- Speaker #0
Work in progress, formation tout au long de la vie, poursuite de carrière, reconversion professionnelle, innovation pédagogique, bassin socio-économique, utilité sociétale. Bonjour et bienvenue sur Radio Dijon Campus pour un nouvel épisode de WIP. Bonjour Franck, bonjour Laurent.
- Speaker #1
Eh bien le bonjour à toutes et à tous, c'est bonjour Roxane, bonjour Laurent et bienvenue sur Work in Progress. Ici c'est ailleurs, alors attachez bien vos ceintures, on vous transporte dans le monde d'après-demain.
- Speaker #2
Bonjour Roxane, bonjour Franck. Aujourd'hui un épisode spécial pour nous aider à anticiper le futur, celui de l'influence sur les choix d'orientation. Entre aspiration personnelle, regret suite à des choix de formation pas assez adaptés à soi. On vous précise tout cela dans le sommaire.
- Speaker #0
Effectivement, au sommaire de cette émission, la grande aspiration. Nous vous proposons un éclairage sur les formations qui forment à des métiers, qui nous changent la vie, mais pas comme on se l'imaginait.
- Speaker #1
Et oui Roxane, c'est vrai que des personnes se retrouvent dans une formation, mais avec du recul ou au bout du cursus. C'est la grande déception plutôt, le saut dans l'inconnu, une influence d'imaginaire ou de l'entourage, surtout des aspirations parentales, on va le voir. Donc on n'a plus nos repères et on s'engage dans une formation un peu contre son gré et vient la désillusion. Donc on va débattre de tout ça aujourd'hui pour ne pas regretter. Profitez ou alors changez, c'est bien aussi de changer et on verra comment on peut le faire. Mais on aura bien sûr également l'agenda et le tout ponctué par des petites respirations musicales.
- Speaker #2
Nous vous proposons de créer du temps pour penser et pour repenser votre projet de formation dans l'enseignement supérieur et plus généralement votre vie professionnelle.
- Speaker #1
Alors, choisir sa voie après le balacaloréat, c'est l'une des décisions qui semblent les plus importantes de la vie en France. Mais c'est aussi l'une des plus stressantes. On vient de voir passer la phase de parcours sup. Il y a en ce moment mon master. Il y a toutes les ouvertures sur l'Université Bourgogne-Europe de e-candidat pour intégrer des années de licence 2 ou 3 ou master 2. Et aujourd'hui, on se rend compte que de plus en plus, on va chercher à anticiper les déceptions relatives aux admissions. Donc, on va faire le point sur les erreurs les plus fréquentes pour mieux les éviter et surtout savoir que se tromper, c'est humain.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et encore, faut-il comprendre pourquoi ça arrive.
- Speaker #2
C'est ce qui permet aussi de se construire, se tromper.
- Speaker #1
Mais tout à fait. Alors ça, c'est la fameuse logique dite libérale aux États-Unis d'Amérique qu'ont tous les entrepreneurs. Mais c'est vrai que ce n'est pas une culture qu'on a chez nous. Quand on a fait un choix, il faut s'y tenir et changer de voie. Ou l'échec n'est pas quelque chose qui va servir à se reconstruire pour aller encore plus loin.
- Speaker #0
Et ça peut même poser des questions sur les futurs employeurs. Pourquoi cette voie ? Pourquoi vous vous changez ? C'est un gros questionnement. Il s'en pense qu'on n'a pas du tout la culture du changement. On a du mal quand même à intégrer ça dans sa vie professionnelle.
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. Alors, c'est vrai aussi que... Comment dire ? Je nous mets une petite ambiance sonore. Il faut voir qu'après Parcoursup, 56% des 18-24 ans ont déjà regretté un choix d'orientation. Mais l'année dernière, 60% des étudiants avaient regretté leur propre choix d'orientation. Donc ça va en s'accroissant également. On va échanger ensemble sur toutes les problématiques. Je commencerai par l'orientation qui est poussée par les parents. On est d'accord.
- Speaker #2
Pas que.
- Speaker #1
Ou dissuadé. Parfois ça peut être dissuadé par un enseignant.
- Speaker #2
Aussi oui. Il y a le poids, c'est un poids double l'ayant vécu en tant que parent et connaissant le secteur éducatif et étant présent depuis longtemps aux journées portes ouvertes. On a vu monter le stress chez les parents du choix des options en seconde, première, terminale parce que les équipes enseignantes indiquaient aux jeunes et donc aux parents que s'ils se trompaient d'options, ils ne pourraient pas envisager la filière qu'ils souhaitaient faire.
- Speaker #0
C'est ça, ou que ce serait beaucoup plus compliqué.
