Description
Quand le verdict est tombé, dans les pommes.
Bonne écoute et prends soin de toi, vraiment.
Je t'embrasse
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Quand le verdict est tombé, dans les pommes.
Bonne écoute et prends soin de toi, vraiment.
Je t'embrasse
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Oui, je suis là. Ausha. Je ne raccroche pas. Pierre Mouillé dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabouille. Et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots du quotidien. Épisode 4, complètement allumé. Je suis restée dix, vingt ou même trente minutes devant la lampe à moitié à poil. Je sais pas vraiment. J'avais froid jusque dans mes os. J'étais glacée, terrifiée. Je voulais me laver de cette journée et je me disais que peut-être qu'en frottant assez fort, toute cette crasse allait partir. Je voulais rester sous la douche éternellement et plus sortir de cette salle de bain. Jamais. Il faisait tellement sombre dans ma tête que j'avais allumé cette lampe. C'est une lampe de luminothérapie. Ça veut dire que c'est une lampe qui fait du bien, qui a été fabriquée pour ça. C'est sa mission. Comme ma psy, elle a été fabriquée pour me guérir. C'est sa mission à elle. Une dépression. Voilà. C'est ce qu'elle m'a dit aujourd'hui. En tout cas, c'est ce que j'ai retenu de l'heure qu'on a passé ensemble. C'est ce que j'ai fabriqué moi. Une dépression. et puis comme je fais souvent les choses bien rarement à moitié sauf quand je décide d'arrêter le chocolat celle-là La maladie est sévère. Je suis bonne élève dans la loose, avec des talents innés et des compétences incroyables pour chuter. Ça veut dire que s'il y avait un classement de l'équipe des dépressions, elle serait sur le podium, mais je n'ai pas du tout envie de célébrer cette victoire. J'étais là, assise sur son canapé en cuir. Enfin, le cuir moitié posé parce que je déteste les canapés en cuir, je les trouve sans noix. Ils sont froids en hiver et chauds et collants en été. Alors qu'on a l'impression qu'ils sont confortables et accueillants, non. Ils sont sévèrement tout l'inverse de ce qu'ils montrent. Tu crois que tu vas te sentir bien, blottis dans leurs gros bras, mais non. Tu lisses ou tu restes collé, selon les saisons. C'est comme la dépression. Elle est soit saisonnière, soit locataire longue durée, avec un bail renouvelable, selon si tu fais bien tes travaux ou pas. Il y avait quand même des signes que le malaise que je ressentais de temps en temps. et qui venait taper à ma porte de plus en plus souvent et de plus en plus fort, se transformait en gros squatter. Au début, il avait toujours une bonne excuse pour passer, et puis le malaise n'a plus besoin de prétexte pour s'installer définitivement. Il est arrivé à pas feutrer, et m'a finalement jeté ses grosses abois à la gueule. C'est ma psy qui a poussé la grille rouillée et verrouillée de mon jardin intérieur, et qui m'a donc officiellement présenté, Alice. représente votre dépression. En plus, cette dépression-là, elle arrive avec toute une équipe. Tristesse, fatigue, dégoût, ennui, angoisse, solitude, peur. Tout ce beau monde prend place à table. Les pieds sous la table et se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent. Tout. Table rase. Pourtant, je croyais vraiment que je faisais tout bien comme il fallait. Je pensais vraiment que je me mettais de la lumière sur mes failles. Je prenais soin de prendre