Speaker #0Tu gères le travail, la maison, la famille, les rendez-vous, il y en a tellement ! Et quelque part dans tout ça, tu as fini par t'oublier sur ta propre liste. Je m'appelle Valériane, et moi d'abord, c'est le podcast que j'ai créé pour toi. Ici, pas de méthode miracle, pas de liste de choses à faire en plus. Juste un épisode par semaine. court et concret qui part de ce que tu vis vraiment. Parce que mieux s'organiser, ce n'est pas en faire plus, c'est alléger ta charge mentale et faire de la place à ce qui compte vraiment, à commencer par toi. C'est parti pour l'épisode du jour. Janvier et septembre sont deux moments clés dans l'année qui se ressemblent étrangement. Tu vois ce que je veux dire ? Un sentiment de page blanche, une énergie un peu différente, t'es boosté, t'as l'impression que ce sont des moments où tu peux repartir de zéro, où tu peux avoir plein de projets, et donc tu fais des listes. Des listes de cadeaux, des listes de souhaits, un peu comme si tout était permis à ce moment-là. Donc tu t'emballes. Perdre 5 kilos, faire du sport 3 fois par semaine, apprendre l'espagnol, lire d'aventures... arrêter de scroller sur Instagram jusqu'à 23h, avoir plus de temps pour toi, mieux t'organiser, etc. etc. Bref, je suis certaine que tu vois tout à fait de quoi je parle. Et puis, vient autre chose qui va te parler. C'est genre 3 semaines plus tard ou 2 mois plus tard, si tu es persévérante, pouf, la liste a disparu. Alors pas dans une poubelle, bien sûr. Virtuellement, elle est toujours là quelque part. Dans ton téléphone, dans un carnet, peut-être même dans un coin de ta tête. mais on va être honnête entre nous, tu n'y penses plus vraiment. Ou alors tu y penses mais pour culpabiliser. Et t'as cette petite voix qui revient, « Ah, encore arrêté ! » Alors aujourd'hui, on va parler de ça justement. Pas pour te juger, te dire que tu manques de volonté, je vais pas non plus te donner une nouvelle méthode miracle. L'idée c'est qu'on essaie de comprendre ensemble pourquoi ça ne fonctionne pas quand tu te fixes une liste d'objectifs. Parce que je suis convaincue que le problème, ce n'est pas toi ou moi, pas dans le sens où on rêve trop grand ou que nos projets sont irréalistes. Non, je pense que le problème, j'en suis convaincue, c'est la façon dont on nous a appris à se fixer ses objectifs. Alors on va commencer par le début déjà. Qu'est-ce qu'un objectif ? Je pense que la plupart d'entre nous confond souvent objectif et liste de course. Alors liste de course, ça va être liste d'objectifs ou liste de projets ou to-do list. En fait, on fait une liste de ce qu'on veut faire ou de ce qu'on pense qu'on devrait faire et on l'écrit. Donc faire du sport, manger mieux, prendre du temps pour moi, je ne vais pas te refaire la liste. Alors ça part d'une bonne intention, mais clairement ce ne sont pas des objectifs. Ce sont des intentions, des envies, des rêves, on peut appeler ça comme on veut, mais sans plan clair et précis, sans intention détaillée. Ça ne sera jamais un objectif, ça va rester une to-do list qui sera déprimante en fait. Elle t'a motivé 5 minutes et elle va te déprimer toute l'année. La différence entre une intention et un objectif, elle est concrète. Une intention, c'est je veux faire du sport. Un objectif, c'est par exemple, je vais marcher 20 minutes le mardi matin avant d'allumer mon ordinateur. Tu vois la différence ? L'objectif, c'est une action. précise, un moment précis, un contexte précis. Tu sais exactement où tu veux arriver, comment tu veux y arriver, quand tu veux y arriver. L'intention, elle, elle reste floue. Et le flou, c'est l'ennemi de l'action. Alors quand c'est flou, vague, mal défini, ton