- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, vous êtes sur le podcast de Zélie, où vous découvrez des conversations avec des femmes inspirées et inspirantes. Zélie est, quant à lui, un magazine numérique féminin et chrétien que vous pouvez télécharger sur magazine-zélie.com. Dans le numéro de juin 2026, nous évoquons le thème des 7 sacrements, ces cadeaux de Dieu qui nous permettent d'être sauvés, guéris et fortifiés par lui. Pour chaque sacrement, comme le baptême, la réconciliation ou encore le mariage, Marguerite, Mélissa ou encore Marie et Henri nous racontent ce qui les a marqués quand elles ont reçu ce sacrement et les fruits qu'ils ont vus. Ce numéro de jeu 1 est à retrouver gratuitement sur notre site magazine-zeli.com Aujourd'hui, pour ce nouvel épisode du podcast, nous vous proposons une conversation avec Maëllen de Coatpou qui accompagne les personnes de manière personnelle grâce à plusieurs cordes à son arc. notamment la photographie, la colorimétrie ou encore le coaching. Maëllen, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour Solange.
- Speaker #0
D'abord, retournons un instant sur votre prénom plutôt rare. Maëllen, c'est un prénom breton. Est-ce que vous êtes d'origine bretonne ?
- Speaker #1
Alors, c'est une bonne question. J'ai des origines bretonnes, mais je suis née à Epinal. J'ai grandi à Nantes, ce qui pose vraiment la question est-ce que c'est en Bretagne ou pas. Ça, je l'ai entendu toute mon enfance. Mais en fait, mon vrai... port d'attache, c'est l'île de Groix. C'est une petite île dans le Morbihan qui est un vrai lieu de ressourcement pour moi. Mais jusqu'à présent, je n'ai jamais rencontré physiquement une autre Mylène.
- Speaker #0
Alors, quels étaient vos rêves de petite fille ?
- Speaker #1
Alors, petite fille, je n'avais pas de grands rêves du type être astronaute ou voilà. En revanche, ado, je rêvais de vivre à l'étranger. J'avais vraiment cette soif. Et je me voyais volontiers assistante sociale. En fait, j'ai toujours eu ce côté un peu j'aime aider les autres. Mais la vie m'a juste appris qu'on peut aider sans vouloir sauver tout le monde. Que ça, c'est plutôt le job de Jésus, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui vous a amené à devenir photographe ?
- Speaker #1
Dans les albums familiaux, il y avait énormément de photos de mon frère aîné, quelques-unes de mon deuxième frère et moi, quasiment rien. Et je crois que j'en étais très triste. Et inconsciemment, je me suis dit, plus tard, mes enfants, ils auront des beaux portraits. Et puis la vie s'en est mêlée. Et il y a 25 ans à peu près, je suis partie vivre à Dubaï. Et ça a été l'occasion de prendre l'appareil photo vraiment au sérieux pour moi.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, vous êtes formée seule ou est-ce que vous avez suivi des formations ?
- Speaker #1
Alors j'ai rencontré à Dubaï un photographe français professionnel et qui m'a tout de suite pris sous son aile en disant viens, découvre le métier, je te forme. C'est vrai qu'au départ je ne pensais pas forcément faire un métier, mais donc il m'a formée, je l'ai suivie et j'ai été passionnée. Et ensuite j'ai fait un diplôme, ce que je me suis dit quand je rentre en Europe il me faudra un diplôme, et j'ai fait New York Institute of Photography.
- Speaker #0
D'accord. Alors effectivement, vous avez vécu à l'étranger plusieurs fois, donc à Dubaï, comme vous le disiez, à Stuttgart et du coup peut-être New York, je crois. Qu'est-ce que ces expériences vous ont apporté, et justement, notamment dans votre regard de photographe ?
- Speaker #1
Chaque pays, en fait, a vraiment nourri mon regard différemment. À Dubaï, j'ai découvert une lumière incroyable, des couleurs, des visages très contestés, parce que c'est très multiculturel. Et notamment, j'ai pris des portraits d'Indiens, Pakistanais, que je trouve incroyables. Et j'avais aussi un regard plus orienté entreprise, parce que justement, avec ce photographe-là, mes clients étaient vraiment des entreprises. Donc, j'avais vraiment à l'idée d'avoir des images impactantes pour les entreprises. Stuttgart, ça a été très différent, parce que ça, ça m'a amenée vers quelque chose de plus intime. Le portrait studio. plus épurée, plus personnelle. J'avais donc mon studio photo chez moi. Alors, je n'ai jamais vécu en fait à New York, mais j'ai étudié effectivement, en fait, c'était en distanciel à cette époque. C'était même des cassettes qu'on recevait. En revanche, j'ai vécu à Londres pas mal d'années. Et je pense que toutes ces expériences, elles m'ont vraiment apporté une ouverture d'esprit et un accueil de l'autre tel qu'il est. vraiment dans ce qu'il est.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que vous avez décidé de vous former à la colorimétrie ? Et est-ce que vous pouvez nous rappeler en même temps en quoi cela consiste ?
