- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, vous êtes sur le podcast de Zélie, où vous découvrez des conversations avec des femmes inspirées et inspirantes. Zélie est quant à lui un magazine numérique féminin et chrétien. Vous pouvez télécharger sur magazine-zélie.com. Dans le numéro de juillet, nous évoquons le thème de la fête, une réalité complexe avec peut-être d'un côté la fête diurne, le jour entre cérémonie, joie, et de l'autre la fête nocturne qui peut qui peut amener à vouloir franchir les limites. Bref, on vous en dit plus dans le numéro de juillet, à retrouver gratuitement sur notre site magazine-zélie.com. Aujourd'hui, pour ce nouvel épisode du podcast, nous vous proposons une conversation avec Cécile Dubois, qui travaille dans l'immobilier. Il y a quelques mois, elle a rejoint Santa Fe Immobilier, qui transforme des bâtiments de congrégation religieuse en logements pour des étudiants. Cécile va aussi nous raconter comment des soucis de santé d'un de ses enfants a rebattu l'écarte de son équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. On va découvrir tout ça. Cécile, bonjour.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Quels étaient vos rêves de petite fille ?
- Speaker #1
Alors mes rêves de petite fille, je crois que c'était simplement d'être une marchande. Quelque chose d'assez simple quand on est une petite fille où on joue. J'ai énormément joué, j'étais fille unique. J'ai énormément joué à la marchande. Je ne sais pas pourquoi et ça m'a toujours fascinée. Alors je ne suis pas commerçante aujourd'hui, mais j'aime justement ce côté de faire du lien avec les autres, de vendre quelque chose. Et voilà, le contact qu'on peut avoir avec des clients, j'ai toujours aimé, je ne sais pas pourquoi.
- Speaker #0
Vous avez suivi un master en management de l'immobilier à Dauphine. Pourquoi ce choix ?
- Speaker #1
En fait, je me réveille justement agent immobilier en m'imaginant avoir une boutique, sortir, rentrer, voir des clients, visiter. Et puis en fait, quand j'ai justement postulé à ce master à Dauphine... J'ai découvert un tout autre monde parce que l'immobilier, ce n'est pas que des appartements, c'est beaucoup d'autres choses et surtout de l'immobilier d'entreprise, donc des tours à la défense, des centres commerciaux, des hôtels, des résidences étudiantes. Et donc, un tout autre champ des possibles s'est ouvert à moi.
- Speaker #0
Vous parliez de logements étudiants, on va en discuter après, puisque c'est là-dessus que vous travaillez aujourd'hui. Et vous, vos propres années étudiantes, quels souvenirs vous en avez ? Est-ce que vous pouvez nous parler peut-être de bons et de mauvais moments de cette période bien particulière ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai commencé par des études de médecine. Et puis je me suis assez rapidement confrontée à la difficulté de ces études-là. Et donc j'ai arrêté. Et ça, ça a été un moment assez dur parce que je pensais que c'était vraiment fait pour moi. Et du coup, j'ai dû retrouver un peu ma voie et j'ai fait des dossiers justement pour Dauphine. J'ai été acceptée. Donc c'était un changement radical de cap. Et c'est vrai que je m'y suis énormément épanouie en rencontrant notamment des amis que j'ai gardés qui venaient chacun d'univers très variés. Les cathos, les juifs, les homos de la bande, un mélange des genres assez improbable et qui faisait une communauté d'amis qui restait très soudée. Certains sont devenus les parents de nos enfants, nos témoins de mariage. Je pense que c'était vraiment l'amitié qui l'a emporté sur ces années d'études à Dauphine.
- Speaker #0
Depuis plus de 20 ans, vous travaillez dans l'immobilier, on l'a dit. Qu'est-ce qui vous passionne particulièrement dans ce secteur ?
- Speaker #1
C'est un secteur qui est très varié. Comme je vous l'ai dit, on peut être amené à travailler sur des sujets, des hôtels, des palaces, des commerces, des grands magasins. J'ai expertisé, parce qu'à la base, je suis expert immobilier. J'ai expertisé des biens comme le printemps, comme la gare Saint-Lazare, des palaces, des plateformes logistiques, des usines. Donc ça m'a amenée déjà à découvrir la France parce qu'on sillonne la France pour aller visiter tous ces immeubles. Et puis découvrir des gens aussi très divers parce que, évidemment, quand on discute avec le directeur d'un grand magasin ou d'une plateforme logistique, les propos sont très variés. Donc c'est cette variété, cette diversité qui me plaît énormément. Et puis il y a l'aspect aussi... architectural, on voit des choses incroyables, des restructurations d'immeubles époustouflantes.
- Speaker #0
Est-ce que pendant ces 20 ans, vous pouvez nous raconter une rencontre, une anecdote qui vous a marquée ou quelque chose d'un peu amusant, insolite ?
