Speaker #0Une association antiraciste a une raison d'exister s'il existe du racisme. Mais quand cette association se professionnalise, lorsqu'elle devient une entreprise, pour continuer d'exister, elle doit sans cesse trouver de nouveaux marchés. Je m'appelle Abdelkrim Brannin et vous écoutez 80 BPM. La création de ce qu'on appelle l'antiracisme moral date des années 80. Pour ceux qui n'ont pas spécialement en tête la définition, je ne vais pas m'étendre sur le sujet, mais en dire quelques mots, il s'agit donc d'un antiracisme qui définit le racisme comme une simple question de morale individuelle et qui évoque principalement la question des préjugés, de l'éducation, l'ignorance. Il est opposé à l'antiracisme politique, qui reprendra ses droits plus tard et qui lui s'attaque. aux fondements historiques, structurels, sur les conséquences subies au quotidien par les personnes victimes de racisme. L'association sur laquelle je vais m'attarder dans ce podcast, vous l'avez deviné, c'est SOS Racisme. Afin de ne pas faire d'amalgame, je tiens à préciser que dans ce podcast, je ne m'attaque pas aux militants, aux militants de base de SOS Racisme. Je pense que pour la plupart d'entre eux, ils sont sincères dans leur engagement, même si j'estime qu'ils se sont trompés de combat, et qu'ils se trompent toujours de combat d'ailleurs. Dans ce podcast, je vais parler des cadres, des vrais patrons de cette mascarade. SOS Racisme donc a été créé en 1984 pour contrecarrer ce qu'on appelle la marche pour l'égalité et contre le racisme de 1983 qui a été rebaptisé de manière injuste Marche des Beurs. A noter que le point de départ de cette marche de 1983, c'est une série de meurtres racistes. Le début de mandat de François Mitterrand est marqué par plus de 30 morts parmi les jeunes issus de l'immigration. Craignant de voir toute une génération s'organiser afin de prendre sa véritable place dans cette société, Mitterrand et le Parti Socialiste vont organiser cette gigantesque opération qui s'appelle SOS Racisme. Aux manettes, on retrouve un certain BHL, Bernard-Henri Lévy, dont j'ai envie de vous dire, c'était signé depuis le début. Et puis, il y a un certain Julien Drey, dont je vais pas mal vous parler dans ce podcast et à propos duquel je vais vous livrer quelques anecdotes. SOS Racisme donc va dépolitiser complètement le mouvement. Initiés par la marche de 83, ils vont marginaliser tous les leaders légitimes issus des quartiers, avec notamment déjà des accusations fallacieuses et ignobles d'antisémitisme. Et ils vont ainsi récupérer cette lutte contre le racisme et la mettre au service de la gauche de gouvernement. Tout ce que je dis là, ce n'est pas un avis, ce n'est pas une opinion, c'est attesté par de nombreux éléments, de nombreuses preuves et pas mal de témoins de l'époque. Sur l'aspect esthétique et accessoire, SOS Racisme va devenir célèbre grâce à ce fameux badge en forme de main jaune qu'on accroche à sa poitrine, donc il y avait quand même un parallèle assez douteux. Et sur ce badge, on pouvait lire le slogan, la fois ridicule et horriblement paternaliste, « Touche pas à mon pote » . A l'époque, de manière générale, on n'avait pas saisi l'arnaque, donc cette main jaune, c'est quelque chose qu'on retrouvait un peu partout, y compris dans les quartiers populaires. Et d'ailleurs, ces badges ont été vendus à des millions d'exemplaires, Donc, SOS Racisme ? a ramassé énormément d'argent. Parce que oui, il faut le rappeler, SOS Racisme, c'est une histoire de manipulation politique, mais c'est aussi et surtout une histoire de gros sous. Outre le merchandising qu'ils ont su développer en prétendant lutter contre le racisme, L'association était aussi un gigantesque aspirateur à subventions, subventions publiques, grâce au réseau du Parti Socialiste. Même après 2000, c'est-à-dire