- Speaker #1
Alors à l'origine, je me suis retrouvée dans un atelier un peu par hasard parce qu'on me disait c'est au tour des femmes, ça va t'intéresser. Et à ce moment-là, je voulais faire une exposition sur les femmes. J'en avais fait sur les couples, sur d'autres sujets. Donc j'y suis un peu allée là par hasard. et en fait ça a été étonnamment fort pour moi, vraiment, et très profond, personnellement. Et ensuite, comme photographe, en fait, j'en avais assez en fait, en France, de faire des portraits où les gens arrivaient habillés en noir et blanc et me demandaient un fond gris. J'avais vraiment l'impression de faire que des nuances de gris. Et donc, je voulais de la couleur, mais je voulais de la couleur au service de la personne, pas de la couleur qui va écraser et qui va faire qu'on voit plus la couleur et plus la personne. Et donc la colorimétrie, ça m'a aidée à comprendre ça et à le mettre en pratique dans mon activité de photographe. Et donc très concrètement, la colorimétrie, c'est observer quelles couleurs dialoguent naturellement avec notre lumière, notre peau, nos yeux, pour nous mettre davantage en valeur.
- Speaker #0
Alors justement, qu'est-ce que vous avez ressenti ? Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu comment ça s'est passé ? Quand vous avez appris que vous aviez une palette de couleurs plutôt automne, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Oui, vous êtes observatrice. Effectivement, je suis bien automne. Et alors, j'ai envie de dire que je n'ai pas juste appris que j'étais automne. En fait, ça a été un processus d'observation, de comparaison, de curiosité sur moi-même et d'apprendre à me regarder sans me juger. Et c'est vrai que ça a pris du temps. Et puis, il y a eu un moment où vraiment, là, ça a été une évidence. Et là, je me suis sentie à la maison et vraiment en cohérence. Et ça m'a aidée, en fait, dans l'estime de moi.
- Speaker #0
Donc, concrètement, peut-être pour ceux qui ne connaîtraient pas la colérimétrie, on place un peu des tissus sur nous, près de notre visage, et on regarde lesquels sont en harmonie avec notre peau, notre carnation. Et du coup, vous, par exemple, quand vous avez appris que c'était plutôt des couleurs chaudes et profondes pour l'automne, qu'est-ce que ça fait chez vous ? Parce que souvent, ça correspond aussi à une présence qui va être plus profonde, plus légère, etc. Et donc, qu'est-ce que ça a révélé peut-être sur votre caractère, votre rayonnement personnel ?
- Speaker #1
Quand je dis que je me suis sentie comme à la maison, c'est-à-dire qu'effectivement, la personne automne est souvent plus... On va dire dans l'accueil, dans un groupe en fait, souvent la personne automne, elle est plus en mode observatrice, c'est pas forcément la personne qu'on va remarquer au premier instant. Et donc c'est vrai que je me suis vraiment retrouvée dans cette attitude et dans ce besoin de profondeur en fait, profondeur dans les échanges, profondeur dans la cohérence de ma vie. Profondeur dans le sens où on dit que l'automne, c'est une saison qui nourrit, qui donne des fruits. Donc effectivement, cette volonté aussi de produire du fruit.
- Speaker #0
Du coup, vous, quand vous voyez quelqu'un, est-ce qu'en quelques minutes, vous voyez justement un peu ce que la personne dégage ? Est-ce que ça va être plutôt de la douceur ou de l'intensité, etc. ? Et d'ailleurs, par exemple, vous, à votre avis, de quelle palette je pourrais être ?