- Speaker #1
Ce n'est peut-être pas très insolite, mais c'est quand même une rencontre marquante pour une vie, puisque quand j'ai fait ces études d'immobilier, j'ai rencontré mon mari. Donc on a fait ensemble ce même master à Dauphine, lui venait d'une école d'ingénieurs. Et évidemment, ça c'était la rencontre de ma vie. Et c'est avec lui qu'on a cheminé ensemble dans nos vies, mais aussi dans nos vies professionnelles, puisqu'il travaille comme moi dans l'immobilier. Et puis vous l'avez dit, aujourd'hui on travaille ensemble. Donc c'est la rencontre majeure de ma vie en immobilier, disons.
- Speaker #0
Vous êtes aussi experte immobilière à Clésup, donc c'est une structure dont vous êtes aussi associée et gérante, et qui conseille les établissements d'enseignement supérieur pour offrir des logements à leurs étudiants. D'où vient votre intérêt pour le logement étudiant ?
- Speaker #1
Je trouve que les étudiants, c'est un terreau incroyable d'espérance. C'est peut-être justement les gens... qui ont l'espoir chevillé au corps, qui voient l'avenir, avec toutes les craintes qu'ils peuvent avoir évidemment, mais qui voient l'avenir rayonnant, peut-être plus rayonnant que les gens plus âgés qui disent que c'était mieux avant, etc. Là, c'est des gens qui sont tournés vers le futur. Donc moi, j'aime cette... Cette vision de la vie, alors évidemment l'instant présent, mais aussi bâtir le futur et fréquenter cette population, cette jeunesse, pour moi c'est très vivifiant, très régénérant.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que j'avais interviewé un aumônier d'étudiants qui disait que souvent les études c'est un peu comme le milieu d'un sablier, c'est-à-dire qu'il y a beaucoup de choses quand même qui se jouent et même parfois qui se décident pendant ces années, donc au niveau professionnel, au niveau affectif. au niveau de la construction de soi et de ce qu'on va être après. Donc c'est vrai qu'il y a des sujets importants à ce moment-là. Alors récemment, vous avez rejoint Santa Fe Immobilier, cofondé par votre mari Vincent Dubois, qui développe des logements pour les étudiants et les jeunes actifs dans des lieux qui appartiennent à des congrégations ou à des diocèses. Alors comment est venue l'idée de proposer ce service ?
- Speaker #1
sait que les jeunes éprouvent de grandes difficultés à se loger. Donc c'est assez terrible. Il y a des étudiants qui dorment dans leur voiture. Il y en a qui abandonnent leurs études parce que leur loyer est trop cher. Donc il y a un réel sujet de société préoccupant. Nous, on a voulu justement prendre notre part en se disant qu'on pouvait œuvrer pour contribuer à apporter à... à apporter des réponses à ce besoin criant qui est celui de se loger quand on est un étudiant. On a évidemment aussi eu en tête tous ces biens d'église qui peuvent être vides ou être libérés, avec l'idée qu'il ne faut pas perdre justement tout ce patrimoine de l'église qui est précieux, qui est beau. Et donc notre idée ça a été d'essayer de concilier les deux, à la fois loger des étudiants, leur proposer des loyers abordables, et en même temps conserver ce patrimoine qui appartient aux congrégations, à l'église, donc générer pour eux un revenu. Et puis redonner vie à ces lieux en y remettant, comme je vous le disais, cette population vivifiante qui peut être aussi touchée par le message de l'église. Alors ceux qu'on héberge ne sont pas tous des chrétiens affirmés, mais en tout cas la proximité avec l'Église peut aussi les inspirer et les amener sur une vie d'engagement, d'engagement citoyen ou d'engagement chrétien.
- Speaker #0
Alors par exemple, comment est-ce que Santa Fe Immobilier a trouvé le premier lieu où il allait faire ses logements étudiants ?
- Speaker #1
Alors depuis longtemps, Marie travaillait avec la... communauté des frères marianistes qui est très implantée à Antony et parmi les lieux dont disposait cette congrégation il y avait un grand plateau un peu vide qui servait de lieu pour les internes mais qui était un peu désuète, voilà, et mon mari a proposé de redonner un coup de jeune à cet habitat en le transformant en un co-living pour jeunes Et du coup, les frères marianistes lui ont confié la gestion et tout le portage de ce projet.
- Speaker #0
Et pourquoi le nom de Santa Fe Immobilier ?
