Speaker #0Tu gères le travail, la maison, la famille, les rendez-vous, il y en a tellement ! Et quelque part dans tout ça, tu as fini par t'oublier sur ta propre liste. Je m'appelle Valériane, et moi d'abord c'est le podcast que j'ai créé pour toi. Ici, pas de méthode miracle, pas de liste de choses à faire en plus. Juste un épisode par semaine. court et concret qui part de ce que tu vis vraiment. Parce que mieux s'organiser, ce n'est pas en faire plus. C'est alléger ta charge mentale et faire de la place à ce qui compte vraiment, à commencer par toi. C'est parti pour l'épisode du jour. Je vais te poser une question. Ce matin, avant même de te lever, ou peut-être juste après en buvant ton thé ou ton café, est-ce que tu as pensé à tout ce que tu avais à faire aujourd'hui ? Je parie que oui. La réunion de 9h, les mails en attente, le dossier à finir, les courses, les rendez-vous à ne pas oublier, le truc que tu as promis de faire et que tu n'as pas encore fait, et l'autre truc et encore l'autre. Bref, ta tête tourne déjà à plein régime et la journée n'a même pas vraiment commencé. Il y a quelque chose d'impressionnant là-dedans. La capacité qu'on a à gérer une quantité astronomique de choses simultanément, à tout retenir, à tout organiser, à ne rien oublier. Et c'est une vraie force. Sauf que cette force, elle a un coût. Et aujourd'hui, on va parler de ce coût. Les to-do list, on adore ça. Un carnet, une appli, un post-it, le dos d'une enveloppe. Peu importe le support, on note frénétiquement tout ce à quoi il faut que nous pensions. Et c'est bien de noter, ça libère de l'espace mental, ça évite d'oublier, ça structure la journée. Je suis complètement d'accord. Et je ne suis pas là pour te dire que les to-do listes sont mauvaises. Moi aussi je les aime. Mais je voudrais qu'on regarde ensemble ce qui se passe vraiment quand on fait des listes. Parce que la to-do liste parfaite, dans la tête de la plupart d'entre nous, ça ressemble à ça. 10, 15, parfois 20 tâches. Des grosses, des petites, des urgentes, des importantes. Des « il faudrait que je fasse ça un jour » , tout est mélangé. Mais quand tu regardes cette liste ou ces listes, comment tu te sens vraiment ? Motivé peut-être ? Mais si tu es honnête avec toi-même, ta to-do liste, elle est écrasante, non ? Tu te sens également découragé avant même d'avoir commencé. Parce qu'une liste de 20 tâches, ce n'est pas un outil d'organisation. C'est une source de stress déguisée en outil d'organisation. Pour moi, la to-do list a un problème fondamental, c'est qu'elle grossit beaucoup plus vite qu'elle ne rétrécit. Tu coches trois trucs, quatre nouveaux arrivent. C'est comme les mails. Tu finis ta journée avec plus de choses sur ta liste qu'au matin. Et tu te demandes pourquoi tu te sens épuisé alors que tu as travaillé toute la journée. Je suis sûre que là tu souris parce que c'est exactement ce que tu vis. Sache que l'épuisement ne vient pas uniquement de ce que tu as fait, il vient aussi... et même surtout de tout ce que tu n'as pas fait et que tu continues de porter. Parce que c'est rageant, frustrant, démoralisant. Mais il y a une chose que ta to-do liste ne te dit jamais. C'est l'énergie que chaque tâche va te coûter. Envoyer un simple mail et gérer un conflit avec un collègue, ce sont deux tâches. Faire les courses et annoncer une mauvaise nouvelle à quelqu'un, ce sont deux tâches. Préparer un dossier rapide et préparer une présentation pour un comité de direction, ce sont également deux tâches. Tu vois où je veux en venir. Sur ta to-do list, elles ont le même poids, une ligne ou deux, mais dans ta tête et dans ton corps, elles n'ont absolument pas du tout le même poids. Certaines tâches vont te prendre quelques instants, d'autres