- Speaker #0
C'est bon ! Wow ! Quoi ?
- Speaker #1
Fantastic !
- Speaker #0
Radio Campus 92.2
- Speaker #2
Work in progress, formation tout au long de la vie, poursuite de carrière, reconversion professionnelle, innovation pédagogique,
- Speaker #0
bassin socio-économique, utilité sociétale.
- Speaker #2
Bonjour et bienvenue sur Radio Dijon Campus pour un nouvel épisode de WIP. Bonjour Franck, bonjour Laurent.
- Speaker #3
Bien le bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur Work in Progress. Ici c'est ailleurs, alors attachez bien vos ceintures, on vous transporte dans le monde d'après-demain. Et bonjour Roxane et bonjour Laurent.
- Speaker #1
Bonjour Roxane, bonjour Franck. Aujourd'hui un épisode spécial sur la gestion de l'humain, une question devenue centrale dans notre vie professionnelle. En cette période d'automne, nous aider à réfléchir sur le sens de notre quotidien au travail et en formation. On vous précise tout cela dans le sommaire.
- Speaker #2
Effectivement, au sommaire de cette émission, nous vous proposons un éclairage sur les différentes tendances, représentations, les postures, les cultures des différentes générations au boulot. Nous questionner, débattre sur les nouvelles normes de travail, les formations qui éclairent les managers comme les travailleurs.
- Speaker #3
Mais nous allons également nous demander ce qu'est le job-hugging, le job-hopping, l'holacratie, les différentes paranoïas ou complots pour pousser à la démission, et nos espérances, nos craintes au travail. Nous aurons bien sûr également l'agenda, et le tout ponctué par des respirations musicales.
- Speaker #1
Nous vous proposons de créer ou de recréer du temps pour penser et repenser. à notre projet de formation, à notre projet d'évolution professionnelle dans l'enseignement supérieur. C'est parti !
- Speaker #3
Alors en effet, en ce moment, on cherche à se prendre un peu de temps pour penser notre vie professionnelle. Il y a les jeunes générations qui cherchent de plus en plus à être en adéquation avec leur vie personnelle. Et on a des retours d'expérience, des interviews, des témoignages de plus en plus de salariés qui... Affirme-moi fort, après la Covid-19, je n'aurai plus jamais ce rapport sacrificiel au travail. Ça c'est d'un côté. Et de l'autre côté, on a aussi pas mal de tendances d'entrepreneurs, de patrons, de DRH, dire à force de traiter tout ce qui entourait le travail, on l'a oublié en tant que tel ce travail. Et donc il y a une volonté de renforcer le retour au travail. D'en finir avec les arrêts maladie, en finir avec le télétravail, avec les véhicules de fonction, avec les temps pour soi, pour des aidants, pour la famille. Et donc, on vous propose d'échanger sur tout ça. A recommencer, si vous le souhaitez. Il y a une nouvelle tendance en ce moment. des entrepreneurs et pas spécialement de la cybertech, mais c'est sur un modèle américain, le fameux rythme du 996. Je ne sais pas si vous connaissiez ça. C'est une volonté de ne pas travailler que les 35 heures par semaine et ça on va y revenir.
- Speaker #1
De commencer à 9 heures, de finir à 21 heures et ça 6 jours semaine.
- Speaker #3
Et c'est ça.
- Speaker #2
Pardon.
- Speaker #3
Et c'est ça. Oui. et Je pense à un documentaire qu'il y a eu sur France TV qui abordait la question de Elon Musk. Et pendant la Covid-19, c'était justement avec Tesla. Il a obligé tous ces... Il a incité fortement. Il a incité tout à fait ses collaboratrices et ses collaborateurs, a fortiori, de travailler pendant le Covid. pour qui... Voilà, pour ne pas qu'il s'écarte de la trajectoire qui était fixée.
- Speaker #2
D'accord, de sa trajectoire à lui j'imagine.