- Speaker #1
Alors Santa Fe, il y a deux symboles. Déjà, on aimait bien la référence un peu hispanique, comme celle de l'auberge espagnole, où on reçoit à la hauteur de ce qu'on apporte. Donc on s'est dit que justement, un lieu communautaire où chacun pouvait apporter ce qu'il était et avoir des retombées pour les autres habitants, ça pouvait être une bonne idée. Et puis Sainte-Foy, c'est une martyr, une jeune martyr. Alors ce n'est pas une patronne de la jeunesse, mais en tout cas c'est une figure inspirante pour les jeunes, puisque c'est une jeune martyr chrétienne qui est morte à l'âge de 12-13 ans. Donc c'était aussi cette référence qu'on voulait conserver, d'où l'idée de ce non-santafé.
- Speaker #0
Alors nous sommes actuellement, pendant l'enregistrement du podcast, dans l'un des co-living. créé et géré par Santa Fe Immobilier. C'est sur le plateau de Saclay au sud de Paris, pas loin de campus étudiants comme Agro je crois. Est-ce que vous pouvez nous raconter l'histoire de ce co-living et d'abord c'est quoi un co-living ?
- Speaker #1
Alors un co-living c'est un habitat partagé. Donc ici tous les jeunes disposent de leur chambre avec... leur salle d'eau, leur WC privatif. Et après, il y a une série d'espaces en commun. L'idée étant justement de faire communauté et que les jeunes soient amenés à échanger, à partager, à être ensemble. Donc c'est volontairement que chacun n'a pas sa kitchenette dans sa chambre. Voilà, chacun vient cuisiner dans la cuisine commune, vient manger dans la salle à manger commune, pour se retrouver, pour partager. Il y a beaucoup de jeunes qui sont tout seuls quand on arrive justement de région et qu'on vient faire ses études et qu'on se retrouve dans une petite chambre de bonne où on peut ni recevoir ses amis ni être à l'aise. Nous on voulait aller un peu à l'encontre de ce mode de vie pour les étudiants, d'où cette idée de Colivine. Ah oui, alors l'histoire de ce lieu, c'est en fait... Un bâtiment qui est donc situé sur le site de l'abbaye de Voilans, qui était jusque-là occupé par les sœurs aînées de la communauté des Bénédictines. Et puis les sœurs aînées sont parties vers d'autres cieux, donc le bâtiment est resté vide pendant un certain temps. Et donc on a été amené à proposer justement aux sœurs de Voilans de régénérer ce lieu. en y faisant des travaux et en y mettant cette communauté de jeunes étudiants.
- Speaker #0
Oui, parce que je crois qu'effectivement, vous recourez au service d'une décoratrice pour un peu mettre au goût du jour les logements étudiants que vous créez.
- Speaker #1
Oui, en effet, on a à cœur de proposer et des loyers abordables, mais des lieux qui soient des beaux lieux. pour les étudiants. Je pense que ça participe aussi de l'estime que l'on a pour cette population qui représente l'avenir pour nous et à qui on a envie de donner aussi un beau cadre pour étudier, pour partager, pour vivre. Donc ça, ça fait partie de notre ADN que de faire des lieux qui soient beaux, qui soient design, qui soient... en adéquation aussi avec l'endroit. Vous avez pu voir tout à l'heure les boiseries de la salle à manger. On a conservé tout ça parce que ça faisait partie aussi de la mémoire de ce bâtiment, de cette abbaye.
- Speaker #0
Oui, je confirme que c'est magnifique comme cadre. Je ne sais pas de quelle époque date ce bâtiment, mais sans doute peut-être 19e ou avant, je n'en sais rien. Mais c'est très beau. Du coup, au niveau du fonctionnement de ce co-living, je crois que les étudiants ont aussi une mission à remplir un peu de par leur présence ici.
- Speaker #1
Oui, en effet. En fait, on essaie de pratiquer, comme je vous l'ai dit, des loyers qui se veulent abordables. Donc ça, c'est véritablement ici les sœurs bénédictines qui ont opté pour cette option. Elles auraient pu louer au prix du marché, mais il y avait aussi une volonté d'accueillir des étudiants sans les saigner. Et du coup, pour conserver aussi et pour respecter le charisme des sœurs bénédictines, l'idée a été de demander aux jeunes de participer à des associations, à donner un peu de leur temps à des œuvres qui se trouvent là à l'échelle locale. Donc on leur a proposé en début d'année une série d'associations qui a recherché des bénévoles. certains aussi ont des engagements dans des associations de leur école, d'autres sont scouts, voilà. Mais en tout cas, on les invite fortement, ces jeunes, à prendre aussi un peu leur part en donnant de ces heures bénévoles, voilà, deux heures à peu près par semaine. Et je crois que c'est plutôt bien vécu. Ils ont vraiment, en tout cas ici à Voilon, il y a une vraie belle communauté d'étudiants engagés.
- Speaker #0
Et ça peut être quel service du coup ?