- Speaker #2
Dans certains cas, c'est vrai. Quelqu'un qui prend une filière avec des options littéraires et qui veut faire médecine, sans science dedans, c'est sûr que pour lui le parcours va être difficile.
- Speaker #0
Ou plus long.
- Speaker #2
Ou plus long, ou la première année il va falloir qu'il passe par du LAS, pour être le meilleur, pour essayer de réincorporer, voilà. Par contre, vu comme effet Parcoursup, c'est les compétences et les connaissances de la personne qui vont être jugées. Et donc si... Les motivations qu'il montre, si son CV sont bien constituées, quelles que soient les options qu'il ait prises, s'il les utilise bien dans son argumentation, ça va être très intelligemment fait. Je vais prendre un cas que j'ai croisé. Quelqu'un qui fait sport et qui a pris humanité en option dans son itinéraire de lycéen. C'est bien d'avoir un sportif qui réfléchit au monde qui l'entoure, au monde dans lequel il s'insère, avec une certaine éthique. Et les enseignants de Staps, ça, ça attire leur attention. Ils ne prennent pas que des gens qui sont de sportifs de très haut niveau et ainsi de suite. En Staps, ils prennent aussi des gens qui s'intègrent parce qu'ils sont engagés dans un club bénévolement, parce qu'ils sont pompiers volontaires et ainsi de suite, qui ont une vie dans une dimension sociale et dans une dimension associative. Quelqu'un qui veut aller vers une filière psycho, qu'il ait fait du littéraire ou du scientifique, c'est bien, parce que ça va servir et on en a besoin dans les deux cas. Donc il ne faut pas rester dans des stéréotypes et je crois aussi qu'effectivement, les enseignants mettent une pression. Et puis, ce qui est regrettable aussi, c'est que des fois le jeune a des aspirations et comme il est bon à l'école, les enseignants vont essayer de le contraindre à continuer parce que... c'est gâché de ne pas faire d'études supérieures tu vas pas faire ce métier là t'as des compétences pour faire des études supérieures mais si le jeune il veut faire plombier, on a besoin de plombier quand un cerveau qui réagit bien et qui devient chef d'entreprise dans quelques années et s'il s'épanouit là-dedans, c'est bien plutôt que c'est gâché parce qu'il fait pas d'études c'est pas obligatoirement les parents je me rappelle il y a 3 ans il y avait une publicité pour une banque Où il y a un jeune qui voulait devenir mécano, et tout son environnement, sa copine, ses copains de classe, ses profs, ses parents lui disaient « Tu vas pas faire ça quand même ! » Et le seul qui lui disait « Tu peux y aller » , c'était son banquier. Mais c'était pour la banque, la pub. C'est une façon quand même de véhiculer une représentation. « Tu vas pas faire ce boulot ? »
- Speaker #0
Moi ça m'était arrivé quand je bossais au Crépes, il y avait un papa qui était très stressé par le choix d'orientation de sa fille. Il voulait absolument faire une formation sportive. Alors que lui, pas du tout. Il voyait sa fille dans des années pas travaillée, galérée, tout ça. Alors que non, elle, c'était vraiment son rêve. Elle a réussi à passer les tests, à faire son année, à avoir son année. Et puis, je la croise de temps en temps. Et elle est coach sportif dans une salle. Et elle, c'est son kiff. C'est ce qu'elle aime faire.
- Speaker #2
C'est très difficile d'aller contre les représentations parentales. C'est dur. On connaît... Les représentations sociales où le fils de médecin, le fils de pharmacien devient médecin ou pharmacien, c'est des vieilleux héritages. Et puis, de façon tout à fait compréhensible, les parents souhaitent que leurs enfants aient... Une vie moins difficile qu'eux, considèrent que le parcours qu'ils ont eu au début de leur vie professionnelle a été très difficile. Ils ne veulent pas que les enfants aient la même chose, donc ils ont tendance à les inciter à ne pas aller vers des métiers difficiles physiquement, à ne pas aller vers des métiers de galère ou des choses comme ça. Et ça peut être contre-productif pour la personne qui, elle, voudrait faire autre chose et qui, à un moment ou à un autre, va le faire.
- Speaker #1
Si c'est contraint, si c'est interdit de faire cette voie-là... Parce qu'il n'y a pas d'explication, pas de motivation, pas de conseil ou de test, c'est sûr que ça va être souvent mal pris. Il y aurait 73% des parents qui s'occupent, à la place de leur enfant, de leur avenir professionnel. Du coup, on est quand même une grande majorité à être presque orientés de facto par les parents.