- Speaker #1
Oui, de la trajectoire qu'il avait fixée en tant que chef d'entreprise. C'est d'ailleurs ce qu'il avait comme... Primo mission au tout début du quartenna de Trump, quand il a eu la responsabilité de réformer la fonction publique américaine, où il a dit haut et fort qu'en fait, oui, on remettrait des gens au travail et avec beaucoup d'heures à faire, et que ça réduirait le nombre de fonctionnaires parce qu'avec moins, on pourrait faire plus.
- Speaker #3
Forcément. Tant qu'à être sur cette lancée, il a incité plusieurs agences et gouvernementales et services au public mais gérés par l'état fédéral. En gros, il les a poussés à... à aller dans une autre agence à l'autre bout du pays. Donc s'ils étaient plutôt à l'ouest, vers San Francisco ou Los Angeles, ils devaient aller soit sur Washington ou New York ou Miami, et vice versa. Et du coup, comme ça, ils espéraient qu'il y en ait au moins un sur deux qui démissionne.
- Speaker #2
Ah oui, c'est super !
- Speaker #1
C'est une façon de réguler les volontés. Ça peut arriver. Il y a eu un film en France avec je ne sais plus quel acteur où en fait il se retrouve muté au fin fond de la Finlande parce qu'il ne veut pas quitter son...
- Speaker #3
Irréductible je crois. Avec le comique...
- Speaker #1
C'est de maison ? Je ne sais plus lequel.
- Speaker #3
Alors non.
- Speaker #1
voilà mais effectivement c'est une voie avec une vision en plus assez américaine du rapport au travail qui revient par rapport à ce qu'il était avant, puisqu'on est passé par une phase où, dans la Silicon Valley et ainsi de suite, Microsoft et Google et d'autres avaient fait l'investissement pour que les gens soient plus productifs et restent plus longtemps au travail, et en fait, de leur proposer un ensemble de prestations qui fait qu'ils restaient sur le site. en ayant leurs activités personnelles. Voilà, le loisir, le sport, la salle de sport gratuite. Les enfants, la crèche. Et on revenait en fait à, si on peut trouver un pendant, à ce qui se déroulait en France, en Belgique et dans d'autres sites du nord de l'Europe au fin des années du 19e et début du 20e, où les gens... A Clermont-Ferrand, Michelin, ils avaient créé un club Omnisport pour que leurs salariés aient de l'occupation et que les enfants des salariés aient des occupations et que le dimanche les salariés aillent au stade Michelin pour voir et on a la même chose à Lens, on a la même chose dans plein d'organisations, c'est-à-dire qu'il y avait un tout-peu dans une logique. Un peu filial, même paternaliste. Oui, c'est ce que j'allais dire. Et on était arrivé là, et là, Munch, il prend l'inverse. Et aux Etats-Unis, maintenant, on est dans une logique où celui qui fait le volume d'heures pour lequel il est payé, pour lequel il a contractualisé, il est un peu pointé du doigt en disant, t'en fais pas assez. On culpabilise parce qu'il fait le minima. Mais ça arrive aussi en France, cette culpabilisation. et à l'inverse, les jeunes Les jeunes actifs, les Z-générations, on n'est pas encore dans les A parce qu'ils ne sont pas encore actifs, mais ceux de la Z-génération qui ne veulent pas sacrifier leur équilibre vie personnelle avec leurs activités, qui ne sont pas obligatoirement familiales, mais leurs activités et vie professionnelle, et bien eux, ils disent clairement, moi le travail, je fais mon job, je le fais du mieux que je peux, mais par contre je ne déborderai pas, c'est le deal.
- Speaker #3
Oui, alors ça c'est ce qu'on va appeler le minimalisme professionnel qu'on retrouve de plus en plus et on faisait référence à un film, Irréductible, c'est avec Jérôme Commander.
- Speaker #1
Voilà, Commander.
- Speaker #3
Mais tu as tout à fait raison Laurent, c'est vrai qu'on a changé de paradigme, il y avait jusqu'en 2023 la volonté... surtout pour des cadres, de montrer qu'ils étaient au travail. Donc il y avait un peu de suspicion de tyrophlantisme, parce qu'ils restaient, en gros, ils attendaient que le N plus 1 parte du bureau à 20h, parfois à 20h, pour partir eux-mêmes. Mais du coup, les salariés se rendaient compte quand même que c'était un peu... on marchait sur la tête parce que c'était Pour être au travail, ils sont vraiment spécialisés. Ils sont vraiment produits. Oui, on était présents physiquement,
- Speaker #1
mais sans la productivité. C'est une des publicités pour faire la promotion de LinkedIn, où la dame part à 20h30, puis ses collègues lui disent, tu parles. Déjà ?