cerveau, il sait pas par où commencer. Alors, il commence pas. Et toi, tu te dis que tu manques de motivation. Alors que le vrai problème, c'est que tu t'es fixé quelque chose qui est impossible à concrétiser. Le deuxième piège, je l'ai vécu personnellement et je ne dois pas être la seule, on se fixe des objectifs qui correspondent à la vie qu'on voudrait avoir sans tenir compte de la vie qu'on a vraiment. Par exemple, si quelqu'un se dit je vais me lever à 6h30 pour faire du yoga avant que les enfants se réveillent, sauf que tu n'es pas du matin, sauf que tu as l'habitude de te coucher à minuit parce que c'est le seul moment de calme de ta journée, sauf que quand on réveille sonne à 6h30, « Ton corps, ça ne va pas être possible en fait. » Donc voilà, ce n'est pas de la faiblesse, c'est juste que l'objectif n'était pas adapté à ta vie. On s'inspire souvent de ce qu'on voit autour de nous. Les podcasts de productivité qui parlent de routine à 5h du mat pour bien démarrer la journée. Les comptes Instagram qui te montrent des plannings au millimètre. Les livres de développement personnel qui promettent une transformation en 30 jours. Et on essaie de copier-coller ces modèles dans notre vie. Sauf que notre vie à nous, c'est notre vie, elle est forcément différente. Elle a ses contraintes, elle a ses rythmes, elle a ses imprévus. Donc un objectif qui ne tient pas compte de ta vie réelle, il est forcément condamné. avant même de commencer. Alors attention, la routine à 5h du mat, si tu es matinal et que de toute façon à 7h là tu es réveillé, ok, vas-y, fonce ! Mais si le matin avant 7h, il ne faut pas te parler, et qu'à 8h tu dois être au boulot, clairement ce n'est pas pour toi, et c'est ok. Mais il faut en être conscient. Et s'il y a quelque chose d'encore plus sournois dans tout ça, c'est qu'on se fixe souvent des objectifs pour les autres et pas pour soi. Je veux perdre du poids, ok. Mais pour qui ? Est-ce que c'est vraiment pour toi ? Ou est-ce que c'est parce que quelqu'un t'a fait une remarque ? Ou parce que la société te dit que tu devrais perdre du poids ? Je veux être plus organisé, c'est pareil. Est-ce que tu en as vraiment besoin ? Ou est-ce que tu te compares à quelqu'un qui semble avoir tout ce contrôle, dont tu penses qu'il fait deux fois plus de choses que toi, etc. Un objectif qui ne vient pas de toi, de ce que tu veux vraiment, il ne tient jamais longtemps. Parce que la motivation externe, elle s'épuise. Alors que la motivation interne, elle, non seulement elle dure, mais elle te nourrit. Et c'est ça qui fait aussi que ça va t'aider à la faire durer. Et dis-toi une chose, quand tu veux faire quelque chose en te comparant à quelqu'un d'autre, tu ne connais pas cette personne, tu ne connais pas sa vie. Donc tu te compares souvent avec quelqu'un ou quelque chose qui n'est pas comparable. Et du coup, tu te dévalorises. Le troisième piège, particulièrement cruel, on se fixe des objectifs en mode tout ou rien. Alors soit je fais du sport trois fois par semaine, soit je laisse tomber, soit je mange sainement toute la semaine, sept jours sur sept, soit je me gagne un freusant retenu, soit je médite tous les matins, soit ça ne compte pas, alors autant ne pas commencer. Et le jour où tu rates, parce que clairement tu vas rater, tout le monde rate quand l'objectif à atteindre est lunaire. Eh ben, tu ne te dis pas, j'ai raté une fois, je reprends demain. Ah non, non, tu te dis, ben, j'ai encore raté, de toute façon, je suis comme ça, c'est tout moi, je suis nulle, j'arrive jamais à rien. Et tu abandonnes. Cette façon de penser, elle a un nom dans la recherche en psychologie comportementale. Elle s'appelle l'effet foutu pour