Speaker #0Les événements internationaux s'enchaînent à toute vitesse. On commande beaucoup, on réagit vite, mais rien n'est simple. Les décisions politiques s'inscrivent dans des rapports de force sous l'influence d'intérêts internes et de contraintes externes. Avec vous, je cherche à comprendre ce qui se joue derrière, à donner du sens à ces choix, à ces tensions, à ces enchaînements. Je suis Léa Landman et vous écoutez Zone d'Influence. Alors, qui a gagné cette guerre ? Depuis l'annonce du cessez-le-feu le 8 avril, la question divise. Décideurs, journalistes, analystes, chacun revendique sa victoire, chacun pointe les échecs de l'autre. Mais les négociations n'ont pas encore commencé. Et pour comprendre les rapports de force en ce début de négociation, qui arrive à la table avec quoi ? Qui est en position de force ? Qui est en position de faiblesse ? Il faut d'abord mettre de l'ordre dans les faits. On commence par les protagonistes, l'environnement immédiat et les acteurs extérieurs. L'opération avait trois objectifs officiels. Empêcher l'Iran d'accéder à l'arme nucléaire. détruire ses capacités militaires offensives, c'est-à-dire missiles, drones, infrastructures des gardiens de la Révolution, et réduire sa capacité à projeter de la puissance dans la région via ses proxys. Et c'est sur cette base qu'on mesure ce qui a été accompli et ce qui ne l'a pas été. Etats-Unis et Israël ont mené cette guerre en coordination étroite, avec une division du travail précis. 50 000 militaires américains engagés, deux groupes de porte-avions, bombardiers stratégiques, sous-marins nucléaires, Les Américains prenaient le sud de l'Iran et la marine iranienne en totalité. Le coût ? Environ 16 milliards et demi de dollars au deuxième jour. Le bilan humain est de 13 soldats tués et 348 blessés. Israël frappait à l'ouest et au centre. Sur le sol israélien, l'Iran envoyait 650 missiles balistiques en 38 jours. Zone résidentielle, infrastructure énergétique, aéroport. Les cibles étaient délibérément civiles. Résultat, 20 morts. plus de 7000 blessés. Les 12 soldats israéliens morts pendant cette période sont tombés au Liban, pas sous les frappes iraniennes directes. Ce niveau de coordination entre les deux armées américaines et israéliennes était sans précédent. 4000 à 5000 communications par jour à tous les échelons. Et en face, l'Iran a subi une décapitation sans précédent elle aussi. Le 28 février, plus de 40 hauts responsables sont tués simultanément. Ali Khamenei est mort dans les premières heures. Avec lui, le commandant en chef des gardiens de la Révolution, le chef du renseignement, les principaux commandants militaires et deux figures clés de la diplomatie nucléaire, dont Ali Larijani. Des centaines d'autres officiers des gardiens de la Révolution et du Bassige ont été tués dans les jours suivants. Moujtaba Khaminaï, le fils d'Ali, successeur désigné, aura été grièvement blessé et son état reste inconnu. Pourtant, le régime a tenu. Les gardiens de la Révolution ont consolidé leur emprise. Le Bassige a maintenu le contrôle des rues. Moujtaba Khamenei aurait, aurait signé un conseil de 5 hommes. Rallye Baf, président du Parlement, Arachi, ministre des Affaires étrangères, et trois figures militaires et sécuritaires. Un gouvernement de survie, certes, différent de ce qui existait avant, certes, mais fonctionnel. Le Pentagone et la Maison-Blanche annoncent l'ampleur des destructions. La flotte presque entièrement coulée, la base industrielle de défense largement détruite, le programme nucléaire sévèrement touché, A peu près 450 kg d'uranium enrichi à 60% restent quelque part. Les frappes ont aussi visé l'économie. Raffinerie, aciérie, infrastructures pétrochimiques, ponts ferroviaires. L'Iran arrive aux négociations dans un état de destruction économique sans précédent. Le Hezbollah, lui, a été actif sous pression iranienne dès le 2 mars. Le gouvernement libanais a immédiatement