Description
Le ciel s'assombrit sur la supply chain mondiale des composants électroniques, et cette fois, le coupable est un gaz noble.
L'hélium vient à manquer suite aux frappes iraniennes et au blocage du détroit d'Ormuz.
L'hélium n'est pas qu'une question de ballons de baudruche
D’abord, il faut comprendre que l'hélium n'est pas qu'une question de ballons de baudruche. C'est un élément critique et non substituable pour la high-tech.
Dans les méga-usines de semi-conducteurs, ce gaz est en effet indispensable pour refroidir les disques de silicium lors de la gravure des puces.
Et c'est le Qatar qui assure en temps normal un tiers de l'approvisionnement mondial. L'arrêt brutal de la production sur son site de Ras Laffan sous le feu de l'Iran crée donc un choc d'offre immédiat.
QatarEnergy a déjà prévenu qu'il faudra entre trois et cinq ans pour revenir à la normale.
Un effet domino
Ensuite, parlons de l'effet domino de ce bombardement sur les géants du secteur et vos futurs équipements.
Le leader mondial des composants, le taïwanais TSMC, qui fournit Apple et Nvidia, tente pour l'instant de rassurer les marchés en s'appuyant sur ses stocks de sécurité.
Mais attention, les prix de l'hélium flambent déjà avec des hausses dépassant les 40 %.
Et si la crise s'installe, ce surcoût sera inévitablement répercuté sur le prix final des serveurs, des stations de travail et des flottes de smartphones.
Surtout, au-delà de l'informatique, c'est toute la numérisation de l'économie qui est freinée, des consoles de jeux aux voitures électriques, jusqu'au secteur de l'imagerie médicale qui dépend aussi de ce gaz pour ses IRM.
Les États-Unis et l'Algérie tentent de compenser
Enfin, cette crise souligne l'urgence absolue de la souveraineté et de la diversification des sources.
Dépendre d'une zone géographique à haut risque géopolitique est devenu un pari industriel intenable.
Si les États-Unis et l'Algérie tentent de compenser le manque à gagner, leurs capacités ne suffiront pas à combler le vide qatari à court terme.
Quant à la Russie, elle dispose de réserves, mais les sanctions internationales bloquent pour l'heure les commandes en provenance d'entreprises occidentales.
Cette affaire de l'hélium souligne donc que la résilience numérique ne se joue pas seulement dans le code ou le cloud, mais dans la stabilité physique et géopolitique des usines qui produisent les molécules les plus élémentaires de notre industrie.
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