Description
Imaginez des investissements se comptant en milliards d'euros pour moderniser les transports en commun, des rames ultra-modernes qui sortent d'usine, mais une connectivité déjà obsolète et ce avant même le premier voyage.
C'est le paradoxe que vivent actuellement les passagers des nouveaux métros et RER franciliens.
Et c'est un cas d'école sur la difficulté d'aligner des cycles industriels longs avec l'accélération des standards technologiques.
Le choc des calendriers
Et d'abord, je vous explique le choc des calendriers.
Les nouvelles rames de métro et de RER que vous voyez arriver sur les lignes 4, 11 ou 14 sont équipées de ports USB-A, oui, le vieux standard rectangulaire.
Pourtant, depuis décembre 2024, la directive européenne impose l'USB-C pour tous les nouveaux appareils nomades.
Le problème vient de la conception. Car ces trains ont été commandés entre 2014 et 2017.
Et dans le monde de l'industrie lourde, on fige le cahier des charges des années avant la livraison pour garantir la stabilité et la sécurité.
Résultat, le matériel roulant sort de l'usine avec une technologie de charge, le USB-A, qui appartient déjà au passé.
Et cela provoque bien sûr beaucoup de mécontentement de la part des voyageurs. Car recharger un ordinateur ou un smartphone récent sur ces prises demande désormais un adaptateur.
Un problème de puissance
Mais au-delà de l'aspect pratique, il y a aussi un problème de puissance.
L'USB-A délivre une charge nettement plus lente que l'USB-C, désormais le standard du marché. Concrètement, un utilisateur qui espère récupérer de la batterie entre deux rendez-vous risque d'être très déçu.
Île-de-France Mobilités reconnaît la situation mais souligne que modifier les commandes en cours coûterait cher et immobiliserait les trains.
Gérer un parc "périmé" pendant les trente prochaines années
Enfin, il faut regarder la durabilité de ces équipements.
Une rame de métro est conçue pour durer quarante ans. Et installer une connectique physique fixe, quelle qu'elle soit, est une prise de risque majeure face à l'innovation.
En restant sur l'USB-A, la RATP et Île-de-France Mobilités s'exposent à gérer un parc "périmé" pendant les trente prochaines années, ou à engager des frais de rénovation de mi-vie massifs simplement pour une histoire de prises.
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