soin. J'ai vraiment tout fait. Mais en fait, j'ai étouffé. Et je savais même pas que je respirais plus, tellement j'étais habituée à me boucher le nez. Je savais pas que ça sentait autour la merde. Parce que, en fait, tu peux éclairer ton chemin, mais s'il y a des crevasses, c'est pas la lumière qui va réparer les trous. Mais là, je suis obligée de regarder la vérité en face, et de la prendre entre quatre murs. Même si je suis pas vraiment surprise, j'avais eu des prises de conscience. Je voyais bien que je pétais les plombs, que c'était pas hyper normal d'être dans le noir si souvent. mais je m'accrochais à des lumières artificielles. pour éclairer mes ombres. Et j'avais vraiment envie de débrancher cette prise qui me reliait à la maladie dont on tait le nom. Tu fous le feu aux poudres et crames tout ce qui reste de vivant. Ouais, il y avait de l'électricité dans l'air et moi, je me faisais électrocuter. J'ai comme une bombe dans le corps qui est active comme un compte à rebours à l'intérieur de moi. Et tous les fils sont mélangés. À tout moment, ça peut péter et c'est angoissant parce que je ne sais pas comment réparer tout ça. t'es pas formé pour, comme dans les films. où le héros doit trouver le bon fil. Le rouge, le bleu, non, le vert. Non, le bleu. Putain, tu sais pas, tu sais plus. Tu savais même pas qu'il fallait savoir. Et puis les autres. Tous les autres qui donnent leur avis sur le bon fil. Celui qu'il faut pour désamorcer cette bombe. Mais non, mais moi je te dis le bleu. Ça a marché pour la voisine de la mère de la cousine de ma femme au Canada. Je suis sûr, c'est le rouge. Je sais ce que je dis. Tire le verre, c'est évident, tout le monde le sait, c'est bien connu. Tout le monde a la réponse, mais c'est jamais la même et c'est jamais celle qui fonctionne. Toi t'es là, tu galères avec ton cœur sans pile. Toi tu sais pas faire, les branchements tout ça ça te dépasse, t'y connais rien et puis t'es fatigué, putain. Sans arrêt sous tension, avec ta tension basse et personne qui fait attention. Y'a plus de prise avec la réalité, c'est flou, c'est tout noir. Le courant est coupé. Et moi, j'étais pas au courant. Je ne savais pas qu'on pouvait s'ouvrir comme ça. Le verdict est tombé, sans appel, sans aucun doute possible. Je suis malade, je souffre de dépression. C'est dur, putain, je me sens conne, je me sens bête, je me sens faible, je me sens seule. J'ai pas envie que ça fasse partie de mon histoire, je veux pas être dépressive, je veux pas l'accueillir, je veux pas accepter, je veux que ma psy se trompe, je veux qu'elle pose un mauvais diagnostic. Je veux être l'exception qui confirme la règle. Je veux pas tout ce qui va arriver, je voulais pas en arriver là. Je t'en supplie. Dis-moi que c'est juste un coup de blouse, que ça va aller, que c'est normal de pleurer si fort et si longtemps, d'être fatiguée. J'ai peur, j'ai si peur, j'ai encore plus peur qu'avant. Je suis sonnée, non, c'est pas possible, pas moi, pas comme ça. Pas après tout ce que j'ai fait, pas après toutes ces années, la tête collée aux lampes de luminothérapie. Je veux juste qu'on rallume la lumière, et la lumière à tous les étages. Alors je fais quoi ? Je change l'ampoule ou je brûle un cierge ? Merci pour ton écoute et prends soin de toi. Amen.
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Quand le verdict est tombé, dans les pommes.
Bonne écoute et prends soin de toi, vraiment.