- Speaker #2
Ah oui, c'est vrai.
- Speaker #1
C'est là qu'ils vont changer de travail quoi. Parce qu'effectivement, rester au travail pour rester au travail, si on n'est pas productif et si on fait autre chose, ou avant on le faisait en une heure, on le fait en cinq heures, parce qu'on n'a plus l'envie, parce qu'on n'a pas l'envie, parce qu'il ne faut pas aller trop vite, parce qu'autrement on va nous en coller, donc voilà, il faut gérer l'effort. Ça ne sert à rien.
- Speaker #3
Il y a ça, il y a le fait d'utiliser des outils qui permettent d'aller plus vite, en intelligence artificielle générative, vous ou avoir des collaborateurs, ou reprendre d'autres rapports d'ailleurs, ça se fait aussi de plus en plus.
- Speaker #2
Mais moi je trouve ça paradoxal de réimposer un système comme ça, on fait plus d'heures, on travaille plus, alors qu'à un moment donné, il y a eu beaucoup d'études sur le fait que travailler par exemple sur un nombre de jours restreint, par exemple il y avait la semaine de 4 jours, avec plus d'heures condensées, ça motivait plus les salariés à mieux travailler, à avoir une meilleure qualité de travail. Et ils étaient plus impliqués. Je crois qu'il y a même une entreprise qui avait instauré de mémoire les vacances en illimité. Et ils s'étaient aperçus qu'en fait, les gens n'abusaient pas. Parce qu'ils savaient qu'ils pouvaient prendre des vacances quand ils voulaient, autant de temps qu'ils voulaient. Mais au final, ils ne prenaient pas plus que des vacances imposées parce qu'ils étaient impliqués dans leur travail. Ce genre de système, moi ça me paraît très paradoxal.
- Speaker #1
Ça nécessite d'avoir un très bon profil dans le recrutement parce qu'il ne faut pas se tromper. Il y a des personnes qui joueraient sur le système et on connaît dans certaines organisations, bien évidemment ceux qui jouent sur le système entraînent en fait petit à petit l'effondrement de système de confiance du managerial parce que justement, elles, elles trichent. Et que ceux qui s'impliquent, au bout d'un moment, ils se disent je me fais blouser, parce qu'on sait pertinemment qu'il y en a qui trichent avec le système, qui trichent avec cette notion d'autonomie dans la volonté, et au bout d'un moment, ça les démotive. Et c'est souvent des, on en avait déjà parlé, c'est les départs silencieux où la personne quitte l'emploi parce qu'elle ne s'y retrouve plus et que son hiérarchique, le supérieur hiérarchique, ne se rendant pas compte qu'elle se démotive, est tout étonné de voir partir quelqu'un qui a un bon collaborateur, qui fait du bon travail, mais qui n'est pas reconnu au juste niveau, et surtout qui se sent défavorisé par rapport à d'autres qui, quand on essaye de les joindre entre les travails, ils ne sont jamais joignables, donc on se demande ce qu'ils font au bout d'un moment. Pas au début, bien évidemment. Au début, la relation et les confiances. Et d'autres éléments. Donc, en fait, c'est toujours pareil. C'est le petit noyau qui pervertait le système qui entraîne l'effondrement du système.
- Speaker #3
Alors, il y a aussi, dans certaines études, je pense à celle de l'APEC en ce moment, sur le surmenage des cadres, il y a peut-être des différences de valeurs. Dans les années 80, c'était l'ascenseur social, avoir presque la chance d'avoir un travail et du coup c'est ce qui nous permettra d'élever notre condition. Et important, je pense, c'est qu'en ce moment, revient... dans les réflexions des salariés ou entrepreneurs, cette notion de chance, de chance au travail. Alors que normalement, la chance est une question de bonne préparation, d'organisation, et ce facteur de la chance revient de plus en plus presque dans le processus d'avoir du travail.