déclaré ses activités militaires illégales et proposé à Israël des pourparlers directs. C'est phénoménal. Ça n'a pas arrêté les tirs. 5 500 missiles lancés depuis le Liban en 38 jours. Le 8 avril, quelques heures après le cessez-le-feu avec l'Iran, 50 avions israéliens ont frappé plus de 100 cibles en 10 minutes. Les gardiens de la révolution opérant clandestinement au Liban, avec de faux passeports selon le premier ministre Nawaf Salam, ont été tués. Ce sont eux qui dirigeaient les opérations du Hezbollah contre Israël. La guerre ne s'est pas arrêtée aux frontières des protagonistes et de leurs intérêts régionaux. L'Iran a frappé les six pays du Golfe sans exception, y compris ceux qui s'étaient engagés à ne pas laisser leur territoire servir de base contre Téhéran. Les cibles, bases militaires américaines, ambassades américaines, infrastructures énergétiques et les symboles de la modernité du Golfe, l'aéroport de Dubaï, des hôtels, des centres de données. Résultat, 27 morts. Le Qatar donne une idée de l'échelle économique. 17% de sa capacité de production de GNL détruite, soit 20 milliards de dollars de revenus annuels perdus selon Qatar Energy. Le Liban, lui, s'est retrouvé pris en étau. Plus de 1500 morts depuis le 2 mars, 1,2 million de déplacés, c'est 20% de la population. Israël a annoncé son intention d'établir une zone de sécurité permanente dans le sud. Mais le 9 avril, Netanyahou a annoncé l'ouverture de pourparlers directs avec le Liban sous auspice américain. Hors du conflit direct, deux acteurs ont joué des rôles opposés. L'Europe a dit non à l'engagement militaire aux côtés des Etats-Unis. Des avions européens ont assuré de la défense aérienne au-dessus du Golfe. Mais quand Trump a demandé à l'OTAN d'entrer en guerre pour rouvrir le détroit d'Hormuz, le refus a été collectif. Plusieurs pays sont allés plus loin encore. L'Espagne a fermé son espace aérien. L'Italie a refusé l'atterrissage à des bombardiers américains. La France a bloqué le survol de son territoire pour des avions transportant du matériel militaire vers Israël. Une base britannique à Chypre a été frappée par un drone iranien. La réponse de l'OTAN a été une protestation diplomatique. La France et le Royaume-Uni ont dit qu'ils étaient prêts à déployer des drones anti-mines pour sécuriser le détroit d'Hormuz, mais seulement après le cessez-le-feu, pas pendant les hostilités. Le Pakistan, lui, a joué un rôle radicalement différent. La médiation du cessez-le-feu s'est faite depuis Islamabad. Et ce n'est pas un hasard. La géographie d'abord, 900 km de frontière avec l'Iran, aucune implication dans le conflit. La relation avec Washington ensuite. Le chef d'état-major, Asim Mounir, entretient une relation personnelle avec Trump. Et c'est son appel du 22 mars que Trump a cité en annonçant le cessez-le-feu. La relation avec l'Iran aussi. 40 millions de chiites pakistanais et Moustaba Khamenei a déclaré ressentir un sentiment particulier pour le peuple pakistanais. Derrière le Pakistan, la Chine, évidemment, coordonne en arrière-plan. Le Pakistan est le canal par lequel Pékin exerce une influence sans s'exposer directement. Maintenant qu'on a les faits, revenons à la question de départ. Qui a gagné ? Qu'est-ce que ça change dans les rapports de force entre les acteurs ? Pour répondre, il faut regarder deux choses distinctes. D'abord, est-ce que les objectifs annoncés ont été atteints ? La deuxième question est plus intéressante. Au-delà des objectifs déclarés, Quelles sont les conséquences réelles sur les équilibres régionaux ? Deux les tirs s'affrontent. La première dit, l'Iran a survécu face à la puissance militaire américaine et à l'une des armées les plus efficaces de la région, donc c'est un gagnant stratégique et la puissance américaine sort fragilisée. La deuxième dit, les Etats-Unis et Israël ont détruit une bonne partie du programme balistique iranien, ses infrastructures nucléaires et affaibli ses proxys. Donc c'est une victoire. Les deux lectures ont un défaut symétrique. L'une confond la survie du régime avec une victoire stratégique et l'autre confond une victoire militaire avec une victoire stratégique. La vraie question n'est donc pas ce qui s'est passé en 38 jours, c'est qui sera en meilleure position à la fin des négociations, dans un an et dans cinq ans. Commençons par les objectifs annoncés. Trois objectifs officiels, bilan en demi-teinte. Le programme nucléaire. 