Description
Savoir rire, c'est tout un travail en soi.
Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.
Un épisode produit par Vas-y parle.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Savoir rire, c'est tout un travail en soi.
Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.
Un épisode produit par Vas-y parle.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Allô ? Oui, je suis là. Accroche toi, Je raccroche pas. Bien, on est dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabou, et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots de la quotidien. Et vis-à-vis.
la gueule de l'emploi ouais ouais ouais carrément ça me dit bien le ciné mais euh mais je comprends pas trop tu m'avais dit que t'allais pas très bien en fait la dernière fois t'étais ultra mal et tu me réponds pas et tu veux aller au ciné c'est un peu chelou par contre moi je suis pas fan de les X-Men allez salut
Je sais que ma maladie invisible, t'arrives pas à la voir. Je comprends. Parce que moi-même, j'ai mis du temps à voir ce que je voulais pas voir. Alors j'entends que t'as besoin de me mettre dans une boîte hermétique, bien carrée et bien stable. Que t'as besoin de la fermer pour qu'il y ait rien qui dépasse. Parce que pour que tu puisses me comprendre, pour que tu puisses valider mon invalidité. Je dois cocher les cases de ce qu'on a décrit de la dépression. Elle pleure ? Ok, check. Elle a une gueule d'enterrement et elle a envie de mourir ? Ok, check. Elle veut au cinéma ? I'm sorry, what ? Quoi, comment ça ? Je veux qu'elle casse ça, le cinéma. Moi, je ne retrouve pas la seule formulaire. Moi, je crois que son film à elle tourne en boucle dans sa tête. Que c'était plutôt un scénario de film indépendant, triste et morose, et long et pénible, et en noir et blanc aussi. Parce que l'envie de cinéma vient faire là-dedans. Comprends ? Et je suis désolée pour toi, ça doit chambouler. Si c'est plus pratique, je peux t'appeler quand je m'effondre en pleurs, par terre, sans raison apparente. Pour toi comme pour moi d'ailleurs. Je peux t'appeler quand j'essaye de trouver une raison de continuer. Quand j'ai envie de briser en mille morceaux le miroir que je viens de croiser, et que j'ai envie de casser la gueule très fort à mon reflet. Quand la seule chose que j'arrive à faire dans une journée, c'est passer de mon lit au canapé, et que je m'en veux très fort de n'arriver à faire que de passer de mon lit au canapé. C'est une histoire de casse, de formulaire. Moi, ça me complique un peu ma dépression, pour être honnête. Parce que, ok, je dois sourire. Je dois pas pleurer parce que ça met les gens mal à l'aise quand on pleure. Ils sont tout gênés de voir une personne pleurer en vrai, avec des vraies larmes qui sont oubliées. Les images de la guerre, ça, on peut changer de chaîne. Et les gens qui chialent, c'est chiant. Bon, mais si je pleure pas, je suis pas crédible dans ma maladie. Et puis, je dois être fatiguée tout le temps. Et le dire, le répéter à longueur de journée... Mais en même temps, me bouger un peu parce que bon, faire un effort quand même. Et arrêter de me plaindre. Parce que, regarde autour de toi, t'es vraiment pas à plaindre ? Y'a pire que toi. Je dois rester positive. Mais pas trop. Il faut quand même que je laisse glisser un petit fil. Pas de bave, mais c'était noir. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Je me débrouille pour faire comprendre au monde que j'en peux plus. Je dois surtout pas inquiéter mon monde. Alors, je te dise quelque chose. Quelque chose d'assez fou. Mais j'ai besoin de te le dire et je crois que t'es assez armée pour l'entendre. Et je te fais confiance. Alors voilà, je me lance. Me juge pas et sois pas choquée. Des fois... Je ris, ouais, je ris, à pleines dents, toute mâchoire dehors, toute dépressive que je suis en ce moment, des fois sans crier gare, je ris. Alors j'avoue qu'il est un peu mal à l'aise de rire, il se sent pas trop à sa place encore, comme un petit poussin humide, et tout ébloui par le soleil, avec les yeux collés, mais moi, c'est mon verre