Je t'embrasse
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Oui, je suis là. Ausha. Je ne raccroche pas. Pierre Mouillé dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabouille. Et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots du quotidien. Épisode 4, complètement allumé. Je suis restée dix, vingt ou même trente minutes devant la lampe à moitié à poil. Je sais pas vraiment. J'avais froid jusque dans mes os. J'étais glacée, terrifiée. Je voulais me laver de cette journée et je me disais que peut-être qu'en frottant assez fort, toute cette crasse allait partir. Je voulais rester sous la douche éternellement et plus sortir de cette salle de bain. Jamais. Il faisait tellement sombre dans ma tête que j'avais allumé cette lampe. C'est une lampe de luminothérapie. Ça veut dire que c'est une lampe qui fait du bien, qui a été fabriquée pour ça. C'est sa mission. Comme ma psy, elle a été fabriquée pour me guérir. C'est sa mission à elle. Une dépression. Voilà. C'est ce qu'elle m'a dit aujourd'hui. En tout cas, c'est ce que j'ai retenu de l'heure qu'on a passé ensemble. C'est ce que j'ai fabriqué moi. Une dépression. et puis comme je fais souvent les choses bien rarement à moitié sauf quand je décide d'arrêter le chocolat celle-là La maladie est sévère. Je suis bonne élève dans la loose, avec des talents innés et des compétences incroyables pour chuter. Ça veut dire que s'il y avait un classement de l'équipe des dépressions, elle serait sur le podium, mais je n'ai pas du tout envie de célébrer cette victoire. J'étais là, assise sur son canapé en cuir. Enfin, le cuir moitié posé parce que je déteste les canapés en cuir, je les trouve sans noix. Ils sont froids en hiver et chauds et collants en été. Alors qu'on a l'impression qu'ils sont confortables et accueillants, non. Ils sont sévèrement tout l'inverse de ce qu'ils montrent. Tu crois que tu vas te sentir bien, blottis dans leurs gros bras, mais non. Tu lisses ou tu restes collé, selon les saisons. C'est comme la dépression. Elle est soit saisonnière, soit locataire longue durée, avec un bail renouvelable, selon si tu fais bien tes travaux ou pas. Il y avait quand même des signes que le malaise que je ressentais de temps en temps. et qui venait taper à ma porte de plus en plus souvent et de plus en plus fort, se transformait en gros squatter. Au début, il avait toujours une bonne excuse pour passer, et puis le malaise n'a plus besoin de prétexte pour s'installer définitivement. Il est arrivé à pas feutrer, et m'a finalement jeté ses grosses abois à la gueule. C'est ma psy qui a poussé la grille rouillée et verrouillée de mon jardin intérieur, et qui m'a donc officiellement présenté, Alice. représente votre dépression. En plus, cette dépression-là, elle arrive avec toute une équipe. Tristesse, fatigue, dégoût, ennui, angoisse, solitude, peur. Tout ce beau monde prend place à table. Les pieds sous la table et se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent. Tout. Table rase. Pourtant, je croyais vraiment que je faisais tout bien comme il fallait. Je pensais vraiment que je me mettais de la lumière sur mes failles. Je prenais soin de prendre soin. J'ai vraiment tout fait. Mais en fait, j'ai étouffé. Et je savais même pas que je respirais plus, tellement j'étais habituée à me boucher le nez. Je savais pas que ça sentait autour la merde. Parce que, en fait, tu peux éclairer ton chemin, mais s'il y a des crevasses, c'est pas la lumière qui va réparer les trous. Mais là, je suis obligée de regarder la vérité en face, et de la prendre entre quatre murs. Même si je suis pas vraiment surprise, j'avais eu des prises de conscience. Je voyais bien que je pétais les plombs, que c'était pas hyper normal d'être dans le noir si souvent. mais je m'accrochais à des lumières artificielles. pour éclairer mes ombres. Et j'avais vraiment envie de débrancher cette prise qui me reliait à la maladie dont on tait le nom. Tu fous le feu aux poudres et crames tout ce qui reste de vivant. Ouais, il y avait de l'électricité dans l'air et moi, je me faisais électrocuter. J'ai comme une bombe dans le corps qui est active comme un compte à rebours à l'intérieur de moi. Et tous les fils sont mélangés. À tout moment, ça peut péter et c'est angoissant parce que je ne sais pas comment réparer tout ça. t'es pas