80% de l'infrastructure détruite selon le Patagone, mais toujours ses 450 kg d'uranium enrichi. à 60% qui reste quelque part. Partiellement atteint donc. Les capacités militaires offensives, flottes coulées, défenses aériennes détruites, usines de missiles et de drones démantelés. C'est le bilan le plus solide. Substantiellement atteint. En ce qui concerne la projection de puissance via les proxys, Hezbollah affaibli mais toujours actif, outils toujours debout, milices irakiennes toujours en place. Les proxys ont perdu en revanche leur commandement iranien direct et surtout ils vont perdre leur financement. Donc partiellement atteint. Il y a aussi l'objectif non déclaré. Celui que Netanyahou et une partie de l'administration américaine portaient sans l'annoncer officiellement. Le changement de régime. Ça, non atteint. Cet échec permet à l'Iran de revendiquer une victoire symbolique, même dans la défaite militaire. Le régime tient. Pour Téhéran, c'est suffisant pour raconter une autre histoire. Et raconter une autre histoire ne change pas la réalité économique. C'est là que la lecture gagnant stratégique accroche. Le régime tient. Les gardiens de la Révolution ont consolidé leur emprise. Le Conseil des Cinq gouverne. Rallye Baf, ancien officier des gardiens. Vaidi, recherché par Interpol pour l'attentat de Buenos Aires en 1994. Zolkad, un autre ex-commandant des gardiens de la Révolution. C'est un pouvoir militarisé, dur, déterminé à survivre. Certains analystes lisent comme ça une victoire stratégique. L'Iran a tenu face aux Etats-Unis, le mythe fondateur est là. Mais survivre ? à un coût que ce narratif ignore. L'économie iranienne était déjà au bord du gouffre avant le 28 février. Elle est maintenant en ruine. Raffinerie détruite, aciérie hors service, 85% des exportations pétrochimiques paralysées. Le président Pézechkian a averti en privé ses collègues que l'Iran fait face à une catastrophe fiscale sans lever rapide de sanctions. Une dictature détruite économiquement ne peut pas tout financer en même temps. La reconstruction militaire, les gardiens et leurs privilèges, le réseau de proxys qui coûte plusieurs milliards par an. Les besoins minimaux d'une population de 90 millions de personnes qui sortent de 5 semaines de guerre, sans internet, sans accès aux produits de base, et qui surtout s'est fait massacrer par dizaines de milliers, quand ils sont descendus dans la rue avant la guerre. Quelque chose devra céder. Et dans les régimes de ce type, c'est rarement l'appareil sécuritaire qui paie en premier. Ce sont les proxys, ce sont les populations, ce sont les projets de reconstruction militaire et civile à long terme. Ce basculement économique change le rapport de force sur le réseau des proxys. L'architecture iranienne de projection de puissance reposait sur trois piliers. Le financement, l'armement et le commandement. Les frappes ont sévèrement touché les deux derniers, mais c'est le premier qui va faire le plus de dégâts sur le moyen terme. Le Hezbollah a tenu pendant ces 38 jours, mais les gardiens qui dirigeaient ces opérations depuis Beyrouth sont morts, en partie, et le robinet financier iranien va se réduire drastiquement pendant que Téhéran essaye de survivre économiquement. Les houttes, les milices irakiennes, même logique, ce n'est pas la fin de l'axe de résistance. Mais c'est le début d'une période où chaque proxy devra fonctionner avec moins. Et