même après l'âge d'or de SOS Racisme, quand l'association prend des subventions, ce n'est pas les 1000 ou 1500 euros qu'une pauvre asso de quartier obtient 6 mois après avoir bataillé comme des dingues. Non, eux, SOS Racisme, moi j'ai vu les chiffres à l'époque, quand ils prenaient des subventions, c'était la plupart du temps des chèques entre 200 000 et 300 000 euros, pendant très longtemps. SOS Racisme va capter, aspirer une grande partie de l'argent public destiné à la base aux vraies associations de quartier. Julien Drey, pour en revenir à lui, a d'ailleurs été impliqué dans l'une des plus grosses affaires de détournement de fonds de SOS Racisme. Et on avait vu qu'il avait un train de vie digne d'un affranchiste, un membre de la mafia. C'était que des histoires de grosses liasses de cash, des goûts de luxe, enfin goûts de luxe, mauvais goûts de luxe, avec notamment savoureuse histoire de montre Philippe Patek. Allez chercher sur Google, vous allez vous régaler. C'est exactement pareil que l'histoire du fonds Marianne, c'est-à-dire l'argent de nos impôts distribué à une espèce de caste qui a les mêmes idées politiques à l'échelle nationale et internationale, donc les copains, les amis, etc. Tout ça pour des travaux fictifs et aucun résultat probant. SOS Racisme et Julien Drey vont tellement vider les caisses que l'association sera au bord de la faillite en 2001. Et sous Jospin, Matignon va voler à leur secours avec une subvention spéciale sortie du chapeau de... 1,5 million. SES Racisme, j'ai eu affaire à eux quelques fois dans ma vie et je vais vous raconter dans quelles conditions. La première fois, j'étais encore étudiant à Tours, dans la ville de Tours, et avec des amis un soir, des amis également d'origine étrangère comme moi, on tente de sortir en boîte de nuit et on se fait refuser. Pour nous, disons les choses directement, c'était la routine. On voyait tout le temps les mêmes personnes, blanches, non racisées, appelez-les comme vous voulez, passer devant nous. Et les videurs nous sortaient tout le temps les mêmes raisons bidons, mais nous, on lâchait l'affaire. Juste après, on voit un groupe de jeunes, trois jeunes comme nous, issus de l'immigration. Ils viennent nous aborder et ils nous demandent ce qui se passe. On leur raconte qu'ils dévoilent leur jeu en nous disant, voilà, nous, on est SOS Racisme. Ils nous disent qu'ils sont à l'origine d'une affaire où notre boîte de nuit de tour s'était fait épingler pour racisme, ce qui était vrai. C'était une vraie affaire qui avait été sortie dans la presse. Ils nous disent, voilà, on vous propose de faire du testing. On monte l'opération, vous allez vous présenter à l'entrée d'une boîte de nuit, et une fois qu'on aura prouvé le racisme, derrière, il y aura plainte, procès, etc. Vous viendrez témoigner, etc. Et nous, je me souviens, on les laisse terminer, on éclate de rire, on rigole. On leur dit, mais attendez, c'est pas notre vie, les boîtes de nuit. Ok, pas de problème, c'est pas normal, c'est du racisme, mais franchement, il y a un paquet de priorités avant d'en arriver à batailler pour rentrer dans ces soirées. Et je me souviens qu'en gros, on leur a fait comprendre, c'est tout ce que vous avez à proposer, SOS Racisme. Et je me souviens qu'ils ont assisté, parce que j'en reviens à ce que je vous disais au début, c'était leur business. Il fallait qu'ils trouvent de nouveaux marchés, mais ils ne se sont jamais attaqués aux vraies causes du racisme. Et nous, on ne voulait pas être leurs pigeons, tout simplement. La deuxième fois que j'ai eu affaire... à SOS Racisme, c'est beaucoup plus tard. C'est lorsque je dirigeais la rédaction de la radio Uber FM. On commençait à percer assez sérieusement avec les missions que j'ai créées, les informer. Et au bout d'un moment, SOS Racisme entre en contact avec le patron