- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, quel plaisir de vous retrouver pour un nouvel épisode d'A Bon Entendeur. Pour celles et ceux qui découvrent le podcast, je suis Florent Audrey Miclard, fondateur de SENS, le premier service de courtage RSE en France. A travers mon métier, je rencontre depuis plusieurs années des entreprises, des dirigeants, des équipes qui tentent de faire évoluer leur modèle avec leurs convictions, leurs contraintes et la réalité du terrain. J'ai créé A Bon Entendeur pour leur donner la parole, partager leur expérience et parler d'engagement de manière concrète, sincère. avec la volonté de vous inspirer. Aujourd'hui, on va parler de notre capacité à agir. On nous répète depuis plusieurs années que la transition systémique. En clair, cela veut dire que les sujets sont liés entre eux et qu'aucun acteur ne peut agir seul. Alors, qui commence et jusqu'à quand une entreprise peut-elle agir seule ? Et à partir de quand la complexité du système devient-elle la meilleure excuse pour attendre ? Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Audrey Miclard, directrice du développement durable du groupe Kiloutou. et également secrétaire général de la Communauté des Acteurs du Matériel Durable. Kiloutou, c'est un des acteurs européens de la location matériel, principalement pour les professionnels du BTP, de l'industrie, de l'énergie et des services. On va donc tenter de comprendre comment on passe d'un problème systémique, qui peut sembler décourageant, à une capacité réelle d'action, d'agir sur ce qu'on maîtrise, travailler avec les autres sur ce qu'on ne maîtrise pas, accepter qu'il n'existe pas de solution parfaite, et peut-être redonner au terrain une partie du pouvoir d'agir. Bonjour Audrey ! très heureux de t'avoir au studio aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour Florent.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux te présenter pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
- Speaker #1
Oui, alors c'est un plaisir partagé. Merci pour l'invitation. Alors moi, je suis Odoré, ça t'as compris, j'ai 52 ans, je suis mariée avec Yann et on a deux grands garçons, deux grands-fils, il s'appelle Juan qui a 22 ans et Maé qui a 19 ans, bientôt. Et écoute, moi je suis d'une formation d'ingénieur maître en informatique. On dirait Haïti aujourd'hui, tu sais. Et je suis née dans le nord de la France. Je suis une vraie ch'ti. Et ça fait le lien avec ma boîte, qui s'appelle Kiloutou, pour laquelle je travaille depuis plus de 25 ans.
- Speaker #0
Une vraie ch'ti aussi.
- Speaker #1
Exactement, qui sont nées dans le nord de la France. Et donc là, aujourd'hui, je suis la directrice de développement durable pour ce beau groupe. Alors, je n'ai pas démarré sur ces sujets-là, tu l'imagines bien. J'ai démarré avec mon métier à l'origine. J'étais chef de projet sur la partie... effectivement informatique, pendant plus de 10 ans. Et là, ça fait 13-15 ans sur les sujets de développement durable. Dans l'équipe, on a de la chance. On travaille les sujets de façon transverse. On va parler de la communication autour du développement durable. On va parler de toutes les réglementations européennes, la mise en place de la CSRD, etc. Ça, c'est géré par l'équipe. Mais on porte aussi l'expertise environnementale. On le détaillera après. On va travailler ces sujets de climat, ces sujets économie circulaire.
- Speaker #0
Avant de peut-être rentrer dans le cœur du sujet, même si j'ai expliqué un peu en introduction Killoo2, est-ce que tu pourrais expliquer le métier de Killoo2 pour celles et ceux qui connaissent peut-être Killoo2 comme la location de la shampooing house ou de... Non mais c'est vrai parce que vous êtes aussi connue pour ça, alors qu'une grande partie de votre activité se fait auprès du B2B. Est-ce que tu pourrais expliquer rapidement
- Speaker #1
Killoo2 ? Alors Killoo2, c'est une entreprise Kiloutou du matériel. Effectivement, on est très large dans la gamme, mais... On est vraiment un acteur de location matériel pour les chantiers. Donc, notre métier, c'est d'adresser des besoins du monde du bâtiment, du BTP, mais aussi de l'industrie, de l'énergie et du service. On va dire 95% de notre chiffre d'affaires, il se fait avec des pros. Donc, effectivement, on est content aussi de louer des shampoigneuses pour les étudiants quand ils doivent rendre leur appart, mais ce n'est pas la plus grosse partie de notre business. Et en fait, donc, on partage le matériel, c'est-à-dire qu'on va aller adresser... tout type de chantier sur une gamme qui est très large. Donc ça va du terrassement, de l'élévation, de l'outillage. Donc on va avoir tout type de matériel. Selon les pays, on va avoir peut-être un peu plus d'élévation dans certains pays. Et puis sur la France, on a une gamme très large et on fait partie aujourd'hui des leaders européens. Donc on est très fiers de ça.
- Speaker #0
Comment est venu le déclic quand tu es passé de l'IT au développement durable ? Ça se fait de quelle manière ?
- Speaker #1
C'est ça qui est bien quand tu es dans une entreprise, CEC tu grandis en même temps qu'elle et tu croises des belles personnes et en particulier un manager qui a permis de faire cette transition. Et je pense que peut-être le fil conducteur, c'est la partie conduite du changement. On en a besoin quand on fait de l'IT. Moi, je ne suis pas la plus grande technicienne au niveau informatique, mais j'aime conduire le changement et je pense que j'aime travailler en transverse. Et c'est vraiment sur ce sujet-là qu'on est venu me chercher pour ce sujet développement durable. Et ça faisait très lien avec mes valeurs, c'est très en lien avec mes valeurs. Et bien je pense que l'homme qui était mon manager à l'époque a détecté ça et m'a mis au bon endroit au bon moment. Donc merci à lui. Merci Daniel.
- Speaker #0
Parce que ça s'est construit... Toi, ton poste s'est construit en même temps que l'entreprise a pris un peu à bras-le-corps le sujet, du coup.
- Speaker #1
Oui, tu as raison. En fait, oui, on a un métier, on en reparlera certainement, lié à économie de la fonctionnalité, mais il n'a pas été créé à l'époque, la boîte n'a pas été créée pour ces sujets-là, et ça a grandi petit à petit, et principalement grâce à nos parties prenantes qui nous ont un peu challengé. Je ne rentre pas trop dans le détail, je regarde un peu pour la suite.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Toi, de ce qu'on a discuté un peu avant, tu te décris comme quelqu'un de très terrain et très concrète. Et c'est vrai, j'ai pu le remarquer, mais est-ce qu'on peut encore être très terrain quand on pilote le développement durable d'un groupe de 600 agences et qui est présent dans 9 pays ?
- Speaker #1
Oui, alors peut-être que c'est encore la taille qu'il permet. Je ne sais pas si on pourra le faire quand on sera 10 fois plus. En tout cas, ça me paraît vraiment important que pour ces sujets de développement durable et sur la partie pur environnement, on garde. cette partie effectivement à la fois vision globale, comment on se projette en 2050, quels sont nos enjeux, qu'est-ce qu'on doit faire, quelles sont nos grosses feuilles de route, nos gros leviers, mais aussi comment ça se concrétise pour le terrain, qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas. Donc on doit aujourd'hui, il faut faire preuve de souplesse, il faut la travailler, mais c'est vraiment important pour justement s'assurer que ce qu'on est en train de décider, le lieu, l'endroit vers lequel on va, ça soit vraiment toujours quelque chose qui soit... effectivement bien alignés et qui soient concrétisables. Et ça nous amène à faire régulièrement des modifications. Et donc, c'est pour ça qu'il faut rester très connecté au terrain, et remettre ses chaussures de sécu régulièrement.
- Speaker #0
Oui, et puis la transition, on va en parler aussi à un moment donné, elle se fait dans les territoires. Et donc, il faut laisser la main aussi aux gens de vouloir faire un peu comme ils le veulent, évidemment avec une cohérence globale d'un groupe, mais il faut laisser la main aux territoires pour pouvoir agir aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est exactement ça. Alors, les territoires, ça peut être un pays, ça peut être aussi une région, ça peut être une ville. Les leviers ne sont pas toujours les mêmes, mais effectivement c'est un métier, on parle beaucoup de technique, de science, de climat, de CO2, mais en fait avant tout c'est un métier humain. Et donc le changement se fait au travers des femmes et des hommes qui sont sur le terrain. Donc si on n'est pas connecté, on risque de faire fausse route et on n'a vraiment pas envie.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on a souvent tendance à voir le problème de la transition sous un prisme vraiment purement environnemental. Mais on oublie que celles et ceux qui vont le faire, ça compte tout autant en fait.
- Speaker #1
Mais clairement, et puis comme on se le dit souvent et on a beaucoup échangé sur ce point, c'est aussi là qu'on a toutes les inspirations. Si c'est possible, c'est pas possible. Nous, on a un métier assez technique puisqu'on est autour du matériel. Derrière, les innovations, elles viennent d'ingénieurs qui ont pensé un peu différemment les choses et puis elles sont aussi au niveau des compagnons des chantiers qui vont mettre en application et qui vont se dire c'est possible, c'est pas possible. Merci. qui vont aussi avoir beaucoup d'idées. Donc, c'est un métier avant tout humain et donc, on doit être resté connecté, etc. Et puis,
- Speaker #0
c'est au cœur de votre métier, effectivement, la location. On va aborder le sujet de la transition systémique. J'aimerais bien avoir ton regard là-dessus. Mais j'en parlais en introduction. Tu as une deuxième casquette aussi de secrétaire général du CAMD. Est-ce que tu peux en parler aussi un petit peu ? Et ça va faire la suite avec la transition systémique des enjeux.