- Speaker #1
Alors certains font des maraudes, certains sont scouts, certains sont investis dans l'épicerie solidaire de leur école, certains sont investis dans des associations de défense des oiseaux, parce que sur le plateau de Saclay, il y a plein de beaux oiseaux apparemment, donc il y a des réserves ornithologiques. Donc c'est très varié, il y en a pour tous les goûts. Nous, on les met juste sur les rails et après, c'est eux qui choisissent l'association dans laquelle ils ont envie de s'investir.
- Speaker #0
D'accord. Et au niveau des loyers, ils s'élèvent à combien à peu près ?
- Speaker #1
Alors ici, on démarre à 600 euros. Et pour ce prix-là, on a entre 600 et 700 euros la chambre par mois. Donc ça inclut tout. de l'eau, de l'électricité, du chauffage, du wifi, parce que ça c'est indispensable pour cette population-là, le ménage des parties communes, donc on est clairement en dessous du marché.
- Speaker #0
Et du coup, comment est-ce que vous faites connaître ces logements ? J'imagine, je ne suis pas une auditrice du podcast qui dit « Ah, j'aimerais trop que mon enfant aille dans l'un de vos logements étudiants, comment ça fonctionne ? »
- Speaker #1
Alors on passe nous beaucoup de temps à aller rencontrer des prêtres, des évêques, des économes, diocésains, des congrégations, pour leur expliquer ce qu'on fait. Ça a plutôt un bon accueil. Donc ça c'est une mission de tous les jours que d'essayer d'ouvrir de nouveaux foyers étudiants pour nous connaître. Après on a un site internet et un compte. compte Instagram. On essaie aussi d'être à la page sur ces aspects-là.
- Speaker #0
Actuellement, où se situent les logements que vous gérez ?
- Speaker #1
On en a trois à Paris. On en a un à Antony. On en a un à Voilans. On est susceptible d'en ouvrir un autre potentiellement à Voilans. On en ouvre un à Melun. Et on en ouvre un à Issy-les-Moulineaux. Et cette fois-ci, celui-là est réservé aux étudiants de l'ICP.
- Speaker #0
Alors, vous travaillez avec votre mari, Vincent. Est-ce que vous pourriez nous citer peut-être un avantage et un inconvénient de cette situation ?
- Speaker #1
Alors, un avantage, c'est de pouvoir plus se voir. Parce qu'on a quatre enfants qui nous sollicitent pas mal. Alors, on a choisi de nous dévouer à eux et de faire beaucoup de choses. pour eux, mais c'est vrai que ça nous prend pas mal de temps. Et là, c'est l'occasion de pouvoir être ensemble aussi pendant la journée. Alors que c'est sûr qu'on parle beaucoup de travail, mais comme c'est un métier qui nous passionne, c'est avec plaisir qu'on a ces échanges qu'on avait déjà avant de travailler ensemble. Mais là, on a beaucoup plus de temps même aussi pour manger ensemble le midi, prendre du temps pour partager. Et en inconvénient, c'est sûr que chez nous, on parle beaucoup de travail, on parle beaucoup d'immobilier, on parle beaucoup de résidence étudiante, on parle beaucoup d'étudiants. Mais comme je vous le dis, c'est un peu aussi l'envers de la médaille d'être dépassionné d'immobilier. Donc ça n'a jamais été mal vécu à la maison. Et certains de nos enfants nous disent d'ailleurs que plus tard, ils aimeraient bien poursuivre notre activité. Donc ça, ça nous fait beaucoup rire.
- Speaker #0
Oui, et puis si vous vous êtes rencontré dans un master d'immobilier, c'est que ça fait partie de votre histoire commune aussi, donc de vos valeurs. Lorsque vous avez donné naissance à votre quatrième enfant, votre petite fille a eu des infections. Qu'est-ce qui s'est passé à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors cette petite fille a eu des soucis de santé à la naissance et qui l'ont conduite à aller assez fréquemment à l'hôpital et ça continue. C'est un parcours de vie qui est assez lourd pour elle. C'est une petite fille qui est rayonnante, donc c'est une vraie source de joie, d'épanouissement dans la famille. Mais c'est sûr que ça a un peu rebattu les cartes dans notre foyer, parce que ça nous a ébranlés évidemment quand elle est née. toutes ses opérations qu'elle a déjà subies, celles qui l'attendent.
- Speaker #0
Et comment ces soucis de santé ont eu un impact sur votre rythme de travail ?