formé pour, comme dans les films. où le héros doit trouver le bon fil. Le rouge, le bleu, non, le vert. Non, le bleu. Putain, tu sais pas, tu sais plus. Tu savais même pas qu'il fallait savoir. Et puis les autres. Tous les autres qui donnent leur avis sur le bon fil. Celui qu'il faut pour désamorcer cette bombe. Mais non, mais moi je te dis le bleu. Ça a marché pour la voisine de la mère de la cousine de ma femme au Canada. Je suis sûr, c'est le rouge. Je sais ce que je dis. Tire le verre, c'est évident, tout le monde le sait, c'est bien connu. Tout le monde a la réponse, mais c'est jamais la même et c'est jamais celle qui fonctionne. Toi t'es là, tu galères avec ton cœur sans pile. Toi tu sais pas faire, les branchements tout ça ça te dépasse, t'y connais rien et puis t'es fatigué, putain. Sans arrêt sous tension, avec ta tension basse et personne qui fait attention. Y'a plus de prise avec la réalité, c'est flou, c'est tout noir. Le courant est coupé. Et moi, j'étais pas au courant. Je ne savais pas qu'on pouvait s'ouvrir comme ça. Le verdict est tombé, sans appel, sans aucun doute possible. Je suis malade, je souffre de dépression. C'est dur, putain, je me sens conne, je me sens bête, je me sens faible, je me sens seule. J'ai pas envie que ça fasse partie de mon histoire, je veux pas être dépressive, je veux pas l'accueillir, je veux pas accepter, je veux que ma psy se trompe, je veux qu'elle pose un mauvais diagnostic. Je veux être l'exception qui confirme la règle. Je veux pas tout ce qui va arriver, je voulais pas en arriver là. Je t'en supplie. Dis-moi que c'est juste un coup de blouse, que ça va aller, que c'est normal de pleurer si fort et si longtemps, d'être fatiguée. J'ai peur, j'ai si peur, j'ai encore plus peur qu'avant. Je suis sonnée, non, c'est pas possible, pas moi, pas comme ça. Pas après tout ce que j'ai fait, pas après toutes ces années, la tête collée aux lampes de luminothérapie. Je veux juste qu'on rallume la lumière, et la lumière à tous les étages. Alors je fais quoi ? Je change l'ampoule ou je brûle un cierge ? Merci pour ton écoute et prends soin de toi. Amen.
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Quand le verdict est tombé, dans les pommes.
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Oui, je suis là. Ausha. Je ne raccroche pas. Pierre Mouillé dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabouille. Et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots du quotidien. Épisode 4, complètement allumé. Je suis restée dix, vingt ou même trente minutes devant la lampe à moitié à poil. Je sais pas vraiment. J'avais froid jusque dans mes os. J'étais glacée, terrifiée. Je voulais me laver de cette journée et je me disais que peut-être qu'en frottant assez fort, toute cette crasse allait partir. Je voulais rester sous la douche éternellement et plus sortir de cette salle de bain. Jamais. Il faisait tellement sombre dans ma tête que j'avais allumé cette lampe. C'est une lampe de luminothérapie. Ça veut dire que c'est une lampe qui fait du bien, qui a été fabriquée pour ça. C'est sa mission. Comme ma psy, elle a été fabriquée pour me guérir. C'est sa mission à elle. Une dépression. Voilà. C'est ce qu'elle m'a dit aujourd'hui. En tout cas, c'est ce que j'ai retenu de l'heure qu'on a passé ensemble. C'est ce que j'ai fabriqué moi. Une dépression. et puis comme je fais souvent les choses bien rarement à moitié sauf quand je décide d'arrêter le chocolat celle-là La maladie est sévère. Je suis bonne élève dans la loose, avec des talents innés et des compétences incroyables pour chuter. Ça veut dire que s'il y avait un classement de l'équipe des dépressions, elle serait sur le podium, mais je n'ai pas du tout envie de célébrer cette victoire. J'étais là, assise sur son canapé en cuir. Enfin, le cuir moitié posé parce que je déteste les canapés en cuir, je les trouve sans noix. Ils sont froids en hiver et chauds et collants en été. Alors qu'on a l'impression qu'ils sont confortables et accueillants, non. Ils sont sévèrement tout l'inverse de ce qu'ils montrent. Tu crois que tu vas te sentir bien, blottis dans leurs gros bras, mais non. Tu lisses ou tu restes collé, selon les saisons. C'est comme la dépression. Elle est soit saisonnière, soit locataire longue durée, avec un bail renouvelable, selon si tu fais