- Speaker #1
Oui, alors, effectivement, là, aujourd'hui, on a créé une association qui s'appelle la Communauté des Acteurs du Matériel Durable. Donc c'est quelque chose qu'on a initié avec mon président Olivier Collot, enfin le président de Kiloutou, en 2021. Parce que quand on est loueur, on se rend compte très vite que seul on ne va pas faire grand chose, puisqu'on ne fabrique pas les matériels, je ne t'apprends rien, on ne les utilise pas non plus. Donc effectivement on fait partie d'un écosystème, et ça nous paraissait important sur ces sujets-là de transition, tout sens du terme, transition humaine, de pratique, transition d'utilisation de matériel technologique. travailler en cohérence avec notre filière. De plus, on parle très peu du matériel. On parle souvent des matériaux, le béton, etc. Donc ça nous paraissait aussi important de porter ce sujet à plusieurs pour être plus fort et pour être entendu. Et donc c'est vraiment pour ça qu'on a créé l'association. Et puis derrière, il faut s'investir. Donc on a pris des postes. Et puis effectivement, j'ai la chance de prendre le secrétariat général pour faire un peu bouger, tourner toutes ces assiettes et s'assurer qu'on va avancer concrètement sur ce beau sujet.
- Speaker #0
Oui, ce n'est pas simple parce que chacun a aussi sa vision et ses enjeux. Et évidemment, un fabricant n'a pas les mêmes enjeux que le loueur, que... l'utilisateur, donc c'est là où il faut réussir à faire un orchestre, clairement, pour le coup. Et surtout, avec une culture qui n'est peut-être pas aujourd'hui dans l'air du temps, on a souvent tendance à penser dans un monde concurrentiel, dans la confrontation, dans la performance, et donc d'une certaine manière, un peu dans une forme d'individualisme. Là, c'est un peu tout l'inverse. C'est-à-dire que c'est de la coopération filière pure, où il faut vraiment réussir à se mettre tout autour de la table, et ça ne doit pas être simple au départ, j'imagine, à initier.
- Speaker #1
Je pense que naturellement, quand tu es loueur, tu le fais, puisque tu es toujours connecté avec tes partenaires en amont, en aval de ta chaîne de valeur. Sur les sujets de transition, je pense qu'on est complètement décomplexé. Par rapport à ça, moi j'ai tendance à dire, je suis très contente que ma boîte soit l'initiative de quelque chose et qu'elle communique dessus. Mais si c'est quelqu'un d'autre qui le fait, on va capter l'information et on va aussi pousser dans le même sens. Donc on a plutôt intérêt à travailler en collaboration. Après, chacun revient dans sa boîte et écrit son histoire. Mais on a quand même intérêt à être sûr du chemin vers lequel on s'oriente. La route qu'on prend.
- Speaker #0
On est tous sur la même planète.
- Speaker #1
et puis on travaille tous autour du matériel donc en fait de ce fait on a les mêmes enjeux et donc on a plutôt intérêt à travailler ensemble, mettre notre énergie et un peu de budget en commun pour accélérer donc il n'y a pas vraiment de concurrence après chacun revient chez lui et il fera ses choix donc on restera sur la partie compétitivité qui peut être aussi une certaine émulsion aussi, il ne faut pas se le cacher mais oui on a plutôt intérêt à s'assurer qu'on va déjà dans la bonne direction et ça, il faut le faire ensemble.
- Speaker #0
Alors la transition systémique, du coup, c'est vrai que c'est un mot qui fait peur, alors qu'il n'est peut-être pas forcément toujours compréhensible par des gens qui sont peut-être un peu moins aguerris au sujet, mais le fait qu'il y ait une interdépendance générale sur un certain nombre de choses, toi, du coup, tu évoquais que pour toi, il y a deux dimensions, il y a la transition systémique des acteurs mais il y a aussi la transition systémique des enjeux. Est-ce que tu peux donner un peu ta lecture sur ce sujet-là ?
- Speaker #1
Oui, alors systémique, comme tu dis, c'est un bien grand mot, on l'utilise beaucoup. Après, c'est le bon mot. Je pense que ce qui est important de savoir, c'est comme au quotidien, CEC fait partie d'un écosystème. Donc on est connecté même en tant qu'entreprise à notre écosystème environnemental. On va utiliser des ressources, on va utiliser de l'eau, on va utiliser certains métaux pour fabriquer nos matériels. On a nos agences dans des régions de France ou dans des pays, donc on est connecté à notre environnement. Et à côté de ça, effectivement, on fait partie d'une filière. Donc on fait partie d'un autre écosystème aussi d'entreprise. Et donc quand on prend une décision et quand on change, il faut vraiment s'assurer qu'on va aller dans le bon sens et que ce qu'on va faire ne va pas avoir un impact négatif ailleurs. Ça peut paraître compliqué, mais on l'a un peu toujours fait, mais ça prend peut-être encore plus de temps. plus de poids et d'importance quand on touche à l'environnement. Et les questions, il faut se les poser assez tôt pour être sûr que ce ne sera pas la fausse bonne idée.
- Speaker #0
Pourtant, on est dans une société qui est peut-être de plus en plus individualiste. On a tendance à un peu tous se renfermer. Aussi parce qu'en fait, c'est un sujet qui fait peur à pas mal de gens. Donc, c'est un moyen aussi de protection. Donc, toi, de dire, oui, on a un impact sur la filière. Donc, on se rend compte que telle action qui peut être bénéfique pour l'entreprise peut être très néfaste sur notre chef de valeur. C'est déjà un changement de paradigme qu'il faut adopter. Et donc, transition systémique des acteurs, du coup ?
- Speaker #1
Alors, transition systémique des acteurs, c'est vraiment principalement avec notre filière de se poser les questions sur, effectivement, comment on travaille avec nos fabricants de matériel. On prend toujours le même exemple. Si tous partent sur des technos complètement différentes, ça va être très compliqué au niveau des chantiers de se dire qu'il faut à la fois du carburant type diesel parce que ça aura encore quelques... Quelques années devant soi, il faut aussi avoir de l'hydrogène, il faut aussi avoir de l'électricité. Si on a trop de technos qui seront disponibles, ça va être compliqué. Donc il y a un intérêt aussi à avancer dans le même sens. Je pense que cet exemple-là, il est assez parlant pour se dire que derrière, il faut s'adapter ensemble. Donc il faut comprendre dès le démarrage pourquoi on choisit tel techno ou tel autre.
- Speaker #0
Pour le coup, effectivement, c'est dans votre ADN et donc vous avez pris à bras le corps un peu le sujet. Ça peut faire peur aux gens, justement, cet effet un peu systémique, décourageant. Alors c'est très frustrant quand on est dedans, on le voit tous les jours, des gens qui disent « oui, c'est tellement impossible » , etc. Tu le vois un peu comme ça aussi, toi, les gens qui sont peut-être découragés par cette ampleur de l'enjeu, on n'arrive même pas à voir est-ce qu'on va réussir par réussir, la difficulté est tellement importante ?
- Speaker #1
Alors, oui et non, c'est-à-dire qu'on a tous envie de bouger aussi. Donc à partir de là, je ne rencontre pas beaucoup de personnes qui sont statiques ou qui sont freinées par ça. J'entends plutôt des grandes phrases qui nous disent une sorte de généralité qui t'inciterait à ne pas bouger. C'est plutôt ça qui m'embête. C'est-à-dire ces conclusions. De toute façon, le GNR, le prix du carburant, il a toujours augmenté, il a toujours baissé. Ça ne change rien. Non, mais ce n'est pas vrai en fait. Chaque fois qu'il y a une crise, le prix du carburant ne revient pas à son prix d'origine. Donc c'est plutôt ça que je trouve assez étonnant et qui peut du coup frustrer parce que tu as toujours l'impression que c'est compliqué et que du coup il ne faut surtout pas bouger parce que tu ne te rends pas compte qu'il y a un impact sur la biodiversité. Donc je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont envie de bouger, il faut décomplexer ça et on a plein d'outils qu'on détaillera et en particulier de bien se connaître et bien connaître son entreprise. Ça permet de déterminer quels sont ses vrais enjeux et du coup de choisir ses combats et après d'aller chercher des alliés, d'aller chercher des experts autour de ça. On CSRD à avancer. Donc je pense qu'effectivement ça peut faire peur, mais non, le principal c'est d'avoir envie de bouger.