- Speaker #1
Ça a tout bouleversé. Ça a tout bouleversé parce qu'à cette époque-là, j'étais dans une structure d'immobilier américaine dans laquelle j'étais devenue directrice d'une équipe de 15 personnes. C'était un peu l'aboutissement de tout un parcours professionnel où j'avais commencé stagiaire et j'avais monté les échelons un à un. C'était un peu ce genre de promotion qui récompense pas mal d'années de travail. C'est à ce moment-là que cette petite fille est née. Ça a tout ébranlé. Ça a tout ébranlé parce que c'est très difficile. Vous vous êtes amené à fréquenter de manière régulière les hôpitaux avec le stress, des hospitalisations inopinées, d'infections, etc. À gérer avec trois autres enfants. C'est très difficile en fait dans ces moments-là d'être pleinement consacré à son travail, d'être dédié à son équipe, à ses clients, à son chiffre d'affaires, à ses performances. Et donc voilà, ça vous fait voir la vie. complètement différemment. Je pensais que tout était conjugable avant ça, qu'il était possible d'avoir une assez grande famille, un poste à responsabilité et de tout mener de front. Là, tout s'est effondré.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que ça me fait penser au fait que j'ai l'impression que parfois, dans le travail, on est sur un temps linéaire avec des échéances, des rendez-vous, quelque chose de très construit par l'être humain. Et parfois, la vie se rappelle à nous qu'il y a un temps plus cyclique, un temps naturel, avec des étapes sur lesquelles on n'a pas appris. Et là, j'ai l'impression que ces deux temporalités sont un petit peu entrechoquées.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Quand vous avez des rendez-vous, des déplacements à Londres, en Allemagne, qui sont planifiés, et que tout est perturbé par « Ah bah non, la petite, elle a 42 fièvres ce matin, il faut qu'on fonce aux urgences » . Et elle va y rester à l'hôpital une semaine entière et on va être soucieux de savoir si on va trouver le bon antibiotique, etc. Bon, vos clients, votre rendez-vous à Londres, votre équipe, tout ça, c'est impossible d'y penser, de vous y consacrer dans ces moments-là parce que vous êtes rappelé à ce qui est l'essentiel pour vous, à ce qui fait vibrer votre... cœur, votre chair, vos tripes, et donc impossible d'être présent dans sa tête pour son travail dans ces moments-là.
- Speaker #0
Et justement jusque-là, quelle a été votre relation au travail ? Enfant, quel modèle vous aviez reçu de la place du travail, de la carrière ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai eu des parents qui travaillaient aussi ensemble. qui sont experts comptables et qui travaillent ensemble, qui avaient leur cabinet. Donc ça, c'est une figure inspirante. Et ils ont toujours accordé énormément d'importance à notre famille. Donc moi, je suis fille unique. Et j'ai eu une maman qui a passé beaucoup de temps avec moi, qui a beaucoup joué à la marchande avec moi. Je vous ai parlé tout à l'heure de ce goût que j'avais quand j'étais petite. et d'un papa qui était toujours là aussi pour moi. moi le soir, les week-ends, voilà, donc j'ai pas du tout souffert de l'absence de mes parents parce qu'ils travaillaient trop, il y avait une vraie place qu'ils consacraient à la famille dans leur organisation professionnelle.
- Speaker #0
Oui, et je crois que vous m'aviez dit aussi avant l'interview que pour vous le travail est quelque chose de très important, voilà, comme ça a beaucoup de sens et de valeur pour vous et que vous étiez encouragée aussi par vos parents justement à aller le plus loin possible.
- Speaker #1
Ah oui, alors moi j'ai eu pour ça notamment mon papa qui m'a élevé comme un garçon, en me disant que tout était possible, qu'il fallait absolument être très bonne en maths, en physique, toutes les matières qui d'habitude pour certains sont celles des garçons. Donc moi, notamment mon père m'a énormément poussée à aller le plus loin possible. Donc ça c'est un vrai... Une vraie valeur que j'essaie de transmettre aussi notamment à mes filles, donc nous on a deux garçons et deux filles, et je répète souvent à mes filles que je les vois cosmonautes, médecins, mathématiciennes, et qu'elles ont toute leur place dans ces matières-là. Donc je pousse pas mal sur ces matières scientifiques. qui sont délaissées. Quand on regarde un peu les études, les filles ne se désintéressent pas, mais elles ne sont pas poussées dans ces matières-là, parce qu'on leur dit que les garçons sont plus forts que elles, et il y en a beaucoup qui perdent de leur confiance. Et moi, on m'a toujours poussée là-dedans.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez mis en place ? pour mieux articuler vie personnelle et vie professionnelle depuis que vous avez ce quatrième enfant dont on parlait ?