- Speaker #1
Alors, si c'est dans le cadre d'un atelier, j'ai certes des intuitions, mais en fait, je n'ai pas envie de deviner. Ce qui m'intéresse, c'est de découvrir avec la personne et surtout qu'elle se découvre elle-même. Par exemple, là, j'ai une femme qui portait beaucoup de noir, de blanc, de fuchsia, des couleurs très intenses et son regard était éteint. Et alors qu'on a essayé des tissus et notamment la palette des tissus printemps, Son regard s'est vraiment réveillé, il est devenu pétillant. Et en fait, c'est comme si vraiment on avait rallumé la lumière. Et ça, j'adore voir la personne qui s'éveille, en fait. Et c'est vrai que je trouve que les printemps qui s'habillent en hiver, vraiment, ça les éteint. Alors, après vous, bah oui, j'ai ma petite idée. J'ai ma petite idée, mais voilà. Hiver, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, c'est bien ça. Effectivement, moi, c'est plus les couleurs froides, argentées et contrastées qui me mettent en valeur et qui correspondent à un caractère plutôt... Enfin, moi, je vois plutôt le côté... Tout est à l'intérieur, comme en hiver, où c'est la terre où se prépare le printemps. Mais voilà, tout est assez... Tout se passe à l'intérieur, mais il y a quand même un rayonnement assez... En tout cas, quand j'avais fait moi-même un atelier, on m'avait dit que j'avais un côté blanche-neige assez... Voilà, la peau très claire, les cheveux très foncés, le côté assez altier, etc. qui correspond à la personne hiver. Et c'est vrai que c'est vraiment chouette de voir qu'on a vraiment un rayonnement qui nous est propre.
- Speaker #1
Alors je compléterais quand même l'hiver aussi à une vraie présence. C'est intérieur, mais il y a quand même une vraie présence. Et puis pendant la saison de l'hiver, c'est là où tout se prépare. Parce que sans hiver, il n'y a pas de printemps.
- Speaker #0
Et alors vous, quand vous avez décidé de relier... colorimétrie et photographie, qu'est-ce que ça a changé dans l'accompagnement que vous proposez ?
- Speaker #1
Alors, assez naturellement en fait, parce que mon regard de photographe était déjà très sensible à la lumière, aux couleurs, aux contrastes. Et donc la colorimétrie, en fait, elle est venue mettre des mots et une méthode sur quelque chose que j'observais intuitivement. Et concrètement, ça change beaucoup dans l'accompagnement photo parce que... Maintenant, on réfléchit, d'ailleurs on le fait à deux avec la personne, on réfléchit davantage aux vêtements, aux matières, aux couleurs, au fond. En fait, le but, ce n'est pas de fabriquer quelqu'un, mais de créer une cohérence qui lui donne plus de présence. Souvent, les personnes, elles me disent qu'elles se reconnaissent ou c'est plus d'elles, ce qui est vraiment un beau compliment pour moi.
- Speaker #0
Je crois que notamment, vous mettez un fond qui va être... de la palette de couleurs qui lui va bien.
- Speaker #1
Oui, j'essaye de prendre des fonds qui sont en harmonie avec leur saison, puisque justement, en fait, c'est une harmonie qui permet à la personne de rayonner qui elle est. Alors que si je mets des couleurs qui vont prendre le dessus, elle, on ne va pas l'avoir. Si je mets des couleurs qui vont l'éteindre, elle va avoir une couleur de peau ou quelque chose qui va faire qu'elle ne sera plus... dans son vrai rayonnement.
- Speaker #0
Comment est-ce que vous qualifieriez votre style photographique au niveau de la forme ?
- Speaker #1
C'est marrant parce que je ne m'étais jamais vraiment posée concrètement cette question. Je dirais qu'elle est minimaliste et très centrée sur la personne. J'aime les cadrages serrés, les images simples, il n'y a pas plein d'accessoires. Elles sont peu chargées. Et en fait, parce que je veux qu'on rencontre un visage avant de voir un décor. Pour moi, c'est vraiment important. Et dans mes portraits, je cherche surtout à guider le regard vers celui de la personne photographiée. Pour moi, c'est important que notre regard se termine sur le regard de la personne que j'ai prise en photo. Et je retouche peu, en fait, les images parce que j'aime qu'elles conservent leur caractère vivant.
- Speaker #0
Et par exemple, est-ce que vous demandez aux personnes de sourire sur la photo ?
- Speaker #1
Alors en fait, ça, ça dépend. En fait, pour moi, je cherche surtout quelque chose de juste. Donc pendant une séance, en fait, il y a plein d'expressions qui émergent. Heureusement, on n'est pas des personnes figées. Et ensuite, en fait, c'est la personne qui va choisir l'image dans laquelle elle se reconnaît.
- Speaker #0
Et selon vous, est-ce qu'on peut aussi montrer... sur une photo de soi, ses failles, ses ombres ? Je dis ça aussi parce que les photos professionnelles, souvent, c'est un peu avec un but de se vendre, de montrer qu'on est performant, si je caricature un peu. Est-ce qu'on peut quand même montrer les parts un peu plus sombres de soi ?
