Description
La Silicon Valley est-elle en train de perdre ses figures tutélaires face à la pression fiscale ?
La Californie envisage l'instauration d'une taxe exceptionnelle sur le patrimoine des ultra-riches, provoquant déjà le départ préventif de plusieurs milliardaires de la Tech vers des cieux plus cléments.
Une initiative portée par un syndicat
Ce projet de loi, qui agite le secteur technologique, n'émane pas directement du gouvernement, mais d'une initiative portée par un puissant syndicat représentant 120 000 travailleurs de la santé.
L'objectif est clair. Il s'agit de taxer à hauteur de 5 % le patrimoine net des milliardaires résidant en Californie pour combler les déficits budgétaires, notamment dans le système de santé.
Si cette mesure venait à être adoptée, elle pourrait générer une manne financière colossale, estimée jusqu'à 100 milliards de dollars sur cinq ans par ses promoteurs, bien que des estimations plus prudentes évoquent plutôt quelques dizaines de milliards, tant la volatilité des grandes fortunes est importante.
Face à cette menace fiscale, la réaction ne s'est pas fait attendre du côté des géants du numérique.
Transfert d'actifs
Larry Page et Sergey Brin, les cofondateurs de Google qui ont bâti leur légende à Stanford, semblent avoir pris les devants. Selon la presse américaine, ils organisent déjà le transfert de leurs actifs hors de l'État doré.
Il faut dire que l'enjeu est massif. A eux deux, ils pèsent près de 518 milliards de dollars de patrimoine.
Ils ne sont pas les seuls. Peter Thiel, figure historique de la Tech ayant cofondé PayPal et Palantir, a ouvert un bureau à Miami et déplacerait également ses capitaux.
La destination de ces exils fiscaux est souvent la même. Il s'agit de la Floride, du Texas ou du Delaware, des États à la fiscalité bien plus douce.
Jensen Huang à contre courant
Cependant, la partie n'est pas encore jouée. Et le front des patrons de la Tech n'est pas unanime. Pour que cette taxe s'applique, le syndicat doit d'abord réunir 875 000 signatures pour soumettre le texte au vote des Californiens en novembre prochain.
Si elle est votée, la loi s'appliquerait rétroactivement aux résidents présents au 1er janvier 2026, ce qui explique l'urgence des départs actuels.
À contre-courant de cet exode, Jensen Huang, l'emblématique patron de Nvidia dont le siège est à Santa Clara, joue la carte de la sérénité. Il a affirmé qu'il ne comptait pas quitter la Silicon Valley, se disant prêt à payer les impôts nécessaires pour continuer à vivre et travailler dans cet écosystème unique.
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