- Speaker #0
C'est assez étrange. Il y a aussi cette notion de conflit entre le travail est une valeur qu'on intègre dans nos valeurs personnelles ou le travail est plutôt un moyen d'épanouissement, ce qui est plus la tendance actuelle des jeunes et qui peut générer un conflit.
- Speaker #1
Un moyen d'accéder à un épanouissement autre. C'est un passage obligé, ce qui fait qu'il y a de l'argent qui rentre, qui va me permettre de faire d'autres choses. Effectivement, et il n'y a pas obligatoirement d'épanouissement dans le travail, c'est-à-dire que les gens font le travail plus ou moins bien selon leur conscience professionnelle surtout. Mais par contre, ils font un travail qui est le moins rébarbatif pour eux. Et ce n'est pas le travail le plus motivant pour eux, en fait. Parce que peut-être qu'ils se sont trompés de foi ou qu'ils n'ont jamais trouvé la bonne voie pour eux actuellement. Mais on est sur une génération qui commence sa vie professionnelle.
- Speaker #0
Il y a aussi des retours, je pense à une étude Glassdoor, qui illustre que depuis le Covid, pour aider à se projeter dans un futur professionnel, il y a eu de plus en plus de logique de projet et d'objectif à... qu'est-ce qu'on va faire ensemble l'année prochaine, dans deux ans et sur trois ans. Et en plus de ça, se répercute une nouvelle tendance de culture du travail à la tâche, ce qui fait qu'il y a pas mal de personnes qui se retrouvent hyper saturées de tout. Et une petite info avant une petite pause, c'est qu'aujourd'hui, et dans le monde, pas que en France ou pas que aux Etats-Unis, Il y a en moyenne trois mois d'attente pour pouvoir faire une retraite en monastère afin de se ressourcer. Et ça ne prend pas en compte que des personnes qui ont une foi religieuse. C'est de plus en plus répandu. C'est pour pouvoir se ressourcer et apaiser les souffrances psychiques.
- Speaker #2
C'est la grande mode, oui.
- Speaker #0
C'est une grande mode. Donc, voilà.
- Speaker #2
Bon bah excellent messieurs, comme d'habitude c'est si passionnant. Comme tu l'as dit Franck, on va faire une petite pause musicale avec le morceau Time to Pretend de Management.
- Speaker #3
We're fading to the 10 To the 10 I'll miss the playground
- Speaker #0
Vous êtes bien sur WIP, Radio Dijon Campus. Aujourd'hui, nous abordons le sujet de la gestion de l'humain en entreprise et même en formation. Est-ce qu'on va voir ce qui peut nous permettre de réfléchir différemment, de capitaliser sur tous les besoins ? On s'était arrêté avec le besoin de se ressourcer et du burn-out qui se... qui se généralisent de plus en plus. Il y en a même qui vont encore plus loin que ça, à se demander à quoi bon apprendre encore aujourd'hui, à l'heure de l'intelligence artificielle. Et que l'être humain risque de perdre des facultés qui sont les marqueurs de son humanité. Donc voilà, un niveau qui est en chute libre, des métiers qui sont... Alors, on incite à être de plus en plus manuel, Il y a une sorte d'hyper-responsabilisation de parents aussi pour nourrir peut-être un business d'accompagnement, de coaching des enfants ou des personnes en développement. Il y a une tendance à vouloir réduire les cursus dans l'enseignement supérieur. et on peut l'observer peut-être chez France Travail de temps en temps où Il va être questionné à une personne demandeuse d'emploi si c'est bien pertinent de repartir sur un cursus long. Je pense au cursus de psychologie où c'est obligatoire.
- Speaker #1
Ça tient aussi au fait qu'on gère des considérations économiques et que le travail de France Travail, c'est de remettre rapidement les gens au travail.
- Speaker #2
Et de ne pas payer de formation.
- Speaker #1
Là, ça peut s'entendre. Mais cette remarque me rappelle un film des années 80 qui s'appelle « Les soulevés postent le bac » où il y a un prof qui essaye de leur faire de l'anglais et il y en a un qui a un ordinateur de poche qui lui fait la traduction en direct et il dit « Pas besoin d'apprendre l'anglais maintenant, le truc qui va faire le boulot pour moi. » C'est un film qui a quand même...