- Speaker #0
J'entendais, ça me fait penser à ça, mais la semaine dernière j'entendais Jean-Marc Jancovici, qu'on entend beaucoup, et tant mieux, il fait beaucoup de bien là-dessus, pour le coup il a fait le côté vulgarisateur et rendre les sujets compréhensibles pour le plus grand nombre. Et en fait il évoquait, notamment dans l'initiative qu'il a impulsée, il n'est pas le seul, mais d'un commun accord, il expliquait, et si le général de Gaulle... Il n'avait pas fait ce qu'il a fait, la France ne serait pas là où on en est aujourd'hui. Donc en fait, on a besoin aussi de gens pionniers qui avancent, qui testent, qui cassent aussi peut-être un peu les codes. Et donc c'est vrai, tu vois, on a besoin des gens qui avancent, comme ça, qui prennent des risques, des initiatives et qui font bouger les lignes.
- Speaker #1
Exactement. Et on a besoin de concret. Alors tu vois, on en parlait déjà dans l'intro. On a besoin de voir ce que ça fait, de voir comment on peut bouger un peu les lignes. Et en fait, c'est rarement... Déjà, ce n'est pas triste parce que tu travailles ensemble. Donc c'est super motivant. parce qu'en fait, c'est des vrais métiers humains. J'insiste vraiment sur ce point-là. Et puis surtout, tu te rends compte que c'est possible. Donc, ça te motive. Dès que tu avances d'un pas et que tu dis, non seulement quand je mets un matériel électrique, ça fait le job. En plus, le compagnon de chantier, il est content parce que c'est moins de vibrations, moins de bruit. Ça a un plus grand confort. En plus, les riverains derrière, ça fait aussi un impact pour eux. Tu peux balader tes enfants en poussette sans qu'il y ait de particules fines. Donc au fait, c'est aussi très motivant parce que très concret. Donc voilà, les petits pas comptent énormément dans nos métiers.
- Speaker #0
Carrément. Tu as parlé de décomplexer à plusieurs reprises. Je pense qu'il faut aussi accepter que la démarche parfaite n'existe pas ou que l'entreprise parfaite n'existe pas et qu'il faut avancer dans la logique des petits pas. Mais je pense que tu as raison là-dessus. Il faut avancer aussi là-dessus, accepter de ne pas tout maîtriser.
- Speaker #1
Oui, et il faut accepter de ne pas tout maîtriser. Alors après, il faut être sûr qu'on avance dans le bon pas et qu'on travaille bien nos sujets stratégiques. tu vois c'est Je te donne un exemple. Pour nous, ce serait bien d'avoir zéro papier en agence. C'est important, ça fait partie de l'image, de ne pas avoir de gobelets dans les machines à café. C'est bien parce qu'en fait, en termes d'image, ça donne envie de continuer. Ça donne effectivement, ça montre que ça bouge. Mais ce n'est pas ça notre enjeu. Donc nous, on a un vrai enjeu autour du matériel. Donc à la fois, il faut savoir faire des petits pas. À la fois, il faut connaître bien ces enjeux pour avancer sur les bons. Et après, effectivement, il faut être assez itératif. Ça, c'est mon passé d'informaticien qui revient au galop. C'est-à-dire tester, c'est-à-dire non, ça, il faut que je le bouge un petit peu, adapter. Et ça, c'est vraiment important. On a le droit de se tromper, on a le droit aussi de réajuster. Et donc, c'est en ça que je parle beaucoup de petits pas.
- Speaker #0
Dans le contexte actuel, qui n'est pas simple, notamment sur tous les sujets de transition, Le sentiment que c'est parfois dépriorisé, et on en parlait aussi juste avant de lancer les enregistrements, mais c'est un peu « il y a partout » . Est-ce que tu ressens, toi, une forme de fatigue ou de démobilisation, décarbonation BTP ? Est-ce que tu le ressens, toi, ça ?
- Speaker #1
Alors, on va dire que le climat, sans jeu de mots, global, il n'est effectivement pas très fun. On le sent sur les enjeux géopolitiques. Tu le sens dans l'actualité. Tu parlais de Jean-Marc Georgovici tout à l'heure, les présidentielles, tout est compliqué. Donc ça, on va vraiment le sentir à titre perso, je trouve, ce climat qui est peut-être encore plus anxiogène et assez lourd. Par contre, dans le côté pro, effectivement, on aimerait bien que la partie économique soit un peu plus active, que les indicateurs soient plus au vert. Mais n'empêche que, moi, je trouve que nos parties prenantes, en particulier nos clients, ne sont pas du tout démobilisés. Je trouve qu'ils connaissent de mieux en mieux leurs enjeux. Ils sont de plus en plus précis sur ce Kiloutou. Donc en fait, ils nous sollicitent et nous challengent encore plus. Et comme je disais tout à l'heure, c'est sympa d'être challengé, c'est sympa de trouver des solutions ensemble. Et je n'ai pas l'impression du tout qu'ils freinent le sujet. Donc c'est bien aussi d'avoir des grands groupes de BTP ou des grosses industries qui continuent à avancer, parce que ça laisse tout le monde dans la même énergie. Après, peut-être aussi que les chaleurs de cet été, les canicules de cet été, L'évolution du prix du carburant, ça oblige aussi à se dire non mais en fait, ce sujet-là, ce n'est pas la suite sur le gâteau. Il faut s'y coller si on veut avoir quelque chose. On CEC sera dans un climat qui ne sera pas stable, économiquement, géopolitiquement. Et donc, c'est urgent aussi de mettre en place des choses pour que justement, on continue à avancer et qu'on arrive à... à aller chercher une certaine stabilité sur d'autres points. Je prends un exemple concret, le prix du carburant évolue, donc ça a certainement un intérêt d'aller chercher des matériel électrique aussi parce que ça va nous permettre d'avoir une plus grande stabilité sur le TCO, le Total Cost of Ownership de nos matériels, qu'on soit utilisateur final ou loueur. Donc ça oblige aussi à avoir une plus grande stabilité sur le TCO. On a réussi à accélérer sur certains points, donc non, il n'y a pas de démobilisation, on est vraiment encore très très sollicités sur ces sujets.
- Speaker #0
On va revenir sur les événements de cet été, l'adaptation et l'atténuation. Votre signature c'est loué, partagé. En quoi la location c'est une réponse selon toi aux enjeux ?
- Speaker #1
En fait, ça a un vrai bon moyen de maîtriser ces capex. Quand on est loueur de matériel, c'est nous qui investissons. Et ça permet aussi à tous les utilisateurs, que ce soit les grands groupes ou les artisans, de ne pas être obligés aussi d'investir sur des matériels. Derrière, on a aussi des experts, des techniciens, des commerciaux, qui sont des technico-commerciaux, qui connaissent les matériel électrique sont très forts de propositions sur quel bon matériel, pour quel usage. Ce qui permet aussi une certaine flexibilité. J'en ai besoin, j'utilise, je n'en ai pas besoin. Il n'est pas en train de dormir sur un parking. Au contraire. il est certainement utilisé ailleurs. Donc la location, c'est vraiment ça, c'est vraiment apporter cette expertise, et puis derrière, d'avoir toujours le meilleur matériel pour le meilleur usage.
- Speaker #0
La mutualisation du matériel, finalement, c'est qu'il soit vraiment... Un matériel, on prend l'exemple d'une voiture, par exemple, 80% du temps, elle dort sur un parking. Exactement ça. Et on va revendiquer aussi sur la CSRD, après tu en parlais tout à l'heure, mais les... les risques financiers, c'est peut-être là aujourd'hui, comme les événements sont de plus en plus visibles et tangibles, notamment aussi pour les entreprises sur un aspect de business. C'est vrai que la CSRD a été perçue globalement comme quelque chose de très contraignant, mais elle a au moins eu le mérite de mettre en perspective la transition et les enjeux business dans l'entreprise. et ses opportunités, puisque ça va aussi de pair, évidemment, dans l'adaptation, et tu l'as évoqué très bien sur le passage du thermique matériel électrique, il y a aussi des opportunités derrière l'activité. La limite, par contre, dans la location, CEC tu ne maîtrises pas l'usage ou l'utilisation du matériel. Et donc ça, c'est une limite, aujourd'hui, tu le ressens, tu vois, dans l'imperfection du modèle, la manière dont ça va être utilisé, la durée d'utilisation, etc., ça fait partie des limites de la location, on va dire.
- Speaker #1
Alors, Quand tu es loueur, effectivement, ce n'est pas toi qui vas fabriquer le matériel, ce n'est pas toi qui vas l'utiliser. Pour autant, quand on est loueur, on a l'habitude de travailler en grand partenariat avec nos fabricants de matériel et donc d'aller travailler aussi avec eux sur la partie cahier des charges. Ça, c'est vraiment important parce que de toute façon, notre matériel, on va le mettre entre des mains de personnes qu'on ne connaît pas. Donc déjà, sur les aspects de sécurité, historiquement, on a toujours travaillé beaucoup avec nos fabricants pour aller... plus loin que la réglementation et s'assurer qu'au niveau sécurité, ce location matériel puisse être mettre à disposition de compagnons des chantiers en toute sécurité. Et avec l'environnement, on fait exactement la même chose, c'est-à-dire qu'on va aller travailler le cahier des charges aussi avec nos fabricants qui aiment bien échanger avec les loueurs puisqu'on a de l'historie, qu'on travaille avec eux dans la durée. Quand on achète le matériel, ça veut dire qu'avec ce fabricant, on aura au minimum 12-15 ans d'échange. Donc voilà, ce n'est pas quelqu'un qu'on va changer. C'est un vrai partenariat dans la durée. Et donc, ils sont attentifs. Et ça a toujours été. On fait évoluer effectivement les matériels pour qu'ils puissent derrière être adaptés à l'utilisation qu'ils en seront faits. Et on fait de la même chose avec nos clients. Alors, pour les plus gros, avec qui on s'inscrit aussi beaucoup dans le temps, mais aussi avec les moyens et les petits, on va souvent sur les chantiers aussi pour s'assurer de l'usage qu'ils ont fait, reprendre aussi les questions ou les limites. On l'a fait beaucoup avec un projet dont on reparlera, c'est le rétrofit de matériel électrique, où là on va discuter avec l'utilisateur, donc le compagnon qui est dans le chariot télescopique et qui l'utilise, et qui vient aussi nous dire, sur ça c'est facile, sur ça c'est top, sur ça j'étais pas très à l'aise. Donc effectivement, l'objectif pour Allure, c'est d'être très connecté, à la fois au chantier, mais aussi à la fois aux usines de production.