foutu. En anglais, c'est le what the hell effect. Fait que je te le dis parce que je trouve ça trop beau. What the hell effect. Et donc ça veut dire que si tu as craqué sur le gâteau au chocolat, tu te dis « Allez, foutu pour foutu, autant finir la boîte » . Pareil, tu n'as pas fait de sport ce lundi, tu te dis « Allez, foutu pour foutu, autant ne pas y retourner de la semaine » . Et le problème, ce n'est pas le gâteau ou le sport. Le problème, c'est la façon dont tu les interprètes. Une semaine ratée n'efface pas les trois semaines réussies. Un jour sans sport n'annule pas les six jours précédents où tu as fait du sport. L'imperfection, ça fait partie du processus et ce n'est pas du tout la preuve que tu as échoué. On tombe, on se relève et on avance. Alors, on a vu trois pièges qui expliquent en grande partie pourquoi ça ne fonctionne pas quand tu fais ta liste de souhaits en janvier ou en septembre. Maintenant, parlons de ce qu'on peut faire autrement. Alors, je te préviens, ce n'est pas révolutionnaire, ce n'est pas une méthode magique en dix étapes, mais c'est juste du bon sens. que malheureusement on oublie souvent. Premièrement, réduire drastiquement le nombre d'objectifs. Si tu as une liste de 12 objectifs pour les 3 prochains mois ou même les 6 prochains mois, tu en as 11 de trop, clairement. Le cerveau humain ne peut pas maintenir l'effort sur 12 fronts simultanément. Ce n'est pas une question d'être limité, c'est juste qu'il est humain en fait. Donc choisis un seul objectif, 3 grands maximums. Et choisis l'objectif qui, si tu y arrives, va vraiment changer quelque chose dans ta vie. Pas celui que tu devrais avoir parce que machin truc ou ton patron a dit que. Non, celui que toi tu veux vraiment. Deuxièmement, rendre l'objectif tellement petit qu'il devient ridicule de ne pas le faire. Alors ça paraît contre-intuitif, mais c'est redoutablement efficace. Tu veux lire davantage ? ne te fixes pas que mon objectif de lire un livre par mois fixes toi de lire deux pages par soir ou même une page par soir une ou deux pages c'est rien ça prend quelques minutes Mais 5 minutes tous les soirs, ça fait 1825 minutes par an. Tu vois, à partir d'un simple objectif de 2 pages par soir, tu arrives à faire de grandes choses. Je ne sais pas si tu commences à voir où je veux en venir. L'idée, c'est de créer une habitude d'abord, de préférence très courte, voire ridiculement courte, et d'augmenter petit à petit ensuite. Parce qu'en fait, une fois que l'habitude est là, l'augmenter, c'est facile. Par contre, si l'habitude n'existe pas... aucun objectif ambitieux ne tient à un moment. Dans 95% des cas, tu lâches. Troisièmement, décider à l'avance ce que tu vas faire quand tu vas rater. Alors, je ne te dis pas que tu es nul, que tu vas forcément rater à cause de ça, non. Mais oui, tu vas forcément rater, c'est certain. Mais parce que le cerveau est un gros paresseux. Donc si tu lui laisses le choix, clairement, il va t'encourager à rester chez toi devant une série. plutôt qu'à aller suer à la salle. Donc la question que tu dois te poser, ce n'est pas est-ce que je vais rater. La bonne question, c'est qu'est-ce que je fais quand ça arrive. Parce que tu vas forcément rater un cours de sport, parce qu'un soir tu n'auras pas envie, ou parce que tu as eu un empêchement. Tu vas forcément manger une part de gâteau d'anniversaire, quand tu iras chez ta talusette pour éviter qu'elle boude. Mais par contre, si tu as décidé à l'avance que tu t'es dit, allez, si je rate un jour, ce n'est pas grave. Je reprends le lendemain. Alors le raté, ce n'est pas un abandon. Ça devient juste un raté, en fait. Un événement complètement normal dans une vie humaine. Et