- Speaker #2
Ils étaient déjà dans le thème.
- Speaker #1
Voilà, ils étaient déjà dans le thème. Alors, c'est sûr, l'apprentissage va évoluer et on s'aperçoit que ça évolue sous différents aspects. Pour avoir échangé ce week-end avec un enseignant d'EPS, il y a des données et des travaux qui sortent actuellement qui disent que les enseignants d'EPS, éducation physique et sportive, jusqu'en cinquième ils font de la motricité en fait parce que les jeunes Pour la plupart d'entre eux, qui sont en cinquième, ça ne veut pas faire plus de quatre cloches-pieds enchaînés. C'est-à-dire qu'on fait vraiment de la motricité.
- Speaker #2
Les enfants sont de plus en plus sédentaires, on ne les fait plus jouer, on ne joue plus à la marée.
- Speaker #1
On ne les fait plus jouer dehors, ils sont devant un écran, comme ça ils n'embêtent personne. Bon, il y a le contexte... comment dire... Le contexte de la vie aussi, parce que le contexte urbain et la dangerosité urbaine, qu'elle soit liée à la mobilité des voitures ou aux prédateurs qui peuvent être, parce qu'on en voit tous les jours par les annonces et tout ça, font qu'on empêche les jeunes d'être sédentaires. Et puis les parents ne vont pas aller les emmener dehors le dimanche parce qu'eux-mêmes sont sédentaires. Et ils sont en train de regarder leur téléphone portable. La dernière fois que j'étais au restaurant, il y avait un couple avec des enfants. Ils étaient quatre avec un portable, chacun. Et ils ne causaient pas du tout.
- Speaker #2
C'est sympa. C'est bien d'échanger des SMS.
- Speaker #1
Une sortie en famille, c'est super génial. Donc voilà, oui, effectivement, on a une évolution de la société. Il y a des choses qui évoluent. Et bien évidemment, quand on sait que les apprentissages tous jouent assez tôt, les études cognitives et pédagogiques montrent qu'actuellement, l'effondrement de l'attention, l'effondrement de l'apprentissage chez les enfants est dû au fait qu'ils se mettent devant les écrans très tôt, très longtemps. Et ce qui passe par le cerveau, ça passe par le cerveau, ça ne rentre pas. Et ils n'apprennent pas. C'est problématique. Essayez de faire lire un texte de plus de 4 pages à un jeune de 20 ans.
- Speaker #2
C'est dur à l'attention, je pense.
- Speaker #1
Ils ont l'habitude de scroller. C'est comme ça qu'on dit. Scroller, exactement. Et ils zappent comme des malades sur leur téléphone, c'est-à-dire leur réseau social et compagnie. 4 pages d'un seul tenant, c'est problématique pour eux. Donc oui, il va falloir revoir la façon d'enseigner, revoir la façon d'évaluer, parce que l'intelligence artificielle actuellement dans l'enseignement supérieur pose des questions sur les travaux rendus par les jeunes. Alors bien évidemment, un jeune qui connaît comment servir d'une intelligence artificielle et qui va interroger les bons promptes va fournir un très bon travail parce qu'il aura eu l'intelligence de... poser les bonnes questions, de les réorganiser et de faire évoluer son texte. Celui qui l'utilise parce qu'il n'en a rien à faire, il va faire un prompt, il va livrer le travail et ça sera en dessous de tout.
- Speaker #2
Mais c'est tout le paradoxe en fait, c'est qu'on observe que ça rend, ça met des gens en difficulté d'avoir ce mode de fonctionnement, mais en même temps on l'insère dans nos vies. On a de plus en plus de conférences sur l'IA, c'est euh utiliser en cours. Moi, je sais que mon fils me dit que régulièrement, ses profs l'encouragent à utiliser l'IA pour faire une aide de motivation, un CV, ça aide. Mais c'est sûr que je pense qu'il va falloir qu'on passe le cap de se dire comment on fait pour apprendre à bien s'en servir.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
La subtilité,
- Speaker #1
ouais. Et le terme intelligence artificielle, tel qu'on l'utilise en France, est mal approprié, puisqu'aux Etats-Unis, on parle d'assistance intelligente. Voilà,
- Speaker #2
donc c'est pas pareil.
