement à toi où on s'est mis ensemble, t'as voulu tout de suite créer du lien et raconter tout ce qui te passait, toutes les anecdotes, etc. Moi, je suis beaucoup plus dans la réception plus que dans la transmission, en fait, de messages. Donc, c'est vrai que je suis pas quelqu'un qui vais raconter mes anecdotes directement, à part si j'ai quelques coups dans la gueule. Mais sinon, non, je suis pas quelqu'un qui... qui m'ouvre comme ça en me disant, tiens, je vais te parler de mon enfance. Ce n'est pas quelque chose qui vient de moi-même.
- Patana
Il y avait un truc que je trouvais trop fou. Tu disais justement, quand tu parlais de tes souvenirs, que tu n'arrivais pas à visualiser. Tu n'imagines pas. Tu n'as pas d'image.
- Philippe
Oui, c'est ça. Alors, je n'ai plus le mot, mais effectivement, moi, quand je ferme les yeux, je vois du noir et j'ai beau pouvoir imaginer quelque chose, non. Je vais plus me raccrocher à des sentiments ou des émotions pour me remémorer quelque chose, ou en tout cas un sentiment de bien-être, ou quelque chose qui est malaisant. Mais je ne vais pas pouvoir visualiser une scène. Je ne la vois pas dessinée, je la ressens, mais je ne la vois pas dessinée dans mon cerveau, cette scène.
- Patana
Par exemple, quand tu vois une photo qui reflète un souvenir, tu as quand même des émotions qui ressortent. Oui, clairement.
- Philippe
Je sais que ça me fait souvenir quelque chose. Je ne sais pas. Les images me viennent en tête, mais pas vraiment de manière pas concrète, je sais pas comment dire, mais je vais les ressentir. C'est là, je sais que c'est là, je sais comment c'était, mais je vais pas avoir une image mentale dans mon cerveau qui va me dire, bah voilà, c'était comme si c'était comme ça.
- Patana
C'est trop intéressant, moi j'arrive pas à conceptualiser. Si j'ai pas d'image, pour moi c'est tout un package. Je sais pas, j'arrive pas à... Parce que par exemple, quand tu rêves, du coup tu vois pas d'image.
- Philippe
Si. Je ne suis pas aveugle, non plus. C'est contrairement aux aveugles qui, quand ils rêvent, ne voient pas d'images, mais que des sensations. En tout cas, les personnes qui sont aveugles de naissance, puisque je crois que ceux qui ont perdu la vue ou des choses comme ça, ça ne les empêche pas. Mais non, je ne suis pas de ce cas-là non plus. Quand je rêve, j'ai quand même des images, les cauchemars, je les vis bien. Enfin non, je ne les vis pas bien, les cauchemars. Mais je les vois bien, en tout cas.
- Patana
Ok, c'est très intéressant. Et du coup si on revient justement à Djibouti, est-ce que tu peux nous expliquer dans quel contexte tu as été amené à voyager à Djibouti ? Quel âge tu avais ? C'était quelle période ?
- Philippe
Alors du coup moi j'ai eu la chance d'aller deux fois à Djibouti, pas qu'une seule fois. Mais une première fois, donc j'étais vraiment tout petit, de l'âge de mes deux ans et demi à quatre ans et demi. Et une deuxième fois, du coup j'ai fait ma sixième et ma cinquième là-bas, donc entre onze et treize ans. Dans quel contexte ? Ma mère qui est militaire. Je ne sais pas exactement quelles sont les circonstances, mais toutes les X années, on a l'occasion, ou en tout cas si elle fait la demande, je ne sais pas, ou si elle est obligée d'y aller, de partir en séjour pendant deux ans et d'exercer son métier dans un pays où il y a une base militaire là-bas pour pouvoir exercer son métier. Et donc dans ce cadre là la possibilité d'emmener sa famille ou certains membres de sa famille. Par exemple, la première fois, quand j'avais deux ans et demi, toute ma famille était partie à Djibouti. Alors que la deuxième fois, je n'y suis allé que avec ma mère, puisque ma sœur était déjà dans la vie active et puis engagée familièrement, j'ai envie de dire, avec mon beau-frère et mon frère qui commençait à rentrer dans le monde du travail au final.
- Patana
Ok. Et du coup, tu as des souvenirs de ton premier voyage ?