- Speaker #0
Du coup, vous intervenez sur la maintenance préventive, la réparation, le reconditionnement, rétrofit par le... Exactement, oui, tout à fait. C'est des leviers que vous activez aujourd'hui ?
- Speaker #1
On est vraiment des experts du matériel. Donc quand on est expert du matériel, non seulement on se doit avec nos acheteurs de choisir le meilleur matériel pour le bon usage du client, mais aussi derrière, avec tous nos techniciens, de s'assurer de la longue vie, de la bonne vie. Donc ça, c'est déjà dans le modèle économique. Et du coup, c'est aussi dans le modèle écologique, là on est vraiment très très cohérent, s'assurer qu'il va durer longtemps, qu'on va pouvoir le maintenir, qu'on va pouvoir le réparer, donc déjà qu'il soit fliable et après qu'il soit réparable, parce que sur certains chantiers, ils sont quand même mis à l'épreuve de façon assez drastique. Et puis aussi, c'est des questions qu'on se pose, comment on peut encore aller plus loin pour allonger la durée de vie, et peut-être avoir un reconditionnement à mi-vie. pour le garder encore plus longtemps dans notre stock et qu'il fasse exactement toujours le même travail pour nos clients avec les mêmes conditions de sécurité.
- Speaker #0
La CSRD, du coup, on l'a abordée très rapidement, mais tu vois, ça vous a ouvert les chakras ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que, tu le disais un petit peu au démarrage, la CSRD... La CSRD, quand on a vu cette montagne à gravir, c'est vraiment l'Everest. On a l'impression qu'on était en tongs. Ce n'est pas de moi cette expression, mais je la trouve vraiment très adaptée à la CSRD. Et il a fallu la décortiquer, il a fallu s'y plonger. Moi, ce n'est pas mon métier. C'est très lié au process financier, à toute cette connaissance et culture financière. Après, quand on a bien compris comment ça marchait, avec aussi les allégements qui sont arrivés, c'est un vrai bon outil pour un, bien se connaître et bien comprendre nos enjeux sur et l'environnement et la partie sociale sociétale et la gouvernance. De pouvoir mettre ça vraiment à plat et d'avoir des vrais sujets d'échange. Nous, on l'a fait avec le COMEX. On peut l'avoir aussi avec nos actionnaires sur quels sont nos impacts, quels sont derrière nos opportunités aussi. C'est un bon outil pour à la fois voir l'impact qu'on a sur l'environnement, mais aussi l'impact financier qu'il va avoir chaque sujet. Et derrière, avec un autre outil qui peut paraître un peu barbare, c'est la double matérialité. Donc, c'est une belle matrice qui te met en Ausha droite, là où tu as le plus d'impact et le plus d'opportunités. Donc, en vrai, c'est un outil de dialogue en interne et avec notre chaîne de valeur, parce que ce n'est pas seulement nos impacts, mais vraiment sur toute la chaîne de valeur, qui nous permet de bien identifier quelles vont être nos priorités. Et donc, là, on va devoir aussi mettre le poids du corps et de valider ça aussi, avec toutes nos parties prenantes, qu'elles soient internes ou externes. Donc nous, ça nous a permis quand même de... d'aborder ces sujets et derrière d'être très alignés ensemble sur quelles priorités est là où on va mettre effectivement toute notre énergie.
- Speaker #0
C'est un outil stratégique majeur. Alors pour celles et ceux qui ne connaissent pas trop la CSRD, c'est une réglementation européenne qui vise à homogénéiser les rapports de durabilité pour que les déclarations environnementales puissent être cohérentes, on va dire. Comme aujourd'hui, on lit un bilan comptable de n'importe quelle boîte de la même manière, c'est un peu la même chose. Donc effectivement, un peu usine à gaz, qui peut être complexe à appréhender, même quand on est un groupe comme Kiloutou, mais qui a effectivement derrière ses vertus, parce que c'est un véritable outil stratégique. C'est ce que tu dirais à un dirigeant aujourd'hui, tu vois, sur cet CEC de la CSRD ou de la VSME, enfin toi, des déclarations de ce iMPAKT ? Tu dirais vraiment, allez-y, parce que clairement, ça va vous ouvrir les yeux sur votre vision à long terme, sur votre stratégie d'entreprise ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. Puis au plus, quand tu es dirigeant d'entreprise, tu as plutôt intérêt à maîtriser tes risques et tes opportunités. Donc si ça, ce n'est pas un outil stratégique,
- Speaker #0
qu'est-ce qu'il te faut ?
- Speaker #1
En plus, c'est exactement dans un monde où il faut aller chercher la robustesse. C'est vraiment très important de se connaître. Mais c'est aussi un outil qui permet de se comparer aux autres. De toute façon, ça va être utilisé pour être comparé à nos confrères. C'est aussi important derrière de choisir ses bons combats et puis derrière de pouvoir voir aussi où est-ce qu'on en est. Et si on est bien sur les sujets, tant mieux. Et si on a encore des pas à aller chercher, des opportunités, il faut vraiment l'adresser. Donc oui, c'est un bon outil de prise de température. Ça ne t'oblige pas à bouger. Bon, ça te donne envie quand même de bouger, c'est sûr.
- Speaker #0
D'enlever les tongs et d'aller mettre les tosseurs de chantier. Oui,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #0
Alors, tu expliquais juste avant que vous aviez dû fermer des agences cet été par rapport aux incendies qu'on a connus là, dans le sud de la France. C'était identifié dans la double matérialité. Et est-ce que tu peux parler un peu, justement, là, de l'adaptation, vous, que ça implique en termes d'activité ?
- Speaker #1
Oui, alors tu vois, avant, on a trahi ces sujets d'environnement de façon assez... qui s'est vraiment accélérée dans les années 2018-2019. On a fait une feuille de route. On a beaucoup bossé le climat, comme beaucoup de boîtes. Et quand on dit climat, plutôt atténuation. Donc comment on va diminuer les émissions de CO2 liées à notre activité, donc liées à notre matériel, de sa fabrication à sa fin de vie. Donc ça c'est quelque chose qu'on a plutôt adressé, sur lequel on est monté en compétence, et c'est vraiment des trajectoires qu'on a pu partager aussi avec notre COMEX et avec notre filière. La CSRD nous a aussi montré qu'il fallait maîtriser aussi notre impact, enfin notre adaptation, c'est-à-dire comment de toute façon le changement climatique il est là, il est présent, et donc comment on allait être vulnérable par rapport à ça, donc connaître notre vulnérabilité climatique. pour derrière pouvoir aussi travailler notre feuille de route d'adaptation. Donc il y a vraiment l'atténuation, comment je baisse mes émissions, et puis il y a l'adaptation, de toute façon les changements sont là, on l'a vu avec la canicule, on verra avec d'autres choses, donc comment aussi on est vulnérable, où est-ce qu'on est vulnérable, est-ce que c'est dans notre business model, est-ce que c'est dans nos agences ? Donc cette analyse-là, elle a été importante pour nous, et sans la CSRD, je pense qu'on ne l'aurait pas faite aussitôt et de façon aussi détaillée. Donc ça a été un bel exercice. C'est un exercice qui a beaucoup parlé en interne. Donc de savoir que dans tel pays, telle agence était plutôt vulnérabilité climatique. Ça peut être effectivement les vagues de canicule, les incendies de forêt. Ça peut être aussi les eaux fluviales ou aussi les inondations au travers. de la proximité de la mer. Donc ça, c'était important parce qu'on peut aussi avoir des fausses idées et faire des généralités. Là, on est vraiment à l'agence près. Donc il y a des modèles qui nous permettent de faire ça. Franchement, c'est plutôt simple. Et derrière, ça nous a permis aussi de partager avec nos patrons de pays parce que derrière, il y a des enjeux humains, c'est-à-dire d'avoir nos équipiers qui sont en sécurité. Ça, c'est indispensable, évidemment. Ça nous permet aussi, au niveau de l'immobilier, de peut-être choisir mieux les implantations pour les prochains, de faire bouger peut-être des agences, ça, c'est sûr. Et puis derrière, tu le disais, ça peut avoir un impact business. Nous, cet été, la partie incendies dans les Landes, ça nous a obligés à fermer deux agences. Donc nous, on a plutôt tendance à se dire, on en a 500 dans territoires, donc ce n'est pas grave. Le business, entre guillemets, si je regardais que l'aspect économique, on le placera dans les agences d'un côté. Eh bien non, parce qu'en fait, les matériel électrique, on n'avait plus le droit de les louer à quelques kilomètres à la ronde. Donc ça a impacté plus que deux agences. Ça a dû impacter 6, 7 agences dans les Landes. Donc ce n'est pas neutre. c'est pas du tout neutre au niveau économique et puis derrière il faut aussi avoir en tête que ces incendies ont été aussi créés par l'utilisation de matériel donc ça on l'a peut-être pas en tête mais effectivement quand on travaille sur une glissière avec un matériel ça fait des étincelles et puis ça peut mettre le feu aussi à une forêt donc ça nous a touché quand même assez fort cet été en tout cas ça a ravivé aussi le sujet d'adaptation qu'on avait déjà effectivement lancé Merci. Donc ça nous a amené à nous poser d'autres questions. Et puis aussi peut-être que quand il y a des inondations, quand il y a des feux de forêt, ça va permettre aussi, si on a des matériel électrique permettent, des pompes qui vont permettre aussi d'enlever l'eau plus rapidement dans des habitations, dans des usines. On a aussi une question à se poser sur où sont nos pompes à ce moment-là, comment on peut aussi accompagner une région. Et de la faire de part. Exactement. On a aussi le cas sur la partie, enfin sur des humidificateurs, etc. Donc il y a aussi ces questions-là d'adaptation du business pour que derrière, on puisse répondre vite aussi aux besoins de nos clients dans des situations d'urgence. CEC même super important d'avoir une solution et de pouvoir accompagner les territoires sur ça.