- Speaker #1
Pour moi, en fait, un portrait doit refléter qui nous sommes vraiment. Donc pas une version artificielle ou surjouée. J'aime pas non plus l'idée, en fait, que ce soit faire du marketing de soi. Je pense que, enfin, en tout cas, pour moi, c'est pas l'idée. Après, soyons honnêtes, on a plutôt envie d'apparaître sous ce beau jour plutôt que le lendemain d'une grippe, en fait. Mais l'idée, en fait, c'est de rester dans une représentation fidèle à qui on est.
- Speaker #0
Oui, bah disons que... Mais c'est vrai que oui, vous voulez dire, il faut mieux être pris en photo après une bonne nuit qu'après une mauvaise nuit.
- Speaker #1
Oui, et puis c'est aussi dire qu'on met les conditions pour que les photos soient bonnes. On a une jolie lumière, la personne fait quand même un effort. Voilà, c'est pas pris le matin quand on sort du lit. Mais ça veut pas dire que c'est pas nous. Ça veut pas dire qu'on fait du marketing de soi, en fait. Ça veut dire qu'on se montre sous son bonjour, mais tout en restant soi-même.
- Speaker #0
Parmi toutes les personnes que vous avez photographiées, Est-ce que vous pourriez nous parler de l'une d'elles qui vous a... particulièrement t'émue ?
- Speaker #1
Je me souviens particulièrement d'une parce que... Moi, je suis quand même un peu spécialisée dans les femmes qui ne sont pas sûres d'elles, qui n'ont pas envie de se faire prendre en photo. Et voilà, souvent, c'est une démarche soit personnelle, soit c'est un peu le professionnel qui oblige à faire la démarche. Et donc, cette femme-là, en revanche, avait l'air très sûre d'elle-même. Et en fait, elle s'est mise à pleurer quand je lui ai montré les photos au dos de l'appareil. Et elle m'a dit, je crois que c'est la première fois que je me trouve belle. Et en fait, ça m'a beaucoup touchée, notamment dans le contraste. Et puis, en fait, c'est exactement ce pourquoi je fais ce métier aujourd'hui. C'est que j'ai vraiment envie que les gens se trouvent beaux.
- Speaker #0
Toutes les photos que vous avez prises depuis de nombreuses années, vous avez sûrement vécu des rencontres un peu étonnantes, marquantes. Des rencontres que vous n'auriez pas faites si vous n'étiez pas à faire ce métier. Est-ce que vous pourriez nous parler de l'une d'elles ?
- Speaker #1
Alors, c'était il y a pas mal d'années, c'était dans mes années dubaïotes, et c'était Jemima Khan, qui était la femme d'Imran Khan, enfin bref, un Pakistanais, et elle, elle était d'origine anglaise. Et alors, elle m'a vraiment impressionnée par sa beauté hyper naturelle et par sa manière de se confondre, enfin pas de se confondre, mais d'être dans cette culture en fait pakistanaise. très à l'aise tout en restant elle-même en fait cette manière d'être ouverte aux autres tout en restant elle-même est dans une beauté,
- Speaker #0
une simplicité incroyable je me demandais aussi quand vous sortez de chez vous est-ce que vous voyez tout de suite des couleurs ou des choses un peu photogéniques que votre oeil de photographe repère et que nous on ne voit pas forcément je
- Speaker #1
ne sais pas si vous, vous ne les voyez pas Mais c'est vrai que j'ai un œil qui est complètement orienté sur la lumière, les rayons de lumière, comment elle va être dans la rue, si elle est rasante, ce qu'elle met en lumière. Et c'est vrai que c'est peut-être naturel, mais en tout cas, je vais aller rechercher le beau dans ce que je vois. Si je me balade dans Paris, c'est vraiment les belles choses que je vais regarder et comment la lumière va la mettre en valeur. Ça, c'est assez systématique. Et probablement fatigant pour mon entourage.
- Speaker #0
Du coup, c'est vrai que ça doit être très réjouissant, je trouve, de voir tout le temps la lumière et la beauté. Du coup, ça doit vous nourrir aussi.
- Speaker #1
Oui, complètement. Vraiment, ça me nourrit, c'est le bon terme.
- Speaker #0
Alors, vous êtes également formée au coaching professionnel. Est-ce que vous pourriez nous évoquer, en changeant le prénom pour garder l'anonymat, une femme que vous avez accompagnée et aidée à prendre davantage conscience de ses besoins ou de ses valeurs ?