- Philippe
Ouais, mais vraiment des... Juste des flashbacks, en fait. J'ai toujours ce... Je décris parce que c'était un... Comment dire ? Au premier voyage, on habitait, du coup, l'endroit, c'était la plaine. Et du coup, c'était un immeuble, je ne sais pas, je dirais de 4, 5, peut-être 6 étages. Et donc, il y avait une énorme cour intérieure, en fait, avec des arbustes, avec un petit portillon, etc. Je crois qu'on prenait soit le bus qui passait par là, ou le train, je ne sais plus du tout. Et pour sortir de cette cour intérieure, il y avait un portail qui était bleu. Et à l'extérieur, à droite de ce portail, il y avait un énorme... Alors je ne sais pas, pour moi, c'était un énorme bâtiment quand j'étais petit. Mais bon, j'avais deux ans et demi, quatre ans. Je crois que c'était juste un truc électrique, en fait. Et je me souviens toujours de ce chat noir qui était sur ce toit-là. Et ça, c'est vraiment une de mes images, en fait, que je me souviens de Djibouti de mon premier séjour. Et je pense que c'est l'une des seules. Et la seconde, c'est que j'étais en petite section maternelle. Et dans la cour extérieure, il y avait plein de cubes en plastique où on pouvait rentrer dedans et crapahuter à l'intérieur de jeux d'enfants. Et ça aussi, je me souviens de ça. Mais après, je ne me souviens pas de comment était l'appartement. Pour moi, tout ça s'est passé en un instant. Je ne me souviens pas de l'avion, ni aller, ni le retour, etc.
- Patana
C'est trop marrant la mémoire sélective. Tu vois, par exemple, quand je me rappelle de la maternelle, j'ai toujours l'image du tout premier jour, vraiment le jour de la rentrée, je ne sais pas pourquoi, de la première section. Et la deuxième image qui me vient en tête toujours, c'est le moment où je vais faire la sieste, parce que je détestais faire la sieste quand j'étais en maternelle. Je me rappelle encore des lits superposés, en plus on était dans le noir, alors que j'avais hyper peur du noir. C'est pas des trucs qui paraissent pas très signifiants, mais ouais, c'est marrant. Ce dont la mémoire se souvient.
- Philippe
C'est rigolo. Toi, tu te souviens d'autres choses de la maternelle ? Puisque moi, j'ai quelques flashs aussi de la maternelle, je me souviens pas de tout.
- Patana
En fait, c'est trop perturbant parce que comme justement, j'ai pas mal de photos, du coup, j'ai du mal, de manière générale, à me dire est-ce que je me rappelle à travers les photos ou est-ce que c'est vraiment mes souvenirs propres, je sais pas comment expliquer. C'est un peu embrouillé entre est-ce que c'est l'image que j'ai en tête c'est celle juste qui est de la photo et du coup j'ai pas forcément tant de souvenirs que ça, ou est-ce que c'est vraiment un truc qui m'a marqué. Par exemple je vais te dire que je me rappelle de quand j'avais fait ma chorégraphie en spectacle de fin d'année mais c'est aussi corrélé par des photos tu vois.
- Philippe
Est-ce que tu t'en souviens à travers les photos ou est-ce que c'est ton vrai souvenir ?
- Patana
Je ne sais pas, du coup. Mais j'ai de bons souvenirs de manière générale de la maternelle, même si c'est il y a longtemps. Et tu vois, par exemple, moi, ça m'impressionne trop quand je vois mon père qui, du coup, dans le livre que je suis en train d'écrire, il raconte tellement de détails de son enfance alors qu'il a 75 ans et c'est de se dire la température qu'il faisait, la météo, quels animaux il a croisés en chemin. C'est wow. On n'est pas tous câblés pareil. C'est clair. Du coup hier justement on était en soirée et du coup quand je discutais avec des potes ils me disaient mais si ça se trouve c'est le fait que comme il a passé 9 ans en prison en camp, du coup il a peut-être eu le temps de ressasser justement des souvenirs d'enfance pour tenir le coup. C'est possible aussi, de faire travailler ta mémoire de toute façon. J'avoue que je n'ai pas reposé la question à mon père depuis parce que c'était hier soir, mais ça vaudrait le coup de creuser. J'avoue que c'est plutôt intéressant comme hypothèse. Carrément. Et sur ton deuxième séjour peut-être parce que le premier tu étais vraiment petit, est-ce que tu peux nous raconter ce qui t'a marqué en termes de culture, manière de vivre, la langue, l'éducation,
- Philippe