bien tes travaux ou pas. Il y avait quand même des signes que le malaise que je ressentais de temps en temps. et qui venait taper à ma porte de plus en plus souvent et de plus en plus fort, se transformait en gros squatter. Au début, il avait toujours une bonne excuse pour passer, et puis le malaise n'a plus besoin de prétexte pour s'installer définitivement. Il est arrivé à pas feutrer, et m'a finalement jeté ses grosses abois à la gueule. C'est ma psy qui a poussé la grille rouillée et verrouillée de mon jardin intérieur, et qui m'a donc officiellement présenté, Alice. représente votre dépression. En plus, cette dépression-là, elle arrive avec toute une équipe. Tristesse, fatigue, dégoût, ennui, angoisse, solitude, peur. Tout ce beau monde prend place à table. Les pieds sous la table et se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent. Tout. Table rase. Pourtant, je croyais vraiment que je faisais tout bien comme il fallait. Je pensais vraiment que je me mettais de la lumière sur mes failles. Je prenais soin de prendre soin. J'ai vraiment tout fait. Mais en fait, j'ai étouffé. Et je savais même pas que je respirais plus, tellement j'étais habituée à me boucher le nez. Je savais pas que ça sentait autour la merde. Parce que, en fait, tu peux éclairer ton chemin, mais s'il y a des crevasses, c'est pas la lumière qui va réparer les trous. Mais là, je suis obligée de regarder la vérité en face, et de la prendre entre quatre murs. Même si je suis pas vraiment surprise, j'avais eu des prises de conscience. Je voyais bien que je pétais les plombs, que c'était pas hyper normal d'être dans le noir si souvent. mais je m'accrochais à des lumières artificielles. pour éclairer mes ombres. Et j'avais vraiment envie de débrancher cette prise qui me reliait à la maladie dont on tait le nom. Tu fous le feu aux poudres et crames tout ce qui reste de vivant. Ouais, il y avait de l'électricité dans l'air et moi, je me faisais électrocuter. J'ai comme une bombe dans le corps qui est active comme un compte à rebours à l'intérieur de moi. Et tous les fils sont mélangés. À tout moment, ça peut péter et c'est angoissant parce que je ne sais pas comment réparer tout ça. t'es pas formé pour, comme dans les films. où le héros doit trouver le bon fil. Le rouge, le bleu, non, le vert. Non, le bleu. Putain, tu sais pas, tu sais plus. Tu savais même pas qu'il fallait savoir. Et puis les autres. Tous les autres qui donnent leur avis sur le bon fil. Celui qu'il faut pour désamorcer cette bombe. Mais non, mais moi je te dis le bleu. Ça a marché pour la voisine de la mère de la cousine de ma femme au Canada. Je suis sûr, c'est le rouge. Je sais ce que je dis. Tire le verre, c'est évident, tout le monde le sait, c'est bien connu. Tout le monde a la réponse, mais c'est jamais la même et c'est jamais celle qui fonctionne. Toi t'es là, tu galères avec ton cœur sans pile. Toi tu sais pas faire, les branchements tout ça ça te dépasse, t'y connais rien et puis t'es fatigué, putain. Sans arrêt sous tension, avec ta tension basse et personne qui fait attention. Y'a plus de prise avec la réalité, c'est flou, c'est tout noir. Le courant est coupé. Et moi, j'étais pas au courant. Je ne savais pas qu'on pouvait s'ouvrir comme ça. Le verdict est tombé, sans appel, sans aucun doute possible. Je suis malade, je souffre de dépression. C'est dur, putain, je me sens conne, je me sens bête, je me sens faible, je me sens seule. J'ai pas envie que ça fasse partie de mon histoire, je veux pas être dépressive, je veux pas l'accueillir, je veux pas accepter, je veux que ma psy se trompe, je veux qu'elle pose un mauvais diagnostic. Je veux être l'exception qui confirme la règle. Je veux pas tout ce qui va arriver, je voulais pas en arriver là. Je t'en supplie. Dis-moi que c'est juste un coup de blouse, que ça va aller, que c'est normal de pleurer si fort et si longtemps, d'être fatiguée. J'ai peur, j'ai si peur, j'ai encore plus peur qu'avant. Je suis sonnée, non, c'est pas possible, pas moi, pas comme ça. Pas après tout ce que j'ai fait, pas après toutes ces années, la tête collée aux lampes de luminothérapie. Je veux juste qu'on rallume la lumière, et la lumière à tous les étages. Alors je fais quoi ? Je change l'ampoule ou je brûle un cierge ? Merci pour ton écoute et prends soin de toi. Amen.