préféré. Tu vois quand il fait gris depuis trois jours, il pleut, il y a du vent qui te fait tourner la tête, ta main aux oreilles, ça siffle, ça souffle, t'es trempé, pressé, ça colle, et tout d'un coup, tout se calme. Les nuages se dispersent, ils s'en vont sans se retourner, et là, le roi soleil, il est là, il réchauffe, il fait sécher, il apaise, il répare. Tu passes du gris, noir, blanc aux couleurs chaudes et réconfortantes, toutes pareilles. plus léger. Le fameux et célèbre soleil après la pluie. C'est ça, le premier rayon après les tempêtes déchaînées et déchirantes. Mais rassure-toi, t'inquiète pas vraiment. Dès que le soleil se couche, mes ongles prennent le relais et ma dépression vient souffler sur les braises qui ont eu culot de venir me réchauffer. Un peu. Tu peux sortir ton formulaire et cocher les cases. Parce qu'à nouveau, j'ai la gueule de l'emploi. Je redeviens très appliquée dans mon boulot de dépressive. J'ai mon petit uniforme d'employé du mois. Tu sais, celle qui a la tête affichée sur une feuille A4. Puis une aise sur le tableau du couloir à côté de la cafette. Entre une annonce de soirée bowling et le règlement intérieur, tout jauni. C'est vrai que ma place de salariée de la dépression... C'est pas vraiment une place convoitée. Y'a pas vraiment d'avantages sur ce poste. Et même s'il y a de plus en plus de candidats, c'est pas exactement ce qui fait rêver quand on parle en soirée. Et toi, tu fais quoi dans la vie ? Ah, tu bosses là-bas ? En plein temps ? Et depuis longtemps ? Mais tout à fait entre nous. Je commence à être un peu lassée de ce taf. J'en ai marre de pas compter mes heures et de ramener du boulot à la maison. Et puis je sens bien que ça vient éclabousser ma vie sociale en plus. Et puis, je commence tout doucement à avoir fait le tour de la question. J'ai enchaîné pas mal les contrats en plus dans cette boîte hermétique. J'aspire à respirer notre air. Et puis, un boulot, ça se quitte, non ?
Merci pour ton écoute. Et prends soin de toi. Je m'en m'en...
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Savoir rire, c'est tout un travail en soi.
Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.
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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Allô ? Oui, je suis là. Accroche toi, Je raccroche pas. Bien, on est dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabou, et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots de la quotidien. Et vis-à-vis.
la gueule de l'emploi ouais ouais ouais carrément ça me dit bien le ciné mais euh mais je comprends pas trop tu m'avais dit que t'allais pas très bien en fait la dernière fois t'étais ultra mal et tu me réponds pas et tu veux aller au ciné c'est un peu chelou par contre moi je suis pas fan de les X-Men allez salut
Je sais que ma maladie invisible, t'arrives pas à la voir. Je comprends. Parce que moi-même, j'ai mis du temps à voir ce que je voulais pas voir. Alors j'entends que t'as besoin de me mettre dans une boîte hermétique, bien carrée et bien stable. Que t'as besoin de la fermer pour qu'il y ait rien qui dépasse. Parce que pour que tu puisses me comprendre, pour que tu puisses valider mon invalidité. Je dois cocher les cases de ce qu'on a décrit de la dépression. Elle pleure ? Ok, check. Elle a une gueule d'enterrement et elle a envie de mourir ? Ok, check. Elle veut au cinéma ? I'm sorry, what ? Quoi, comment ça ? Je veux qu'elle casse ça, le cinéma. Moi, je ne retrouve pas la seule formulaire. Moi, je crois que son film à elle tourne en boucle dans sa tête. Que c'était plutôt un scénario de film indépendant, triste et morose, et long et pénible, et en noir et blanc aussi. Parce que l'envie de cinéma vient faire là-dedans. Comprends ? Et je suis désolée pour toi, ça doit chambouler. Si c'est plus pratique, je peux t'appeler quand je m'effondre en pleurs, par terre, sans raison apparente. Pour toi comme pour moi d'ailleurs. Je peux t'appeler quand j'essaye de trouver une raison de continuer. Quand j'ai envie de briser en mille morceaux le