la nourriture, est-ce qu'il y a des choses qui te sont restées en tête ? Alors du coup c'est un petit peu particulier. Puisque déjà, on est français dans un pays étranger, donc Djibouti, qui est à la corne de l'Afrique, donc à côté de la Somalie et de l'Érythrée. On reste quand même énormément entre français, on ne se mêle pas beaucoup avec la population. À Djibouti, en fait, ce qui se passe, c'est qu'il y a un lycée-collège français avec des professeurs qui sont français, donc généralement, ça va être des maris ou des femmes de militaires qui prennent ces postes-là pour pouvoir enseigner. Ou potentiellement, je ne sais pas, en fait, si ce n'est pas des personnes qui sont envoyées de France pour pouvoir faire l'éducation, bref. Et donc, du coup, dans ce lycée-collège où j'étais, tu as 60-70% de population française, donc que des enfants militaires. Et il ne va y avoir que des enfants de haut placés, donc de présidents, de ministres, etc. Et ensuite... Grosso modo, on va vivre que dans ce monde là nous en tant qu'enfant. C'est qu'on va avoir notre maison. Ok, donc avec ma maman, du coup on avait une petite maison sur deux étages. Donc au rez-de-chaussée, il y avait un salon avec une petite cuisine etc. Je sais pas, ça devait faire... Je regarde notre salon mais ça devait faire je pense 20-30 mètres carrés. En tout cas c'est grand maximum. à l'étage il y avait deux chambres, une salle de bain et une douche à part. Et c'était des chambres qui faisaient je pense 9 mètres carrés. Donc ça fait vraiment comme un cube en fait. Et donc nous on vivait ici avec... Ça faisait 4 fois 2 maisons dans une cour. Et voilà, donc nous on était implémentés là. Donc en général c'est des quartiers en fait où les Français viennent résider. Donc vraiment pas... éparpillés sur tout le territoire, on est vraiment concentré dans des zones qui sont généralement proches de bases militaires. Il faut savoir qu'à Djibouti, il y avait quatre bases, du coup, qui sont sur le territoire. Après Djibouti, c'est pas énorme, donc là c'était vraiment dans la ville de Djibouti. Et donc, ouais, il y avait quatre bases militaires, donc une qui était à côté des infrastructures de collèges et écoles. Une autre qui était plus vraiment au centre de la ville. Il y avait la base aérienne à côté de l'aéroport. Et il y en avait une qui était située à côté de la mer. Ça faisait quatre bases qui sont un petit peu éparpillées à 5 km les unes des autres au grand maximum. Et après, il y avait vraiment toute la partie ville djiboutienne. Il y avait une partie vraiment très ghetto avec tout ce qui est bidonville, etc. T'avais une partie vraiment très luxueuse avec tout ce qui était ministre, président, et après t'avais cette partie centre-ville avec les bâtiments qui sont un petit peu délabrés où on va trouver tous les supermarchés et les commerces. Donc nous, en général, on jonglait entre l'école, pour moi, ma mère, sur une des bases militaires, et vraiment à un ou deux endroits du centre-ville pour pouvoir faire les courses. Mais sinon, c'est vrai qu'on se mêlait pas trop à la population, il y avait vraiment l'hôpital français, etc.
- Patana
Mais vous aviez une directive, c'était vraiment culturellement, ça ne se mélangeait pas ? Est-ce que c'était le fait que justement, vous soyez militaire ?
- Philippe
Non, parce que la population de Djibouti n'est pas contre la population. Il faut savoir qu'on ramène quand même énormément d'argent là-bas. C'est une situation stratégique et ce n'est pas juste le gouvernement français qui donne une main financière au gouvernement djiboutien pour qu'on puisse s'installer avec les bases aériennes. C'est qu'aussi, nous, toute la population ici, on va faire nos courses là-bas, dans leurs supermarchés, on va faire se couper les cheveux dans leurs coiffeurs. On vient engager des femmes de ménage, des nounous. On a des gardiens aussi, qui sont payés bien plus que la moyenne locale, en fait, quand on les embauche. Je sais que des fois, une famille française embauche une femme de ménage, ça permet de faire vivre une famille de Djiboutiens de 10 ou 11 personnes, en fait. Donc non, je pense... Alors, peut-être qu'ils ne sont pas tous reconnaissants, mais en tout cas, ils ne nous envoient pas d'être ici. Puisqu'on fait quand même vivre localement. Et puis, c'est con, mais... La monnaie est un petit peu différente. Mais quand tu prends un service, tu leur laisses une pièce, mais pour eux, une pièce, c'est genre 5 jours de travail.
- Patana
Donc c'est comme au Laos... Ils te disent, si tu mets un kip, pour nous, c'est quelques centimes. Pour eux, c'est énorme.