- Speaker #2
3 sur 4. C'est ça que ça veut dire. C'est énorme. Déjà, le jeune, vous lui demandez à 16 ans, à 16 ans, de commencer d'envisager sa carrière professionnelle. Parce qu'à 18 ans, il ne faut pas que tu te trompes d'orientation quand tu vas aller en fac. Donc, il ne faut pas que tu te trompes d'option avant. À 16 ans, la représentation du métier qu'un jeune va avoir, la découverte qu'il a fait en troisième, trois jours dans un métier que les parents, ils ont trouvé le boulot parce que c'était plus facile pour eux et tout ça.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #2
En plus, il y a la représentation sociale du travail dans la maison. Est-ce que dans la maison, les parents sont des pro-travail physique, pro-travail intellectuel, pro-travail l'enfant, il a cette représentation-là ? Son cercle de copains aussi, c'est très important. Si on a une activité sportive... Moi j'étais d'une génération où les copains, je savais ce qu'ils allaient devenir parce que je connaissais leurs aspirations, mais en en parlant avec mes enfants, c'est pas des questions qui se posent entre eux. Tu veux devenir quoi ?
- Speaker #1
Oui, c'est très personnel. Quelque part. Et c'est presque pas une honte, mais de toute façon, dans notre culture française, c'est très difficile d'échanger. Alors qu'il y a d'autres pays en Europe où c'est beaucoup plus libre et quelque part, c'est moins grave si on s'est trompé de filière.
- Speaker #0
Exactement, oui. Mais il me semble que l'Allemagne, si je ne dis pas de bêtises, a un fonctionnement qui, pour moi, est très bien. Alors, il me semble, si je ne dis pas de bêtises, ils font passer un diplôme, je pense, l'équivalent du bac. Et ensuite, après ça, les gens travaillent, ou font des stages dans plusieurs domaines si les travails sur lesquels ils sont passés ne leur conviennent pas. Et une fois qu'ils ont trouvé leur voie, vraiment un travail qui leur plaît, là, ils se spécialisent, ils font les études dans ce métier-là. Et là, pour le coup, c'est choisi.
- Speaker #2
On retrouve ça dans des pays plutôt scandinaves, où l'année de césure post-bac... Avec un statut encadré, puisque en France aussi, une année de césure, c'est un statut d'étudiant, mais vous n'allez pas à l'école pendant l'année de césure, vous allez ailleurs. Effectivement, ça permet de révéler les carrières avec quelqu'un qui a 18 ans, qui a passé ce plafond de verre qu'est le baccalauréat. Et il faut savoir aussi qu'en Finlande, il y a un concours d'entrée en université et qu'il y a des gens qui le passent des fois pendant 6 ans avant de pouvoir y rentrer. Et donc, quand ils rentrent à la fac... Ils savent quel métier ils veulent faire et pas quel métier parce qu'ils ont travaillé pendant 5 ou 6 ans le temps de passer leur concours. Ce n'est pas une entrée directe parce qu'on est bachelier, on doit rentrer à l'université, c'est un droit. Chez eux, ils ont le bac et après ils passent le concours. Et pour avoir le concours, il faut être vraiment bon. Donc en fait, il ne faut pas venir en se disant je choisirai durant mon cursus. Je viens parce que j'ai déjà ma filière.
- Speaker #1
Aux Pays-Bas, par exemple, l'État prend en charge... cinq années d'études supérieures. Et donc, ils peuvent soit faire plusieurs choix ou faire un cursus complet jusqu'au master et tout est pris en charge. Et après, ils peuvent continuer, mais du coup, ce sera à la charge de la personne.
- Speaker #0
C'est des systèmes qui sont pas mal.
- Speaker #1
Excellent tout ça.
- Speaker #0
Comme d'habitude, c'est passionnant. Maintenant, je vous propose une respiration musicale avec le morceau The Climb. Interprétée par Maëlys Ayrus.
- Speaker #1
Et vous êtes bien sur Work in Progress, Radio Dijon Campus, alors aujourd'hui nous abordons les formations qui ne nous correspondent pas.
- Speaker #0
Spotlight, la partie immergée de l'iceberg.
- Speaker #1
Alors il faut quand même être sacrément zen pour pouvoir faire tout ça. Je vous propose qu'on échange sur le top 5 des erreurs. d'orientation que les étudiants regrettent le plus souvent. Et ça, c'était une enquête qui a été transmise très récemment par Studirma. Alors le classique, c'est qu'il y en a qui se retrouvent dans une filière qui ne leur correspond pas. Et il faut savoir que près d'un tiers des étudiants regrettent leur choix d'orientation post-bac. Et près d'un quart finissent par se réorienter quand même. Alors la première de toutes ces erreurs, C'est de choisir par défaut ou par pression sociale. On l'a vu tout à l'heure, c'est le plus répandu.