- Speaker #0
Alors effectivement, donc ancrage territorial, tu as complètement raison, on va y revenir après, mais c'est aussi du coup des enjeux qui s'anticipent. Parce que tu le vois bien, en fait, quand le problème te tombe comme ça sur le coin du nez, si tu n'es pas préparé, tu ne sais pas réagir à ce moment-là, sans reparafaser Jean-Marc Jancovici, mais c'est ça qu'il le dit souvent, le plan de transformation entreprise l'économie, c'est de dire, en fait, on CEC le jour où ça va nous tomber dessus, il faut qu'on soit prêt, il faut qu'on anticipe, on va dire, les sujets, puisque quand le problème est devant nous, il est trop tard, entre guillemets. Donc c'est là où il faut l'anticiper. Hyper intéressant, merci à toi là-dessus. Du coup, tu parlais, comme pour beaucoup de monde, d'abord pris un peu le sujet du climat et donc du coup de l'atténuation. Donc aujourd'hui, sur votre impact carbone... Une grosse partie, on va dire, se fait sur votre scope 3, donc sur votre chaîne de valeur. Néanmoins, vous avez pris des engagements qui sont quand même assez ambitieux, donc plus de 40% de réduction sur le scope 1 et 2, 25% sur le scope 3. Où vous en êtes, on va dire, là-dessus, sur votre stratégie ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai qu'on a démarré, comme tout le monde, sur la partie scope 1 et 2, et ça, c'est important derrière de bien se connaître et de voir un peu les leviers. Donc, vraiment, sur la partie atténuation, on a un vrai sujet autour du transport. Puisque aller livrer les matériels, ça se fait avec des poids lourds, entre autres, et aussi avec des véhicules légers. Donc sur cet axe-là, dans nos impacts Scope 1 et Scope 2, c'est important. Donc sur ça, on va être très attachés territoires, et là je parle plutôt en termes de pays, avec des incentives très différents selon les pays, avec des technologies qui vont être aussi un peu différentes. Donc sur la France, on a un vrai enjeu électrification matériel du poids lourd. On a rentré déjà le premier poids lourd électrique. 32 tonnes en Europe, on l'a testé sur Paris. Ça marche plutôt bien, on a essuyé quelques plâtres. Il ne faut pas se le cacher, mais très sincèrement, sur le confort pour le conducteur, sur, encore une fois, les particules fines, le bruit pour les riverains, c'est intéressant, au-delà de tout ce qui est enjeu climatique. Donc on aura cette électrification matériel. Quand on s'est posé la question, tu vois, en 2020-2021, et qu'on a commencé à prendre ces engagements-là, on connaissait effectivement l'accord de Paris, on savait qu'on devait être autour de ces 40%. On ne savait pas à l'époque que ça serait plus l'hydrogène ou l'électrique. Il fallait prendre des engagements sans maîtriser tout. C'est dur pour des ingénieurs que nous sommes, pour l'équipe environnement, mais n'empêche que c'était important. Et on voit qu'au fur et à mesure, au travers des échanges, au travers des technos, au travers des partenariats qu'on voit aussi avec nos fabricants de poids lourd, ça nous a permis d'affiner ça et de trouver des solutions. Donc il faut encore une fois décomplexer, peut-être que ce sera le mot du bon direct. Non, non, mais il faut se lancer et puis après les solutions elles viennent en faire à mesure. On pensait vraiment que l'hydrogène ça serait une solution parce que ça permettait d'aller vite, parce que pour le poids lourd c'était adapté, parce qu'il y avait eu un plan de relance autour de ça. On voit que c'est plutôt électrification matériel qui avance. En France, on en est convaincus. On teste aussi ça au Danemark. Ils ont aussi des vrais enjeux et des vraies obligations. Ça, c'est top. Et puis, on sait par exemple aussi que le HVO, ça fera partie de la transition. On est à l'aise avec les sujets aussi qui font partie de la transition. CEC ça ne sera pas la cible. Mais c'est important aussi d'utiliser ces autres possibilités. Je t'ai répondu sur scope 1 et scope 2. Sur la partie scope 3, c'est le matériel. Le matériel et le matériel. Et donc là, on a créé notre gamme Impact qui permet d'avoir vraiment... La définition, c'est vraiment des matériels alternatifs. Donc, ce n'est pas ceux qui ont toujours été électriques, mais c'est ceux vraiment qui viennent de marquer une coupure par rapport aux technologies des matériel électrique. Et donc, sur ça, on a testé pas mal de choses. On a été très large, on a rentré pas mal de matériels très différents, que ce soit sur du terrassement, sur de l'élévation, que ce soit sur de l'outillage aussi. Et puis maintenant, on a affiné, tout comme nos clients ont affiné, c'est-à-dire que On CEC sur certains matériels, ça demande encore un petit peu d'effort parce que c'est très cher. Par exemple, c'est deux fois à deux fois et demi plus cher. Donc même si on y met beaucoup de sens, CEC même compliqué pour un client de faire cet effort-là. Donc ça va être adapté à...
- Speaker #0
La logique de mettre tout le monde autour de la table.
- Speaker #1
Exactement. Ça va peut-être être plus compliqué pour certains chantiers d'avoir cette différence de tarif. Et puis pour d'autres matériels, c'est beaucoup plus accessible et c'est aussi beaucoup plus adapté à l'usage. Donc, par exemple, sur l'élévation, le matériel coté. pas beaucoup plus cher, on va être autour de 20 ou 30%. On peut aussi avoir des aides, et ça c'est important d'avoir travaillé en filière parce que ça nous a permis aussi d'avoir des aides de l'ADEME en France. Donc il faut valoriser ça, et ça c'est grâce au travail de nos fédérations et grâce au travail aussi de notre association, la CAMD, ce qui permet de réduire aussi la différence de coût entre le thermique matériel électrique. Ces matériels d'élévation font vraiment très bien le job, et sur une journée de travail, ça fait sans aucun problème le travail, même sur plusieurs jours, parce que c'est très peu énergivore. Donc on sait aussi que sur cette partie-là, il faut accélérer plus vite. Donc on travaille aujourd'hui plus de façon fine. Et donc on sait très bien sur quelle famille il faut vraiment y aller. Et sur l'outillage, il n'y a pas de débat, ça s'électrifie assez naturellement. Il y a aussi des enjeux de sécurité, puisque les matériels s'arrêtent beaucoup plus vite. Donc on a moins de risques d'accidents de travail. Donc pas de débat sur cela, il faut avancer. Et le travail de notre... Quand on dit où est-ce qu'on en est, on l'a travaillé aussi avec notre association. Et le fait de savoir qu'effectivement, au travers d'une étude, on est tous dans cette même dynamique, on a tous tiré de ces mêmes conclusions, en tout cas dans la majorité des cas, ça nous a aussi incité à modifier un peu notre trajectoire et à mettre vraiment le poids du corps sur certaines familles où il faut vraiment aller vite et où il n'y a plus du tout de bonnes raisons de ne pas y aller.
- Speaker #0
Alors là, électrification matériel, c'est un axe majeur, ça, on est bien d'accord. Est-ce que tu n'as pas le sentiment parfois qu'on le simplifie ou qu'on le définit comme la solution miracle et il ne faut faire que ça ? Mais est-ce que tu n'as pas ce sentiment-là ?
- Speaker #1
Alors...