dans ce contexte, Israël a une fenêtre. Israël n'a pas obtenu ce qu'il voulait. En tout cas, pas tout ce qu'il voulait. Le programme nucléaire iranien n'est pas éliminé. L'uranium enrichi est toujours quelque part. Le régime tient. Pas le même régime, évidemment, mais il tient. Netanyahou a accepté les pourparlers avec le Liban. En partie parce que Trump le lui a demandé. Et en partie parce qu'Israël ne voulait pas se servir d'alibi. si les négociations à Islamabad échouaient. Mais il s'est passé quelque chose d'inédit au Liban. Pour la première fois, le gouvernement libanais sort ouvertement contre le Hezbollah. Le président Aoun tient bon sur les pourparlers directs avec Israël et insiste, comme Netanyahou, pour séparer la négociation libanaise de la négociation iranienne. Sa position, elle est claire. Ce n'est pas l'Iran qui décide pour le Liban. Et ce faisant, il reprend la logique israélienne. Parce que laisser l'Iran lier les deux négociations C'est lui donner un pouvoir de veto sur toute la région. Antinomique avec l'objectif déclaré de déconnecter Téhéran de ses proxys. Et donner à l'Iran le pouvoir de parler au nom du Hezbollah dans les négociations, c'est aussi valider rétrospectivement la stratégie des proxys que cette guerre, encore une fois, était censée défaire. Sur le moyen terme, regardons ce qu'Israël a obtenu. L'Iran est structurellement affaibli. Ses capacités de frappe directe sont massivement réduites. Ses proxys sont sous pression financière. Le Golfe a changé de position. Cette reconfiguration accélère non seulement la normalisation politique avec Israël, mais aussi la coopération militaire avec les États-Unis, via les systèmes de défense intégrés qui ont démontré leur efficacité pendant le conflit. L'Iran a frappé les Émirats, le Qatar, l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, le Koweït, Oman, des pays qui s'étaient engagés à ne pas laisser leur territoire servir de base contre Téhéran. Et la réponse iranienne a été de les frapper quand même. En même temps, l'Iran a fait... quelques semaines ce qu'Israël n'avait pas réussi à faire en année de diplomatie. Convaincre le Golfe que la politique d'apaisement ne fonctionnait pas. Et les accords d'Abraham avaient ouvert une porte. La guerre vient de les élargir. Alors vous allez entendre beaucoup de personnes qui vont dire au contraire. Israël en fait maintenant est une menace à cause de sa puissance militaire. Mais il n'empêche que structurellement les pays du Golfe ne vont pas avoir le choix par rapport à l'Iran. Ce changement de posture du Golfe a des conséquences directes sur le levier iranien le plus visible de cette guerre, le détroit d'Hormuz. Un cinquième du pétrole mondial, du GNL, des fertilisants. La fermeture a fait monter le prix du baril au-dessus de 100 dollars. Ça, c'est réel. Mais ce levier a des limites. Les alternatives existent. Les pipelines saoudiens et émiratis contournent le détroit. Pas suffisant pour remplacer Hormuz, mais suffisant pour atténuer la pression. La communauté internationale ne laissera pas une fermeture permanente s'installer. La France et le Royaume-Uni ont déjà annoncé qu'ils déploieraient des drones antimines pour sécuriser le passage dès la fin des hostilités. Ce n'est pas un canal privé, ce n'est pas une construction artificielle. C'est une voie maritime internationale et son contrôle par un seul État est juridiquement et politiquement insoutenable à long terme. Et plus l'Iran l'utilise ce levier, plus il accélère la constitution d'une coalition contre lui et le développement d'alternatives qui réduiront sa valeur future. Pendant que l'Iran joue ses dernières cartes, Deux acteurs regardent la situation avec satisfaction. La Russie a bénéficié de la hausse des prix du pétrole, vu des armes américaines consommées au Moyen-Orient plutôt qu'envoyées en Ukraine, et regardez la fracture entre Trump et ses alliés européens s'élargir. La