- Speaker #2
Alors par défaut, c'est souvent une erreur de casting, c'est-à-dire que la personne a une idée en tête, elle le met en choix numéro 1 dans sa tête, même si sur Parcoursup, il n'y a pas de numéro 1. Et puis, comme on lui dit, il faut un plan B ou un plan C ou un plan D, mais qu'elle n'en veut qu'un, elle met un plan B, c'est D, et puis c'est ce qu'il ne veut pas. Puis bien évidemment, elle n'a pas son choix principal. Et elle se retrouve dans une filière qu'elle n'a pas choisie. Quelqu'un qui veut faire psycho, qui se retrouve en socio, parce qu'elle avait choisi socio en soi-deux, en se disant c'est à peu près pareil. En plus, sans le fait que c'est presque dans le même bâtiment.
- Speaker #1
Quelque chose que je remarque de plus en plus, il y en a qui vont mettre des choix par défaut. Par exemple, ils vont choisir, je dis n'importe quoi, psychologie en 1, et du coup, ils vont mettre sociologie en 2, STAPS en 3, histoire en 4. Parce qu'en fait, ils voulaient absolument être sur Dijon.
- Speaker #0
Ah d'accord.
- Speaker #1
Alors qu'il y en a qui vont quand même dire, je veux faire psychologie en 1 à Dijon, mais s'il n'y a pas à Dijon, je vais aller à Besançon, sinon à Nancy, sinon à Paris, sinon à Lyon. Ce qui serait quand même plus logique. Les choix, ce n'est pas le même.
- Speaker #2
Et l'équipe enseignante, elle regarde les choix qui sont autour.
- Speaker #1
Non mais c'est ça.
- Speaker #2
Donc elle voit tout de suite la chose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Et donc quelqu'un qui ne fait que Dijon, avec plein de filières différentes, C'est quelqu'un qui veut l'état du genre. À la limite, ils se font un peu de la filière. Et c'est ça,
- Speaker #1
et ça les équipes pédagogiques qui s'en rendent compte de plus en plus. Voilà,
- Speaker #2
moi qui participe à l'incrutement qui passe Paris Candida, comme on demande, avez-vous postulé dans d'autres formations similaires ? D'une formation qui en a 10 en France, si la personne veut faire cette licence professionnelle-là, elle va choisir Dijon, Reims... Les villes qui la rendent le plus, quoi ! Et puis les villes qui proposent, les villes des universités qui proposent cette filière-là. Si les autres formations qui sont proposées sur une autre licence pro dans le secteur commercial, mais sur Dijon, c'est que ce n'est pas l'activité de la branche professionnelle qui l'intéresse. C'est la ville. C'est la ville, voilà. Donc voilà, choix par défaut, ça peut être cette chose-là. Et souvent, le choix par défaut, c'est un choix par erreur aussi. C'est-à-dire que les gens sont attirés par le nom de la formation, mais juste le nom. Ils n'ont pas été voir ce qu'il y a derrière. Et ce qu'il y a derrière, il y a une fiche filière qui discrimine tous les blocs de compétences qui sont derrière, tout ce qu'il y a dedans. Les secteurs d'activité visés, les emplois visés et tout ça. Et puis des fois, les gens, ils se disent, ah mais ouais, mais moi, c'est pas ça que je n'ai. Moi, j'ai l'exemple sur l'IUT, il y a une formation qui s'appelle l'aménagement paysager. Les gens, ils pensent qu'ils vont avoir une bêche et qu'ils vont faire de l'aménagement paysager. Sauf que c'est de l'infographie paysagère. On travaille sur plan et ainsi de suite. et les gens pensent qu'ils vont aller mettre la main dans la pâte.
- Speaker #0
Alors que ça ne commence pas par ça.
- Speaker #2
Au bout d'un moment, ils disent qu'on fait trop d'informatique, qu'on fait trop de machin. Oui, mais c'est ce qui est écrit dans l'information. Vous n'avez pas été lire le truc ? Ils ont regardé l'enseigne, ils sont rentrés, ils n'ont pas regardé le menu.
- Speaker #0
Au final, les gens ne sont pas assez sensibilisés de se dire qu'il faut quand même creuser l'information et regarder vraiment ce qui se passe pour atteindre mon objectif. Est-ce que c'est un problème de sensibilisation, de manque d'information, de manque d'automatisme ?