miroir que je viens de croiser, et que j'ai envie de casser la gueule très fort à mon reflet. Quand la seule chose que j'arrive à faire dans une journée, c'est passer de mon lit au canapé, et que je m'en veux très fort de n'arriver à faire que de passer de mon lit au canapé. C'est une histoire de casse, de formulaire. Moi, ça me complique un peu ma dépression, pour être honnête. Parce que, ok, je dois sourire. Je dois pas pleurer parce que ça met les gens mal à l'aise quand on pleure. Ils sont tout gênés de voir une personne pleurer en vrai, avec des vraies larmes qui sont oubliées. Les images de la guerre, ça, on peut changer de chaîne. Et les gens qui chialent, c'est chiant. Bon, mais si je pleure pas, je suis pas crédible dans ma maladie. Et puis, je dois être fatiguée tout le temps. Et le dire, le répéter à longueur de journée... Mais en même temps, me bouger un peu parce que bon, faire un effort quand même. Et arrêter de me plaindre. Parce que, regarde autour de toi, t'es vraiment pas à plaindre ? Y'a pire que toi. Je dois rester positive. Mais pas trop. Il faut quand même que je laisse glisser un petit fil. Pas de bave, mais c'était noir. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Je me débrouille pour faire comprendre au monde que j'en peux plus. Je dois surtout pas inquiéter mon monde. Alors, je te dise quelque chose. Quelque chose d'assez fou. Mais j'ai besoin de te le dire et je crois que t'es assez armée pour l'entendre. Et je te fais confiance. Alors voilà, je me lance. Me juge pas et sois pas choquée. Des fois... Je ris, ouais, je ris, à pleines dents, toute mâchoire dehors, toute dépressive que je suis en ce moment, des fois sans crier gare, je ris. Alors j'avoue qu'il est un peu mal à l'aise de rire, il se sent pas trop à sa place encore, comme un petit poussin humide, et tout ébloui par le soleil, avec les yeux collés, mais moi, c'est mon verre préféré. Tu vois quand il fait gris depuis trois jours, il pleut, il y a du vent qui te fait tourner la tête, ta main aux oreilles, ça siffle, ça souffle, t'es trempé, pressé, ça colle, et tout d'un coup, tout se calme. Les nuages se dispersent, ils s'en vont sans se retourner, et là, le roi soleil, il est là, il réchauffe, il fait sécher, il apaise, il répare. Tu passes du gris, noir, blanc aux couleurs chaudes et réconfortantes, toutes pareilles. plus léger. Le fameux et célèbre soleil après la pluie. C'est ça, le premier rayon après les tempêtes déchaînées et déchirantes. Mais rassure-toi, t'inquiète pas vraiment. Dès que le soleil se couche, mes ongles prennent le relais et ma dépression vient souffler sur les braises qui ont eu culot de venir me réchauffer. Un peu. Tu peux sortir ton formulaire et cocher les cases. Parce qu'à nouveau, j'ai la gueule de l'emploi. Je redeviens très appliquée dans mon boulot de dépressive. J'ai mon petit uniforme d'employé du mois. Tu sais, celle qui a la tête affichée sur une feuille A4. Puis une aise sur le tableau du couloir à côté de la cafette. Entre une annonce de soirée bowling et le règlement intérieur, tout jauni. C'est vrai que ma place de salariée de la dépression... C'est pas vraiment une place convoitée. Y'a pas vraiment d'avantages sur ce poste. Et même s'il y a de plus en plus de candidats, c'est pas exactement ce qui fait rêver quand on parle en soirée. Et toi, tu fais quoi dans la vie ? Ah, tu bosses là-bas ? En plein temps ? Et depuis longtemps ? Mais tout à fait entre nous. Je commence à être un peu lassée de ce taf. J'en ai marre de pas compter mes heures et de ramener du boulot à la maison. Et puis je sens bien que ça vient éclabousser ma vie sociale en plus. Et puis, je commence tout doucement à avoir fait le tour de la question. J'ai enchaîné pas mal les contrats en plus dans cette boîte hermétique. J'aspire à respirer notre air. Et puis, un boulot, ça se quitte, non ?
Merci pour ton écoute. Et prends soin de toi. Je m'en m'en...
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Savoir rire, c'est tout un travail en soi.
Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.
