Description
Imaginez un instant qu'en ouvrant simplement votre navigateur pour consulter votre profil professionnel, un algorithme fouille discrètement les moindres recoins de votre machine pour y dresser la liste de vos logiciels installés.
C'est précisément l'accusation gravissime qui pèse aujourd'hui sur LinkedIn, la filiale de Microsoft, suite aux révélations de l'enquête BrowserGate menée par l'association Fairlinked.
Un code caché
Concrètement, l'investigation révèle que LinkedIn exécute un code caché capable de scanner les extensions de votre navigateur et les logiciels installés sur votre ordinateur.
Pour un DSI, c'est un cauchemar de sécurité et de conformité. Le script identifie non seulement des outils de productivité, mais aussi des données ultrasensibles. L'enquête mentionne le repérage d'extensions révélant des opinions politiques, des convictions religieuses ou des troubles neurologiques.
Plus cynique encore, LinkedIn scannerait plus de cinq cents outils de recherche d'emploi. En clair, la plateforme sait qui cherche secrètement à quitter son entreprise alors même que l'employeur actuel est souvent un client payant des solutions de recrutement de LinkedIn.
LinkedIn surveillerait plus de 200 concurrents directs
Mais le scandale prend une dimension industrielle quand on regarde la liste des cibles de ce scan.
LinkedIn surveillerait plus de deux cents produits concurrents directs de ses propres solutions de vente, comme Apollo ou ZoomInfo. En croisant ces découvertes avec l'identité réelle des utilisateurs et de leurs employeurs, Microsoft dispose d'une cartographie mondiale et en temps réel de la clientèle de ses adversaires.
C'est une forme d'espionnage industriel automatisé. Et ces données serviraient déjà à envoyer des mises en demeure ciblées aux utilisateurs d'outils tiers. Pour les entreprises du secteur logiciel, c'est un vol pur et simple de leurs listes de clients via le navigateur de leurs propres utilisateurs.
Mais qu'en dit l'UE ?
Enfin, cette affaire place LinkedIn dans une posture de défiance ouverte face aux régulateurs, particulièrement en Europe.
Alors que le Digital Markets Act oblige les contrôleurs d'accès à ouvrir leur écosystème, LinkedIn aurait fait l'inverse. Officiellement, la firme montre patte blanche à la Commission Européenne.
Mais au lieu de favoriser l'interopérabilité demandée par Bruxelles, LinkedIn aurait construit une véritable machine de guerre pour identifier et pénaliser tout usage de services tiers non validés par ses soins.
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