- Speaker #1
Il y a un peu de tout. Il y a un autre exemple, comme Laurent, il y a une super formation, la licence professionnelle de formateur en milieu professionnel. Alors l'intitulé et la mention de rattachement au RNCP, c'est gestion des ressources humaines, emploi, métier, compétences, GPEC, tout ça. Et après, parcours, formation, formateur en milieu professionnel. D'accord. Un candidat sur deux, presque, souvent en formation initiale, qui a choisi cette formation mais qui pensait faire des RH ou faire du droit.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors que c'est bien marqué et si tu regardes le programme de la formation, le contenu, tu deviens formateur. Tu as des acquis en sciences de l'éducation, en psychologie cognitive, tu as des intervenants professionnels, les meilleurs de France qui viennent pour... échanger leur pratique de formateur, mais le projet, ce n'est pas de devenir agent de ressources humaines. Parce que, je pense qu'il y en a, en fait, ils ont coché des trucs parce qu'il fallait cocher des trucs, et point barre.
- Speaker #2
Et ils ont regardé que l'entête de la formation n'est pas ce qu'il y avait dedans. Donc, deuxième erreur, confondre matière et métier.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
J'adore le français, donc je viens... vers un métier de l'UFR Lettre, je viens vers une formation de l'UFR Lettre qui, pour 90% des gens, amène à l'enseignement du français.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #2
Est-ce que je suis fait pour enseigner le français ? Ce n'est pas le même métier que j'aime le français.
- Speaker #1
Quelques-uns, peut-être, deviendront éditeurs, auteurs eux-mêmes ou iront dans les métiers de la librairie, mais ça, c'est des professionnalisations qui arrivent. en général, soit en fin de BUT ou en master.
- Speaker #2
Je ne vais pas vers une certaine filière, parce que dedans, il y a une matière que je sais que je suis mauvais. Sauf que dans toutes les formations, il y a plein de choses. Je vais vers la psychologie. Durant les deux premières années de la licence de psychologie, je vois tous les types de psychologie, entre psychologie clinique, sociale et ainsi de suite. Il y en a certaines, ça ne va pas me faire kiffer. Je suis sûr d'avoir une bâche dans cette matière-là. Mais les autres me rattraperont. Donc choisir par défaut ou choisir parce que j'aime bien une matière, c'est obligatoirement une erreur.
- Speaker #1
Non, mais c'est clair. Alors, c'est pour ça quand même prendre le temps de bien lire les intitulés des offres de formation, prendre le temps de faire la corrélation entre le métier et la formation. Un classique. On faisait des admissions en internat de médecine, je faisais ça il y a dix ans, et on emmenait toute la promo dans ce qu'on appelle pour un cours de médecine légale, on amenait tout le monde à la morgue. Et bien il y en a un sur vingt qui tombe dans les pommes.
- Speaker #2
Quelqu'un qui veut devenir infirmier qui ne peut pas voir le sang.
- Speaker #1
Ou qui veut devenir médecin. Ça pique. Parce qu'ils sont arrivés jusqu'en internat.
- Speaker #2
Il y avait une pub McDo là-dessus.
- Speaker #1
Ou... Non mais voilà. Il y a des parcours. Forcément, si vous faites droit, il va y avoir de la misère humaine. Ou il va falloir défendre des fois des personnes violentées ou des personnes peu recommandables. Ou préparer les concours de la magistrature, ou avocat, ou notaire, ou rentrer dans la police ou la gendarmerie. Je veux dire, les chiens ne font pas des Ausha. Ça prépare quand même à ce type de métier.
- Speaker #0
Et puis, il y a peut-être aussi une image quand on veut aller dans un métier de prestige. C'est-à-dire que c'est un métier bien, j'ai une étiquette sociale, la famille a fait ça, on ne parle pas de médecine par exemple. pharmaciens, on fait ça de père en fils, de mère en fille.
- Speaker #2
Ou je demande telle école, parce que ça, ce diplôme-là est réputé dans cette école-là. Exactement,
- Speaker #0
ça fera bien sur mon CV et forcément je vais trouver du travail.
- Speaker #2
Sauf que des fois, pas obligatoirement.
- Speaker #1
Et le classique, c'est dans l'hôtellerie par exemple. Il y en a plein qui rentrent dans les écoles hôtelières et puis quand il faut aller... Bien sûr, on a des personnes qui viennent dormir dans un établissement. Donc... Il faut venir le matin de bonne heure pour les accueillir. Il faut faire l'accueil la nuit ou changer les chambres à 3h du matin ou à 7h ou à 19h. Ah bah, ce n'était pas ça que j'avais prévu dans le métier. Bah si,
- Speaker #2
aussi,
- Speaker #1
aussi, c'est aussi ça. Puis, il y a aussi le fait de repousser à plus tard son projet. Et donc, on se contente de voir la prochaine étape. Je passe le bac, je vois pour rentrer en L1 ou en classe prépa, ou je suis en licence 3, je vois pour faire le master 1, et on en voit de nombreux qui partent finalement des fois à Rennes, à Lille, à Lyon, pour faire leur master 1. Et puis après, à bas mince, si j'étais resté à Dijon, j'aurais pu faire mon master 2 dans la filière, en alternance. Finalement, les métiers sont quand même mieux profilés, mais sauf qu'il y en a qui sont partis.