- Speaker #0
On l'idéalise, on va dire, et qu'on dit, vas-y, il faut juste électrifier et puis c'est fait, quoi.
- Speaker #1
Oui, alors oui et non. C'est-à-dire qu'à l'inverse, tu sais, c'est un peu comme pour les voitures. Quand tu n'as pas envie d'y aller, tu dis, ouais, alors toutes les émissions qui sont liées à la fabrication et les métaux, etc. Je pense que là, c'est très évident dans les rapports du GIEC et dans les paroles aussi de... Enfin, nous, on travaille avec Carbone 4. Électrification matériel, c'est vraiment une très bonne solution, surtout sur la partie techno. Maintenant, ce n'est pas effectivement sans impact. On CEC sur la fabrication, il y a des impacts un peu plus forts, mais ils sont très vite rattrapés derrière sur l'utilisation. Donc, on est très à l'aise autour de ça et c'était vraiment aussi important, nous. Dans la filière du matériel, de se rassurer sur cette partie pour que ça ne soit pas de la adaptation climatique, mais qu'on soit vraiment sur des sujets où on est sûr derrière que c'est une bonne solution sur toute la durée de vie du matériel et sur tous les impacts environnementaux. Mais effectivement, derrière, sur le chantier, ça demande des aménagements, pas sur tous les métiers, mais sur certains. Et ça demande une conduite du changement, donc à accompagner aussi les compagnons et les chefs de chantier sur ça. C'est très bien parce que la voiture arrive un peu avant. Je ne sais pas si tu as une voiture électrique, je ne veux pas la réponse. Au début, ça peut faire peur. Comment je vais la recharger ? Combien de temps je vais mettre pour aller en vacances ? En vacances, on n'y va pas non plus toutes les semaines. Tout compte fait, aujourd'hui, il y a beaucoup plus de bornes. Vraiment, aujourd'hui, il n'y a plus de sujet. Et le fait d'avoir aussi beaucoup plus de groupes de BTP qui ont investi sur ces voitures électriques, ça a permis à chacun de s'approprier cette partie-là et du coup, de lever certains freins. Et il faut se dire aussi que sur l'électrique, tu as beaucoup d'avantages. Donc on en a parlé un tout petit peu tout à l'heure, c'est pas que le climat, parce que ça le climat c'est un peu abstrait. Ok, le CO2, ok, en 2050, mais il y a aussi tout ce qui est respirable, enfin quand t'es pas à côté d'un pot d'échappement, je peux dire que tu vois vraiment la différence, et aussi au niveau du bruit et des vibrations. Donc l'électrique c'est pas magique, mais ça a beaucoup d'impact positif, et qui sont aussi très perceptibles directement, enfin directement, concrètement, et pas que pour la partie CO2 qui est plus abstraite. Mais effectivement, ça nous amène à se poser la question comment je vais le relier. chargé, maintenance y a des bandes pour les voitures sur les chantiers donc ça va aussi servir. Ça demande à se poser pas mal de petites questions en amont qui deviennent aussi des automatismes donc à changer ses habitudes. On n'aime pas trop changer nos habitudes mais quand on a goûté à ça,
- Speaker #0
clairement.
- Speaker #1
Moi je ne reviendrai pas sur une voiture thermique pour rien, non.
- Speaker #0
Non mais du coup, c'est ce que je disais aussi en introduction, vous testez, vous expérimentez, tu mets les gens autour de la table sur des sujets dont vous n'avez pas la maîtrise à 100% et vous essayez de faire bouger les lignes. Nous effectivement, notre présence sur la communauté des acteurs... du matériel durable, ça permet de faire bouger la filière. Et vous avez aussi intégré un parcours immobilier à la CEC. Est-ce que tu peux en parler ?
- Speaker #1
Oui, alors la CEC, c'est la Convention des Entreprises pour le Climat. Alors son nom n'est plus trop adapté, il travaille plutôt sur la régénération aujourd'hui, donc de voir justement toute la transition systémique qu'on a abordée tout à l'heure. Et alors la CEC, c'est vraiment un coup de cœur. On a terminé le parcours la semaine dernière, on était très tristes de se quitter parce qu'on a vraiment fait... Ensemble, on a été dans la même aventure, on a vécu des choses exceptionnelles. Donc en fait, l'objectif de la CEC, c'est de mettre autour de la table plusieurs entreprises. Donc on est vraiment dans le monde professionnel, même s'il peut y avoir des liens avec les assos par exemple, et de mettre les dirigeants en binôme avec leur planète leader et de travailler effectivement sur leur feuille de route pour la régénération de leur business. Quand on dit ça, ça peut paraître abstrait, mais l'objectif déjà, c'est de sortir le dirigeant un peu de son côté isolé. Et qu'ils puissent échanger aussi avec des collègues, avec d'autres dirigeants et pouvoir aussi partager les questions qu'ils peuvent se poser. J'allais dire décomplexer, oh mon Dieu ! Non, non, mais d'avoir cette transparence et de se poser toutes les questions. À côté de ça, ce que fait la CEC, CEC a eu un parcours de presque un an, de dix mois je crois, avec six rendez-vous, donc deux jours tous les deux mois. C'est assez engageant.
- Speaker #0
Au bout des choses aussi, sur deux jours, tu as le temps d'aborder pas mal de sujets.
- Speaker #1
Exactement, et ça nous a permis de rencontrer un nombre d'experts exceptionnels et de monter en compétence aussi important, de voir aussi tous les impacts. On a beaucoup parlé de la transition systémique, donc de voir qu'effectivement, il n'y a pas que le climat. Il faut aussi regarder la biodiversité, il faut aussi regarder les limites planétaires auxquelles on s'attaque beaucoup. Et derrière, de prendre en compte tout ça pour écrire une feuille de route qui soit effectivement transformante. et cohérente, et de le faire dans un parcours dédié à l'immobilier et au bâtiment, ça nous permet aussi de parler avec des personnes, des architectes, avec des constructeurs de bâtiments, avec des promoteurs. Tout est toujours très siloté dans le monde dans lequel on vit. Pour un projet immobilier, je n'imaginais même pas, moi, combien il y avait d'acteurs qui étaient autour de la table et comment c'était complexe. Et là, de travailler ensemble, ça nous a permis aussi de se dire qu'effectivement, l'objectif, c'est de voir tout. Toute la vie aussi du bâtiment, d'un projet, de voir tous ses impacts. Le matériel, c'est toujours un peu une phase, c'est jamais très visible. Donc aussi de montrer que c'est important dans la phase de fabrication du bâtiment. Et puis derrière, d'avoir une certaine cohérence dans les feuilles de route qu'on a ensemble. C'est-à-dire que certains vont aller plus loin. Donc les promoteurs, ils n'ont pas envie juste de laisser le bâtiment et après de se dire, je m'en fous. Parce que derrière, les gens vont vivre dedans. Les personnes vont utiliser de l'énergie, donc si on ne les pense pas bien tout de suite, derrière, au niveau de la maintenance, si ce n'est pas prévu, ça va amener des effets de rebond qui ne sont vraiment pas intéressants. Donc de travailler autour de professionnels sur ces sujets-là, ça a permis de s'ouvrir les chakras, de trouver des solutions et aussi effectivement de se mettre dans cette même énergie. On a besoin de ça, parce qu'encore une fois, ce sont des sujets qui sont techniques, donc on va tous mourir demain. Mais non, en fait, effectivement, on gagne tous un peu à la fin du mois, mais il faut aussi regarder un peu ce côté fin du monde. Mais en fait, et de le faire ensemble, ça te permet de te mettre effectivement dans un mouvement et te donner envie aussi de bouger. Parce que tu vois qu'en fait, on n'est pas les seuls à avoir envie de bouger et que même sur des métiers qui sont l'immobilier, il n'y a pas l'un d'acteurs qui ne savent pas toujours comment faire, qui continuent à regarder les euros, mais qui commencent à se dire. Effectivement, on va regarder aussi d'autres impacts, on va mesurer aussi d'autres choses parce qu'on veut faire bouger les choses.
- Speaker #0
Votre président prend la parole prochainement, Nilié Collot, sur... Sur ancrage territorial, le fait que les solutions, elles transition systémique, elles sont collectives. On l'a abordé avec la CAMD, avec la CEC. En quoi c'est devenu stratégique et comment vous l'abordez, comment ton président aborde le sujet ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que territoires, c'est important. Alors, Olivier Collot va intervenir au GREAT. C'est effectivement l'événement du réseau Alliance, qui est un réseau du nord de la France très actif depuis des dizaines d'années, donc l'un des premiers. c'est... C'est intéressant et important pour nous de rester connectés avec un peu territoires qui nous a vu naître, le nord de la France, où on a encore notre siège, même si évidemment, on adresse toutes les régions et aussi d'autres pays. Et territoires, on peut le voir effectivement. Au niveau d'une ville, on peut le voir au niveau d'une région, au niveau d'un pays, mais c'est hyper important parce que c'est là où on a choisi de mettre nos agences, parce qu'on a vraiment fait ce choix d'être au plus proche de nos clients, au plus proche des chantiers de nos clients. Donc territoires, c'est ça. C'est aussi là où vivent nos équipiers. Donc pareil, c'est là où on va aussi pouvoir donner des emplois à nos équipiers. C'est là aussi où on a nos chantiers. Donc d'être connecté à ça, c'est important parce qu'en plus, les enjeux... Du nord de la France, ce n'est pas du tout les enjeux d'une ville en Allemagne ou en Espagne. Donc être connecté à territoires, c'est être aussi beaucoup plus pertinent dans ce qu'on va proposer à nos clients, dans les services qu'on va proposer. Et puis ça va être aussi beaucoup plus pertinent par rapport aux enjeux environnementaux. Tu vois, sur le Danemark, on a beaucoup de choses qui sont faites parce qu'il y a des enjeux différents et des réglementations différentes. Et si on n'était pas connectés, si les agences danoises n'étaient pas connectées à territoires, ils auraient peut-être effectivement... Une offre qui ne serait pas du tout adaptée à l'usage et au vrai sujet qui importe beaucoup les riverains des villes dans ces territoires. Donc être connecté, c'est là où on vit, c'est là où on grandit, c'est là où nos clients sont. Donc il faut vraiment être toujours très cohérent dans ce qu'on propose et dans les sujets qu'on va porter avec eux.