- Speaker #1
Très clairement, le fait de travailler à son compte, c'est la liberté que m'offre aussi mon mari en faisant en sorte qu'on puisse travailler ensemble. Je n'ai plus ces contraintes de devoir être à 9h00 à la défense. de devoir partir à toute hâte. J'ai des souvenirs de sprint dans les couloirs du métro pour arriver à temps pour récupérer mes enfants auprès de la nounou qu'on pouvait avoir. Et donc c'est un vrai luxe de pouvoir travailler comme ça à son compte. Ça ne veut pas dire qu'on travaille moins. Au final, je pense que je travaille plus. Je travaille le soir, je travaille les week-ends. Mais on n'est pas porté par la même énergie. tout simplement parce qu'on sait qu'on peut consacrer le temps qui va bien à notre famille, que c'est aussi notre projet, c'est notre barque, donc on n'est pas regardant sur les heures qu'on peut consacrer, surtout quand c'est un projet comme ça de couple, quand c'est une société qu'on porte ensemble à deux, on est investi à 1000% parce que c'est notre barque commune, qu'on fait ça aussi pour nos enfants, pour leur assurer une belle vie.
- Speaker #0
Est-ce que vous pourriez nous décrire une de vos journées aujourd'hui, un peu heure par heure, ou en tout cas pour qu'on se fasse un peu une idée, parce que j'aime bien imaginer l'emploi du temps qu'on peut avoir et qui sont très différents d'autres personnes.
- Speaker #1
Alors en général, ça démarre avec un réveil à 6h45. On a eu la folie, en plus de nos quatre enfants, de prendre récemment un chien. qui est encore un jeune chien, donc il y a une petite discipline de se lever assez tôt le matin pour le sortir. Et vous ne serez pas étonné que ce rôle m'incombe, malgré mille promesses que j'aurais du relais, mais je l'assume avec plaisir parce que je faisais partie aussi des personnes moteurs de la famille pour avoir un chien. Donc là, ça démarre un peu dans le brouillard quand même. Je ne vous dirai pas que je suis pimpante et fraîche. Il faudra attendre ensuite... l'étape des préparatifs, donc la douche, etc. pour vraiment retrouver quelqu'un de parfaitement opérationnel. Et puis ensuite, ça va être aider chacun à se réveiller avec trois grands qui doivent partir un peu tôt, une petite qui prendra plus son temps, donc qui va falloir un peu presser pour démarrer, pour aller à l'école. Donc là, dépôt de la plus jeune à l'école, le tout avec le chien embarqué dans mon vélo cargo, oreille au vent. Et puis ensuite, ça y est, la journée commence, la journée de travail, qui peut être entrecoupée de quelques tâches.
- Speaker #0
de mamans, que toutes les mamans gèrent très bien en plus de leur travail. Et puis c'est beaucoup de déplacements pour aller soit sur les sites qu'on gère, les foyers étudiants qu'on gère, soit voir d'autres personnes, des congrégations, des professionnels de l'immobilier. On passe pas mal de temps aussi à échanger, à échanger avec les gens avec qui on travaille. une grande partie sur son ordinateur et puis ça y est, il est l'heure d'aller récupérer Agathe à l'école et de préparer le dîner, de faire les devoirs, d'aider chacun. Donc on passe de la physique à la lecture en passant par un peu d'anglais et puis ah maman, demain il me faudra mon grand uniforme. Donc voilà, donc là ça se poursuit en général jusqu'à minuit. Donc il n'y a pas beaucoup de temps vraiment pour soi. Mais c'est un mode de vie qui me convient bien.
- Speaker #1
C'est vrai que j'imagine bien le côté parfois un peu grand écart, pieuvre qu'on a entre l'aîné, effectivement, qui va faire réciter un truc, pour moi c'est collégien, et puis le dernier dont je dois changer la couche. Donc parfois je suis un peu en plusieurs phases. Mais bon, c'est aussi une chance d'avoir ces enfants sous son toit. Donc voilà, c'est quand même une joie. Et en plus de tout ce que vous avez dit, vous enseignez aussi en école de commerce, je crois. Vous êtes aussi présidente de l'association des parents d'élèves de l'école de vos enfants. Je me dis que ça fait quand même beaucoup d'engagement et d'activité. Qu'est-ce que vous faites pour tenir ? Est-ce que vous mangez du chocolat ? Ou alors, qu'est-ce qui vous ressource ?