- Philippe
Voilà, c'est ça. Donc non, il y a quelques quartiers chauds où il ne faut pas y aller, où c'est déconseillé. Après, moi, j'avais 10-11 ans, donc forcément, la géopolitique, etc. Après, moi, j'étais tout le temps en vélo. J'allais au collège-lycée qui était à 3 km, j'y allais en vélo, je n'ai jamais eu de soucis. Je me suis baladé avec mes amis dans la ville, je n'ai jamais eu de soucis.
- Patana
Tu ne t'es pas senti en insécurité ? Oui, voilà, exactement. Tu ne t'es pas senti à la marge ?
- Philippe
C'est ça.
- Patana
Ok.
- Philippe
Donc non.
- Patana
Et justement, est-ce qu'il y avait des coutumes locales sur lesquelles vous vous inscriviez ? Est-ce que vous mangez la nourriture locale ? Oui,
- Philippe
Ca nous arrivait. Du coup, on pouvait profiter de la dame de ménage pour lui donner un petit peu d'argent, pour lui demander de nous faire des courses ou de nous faire un plat. C'est des choses qui sont vraiment exceptionnelles, qui devaient être deux fois par an par exemple. Je sais que j'ai mangé mon premier kebab à Djibouti. Donc voilà, j'ai goûté limite mes premiers samoussas à l'africaine, on va dire, qui sont quand même assez différents de ceux de l'Asie, avec de la viande hachée, des petits pois, etc.
- Patana
C'est quoi le plus étrange que tu as vu là-bas, qui t'a le plus choqué ?
- Philippe
Alors ce qui m'a choqué, il faut savoir, c'est que là-bas, il y a une drogue, ça s'appelle le kat. C'est une espèce d'herbe à mâcher, en fait.
- Patana
D'accord.
- Philippe
Et c'est limite si dès qu'ils ont tous leur salaire, ils lâchent toute leur thune là-dedans. Et tu vois, du coup, les Djiboutiens, mais que les mecs, pas les femmes, pas les enfants, etc., ils sont en permanence en train de mâcher ça. Et ça leur fait des yeux éclatés à moitié rouge. Et ils sont drogués à ça à longueur de journée, en fait. C'est un truc de ouf. J'avoue,
- Patana
ça doit être perturbant.
- Philippe
Ouais. Et ils se baladent dans la rue comme ça. Ouais, ils se baladent dans la rue et c'est autorisé. Ouais, ouais. Alors, je ne sais pas quels sont les effets, etc. Je pense qu'ils ne sont pas complètement retardés ou quoi. Je pense que ça doit les apaiser ou un truc comme ça, tu vois. Mais à longueur de journée, ils sont en train de ruminer comme des vaches, en fait, leurs herbes. Comme nous, on pourrait prendre des chewing-gums. Bah, eux, c'est ça, tu vois. Et ils lâchent toute leur thune là-dedans.
- Patana
Est-ce qu'il y a des choses difficiles que tu as vues ?
- Philippe
J'ai eu la chance de ne pas avoir vu de trucs ouf comme ça, en fait. Vu qu'on ne va pas dans les quartiers chauds, dans les trucs des ghettos, etc., non, ça va.
- Patana
Et ton plus gros kiff ? Ou tes plus gros kiffs ?
- Philippe
Non, là-bas, ce qui était cool, c'est que ça s'appelait des îles, en fait. Et donc, c'est l'armée française qui a, je ne sais pas à combien de kilomètres des côtes, il y a des îles qui sont utilisées par le gouvernement français. Et en fait, ils ont installé des petits, je ne dirais pas un chalet, mais en tout cas des... des petits trucs en parpaings où tu pouvais aller. Donc en général, on va dire 3-4 fois par an, il y avait des sorties qui étaient organisées, donc on prenait les bateaux, etc. et on allait en pleine mer. Donc on naviguait pendant une heure, une heure et demie en pleine mer jusqu'à aller sur ces petites îles-là. En fait, ça te faisait une super journée à la plage où tu étais vraiment sur une île qui devait faire, je ne sais pas... 400 ou 500 mètres carrés en fait et donc du coup ça ramenait les grosses glacières avec toutes les boissons ça préparait la nourriture avant et tout et tu passais ta journée avec, si tu avais de la chance tes potes étaient du coup du même service que tes parents, et donc du coup tu l'as retrouvé sur les îles. Ou sinon tu retrouvais d'autres gamins et puis taper des barres. Donc moi j'y suis resté deux ans, donc la première année j'étais pote avec des enfants, ou plutôt ma mère avait ses collègues qui avaient des enfants. Et donc on se voyait les soirs etc et du coup c'était devenu mes amis, mais ils étaient plus jeunes. Du coup je traînais pas avec eux non plus au collège et donc du coup les gens de son service à elle, bah du coup les enfants moi je les connaissais pas forcément, donc du coup j'avais pas d'atomes crochus. Par contre la deuxième année du coup je me suis retrouvé dans la même classe que ces personnes là. Et donc, du coup, quand j'allais sur les îles, je me retrouvais avec eux. Et donc, du coup, on kiffait encore plus, quoi.