Chine a gagné de l'espace stratégique en Indo-Pacifique, s'est imposée comme un acteur diplomatique via le Pakistan, et continue d'acheter le pétrole iranien. Ces gains sont réels à court terme. Mais un Iran structurellement affaibli est un partenaire moins utile pour Moscou. Surtout s'il ne peut pas lui produire des drones. Un Moyen-Orient reconfiguré autour d'Israël et du Golfe, ce n'est vraiment pas un scénario que Pékin cherchait. Une des raisons pour lesquelles la question « qui a gagné » reste aussi difficile à trancher, c'est que cette guerre s'est jouée sur plusieurs fronts, simultanément et pas seulement militaires. D'abord, la guerre des narratifs. Chaque camp a produit sa version des événements en temps réel. L'Iran a présenté chaque missile tiré comme une victoire de résistance. Washington a annoncé des victoires décisives sur des objectifs qui n'étaient pas encore atteints. Israël a parlé de menaces existentielles éliminées pendant que les missiles continuaient de tomber sur Israël. Dans ce brouillard informationnel, la perception a souvent décroché des faits. Et ce décalage, il alimente les lectures contradictoires qu'on entend aujourd'hui partout. La pression internationale ensuite. Dès les premiers jours, une pression massive s'est exercée pour arrêter les combats. De l'opinion publique mondiale, mais aussi des grandes puissances. Chine et Russie en tête, mais aussi et surtout peut-être l'Europe. Une pression réelle, mais sans alternatif crédible. Personne n'a proposé de mécanisme pour atteindre les objectifs déclarés autrement que par la force. Se arrêter, mais sans nous dire comment, a pesé sur les décisions américaines et israéliennes et a contribué à un cesser le feu avant que tous les objectifs soient atteints. Enfin, l'écart entre les promesses et les résultats immédiats. Trump avait parlé de victoire totale, de détroit rouvert, d'uranium saisi. Netanyahou avait promis l'élimination de la menace existentielle iranienne de changement de régime. Le fossé entre cette grandiosité et ce qui s'est passé concrètement, c'est-à-dire un régime qui tient, un uranium toujours en Iran, un détroit partiellement fermé, des proxys affaiblis mais debout, donne à ceux qui veulent lire un échec tous les arguments dont ils ont besoin. Mais il faut distinguer le court terme du moyen terme. Pour la région d'abord, l'Iran représente-t-il la même menace qu'il y a six semaines ? Non. Pas militairement, pas financièrement, pas dans sa capacité à financer et coordonner ses proxys. C'est un affaiblissement structurel, pas une élimination, mais un recul réel quand même sur le moyen terme. Pour les Etats-Unis ensuite, qu'est-ce qu'un Iran durablement affaibli dans une région qui se reconfigure autour de nouvelles alliances signifie pour l'engagement américain au Moyen-Orient ? Et après Trump aussi. Donc la vraie question n'est pas ce qui s'est passé en 38 jours seulement. C'est ce que cette guerre inaugure. Le Moyen-Orient a connu des décennies de conflits par procuration, des guerres menées à travers d'autres. Ce qu'on vient de voir, c'est presque l'inverse. Une confrontation directe, massive, brutale entre États, mais aussi, pour parler direct, entre Israël et le Liban. Donc la question qui se pose maintenant est fondamentale. Est-ce que la région reprend sur des bases reconfigurées un chemin vers la stabilité et le développement, celui que le Golfe tentait de construire, celui que les accords d'Abraham essayaient d'ouvrir, ou est-ce que cette guerre ? Et en fait, un nouveau cycle où chaque round de reconstruction militaire prépare le round suivant. Personne ne peut répondre à ça aujourd'hui. Ce qu'on sait, c'est que l'Iran sort de cette guerre structurellement affaiblie. Ce qu'on ne sait pas, c'est si cet affaiblissement crée les conditions d'un nouvel ordre régional ou simplement d'une pause avant la prochaine escalade. C'était Léa Landman avec Zone d'Influence.