- Speaker #0
Et agir avec une vraie responsabilité. C'est-à-dire que l'entreprise n'est pas là juste pour faire du business, mais aussi pour le faire avec une éthique, avec du bon sens, avec...
- Speaker #1
Ouais, et puis on a un métier, on fabrique des choses, donc on aide à la construction de choses ou à la réparation, à la réhabilitation, donc c'est vraiment important, c'est concret. Derrière, ça va effectivement parler aux usagers, aux personnes qui vont juste dans ces bâtiments. Là, on est sur des sujets aussi où on va amener des modifications dans la façon de travailler. Donc, si tu ne connais pas ton chef de chantier, si tu ne connais pas le compagnon, si tu ne vas pas le voir sur le chantier, tu ne comprendras pas que ton matériel n'est pas adapté ou en tout cas qui permet de faire ça, mais pas ça, parce que c'est aussi ça le métier. Donc, territoires, c'est aussi la proximité et la proximité par rapport effectivement au chantier, au compagnon du chantier. Donc, ça, pour nous, c'est super important et ça nous permet d'être encore plus pertinents dans ce qu'on va proposer. demain. Donc pour nous la connexion c'est l'emploi, c'est la proximité donc c'est vraiment important.
- Speaker #0
C'est ce que tu évoquais tout à l'heure sur l'exemple de cet été avec les incendies. Évidemment, la réalité d'une agence dans les Landes à ce moment-là n'était pas du tout la même que celle qui était à 150 km ou à 500 km. Et donc c'est là où, toi, à l'échelle d'un groupe européen, il faut évidemment avoir une trajectoire, mais qui se redescend opérationnellement dans les territoires. Laisser de la souplesse, du coup, à chacune et chacun pour vraiment être adapté et apporter la bonne réponse au bon moment à la bonne personne. Ouais,
- Speaker #1
et en plus, ça peut s'adapter à tout. Tu vois, là, on a parlé un peu du rétrofit, donc on... Donc on a transformé un matériel électrique en un matériel électrique. Donc on a pris un chariot télescopique. Quelque part, si je simplifie, on a enlevé le moteur thermique. On a mis un électrique. On a rajouté des batteries à la place des réservoirs. Et bien ça, on l'a fait grâce territoires. Parce qu'on l'a fait grâce à une entreprise qui s'appelle Manitou, qui est un partenaire, donc qui est un fabricant de matériel. Parce qu'on s'est croisés. Parce qu'ils sont très implantés sur Nantes. Et ils ont travaillé beaucoup. territoires autour de ça, parce qu'on a rencontré les ingénieurs et qu'on a travaillé sur un cahier des charges ensemble. Mais ça, c'est des relations humaines, de passionnés en plus, de passionnés de technologie, mais de passionnés aussi de personnes qui ont envie de produire et qui ont envie d'apporter la meilleure des solutions. Et puis derrière, il a fallu le mettre à l'épreuve des chantiers. Donc ça veut dire que derrière, on a travaillé aussi avec les compagnons de chantier. Donc il y a un autre groupe qui est... Oui, construction matériel électrique nous a accompagnés pour que ce matériel soit aussi effectivement testé. Et puis là, en fait, le meilleur moment pour nous, c'était quand on a le compagnon qui a appelé le matériel mon bijou et qui ne voulait plus le quitter parce qu'au début, il s'est dit, oh là là, matériel électrique, ça va être compliqué, etc. Mais en fait, il l'a adoré, il n'y avait pas de bruit, il s'entendait parler à son collègue. Donc même en termes de sécurité, c'était intéressant parce que derrière, c'est sur la fin d'un chantier. donc ça lui a évité de devoir se faire un peu de mal Faire rapatrier du carburant tous les jours parce qu'il avait juste à le recharger. Donc voilà, cette connexion-là, elle a été importante. Et de trouver ces solutions ensemble, on a ajusté quelques points, mais elle se fait que par proximité et par échange.
- Speaker #0
C'est vrai que dans les territoires, tu l'as un peu évoqué, mais vos équipiers, l'interne, on n'en a pas forcément trop abordé là, mais c'est aussi un sujet. C'est-à-dire que pour que vos clients en soient convaincus, il faut déjà que vos équipiers le soient également. Donc il y a toute une phase, j'imagine, de formation, de sensibilisation, pour embarquer aussi chaque collaborateur dans chacune des agences au sujet ?
- Speaker #1
Oui, tu as raison, on a beaucoup parlé de la transition systémique plutôt externe, parce que c'était important, c'était l'objet, mais évidemment le changement, ça s'appréhende d'abord en interne. Alors je trouve, tu sais, on trouve toujours un peu ça, enfin la façon dont on aborde l'environnement, c'est toujours par la peur, mais en fait c'est toujours des très belles opportunités d'échanger. Moi je ne sais pas, quand on en parle ensemble, c'est jamais triste, tu vois, quand on se croise, au contraire, c'est vraiment des sources d'inspiration, d'innovation. On n'a pas, que ce soit en externe et en interne, de personnes qui disent non, moi je ne veux rien changer, non mais ils sont plutôt curieux. Maintenant, effectivement, ça peut faire peur dans le sens où... Là où on avait avant un seul matériel électrique, on va avoir à la place, en complément à un matériel électrique, à un matériel hybride, à un matériel biénergie. C'est des choses un peu différentes qu'il faut comprendre, qu'il faut appréhender. Donc effectivement, ça passe aussi par soit les remontées terrain. Donc on a besoin de ça. Donc ça, c'est important d'écouter effectivement nos équipiers qui se connaissent, qui sont passionnés de matériel. Ça passe aussi par la formation parce qu'il faut qu'ils soient aussi à l'aise. On parle beaucoup d'élévation parce que c'est un vrai enjeu pour nous d'accompagner nos clients dans cette transition écologique. Mais effectivement, il faut maîtriser tout ça et ça peut faire peur. Et si j'ai peur, généralement, j'ai plutôt proposé la sécurité, le matériel que j'ai depuis longtemps. Je sais qu'il marche, je CEC le client va pouvoir faire son job. Donc effectivement, il y a la formation et je vais donner juste deux exemples. La formation, alors j'ai plutôt axé sur la partie formation des personnes qui sont très connectées au matériel, donc ceux qui les achètent, nos acheteurs. Donc on a fait une formation d'achat responsable avec nos acheteurs. Ils étaient très contents de comprendre aussi les enjeux de la filière, quels sont nos enjeux et ce à quoi ils doivent être attentifs.
- Speaker #0
L'impact de leur métier sur toute la chaîne de valeur.
- Speaker #1
L'impact de notre métier et aussi de leur donner les clés d'échange. Parce qu'en fait, ils sont très contents de pouvoir discuter de ces sujets de façon plus ouverte et plus facilement avec les fabricants de matériel. Et puis donc là, c'est les acheteurs et effectivement, il y a nos commerciaux. Donc c'est bien de parler des euros. Ils aiment le challenge, mais je pense qu'ils adorent aussi parler d'autres choses, de montrer qu'il y a d'autres possibilités. de la nouveauté, de derrière ce que ça va apporter, le fait qu'on soit un leader et que du coup, on peut aussi apporter des alternatives qui ont aussi moins d'impact sur l'environnement, mais aussi sur les hommes, les hommes du chantier et les riverains. Donc d'accompagner ça, je pense qu'ils sont aussi très fiers. Et donc le but, c'est de les former à ces technologies-là, de les sensibiliser aux enjeux et à nos enjeux, particulièrement autour du matériel. Et puis derrière, de leur donner toutes les clés au travers de formations. pour qu'ils soient à l'aise avec ça et puis qu'ils se sentent complètement libérés et qu'ils aient envie effectivement d'accompagner le client aussi avec ces nouvelles technologies parce que leur expertise elle est vraiment très importante aujourd'hui.