- Speaker #1
Alors je pense à une femme que j'appellerais Sophie, que j'ai accompagnée alors qu'elle se demandait si c'était le bon moment pour reprendre une activité professionnelle après plusieurs années de pause, en fait, pour s'occuper de ses enfants. Et les enfants ont grandi et quand l'idée du retour au travail est revenue, elle était traversée par beaucoup de doutes et elle me disait vraiment se sentir un peu hors du monde, isolée. isolée du monde du travail et elle se demandait est-ce que j'ai encore ma place et est-ce que je serais légitime ? Et en même temps, elle ressentait une envie très forte de retrouver un espace à elle de stimulation intellectuelle, de lien social, d'autonomie. Et en fait, dans l'accompagnement, on a travaillé à distinguer ce qui relevait de la peur, donc la peur d'être en décalage, de ne plus être à la hauteur. Et ce qui relevait de ses besoins profonds, en fait. Et petit à petit, elle a réalisé qu'au fond, sa question n'était pas seulement « est-ce le bon moment de retourner au travail, en entreprise ? » mais plutôt « de quoi ai-je besoin aujourd'hui pour me sentir vivante ? »
- Speaker #0
D'accord. Aussi, ce que je trouve intéressant dans le coaching, c'est qu'on se responsabilise un peu en disant « quelque chose dont on souffre, ça révèle un besoin. » Et parfois, on a la tendance à accuser un peu notre entourage de nous empêcher de faire telle chose. C'est de la faute de cette personne si nous, on vit ça. Alors que pas du tout. En tout cas, c'est plutôt à nous de nous dire, bon, j'ai besoin de ça, donc je décide de faire ça. Et je trouve ça intéressant, cette idée de se responsabiliser.
- Speaker #1
Je suis vraiment d'accord avec vous. Et c'est d'ailleurs ce qui me passionne dans cette activité. Donc moi, ça s'appelle les projets de vie. C'est qu'effectivement, on se rend compte que beaucoup de choses dépendent de nos décisions à nous. Alors qu'ils ne sont pas forcément prises consciemment, qu'ils sont dus à plein de choses, des blessures d'éducation. Mais en fait, on est vraiment responsable de notre vie. Alors ça peut être un peu effrayant en se disant « ah oui, mais moi je n'ai pas eu de chance et tout » . Certainement, mais en fait, il y a toujours des décisions qu'on a prises qui sont plus ou moins bonnes et qu'il est vraiment intéressant d'y réfléchir et de se dire « ok, j'ai pris ces décisions-là à ce moment-là, mais je ne suis pas obligée de les reproduire en fait » . Je peux réagir autrement, décider autrement aujourd'hui. Et c'est vrai que ça, je trouve que c'est la force du coaching. C'est comme vous dites, de nous responsabiliser. Et donc, on a quand même un peu plus l'impression d'avoir notre vie en main. Parce que sinon, c'est un peu effrayant. Si tout dépend de tout le reste de la planète, c'est difficile de se lever.
- Speaker #0
C'est vrai que, par exemple, le dernier numéro de délit, c'était sur la liberté. Et j'ai aussi eu cette idée parce que c'est vrai qu'on a un travail, des enfants, etc. Parfois, on se sent un peu enfermé dans ce... dans nos choix, ou enfermés à la maison, parce que le mercredi, on est complètement avec les enfants, enfin voilà, c'est ce que j'ai vécu, et en fait, je discute avec quelqu'un qui me disait, au lieu de me dire, c'est horrible, je suis enfermée, il faut plutôt que je me dise comment je peux prendre soin de ce besoin de liberté, et donc ça va être en prenant une journée pour me balader dans Paris, justement, et plutôt que d'accuser les autres de ça, moi me dire, voilà, comment j'écoute ce besoin, même si c'est pas toujours évident de le satisfaire, mais voilà, le prendre en compte moi-même, et effectivement, comme vous dites, décider de... de ma vie d'une certaine façon.