- Speaker #2
Et pour revenir, ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Et pour revenir, ce n'est pas pareil.
- Speaker #2
Oui, vision à court terme, pas de projet déroulé sur un temps assez long, parce qu'on avance au coup par coup, qu'on se réserve le droit de zapper, qu'on n'anticipe pas les choses, alors qu'il y a des carrières où il faut anticiper. À l'inverse, il y a des gens qui savent très bien anticiper. Moi, j'ai déjà rencontré des jeunes en première, qui étaient en première, qui venaient se renseigner sur les journées portes ouvertes, qui disaient, moi je veux aller en filière informatique, quel est le parcours qui me permettra de faire de l'apprentissage le plus vite, sur le plus longtemps, pour aller jusqu'au niveau master ?
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
C'est-à-dire qu'ils voulaient tout de suite trouver une filière. Et eux, ils n'étaient pas arrêtés à dire, je vais faire une licence d'informatique, puis après, je ferai un master ou là, je ferai de l'apprentissage. Si je dois faire un bachelor, puis revenir après vers un master, je le fais. Ce qui m'intéresse, c'est pouvoir le faire en relation avec le monde professionnel. Et j'en ai besoin. Et acquérir de l'expérience et peut-être changer de diplôme et tout ça.
- Speaker #0
Et puis la sécurité aussi. Puis en finalité, avoir le métier qu'on veut faire.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
en école d'ingénieur sur Polytech à Dijon. De plus en plus, il y en a qui ont préféré faire un BTS, quitte à réintégrer, recandidater après en cycle d'ingénieur, plutôt que de faire une prépa ou de faire d'autres formations. Parce que là, il y avait un diplôme, c'est concret, c'est pris en charge, il y a de l'expérience.
- Speaker #0
Et puis les gens pensent souvent que d'aller sur une orientation de deux ans, comme là par exemple le BTS, et de revenir en arrière, c'est du temps perdu. Alors que pas du tout, c'est la qualité de ta formation, elle est là quand même. Tu as acquéri pendant deux ans des connaissances, du savoir, si tu as une alternance. Et ça, pour moi, c'est en plus au contraire.
- Speaker #1
Et ça servira dans tous les autres cursus.
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Il n'y a pas de perte de temps.
- Speaker #2
Il n'y a jamais de perte de temps. Et on ne se trompe jamais. Un échec, ce n'est pas un échec, c'est apprendre.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est apprendre. Et puis, comme on dit, dans n'importe quelle filière, je veux dire... tous les métiers, au final, ou même pour sa culture personnelle, on va dire, à un moment donné, tout ce qu'on apprend va ressortir.
- Speaker #2
C'est ce qu'a dit Nelson Mandela. Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j'apprends.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Et bien sur ce, je vous invite à partir pour un nouveau voyage créatif. Avec le titre « Non, je ne regrette rien » d'Edith Piaf.
- Speaker #0
Non, rien de rien Non, je ne regrette rien C'est payé balayé oublié je me fous du passé avec mes souvenirs j'ai allumé le feu mes chagrins, mes plaisirs je n'ai plus besoin de balayer les amours avec leur drémolo balayé pour toujours, je repars à zéro. Non, rien de rien, non, je ne regrette rien. Ni le bien qu'on m'a fait Ni le mal Tous à mes bien-égards Rien de rien Non Je ne regrette rien Car ma vie Car mes joies Où je vois Aujourd'hui, ça commence avec toi.
- Speaker #1
Vous êtes de retour sur WIP, nous sommes bien ensemble sur le 92.2 FM. Aujourd'hui, nous vous proposons un éclairage sur les formations et les métiers non désirés.