- Patana
Oui, j'allais te demander justement si ça avait eu de la facilité à te faire des amis. Donc, je comprends que la première année, c'était un peu plus compliqué...
- Philippe
Le pire, c'est que c'était compliqué parce que moi, du coup, j'ai quitté la France en CM2. Je suis arrivé en Afrique en sixième. Donc, une nouvelle manière d'encadrer, en fait. En plus, tu vas dans un endroit où tu connais personne. Donc, du coup, en fait, j'avais l'impression que c'était double peine parce que... Oui. Quand tu passes de la primaire au collège, tu retrouves au moins des potes, etc. Donc c'est plus facile à appréhender. Quand tu vas du collège au lycée, c'est aussi plus facile à appréhender. Alors que là, tu changes en plus de pays, tu changes de culture et tout. J'avoue que sur les premiers jours, c'était compliqué. Mais il y a quelqu'un qui est très vite venu me voir, en fait. Xavier Fins, si un jour tu m'entends et tout. Oui, du coup...
- Patana
Très bien.
- Philippe
que j'ai perdu contact du coup, mais qui était vraiment un très bon pote. Et ouais, j'ai passé une super première année avec lui en tout cas. Donc ça, c'était cool.
- Patana
Et justement, t'as gardé contact un peu avec tes amis...
- Philippe
Pas du tout. Pas du tout, pas du tout. J'avais gardé contact les deux premières années après mon retour en France, mais après, c'est vrai qu'on s'est perdus, puisqu'ils n'étaient pas du tout de région parisienne. Ils étaient plus du sud de la France, etc. C'était compliqué.
- Patana
Tu penses qu'avec les réseaux sociaux d'aujourd'hui, tu aurais pu garder contact avec eux ?
- Philippe
Alors, tous mes amis le savent, je ne suis pas quelqu'un qui prend des nouvelles et qui donne des nouvelles régulièrement. Donc, je ne sais même pas si ça aurait matché. Rien qu'avec mes potes d'IUT, j'essaye de reprendre les contacts, etc. Mais je n'ai pas forcément de retour non plus. Donc, du coup, je ne sais pas si ça aurait matché. Après, je suis sûr que je demande à ma mère, elle arrive à retrouver les... Les gens avec les bases de données, etc. Trouver contact.
- Patana
Pour le coup, ta mère, je trouve qu'elle arrive bien à garder contact.
- Philippe
Oui, bah oui, ouais. C'est clair.
- Patana
Et est-ce que, à l'époque, tu t'estimais chanceux d'avoir la chance d'être à l'étranger ou tu te rendais pas compte ?
- Philippe
Je pense que je me rendais pas compte.
- Patana
Et là, aujourd'hui, avec le recul ?
- Philippe
Franchement, c'est une super expérience à vivre. J'ai quand même vécu des moments forts avec ma maman pendant deux ans. Et ce n'est pas du tout comme en France. Au final, les températures, je sais que... Je ne sais pas si je vais te niquer tes questions, mais le premier truc qui m'a choqué quand je suis arrivé à Djibouti, c'est que je suis sorti de l'avion. En plus, on est arrivé au mois de septembre. J'ai quitté la France, il devait faire 10-15 degrés. Et c'était la première fois que je prenais l'avion aussi. Et du coup, je sors de l'avion et une chaleur, un truc pesant. Et je me dis, putain, en fait, ça doit être les réacteurs de l'avion, tu vois. Il chauffe, etc. Ça chauffe et tout. Et puis, tu fais 100 mètres, t'es toujours aussi chaud. Et je sais pas, il devait faire déjà 40 degrés au mois de septembre, une chaleur étouffante. Et t'es là en mode, waouh, ça, c'est la chaleur. Et l'Égypte, c'est l'un des pays les plus chauds au monde. Ah oui. Et genre, t'es en plein mois de décembre, il fait à 21h, genre il fait 25 degrés, quoi.
- Patana
Ah ouais.
- Philippe
T'es au mois de décembre, tu vas te baigner en pleine journée, l'eau elle est à 26, 27, 28 degrés, en fait.