- Speaker #1
le terme, voilà, insistance intelligente, c'est-à-dire que derrière, il y a toujours l'intelligence humaine qui va gérer la chose. Qui va contrôler et faire évoluer le système. Mais effectivement, c'est rigolo, Internet devait tout révolutionner, ça a fait évoluer les choses, mais on a toujours besoin de plein de choses. Et comme tu le disais, Franck, Faire les apprentissages des métiers manuels, ben oui, parce qu'on aura toujours besoin d'un pombier, on aura toujours besoin d'un couvreur, on aura toujours besoin d'un boulanger.
- Speaker #2
Et ce qui est fou, c'est que dans les mentalités, les métiers manuels sont toujours aussi dénotés, on dira.
- Speaker #1
Alors ça, c'est purement français.
- Speaker #2
Voilà, c'est dans les mentalités.
- Speaker #0
Même si pourtant maintenant les grilles de salaire, elles sont beaucoup plus avantageuses. pour des métiers manuels.
- Speaker #2
C'est vrai, mais dans les esprits, ça reste toujours un métier manuel. C'est dénigrant. C'est comme faire un bac pro.
- Speaker #1
C'est parce que ça a été dénigré aussi. Quand on avait voulu 80% d'une tranche d'âge au baccalauréat. Et puis, moi je suis d'une génération où ceux qui n'étaient pas au moment à l'école... En quatrième, on les envoyait faire un CAP manuel parce que c'était le seul boulot qui était bon pour eux. Alors que des plombiers, on a besoin de chefs d'entreprise qui aient le cerveau, qui fonctionnent bien et qui fassent du bon boulot. On a besoin de gens bien formés, qui réfléchissent bien. Effectivement.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et bien sur ces mots, je vous invite à partir pour un nouveau voyage créatif avec le titre Ressources humaines, interprété par Luc. Musique Musique
- Speaker #4
Ressources humaines Les corps se rachatent Fais de toi, fais de toi Un homme de trop Musique Par mes encreintes, veille la jante, que nos vies, que nos vies pour bien sonner vreux. We are, Enfant du siècle Écoute ma plante Ils ont fait de moi, fait de moi Je suis la lune Et plus rien ne tue J'ai tué, j'ai tué Mon ego Et de toi et de nous, Femme de nous, Femme de nous, Des âmes de nous. Et de toi et de nous, Femme de nous, Femme de nous, Des âmes de nous.
- Speaker #2
Vous êtes de retour sur WIP, nous sommes bien ensemble sur le 92.2 FM.
- Speaker #0
Et pour continuer sur ces discussions, je vous propose d'aborder le volet... qui a un véritable défi je pense à ne pas se laisser emporter en ce moment d'un côté ou de l'autre, côté employé ou employeur avec les différentes tensions, les violences qui sont plus exacerbées ces temps-ci mais on observe quand même une érosion de la relation de confiance entre les employés et les employeurs et surtout dans les entreprises mais même peut-être aussi de plus en plus dans les administrations. Avec cette question aussi de la loyauté envers l'employeur, des demandes qui sont faites d'un côté et du retour sur investissement qu'il y a de l'autre. Et du coup, on voit peut-être de plus en plus des personnes qui peuvent affirmer « je préfère » . M'ennuyer à mon travail et rester peut-être en silencieux que de perdre mon salaire. Et donc on va trouver des personnes qui ne sont plus du tout motivées et qui essayent peut-être de se protéger de leur manager, mais qui vont ne pas essayer de pousser à la faute les...