de la radio qu'il connaissait bien. Et ils disent on organise une journée de débat et on veut que ce soit votre rédacteur en chef là, Abdelkrim Branine, on veut qu'il vienne modérer les tables rondes. Ils ne s'adressent même pas à moi directement. Ils ont une espèce d'exigence. C'était presque une convocation. Ils voulaient que je vienne prêter allégeance en quelque sorte. Moi, on me transmet vaguement l'information par mail et la question ne se pose même pas. Donc, je ne confirme pas, on ne me demande rien, donc je laisse pisser. Le jour qui suit, c'est-à-dire le jour qui suit le débat, la journée débat où je ne suis pas allé, le patron de Beurre FM vient me voir et il me dit que SOS Racisme l'a appelé. Ils se sont plaints, ils ne sont pas contents, je les ai plantés, etc. Et moi, je dis, mais je n'ai jamais donné mon accord. Et d'ailleurs, jamais je ne l'aurais fait parce que je sais. Ce que cette association a fait pour nous enfoncer, c'est l'ennemi des quartiers populaires et des populations issues de l'immigration. Fin de l'histoire. Il y a une troisième anecdote liée à SOS Racisme, mais elle concerne plutôt l'une de leurs filiales qui s'appelle Ni pute ni soumise. Et celle-là, je vous la réserve pour un autre podcast qui sera consacré à la question des rapports hommes-femmes dans les quartiers. Ou femmes-hommes, c'est comme vous voulez. Pour en revenir à SOS Racisme, l'association existe toujours. Elle est dirigée depuis un quart de siècle par le même président, Dominique Sopo. Mais elle a perdu évidemment beaucoup de terrain, étant donné qu'on a complètement deviné ses véritables intentions. Julien Drey lui aussi a dévoilé ses véritables intentions. Et l'ironie du sort, c'est que celui qui était présenté par les médias mainstream, comme le pape de l'antiracisme en France, en réalité, c'est tout le contraire, puisque depuis quelques années, Il est l'un des principaux chroniqueurs. de la chaîne d'extrême droite C-News. Julien Drey est désormais tellement détendu par rapport à ses véritables idées politiques qu'il a récemment avoué qu'à l'époque de SOS Racisme, il confiait les plus grosses recettes, notamment celles des gigantesques concerts qu'ils organisaient à Place de la Concorde. Donc il confiait ces recettes, énormément d'argent, à son frère. Et son frère était le chef du Bétard. Le Bétard, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un groupe buscule juif d'extrême droite qui organisait pas mal de ratonnades en France. Cette simple anecdote vous donne l'idée de cette grande escroquerie de l'antiracisme. En 2017, lorsque le mouvement Balance ton porc a explosé, il y a une militante socialiste que je connais, qui avait fréquenté malgré elle Julien Drey, elle me dit, tu sais, à l'époque, Julien Drey, il répétait régulièrement, je cite, que son péché mignon, c'était d'accrocher toutes les beurettes possibles à son tableau de chasse. Bon, là, j'ai reformulé un peu ses propos, parce que dans la vraie version, c'était un langage assez dégueulasse, inutile de vous faire un dessin. Julien Drey, enfin, c'est celui qui a créé et formé Malek Bouti, l'homme qui a donné ses lettres de noblesse au concept de Native Informant. Native Informant, c'est la version moderne de l'oncle Tom. Aujourd'hui, il a disparu de la galaxie, Malek Bouti, mais il y a quelques années, il était coriace. On le voyait partout. Malek Bouti aurait, selon la légende, également inspiré Quentin Tarantino pour écrire le personnage de Stephen, l'esclave zélé joué par Samuel Jackson dans le film Django. Dans un prochain podcast, je vous parlerai de l'antiracisme politique, parce que là aussi, il y a également beaucoup de choses à dire. D'ici là, n'oubliez pas de laisser des commentaires, de mettre 5 étoiles sur Spotify et Apple Podcast. Merci pour votre écoute et à très bientôt sur 80BPM.