- Patana
C'est l'hémisphère nord ou sud, du coup, là Djibouti ?
- Philippe
Djibouti. C'est en Afrique, du coup, c'est l'hémisphère sud.
- Patana
Peut-être. Ça sera coupé au montage... Non, je ne couperais pas. Je ne sais pas. Est-ce que s'il y avait des choses à refaire, il y a des choses que tu referais différemment ?
- Philippe
C'était par rapport à ce voyage-là ? ou de manière générale. Ouais ce voyage. Non moi je pense que toutes les expériences que j'ai vécues là-bas, je pense que c'était, je dis pas que j'ai fait les meilleurs choix à chaque fois, mais je pense que c'était trop bien. Peut-être que je me serais plus intégré la première année avec d'autres enfants en fait, peut-être que j'aurais vécu encore d'autres choses différentes. Mais je pense que sinon non j'ai aucun regret en fait de tout ce qu'on a fait là-bas. C'est trop bien. De toute façon avec mes yeux de 11 et 12 ans, c'est compliqué de se dire putain j'aurais dû faire ci, j'aurais pas dû faire ça et puis ça aurait été des broutilles. C'est un petit peu quand on s'embrouille qu'on se dit putain j'aurais dû lui dire ça j'aurais pas dû lui dire ça. Mais là à 11-12 ans c'est difficile de se dire ah non mais en fait j'aurais pas dû faire ça. Et tu parlais justement de
- Patana
la relation avec ta mère, parce que du coup tu es parti seul avec ta mère pour le deuxième voyage. Est-ce que tu as vu un avant et un après par rapport à votre relation ? Tu t'es senti plus proche d'elle ? Tu as fait plus de choses à deux ? Ouais carrément, déjà en termes d'horaire de travail c'était totalement différent puisque
- Philippe
moi il faut savoir que ma maman travaillait beaucoup quand elle a toujours été en France. En tout cas moi de ma perspective de quand j'étais petit. Je la voyais à part le week-end j'avais l'impression de ne pas la voir en semaine. C'est peut-être faux, mais en tout cas, c'est ma perception de quand j'étais petit. Et c'est vrai qu'à Djibouti, on travaille aussi avec les chaleurs, etc. Donc on commence beaucoup plus tôt. Je ne dis pas de conneries, mais je crois qu'on commence à 7h du matin et à 14h-15h, on avait fini les journées. Donc effectivement, ça laisse beaucoup plus de temps après pour passer du temps avec ma mère, donc à regarder soit la télé, soit se balader en fait. Et puis effectivement, pendant deux ans, de se retrouver un petit peu loin du foyer, etc., ce n'était pas forcément évident tous les jours. Je ne vais pas trop en dire sur le podcast, mais effectivement, c'était plus sympa quand même d'être en Afrique pendant deux ans, tous les deux. Et voilà. Même si mon frère et ma soeur me manquaient énormément.
- Patana
Parce que du coup, là, les deux ans, c'était non-stop. Vous n'êtes jamais retourné en France pendant les deux ans ?
- Philippe
Alors du coup, si, Djibouti, du coup, il faut se dire qu'au mois de septembre, du coup, je disais, il fait 40 degrés. Au mois de juin, il fait 40 degrés. Mais entre juillet et août, c'est encore pire que ça. D'accord. Donc en fait, ce qui se passe, c'est que pendant toute la période de vacances scolaires, moi, je rentrais en France.
- Patana
D'accord.
- Philippe
Et ma mère, du coup, travaillait encore quelques semaines, puis revenait aussi.
- Patana
D'accord.
- Philippe
Et ensuite, on repartait tous les deux début septembre.
- Patana
Ok.
- Philippe
Ce qui nous faisait à chaque fois environ un mois, un mois et demi en France. Et du coup, qu'entre les deux années, je suis rentré en France.
- Patana
Ok.
- Philippe
Et du coup, mon père venait régulièrement vacances de Noël. Et je crois qu'il revenait aussi en mars. Donc voilà. Et il arrivait... Au mois de juin, du coup, une ou deux semaines, on repartait ensemble pour rentrer en France pour qu'il puisse s'occuper de moi dans l'avion et des choses comme ça. Parce que j'avoue que prendre l'avion sur 1000 kilomètres quand t'as 11 ans, ça fait cœur.
- Patana
Ah ouais, tu m'étonnes. Et justement, comment t'as vécu le retour en France, même si t'as eu la coupe d'entre-deux pendant les vacances scolaires, mais est-ce que t'as senti un décalage ? Comment sont passées les retrouvailles ?