- Speaker #1
Et d'accepter aussi que c'est des choix qu'on pose. C'est-à-dire que vous posez ce choix le mercredi de ne pas travailler, de vous occuper de vos enfants. Et donc ça, c'est un choix que vous avez posé. Donc les choix, ils ne sont pas toujours faciles à assumer, comme beaucoup de choix. Mais déjà, ça veut dire, ah oui, mais en fait, c'est moi qui l'ai choisi. Donc ça déjà, je trouve que ça aide. Et ça aide à se dire, ok, ce jour-là, je le consacre à mes enfants, donc je vais le vivre pleinement, en fait. Sans rêver à faire autre chose ce jour-là. Mais comme vous dites, prendre soin de soi et de se dire quand même, moi j'ai besoin de ce moment de liberté ou de ce moment d'évasion ou de ressourcement. Quand est-ce que je peux me le planifier dans la semaine ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Et d'ailleurs, effectivement, j'ai lu le livre de Cessez d'être gentil, soyez vrai de Thomas Dazemberg, qui en fait dit, il faut passer de il faut à je voudrais. Donc moi, ça pourrait être au lieu de dire il faut que je reste le mercredi avec mes enfants, ce serait je voudrais passer ce mercredi avec mes enfants parce que pour moi, c'est important qu'ils passent du temps à la maison, que je passe du temps avec eux, etc. Et c'est vrai que ça change un petit peu quand même la perspective. Alors, pour venir à vous, quand on est artiste ou entrepreneur, ce n'est pas évident de se faire connaître. Je dis ça parce qu'effectivement, j'entendais des artistes dire souvent difficile de se faire connaître. par exemple sans les réseaux sociaux et pourtant c'est vrai que les réseaux sociaux ont quand même beaucoup de limites et un côté assez parfois addictif donc voilà comment selon vous avec votre expérience comment se faire connaître ?
- Speaker #1
Alors pour moi la base c'est de rester cohérent avec soi-même de pas vouloir se travestir et jouer un jeu parce qu'il faut faire ci parce qu'en ce moment c'est la mode de ça et en revanche c'est quand même rester curieux parce qu'en fait il y a plein de manières de se faire connaître et ouvert, en fait, ouvert à certains moyens auxquels on n'aurait pas pensé et tester des outils de communication. Alors, par exemple, moi, j'étais vraiment nulle en français à l'école, mais vraiment nulle. Et en fait, sous l'impulsion d'une coach, il y a plusieurs années, j'ai écrit des postes, mais sur des sujets qui m'intéressaient, contrairement à l'école, et avec ma manière d'être qui n'était pas très littéraire. Et finalement, en fait, ça m'a vraiment beaucoup amusée. Et je fais ça depuis pas mal d'années. Et aujourd'hui, c'est vraiment un rendez-vous hebdomadaire. Et moi, je n'aurais jamais parié là-dessus. Et en fait, je pense que si j'arrive à avoir cette constance et que les gens lisent cette newsletter, c'est parce que je m'y amuse et que c'est moi. C'est vraiment mon regard sur la vie, mes questionnements, mes interrogations, ma volonté. quand même souvent d'avancer, de voir le côté positif. Après, ça ne plaît pas forcément à tout le monde et on n'est pas là pour plaire à tout le monde, mais au moins, c'est moi.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que je reçois votre newsletter et d'ailleurs, j'aime bien votre logo où il y a un petit oiseau jaune, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, j'étais partie d'un autre logo que j'avais à Dubaï qui était un œil pour montrer le regard féminin, surtout que là-bas, hommes et femmes, c'est très séparé. donc euh Je voulais montrer mon regard féminin. Et en fait, après, il y a eu la vie, il y a eu de la lumière qui est venue. Et donc, c'est vrai que j'ai eu envie de montrer aussi cet oiseau qui s'envole. Il est jaune parce que c'est le soleil. Pour moi, c'est la vie, c'est la joie. Et puis, il y avait un petit clin d'œil. Le petit oiseau va sortir. Vous savez, l'expression, la vieille expression avant de se faire prendre en photo.
- Speaker #0
Justement, dans une de vos publications, donc newsletter ou LinkedIn, vous parliez, je crois, du cap de la cinquantaine. Qu'est-ce que vous aimeriez dire aux femmes qui ont peur de passer cet âge ?
- Speaker #1
J'ai envie de vous dire, là, je n'ai que 52 ans. Et donc... Je ne suis pas sûre d'avoir assez de recul pour donner des conseils. Mais je crois que chaque âge nous oblige à refaire connaissance avec nous-mêmes. Et donc c'est vrai que j'ai fait plusieurs postes sur la cinquantaine parce que moi aussi je découvre plein de choses et je n'ai pas envie de les voir comme quelque chose de négatif, j'ai envie de les voir comme une évolution. Et je suis curieuse, je pense vraiment que la création a été bien faite. Donc j'ai envie de... Voilà, je suis curieuse de cette nouvelle étape de vie.