- Speaker #2
À mon sens, pour moi, ça a toujours existé. beaucoup bouger d'entreprise c'est présent partout pour moi des gens qui passent sous les radars sans faire de bruit et dont on ne connait pas obligatoirement les motivations qui font sans plus je dirais que c'est un peu des œillères que les équipes encadrantes se mettent, j'imagine pour certaines personnes je pense, après oui, peut-être dans le privé on a moins le cas mais en tout cas dans le public Merci. En général, c'est plutôt ça, on laisse les gens tranquilles. Une fois qu'on est fonctionnaire, on est un peu à l'abri. Donc, je pense que l'équipe encadante, managériale, a semé beaucoup, beaucoup d'oeillères ou replace les gens. À mon sens, ça s'est présent depuis toujours et dans toutes les entreprises, les personnes qui sont là et qui ne sont pas motivées par leur travail, mais ils ont un salaire et ça, ça leur convient très bien. Ils ont la sécurité du salaire.
- Speaker #0
La sécurité de l'emploi.
- Speaker #2
Exactement. Et ça leur suffit.
- Speaker #0
Donc ça, c'est le job hooking, comme ils l'appellent aujourd'hui. Et alors, il y a cette histoire de confiance. Aux Etats-Unis en ce moment, et comme ça risque de nous arriver d'ici 5 à 10 ans, il devient très très très difficile de retrouver un emploi. Et le niveau de retrouver un emploi est au plus bas niveau depuis 2013 aux Etats-Unis.
- Speaker #2
D'accord, donc les gens qui quittent leur emploi ont du mal...
- Speaker #0
Ils ne sont pas sûrs d'en retrouver un autre.
- Speaker #2
D'accord. Ou ce qui n'encourage pas le fait de partir, alors qu'on est plus motivé.
- Speaker #0
Et ce qui rend peut-être aussi anxiogène, un peu paranoïaque certains des acteurs. Et je pense aussi à celles et ceux qui pensent même que... qu'il n'y a plus d'humanité dans leur travail, qu'on pourrait les remplacer par quelqu'un d'autre, mais qu'ils se sentent quand même irremplaçables dans le sens où il faut quand même que ça tourne, et qu'ils sont plus valorisés, plus gratifiés, plus remerciés. Tout le monde met de plus en plus la pédale, ou alors on est submergé de part et d'autre et de tâches à réaliser, et avec une impression de se sentir de plus en plus isolé dans son travail au quotidien. Donc gros problème de communication entre des collègues, et ou aussi avec la hiérarchie pour faire remonter les problèmes. qui surviennent.
- Speaker #1
D'où l'importance de monter en compétence au niveau managériel et en appliquant des principes managériaux qui ne sont pas obligatoirement ceux qu'on avait avant.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
exactement.
- Speaker #1
La reconnaissance du travail fait, ne serait-ce que dire bonjour aux gens. Moi j'ai connu des lieux où j'ai travaillé. Je voyais Paul, directeur, qui était à quatre bureaux de moi pendant quatre jours sur cinq, alors qu'il était au travail. Si moi je ne me déplaçais pas pour lui dire bonjour, lui ne se déplaçait pas pour voir ses collaborateurs.
- Speaker #2
Ça ne m'étonne pas, oui.
- Speaker #1
Et ça n'entretient pas le climat de confiance. Rien que passer le matin à dire bonjour, voilà, déjà ça marque les gens.
- Speaker #0
Il y a de nombreuses... interview de Bill Gates et ça me renvoie à une de ses interviews où il disait il faut un management opérationnel, il faut aller au contact des collaborateurs pour qu'il y ait un lien physique, réel et non pas seulement logiciel entre des personnes qui travaillent ensemble Tout à fait et ces méthodes de management vont vers l'humanité
- Speaker #1
Parce qu'on tient compte de l'humain. Ce qui peut être paradoxal puisqu'on a de plus en plus de développement d'outils de manageria qui sont des outils informatiques.
- Speaker #0
Souvent des outils de gestion de projet. Voilà,
- Speaker #1
ou de co-gestion ou de co-partenariat. Mais il y a possibilité de le faire. Ça demande des compétences et des qualités humaines.