- Speaker #2
Job site, job site,
- Speaker #3
please come back and work in progress. Très bon coup, merci de revenir plus tard. Et alors, il faut quand même se l'avouer, parfois, on n'a pas les capacités pour vouloir... On veut aller dans une formation, mais des fois, ce n'est pas adapté pour nous. Donc, il ne faut quand même pas se voiler la face. Mais quand même bien comprendre que... C'est souvent lié à une impréparation. Je pense que tous les cursus sont possibles. Laurent, tu parlais de médecine tout à l'heure. C'est dur, mais ce n'est pas impossible en soi. Il y en a de plus en plus, par acquis de conscience, soit ils vont faire une année de prépa, qui va les préparer, les driver, à manger de l'anatomie en masse et de la structuration cellulaire. pour pouvoir intégrer sereinement le parcours et plus se concentrer sur les besoins opérationnels que sur les acquis à apprendre par cœur.
- Speaker #4
J'aurais tendance à dire que souvent, les échecs, quel que soit le niveau des études, l'impréparation, c'est un problème de méthodologie de travail.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. Oui, oui.
- Speaker #4
Les gens ne sont pas prêts. Les échecs en première année de fac, j'en suis un exemple parce que je l'ai vécu, On sort de terminale, on est dans un groupe classe de 30 personnes avec une autonomie, il y a 10 profs, ils sont encadrés, on dit il faut faire tel devoir à tel moment, tel machin et tout ça, t'arrives en fac, tu vas au cours magistraux, tu prends des notes, on t'a jamais vraiment appris à prendre des notes comme il faut, il faut te faire des fiches, la méthodologie elle est loin, et puis t'organises ton temps d'apprentissage comme tu veux, il y a une... très grande autonomie, une très grande discipline à acquérir pour s'en sortir tant qu'on ne l'a pas acquise. on subit un échec.
- Speaker #1
Et pas tout le monde est préparé à ça. Moi, je trouve dommage. Là, je vois, j'ai la fille d'une de mes meilleures amies qui a fait une année de prépa parce qu'elle veut faire médecine. Effectivement, elle se rend compte que c'est très dur. C'est du boulot. C'est du 24-24, 7 jours sur 7.
- Speaker #4
On voit une partie de sa vie sociale. On ne va plus au cinéma comme avant. On ne sort pas en mode de nuit comme avant.
- Speaker #1
On fait des choix. Est-ce qu'on dort ? Est-ce qu'on ne dort pas ? Est-ce qu'on mange ? Est-ce qu'on ne mange pas ? Donc, c'est très dur. Mais en même temps, elle se dit qu'elle a acquéri une discipline de travail extraordinaire parce qu'elle était en prépa. Et là, ils l'ont vraiment préparée à savoir travailler, à savoir apprendre comme personne ne l'avait jamais fait avant. Donc ça, pour le coup, elle se dit même que même si elle rate son concours, elle aura au moins acquis cette richesse de savoir.
- Speaker #3
C'est un investissement.
- Speaker #4
On peut reproduire dans plein d'autres disciplines. Cette acquisition d'autonomie, de discipline de travail, d'organisation intellectuelle, de projection, de priorisation. Ça c'est urgent, mais c'est pas important.
- Speaker #1
Mais ça devrait être obligatoire. Je pense qu'on devrait tous passer par une année comme ça.
- Speaker #4
C'est le apprendre à apprendre. Où on a des carences. Tous, autant qu'on est. C'est très dur de toute façon.
- Speaker #1
Comme tu dis, tu arrives en autonomie et tu ne sais pas quoi faire. Des fois déraciné,
- Speaker #4
on sort de sa campagne, on vivait de façon très sereine, on se retrouve à être autonome sur les apprentissages, il faut qu'on se fasse à manger tout seul, il faut qu'on envisage de prendre le train, qu'il reste des tout pour aller prendre le billet, et ainsi de suite. On apprend une grosse partie de la vie et ça peut entraîner un échec.
- Speaker #3
Oui, et moi aussi, personnellement, je venais de baccalauréat, professionnels. Les premiers retours sur les problèmes de méthodologie, je les ai eus au retour des premiers partiels. Quand je me suis pris des bâches, les profs m'ont dit « T'aurais dû faire comme ça pour avoir des meilleures notes. »
- Speaker #1
Encore, tu as eu des profs bienveillants qui t'ont dit « T'aurais dû faire comme ça parce qu'il y a des profs qui te disent ça. »
- Speaker #3
C'est parce qu'en plus, si tu ne vas pas leur demander, c'est sûr que tu n'as pas les détails. Il y a des gens qui,
- Speaker #1
naturellement, ne vont pas demander.
- Speaker #4
L'apprentissage de l'autonomie, elle est là aussi.
- Speaker #1
Elle est là aussi, on est d'accord.