- Speaker #0
Ce que m'inspire, du coup, votre parcours et votre accompagnement, un peu ce qu'on a vu, c'est la question comment être davantage soi, parce qu'on dit il faut être soi, mais en fait, qu'est-ce que ça veut dire ? Et c'est vrai qu'évidemment, il y a des accompagnements qui sont super, mais c'est vrai que ça peut être aussi un budget trop élevé pour certains. Donc qu'est-ce que vous pourriez dire pour conseiller à propos de comment être davantage soi-même ?
- Speaker #1
Alors juste, j'ai un peu envie de vous dire qu'effectivement, c'est un budget, tous ces accompagnements. Mais je pense que c'est une économie de dingue après. Je pense qu'on peut faire l'économie de divorce, on peut faire l'économie de burn-out. Enfin, on peut faire vraiment l'économie de beaucoup de choses. Et moi, j'ai l'impression qu'il y a des phases, en fait, dans la vie où là, on a besoin de beaucoup d'accompagnement. Et puis hop, heureusement, après, on n'en a plus besoin. Puis après, on peut en avoir un nouveau besoin. mais je veux dire, c'est pas quelque chose... de quotidien qu'on fait pendant 20 ans, quoi. Et heureusement. Mais en fait, pour moi, être à davantage soi, en fait, c'est chercher plus de cohérence entre corps, âme, esprit. En fait, je reviens un peu aux bases. Et donc, par rapport à l'esprit, donc tout ce qui est la tête, c'est prendre le temps, en fait, de se connaître davantage, d'accepter ses forces, ses fragilités, d'accepter de les voir, de regarder son histoire familiale aussi. et de réfléchir à suis-je à ma juste place. Ensuite, il y a le côté âme, c'est nourrir une vie intérieure qui moi, je vais parler de moi, mais qui moi manque. Pour moi, la foi joue beaucoup ce rôle et ce temps d'intériorité quotidien m'aide à trouver de la paix, à essayer de vivre sous le regard de Dieu et pas sous le regard des autres. Et en fait, revenir comme ça, à vivre sous le regard de Dieu, ça m'aide vraiment à redevenir moi-même.
- Speaker #0
Et ensuite, le corps, je pense surtout pour les femmes, c'est habiter notre corps avec plus de douceur. Je pense qu'on est très durs. Et moi, longtemps, j'ai cru que les vêtements étaient superficiels. Et je passais finalement une énergie incroyable à m'auto-critiquer parce que je trouvais que je n'étais jamais bien habillée ou décalée. Bref, finalement, j'observais plus ça que le reste. Et donc, en fait, comprendre ce qui me... ce qui me met en valeur, plutôt que de regarder ce qui ne va pas, on va dire ça comme ça, ça m'a finalement vraiment aidée à arrêter de me battre contre moi-même, contre mon corps, et plus à être dans l'acceptation qu'il est comme ça, et que à moi de l'accompagner, et que c'est un ami en fait, c'est vraiment un ami mon corps, c'est plus quelque chose que je voudrais changer.
- Speaker #1
Et justement, c'est vrai que... Dans la vie aussi, on peut beaucoup changer. Je pense que c'est par exemple des peintres qui ont des périodes et des influences parfois très variées. Du coup, dans la vie, nous aussi, on change parfois beaucoup, même de comment est-ce qu'on peut être soi, sachant qu'on change beaucoup.
- Speaker #0
Mais j'ai envie de dire, heureusement en fait que nous changeons. Parce que sinon, ça veut dire qu'on serait des êtres figés et en fait, quelque part, qu'on serait morts. En fait, la vie, c'est vraiment le mouvement. S'il y a une chose dont on peut être sûr, c'est que les choses, elles bougent, elles bougeront toujours, en fait, autour de nous et en nous. Et en fait, Jésus, il nous dit qu'il est le chemin. Il ne nous dit pas, enfin, il nous dit, je suis le chemin, la vérité, la vie. Il nous dit qu'il est le chemin. Il ne dit pas, je ne sais pas, je suis le parking où on s'arrête. En fait, j'aime bien cette image parce qu'elle rappelle qu'on ne se trouve jamais une fois pour toutes. Et en fait, on est toujours en chemin. Et vous voyez, les dizaines, là, vous parliez de la cinquantaine, mais... On a toujours quelque chose à découvrir pour se rapprocher de soi-même, pour mieux se connaître. Et les femmes, peut-être plus encore, je pense, expérimentent ce mouvement, mais même à travers leur corps. Elles sont cycliques, donc on est toujours en mouvement avec des phases différentes. On n'a rien de linéaire. Pour moi, le but, ce n'est pas d'être enfin arrivée, mais de grandir en liberté, de nous déployer. Et d'aimer, d'aimer toujours plus et mieux.