- Speaker #2
que certains managers n'auront jamais parce qu'on ne se refait pas on ne se refait pas et puis après je pense qu'il y a aussi la culture d'entreprise en général si les grands patrons ne vont pas dans le sens où on veut intégrer une culture managériale on va dire humaine ça n'arrivera jamais effectivement les gens ils sont là pour gérer une équipe et pas des gens alors il y a
- Speaker #0
Laurent, tu parlais de formation et de montée en compétences. Il y a par exemple le master mention psychologie et le parcours de psychologie sociale et du travail qui propose soit cursus en deux ans en master mais avec des blocs de fondamentaux de psychologie ou en un an sur des modules qualité de vie au travail, comment intégrer de la bienveillance dans les techniques de management. Il y a des modules qui peuvent être suivis pour s'acculturer aux questions d'actualité. Donc voilà, on observe que des chargés de ressources humaines, des directeurs de ressources humaines intègrent ça. cette formation juste pour suivre un ou deux modules qui peuvent être suivis en toute autonomie et pour sa culture générale et avoir des nouvelles compétences. Donc ça, ça se fait, oui.
- Speaker #1
On retrouve ce genre de compétences aussi à l'IAE sur des masters management, administration d'entreprise où on a des compétences visées qui sont coordonnées, fédérées. accompagner les équipes, gérer des équipes, développer des compétences transverses et pas que des compétences de travail. C'est paradoxal, mais si les gens se sentent bien dans l'équipe dans laquelle ils sont, ils auront plutôt tendance à vouloir rester et plutôt tendance à vouloir s'investir.
- Speaker #2
C'est ce qui fait le plus gros du travail pour moi, à mon sens. Un travail, c'est toujours monotone, on peut dire ce qu'on veut. Tous les travails se ressemblent, on va dire, dans le fond. Et c'est sûr que l'ambiance de l'entreprise avec les managers et les collègues, ça fait 80% du boulot.
- Speaker #0
Et alors je pense aussi, pour finir, il y a des masters métiers de la culture au département institut Denis Lydreau, à Dijon, à Chaboucharny. Et il y a un master culture communication. Il y en a un en anglais, c'est Project in International and European Cultural Engineering, le PIS, et puis il y a une version plutôt française, Direction de projet ou établissement culturel. Et je pense aussi à un diplôme universitaire, le sens de la peine, qui s'adresse beaucoup aux travailleurs autour des maisons d'arrêt et de l'administration pénitentiaire, qui fait vraiment une... une analyse réflexive sur la pratique professionnelle. Et bien maintenant, je vous propose de créer encore un petit temps avec une inspiration musicale grâce au titre Pampetit Kicks des Foster's People. Musique
- Speaker #3
Musique
- Speaker #1
Vous êtes bien sur Work in Progress et pour conclure, mesdames et messieurs, l'agenda.
- Speaker #0
Et nous vous invitons à consulter la toute dernière enquête de l'APEC publiée le... Le 9 octobre, sur la santé mentale chez les cadres et les managers, des risques exacerbés par l'identité cadre et les injonctions au dépassement de soi.
- Speaker #2
Alors il y a aussi les rendez-vous sur octobre en Bourgogne-Franche-Comté qui débutent avec la journée robotique sur Besançon le 4 novembre.
- Speaker #0
Le 13 novembre, il y aura sur Dijon le forum emploi et incontournable. et inclusion avec la Chambre de Commerce et de l'Industrie, puis ce sera le 20 novembre sur Besançon.
- Speaker #1
Le 13 novembre, toujours les rendez-vous de l'Industrie 4.0 à Charent-sur-Saône avec l'usinerie.
- Speaker #2
Et à les 21 et 22 novembre, le salon Studierama des étudiants supérieurs au Parc des Expositions de Dijon, puis le 29-11 sur Besançon.
- Speaker #0
Le 24 novembre, l'opérateur de compétences act... Certo BFC, en partenariat avec la mission locale, proposera une journée tremplin pour l'emploi.
- Speaker #1
Et enfin, le 28 novembre aura lieu la nuit de l'orientation sur Dijon et Auxerre, organisée par la Chambre de commerce et d'industrie.
- Speaker #2
Merci messieurs, merci de nous avoir écoutés. Rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle émission de WIP sur Radio Dijon Campus.
- Speaker #0
Et retrouvez-nous en podcast sur les plateformes et pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, sur le DAB+, et sur tous les postes modernes en direct live sur le site...