Description
Imaginez un processeur qui n'est pas fait de silicium, mais de véritables neurones humains cultivés en laboratoire, capables d'apprendre à jouer au jeu vidéo culte Doom.
Ce n'est plus de la science-fiction, c'est la dernière avancée de la start-up australienne Cortical Labs qui vient de commercialiser son boîtier CL1, une machine hybride où le vivant rencontre l'informatique.
Une prouesse technique
Le premier point à retenir, c'est la prouesse technique derrière cette interface cerveau-machine.
Pour que des neurones puissent jouer à un jeu en 3D comme Doom, il faut traduire le chaos de l'écran en impulsions électriques.
Le flux visuel du jeu est converti en signaux acheminés vers cinquante-neuf électrodes qui stimulent le tissu neuronal.
En retour, les neurones répondent par leurs propres décharges, lesquelles sont immédiatement traduites en commandes : tirer, avancer ou pivoter.
Contrairement aux IA classiques qui traitent des données froides, on est ici face à un apprentissage adaptatif en temps réel avec une latence inférieure à la milliseconde.
Les neurones cherchent instinctivement à structurer leur activité pour réduire l'imprévisibilité de leur environnement électrique, une théorie biologique appelée le principe de l'énergie libre.
Nous ne sommes pas encore face à un champion d'e-sport
Mais attention, car le deuxième point nous force à la nuance. Nous ne sommes pas encore face à un champion d'e-sport organique.
Si les neurones montrent des signes de détection d'ennemis et de navigation, leurs performances restent celles d'un débutant complet.
Pour l'instant, le personnage meurt beaucoup, il erre, mais il apprend de ses erreurs d'une manière radicalement différente d'un algorithme traditionnel.
Le potentiel économique et énergétique
Enfin, il faut regarder le potentiel économique et énergétique de cette technologie.
Cortical Labs a déjà livré ses cent quinze premiers exemplaires du CL1 au prix de trente-cinq mille dollars l'unité. L'argument choc pour les entreprises n'est pas seulement la puissance de calcul, mais la sobriété.
Un rack de trente unités biologiques consomme moins de mille watts, soit une fraction infime de ce qu'exige un cluster de GPU traditionnel pour faire tourner des modèles d'IA.
À l'heure où la consommation énergétique de la tech devient un frein stratégique, l'ordinateur biologique propose une voie de rupture : utiliser l'efficacité naturelle du cerveau humain, le processeur le plus économe au monde, pour traiter des tâches complexes.
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