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Quand le verdict est tombé, dans les pommes.
Bonne écoute et prends soin de toi, vraiment.
Je t'embrasse
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Oui, je suis là. Ausha. Je ne raccroche pas. Pierre Mouillé dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabouille. Et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots du quotidien. Épisode 4, complètement allumé. Je suis restée dix, vingt ou même trente minutes devant la lampe à moitié à poil. Je sais pas vraiment. J'avais froid jusque dans mes os. J'étais glacée, terrifiée. Je voulais me laver de cette journée et je me disais que peut-être qu'en frottant assez fort, toute cette crasse allait partir. Je voulais rester sous la douche éternellement et plus sortir de cette salle de bain. Jamais. Il faisait tellement sombre dans ma tête que j'avais allumé cette lampe. C'est une lampe de luminothérapie. Ça veut dire que c'est une lampe qui fait du bien, qui a été fabriquée pour ça. C'est sa mission. Comme ma psy, elle a été fabriquée pour me guérir. C'est sa mission à elle. Une dépression. Voilà. C'est ce qu'elle m'a dit aujourd'hui. En tout cas, c'est ce que j'ai retenu de l'heure qu'on a passé ensemble. C'est ce que j'ai fabriqué moi. Une dépression. et puis comme je fais souvent les choses bien rarement à moitié sauf quand je décide d'arrêter le chocolat celle-là La maladie est sévère. Je suis bonne élève dans la loose, avec des talents innés et des compétences incroyables pour chuter. Ça veut dire que s'il y avait un classement de l'équipe des dépressions, elle serait sur le podium, mais je n'ai pas du tout envie de célébrer cette victoire. J'étais là, assise sur son canapé en cuir. Enfin, le cuir moitié posé parce que je déteste les canapés en cuir, je les trouve sans noix. Ils sont froids en hiver et chauds et collants en été. Alors qu'on a l'impression qu'ils sont confortables et accueillants, non. Ils sont sévèrement tout l'inverse de ce qu'ils montrent. Tu crois que tu vas te sentir bien, blottis dans leurs gros bras, mais non. Tu lisses ou tu restes collé, selon les saisons. C'est comme la dépression. Elle est soit saisonnière, soit locataire longue durée, avec un bail renouvelable, selon si tu fais bien tes travaux ou pas. Il y avait quand même des signes que le malaise que je ressentais de temps en temps. et qui venait taper à ma porte de plus en plus souvent et de plus en plus fort, se transformait en gros squatter. Au début, il avait toujours une bonne excuse pour passer, et puis le malaise n'a plus besoin de prétexte pour s'installer définitivement. Il est arrivé à pas feutrer, et m'a finalement jeté ses grosses abois à la gueule. C'est ma psy qui a poussé la grille rouillée et verrouillée de mon jardin intérieur, et qui m'a donc officiellement présenté, Alice. représente votre dépression. En plus, cette dépression-là, elle arrive avec toute une équipe. Tristesse, fatigue, dégoût, ennui, angoisse, solitude, peur. Tout ce beau monde prend place à table. Les pieds sous la table et se nourrissent de tout ce qu'ils trouvent. Tout. Table rase. Pourtant, je croyais vraiment que je faisais tout bien comme il fallait. Je pensais vraiment que je me mettais de la lumière sur mes failles. Je prenais soin de prendre soin. J'ai vraiment