vont te prendre des heures. Et pourtant, on gère souvent nos journées comme si toutes les tâches se valaient. On prend une tâche après l'autre sans réaliser. Comme si on avait un réservoir d'énergie infini dans lequel on pouvait puiser à volonté du matin au soir. Bon, j'avoue, j'adore rien, mais clairement, ce n'est pas le cas. Eh bien, parce qu'on n'est pas des machines, tout simplement, on est des humains, avec une énergie qui fluctue, qui monte, qui descend, et qui dépend de ce qu'on a mangé, de comment on a dormi, de ce qu'on vient de vivre émotionnellement. Et quand on ignore complètement ça dans notre organisation, on finit par se retrouver complètement vide. Pas par paresse, ni par incompétence ou par manque de motivation, mais parce qu'on a tout donné sans jamais planifier ni se recharger. Et il y a encore autre chose que la to-do list ne te montre pas. La charge invisible. La to-do list, c'est ce que tu vois, ce que tu peux nommer. Mais il y a tout ce qui tourne en arrière-plan et que tu ne notes jamais parce que pour toi, ce n'est pas vraiment une tâche. Penser au cadeau d'anniversaire de ta belle-mère dans trois semaines, te souvenir que ton fils a besoin de nouvelles chaussures, garder en tête le contrat avec ce fournisseur qui expire bientôt, anticiper la réaction de ton chef, savoir ce qu'il reste dans le frigo, tout ça ne s'écrit pas. Et pourtant, tout ça tourne en... permanence dans ta tête. Et ça consomme de l'énergie, beaucoup d'énergie, même quand tu fais autre chose. Et c'est ce qu'on appelle la charge mentale. Et elle est épuisante non pas parce que chaque pensée est lourde, mais parce qu'elles sont incessantes. Alors revenons à la question de cet épisode. Ta to-do list est pleine, toi tu es vide, est-ce que c'est lié ? Et la réponse est oui, profondément, mais pas forcément de la façon dont on le croit. On pense souvent que l'épuisement vient du volume de choses à faire, trop de travail, trop de responsabilités, trop de tout. Et c'est vrai en partie. Mais l'épuisement vient aussi, et c'est là que ça devient intéressant, de la façon dont on gère ce volume. Quand un to-do list n'a pas de fin visible, ton cerveau ne peut jamais se dire « c'est bon, j'ai fini » . Il reste en alerte, en permanence, parce qu'il sait qu'il reste des choses. Et un cerveau en alerte permanente Ça ne récupère pas vraiment, même la nuit, même le week-end. Tu connais ce sentiment de te réveiller fatigué après une nuit complète ? Tu t'es couché tôt, t'as bien dormi, et pourtant tu te réveilles presque plus fatigué que lorsque tu t'es couché. Il y a des recherches assez fascinantes là-dessus, notamment les travaux sur ce qu'on appelle l'effet Zeigarnik. En gros, notre cerveau a une tendance naturelle à ruminer les tâches inachevées. Il les garde en mémoire active. Pour te donner un exemple, c'est comme des onglets ouverts sur un ordinateur. Trop d'onglets ouverts, l'ordinateur ralentit. Eh bien, c'est pareil pour toi. Trop de tâches non terminées en tête, ton cerveau ralentit et tu t'épuises. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est de la neurologie. Bon, on a vu le problème. Maintenant, voyons ce qu'on peut faire autrement. Je vais te proposer quelque chose qui va peut-être te sembler trop simple. Mais les choses vraiment efficaces sont souvent les plus simples. Première chose, vider ta tête complètement une fois par semaine. Pas ta to-do list, ta tête. Alors prends une feuille ou ton appli préférée et note absolument tout ce qui tourne dans ta tête. Les tâches, les inquiétudes, les trucs à ne pas oublier, les idées, les projets, les conversations que tu dois avoir. Tout, vraiment tout. Pas de tri, sans organiser, juste vider. Cette pratique s'appelle le brain