- Philippe
Du coup, quand je suis rentré en France, c'était trop bien. Tu retrouves un peu ta vie d'avant, tu retrouves ta chambre, tu retrouves ta maison, tu retrouves tes habitudes. J'avais la chance encore d'avoir mon frère à la maison. Vraiment, il m'embarquait partout avec lui, donc ça, c'était vraiment trop bien. Et puis, du coup, j'avais changé parce que moi, je suis parti, j'étais à 11 ans, j'étais un petit peu bouboule. Quand je suis rentré, j'étais vraiment jeune ado, etc., beaucoup plus fin, un petit peu plus confiance en moi et tout. Je crois que ma seule crainte, c'est quand j'ai rattaqué le collège, de me dire « putain, je vais rentrer au collège, j'ai laissé tous mes potes il y a deux ans, est-ce qu'ils vont me reconnaître, est-ce que je vais les reconnaître ? » Je pense, d'un point de vue scolaire, que ça a été ma seule crainte, et au final, ça s'est super bien passé.
- Patana
Et du coup, c'était pour toi comme avant, ou il y a quand même eu... T'as senti quand même des changements ?
- Philippe
Non, moi, ça m'a pas... Ça m'a pas choqué, en fait. J'ai retrouvé mon meilleur ami en quatrième, au final, que j'avais laissé en CM2. Et c'est comme s'il s'était rien passé.
- Patana
C'est trop chouette
- Philippe
Franchement c'était trop bien
- Patana
Et t'as eu des moments de nostalgie Où tu repensais à ta vie à Djibouti ? Non Je pense que quand t'as 13-14 ans Tu te dis pas putain c'était trop bien là-bas En tout cas non j'avais pas ce sentiment Je sais que c'était trop bien Mais j'avais pas ce sentiment en mode ah putain ça me manque Ok Merci. Parce qu'au final, cette chaleur quotidienne, etc., c'est quand même un petit peu pesant. Et puis même la culture. C'est deux pays qui sont totalement différents. Et c'est vrai que j'adore mon pays, la France. Du coup, voilà. C'était comme des grandes vacances.
- Philippe
Oui, avec l'école. Mais du coup,
- Patana
oui. Justement, le fait d'être dans un lycée français à l'étranger, tu trouves qu'il y a un niveau d'exigence ?
- Philippe
Alors je pense que c'était très vrai il y a... Donc du coup, moi j'étais allé de 2003 à 2005, c'était très vrai il y a 5-10 ans avant encore.
- Patana
D'accord.
- Philippe
Mais moi... Quand il y avait ton frère et ta soeur. Exactement. Parce que genre, ma soeur, quand elle était revenue en France, elle avait beaucoup d'avance en fait sur les matières. Alors que moi, quand je suis rentré en quatrième... J'étais pas en mode « Bon, en fait, j'ai déjà vu votre programme, salut les Nazes ! » C'était plus du « Bon, je découvre des choses. »
- Patana
D'accord. Et t'aimerais retourner un jour à Djibouti ?
- Philippe
Pas en vacances, etc. Non, je pense pas.
- Patana
Et en Afrique, de manière générale, c'est un continent qui t'intéresse ?
- Philippe
J'ai jamais fait tout ce qui est pays maghrébin, etc. Donc c'est vrai que j'aimerais bien découvrir la culture, etc. Et après, oui, franchement, tout ce qui est Égypte, etc., peut-être essayer plus l'Afrique de l'Ouest.
- Patana
D'accord.
- Philippe
Et puis l'Afrique du Sud, effectivement. Mais l'Afrique centrale ne m'attire pas plus que ça.
- Patana
Et t'aurais aimé, toi, dans un contexte différent de là où on est posé avec un merveilleux bébé. Tu aurais aimé être expatrié, vivre à l'étranger ? Si oui, dans quel pays ?
- Philippe
Ma femme qui me connaît très bien, sait que je suis très casanier. Très bien là où je suis. Mais effectivement, c'est d'autres styles de vie. Je me suis toujours posé la question, est-ce que dans un contexte différent, dans un autre métier, qui m'aurait amené à déménager plus souvent, est-ce que j'aurais kiffé ? Je pense que oui, ça te permet toujours de voir différentes choses, de voyager. d'avoir différentes cultures, de vivre d'autres choses et de prendre du recul sur sa propre vie, c'est toujours intéressant. Mais actuellement, je suis très bien là où je suis et je n'ai pas de regret de ne pas voyager. Et si j'aurais dû le faire, ça ne m'aurait pas non plus dérangé, je pense.