tout fait. Mais en fait, j'ai étouffé. Et je savais même pas que je respirais plus, tellement j'étais habituée à me boucher le nez. Je savais pas que ça sentait autour la merde. Parce que, en fait, tu peux éclairer ton chemin, mais s'il y a des crevasses, c'est pas la lumière qui va réparer les trous. Mais là, je suis obligée de regarder la vérité en face, et de la prendre entre quatre murs. Même si je suis pas vraiment surprise, j'avais eu des prises de conscience. Je voyais bien que je pétais les plombs, que c'était pas hyper normal d'être dans le noir si souvent. mais je m'accrochais à des lumières artificielles. pour éclairer mes ombres. Et j'avais vraiment envie de débrancher cette prise qui me reliait à la maladie dont on tait le nom. Tu fous le feu aux poudres et crames tout ce qui reste de vivant. Ouais, il y avait de l'électricité dans l'air et moi, je me faisais électrocuter. J'ai comme une bombe dans le corps qui est active comme un compte à rebours à l'intérieur de moi. Et tous les fils sont mélangés. À tout moment, ça peut péter et c'est angoissant parce que je ne sais pas comment réparer tout ça. t'es pas formé pour, comme dans les films. où le héros doit trouver le bon fil. Le rouge, le bleu, non, le vert. Non, le bleu. Putain, tu sais pas, tu sais plus. Tu savais même pas qu'il fallait savoir. Et puis les autres. Tous les autres qui donnent leur avis sur le bon fil. Celui qu'il faut pour désamorcer cette bombe. Mais non, mais moi je te dis le bleu. Ça a marché pour la voisine de la mère de la cousine de ma femme au Canada. Je suis sûr, c'est le rouge. Je sais ce que je dis. Tire le verre, c'est évident, tout le monde le sait, c'est bien connu. Tout le monde a la réponse, mais c'est jamais la même et c'est jamais celle qui fonctionne. Toi t'es là, tu galères avec ton cœur sans pile. Toi tu sais pas faire, les branchements tout ça ça te dépasse, t'y connais rien et puis t'es fatigué, putain. Sans arrêt sous tension, avec ta tension basse et personne qui fait attention. Y'a plus de prise avec la réalité, c'est flou, c'est tout noir. Le courant est coupé. Et moi, j'étais pas au courant. Je ne savais pas qu'on pouvait s'ouvrir comme ça. Le verdict est tombé, sans appel, sans aucun doute possible. Je suis malade, je souffre de dépression. C'est dur, putain, je me sens conne, je me sens bête, je me sens faible, je me sens seule. J'ai pas envie que ça fasse partie de mon histoire, je veux pas être dépressive, je veux pas l'accueillir, je veux pas accepter, je veux que ma psy se trompe, je veux qu'elle pose un mauvais diagnostic. Je veux être l'exception qui confirme la règle. Je veux pas tout ce qui va arriver, je voulais pas en arriver là. Je t'en supplie. Dis-moi que c'est juste un coup de blouse, que ça va aller, que c'est normal de pleurer si fort et si longtemps, d'être fatiguée. J'ai peur, j'ai si peur, j'ai encore plus peur qu'avant. Je suis sonnée, non, c'est pas possible, pas moi, pas comme ça. Pas après tout ce que j'ai fait, pas après toutes ces années, la tête collée aux lampes de luminothérapie. Je veux juste qu'on rallume la lumière, et la lumière à tous les étages. Alors je fais quoi ? Je change l'ampoule ou je brûle un cierge ? Merci pour ton écoute et prends soin de toi. Amen.
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