Un épisode produit par Vas-y parle.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Allô ? Oui, je suis là. Accroche toi, Je raccroche pas. Bien, on est dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabou, et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots de la quotidien. Et vis-à-vis.
la gueule de l'emploi ouais ouais ouais carrément ça me dit bien le ciné mais euh mais je comprends pas trop tu m'avais dit que t'allais pas très bien en fait la dernière fois t'étais ultra mal et tu me réponds pas et tu veux aller au ciné c'est un peu chelou par contre moi je suis pas fan de les X-Men allez salut
Je sais que ma maladie invisible, t'arrives pas à la voir. Je comprends. Parce que moi-même, j'ai mis du temps à voir ce que je voulais pas voir. Alors j'entends que t'as besoin de me mettre dans une boîte hermétique, bien carrée et bien stable. Que t'as besoin de la fermer pour qu'il y ait rien qui dépasse. Parce que pour que tu puisses me comprendre, pour que tu puisses valider mon invalidité. Je dois cocher les cases de ce qu'on a décrit de la dépression. Elle pleure ? Ok, check. Elle a une gueule d'enterrement et elle a envie de mourir ? Ok, check. Elle veut au cinéma ? I'm sorry, what ? Quoi, comment ça ? Je veux qu'elle casse ça, le cinéma. Moi, je ne retrouve pas la seule formulaire. Moi, je crois que son film à elle tourne en boucle dans sa tête. Que c'était plutôt un scénario de film indépendant, triste et morose, et long et pénible, et en noir et blanc aussi. Parce que l'envie de cinéma vient faire là-dedans. Comprends ? Et je suis désolée pour toi, ça doit chambouler. Si c'est plus pratique, je peux t'appeler quand je m'effondre en pleurs, par terre, sans raison apparente. Pour toi comme pour moi d'ailleurs. Je peux t'appeler quand j'essaye de trouver une raison de continuer. Quand j'ai envie de briser en mille morceaux le miroir que je viens de croiser, et que j'ai envie de casser la gueule très fort à mon reflet. Quand la seule chose que j'arrive à faire dans une journée, c'est passer de mon lit au canapé, et que je m'en veux très fort de n'arriver à faire que de passer de mon lit au canapé. C'est une histoire de casse, de formulaire. Moi, ça me complique un peu ma dépression, pour être honnête. Parce que, ok, je dois sourire. Je dois pas pleurer parce que ça met les gens mal à l'aise quand on pleure. Ils sont tout gênés de voir une personne pleurer en vrai, avec des vraies larmes qui sont oubliées. Les images de la guerre, ça, on peut changer de chaîne. Et les gens qui chialent, c'est chiant. Bon, mais si je pleure pas, je suis pas crédible dans ma maladie. Et puis, je dois être fatiguée tout le temps. Et le dire, le répéter à longueur de journée... Mais en même temps, me bouger un peu parce que bon, faire un effort quand même. Et arrêter de me plaindre. Parce que, regarde autour de toi, t'es vraiment pas à plaindre ? Y'a pire que toi. Je dois rester positive. Mais pas trop. Il faut quand même que je laisse glisser un petit fil. Pas de bave, mais c'était noir. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Je me débrouille pour faire comprendre au monde que j'en peux plus. Je dois surtout pas inquiéter mon monde. Alors, je te dise quelque chose. Quelque chose d'assez fou. Mais j'ai besoin de te le dire et je crois que t'es assez armée pour l'entendre. Et je te fais confiance. Alors voilà, je me lance. Me juge pas et sois pas choquée. Des fois... Je ris, ouais, je ris, à pleines dents, toute mâchoire dehors, toute dépressive que je suis en ce moment, des fois sans crier gare, je ris. Alors j'avoue qu'il est un peu mal à l'aise de rire, il se sent pas trop à sa place encore, comme un petit poussin humide, et tout ébloui par le soleil, avec les yeux collés, mais moi, c'est mon verre préféré. Tu vois quand il fait gris depuis trois jours, il pleut, il y a du vent qui te fait tourner la tête, ta main aux oreilles, ça siffle, ça souffle, t'es trempé, pressé, ça