- Speaker #3
Alors, il y a aussi, pour un peu finir sur ce beau sujet, donc comprendre qu'on a de plus en plus de retours d'expérience ou peut-être même aussi de prise de conscience d'échecs ou de problèmes d'orientation. Et du coup, vous trouverez sur les... sur des forums, et je pense à Reddit par exemple, qui était autrefois très réservé aux informaticiens, mais on voit de plus en plus de posts, de sujets, de groupes sur « j'ai raté mon année » , « j'ai raté ma carrière » , « j'ai des regrets » , et ça, on en trouvera de plus en plus. Et vraiment, peut-être réfléchir à ce concept d'une année de césure, une année sabbatique, qui peut vraiment mettre à plat les projets, peut-être aussi ranger le frein des parents et de voir, se confronter à une année de bosser pour après être content de revenir sur les bancs de l'université.
- Speaker #1
Et être conscient de ce qu'on veut faire.
- Speaker #3
Et puis des fois, il faut aussi prendre un peu soufflé parce qu'il y en a qui sont très bons, qui sont très académiques, très scolaires, mais qui n'ont jamais eu... pris de recul, qui n'ont jamais pris le temps de souffler, et je pense que ça fait du bien.
- Speaker #4
Pour finir sur une note positive, dans les gens, je suis en échec, mais je peux faire des études supérieures. Moi, je me suis occupé dix ans du diplôme d'accès aux études universitaires. C'est des gens qui ne sont pas bacheliers à l'âge normal de 18 ans, qui reprennent leurs études entre 20 et 40, 50 ans, et c'est des gens qui, une fois avoir fait le DAU et l'avoir obtenu, ont acquis une capacité de travail qui correspond aux capacités de l'université, qui s'intègrent parfaitement bien dans les formations de l'université et qui ont de meilleurs résultats que des jeunes qui sortent du bac alors que des fois, ils ont des différences significatives et des gens qui ont des cursus où on a le cas de gens DAU, pas le bac à 18 ans, 30 ans, reprend ses études, devient médecin. À 30 ans, reprendre ses études de médecine, tu te dis j'ai commencé de travailler à 40, 42 ans quoi.
- Speaker #1
Mais bon,
- Speaker #4
c'est possible. Et la personne elle l'a fait en choix conscient, elle voulait devenir ça. À 18 ans, elle ne l'aurait peut-être pas fait, même si elle avait de bons résultats au bac. Tout à fait,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #4
Eh bien,
- Speaker #3
je vous propose de créer du temps avec une nouvelle inspiration musicale grâce au titre High Hope, les grands espoirs du groupe Pink Floyd.
- Speaker #4
Vous êtes bien sur Work in Progress et pour conclure, mesdames et messieurs, l'agenda.
- Speaker #1
Alors il y aura du 2 au 5 juin France Innovation Plasturgie FIP, l'événement référent de la filière plasturgie, composites et caoutchouc à Eurexpo à Lyon.
- Speaker #3
Le 10 juin, on arrive sur une grosse phase du 10 et 11 juin. L'ANAF va organiser... autour des apprentis 2026, ce sera de 14h à 17h à la mission locale de Dijon, boulevard Carnot.
- Speaker #4
La NAF, c'est l'Association Nationale des Apprentis de France. Toujours le 10 juin, les assises régionales 2026 des biothérapies et de la bioproduction en Bourgogne-Franche-Comté, dans les locaux du Conseil Régional 17 boulevard de la Trémouille à Dijon.
- Speaker #1
Alors toujours le 10 juin, c'est la journée des événements, 13h45 à 16h à l'UIMM organise les premiers pas vers l'industrie au pôle formation à 75 grandes rues 5 hommes à Chalons-sur-Saône.
- Speaker #3
Et le 11 juin, le pôle des microtechniques et l'institut FEMTO-ST organisent le printemps de l'intelligence artificielle sur Besançon. Une nouvelle édition, partagée des retours d'expérience. Ce sera de 8h à 18h. à la Chambre de Commerce et de l'Industrie de la Saône-du-Dou sur Besançon.
- Speaker #4
Le 15 juin du... Excusez-moi, du 15 juin au 19 juin, Eurosatori 2026, le Mondial de la Défense et de la Sécurité, Parc des Expositions de Paris Nord, Villepeinte.
- Speaker #3
Et enfin, le 35e Congrès du Côté numérique organisé à Reims, les 23 et 24 juin 2026. rassemblera les acteurs du numérique territorial pour partager des retours d'expérience, des pratiques et des solutions concrètes.
- Speaker #1
On vous remercie et on vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour une nouvelle émission de WIP sur Radio-Dijon Campus.
- Speaker #3
Et retrouvez-nous en podcast sur les plateformes et pour les prochains épisodes en FM sur le 92.2, sur le DAB+, et en direct live sur le site www.radiodijoncampus.com. A bientôt !
- Speaker #4
Belle journée !