- Speaker #0
Je n'aime pas le chocolat, mais non, après, ce qui me ressource, ce qui m'alimente. Je pense que c'est une forme d'engagement aussi, typiquement l'investissement à Dauphine ou à l'ESTP où je donne des cours, c'est justement fréquenter ces jeunes dont je vous parle et qui me dynamisent, qui me boostent, de pouvoir oeuvrer un peu à les aider à s'accomplir en tant que jeunes professionnels, à les faire avancer. Dans leur parcours de vie, clairement, ça m'apporte énormément. L'engagement à l'école, oui, c'est une école assez exceptionnelle. Elle s'appelle l'école Lamazou, elle accueille depuis plus de 60 ans, notamment des enfants trisomiques. C'est une très belle école, avec un climat ultra bienveillant, des maîtresses extraordinaires. Et du coup, je voulais clairement redonner ce que tous mes enfants, les quatre enfants sont passés par cette école, en ayant chaque matin le sourire aux lèvres, la joie de retrouver leur maîtresse, leurs amis. Donc c'est aussi un retour que je voulais donner pour tous les bons moments que nos enfants ont vécu ou vivent actuellement dans cette école. et puis des liens d'amitié très forts aussi qui se sont forgés avec... pas mal de parents, parce que c'est une très belle communauté. Donc voilà, tout ça, c'est tout ce que je reçois en retour de ce temps donné. Donc c'est plutôt très, très bien vécu de ma part.
- Speaker #1
D'accord. Et est-ce qu'il y a quand même des moments où vous êtes un peu épuisée ? Et si oui, qu'est-ce que vous mettez en place dans ces moments-là pour récupérer un peu ?
- Speaker #0
Alors, il y a des moments, oui, de fatigue. Donc c'est potentiellement des moments où on va un peu lâcher prise, on va... Aller acheter une pizza, où on va pas forcément parfaitement ranger la maison. Pour ça j'ai une famille, tant mes enfants que mon mari, qui sont très sympas et qui vont jamais dire, oh là là, il y a telle chose qui n'est pas faite, la maison n'est pas parfaitement rangée. Chacun respecte beaucoup l'engagement, les engagements que je peux avoir. Donc c'est très agréable aussi de ne pas être jugé et qu'on ne vous dise pas « Maman, tu n'es pas parfaite, telle chose n'est pas prête, telle chose n'est pas faite » . Ils savent que je pourrais tout donner pour eux, que je fais beaucoup pour eux et ils sont assez respectueux de ce temps qu'on peut donner pour d'autres que pour la famille.
- Speaker #1
Quelle est la place de la foi dans votre vie personnelle ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai une foi qui a toujours été présente, mais qui s'est vraiment affermie dans des moments de vie un peu de crise. Moi la crise elle a un peu commencé quand mon papa a eu un AVC quand j'avais 21 ans. Donc comme je vous l'ai dit je suis fille unique, pour ma maman et moi et mon père évidemment ça nous a là aussi pas mal ébranlé. Mais dans ce moment-là, j'ai été vraiment très accompagnée, je pense, par la présence de Dieu qui, je pense, nous a beaucoup soutenus. Donc ça, c'est une fidélité que j'ai, notamment par rapport à cet épisode de ma vie qui, du coup, ne m'a jamais lâchée. Et puis après, j'ai un mari très inspirant qui, quand on s'est rencontrés, faisait partie de ces jeunes hommes qui connaissaient tous les horaires de messe dans Paris. Et donc le dimanche, s'il avait raté la messe de 10 heures de sa baroisse, il savait qu'il y avait aussi la messe de 20 heures à Saint-Louis-Dantin, celle de 22 heures au Sacré-Cœur. Et donc, voilà, il était vraiment fidèle, alors que c'était un jeune homme bien dans son temps, qui sortait, qui allait en soirée, etc. Mais il avait ce rendez-vous inratable pour lui le dimanche. Et c'est vrai que moi, quand je l'ai rencontré, donc à 23 ans, je n'allais pas toujours à la messe aussi fidèlement que lui. Et en fait, ça m'a... Ça m'a beaucoup marquée, je me suis dit, un jeune homme comme ça, qui est si fidèle à ce rendez-vous, déjà c'est forcément quelqu'un de bien. Et c'est mon père, qui lui ne fréquente pas trop la messe, qui m'a dit, mais tu ne vas pas avec lui ? Donc c'était assez drôle, parce que mon père n'était pas forcément moteur pour qu'on aille à la messe, mais en même temps, quand il a vu que Vincent était si assidu, il m'a dit, mais il faut le suivre. il faut y aller, il faut que tu ailles avec lui. Et donc voilà, mon mari a énormément fait pour que je retrouve ce chemin vers l'église. Mais ce n'est pas une grenouille de bénitie, c'est vraiment plutôt un humaniste, un homme inspiré, généreux, et je dois le dire, vraiment lui qui... qui m'a aidée à retrouver cette fidélité à l'Église, à la messe.