colle, et tout d'un coup, tout se calme. Les nuages se dispersent, ils s'en vont sans se retourner, et là, le roi soleil, il est là, il réchauffe, il fait sécher, il apaise, il répare. Tu passes du gris, noir, blanc aux couleurs chaudes et réconfortantes, toutes pareilles. plus léger. Le fameux et célèbre soleil après la pluie. C'est ça, le premier rayon après les tempêtes déchaînées et déchirantes. Mais rassure-toi, t'inquiète pas vraiment. Dès que le soleil se couche, mes ongles prennent le relais et ma dépression vient souffler sur les braises qui ont eu culot de venir me réchauffer. Un peu. Tu peux sortir ton formulaire et cocher les cases. Parce qu'à nouveau, j'ai la gueule de l'emploi. Je redeviens très appliquée dans mon boulot de dépressive. J'ai mon petit uniforme d'employé du mois. Tu sais, celle qui a la tête affichée sur une feuille A4. Puis une aise sur le tableau du couloir à côté de la cafette. Entre une annonce de soirée bowling et le règlement intérieur, tout jauni. C'est vrai que ma place de salariée de la dépression... C'est pas vraiment une place convoitée. Y'a pas vraiment d'avantages sur ce poste. Et même s'il y a de plus en plus de candidats, c'est pas exactement ce qui fait rêver quand on parle en soirée. Et toi, tu fais quoi dans la vie ? Ah, tu bosses là-bas ? En plein temps ? Et depuis longtemps ? Mais tout à fait entre nous. Je commence à être un peu lassée de ce taf. J'en ai marre de pas compter mes heures et de ramener du boulot à la maison. Et puis je sens bien que ça vient éclabousser ma vie sociale en plus. Et puis, je commence tout doucement à avoir fait le tour de la question. J'ai enchaîné pas mal les contrats en plus dans cette boîte hermétique. J'aspire à respirer notre air. Et puis, un boulot, ça se quitte, non ?
Merci pour ton écoute. Et prends soin de toi. Je m'en m'en...
Description
Savoir rire, c'est tout un travail en soi.
Merci pour ton écoute, et prends soin de toi, vraiment.
Un épisode produit par Vas-y parle.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Allô ? Oui, je suis là. Accroche toi, Je raccroche pas. Bien, on est dans 8 minutes. Le podcast qui pense que la santé mentale n'est ni tabou, ni tabou, et qu'on peut tout à fait faire des phrases avec les mots de la quotidien. Et vis-à-vis.
la gueule de l'emploi ouais ouais ouais carrément ça me dit bien le ciné mais euh mais je comprends pas trop tu m'avais dit que t'allais pas très bien en fait la dernière fois t'étais ultra mal et tu me réponds pas et tu veux aller au ciné c'est un peu chelou par contre moi je suis pas fan de les X-Men allez salut
Je sais que ma maladie invisible, t'arrives pas à la voir. Je comprends. Parce que moi-même, j'ai mis du temps à voir ce que je voulais pas voir. Alors j'entends que t'as besoin de me mettre dans une boîte hermétique, bien carrée et bien stable. Que t'as besoin de la fermer pour qu'il y ait rien qui dépasse. Parce que pour que tu puisses me comprendre, pour que tu puisses valider mon invalidité. Je dois cocher les cases de ce qu'on a décrit de la dépression. Elle pleure ? Ok, check. Elle a une gueule d'enterrement et elle a envie de mourir ? Ok, check. Elle veut au cinéma ? I'm sorry, what ? Quoi, comment ça ? Je veux qu'elle casse ça, le cinéma. Moi, je ne retrouve pas la seule formulaire. Moi, je crois que son film à elle tourne en boucle dans sa tête. Que c'était plutôt un scénario de film indépendant, triste et morose, et long et pénible, et en noir et blanc aussi. Parce que l'envie de cinéma vient faire là-dedans. Comprends ? Et je suis désolée pour toi, ça doit chambouler. Si c'est plus pratique, je peux t'appeler quand je m'effondre en pleurs, par terre, sans raison apparente. Pour toi comme pour moi d'ailleurs. Je peux t'appeler quand j'essaye de trouver une raison de continuer. Quand j'ai envie de briser en mille morceaux le miroir que je viens de croiser, et que j'ai envie de casser la gueule très fort à mon reflet. Quand