dump, c'est-à-dire le vidage de cerveau. C'est probablement l'outil le plus sous-estimé de l'organisation. Parce qu'une fois que c'est sur papier, ton cerveau peut lâcher. Il n'a plus besoin de maintenir tout ça en mémoire active, puisqu'il sait qu'il a désormais un endroit où les retrouver, et toi, tu peux enfin souffler. Deuxième chose, réduire ta liste quotidienne à trois tâches prioritaires. Trois, pas dix. Si tu as déjà mon agenda, tu le sais, c'est noté, trois tâches. Trois tâches pour lesquelles tu te diras que si tu les fais, ta journée a été utile. Le reste n'est pas supprimé, il est d'ailleurs sur une liste de fond. Mais au quotidien, tu travailles avec une liste restreinte. Une liste qui va avoir une fin que tu pourras entièrement barrer et même jeter à la poubelle à la fin de la journée. Ça te fait rêver, hein ? Ça change quelque chose d'important psychologiquement. Quand tu coches les trois tâches, tu as réussi ta journée. Terminé les « bon, j'ai quand même fait des trucs même si je n'ai pas fini » que tu te dis en fin de journée pour ne pas être trop, trop démoralisé. Et ça change l'énergie avec laquelle tu abordes la suite et ça change aussi beaucoup la perception que tu as de toi-même. Troisième chose, intégrer l'énergie dans ton planning et pas seulement le temps. Et c'est peut-être la chose la plus contre-intuitive des trois. Parce qu'en général, on planifie en fonction du temps disponible. J'ai une heure de libre, je vais en profiter pour faire ce dossier. Mais peut-être que cette heure-là n'est pas une période de ta journée propice à la réflexion intense et tu vas galérer, ton dossier sera moyen et tu vas finir encore plus fatigué et déçu de toi. Commencez à se poser la question « quand suis-je à mon maximum d'énergie ? » et planifiez les tâches exigeantes à ces moments-là, ça change tout. Les tâches légères pour les moments creux, les tâches importantes pour les moments de pique, pas en fonction de quand elles s'invitent dans ton agenda, en fonction de toi et de ton rythme. Et c'est exactement pour ça que dans l'agenda, j'ai créé des espaces qui permettent de réfléchir non seulement à ce qu'on a à faire, mais à comment on se sent pour le faire, à quel moment de sa journée. Parce que s'organiser sans tenir compte de son énergie, c'est s'organiser à moitié et c'est prendre le risque de s'épuiser sans pour autant arriver à faire tout ce qu'on voulait faire. Avant de terminer, je t'invite à prendre 10 minutes, pas plus, pour faire un brain dump complet. Sors tout ce qui est dans ta tête et note tout, sans juger, sans trier, sans organiser. Juste vide ton cerveau et observe comment tu te sens après. La plupart des personnes qui font ça pour la première fois disent la même chose, elles se sentent plus légères. Pas parce que les choses ont disparu, elles sont toujours là sur ta liste, mais parce qu'elles ne sont plus obligées de tout porter dans leur tête en même temps. Et parfois, juste se sentir un peu plus léger C'est déjà énorme. Alors fais ce brain dump et n'hésite pas à venir me dire ce que ça a provoqué chez toi. Dans le prochain épisode, on va parler de quelque chose que je trouve particulièrement intéressant, la procrastination. Ce truc qu'on prend pour de la paresse alors que ce n'est presque jamais de la paresse. Mais c'est quoi alors ? Et bien c'est justement ce qu'on verra ensemble. Merci d'avoir écouté cet épisode de Moi d'abord. Si ce qu'on s'est dit aujourd'hui t'a parlé, laisse une note ou un commentaire et partage l'épisode. Ça permet de faire découvrir le podcast à d'autres personnes qui pourraient en avoir besoin. Et abonne-toi pour ne pas manquer les prochains épisodes. On se retrouve la semaine prochaine. Et d'ici là, n'oublie pas de penser à toi.