- Speaker #1
Et dans votre métier, cette foi, est-ce que la foi a une influence, un petit peu, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui, elle a une influence, puisque, vous l'avez compris, par ce qu'on fait, l'Église est très présente. Nous, on a à cœur de défendre, justement, l'Église. On a aussi... L'idée que les laïcs comme nous peuvent avoir une place assez dynamisante pour les hommes et les femmes d'église, en étant leur relais pour des sujets comme l'immobilier par exemple, où il y a quand même pas mal de promoteurs véreux ou pas, mais qui... qui lorgnent sur leur patrimoine, nous ça nous tient à cœur que tout ça reste bien dans le giron de l'église et que ça puisse servir à des œuvres comme loger des étudiants. Soit dit en passant, d'ailleurs, l'église ne contribue qu'à hauteur de 0,5% du besoin en logement pour les étudiants. Donc il y a une vraie convergence à trouver entre justement ce que l'église peut offrir à ces jeunes et puis ce besoin criant que... qu'ont les jeunes à se loger. Et je pense que c'est une manière aussi de créer des communautés de laïcs qui puissent être touchées par le message d'espérance de l'Église, par le message du Christ, de manière un peu distillée, un peu subliminale. Rien n'est imposé aux jeunes qu'on héberge. mais ça peut aussi être un très beau vivier. pour recréer, pour contribuer à créer des communautés de jeunes potentiellement chrétiens.
- Speaker #1
Notre numéro de juillet porte sur la fête. Alors je me disais, vous, quelle relation vous avez à la fête ?
- Speaker #0
Nous, on essaye de faire de chaque jour une fête dans notre famille. Donc on n'est pas de ceux qui vont vous dire « Ah ben non, ce soir, il faut que je me couche tôt, demain il y a école. » Non, on va vous dire oui, on va aller faire la fête avec nos enfants, avec nos amis. Il y a toujours des possibilités, il y a toujours des jours où... Voilà, s'il y a un dîner entre amis qui s'organise, s'il y a des amis qui veulent venir à la maison, ce sera toujours oui, parce qu'on aime beaucoup faire la fête chez nous.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est chouette de pouvoir célébrer effectivement même le quotidien ou même des choses qui ne sont pas l'événement du siècle. Mais c'est vrai que moi, je ne suis pas très portée sur la fête, mais justement, depuis quelques temps, j'essaie de... de fêter la sortie du numéro de Zélie. Ça peut être juste partager une tablette de chocolat avec mon mari, mais au moins pour marquer le coup et pas tout de suite passer au numéro suivant, passer à autre chose. Donc c'est vrai que c'est plutôt chouette de pouvoir mettre ça dans son quotidien. Alors pour finir, à chaque question courte, vous pouvez répondre par une phrase courte ou non. Complétez cette phrase. La personne humaine est...
- Speaker #0
Je dirais que la personne humaine est... Splendide. si on veut bien la révéler.
- Speaker #1
Une musique que vous écoutez ?
- Speaker #0
Alors, il n'y en a pas une, il y en a plein, puisque vous l'avez compris, j'ai des enfants qui vont de 8 à 15 ans, donc je m'adapte complètement à un répertoire varié qui va du rap à Beyoncé, en passant par des choses bien plus classiques. Donc, il n'y a pas de répertoire très figé chez nous. C'est très enrichi par toutes les découvertes de nos enfants. Donc il y a pas mal de musique à la maison, sous la douche, dans le vélo, en travaillant de temps en temps.
- Speaker #1
Une femme qui vous inspire ?
- Speaker #0
Alors une femme inspirante, inspirante en toute humilité, c'est Mère Thérésa. J'aime beaucoup sa prière sur la vie qui me guide et que je... J'affiche un peu partout et que je redonne souvent à mes enfants. Mais voilà, une très très belle figure de l'Église qui m'inspire énormément.
- Speaker #1
Un moment qui vous ressource ?
- Speaker #0
Simplement des moments en famille où on est tous les six et où on va manger tous ensemble et rire, discuter, où chacun va raconter les anecdotes de sa journée. Ça c'est, voilà. C'est simple, mais c'est un bonheur intarissable.
- Speaker #1
Que direz-vous à Dieu quand vous le verrez ?
- Speaker #0
Je lui dirais déjà merci. Merci pour tout ce que j'ai reçu jusque-là. Il y a pas mal de choses incroyables auxquelles j'ai eu droit. Donc beaucoup de reconnaissance, de remerciements pour tout ce que j'ai déjà reçu. Et peut-être aussi, alors on verra quand est-ce que ça arrivera, mais de dire que j'aurais eu plus de projets que de temps nécessaire, même si je ne sais pas quand la vie s'arrêtera. Mais en tout cas, je dis souvent à mon mari qu'une vie ne suffira pas pour toutes les choses que j'ai envie de faire. Mais ce n'est pas grave, c'est ça qui m'anime et qui me donne envie d'avancer et de faire plein de choses.
- Speaker #1
Merci beaucoup Cécile et merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés. Nous espérons que cette conversation vous a plu. Nous vous donnons rendez-vous dans le numéro de juillet 2026, le lien est dans la présentation du podcast et à bientôt pour un nouvel épisode.