- Patana
Et ma dernière question de ce podcast, avant l'accomplir, c'est comment tu as vécu le fait d'être fils de militaire de manière générale ?
- Philippe
Je ne sais pas. Ce n'est pas une question que je me pose comme ça tous les jours au réveil.
- Patana
C'est pour ça que je te la pose.
- Philippe
Oui, bien sûr. Ce n'est pas handicapant d'être un fils de militaire, je trouve. Ça apporte quand même pas mal de rigueur et de structure. C'est vrai que ça filait droit quand même à la maison. Mais ce n'est pas non plus pour ça que j'ai été un enfant malheureux. Je n'ai pas été maltraité ou des choses comme ça. C'est ça qui est bien, ça permet de mettre du cadre. moyen de raisonnement, etc. Et puis après, il y a fils de militaire et fils de militaire, quoi. C'était pas des extrêmes en mode on se réveille à 7h, on prend notre douche à 7h30, machin, etc. C'est juste qu'il fallait être carré et quand on disait les choses, il fallait les faire, quoi. Mais après, je pense que ça fait partie aussi de l'éducation, en fait, qu'il faut avoir. C'est d'être strict mais juste. Et de toute façon, tous mes amis le savent. J'ai un aspect de la justice qui est d'être juste et d'avoir cette balance de « il faut faire les choses, ok, il faut les faire. Et si quelque chose ne te semble pas cool, il faut un peu se révolter. » Et je trouve qu'inculquer ça, quand j'étais enfant, ça m'a modelé mon esprit et ma manière de réfléchir. Je pense que je l'ai bien vécu et ce n'est pas quelque chose qui est négatif en tout cas. Je pense qu'il y a beaucoup plus extrême en tant qu'enfant militaire que moi.
- Patana
Merci beaucoup d'avoir partagé ton expérience et ton enfance. Franchement c'était trop intéressant, même moi, en tant que femme. En tant que femme de mon mari. Moi, pour finir, j'aimerais inculquer aussi une tradition. La tradition chez WePotes. Trois questions flash sur l'amitié.
- Philippe
Ok.
- Patana
Question 1. L'un de tes amis se retrouve en prison pour agression. Qu'est-ce que tu fais ? Trois choix possibles. 1. Tu le défends. 2. Tu l'évites. Ou 3. Tu vas quand même le voir en prison.
- Philippe
Quel type d'agression ?
- Patana
C'est pas défini.
- Philippe
Ok. Je pense que je vais le voir en prison quand même. L'histoire de comprendre. Il ne faut pas juger sans comprendre.
- Patana
C'est bien, j'aime bien cet état d'esprit. Quelle phrase pourrait décrire le plus l'amitié ? Trois possibilités, encore une fois. Tous pour un, un pour tous. Plus c'est rare, plus c'est cher. Ou plus on est de fous, plus on rit.
- Philippe
Plus c'est rare, plus c'est cher. Les vraies amitiés, il n'y en a pas partout.
- Patana
Et toi, je ne sais pas, si tu devais te faire un amitié count. Tu as combien d'amis ?
- Philippe
C'est compliqué.
- Patana
Tu dis plus c'est rare
- Philippe
plus c'est cher. Oui, on peut avoir 200 potes, on peut avoir des listes Facebook de 300 amis qui ne reflètent pas du tout la réalité. Et moi, les amis, c'est des personnes sur qui tu peux compter. Il est 3h du matin, t'es en galère et la personne vient. Ça, pour moi, c'est la vraie amitié. Effectivement, je pense que je les compte sur les moins de 10 doigts, je pense, mes vrais amis. Parce que j'ai beaucoup de potes ou des potes d'amis, on va dire. Mais c'est vrai que les vrais amis, c'est rare. Plus c'est rare, plus c'est cher, c'est ça. Ok. Et que dirais-tu ? au Philippe du futur, celui qui aura 40 ans ? Qu'est-ce que je pourrais me dire à moi dans 40 ans ? Non, quand tu auras 40 ans. Donc dans 7 ans. Qu'est-ce que je pourrais me dire à moi dans 7 ans ? N'oublie pas que tu as été jeune. Même si bébé, il te fait péter des cases, sois conciliant avec lui.
- Patana
Et reste fidèle à toi-même et j'espère que tu as continué à faire du sport. J'adore. Ecoutez c'est sur ce mot de la fin qu'on va arrêter l'épisode, donc merci beaucoup de nous avoir écouté pour ce premier épisode de WePotes, et n'hésitez pas à vous abonner et liker sur les plateformes d'écoute et sur ma page Instagram WePotes_podcast. Merci à tous. Salut à tous. Salut !