c'est une des choses que j'essaie de faire avec l'agenda, en fait. C'est de prévoir de l'espace pour les semaines imparfaites. Pas pour des semaines idéales, parce que les semaines idéales, je ne pense pas que ça existe. Et c'est aussi ce qui met un petit peu de piment. En tout cas, pour prévoir les semaines imparfaites. Quatrièmement, Revoir ta définition du succès. Je suis sûre et certaine que si tu t'es fixé un objectif et que tu n'en as fait que la moitié ou les trois quarts, une fois de plus j'entends la petite musique, tu es nul, tu n'y es pas arrivé, ce n'est pas bien. Sauf qu'un objectif atteint 70%, est-ce que c'est vraiment un échec ou est-ce que c'est un succès ? La plupart d'entre nous vont répondre échec parce qu'on n'a pas atteint 100%. certes, mais 70% de quelque chose, excuse-moi, c'est quand même mieux que zéro. Si tu as marché deux fois par semaine au lieu de trois, tu as quand même marché deux fois par semaine. Si tu as décidé de ranger toutes les pièces de ta maison en une journée et qu'au final, le soir, tu es épuisé, tu n'as fait que, entre guillemets, la cuisine, la salle de bain et le bureau, est-ce qu'on peut vraiment dire que c'est un échec ? Non. Parce que tu as quand même trois pièces que tu as entièrement clinées, donc c'est quand même une victoire. Alors, ce n'est pas la réalisation de l'objectif, mais il faut que tu apprennes à célébrer le progrès plutôt qu'à pleurer la perfection. En fait, ça change complètement la façon dont tu perçois tes réussites et dont tu abordes tes objectifs. Alors, avant de terminer cet épisode, je voudrais te laisser avec une chose concrète à faire. Pas une liste, une seule chose. Pense à un objectif que tu t'es fixé, soit là maintenant en septembre, soit en janvier, et que tu as abandonné. Juste un, un seul. Et pose-toi la question, honnêtement, pourquoi est-ce que cet objectif n'a pas tenu ? Alors demande-toi, est-ce que cet objectif était vraiment le tien ? Parce que c'est vraiment toi qui voulais te fixer cet objectif. Est-ce que cet objectif était adapté à ta vie réelle ? Est-ce que cet objectif était trop grand, trop flou ou trop ambitieux d'un coup ? Et est-ce qu'un seul raté a tout fait s'effondrer ? Voilà, essaie de répondre objectivement, honnêtement à ces questions. Je le répète, pas pour te culpabiliser, pas pour te juger. Ça, je suis certaine que tu t'en es déjà très bien chargée à de nombreuses reprises. Non, l'idée, c'est de comprendre. Parce qu'un objectif qu'on comprend, on peut le mettre en place étape après étape. Et un objectif bien pensé, il a une vraie chance de tenir. Alors n'hésite pas à me dire en commentaire ton objectif, pourquoi il n'a pas tenu et quelles sont tes réponses à ces petites questions. Et si cet épisode t'a parlé, partage-le à quelqu'un qui abandonne régulièrement ses objectifs et qui sera sûrement très content d'entendre tous ses conseils déculpabilisants. Et la semaine prochaine, on parlera de quelque chose que toutes les femmes que je connais sabotent régulièrement sans s'en rendre compte. C'est le petit moment pour soi dans la semaine. Pour celles qui ont l'agenda, c'est la case « Juste pour moi » qui est présente chaque semaine. Et on verra pourquoi elle est toujours la première à sauter et comment la rendre non négociable sans culpabiliser. Merci d'avoir écouté cet épisode de « Moi d'abord » . Si ce qu'on s'est dit aujourd'hui t'a parlé, laisse une note ou un commentaire et partage l'épisode. Ça permet de faire découvrir le podcast à d'autres personnes qui pourraient en avoir besoin. Et abonne-toi pour ne pas manquer les prochains épisodes. On se retrouve la semaine prochaine et d'ici là, n'oublie pas de penser à toi.