la seule chose que j'arrive à faire dans une journée, c'est passer de mon lit au canapé, et que je m'en veux très fort de n'arriver à faire que de passer de mon lit au canapé. C'est une histoire de casse, de formulaire. Moi, ça me complique un peu ma dépression, pour être honnête. Parce que, ok, je dois sourire. Je dois pas pleurer parce que ça met les gens mal à l'aise quand on pleure. Ils sont tout gênés de voir une personne pleurer en vrai, avec des vraies larmes qui sont oubliées. Les images de la guerre, ça, on peut changer de chaîne. Et les gens qui chialent, c'est chiant. Bon, mais si je pleure pas, je suis pas crédible dans ma maladie. Et puis, je dois être fatiguée tout le temps. Et le dire, le répéter à longueur de journée... Mais en même temps, me bouger un peu parce que bon, faire un effort quand même. Et arrêter de me plaindre. Parce que, regarde autour de toi, t'es vraiment pas à plaindre ? Y'a pire que toi. Je dois rester positive. Mais pas trop. Il faut quand même que je laisse glisser un petit fil. Pas de bave, mais c'était noir. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Que je me débrouille pour faire comprendre au monde que je ne suis plus là. Je me débrouille pour faire comprendre au monde que j'en peux plus. Je dois surtout pas inquiéter mon monde. Alors, je te dise quelque chose. Quelque chose d'assez fou. Mais j'ai besoin de te le dire et je crois que t'es assez armée pour l'entendre. Et je te fais confiance. Alors voilà, je me lance. Me juge pas et sois pas choquée. Des fois... Je ris, ouais, je ris, à pleines dents, toute mâchoire dehors, toute dépressive que je suis en ce moment, des fois sans crier gare, je ris. Alors j'avoue qu'il est un peu mal à l'aise de rire, il se sent pas trop à sa place encore, comme un petit poussin humide, et tout ébloui par le soleil, avec les yeux collés, mais moi, c'est mon verre préféré. Tu vois quand il fait gris depuis trois jours, il pleut, il y a du vent qui te fait tourner la tête, ta main aux oreilles, ça siffle, ça souffle, t'es trempé, pressé, ça colle, et tout d'un coup, tout se calme. Les nuages se dispersent, ils s'en vont sans se retourner, et là, le roi soleil, il est là, il réchauffe, il fait sécher, il apaise, il répare. Tu passes du gris, noir, blanc aux couleurs chaudes et réconfortantes, toutes pareilles. plus léger. Le fameux et célèbre soleil après la pluie. C'est ça, le premier rayon après les tempêtes déchaînées et déchirantes. Mais rassure-toi, t'inquiète pas vraiment. Dès que le soleil se couche, mes ongles prennent le relais et ma dépression vient souffler sur les braises qui ont eu culot de venir me réchauffer. Un peu. Tu peux sortir ton formulaire et cocher les cases. Parce qu'à nouveau, j'ai la gueule de l'emploi. Je redeviens très appliquée dans mon boulot de dépressive. J'ai mon petit uniforme d'employé du mois. Tu sais, celle qui a la tête affichée sur une feuille A4. Puis une aise sur le tableau du couloir à côté de la cafette. Entre une annonce de soirée bowling et le règlement intérieur, tout jauni. C'est vrai que ma place de salariée de la dépression... C'est pas vraiment une place convoitée. Y'a pas vraiment d'avantages sur ce poste. Et même s'il y a de plus en plus de candidats, c'est pas exactement ce qui fait rêver quand on parle en soirée. Et toi, tu fais quoi dans la vie ? Ah, tu bosses là-bas ? En plein temps ? Et depuis longtemps ? Mais tout à fait entre nous. Je commence à être un peu lassée de ce taf. J'en ai marre de pas compter mes heures et de ramener du boulot à la maison. Et puis je sens bien que ça vient éclabousser ma vie sociale en plus. Et puis, je commence tout doucement à avoir fait le tour de la question. J'ai enchaîné pas mal les contrats en plus dans cette boîte hermétique. J'aspire à respirer notre air. Et puis, un boulot, ça se quitte, non ?
Merci pour ton écoute. Et prends soin de toi. Je m'en m'en...
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