- Speaker #0
Et ça amène à un sujet du coup de la communication, il faut savoir en parler. Et je CEC tu t'es intéressée aussi un peu au sujet de greenhushing, donc on parle souvent du greenhushing mais il y a aussi le greenhushing, le fait de ne pas communiquer sur les sujets par peur d'eux. Tu penses que c'est compliqué aujourd'hui de parler de transition ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'on peut. Alors déjà, parce que ça peut faire peur et que certains n'ont plus envie d'en entendre parler. Il y a peut-être un ras-le-bol. Donc, il faut aussi en parler peut-être différemment.
- Speaker #0
Comment en parler selon toi ?
- Speaker #1
Oui, alors encore une fois, moi, je suis très amie avec les équipes de communication. Quand je dis ça, ça veut dire qu'on échange beaucoup autour de ça. Parce que si on veut emmener, si on veut bouger les lignes, il faut en parler. Donc, on a la chance d'être en B2B. Je dis que c'est une chance ici parce qu'en fait, on parle de professionnel à professionnel. on a aussi l'accompagnement de la communauté tu vois, de journalistes qui ont aussi envie de communiquer, de comprendre et de communiquer sur les choses qui marchent, pour donner, pour inspirer. Donc nous, on est vraiment très connectés aussi à la presse spécialisée autour du matériel, autour du chantier et autour du matériel. Et je trouve qu'on a la chance d'avoir effectivement des personnes qui essayent de comprendre et qui nous accompagnent autour de ça. Donc on travaille en confiance. Et comme tu le disais, moi, je pense que c'est important d'en parler parce que sinon... Si on a toujours peur de se tromper, on ne va pas venir inspirer, on ne va pas venir montrer qu'il y a des choses qui marchent. Le but, c'est de parler de choses qu'on a testées nous-mêmes sur des chantiers concrets et que derrière, on vienne expliquer ce qui a marché et qu'est-ce que ça a fait gagner. En tant que CO2, ce n'est pas toujours ce qui est le plus concret, mais aussi d'avoir la parole du compagnon qui a utilisé le matériel, d'être sur des prises de parole de personnes qui sont au quotidien en prise avec ces matériel électrique pour montrer aussi la différence et que derrière, ça donne envie de le tester. Et puis là, je refais le lien avec territoires. Quand on teste ça, on l'avait fait sur un chantier à Dakar avec un client qui est Nédis. Ça a permis au compagnon d'une boîte de BTP d'expliquer que quand il a pris le matériel, encore une fois, il n'était pas totalement rassuré, mais qu'en fait, derrière, il n'a eu qu'une seule envie, c'est de recommencer. Parce qu'en fait, encore une fois, ça lui a permis de faire le job et puis derrière, d'avoir un vrai bénéfice. Donc ça casse les freins. Et s'il n'avait pas témoigné au travers d'un petit film où il est comme il est, et il parle, c'était canon parce qu'il parle de son métier avec passion. Et bien derrière, je pense qu'on en a parlé. Donc ce petit chantier-là, il a fait 200 bébés sur tout territoires, alors chez Enedis. Ça leur a donné envie de le tester ailleurs. Et ce n'est pas parce que le loueur a parlé, ce n'est pas parce que le fabricant de matériel a parlé, c'est parce que le compagnon du chantier a pris la parole. Donc c'est ça vraiment que ça permet de faire.
- Speaker #0
Je reconnais. Je reconnais bien là, sur ce que tu évoquais juste avant, le côté terrain, pragmatique, opérationnel, des territoires. Donc d'avoir une communication, de parler de ces sujets, mais simplement, mais pour inspirer, en disant « Ben voilà, là ça s'est fait, concrètement, c'est pas des grands discours, ça s'est vraiment passé et ça fonctionne. » On aborde une rubrique récurrente dans le podcast qui est une question à poser aux auditeurs, aux auditrices. Donc l'idée, CEC tu puisses poser à celles et ceux qui nous écoutent, qui nous regardent, une question. Quelles questions tu aurais envie de leur poser ?
- Speaker #1
Alors je trouve que, effectivement, j'espère que tous les deux on a réussi à montrer qu'il fallait travailler ensemble parce qu'ensemble, généralement, on trouve beaucoup de clés parce que c'est très sympa aussi, ça ramène plein d'énergie. Et donc chacun d'entre vous, j'ai envie de vous poser la question vers qui vous avez envie de vous tourner et avec quelle partie prenante à qui vous n'avez jamais travaillé, une ONG, une asso, votre confrère ? Travailler avec votre confrère, ce n'est pas super naturel, mais avec quelle personne vous avez envie ou quelle entreprise, quel partenaire vous avez envie de partager sur ces sujets-là pour derrière donner envie de bouger ensemble. Et sincèrement, c'est toujours très positif, on apprend. tout le temps de ça, avec qui vous avez envie de bouger.
- Speaker #0
Je te reconnais bien là sur ta question, le côté pragmatique, hyper pertinent. Écoute, on attend vos réponses. Évidemment, on va regarder ça avec attention avec Audrey. Et deuxième rubrique dans le podcast, qui est celle de l'inspiration et je l'ai dit en introduction, mais le podcast se vise aussi à inspirer, on en a tous besoin et ce qu'on vient d'évoquer juste avant, il l'illustre parfaitement. Est-ce que tu as... Une association, une ONG, une personne, un groupe, quelque chose qui t'a inspiré fortement ou qui t'inspire ? Tu aimerais partager ?
- Speaker #1
Oui, j'aimerais bien revenir un peu sur la Convention des Entreprises pour le Climat, sur la CEC. J'étais vraiment... Je l'ai regardé de loin avec envie pendant longtemps. On s'est posé la question avec Kiloutou de s'engager ou pas sur un parcours. Et en fait, on a transformé l'essai. J'ai trouvé que vraiment la façon dont ils abordent ces sujets de transition... de régénération, de transition systémique qui paraissent très compliquées, et travaillant ensemble avec son dirigeant, avec son planète leader, ça a permis vraiment de monter en compétence, parce qu'on a eu cette chance de rencontrer des experts, mais qui sont exceptionnels et qui font bouger les lignes. Donc de côté, tu sais, la connaissance scientifique, ok, mais derrière, qui mettent en application et qui font bouger les choses et concrètement comment ça se transforme. Donc ça a été vraiment très inspirant. Et puis après, ils ont quelque chose qui marche très bien et moi qui me parle parce que c'est vraiment, ça donne envie de continuer à avancer et ça donne cette lumière au bout du tunnel, c'est de se dire comment on relie la connaissance, parce qu'on sait tous plein de choses, on écoute tous nos podcasts, on écoute les scientifiques, ça nous fait peur, ça donne rarement envie de bouger, c'est-à-dire que ça nous donne des connaissances, mais comment on fait pour bouger ? Et derrière, il relie vraiment ce côté tête, cœur, corps. que je connaissais mais que je n'avais pas vraiment compris toutes les connexions. Et donc de se dire, je sais tout ce qui se passe, comment ça me touche moi à titre perso et du coup comment ça me donne envie de bouger et comment ça relie mon corps. Et ça vraiment, il maîtrise à merveille et ça nous donne vraiment envie de travailler ensemble sur ce sujet et ça booste quoi. Donc ouais, moi ça m'inspire énormément et je n'ai même pas envie de les lâcher, je suis très triste d'avoir Alors... d'être à la fin de ce parcours, même si CEC le début de l'aventure. Comment on reste en contact ? Parce qu'en fait, il nous donne de l'énergie de dingue. Et les personnes avec qui on a travaillé nous donnent une énergie de dingue. Celui-là, on n'a pas arrêté de rester en contact. Donc, je pense vraiment que c'est une très bonne initiative. Et c'est adapté à toutes les tailles d'entreprise. Donc, ça, c'est vraiment aussi très intéressant d'avoir ces initiatives.
- Speaker #0
Le lien de la CEC est en commentaire pour que les gens puissent aller jeter un coup d'œil à ça. Merci Audrey pour cet échange. On a commencé l'épisode en se demandant si la transition systémique des enjeux était une bonne nouvelle ou la meilleure excuse pour ne rien faire. J'espère que cet échange vous aura donné quelques éléments de réponse. C'est vrai qu'on peut vite perdre pied face à l'ampleur des transformations à mener. Tout est lié, beaucoup de leviers ne dépendent pas uniquement de nous, les sujets eux-mêmes s'entrecroisent et la solution miracle n'existe pas. Mais ce que montre l'exemple de Kiloutou, CEC peut malgré tout avancer, agir sur ce que l'on maîtrise, expérimenter, accepter de ne pas tout faire parfaitement, faire évoluer les usages, donner de la place au terrain et construire des alliances là où on ne peut pas agir seul. La transition systémique, mais cela ne s'y finit pas, qu'il faille attendre pour que tout le système soit prêt. Au contraire, les transformations commencent souvent par quelques acteurs qui bougent, quelques initiatives concrètes, quelques territoires qui expérimentent, puis progressivement entraînent les autres. Et c'est précisément pour cela que j'ai créé AbonneEntendeur, pour partager ses expériences, ses convictions et ses manières très concrètes de faire avancer les entreprises. Merci d'avoir partagé ce moment avec nous. Pensez à vous abonner, à partager l'épisode et à laisser un commentaire. Chaque abonnement nous aide à gagner en visibilité et à continuer à donner la parole à celles et ceux qui font bouger les lignes. A très vite dans Un Bon Entendeur !