- Speaker #1
Vous en avez déjà un peu parlé, mais comment votre foi influence-t-elle votre métier ?
- Speaker #0
Alors, ma foi, elle est vraiment au cœur de ma manière de vivre mon métier, parce que je crois en un Dieu créateur de beauté, et cela influence profondément mon regard, en fait, parce que j'ai à cœur de révéler le beau présent en chaque personne. C'est vraiment ça qui m'anime. Et donc, je pense que le Seigneur m'aide à voir justement ce beau en chaque personne. Et concrètement, et notamment en tant que freelance, moi, j'ai vraiment pris Dieu comme mon boss. En fait, un peu déroutant parfois, mais je lui confie en fait tout. Je lui confie mes shootings, je lui confie ma communication. Pour moi, c'est important que ma com, elle apporte des choses aux gens. Si c'est juste pour faire de la com, j'arrête. Donc en fait, je lui demande d'être présent dans cette communication. Mes entretiens, mes ateliers, mon budget, mes formations. Quand j'essaie de faire une formation, vraiment, je le confie en me disant, parce que parfois, je ne sais pas si ça va vraiment être utile ou pas. Et voilà, je le confie. Et j'essaie autant que possible d'être à son écoute, en fait, dans mes choix et dans ma manière de travailler.
- Speaker #1
Notre numéro de juin de Daily porte sur les sacrements. Est-ce que vous aimeriez peut-être témoigner sur un sacrement que vous avez reçu ? et qui vous a apporté un réconfort spirituel ?
- Speaker #0
Alors, à une période très compliquée de ma vie, un moine m'a suggéré d'aller me confesser chaque semaine auprès d'un même prêtre. Et j'avoue que j'y suis allée un peu dubitative, honnêtement. Je ne comprenais pas trop. Et en fait, c'est une période où j'ai énormément reçu de consolation, de guérison intérieure. une plus grande ouverture à la vie et aux autres. C'est vraiment indéniable.
- Speaker #1
On n'a pas parlé de vos enfants, mais vous avez deux enfants. Ils sont grands maintenant, mais quand ils étaient plus jeunes, comment est-ce que vous articuliez votre métier de photographe et la vie de famille ? Est-ce qu'il y avait des choses qui vous aidaient à harmoniser les deux ?
- Speaker #0
C'est vrai que je leur ai donné pas mal la priorité. Quand ils étaient petits, c'était la période à Stuttgart, c'est là où j'ai développé la photo en studio parce que ça me permettait de recevoir chez moi, d'être plus présente à mes enfants. il y a beaucoup d'heures de tri de photos de retouches et tout ça et donc ça je le fais à la maison donc c'est vrai que j'ai développé cette photo là de le faire à la maison pour être plus présent avec mes enfants.
- Speaker #1
Pour finir, à chaque question courte, vous pouvez répondre par une phrase courte ou non. Complétez cette phrase, la personne humaine est...
- Speaker #0
Alors je dirais complexe, vraiment complexe, mais très belle.
- Speaker #1
Une musique que vous écoutez ?
- Speaker #0
Je suis assez fan de Imagine Dragons.
- Speaker #1
Une femme qui vous inspire ?
- Speaker #0
Alors j'ai hésité, ou j'hésite, entre la Vierge Marie, qui vraiment m'inspire, et... Mais si elle écoute ça, elle va rigoler. Anne Dauphine Julien, que je ne compare pas du tout à la Vierge Marie. Mais pour moi, c'est vraiment une femme très inspirante. Et c'est vrai que moi, je n'étais pas du tout coquette. Les vêtements, ce n'était pas mon truc. Et donc, c'est vrai que j'aime beaucoup tout son côté coquette, mêlé en fait à de la profondeur.
- Speaker #1
Un moment qui vous ressource ?
- Speaker #0
Alors vraiment, l'adoration me ressource. Et quand je peux, c'est d'aller sur l'île d'Augrois.
- Speaker #1
Que direz-vous à Dieu quand vous le verrez ?
- Speaker #0
Alors, je crois que je lui dirai pardon et tu veux bien me prendre dans tes bras.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Maëllen. Et merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés. Nous espérons que cette conversation vous a plu. Nous vous donnons rendez-vous dans les numéros de Juin 2026. Le lien est dans la présentation du podcast. Et à bientôt pour un nouvel épisode.